Et si nous étions des marqueurs de relation? Juste aujourd’hui.

Je vous propose un billet «zoom out» aujourd’hui.

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» Cette citation de John Dewey passait dans Instagram ce matin. Ça m’a fait réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord.

Priver nos élèves de leur aujourd’hui

Demain ne nous appartient pas. Si on prive les élèves de quelque chose, c’est de leur aujourd’hui, d’un aujourd’hui pertinent qui a du sens. Pensez-y. Ce qu’on demande de nos élèves parfois. Pensez à tout ce système d’appui à certains élèves dits «en difficulté». Comprenez-moi bien. Il y a des élèves avec de réelles difficultés et ils ont besoin d’appui. Je parle ici des élèves en difficulté que nous produisons. Parce qu’on n’est pas à jour. Parce que le contenu ne colle pas, n’a pas de sens. Parce que c’est important, le travail sur les papillons pour jeudi. Plus important que les humains qui ne s’engagent pas. Curiosité naturelle… Faut que ça roule! Curieux. Ne regardons pas trop loin. Juste aujourd’hui. Quel sens aujourd’hui aura-t-il pour nous et pour nos élèves?

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» John Dewey

Nous sommes le contenu

Je pense aussi que ça va plus loin que «as», que notre approche. Je parle toujours de la citation de John Dewey. Vous me suivez? Dans le monde d’aujourd’hui, oui notre approche doit changer, parce que le monde a changé, mais ce qu’on enseigne aussi évolue. Je dis souvent que l’éducation est désormais une entreprise de développement de personnes. Après tout, on veut que tous trouvent leur voie, atteignent leur plein potentiel et contribuent au monde. Le contenu qu’on enseigne doit donc mener à ça. Aujourd’hui, qui nous sommes est plus important que le contenu du programme. On enseigne qui on est. L’humain. Nous sommes le contenu le plus important (je sais, le programme aussi est important). C’est pourquoi le développement professionnel, la croissance personnelle sont si importants. How far can we grow?

Nouveaux partenariats d’apprentissage

Dans le cadre d’une série de webinaires offerte en collaboration avec Jacques Cool, Normand Brodeur et Stephane Hunter, il a été question des compétences globales (ou du 21e siècle). Selon Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario, le point central de l’enseignement serait désormais de développer des pratiques axées sur l’apprentissage en profondeur et le développement de nouveaux partenariats d’apprentissage.

Apprentissage en profondeur : « L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel.

Nouveaux partenariats d’apprentissage : L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre).

Et si nous étions des marqueurs de relation?

Ok, le rôle de l’enseignant est en mutation. Et après, Marius? Je vous laisse analyser le visuel que nous avons présenté dans le 4e webinaire (Merci Normand). La clé ici, ce sont les points rouges, qui désignent les relations humaines et la technologie.

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Je mets ici l’accent sur les relations humaines (nouveaux partenariats d’apprentissage) qui, comme le dirait mon collègue Normand, permettent la circularité dans ce modèle. Or dans nos écoles, on ne vit pas dans un modèle. On s’en inspire, oui, mais on crée nous-mêmes notre réalité, notre aujourd’hui. Enseignant de français dans mon autre vie, quand j’ai vu les points rouges dans ce modèle, j’ai tout de suite pensé aux marqueurs de relation. Pour ceux qui l’auraient oublié, un marqueur de relation crée un lien, un rapport entre des idées, des phrases ou des paragraphes. Et selon le marqueur de relation choisi, le sens varie. Le sens. Vous me voyez venir? Et si nous étions appelés à agir comme des marqueurs de relation auprès de nos élèves? Créer des liens et donner un sens…

Créer des liens, en vrac

Créer des liens avec nos élèves. Créer des liens entre nos élèves. Créer des liens entre le programme, le vécu des élèves et notre vécu. Créer des liens entre les intérêts, les talents des élèves et les exigences du programme. Créer des liens entre le programme, nos rétroactions et les progrès des élèves. Créer des liens entre la vie de tous les jours et ce qui se passe dans notre école. Créer des liens entre nous, entre collègues. Prendre le temps de se parler. Créer des liens entre mon impact en classe, mes besoins en formation et ce qui est disponible sur le Web. Créer des liens entre notre état d’esprit, nos émotions et les conditions que nous créons dans notre classe, dans notre école. Créer des liens.

Donner un sens, en vrac

Donner un sens à ce qu’on demande de nos élèves. Donner un sens au monde qui nous entoure. Le contenu que nous enseignons (le programme) est sensé refléter le monde qui nous entoure. Internet et les médias sociaux sont souvent vus comme des outils, comme des moyens. Et si on les abordait comme du contenu. Il ne faut pas seulement les utiliser. Il faut les comprendre. Donner un sens aux notes. Donner un sens aux progrès. Donner en sens à l’erreur, au «not yet». Donner un sens à la persévérance. Effort + Stratégie + Aide des autres = Croissance. E + S + A = C. Pas seulement E. Donner un sens à l’appui «supplémentaire» offert à ceux qui en ont besoin. Assurons-nous que l’appui vienne de la bonne personne. Il n’y a personne d’autre que moi qui peut être le père de mes enfants, et les aimer comme un père aime ses enfants. Ça s’applique comment dans la classe? Donner un sens au monde que nous portons en nous. Faire de la place pour ça. Apprendre en profondeur, en soi. La connaissance de soi, la croissance personnelle et la réalisation de soi sont étroitement liés. Donner un sens à nos aujourd’hui. Pour nous, pour nos élèves.

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Juste aujourd’hui

Alors, chers collègues, quelle pourrait bien être cette expérience scolaire que nous espérons tous pour nous et nos élèves? Nous la portons en nous, cette expérience. Elle est là, quelque part. Il faut simplement partir à sa découverte, écouter notre intuition et accueillir notre rôle, en mutation, juste aujourd’hui. Tous les jours, c’est aujourd’hui. Et, comme Winnie, ça peut devenir notre jour préféré. À nous et à nos élèves. C’est la puissance de l’aujourd’hui. Pas besoin de se priver de ça!

Qui sait à quoi pourrait ressembler notre aujourd’hui en juin 2019, 2024, 2029?

On comptera encore sûrement les dodos 😉

5 questions de réflexion en cette fin d’année

Plus que quelques semaines à l’année scolaire 2017-2018! C’est un excellent moment pour prendre du recul et apprécier tout ce que nous avons accompli avec nos élèves. C’est aussi le moment de réfléchir à sa pratique. Pour comprendre comment et pourquoi nous avons un impact sur nos élèves. Ça vaut la peine de faire l’exercice. En fin d’année, on a parfois l’impression que les élèves viennent à l’école pour nous regarder travailler. On a tellement de choses à faire…Vous me suivez? Mais il est encore temps d’engager nos élèves dans des conversations et des tâches signifiantes. S’il y a un moment dans l’année où on veut être intentionnel, c’est maintenant. Voici 5 questions à se poser en cette fin d’année! J’ai eu l’occasion de faire l’exercice avec le personnel d’une école la semaine dernière. Je vous invite à l’essayer en utilisant ce visuel.

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Mes qualités

1- Quelle est une de mes plus grandes qualités? Je sais. Pas facile. Ce n’est pas prétentieux d’admettre que nous avons des qualités. Vos qualités vous permettent d’avoir l’impact que vous avez sur vos élèves, sur vos collègues. C’est ce qui fait de vous qui vous êtes. Si on demandait à vos élèves ou à vos collègues, que diraient-ils? Vos élèves se souviendront surtout des dernières semaines passées avec vous, et des émotions qu’ils ressentaient en votre présence.

Mon style

2- Quelles sont mes 3 stratégies préférées (ou celles que j’utilise le plus souvent, intentionnellement ou non) pour engager les élèves? Au fil du temps, on développe un style comme pédagogue. Il y a des stratégies qu’on utilise comme par défaut. Parce que ça colle à qui nous sommes. Pensez à vos 10 derniers cours. Pensez à votre façon d’accueillir les élèves, de débuter le cours, d’engager les élèves dans des conversations ou des tâches. Pensez à votre façon de terminer les cours. Je parle ici de votre style lorsque vous n’êtes plus en mode «innovation». Chassez le naturel, il revient au galop. Tout le monde a un style. Avez-vous identifié le vôtre? C’est important de le faire. C’est probablement votre style, ou les stratégies que vous utilisez le plus souvent, qui vous donne votre impact (en haut à droite dans le visuel). L’état des lieux avec vos groupes. Si ça va bien, vous y êtes assurément pour quelque chose. Et quand on comprend comment et pourquoi on a de l’impact, on peut le reproduire. Vous me suivez? La question ici : est-ce que vos stratégies habituelles peuvent vous aider à améliorer votre défi (en bas à droite dans le visuel)?

Mon impact

3- Quelles sont les 3 habiletés d’apprentissage, habitudes de travail ou compétences dans lesquelles mes élèves ont fait le plus de progrès jusqu’à maintenant? Le progrès. N’est-ce pas la grande visée de ce «virage» dont nous entendons parler depuis près de 10 ans. Le progrès dans le développement de nos élèves et de leurs compétences, de leurs «soft skills». Fiabilité, initiative, organisation, collaboration, autorégulation, autonomie, attitude, persévérance, mentalité de croissance… Ces compétences/habiletés/attitudes ne se développent pas par hasard. Quand nos élèves y font des progrès, c’est que nous leur proposons de multiples occasions de les développer, et ce, dans des contextes variés. C’est le fruit des stratégies que nous utilisons le plus souvent. Notre style. Notre élan pédagogique. Le progrès se mesure par rapport au point de départ de nos élèves. Ce n’est pas tant la quantité de pratiques innovantes qui compte mais la qualité des progrès que nous amenons nos élèves à faire. Une grande partie des progrès vient des routines, des processus, des structures que nous mettons en place pour assurer le bon fonctionnement et l’apprentissage dans notre salle de classe. Voici le top 10 des compétences à avoir en 2020, selon le World Economic Forum.

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Mon défi

4- Quelle est LA chose que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe? En fin d’année, il est souvent nécessaire de fournir la même énergie qu’en début d’année pour maintenir nos routines, nos processus en salle de classe. Le bon fonctionnement en groupe est souvent la partie que les élèves semblent oublier en fin d’année. C’est un phénomène connu. On se dit : «Voyons! Qu’est-ce qu’ils ont? Ils le savent pourtant…» Ce qui complique les choses, c’est que c’est le moment de l’année où on tente souvent de finir de couvrir le contenu, de bien terminer la revue, les projets… Quand les élèves voient que Monsieur ou Madame accorde plus d’importance au contenu qu’aux routines, ils se mettent à nous regarder travailler et la structure que nous avions si bien établie, s’écroule. La fin de l’année est un beau moment pour amener des éléments de surprise dans notre façon de créer une structure et un climat propices à l’apprentissage. Il s’agit d’y penser et de ne pas oublier que les élèves doivent travailler aussi fort que nous, jusqu’à la fin de l’année. Mise en garde : de s’appuyer uniquement sur le code de vie et les conséquences crée assurément l’effet contraire. La fin de l’année demande de l’énergie. Il s’agit de choisir où on veut l’investir. Prévention ou réaction? Bien-être! 😉 La question ici : quelle stratégie me permettrait de régler ou d’améliorer ce que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe?

Mon focus

5- Je mets l’accent sur quel aspect de ma pratique dernièrement? Je suis en train d’améliorer quoi? Cette dernière question peut paraître banale. Je ne parle pas de ce que vous enseignez dernièrement. Je parle des stratégies pédagogiques. De votre style. De votre intentionnalité. Je vous invite à faire le lien avec la question 4. En fin d’année, la liste de choses à faire est longue. Avec certains groupes, il peut être tentant de simplement viser la fin de l’année. De se rendre en bout. En début d’année, quand on voit telle cote de cours, on s’imagine tel ou tel fonctionnement. En cours de route, il faut parfois faire le deuil et accepter nos groupes pour ce qu’ils sont. Les prendre là où ils sont et les amener, eux, à progresser. Et si vous décidiez de générer des émotions positives chez vos élèves d’ici la fin de l’année? C’est le meilleur moment d’essayer de nouvelles stratégies pour engager vos élèves. Pour piquer leur curiosité. Pour célébrer avec eux leurs apprentissages. Pour les déstabiliser. Pour susciter leur engagement jusqu’à la fin et que ce soit positif et agréable pour tous. La question ici : est-ce que mon focus vise à régler ce qui ne va pas dans ma classe?

À tout moment de l’année, ces 5 questions peuvent guider nos réflexions pédagogiques et nous aider à mieux comprendre comment et pourquoi nous avons un impact ou non avec certains groupes. Il importe de reconnaître que nous avons notre style, nos stratégies mais que plusieurs stratégies peuvent être bonnes. Tout dépend du groupe d’élèves devant nous. Plus nous comprenons comment et pourquoi on a de l’impact, plus on peut le reproduire intentionnellement. À ce moment, ça devient intéressant 😉

Et vous, quelles questions ajouteriez-vous à cette courte liste?

Vendredi, c’est le mois de juin!

Bonne fin d’année 🙂

 

Une organisation apprenante fait ces 2 choix.

Dans les événements auxquels je participerai cette semaine, il sera question de développement professionnel et du concept d’une organisation apprenante. Ce matin, j’écris pour réfléchir, pour créer de la clarté dans ma tête. Qu’est-ce qu’une organisation apprenante? Hmmm… À première vue, je vois deux choix importants que doit faire toute organisation si elle veut développer une culture d’apprentissage. Je vais essayer d’être bref. Vous êtes prêts?

Une organisation apprenante choisit la mentalité de croissance.

On parle beaucoup de la mentalité de croissance depuis quelques années. En effet, les recherches de Carol S. Dweck démontrent clairement l’impact de la mentalité (fixe ou de croissance) d’un individu sur sa capacité à atteindre son plein potentiel. C’est logique quand on prend connaissance des définitions. Voici une traduction libre des mentalités (Adapté de Mindset : The New Psychology of Success).

Mentalité de croissance : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité peuvent s’améliorer de façon significative avec de l’effort (E), des stratégies (S) et l’aide des autres (A). Croire qu’on peut se développer.

E + S + A = Croissance

Mentalité fixe : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité sont taillées dans le roc. Croire qu’on ne peut pas se développer.

On comprend rapidement quelle mentalité nous permet d’atteindre notre plein potentiel. Or il faut voir les mentalités comme des pôles. Personne n’a toujours une mentalité fixe ou de croissance. On tend vers l’une ou l’autre naturellement et des événements nous font tendre vers l’une ou l’autre des mentalités. Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’on peut choisir d’avoir une mentalité de croissance et ça a tout un impact sur notre relation avec l’effort et l’échec, en cours d’apprentissage.

Mais qu’en est-il des organisations (classe, école, commission scolaire…)? Les organisations peuvent-elles avoir une mentalité? On parle souvent de la culture d’une école. La culture d’une école, c’est ce qu’elle fait, c’est ce qu’on voit. Forcément, la culture d’une école vient de sa mentalité. On fait ce qu’on pense après tout.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres.

Selon Carol S. Dweck, la caractéristique première de la mentalité de croissance, c’est le désir de sortir de sa zone de confort et de persévérer quand, et surtout quand, le défi est de taille. Pas de problème en éducation. Le défi est de taille en permanence 😉

Une organisation apprenante valorise donc l’effort, l’entraide et la place de l’erreur dans le développement des personnes de l’organisation. Elle valorise le processus. Pas les résultats actuels. C’est big ça. J’en parlerai plus longuement dans un autre billet.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres. @bourmu

Une organisation apprenante choisit de s’engager dans un processus d’amélioration continue.

Si une organisation apprenante valorise le processus, elle doit s’engager dans un processus d’amélioration continue. Évidemment, il faut avoir le goût de s’améliorer aussi. Ça aide 🙂 On sous-entend ici qu’on apprend pour s’améliorer.

Je vous présente donc un processus d’amélioration continue sur lequel @monsieurhunter et moi travaillons depuis un certain temps pour soutenir le développement d’une culture d’apprentissage dans les écoles. C’est une oeuvre en cours.

L’idée ici, c’est de garder les choses simples et le processus doit pouvoir s’appliquer à tout le monde, à tous les niveaux du système et se vivre individuellement, en équipe ou en réseau.

Processus d'amélioration continue (1).png

Planifier et améliorer (co-planifier) :

Une étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est l’intentionnalité. L’amélioration n’arrive pas par hasard. Il faut la souhaiter, mais surtout la planifier.

Le mot clé ici : intention

Lorsqu’on innove, lorsqu’on essaie une nouvelle pratique, lorsqu’on intègre une nouvelle technologie, on sait ce qu’on souhaite qui se passe. On a une intention. On pourrait même le voir comme une théorie d’action. Si… alors… Dans les dernières années, la théorie d’action systémique en éducation pourrait se lire comme suit :

Si nous intégrons efficacement la technologie dans les salles de classe, alors les élèves seront plus engagés et apprendront mieux.

Quand on essaie quelque chose de nouveau, c’est parce qu’on veut de meilleurs résultats. Nous savons aujourd’hui que la technologie est un levier, pas la solution. C’est pourquoi nous nous tournons vers les usages, les pratiques pédagogiques et le leadership. Le système, c’est du monde!

Agir et observer (co-enseigner/co-observer) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est le moment où on sort de notre zone de confort. On essaie.

Le mot clé ici : action

En 2018, on parle d’ouverture sur le monde. Une organisation apprenante est ouverte sur le monde, y compris les gens dans la même bâtisse. Je lisais un billet récemment qui suggère (voir la vidéo) que l’apprentissage professionnel le plus puissant est celui qu’on fait avec nos collègues. Je suis d’accord.

On passe donc à l’action et on observe l’impact de ce qu’on a planifié. On observe pour voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne différemment de ce qu’on avait planifié. Cette étape, on la vit de façon isolée. C’est un réglage par défaut du système. Une enseignante par classe après tout.

Une organisation apprenante ajuste ces réglages par défaut et organise des moments où les membres peuvent vivre cette étape cruciale en salle de classe, en petits groupes de 4 à 6 personnes. Oui oui. Vous avez bien lu. On se rend en classe avec les élèves, une personne enseigne ou des personnes co-enseignent et d’autres observent. «Oui mais Marius, mes collègues pourront me voir, en train d’enseigner.» C’est l’idée. Quand vous aurez fait le tour des classes et aurez eu l’occasion d’agir et d’observer, vous verrez que nous sommes tous dans le même bateau. Personne ne fait des miracles. Il faut travailler ensemble.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde. @bourmu

Apprendre et partager (co-objectiver) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne et d’une organisation, c’est l’apprentissage et le partage de ses apprentissages.

Le mot clé ici : partage

On peut très bien apprendre en formation ou lors d’une conférence. On peut apprendre en regardant des vidéos ou en lisant un livre ou un billet de blogue. On peut apprendre où et quand on veut en fait. Mais ici, je tiens à mettre l’accent sur la réflexion qui doit se faire après avoir essayé une nouvelle pratique. On peut passer beaucoup de temps à planifier lorsqu’on essaie quelque chose de nouveau. Mais on n’apprend pas automatiquement de nos expériences. Il faut s’arrêter et réfléchir à ce qu’on peut retirer de notre expérience. Dans mon expérience, peu de gens vivent cette étape de façon intentionnelle.

Mais après avoir réfléchi, après avoir appris, je crois que nous avons tous la responsabilité (morale) de partager ce que nous avons appris avec le gens qui nous entourent. Partager. Avec nos collègues. Avec le réseau.

Une organisation apprenante est une organisation dont les membres partagent ce qu’ils sont en train d’apprendre (présent duratif). Pas seulement ce qui fonctionne. Non non. Il faut partager ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pourquoi ne pas avoir des FAIL-meetings? Pas pour célébrer l’échec comme finalité. L’échec ou l’imperfection comme moyen. Tweak-forward. Une organisation apprenante est toujours en train d’apprendre de ses actions planifiées et intentionnelles.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde.

Quelques remarques au sujet du processus d’amélioration continue :

  • Les étapes ne sont pas linéaires.
  • Chaque étape peut être le point de départ ou le point d’entrée au service de l’amélioration continue.
  • Les flèches montrent qu’il y a du mouvement, mais ce n’est pas nécessairement à sens unique.
  • Par défaut, le processus se vit individuellement. Par design, il se vit très bien collectivement (4 à 6 personnes) dans une démarche d’accompagnement.

Il va sans dire qu’une organisation apprenante doit se doter d’un langage commun (amélioration continue, leadership, pédagogie) pour que tous les membres se comprennent. Ça fait aussi partie du processus 🙂

Finalement, une organisation apprenante, je pense que c’est une organisation qui choisit une mentalité de croissance et dont tous les membres choisissent de s’engager, individuellement et collectivement, dans un processus d’amélioration continue.

Vous faites partie d’une organisation apprenante?

Apprendre, ça rend heureux!

Une organisation CHOISIT d’être apprenante.

C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Merci de vos commentaires 🙂

Êtes-vous prêt à prendre soin de vous? 3 façons d’améliorer les choses pour soi!

On donne

En éducation, on donne. Du temps, de l’effort, de l’énergie, de l’amour, des stratégies, des notes, des concepts, des idées… On donne beaucoup de soi-même aussi. Quand on s’arrête pour y penser, on se rend compte à quel point on en accompli des choses dans une journée, une semaine, un semestre. Hein? Pensez à tout ce qui va mieux dans votre école, parce que vous étiez là, à l’intersection principale, lundi à la pause du matin quand… ou parce que tel et tel élève se sont réconciliés… ou parce que vous avez décidé de repousser l’évaluation de 2 jours… ou parce que vous avez accepté de rencontrer votre collègue à l’heure du lunch : il avait besoin d’être écouté. Pensez-y.

Ça fait partie de la «game»

Ça fait partie de la «game», comme on dit. Mais il ne faut pas oublier l’importance et la valeur de tout ce qu’on fait et qui demeure invisible pour la plupart des gens. Les choses qui ne sont pas assez «big» pour être soulignées en rencontre, mais qui font toute la différence dans nos belles écoles. On donne beaucoup de soi en éducation. C’est le mandat. On se pose la question : « Je me demande comment je pourrais bien améliorer…». Pour les autres. Mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas.

Mais il ne faut pas s’oublier

Avec l’élan et la passion que nous donne notre belle vocation, il ne faut pas s’oublier. Il faut prendre du temps pour soi. Prendre soin de soi, c’est bon pour soi. C’est bon pour les autres aussi.

3 façons d’améliorer les choses pour soi

Voici donc 3 façons qui peuvent nous aider à améliorer les choses, pour nous d’abord, et par ricochet pour les autres. Ce sont des conseils que j’ai reçus au fil de ma carrière.

1- Prendre le temps de réfléchir et de planifier : Voir clairement ce qu’on va faire

La première chose qui peut nous aider à améliorer notre qualité de vie en tant que professionnel, c’est de réfléchir à notre réalité. Prendre 30 minutes un samedi matin et réfléchir à notre emploi du temps dans la semaine qui vient de se terminer. Le but, c’est de prendre conscience de notre réalité, d’analyser les options qui s’offrent à nous et de choisir ce que nous ferons intentionnellement la semaine suivante.

Prendre conscience, Analyser, Choisir… et passer à l’action.

Quand doit-on commencer notre semaine? Jim Rohn dirait : « Lorsqu’elle est terminée. » Lorsque vous avez terminé de planifier votre semaine, c’est le temps de la commencer, de passer à l’action. Vous me suivez?

Quand tout est clair avant de commencer, la semaine se déroule très différemment autour de nous. Notre niveau de conscience augmente. On se met à remarquer les gens, élèves ou collègues, qu’on pourrait aider.

Réfléchir et planifier une semaine à la fois, ça change tout. Bien-être.

Voici des exemples de questions qui peuvent nous aider à bien planifier nos semaines.

  • Qu’est-ce que je fais? Pourquoi je le fais?
  • Comment je gère mon temps en classe?
  • Comment je gère mon temps en dehors de la classe?
  • Je pense à quoi? Quelles idées ou questions occupent ma pensée? Pourquoi?
  • Qu’est-ce qui semble fonctionner?
  • Quelles idées, quelles données, quels collègues ont de l’influence sur mes décisions? Pourquoi?
  • Quelles sont mes plus grandes forces en tant que leader pédagogique?
  • Quelles sont mes 4 ou 5 meilleures stratégies pédagogiques? Celles que j’utilise toujours, comme par défaut. Je peux les nommer?
  • Quelles stratégies servent à gérer ma classe et quelles stratégies soutiennent l’apprentissage des élèves?
  • Qu’est-ce que je veux accomplir avec mes groupes? Est-ce clair pour eux?
  • Est-ce que mes groupes progressent?
  • Est-ce que je progresse avec mes groupes?
  • Quels sont mes défis? Qu’est-ce qui m’empêche d’aller plus loin?
  • Que dois-je faire de façon intentionnelle?
  • Que dois-je arrêter de faire de façon intentionnelle?

2- Créer des systèmes et des processus : Voir clairement comment on fait

Au fil de mes lectures, je découvre que les gens qui ont le plus de succès en éducation ou en entreprise sont des gens qui systématisent leur travail. Faire les choses à tel moment de la journée (horaire) d’une certaine façon, systématiquement, intentionnellement. Voici quelques exemples :

  • Lire ses courriels une seule fois. Vous l’ouvrez, vous le traitez.
  • Lire un livre ou regarder une vidéo une seule fois. Prenez des notes en lisant ou en visionnant.
  • Avoir un système pour nommer et pour classer les choses dans Drive.
  • Avoir un système pour garder les bonnes ressources, vidéos, billets etc. Par exemple, un dossier dans vos favoris dans Chrome OU un compte dans Diigo OU un simple Google doc où vous gardez, nommez et classez tout ce que vous trouvez d’intéressant sur le web. Systématiquement.
  • Avoir un système où vous pouvez garder toutes les idées qui peuvent nourrir votre rédaction de billets, votre planification de cours, votre offre de formations…
  • Avoir un système où vous gardez toutes les rétroactions écrites offertes aux élèves, par type de tâche et par cours. Parce que ça sert toujours.
  • Avoir un système où vous gardez les meilleurs exemples des tâches de vos élèves, pour chacun des niveaux de rendement. Un banque de copies types… Pour vos futurs élèves. Pour l’évaluation en tant qu’apprentissage…

Ce ne sont que quelques exemples qui peuvent maximiser notre emploi du temps, au fil du temps. Mais il y a aussi les systèmes et processus que vous créez avec vos élèves. Les routines. Rendre le fonctionnement explicite et systématique avec vos élèves. L’arrivée des élèves, l’objectivation et le départ des élèves, les activités de collaboration en classe, les transitions en classe, les moments où les élèves rendent leur pensée visible en classe, les activités de métacognition, la gestion et l’utilisation des outils numériques, le partage de documents, la documentation pédagogique, la remise de travaux, le blogue de classe,  la gestion et l’utilisation des appareils mobiles, la communication par courriel / dans Classroom, l’agenda de la classe, l’agenda de l’élève etc.

Rendre explicite comment on fonctionne systématiquement en classe et comment et pourquoi les outils numériques seront utilisés ou non.

3- Donner et recevoir en pleine conscience : Sentiment d’accomplissement

En éducation, on donne. Planifier notre horaire une semaine à la fois nous permet de voir clairement ce qu’on veut/peut accomplir. Ça nous donne un plan de match. Les systèmes (gestion et classe) que nous mettons en place nous permettent de voir clairement comment on gère notre quotidien. Les gens, le programme, les idées, les travaux, les ressources… Ce qui nous ramène à, donner. Quand nous réussissons à bien nous acquitter de nos tâches, nous sommes fiers de nous. Quand nous réussissons à donner un peu de nous-mêmes, en pleine conscience,  pour améliorer les choses pour les autres autour de soi, nous avons un sentiment d’accomplissement. Difficile de ne pas aimer notre profession avec de telles émotions.

Ces émotions se planifient et se systématisent. Plus on planifie, plus on systématise, plus on peut donner, plus on peut ressentir les émotions positives qui viennent, systématiquement, avec le don de soi.

Or le don de soi sans planification et sans systèmes peut parfois mener au mode survie.

Ça, c’est à éviter.

Êtes-vous prêt à prendre soin de vous?

Merci de vos commentaires

3 étapes pour un 2018 rempli… d’intentionnalité!

Je vous propose un billet plus «holistique» aujourd’hui 🙂

L’année 2017 tire à sa fin. J’apprécie ce temps de l’année. Entre Noël et le Jour de l’an. Je ne sais pas si c’est comme ça pour vous aussi mais c’est le moment de l’année où je prends naturellement du recul. Je réfléchis à où j’étais à pareille date l’an passé et j’anticipe ce que je ferai de 2018. Je me fixe des objectifs. Dans toutes les sphères de ma vie, pas seulement en tant que leader pédagogique. Pas des résolutions. Des objectifs.

Aujourd’hui, je vous partage les idées qui m’inspirent depuis quelques années et qui m’aident vraiment à progresser. Comme mari, comme père, comme ami, comme frère, comme oncle… comme leader, comme personne. Quand on progresse, on ne progresse pas en silos. Je me suis inspiré de John Maxwell et  de Jim Rohn, entre autres. J’apprécie particulièrement cette citation de Jim Rohn : «If you don’t design your own life plan, chances are you’ll fall into someone else’s plan. And guess what they have planned for you? Not much!» Vous pouvez appliquer ces idées à la partie de vous qui oeuvre en éducation ou à tout ce que vous êtes comme personne. Libre à vous. J’espère que ça vous aidera.

If you don’t design your own life plan, chances are you’ll fall into someone else’s plan. And guess what they have planned for you? Not much! Jim Rohn

3 raisons qui amènent les gens à changer

Dès qu’on parle de progrès, on parle de changement. Au fil de mes lectures en 2017, j’ai appris qu’il y a trois raisons majeures qui amènent les gens à changer.

1- QUAND ILS SOUFFRENT ASSEZ QU’ILS DOIVENT CHANGER.

Parfois, «souffrir» est un bien grand mot et ça ne fait pas nécessairement «mal». C’est juste que ce n’est pas ce qu’on veut pour soi. Il y a des choses qu’on accepte dans notre vie, qu’on tolère, qu’on endure. Consciemment ou non. Ça se change!

2- QUAND ILS APPRENNENT ASSEZ QU’ILS ONT LE GOÛT DE CHANGER.

Quand on ne sait pas quoi faire pour changer quelque chose, on le tolère, on l’endure, on pense qu’il n’y a rien à faire. Ça amène certains à être résignés. La clé pour faire des progrès, c’est l’apprentissage. En éducation, on appelle ça du développement professionnel. C’est la même chose. Ça veut simplement dire qu’on progresse, qu’on augmente notre capacité d’améliorer positivement notre vie et celle des autres qui nous entourent.

3- QUAND ILS REÇOIVENT ASSEZ QU’ILS SONT CAPABLES DE CHANGER.

Mais ce n’est pas si simple que ça. Parfois on en a assez d’une situation, on a appris ce qu’il faut faire pour améliorer les choses et… on ne le fait pas. Ça varie d’une personne à l’autre mais tout le monde a besoin de recevoir du soutien, des encouragements, de la rétroaction, des ressources personnelles… de l’amour.

 Au bout du compte, il faut avoir une raison de changer, il faut savoir comment et il faut avoir du soutien pour y arriver. Afin de vous aider à amorcer votre réflexion pour vos objectifs de 2018, voici quelques questions :

  • Qu’est-ce qui doit changer dans votre vie? Vous vous dites : «Non, ça je n’en veux plus.»
  • Qu’est-ce que vous avez appris? Qu’êtes-vous en train d’apprendre? Que pourriez-vous apprendre qui vous donnerait le goût de changer des choses dans votre vie?
  • Qu’avez-vous reçu? Qu’avez-vous besoin de recevoir? De qui?

2 choix bien simples : changer de comportement ou changer d’attitude

Ce que j’apprends, c’est qu’on a deux choix en ce qui a trait aux choses (résultats ou état des lieux) qu’on apprécie moins ou qu’on voudrait améliorer dans notre vie.

  1. Quand c’est dans notre zone d’influence, on peut toujours changer de comportement. Changer nos habitudes alimentaires, nos pratiques pédagogiques, nos relations, nos priorités, notre emploi du temps, nos décisions financières… Vous me suivez? Quand on n’aime pas les résultats qu’on obtient, on peut changer de comportement.
  2. Quand c’est à l’extérieur de notre zone d’influence, on peut toujours changer d’attitude. Ouf! pas facile celui-là. On ne peut pas changer les autres ou ce qui nous arrive à cause des autres ou à cause de la vie. Parfois, ce n’est réellement pas de notre faute et il se passe des choses qu’on apprécie moins dans notre vie. Une seule solution pour améliorer comment on vit avec ça : changer d’attitude.

3 critères d’objectifs puissants

Les objectifs qu’on se fixe nous affectent. C’est important de savoir ce qu’on veut. C’est aussi très important de viser haut. Voici trois critères à respecter pour que vos objectifs soient puissants :

  1. Ils vous inspirent. Par leur grandeur, par votre façon de les rédiger. L’idée, c’est qu’à la lecture de vos objectifs, vous devez être inspiré.
  2. Vous pouvez y croire. Vous devez viser haut, mais vos objectifs doivent être à votre portée. Il faut être déraisonnable mais réaliste. Par exemple, je ne deviendrai pas astronaute cette année, ni l’an prochain 🙂
  3. Vous pouvez agir pour les atteindre. Vous devez pouvoir poser des gestes concrets pour atteindre vos objectifs. Des gestes concrets, ça se place à l’agenda et au fil du temps, ça devient des habitudes. Des habitudes qui vous permettent d’atteindre vos objectifs.

3 étapes pour établir vos objectifs personnels pour 2018

Voici les 3 étapes que j’utilise pour établir mes objectifs personnels pour 2018. Je n’ai pas encore terminé, mais ça avance 🙂 Plus loin, j’ai intégré un document Google qui peut vous être utile.

1- RÉFLÉCHIR : La première étape c’est de réfléchir. Analyser 2017. D’où je viens. Ce que j’ai fait. Ce que je n’ai pas fait. L’idée ici, ce n’est pas de me critiquer et de me rendre compte que j’aurais tellement pu en faire plus. Non. L’idée, c’est d’apprendre à mieux me connaître. Qu’est-ce que j’ai bien fait en 2017? Où sont mes réussites? Qu’est-ce qui m’a aidé à réussir? Est-ce que mon emploi du temps reflète les priorités et les objectifs que je m’étais fixés? Pourquoi? Ensuite, je prends conscience d’où je suis. Présentement. Et je dois décider ce que je veux. Qu’est-ce que je veux accomplir/devenir en 2018? Finalement, la réflexion se fait aussi tout le long de l’année. En 2017, je me suis créé un formulaire Google où j’ai indiqué mon mot thème et mes grands objectifs. C’est important de documenter ce qu’on fait, ce qu’on ne fait pas, de comprendre pourquoi, de s’ajuster. Pendant les 4 premiers mois (janvier à avril), je remplissais ce formulaire à tous les soirs avant de me coucher ou tôt le lendemain matin. On garde des traces, on réfléchit. Je relis aujourd’hui ce que j’ai écrit… J’apprends.

2- ÉTABLIR DES OBJECTIFS : Ça, c’est la partie difficile. Les objectifs, il faut les travailler. J’écris tous les objectifs, les rêves qui me passent par la tête. Il n’y a pas de mauvaises idées ici. Quantité. J’en mets le plus possible. Je vous encourage à répéter cet exercice une fois par jour pendant 5 à 10 jours. Chaque jour, vous recommencez sans regarder les idées de la veille. Après 5 à 10 jours, des idées vont se démarquer, des thèmes vont ressortir. À partir de là, je regroupe les objectifs par thèmes (p. ex., famille, relations, couple, choses, bien-être, leadership, développement personnel/professionnel, activités, long terme, court terme, finances, voyages…) L’an passé, j’ai appliqué la méthode de John Maxwell et j’ai choisi un mot thème pour l’année (action) et j’ai choisi 4 grands objectifs (famille, relations, leadership, bien-être). Je fais la même chose cette année en m’assurant que mes objectifs soient SMART. On le fait dans les écoles, on le fait en affaires… ça s’applique à notre vie personnelle aussi. Je vous rappelle rapidement ce que SMART représente :

S → Spécifique : Les objectifs clairs et spécifiques sont plus faciles à atteindre.

M → Mesurable : Les objectifs doivent être mesurables.

A → Atteignable : Les objectifs doivent être atteignables.

R → Réaliste/Résultats : Les objectifs doivent être réalistes et axés sur des résultats.

T → Temps : Les objectifs doivent être placés dans le temps.

3- PLACER DES ACTIVITÉS À L’AGENDA : On dit souvent que tout ce qui se mesure est réalisable. Tout ce qui est à l’agenda s’accomplit. Pas sur une «TO-DO list». À l’agenda. Je veux prendre le temps de réfléchir? Je veux lire un livre par mois? Je veux écrire un billet de blogue par semaine? Je veux passer du temps avec mes enfants? Je veux améliorer mes pratiques en leadership? Je veux un mode de vie actif et sain? Ok. Quelle date, quel jour, quelle heure, quelle fréquence, quel moment de la journée? Cette activité exige d’examiner notre emploi du temps. Nos tendances. Tout le monde a 24 heures. Tous les cours durent, 50, 60, 75 minutes. Les résultats varient, eux. C’est ce qu’on fait de notre temps qui compte, qui doit être examiné et compris.

Alors, quelle histoire avez-vous le goût d’écrire en 2018? Si vous n’écrivez pas votre histoire, vous allez quand même la lire à pareille date l’an prochain.

En éducation, on change des vies. Mais il faut aussi s’occuper de la nôtre 🙂

Je vous souhaite une superbe année 2018. Une année remplie de joie, de croissance, de progrès, de santé… et d’intentionnalité.

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Vous n’avez pas assez de mauvaises idées

Salutations à mes collègues de l’Association des écoles privées de l’Estrie. Ce billet est spécialement pour vous, tel que promis. Bon succès dans vos prochaines étapes!

Des barrières et des recettes

À première vue, les barrières à l’innovation dans nos écoles paraissent immuables parfois. Le temps, les exigences du système, les évaluations, le leadership, le travail d’équipe, l’infrastructure. Or l’école repensée, elle se vit au quotidien dans plusieurs écoles, dans plusieurs salles de classe. Comment cela se peut-il? Comment arriver à personnaliser l’éducation, développer les compétences de nos élèves tout en répondant aux exigences du système? J’apprécie les questions qui commencent par «comment». Ça sous-entend que c’est possible, qu’on cherche une façon d’y arriver, de faire autrement. Pour faire autrement, il faut voir les choses autrement. Un des grands défis en éducation, c’est que nous sommes tous issus d’un système qui valorisait la bonne réponse. Nous avons réussi dans ce système et nous sommes habitués d’avoir la bonne réponse. C’est donc très normal de demander «comment faire xyz», de demander la recette de quelqu’un d’autre. On veut réussir du premier coup. Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. Il n’y a pas UNE recette, il y a des recettes. La meilleure? La vôtre, celle que vous allez créer, peaufiner, expérimenter avec les apprenants qui sont devant vous. Quand suffisamment de gens auront trouvé des façons d’innover à l’intérieur de la boîte, le système pourra redéfinir les paramètres de la boîte. L’école repensée ne viendra pas de la boîte à mon avis. Elle viendra de nous. C’est tellement stimulant. Pensez-y.

Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. @bourmu

Des questions qui commencent par «Comment»

Suite à ma conférence de vendredi, j’avais le privilège d’animer une session de réflexion portant sur le leadership pédagogique. La session de réflexion a débuté… avec une réflexion. Quelles idées avez-vous en tête? Comment vos élèves en profiteront-ils? Quelle question aimeriez-vous qu’on aborde ensemble pendant l’après-conférence? Nos questions sont comme un trousseau de clés. Plus nos questions sont intéressantes, plus elles ouvrent des portes intéressantes. Voici 30 questions, très intéressantes «comment», proposées par les participantes et participants :

  1. Comment penser autrement la structure?
  2. On fait comment pour aider 33 élèves à pédaler en même temps?
  3. Comment bien exploiter les technologies sans appareils électroniques fournis par l’école pour tous les élèves?
  4. Comment arrimer cette belle théorie avec la réalité des contraintes des écoles?
  5. Comment mettre à profit les élèves avec qui nous avons déjà une excellente relation pour aider à améliorer nos relations avec les autre élèves pour qui c’est moins évident?
  6. Comment intégrer le 20% dans la boîte d un programme d’un cours?
  7. Comment valider ces choix pédagogiques (absence de notes avant les bulletins) auprès des parents (qui sont tellement axés sur les résultats)?
  8. Comment changer les évaluations en gardant les bulletins aux dates fixes?
  9. Comment peut-on laisser les enfants apprendre à leur rythme tout en répondant aux critères du Ministère?
  10. Comment articuler concrètement le leadership en classe auprès de nos élèves? Des outils réels et concrets dans les matières différentes svp…
  11. Comment équilibrer leadership et autorité?
  12. Comment faire pour qu’il y est une balance dans la vie des élèves versus les appareils technologiques … un réseau social plus qu’un outil technologique?
  13. Comment exercer un bon leadership quand je vis une situation de crise avec un élève?
  14. Comment équilibrer leadership et autorité?
  15. Comment peut-on réalistement implanter ce type de pédagogie en ayant un cadre administratif si contraignant? Les étapes très courtes, les notes obligatoires dans les différentes compétences, etc.
  16. Comment pouvons-nous créer des projets significatifs en ayant des notes à récolter afin d’être conformes aux exigences du ministère?
  17. Mon questionnement toujours arrimer les exigences du programme et les projets et les passions des élèves…
  18. Comment intégrer le leadership dans un cadre peu flexible sur lequel nous avons aucun contrôle (liberté)?
  19. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  20. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  21. Comment faire des évaluations « non fixes » mais équitables?
  22. Comment créer (aussi) cet esprit de leadership en département?
  23. Quelles activités puis-je faire avec mes élèves pour améliorer leur leadership?
  24. Comment peut-on réussir concrètement à bâtir une relation solide et propulser CHACUN des élèves dans leur potentiel en les voyant seulement une heure par jour ou moins?
  25. Comment faire, concrètement, pour maintenir cette vision plus souple dans une structure globale rigide qui impose un programme,  des communications de résultats constantes et des épreuves uniformes? Quoi prioriser?
  26. Comment faire en sorte que les élèves apprennent à leur rythme tout en respectant le contenu du programme sans tomber dans l’enseignement individuel.
  27. Comment initier un changement auprès des collègues?
  28. Évaluation au moment où l’élève est prêt… est-ce réaliste?
  29. Considérant qu’il est important d’avoir plusieurs manifestations des élèves de leurs compétences mobilisées en évaluation, comment faire pour optimiser les évaluations pour permettre aux élèves de démontrer leurs compétences, sans les surcharger ou les stresser ?
  30. Comment peut-on faire des évaluations aux moments où l’élève est prêt tout en faisant des évaluations équitables?

4 concepts-clés

Je ne peux pas faire le tour de chacune des questions. Mais derrière le concept du leadership pédagogique se trouve l’idée que nous sommes tous appelés à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage.  Devenir. Il n’y a pas de ligne d’arrivée ici. Qui dit concepteur, dit essai-erreur. On est loin des recettes ici. Tout part de soi. En acceptant l’invitation de devenir un leader pédagogique, on accepte aussi l’idée que nous sommes les seuls responsables de ce qui est possible ou non dans notre salle de classe (la boîte). Le pouvoir d’action est là. Les excuses doivent rester à la porte ici je crois. Et je crois également au message de George Bernard Shaw.

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Je vous propose donc quatre concepts-clés qui peuvent soutenir les expériences d’apprentissage que vous allez créer avec et pour vos élèves.

QUELLES SONT LES 10 PIRES IDÉES AUXQUELLES VOUS POUVEZ PENSER?

Une bonne façon d’aborder la conception d’expériences d’apprentissage, c’est d’anticiper que tout ne sera pas parfait du premier coup. On peut même partir de l’imperfection pour en arriver à des idées qui ont de la valeur. Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? Je suis certain que si vous essayez de trouver 10 mauvaises idées pour chacune des 30 questions énumérées plus haut, vous tomberez sur d’excellentes idées éventuellement. L’avantage ici, c’est que ce processus vous libère l’esprit de la nécessité de trouver la bonne idée avant de commencer. Idéalement, je vous suggère de vivre ce processus en équipe. Et comme le dit si bien Sir Ken Robinson : « If you are not prepared to be wrong, you’ll never come up with anything original.» La partie facile, c’est de générer des idées. Ensuite, il faut aller les tester. Un bloc de 20 minutes, une leçon, une semaine, un projet, une unité, un cours, un programme. À vous de choisir. Ce sera un processus d’essai-erreur.

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Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? @bourmu

DES ESPACES D’APPRENTISSAGE FLEXIBLES

Il est beaucoup question des espaces d’apprentissage depuis un certain temps. Je n’irai pas dans le détail ici mais je posais la question suivante aux membres du panel de discussion dans le cadre de TELL2017 en août dernier. La transformation des espaces physiques et numériques mène-t-elle nécessairement à la transformation de la pédagogie? Au-delà des salles de classe à la Pinterest, je crois que l’espace d’apprentissage le plus important, c’est le cerveau du concepteur et celui de l’apprenant. La flexibilité commence là à mon avis. L’espace physique et les espaces numériques doivent être alignés avec les intentions pédagogiques (connaissances, compétences globales) et créer les conditions dans lesquelles nous apprenons tous aujourd’hui. Tout espace peut devenir un espace d’apprentissage innovant et stimulant. Pensez-y

METTRE LES FORCES ET INTÉRÊTS DES ÉLÈVES AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE 

L’école repensée ne se fait pas seul depuis le devant de la classe. C’est un peu comme recevoir la famille dans le temps des Fêtes et vouloir tout faire et préparer le repas soi-même. Combien plus efficace (et moins stressant!) est-ce quand tout le monde se mobilise. Un prépare la tourtière, l’autre une salade, un autre prépare les patates pilées, un autre, la dinde… Notre repas. Pour que la classe devienne notre classe, il faut impliquer les élèves, apprendre à les connaître, les amener à se connaître, les amener à développer leur capacité à apprendre de façon autonome, stimuler leur curiosité naturelle, les mettre au défi… À quoi ressemble un cours qui permet ça? On commence comment? Il faut vouloir les amener plus loin que la fin du cours, comme le disait si bien Stéphane Laporte dans «Si les profs pouvaient». Il faut lâcher prise, cesser de vouloir tout contrôler. Pour que l’école change, il faut qu’on change comment on fait l’école. Nos façons de faire présentement ont des limites parce que les adultes travaillent trop souvent plus fort que les élèves. Et ce n’est pas une question d’engagement. C’est ce qu’on leur demande. Les élèves peuvent tellement nous en donner plus. Plus d’eux-mêmes, plus d’originalité, plus de questions… pas plus d’obéissance cependant. Faisons-leur de la place pour voir…

PERSONNALISER ET DIFFÉRENCIER

À l’impossible nul n’est tenu. Les exigences du système sont bien réelles. Mais il y a une marge de manoeuvre. Je le vois chaque fois que je suis dans une école. Je réfléchis beaucoup à ce que peut signifier la différenciation et la personnalisation. Est-ce que ça veut dire la même chose? Est-ce qu’il y a des nuances? Voici comment je distingue les deux (ébauche).

Différenciation : on parle de différenciation lorsque le point de départ est le programme et qu’on ajuste le contenu, le produit ou le processus en fonction de l’apprenant qui est devant nous.

Personnalisation : On parle de personnalisation lorsque le point de départ est une force, une passion, un intérêt de l’apprenant (p. ex., projet 20%, robotique, fabrique…) et qu’on trouve où est le programme dans ce que l’apprenant réalise.

Quelle que soit l’idée qui vous allume et que vous souhaitez mettre en oeuvre dans votre classe ou votre école, donnez-vous la permission de ne pas réussir du premier coup.

La seule personne que vous pouvez changer, c’est vous. Si vous voulez voir vos collègues changer, modelez ce changement. C’est tout ce que vous pouvez faire.

Restez dans votre zone d’influence mais sortez de votre zone de confort.

L’école repensée, elle est en vous.

On se met à énumérer des mauvaises idées pour voir?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

La transformation, ça commence EN vous!

La transformation de l’expérience d’apprentissage, repenser l’école, sont les sujets de l’heure. On en parle partout. Au fil des discussions, on finit toujours par parler de la zone de confort des gens. Après tout, transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève, repenser l’école, ça sous-entend un changement dans nos pratiques. L’inférence à faire ici, c’est que ça implique que tous sortent de leur zone de confort, que tous soient en croissance. Les élèves, les parents, les enseignants, les directions, les superviseurs systémiques, la société. Tout le monde.

La loi de l’élastique

En tant que coach en leadership, je suis appelé à enseigner Les 15 lois inestimables de la croissance de John C. Maxwell afin d’aider les gens à atteindre leur plein potentiel. La loi de l’élastique ne laisse personne indifférent puisqu’elle adresse de plein fouet la zone de confort. Elle va comme suit : «Votre croissance cesse lorsque vous diminuez la tension entre ce que vous êtes et ce que vous pourriez devenir.» Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de vivre pleinement sa vie et d’atteindre son plein potentiel, ça se passe à l’extérieur de sa zone de confort.

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La zone de confort nous coûte cher

La zone de confort, c’est le pilote automatique, c’est l’habitude, l’inconscience, c’est peu d’émotions, positives ou négatives. C’est le statut quo. La zone de confort, c’est ordinaire. C’est la roue qui tourne. C’est moyen. C’est être dans la moyenne. Quand vous allez au resto le vendredi soir, souhaitez-vous trouver un resto moyen, avec de la nourriture moyenne, un serveur moyen, une ambiance moyenne, avec de la compagnie moyenne. Quoi de mieux qu’un bon vendredi soir moyen! Bien sûr que non! Et je ne connais personne qui soit devenu enseignant pour être ordinaire. Ce qu’on ne nous dit pas toujours, c’est que sans plan précis, sans objectifs clairs, on devient inconscient, on devient ordinaire et les résultats dans notre vie en général sont ordinaires. L’inconscience, la zone de confort, nous coûte cher. Parce que quand on devient ordinaire, notre profession devient ordinaire. Notre quotidien devient ordinaire. Notre motivation, notre curiosité, notre désir d’apprendre… tout devient ordinaire. Bof! (soupir…) Mais c’est confortable sur le plan affectif, dans le moment présent. Danger.

Sortir de sa zone de confort

Sortir de sa zone de confort, c’est tout le contraire. C’est la conscience. La conscience qu’il y a mieux. Qu’on peut faire être mieux! Lorsqu’on devient conscient qu’en devenant plus que ce que nous sommes, on peut obtenir plus que ce que nous avons, tout bascule. On se fixe des objectifs. Les objectifs ont un rôle bien particulier lorsqu’il est question de croissance personnelle.

  1. Nos objectifs nous permettent d’être intentionnels. La croissance n’arrive pas par hasard.
  2. Nos objectifs nous incitent à devenir la personne que nous devons être pour les atteindre. Pensez-y.

Présentement, le monde de l’éducation a pour objectif de transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants. C’est notre incitatif collectif pour devenir (les personnes et le système) ce que nous devons devenir pour y arriver. La transformation de l’expérience d’apprentissage, ça commence EN nous. À l’intérieur de chacun de nous. Ça commence avec la prise de conscience qu’il y a mieux pour nous et pour les apprenants. Et que ce MIEUX se trouve à l’extérieur de notre zone de confort, quelle qu’elle soit pour vous.

Tous les acteurs dans le système doivent devenir confortablement inconfortables pour que collectivement, nous devenions ce que nous devons devenir pour permettre à tous les apprenants d’atteindre leur plein potentiel dans un contexte axé sur la performance croissance et où les émotions de tous seront positives. Bien-être, dites-vous?

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Confortablement confortable

La première étape, c’est de reconnaître qu’on est confortablement confortable. Pas de croissance ici. Morne et taciturne, comme une fin d’après-midi de novembre. Ça coûte cher. Ça nous coûte la joie de vivre qui vient avec le dépassement de soi. Il y a des liens importants à faire entre l’estime de soi, le sentiment d’auto-efficacité et la croissance (ou le manque de). Pourquoi changer? Qui sait?…

Inconfortablement confortable

Ensuite vient le moment où on se dit qu’il y a mieux. Qu’on pourrait… Pourquoi pas changer? Et pourquoi pas moi? Prise de conscience! Ça peut être brutal. C’est ici qu’on a l’intention de… Et dès qu’on a l’intention de, les émotions et le discours intérieur s’en mêlent. Rien n’a changé encore, et pourtant, tout a changé. Vous me suivez? Tout se passe en dedans. La raison nous dit qu’il faut sortir de notre zone de confort, mais les émotions nous bloquent. Ouf!!! Le combat. L’intensité et la durée de cette étape varient en fonction des individus. Qui sait pourquoi? Empathie svp. Selon mon expérience, plus on nourrit nos craintes, plus c’est difficile de passer à l’action et plus on souffre. Pour rien. En silence. S’il fallait faire une faute… Croissance, pas perfection.

Inconfortablement inconfortable

Ok go. Là on passe à l’action. On essaie une nouvelle approche, on intègre une nouvelle technologie, on évalue autrement, on donne une voix à l’élève, on conçoit une expérience d’apprentissage… On lâche prise et on s’essaie. On est loin du confort ici. On s’entend. Mais on grandit. Déjà, on grandit. Le dépassement de soi, aussi minuscule soit-il, fait grandir l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité. Si on laisse de côté les émotions, c’est super facile de sortir de sa zone de confort. On le fait. C’est un choix. Ça coûte gratuit. C’est facile, ça. Non? Mais tout ce qui est facile à faire est aussi facile à ne pas faire. C’est là que les objectifs qu’on se fixe deviennent importants. Ils nous permettent de demeurer conscients chaque jour et de passer à l’action. Et c’est tellement inconfortable. Vous avez été ado. Vous savez peut-être que de grandir, physiquement, peut être douloureux. À l’âge adulte, c’est la croissance personnelle qui fait mal, sur le plan du confort. Passer à l’action chaque jour, pour transformer notre pratique, c’est ce qui nous permettra de développer une nouvelle forme de confort. Le confort dans la croissance. Vous sentez les papillons?

Confortablement inconfortable

Pour développer des apprenants à vie, il faut le devenir nous aussi. Et ça, ça veut dire qu’on doit vivre en mode Béta. Il faut devenir confortables à l’idée de toujours vivre avec cette tension (loi de l’élastique) entre où nous sommes et où nous pourrions être. Le monde d’aujourd’hui, il change. C’est comme ça. Et on peut toujours devenir plus. Il n’est jamais trop tard. Ça demande une certaine mentalité, ça demande du caractère et de la discipline, ça demande de la conscience. Et ça génère en nous, des émotions positives et une confiance en soi sans égal. Ça donne du oumf, comme on dit 🙂

Êtes-vous prêts à vivre confortablement à l’extérieur de votre zone de confort?

La croissance et votre plein potentiel vous y attendent.

C’est ce qui est requis de nous tous, si on veut sérieusement repenser l’école.

Transformer l’expérience d’apprentissage, ça commence EN vous! En nous tous.

On commence maintenant?

Merci de vos commentaires 🙂