Faire croître une culture d’apprentissage!

Le virage pédagonumérique nous amène à transformer nos approches pédagogiques afin de développer des apprenants à vie. Il importe donc de créer une culture d’apprentissage dans nos classes, dans nos écoles et dans nos CS. Je vous propose un modèle qui permet de développer un langage commun pouvant soutenir un culture d’apprentissage pour tous. Ici, je mettrai davantage l’accent sur la direction d’école 🙂

Être un modèle

Quand j’offre de la formation en leadership pédagogique, les participants mentionnent souvent l’importance de la modélisation. C’est connu. Le gens font ce qu’ils voient. Les gens reproduisent ce qu’ils vivent avec leurs leaders. Par exemple, on pourrait dire que la qualité des réflexions et des discussions vécues avec les membres du personnel pourrait déterminer la qualité des réflexions et des discussions vécues en salle de classe. D’où l’importance, comme leader pédagogique, de modéliser intentionnellement les comportements pédagogiques attendus de son personnel. Mais qu’est-ce que ça signifie au juste pour la direction d’école?

Le modèle pédagogique de l’enseignant

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En 2012, je publiais L’inukshuk : pour mettre l’élève au centre de son apprentissage, qui fait un survol des 7 stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage, telles que présentées dans Faire croître le succès, la politique du ministère de l’Éducation de l’Ontario (MÉO) en matière d’évaluation et de communication du rendement des élèves. Ces 7 stratégies s’appliquent à toutes les matières et à tous les niveaux scolaires. Elles constituent le coeur du modèle pédagogique de l’enseignant en Ontario, à mon avis. Si je suis direction d’école, comment pourrais-je modéliser ces pratiques lorsque je suis avec mon personnel? Bonne question. Mais explorons davantage d’où viennent ces 7 pratiques pour voir s’il y a lieu de faire un lien plus clair au leadership.

Les 3 processus qui soutiennent les 7 stratégies

Le modèle pédagogique de l’enseignant découle de trois processus, selon Black et Wiliam (2009). Voici une source d’information intéressante au sujet de leur recherche. Les trois processus sont (traduction libre) :

  1. Susciter des preuves d’apprentissage
  2. Interpréter les preuves d’apprentissage
  3. Passer à l’action

Ces trois processus donnent tout leur sens aux 7 stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage. Quels liens peut-on faire avec le leadership?

Le leadership pédagogique, c’est comme Google Maps!

Quand on y pense, la tâche principale de tout leader est d’amener un changement positif dans son milieu. C’est tout. En bref, pour y arriver, le leader doit savoir communiquer clairement la vision, faire une bonne évaluation de l’état des lieux et établir un plan d’action pour actualiser la vision. Le leadership pédagogique, c’est comme Google Maps!

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DESTINATION : Il importe de savoir où on veut aller et peindre un portrait bien clair de ce qui est attendu de la part de tous en matière de pédagogie (p. ex., l’inukshuk), mais aussi en matière d’évaluation du rendement et d’utilisation des technologies, au service de l’apprentissage.

POSITION ACTUELLE : Il importe aussi de bien connaître les forces et intérêts de son personnel en matière de stratégies pédagogiques, de stratégies d’évaluation (J’isole volontairement l’évaluation.) et en matière d’utilisation des technologies, au service de l’apprentissage. Il importe d’avoir une interprétation juste de ce qui se passe présentement dans son école. Ces informations constituent la base sur laquelle la direction pourra s’appuyer pour communiquer et célébrer les progrès de l’équipe, dans l’actualisation du plan d’action : l’itinéraire.

L’ITINÉRAIRE : Qu’on l’appelle Plan d’amélioration d’école, Projet éducatif, Plan d’action pédagonumérique… Le plan, c’est l’itinéraire qu’on se donne pour actualiser la vision (destination). C’est ici qu’il est important d’être flexible dans les moyens et dans les points d’entrée afin que tous les membres du personnel puissent trouver une façon de faire les premiers pas qui ont un sens pour eux. En classe, on parlerait de différenciation. C’est semblable. En ce sens, un plan d’action peut cibler la pédagogie, les environnements d’apprentissage, l’utilisation de la technologie au service de l’apprentissage, l’innovation au niveau des pratiques en évaluation etc. Une excellente façon d’aborder ces aspects avec son personnel, c’est par le biais de théories d’action. Ce sera pour un autre billet 🙂

Bref, de cet angle, le leadership pédagogique ressemble drôlement aux trois processus de Black et Wiliam, non?

Et si la direction avait son modèle pédagogique…

Au fil du temps, en discutant avec des collègues, en me questionnant sur le leadership pédagogique et sur l’importance de modéliser, je me suis demandé s’il était possible que la direction ait sa version de l’inukshuk. En autres mots, est-ce possible que la direction puisse s’appuyer sur des stratégies claires (un modèle commun) pour actualiser son plan d’action (peu importe le nom du plan). L’idée, c’est toujours d’amener un changement positif. Dans le cas des écoles, c’est d’amener un changement positif dans nos pratiques pédagonumériques pour améliorer continuellement l’expérience d’apprentissage des élèves qui nous sont confiés. Il y a quelques années, Josée Hébert (@joseehebert) et moi avons offert un atelier dont l’objectif était de faire jaillir ce modèle commun. J’ai continué de le faire puisque les discussions sont toujours extraordinaires. Jusqu’à présent, j’ai vécu l’expérience avec environ 600 directions. Voici ce que ça donne. Vous y trouverez un mélange des trois processus de Black et Wiliam et de Google Maps.

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Le modèle expliqué

QUELLE EST NOTRE CIBLE? : La première question est au présent. Et ce n’est pas LA cible de la direction. C’est NOTRE cible, comme ce sont NOS élèves et c’est NOTRE école. C’est une question qu’on doit se poser à tous les jours. Elle répond à «Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons?» Le leadership d’une direction d’école, ça se passe surtout lorsqu’on sort de son bureau et qu’on va à la rencontre des gens. Les gens nous accrochent au passage : «As-tu deux minutes?», «Pourrais-tu m’expliquer…?» C’est tellement stimulant. Et c’est là, souvent, qu’on a l’occasion de communiquer voire de marteler la vision, la destination, de motiver, de rappeler, de féliciter. Or ces moments sont brefs. Alors, pouvez-vous communiquer la vision en 30 secondes? Quel pourrait être cet énoncé que vous pourriez réutiliser pour amener de la clarté? Si la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, tous peuvent l’atteindre.

COMMENT ALLONS-NOUS PROGRESSER? : La deuxième question est au futur simple. Elle suppose qu’on se donne un premier plan de match, un itinéraire où tous les membres du personnel ont un point d’entrée. Mais elle suppose aussi qu’il y aura des moments clés où, comme suggéré par Black et Wiliam, nous prendrons le temps d’interpréter où nous en sommes dans le plan afin d’apporter les ajustements requis et afin de célébrer les progrès. Ensemble.

QUELLES SONT LES PREUVES QUE NOUS PROGRESSONS? : De retour au présent. Si c’est NOTRE plan, NOTRE école et que ce sont NOS élèves, cette question se pose à tous les jours. On se la pose en pédagogie : «Quelles sont les preuves que mes élèves sont en train d’apprendre ce qu’ils doivent apprendre dans mon cours?» Et au niveau de plan d’action de l’école, en même temps, on se doit de se poser la question : «Quelles sont les preuves que je suis en train d’améliorer tel ou tel aspect de ma pratique? ou Qu’est-ce qui doit se passer (dans ma zone de contrôle) pour que je sente que les choses s’améliorent dans ma classe?» Le monitorage. Dans une école où règne une culture de l’apprentissage, le monitorage des progrès des élèves et le monitorage des progrès (nos pratiques) que nous faisons en tant que personnel peut être fait par tous les acteurs. Imaginez un portfolio numérique d’une école, nourri par tous les acteurs…

COMMUNIQUER : On entre dans la partie des verbes d’action du modèle. Un leader, ça communique. Ici, le lien évident avec le modèle de l’enseignant, c’est la rétroaction. C’est vrai et c’est pertinent que la direction donne de la rétroaction. Mais la direction communique ce qui est prioritaire, important et valorisé par sa façon d’utiliser le budget de l’école, par sa façon de répartir et de mettre au service des élèves les ressources humaines et matérielles de l’école, par ses stratégies et sa façon d’utiliser le temps lorsqu’elle est responsable du développement professionnel de son personnel, par son utilisation des médias sociaux pour son école, par les exigences discrétionnaires en matière d’évaluation du rendement des élèves… Les actions du leader communiquent. Ça vaut la peine d’y réfléchir et d’être le plus intentionnel possible.

CRÉER : Pour soutenir la progression, l’amélioration continue de nos pratiques et de nos processus, la direction peut créer des occasions pour son personnel. Pour réfléchir à sa pratique, pour se fixer des objectifs personnels et pour apprendre. Diverses possibilités s’offrent à nous. Ce sera pour un autre billet.

Si la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, tous peuvent l’atteindre. @bourmu

Une culture d’apprentissage, ça se crée.

Je vous rappelle que les idées que je vous présente dans ce billet sont le fruit de plusieurs conversations avec des gens de partout, de tous les milieux. Pour moi, ce sont des faiseurs de possible. Des gens qui sont en train de créer, par leurs actions, une culture d’apprentissage dans leur milieu. Comme le dirait John C. Maxwell, le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action, en mouvement. Une culture d’apprentissage, ça se crée par nos actions. Le plan d’action est important. Mais le plan contient des mots. La vision, c’est ce qu’on dit. La culture, c’est ce qu’on fait, ce qu’on vit.

À mon avis, les idées présentées dans ce billet s’appliquent à la salle de classe (enseignant), à l’école (direction), et à la CS (leaders systémiques). Langage commun. C’est de toute beauté.

Et vous? Quelles sont vos stratégies pour créer une culture d’apprentissage dans votre classe, école, CS?

Merci de vos commentaires 🙂

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Changement de paradigme : 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir

Je sais. Le titre du billet est long. 🙂

Depuis plus de 10 ans, on parle d’un changement de paradigme en éducation. En effet, on dit que le grand monde de l’éducation est dans le virage. Le virage au numérique, le virage technopédagogique, non, le virage pédagonumérique. Il ne faut pas mettre la technologie avant la pédagogie. Il ne faut pas mettre la technologie avant les humains. À force de virer, on revient à l’humain. Oui, l’ère du numérique offre une multitude de possibilités pour favoriser l’apprentissage. Un apprentissage qui tient compte du monde dans lequel on vit. Or à mon avis, l’ère du numérique, c’est d’abord une invitation à devenir. Parce qu’on doit être en perpétuel devenir pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. À force de côtoyer des gens dans divers contextes en éducation, j’ai observé plusieurs pratiques concrètes en lien avec le virage.

Voici 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir.

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À REMETTRE / À PUBLIER

Je vous donne 2 choix : 1. Vous devez remettre un travail à votre enseignant pour être évalué ou 2. Vous le publiez dans le format de votre choix dans le but de contribuer au monde qui vous entoure. Lequel suscite le plus votre engagement? Lequel vous autonomise le plus? Il y a certainement de la place pour les deux en éducation. Mais je crois que la majorité des travaux d’élèves sont remis pour fins d’évaluation. Il n’y a rien de mal avec le fait de remettre un travail à son enseignant. Mais le monde d’aujourd’hui nous invite à être des producteurs de contenu pour contribuer au monde. Ça s’insère où dans notre planification annuelle ça? Imaginez ce qui se produirait si tous les élèves étaient accompagnés dans une démarche qui les amène à publier. Des histoires, leurs rêves, des témoignages, de l’art, des tutoriels, des tranches de vie, leurs créations, leur vision du monde, leur blogue, leur chaîne YouTube, leur portfolio, leur voix, leur site Web, leurs médias sociaux. Les années Passe-Partout sont derrière nous les amis.

Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. @bourmu

LE CONTENU / LES PERSONNES

Si nous croyons vraiment qu’il est important de développer des humains en perpétuel devenir (des apprenants à vie), alors qui nous sommes est donc plus important que ce que nous savons. Nous enseignons qui nous sommes et notre programme n’est qu’un prétexte pour le faire. Pensez-y. Les Mathématiques, ça existe dans la vraie vie en premier, pas dans un programme. Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. Nos élèves sont plus importants que notre contenu. Et si nous arrivions à leur faire une place? De temps à autre, partir d’eux plutôt que du programme. Plutôt que se demander à quelle page on est rendus, se demander ce que deviennent nos élèves. On peut croire qu’il y a une ligne d’arrivée parce que notre cours dure 110 heures, mais un humain n’a jamais fini de devenir.

On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. @bourmu

LA PERFORMANCE ACTUELLE / LE PROGRÈS ET LE POTENTIEL

Dans le modèle actuel, les échéances systémiques nous invitent à porter un jugement sur la performance actuelle des élèves. On documente donc des notes. Rien de mal avec ça. Mais il n’y a pas que ça. Qu’en est-il des progrès et du potentiel des élèves? Quand on parle de mentalité de croissance et de «Pas encore ou Not yet», est-ce prévu dans notre démarche pédagogique? En autres mots, est-ce que les élèves ont le temps de ne pas apprendre à temps dans la démarche pédagogique conçue pour eux? Les élèves ont-ils le temps de progresser avant que ça compte? À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique qui permet ça? Ici, on documente des preuves d’apprentissage et de progrès. On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. Processus.

Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver). @bourmu

LE CONTRÔLE / LA TOLÉRANCE À L’AMBIGUÏTÉ

La pédagogie d’aujourd’hui nous invite à un certain lâcher-prise. On ne peut pas s’attendre à placer les élèves au coeur de leur apprentissage et être en contrôle du rythme d’apprentissage de tous en même temps. On peut s’assurer de la qualité de l’effort et des travaux. On peut contrôler le processus, pas les personnes. Pas si on veut vraiment développer des apprenants à vie. Ça a l’air de quoi un élève qui apprend à choisir ce qui est vrai ou faux en ligne? Quand les élèves sont au coeur de leur apprentissage, ils posent des questions qui sortent du cadre du module 1 et de la matière de notre cours. C’est normal. C’est authentique et en contexte. Et en contexte, les élèves ne réfléchissent pas en programmes et en modules. Il réfléchissent avec leurs connaissances actuelles, leurs expériences personnelles, leurs émotions du moment et beaucoup en fonction des interactions sociales du moment. Ça demande de la tolérance à l’ambiguïté. Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver).

Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. @bourmu

DONNER DES DIRECTIVES / APPRENDRE À RÉFLÉCHIR ET AUTONOMISER

Pour développer des humains en perpétuel devenir, il faut leur enseigner à se fixer des objectifs personnels, à passer à l’action et à déterminer eux-mêmes leurs prochaines étapes en fonction de leurs progrès. Le processus. Devenir. On ne devient pas compétent le 22 novembre. Le 22 novembre, on constate à quel point on est compétent. C’est tout. Et on continue le 23 novembre, et le 24… Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. Pour apprendre en profondeur et devenir l’entrepreneur de sa vie, l’élève doit apprendre à réfléchir et être conscient de son pouvoir d’action dans sa propre vie. Ça, ça se vit au quotidien. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend en note du tableau.

ÊTRE ATTENTIF ET ÉCOUTER / AVOIR UNE VOIX, AGENTIVITÉ

Être attentif et écouter des directives, ça a sa place en éducation. Bien sûr. Mais ce n’est pas la finalité. Ça s’insère dans un processus qui amène l’élève à trouver sa voix et à l’exprimer positivement pour contribuer au monde autour de lui. Pour que l’élève soit actif dans sa communauté, il doit pouvoir être actif et influencer ce qui se vit dans son école. On remarque un intérêt marqué pour l’entrepreneuriat dans les écoles, et pour cause. Les élèves sont les leaders d’aujourd’hui. Ils SE dirigent.

ÊTRE LIMITÉ PAR LES CONTRAINTES / ÊTRE INSPIRÉ PAR LES POSSIBILITÉS

Dans une de mes lectures, l’auteur dont j’oublie le nom mentionnait que la majorité des possibilités dans nos vies sont entourées de contraintes ou de défis à surmonter. Selon lui, relever un défi ou contourner une contrainte est le prix à payer pour avoir accès à chacune des possibilités qui s’offrent à nous. Les défis et les contraintes sont nombreux en éducation. Certains se disent incapables de faire autrement alors que d’autres innovent, inspirés par les possibilités que nous offre l’ère du numérique. J’aime bien cette citation de Seth Godin : « Les leaders transformationnels n’ignorent pas le monde dans lequel ils vivent. Ils décrivent plutôt l’avenir qu’ils tentent de créer.» On ne peut pas ignorer les contraintes et les défis en éducation. Ils sont réels. Les possibilités aussi. Tout dépend de notre focus.

LE MONDE AUTOUR DE NOUS / LE MONDE QUE NOUS PORTONS EN NOUS

La majorité de nos programmes nous invitent à comprendre le monde autour de nous. Rien de mal avec ça. Le monde autour de nous, il était là avant notre naissance et il sera encore là après notre décès. Mais il y a un autre monde, le monde qui existe seulement parce que nous sommes là. Il importe de prendre le temps d’apprendre à connaître le monde que nous portons en nous. Ce n’est pas mon domaine d’expertise mais je me dis qu’il y a sûrement un lien entre bien se connaître, le bien-être et le sentiment de bonheur. La connaissance de soi, c’est au coeur de l’apprentissage en profondeur, des êtres en perpétuel devenir, à mon avis. Et si nous explorions ce monde-là avec les élèves?

LE MODÈLE PRESCRIT / LA CRÉATIVITÉ ET L’INTUITION

Nous avons donc le choix de suivre le programme, de suivre le manuel et de continuer à bien faire les choses à l’intérieur de la boîte. Rien de mal avec ça. Mais ce n’est pas là que la magie s’opère. Nous avons aussi le choix d’essayer d’être créatifs et de faire confiance à notre intuition, cette petite voix qui voudrait parfois nous voir emprunter une piste innovante. Innover, c’est aussi simple que d’arrêter de faire quelque chose qui n’a plus sa place, si on part de l’intention pédagogique et de la finalité. C’est un peu ça, le changement de paradigme. On commence par arrêter à faire des choses qui n’ont plus leur place, qui ne sont plus cohérentes avec nos finalités. Et ça fait de la place pour de nouvelles pratiques et de l’enthousiasme pédagogique.

L’ISOLEMENT / LE RÉSEAU

L’enseignement est une profession exigeante. Et c’est peu dire. Qui gagne à travailler seul? Je vous invite cordialement à vous joindre à la grande communauté de passionnés sur Twitter. On a besoin de vous, de vos questions, de vos idées. Visitez le #leadped. Juste du bon monde 🙂 En 2019, l’isolement est un choix qu’on fait.

Et vous? Quels changements de focus ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de partager vos idées 🙂

 

 

«C’t’année, c’est l’année!» – 5 verbes pour atteindre ses objectifs en 2019

Je me rends compte au fil du temps à quel point les objectifs personnels sont importants. Les objectifs qu’on se fixe nous affectent. Ils nous attirent. C’est le temps de l’année où je fais le bilan de mon année et où j’établis mes objectifs pour l’année qui vient. Dans ce processus, je suis tombé sur cette vidéo de Jim Rohn, qui parle de nos sources d’inspiration. J’ai tout de suite fait des liens avec le processus d’amélioration continue et ça m’a inspiré à écrire ce billet.

Voici 5 verbes pour atteindre ses objectifs en 2019 :

Décider

Pour partir du point A et se rendre au point B, il faut décider. Il faut décider qu’on veut se rendre au point B. Le progrès, l’amélioration continue, l’atteinte de nos objectifs personnels… Tout commence par une décision. Notre vie peut basculer lorsqu’on prend des décisions importantes. Je me souviens encore du moment où j’ai décidé que je ne serais plus gérant d’un Pizza Pizza et que je deviendrais enseignant. J’étais assis dans la chambre des joueurs au Complexe sportif de Hawkesbury, en marge d’un match amical entre les élèves de mon ancienne école secondaire et le personnel enseignant. On m’avait demandé de prêter main-forte à l’équipe du personnel enseignant ce soir-là. En discutant avec mes anciens profs, un d’eux me demande tout bonnement : «Pis, Marius, tu fais quoi de bon? T’es rendu où?» Je ne savais pas trop quoi répondre. J’étais gérant du Pizza Pizza à Hawkesbury mais surtout, j’étais un étudiant en année sabbatique. On dit ça quand on ne sait pas trop ce qu’on va faire dans la vie. En tout cas, c’est ce que je me disais. La question de mon ancien prof tombait à point. Ce soir-là, je me suis rendu compte que je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie. Je me suis surtout rendu compte que je n’étais pas fier de moi. Je savais ce que je ne voulais plus. Parfois il faut y aller par élimination pour trouver ce qu’on veut. Rien de mal à être gérant d’un Pizza Pizza. Je sentais que je n’étais pas à ma place. Je me sentais attiré par autre chose. J’ai regardé autour de la chambre et j’ai vu mes anciens profs. Je me suis dit que je pourrais faire partie de la gang moi aussi. Ce soir-là, j’ai décidé. Toute ma vie a basculé positivement par après. Tout est devenu clair. Tout avait du sens. Je suis devenu… mari, prof, père, blogueur, leader escouadeÉDU.

  • En 2019, quels sont vos objectifs?
  • Quelles décisions avez-vous besoin de prendre?

Planifier

Une fois qu’on a décidé, il faut planifier minutieusement. Le succès n’arrive pas toujours par hasard mais par design. Au fil du temps, je me rends compte que la planification, ce n’est pas une activité annuelle. C’est une activité annuelle, mensuelle, hebdomadaire et quotidienne. Ça veut dire qu’on doit prendre du temps pour réfléchir à nos objectifs et aux actions qui nous permettront de les atteindre. C’est simple, mais ce n’est pas facile. Quand on s’arrête pour planifier, on se rend vite compte qu’on perd beaucoup de temps dans une semaine, un mois, une année. Ou plutôt, il y a beaucoup d’heures que nous n’utilisons pas pour progresser intentionnellement vers nos objectifs. C’est mieux dit 🙂

  • Quelles actions vous permettront d’atteindre vos objectifs en 2019?
  • Dans une semaine typique, votre emploi du temps pourrait ressembler à quoi?

Commencer

Les deux premiers verbes sont très importants. Décider et Planifier. Ça nous inspire. Ça donne de l’espoir. Ça donne une confiance en soi qu’on ne se connaissait peut-être pas avant d’écrire nos objectifs. Mais concrètement, à part nos émotions, rien n’a changé. Sauf peut-être le fait que nous avons communiqué nos objectifs et nos désirs à l’Univers. Or tout bascule lorsqu’on commence, lorsqu’on fait le premier pas sur un nouveau chemin. C’est inspirant, c’est nouveau. Nos sens sont éveillés. Notre réalité intérieure change parce que notre focus change. Les plus grands experts ont fait des premiers pas à un moment donné. C’est une évidence. Mais pensez-y, à un moment donné, Bill Gates ne savait pas ce qu’était un ordinateur, les Beatles n’existaient pas et vous, vous n’étiez pas encore au service du système d’éducation. Pour faciliter le passage à l’action, il faut parfois trouver des façons de réduire au minimum l’effort requis pour faire le premier pas.

  • À quand remonte la dernière fois où vous avez eu des papillons (positifs) à l’idée de commencer quelque chose de nouveau?
  • Quelles actions aimeriez-vous commencer à poser en 2019?
  • À quoi pourraient ressembler vos premiers pas?

Progresser

Les premiers pas suscitent des émotions parfois. Vous me suivez? 😉 Personne ne fait des premiers pas sans avoir le goût de réussir. En formation, je suggère souvent cette définition du succès : «Le succès, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels.» Progresser, c’est tellement important. C’est la preuve ultime que nous sommes capables. Que nos objectifs sont à notre portée. Les autres ne peuvent pas atteindre mes objectifs pour moi. Ça, c’est ma job. Mais j’ai besoin de sentir que je progresse grâce à ce que je fais. Les progrès nous donnent le goût de continuer. En ce sens, j’aime bien l’analogie de Google Maps et des poteaux de téléphone. Je m’explique. Si je pars de chez moi (position actuelle) et que je veux me rendre à Québec (destination), je dois choisir mon itinéraire. Et en fonction de mon itinéraire et de la distance qui me sépare de ma destination, le nombre de poteaux de téléphone varie. Vous me suivez? Si on morcèle l’itinéraire à ce point, chaque poteau de téléphone pourrait être vu comme un marqueur de progrès. J’aurais tendance à dire qu’on choisit ses marqueurs de progrès en fonction de la vitesse à laquelle on veut avancer. Il faut être réaliste et gérer nos attentes ici. Il importe de maintenir un rythme aérobique 🙂

  • Combien de poteaux de téléphone (marqueurs de progrès) vous séparent de vos objectifs?
  • Comment comptez-vous célébrer vos progrès à chacun des marqueurs?

«Le succès, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels.» @bourmu

Continuer

Il n’y a pas de fil d’arrivée à notre croissance personnelle. J’avais le goût d’écrire «Ne pas arrêter» mais j’ai volontairement évité la négation. Mais continuer signifie qu’on n’arrête pas. Ça signifie que nous adoptons d’entrée de jeu une mentalité de croissance, une mentalité qui accueille le processus d’amélioration continue pour ce qu’il est : un processus. Le but, ce n’est pas d’arriver et de s’arrêter. Le but, c’est de devenir, toujours. Meilleurs qu’hier, moins bons que demain. Sans oublier de célébrer nos marqueurs de progrès, bien personnels. Or pour avoir le goût de continuer, je me rends compte qu’on doit cibler les bons objectifs pour nous. Plus fort est le pourquoi, plus facile est le comment. Une chose est certaine, quand on se fixe des objectifs et qu’on continue, on progresse. Surtout si ça implique les autres. Il n’y a rien de plus motivant que de sentir qu’on contribue, qu’on ajoute de la valeur dans la vie des gens qui nous entourent.

  • Quelles nouvelles compétences avez-vous le goût de développer en 2019?
  • Quelles nouvelles relations souhaitez-vous développer? Qui aimeriez-vous rencontrer?
  • Quelles émotions voulez-vous ressentir? Quelles expériences désirez-vous vivre?
  • Quelles personnes avez-vous le goût d’aider?

Je vous souhaite de prendre soin de vous cette année.

Plus on prend soin de soi, plus on peut prendre soin des autres.

«C’t’année, c’est l’année!»

Décidez – Planifiez – Commencez – Progressez – Continuez

Bonne année 2019 🙂

 

Et si nous adoptions des processus autonomisants

Je regardais cette vidéo pour une énième fois cette semaine et j’ai été frappé à nouveau par la simplicité du processus partagé par Mick Ebeling.

Son processus est bien simple : lorsqu’il désire avoir un impact positif,

  1. Il s’engage.
  2. Il tente de figurer quoi faire pour y arriver.

C’est quand même assez simple. Ce qui est intéressant dans son processus en 2 étapes, c’est l’ordre des étapes. Mick n’a pas dit qu’il trouvait comment avoir un impact positif et qu’ensuite il s’engageait. Il s’engage d’abord, sachant qu’il sera capable de trouver le comment en temps opportun. C’est important ça. Il fait confiance à son intuition. Vous vous reconnaissez dans ce processus? C’est un processus qui me semble très autonomisant.

L’engagement nourrit l’intuition.

Lorsqu’on s’engage affectivement, comme mari, comme père, comme enseignant, comme collègue, on trouve éventuellement une façon d’avoir un impact positif dans la vie des gens dont nous sommes responsables puisque nous avons une autonomie complète, en ce sens que nous pouvons choisir quoi faire et comment faire. Nous vivons aussi avec les conséquences de nos actions.

Deux ingrédients clés se dégagent ici :

  1. Responsabilité
  2. Autonomie

Pour arriver à nos fins, nous devons accepter la responsabilité de notre engagement et nous devons agir au meilleur de notre capacité. Quand l’intention d’une relation est claire et qu’on s’engage, notre intuition devient comme un manuel d’instructions. C’est comme si l’engagement nourrissait l’intuition.

Et en éducation?

Dans mon vécu en éducation, la majorité des gens sont engagés. Je peux compter sur les doigts d’une main les gens désengagés que j’ai rencontrés.  En éducation, le processus pour obtenir un impact positif est souvent le même lorsqu’il est vécu individuellement. On s’engage et on s’organise pour y arriver. Or je me rends compte que le processus pour obtenir un impact positif auprès de nos élèves n’est pas toujours le même lorsqu’il est vécu collectivement. En fait, c’est l’ordre du processus qui change. Souvent, pas toujours, mais souvent, les gens impliqués essaient d’abord de trouver comment faire avant de s’engager à actualiser une nouvelle approche. Parfois, le processus ressemble davantage à ceci lorsqu’il est vécu collectivement :

  1. On trouve quoi faire et comment faire en s’appuyant sur des pratiques exemplaires, des données probantes, la recherche…
  2. Si la première étape est satisfaisante pour les acteurs concernés, là, on s’engage.

Un des défis ici, et c’est tout à fait normal, c’est la perception de la perte d’autonomie. En effet, tous les gens impliqués peuvent être engagés, mais pas nécessairement en accord avec les actions à prendre. Pour toutes sortes de bonnes raisons. Que faire alors? Et si nous tentions de développer notre intuition de coach?

L’intuition du coach

La raison d’être des établissements scolaires, c’est la réussite de tous les élèves. C’est sûr que RÉUSSITE ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, mais tous s’entendent que nous sommes là pour la réussite des élèves. La cible est établie et commune. Lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant les actions qui favorisent la réussite des élèves, on voudrait choisir les meilleures pratiques, les pratiques recommandées par la recherche et les déployer à grande échelle. C’est logique. Or enseigner est une profession complexe et humaine. Ça dépasse la simple technique pédagogique. En effet, même si on applique une stratégie pédagogique soutenue par la recherche, on peut quand même échouer. On valorise souvent le jugement professionnel de l’enseignant. Mais c’est souvent lié au moment où il doit porter un jugement concernant la note ou la réussite d’un élève. Le jugement professionnel du juge. J’entends rarement parler de l’importance de l’intuition de l’enseignant. L’intuition du coach. Pour développer les élèves et les amener à atteindre leur plein potentiel, l’enseignant doit, comme un coach, essayer de générer des émotions positives chez ses élèves, entretenir de bonnes relations avec eux, planifier une démarche d’enseignement/apprentissage se situant dans la zone proximale de développement de ses élèves, relever des preuves d’apprentissage ou de progrès, s’ajuster, offrir des prochaines étapes aux élèves… Dans le feu de l’action, l’enseignant, comme un coach, doit se servir de son intuition pour prendre les meilleures décisions pédagogiques pour ses élèves. Mais comment développe-t-on son intuition de coach?

Praticiens-chercheurs demandés

Pour amener chaque élève à atteindre son plein potentiel, il importe de s’appuyer sur des données probantes, la recherche, des innovations, les données d’élèves… Bien sûr. Mais je crois qu’il faut aussi expérimenter et adopter une mentalité de praticien-chercheur. C’est une façon bien simple de parler d’intentionnalité et d’impact conscient. Par exemple, l’enseignant peut s’appuyer sur une théorie d’action (si… alors…), qu’il validera en classe avec ses élèves (dans le cas de l’enseignant). C’est une façon de vérifier constamment si les actions ont les impacts attendus (sur les élèves). Au fil du temps, c’est une façon de cultiver son intuition pédagogique, ce qui améliore les décisions pédagogiques prises dans le feu de l’action. Ceci s’applique à tous les acteurs. Comment vos processus actuels vos permettent-ils de devenir des praticiens-chercheurs?

Pour soutenir notre engagement collectif…

Je mentionne plus haut que l’engagement nourrit l’intuition et que les ingrédients clés sont la responsabilité et l’autonomie. En éducation, notre engagement collectif envers la réussite des élèves fait en sorte qu’un 3e ingrédient est requis : le soutien. Le soutien est la clé pour développer l’efficacité collective et pour l’amélioration continue de notre intuition pédagogique puisque nous devons adopter des méthodes qui nous arrivent souvent de l’externe (recherche ou autre). Ces méthodes ne nous paraissent pas toujours logiques ou intuitives.

À mon humble avis, les 3 ingrédients requis pour susciter l’engagement et pour maximiser le développement de tout leader pédagogique sont :

1. Responsabilité : signifie que je suis capable d’agir et d’avoir un impact. J’ai un pouvoir d’action et je suis responsable de mes actions.

2. Autonomie : signifie que je cultive mon intuition en choisissant comment j’essaie d’atteindre la cible au meilleur de mes capacités et en m’appuyant sur la recherche. J’ai une liberté d’action. Mon unicité est mise en valeur.

3. Soutien : signifie que je compte sur la présence d’un superviseur ou d’un collègue qui viendra, en temps opportun, vérifier comment je progresse relativement aux engagements que nous avons pris ensemble. Ce soutien me permet de prendre conscience de mes progrès et des pratiques grâce auxquelles j’ai progressé.

Certains préfèrent possiblement Imputabilité plutôt que Soutien. À mon avis, les gens ont davantage besoin de soutien, de quelqu’un qui vienne vérifier si tout va bien, si on progresse plutôt que de simplement venir vérifier si ce qui a été demandé a été fait ou a produit les effets recherchés. Tout est dans l’approche.

Imaginez passer 30 ans de carrière dans un climat où nous croyons que tous les élèves peuvent apprendre, qu’ils peuvent apprendre grâce à ce que nous faisons (responsabilité et autonomie) et qu’on nous soutient dans le processus (soutien).

Je peux difficilement m’imaginer un meilleur contexte pour me développer en tant que leader pédagogique, en tant que coach, en tant qu’enseignant.

La recherche, c’est important. L’intuition de tous les acteurs aussi.

Et si nous adoptions des processus autonomisants dans nos écoles?

Vous êtes partants?

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Let’s assume everyone in the system is a pedagogical leader. Everyone. The 12 habits of a pedagogical leader is an invitation to intentionally focus on the human potential already in our system. Rethinking school is a matter of growth. Whenever I see innovation from district leaders, school administrators, instructional coaches or teachers, it almost always involves educators that have embraced a path of growth. And that doesn’t just happen.

Growing intentionally

In a rapidly changing world, I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow. I really do. Imagine what would happen if we all decided to intentionally adopt certain habits to grow daily. John C. Maxwell says: «You cannot give what you do not have.» In the traditional system, we were asked to teach what we knew. In today’s school, the school of deep learning, the future ready school, we teach who we are. For many reasons, I believe who we are has become more important than what we know. Perhaps it has always been the case. Who knows? Nevertheless, change is an inside job. And change is needed if we are to innovate in our schools. So what leads an educator to innovation? Lets look inside. Shall we?

«I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow.» @bourmu

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Here are the 12 habits of a pedagogical leader. This is not research. These are ideas from my experience as an educator. These are the habits that seem to lead to better pedagogical leadership at all levels. In my opinion, these habits, over time, can help any leader make a tremendous impact on those he serves.

The 12 Habits of a Pedagogical Leader.png

A pedagogical leader …

  1. Has positive self-talk

It is often said that relationships are the key to education. We forget, however, that one of the most important relationships we have is the one we have with ourselves. I’m talking about self-talk. Isn’t it a good thing our friends don’t hear how we talk to ourselves sometimes? Ouch! I say that because our self-talk affects our actions daily. What we believe to be possible for ourselves, for our colleagues, for our students often becomes true. I believe we need to teach that to our students. Jim Rohn has some good advice: «Stand guard at the door of your mind.» Nobody consistently outperforms their self-image. Nobody. As educators, our self-talk ends up affecting the self-talk of those we serve. Bruce Lee said: «A good teacher protects his pupils from his own influence.» It might sound touchy-feely, but I truly believe it all starts there. Lets not be too hard on ourselves.

«A good teacher protects his pupils from his own influence.» Bruce Lee

  1. Raises self-awareness

In my readings, I came across this quote from Carl Jung: «Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate.» Consciousness. David Foster Wallace argues that the fruit of quality education is not knowledge, but awareness. This would explain, for example, why many students go to university believing they know a lot. Upon graduation, they are well aware of everything they do not know because they have been exposed to higher levels of awareness and questioning. Are our current results due to our conscious efforts or our unconscious beliefs? I think we need to look beyond our current results if we really want to be able to rethink schools and help every student reach their full potential. Whatever that means. In the traditional school, students were seen as empty vessels to be filled with knowledge. In today’s school, the common belief might be that the answers (4 or 6 Cs) are always inside the learner. In Latin, education is said to be educo, which means: to draw from within. Our role is to bring the students to higher levels of awareness. Christian Simpson would say: «Better choices are a function of awareness.» Paul is good at math. He just doesn’t know it yet. We can not export what we don’t know we have. Hence the importance of focusing on the potential of learners (and ours) rather than their current performance (or ours).

  1. Sets clear goals in writing

When you think about it, real success is reached when you make steady progress in your ability to achieve your personal goals. Success is about progress. To me it is anyways. One thing that has helped me tremendously is to set clear goals in writing. It means that you really have to know what you want. Really. Of course you want to write SMART goals but they have to excite you. I found that the way I formulate my goals is also very important. The process of writing personal goals, formulating them so that they motivate you… It’s amazing what it does to you. If we want to personalize education for all learners, I think we have to be able to help all learners set personal goals and take action.

  1. Is intentional and consistently disciplined

Anything worth doing, like growing as a pedagogical leader, is all uphill. We need to be intentional and follow the plan. When you think about it, it has nothing to do with knowledge. Most people know what to do. It is more a question of self-knowledge (see # 1 and # 2). What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will. John Maxwell says, «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» Discipline is all about consistency. It is not a quality that inflates your ego. But what we do consistently is what determines our results. Take golf for example. To win a tournament, players play 4 rounds. Why? All players can shoot 66 one day. After 2 rounds, they eliminate half of the players. The least consistent ones. After 4 rounds, the best are in the lead. The most consistent. It is the same thing in life. Everyone can be good once. We all need consistency doing the right things. Character, relationships, priorities, reactions, decisions … Everyone is a leader. Lead yourself.

«What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will.» Unknown

  1. Is networked

Humans are social beings. We are better together. For some reason, it’s not as natural in education. But we are getting there. Today, isolation is a choice we make. To me, sharing and networking have become somewhat of a moral obligation. Why would I not want to seek help our seek to help? It is such an amazing time to be a learner when I think of all the opportunities for online networking through social media. But it does not really make sense if we can’t first network with people who share the same building as us. The same students, the same mission… Collective efficacy. For me, being networked means being active. It is giving and receiving. It’s trying to help a whole system improve. Because we can. Our students are networked too. What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today? This is an important question.

«What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today?» @bourmu

  1. Reflects

Leadership is about being proactive. It is trying to anticipate where we are going and choosing the best way to get there. It requires vision and reflection. It is often said that we learn from our experiences. I think we learn especially when we think about our experiences. When we think, we can learn from it. In The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell says: « Learning to pause allows growth to catch up with you.» As educators, it’s not easy to take the time to think about our skills. It doesn’t always seem useful. We have so many things to do. Yet I encourage you to take time, 30 minutes once a week, to reflect on your experiences and your goals. The awareness and clarity that it creates will definitely help you.

  1. Makes his learning visible

One of the best ways to influence people is to be a model. Because people do what they see. Making our learning visible is one way of establishing our credibility by being intentionally vulnerable. It requires self-confidence. Yes. It builds trust and respect among learners. This habit goes with the idea of ​​being networked and improving collectively too. When I make my learning visible, when I share the questions that challenge me, the challenges I am trying to meet, I help my fellow educators to improve. It also gives my colleagues the permission to share their learning and their questions as well. I would not be who I am today without my professional learning network. Period. For me, making our learning visible is a must in today’s world. So much so, that I am writing this blog post in english 😉 Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve? In our efforts to transform the learning experience for all learners, I think we need to get all learners to make their learning visible. We can not act on what we do not see.

«Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve?» @bourmu

  1. Has a positive attitude

The attitude is 100%. Do the math. (A = 1, T = 20, I = 9, U = 21, D = 4, E = 5). We do not control what happens to us, nor how fast our students develop, but we do control how we choose to react. Our attitude determines the quality of our lives daily. I read that our attitude is like the paintbrush of our mind. Whatever color we put on our paintbrush ends up on our canvas. We hold the paintbrush and we choose the color. The same goes with our attitude. In any case, students come to school to blossom, not to give us an audience so we can deliver our content. It’s a bit harsh, but that’s it 🙂 It’s the students’ school. And we have the privilege to play a part in their development.

  1. Values people

Amazing things happen when the leaders of an organization think that the most valuable assets in their organization are the people in that organization. A pedagogical leader values people. He believes people are worth investing in. He believes that the life, the career of every person he meets is more important than their current results. Potential. Empathy. Process. Long term. Education is now a people development business. We can not be successful if we do not value people first.

  1. Has an abundance mindset

Carol Dweck has done some great work around the idea of a growth mindset. It means believing that we can develop our intelligence or our abilities with effort, strategies and the help of others. E + S + H = Growth. It can be a choice. Having an abundance mindset is choosing to believe that there will always be enough. There is an abundance of resources, talents, potential, time, flexibility, opportunities, ideas, solutions… Over time, I realize that we do not always consciously choose our mindset of abundance or insufficiency. And that has an impact on our behavior and our quality of life. To create the schools we want for today’s learners and personalize education, we need to choose an abundance mindset. That means believing that everyone has enough potential to blossom. It means believing there are many ways to go from A to Z. To me, the abundance mindset is the starting point for innovation and creativity.

  1. Builds relationships that add value to others

Leadership is about a life that positively impacts another. As educators, the goal of any relationship we create with the learners we serve is to positively impact their development. Well-being in our schools depends on the quality of the relationships we create with others. Impactful pedagogical leaders know how to connect with others. They listen, they observe, they learn. These are the foundational elements of leadership. We build our leadership on solid relationships.

  1. Innovates inside the box

Finally, we talk about innovation. This is often the starting point when talking about transforming schools as we know them. We can think outside the box all we want. But innovation happens inside the box. To innovate inside the box we need to rethink and challenge our processes to facilitate innovation and experimentation. Becoming a designer of learning experiences means creating flexibility in the teaching / learning process to enable learners to develop over time, not just to prepare for performance events like tests or final exams. To me, all innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms, in our schools and our communities. And it does not need to look the same in every class / school / district.

«All innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms.» @bourmu

A few comments

  • The 12 habits are not linear.
  • The 12 habits are choices. No need for special talents to adopt them.
  • Habits become habits when you no longer need to think about them. So you have to be intentional to get there. Every day.
  • 8 of the 12 habits are invisible to others. They happen inside. They are the source of our current results. Some will be difficult. We aim for progress, not perfection 🙂
  • We adopt visible habits especially to serve others.
  • As a result, we work twice as hard on ourselves as we do to help others. That is the point.
  • In time, these 12 habits will help you grow and give you a deep sense of fulfillment.
  • Writing this blog post in english has taken me MILES outside of my comfort zone. And I love it.

So, what habits do you question?

What habits are a challenge for you?

What habits would you add to this list?

Thanks for your comments 🙂

«Ça compte-tu?»

Ça compte-tu? Qui ne s’est jamais fait poser cette question? J’offre des formations en leadership et en évaluation et c’est une question qui revient souvent. On dit quoi à un élève qui nous pose cette question? Tout compte, tout le temps! C’est comme ça qu’on apprend. À mon avis, cette question est le fruit d’un système qui, dans le virage pédago-numérique, «devrait» graduellement disparaître. Je m’explique. Et je ne prétends certainement pas avoir les réponses. Je vous partage mes réflexions.

Une question issue de l’ère industrielle

Quand un élève demande si ça compte, la vraie question est : « Est-ce que je dois fournir un effort soutenu ou non?» Je me répète volontairement ici, mais c’est pour mieux illustrer mon point. Merci de votre patience… Autrefois, notre rôle était, en grande partie, de transmettre des connaissances. Une leçon, un exercice, on corrige, une note documentée dans le registre de notes. C’était la façon de faire. On entretenait l’obéissance avec la note… et le risque de perdre des points. À l’ère industrielle, c’était vraiment important l’obéissance. Et si la note ou le risque de perdre des points n’étaient pas des motivateurs suffisamment puissants, le maître pouvait aussi avoir recours à la punition, qui pouvait prendre diverses formes. Retenue, copiage, devoir supplémentaire… à une époque, il y avait aussi le martinet… Outch! C’était important, l’obéissance. D’où la question : «ça compte-tu?» ou «Qu’est-ce qui va m’arriver si je ne fournis pas un effort soutenu?» Et la négociation commence… ou le leadership s’exprime. Quoi qu’il en soit, dans la salle de classe traditionnelle, les jours qui comptent sont les jours où l’élève produit un quelconque travail qui mène à une note. Dans cette salle de classe, dont le mandat est de transmettre des connaissances, il faut trouver des mécanismes pour amener les élèves à s’engager dans la «tâche», qui est d’apprendre et de retenir de l’information. Si un élève s’absente, il peut reprendre ses notes de cours.

Scénario que nous avons tous connu :

É : «Qu’est-ce qu’on fait demain, Monsieur?»

Ens : «Demain, on parle de la division cellulaire. Tu ne manqueras pas grand-chose. Tu pourras reprendre tes notes de cours (écrites au tableau) d’un de tes amis. Assure-toi d’être là jeudi par exemple. Tu feras un travail qui compte!»

É : «Ok! Merci Monsieur!»

À l’époque, on venait à l’école pour recevoir de l’information. Un cours manqué, ça se reprenait bien. Mais qu’en est-il en 2018? Que se passe-t-il si l’élève manque un cours qui est conçu pour développer ses compétences?

À l’ère du numérique, on développe des personnes.

En 2018, nous savons que l’approche traditionnelle fait en sorte que nous obtenons le minimum de nos élèves. Le minimum. Et en 2018, il faut transmettre des connaissances, oui, mais il faut aussi développer des êtres capables de devenir les entrepreneurs de leur vie. L’obéissance des élèves, c’est bien. Mais il y a plus! On parle ici de développer les compétences et les «soft skills» des élèves. Il faut faire les deux. Enseigner de façon explicite des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être. Mais le temps qu’on prenait autrefois pour c o p i e r  d e s  n o t e s  d u  t a b l e a u, on peut le réinvestir dans le développement des compétences des élèves. Ça change quoi dans notre planification de cours? Ça change quoi dans notre façon de concevoir l’expérience d’apprentissage des élèves?

En 2018, il faut transmettre des connaissances, oui, mais il faut aussi développer des êtres capables de devenir les entrepreneurs de leur vie. @bourmu

De nos jours, la partie où l’enseignant transmet l’information aux élèves peut très bien se faire à n’importe quel moment. Courriel, pdf dans Classroom, lien sur le blogue de classe, vidéo sur notre chaîne YouTube, tutoriel via Screencastify dans un document Google… L’idée, c’est que l’élève n’a pas besoin de venir en classe pour avoir accès au contenu. Mais il DOIT venir en classe. Il y a des choses, comme les compétences, qui ne s’enseignent pas de façon décontextualisée. Il faut les vivre. «You can’t get wet from the word water», comme disait Wayne Dyer. Alors les élèves viennent à l’école pourquoi? Pour le contact humain. Pour entrer en relation. Pour que le contenu soit contextualisé par l’enseignant et qu’il ait du sens pour lui. À quel moment l’information devient-elle de la connaissance ou de la sagesse? Pour apprendre à gérer le numérique dans sa vie (le cell!) Pour apprendre à nommer le monde qui l’entoure et le monde qu’il porte en lui. Les connaissances sont très importantes. Pour apprendre comment le contenu s’applique à la vie, à sa vie. Pour expérimenter et voir comment le contenu prend vie lorsqu’il est en contexte et qu’on y ajoute la complexité des relations et des émotions humaines. Pour constater à quel point toutes les matières scolaires (et autres qui ne sont pas des matières et qui pourraient l’être – p. ex., Internet) à quel point toutes les matières scolaires sont présentes partout, en tout temps dans la vie de tous les jours. Pour découvrir où est/sera sa place dans la société. Pour qu’il se développe. Pour qu’il devienne l’entrepreneur de sa vie. À l’ère du numérique, on développe des personnes. C’est un processus. C’est l’approche du Crockpot! Pas du four à micro-ondes 🙂

Ce sont en fait tous les jours où on ne génère pas de notes qui comptent. Les 175 jours où on se développe. @bourmu

De la documentation de notes à la documentation pédagogique

Dans la salle de classe traditionnelle, on documentait des notes. L’acte d’apprendre exigeait que l’élève ait pris le temps de mémoriser le contenu ou que l’élève réussisse du premier coup. Le contexte était bien différent. D’où la question : «Ça compte-tu?». À l’époque, on pouvait reconnaître un bon prof à son registre de notes bien garni. La culture de l’évaluation. 30 à 50 des 194 jours d’école «comptaient» puisqu’on générait une note pour le registre avec nos quiz, travaux, tests, examens, présentations… Dans la salle de classe d’aujourd’hui, on documente encore des notes. Mais ce n’est pas la finalité. Ce qu’on souhaite voir se produire dans le virage au numérique, c’est une transformation de l’expérience d’apprentissage qui nous permet de prendre le temps de vivre le programme et de documenter des preuves d’apprentissage lorsqu’elles se manifestent. C’est un processus. Ce sont en fait tous les jours où on ne génère pas de notes qui comptent. Les 175 jours où on se développe. Dans la salle de classe transformée, un cours manqué, c’est un peu comme de manquer un entraînement au gym. Ça ne se reprend pas. Rater le remue-méninges et les premiers jets d’un projet de groupe, ça se reprend difficilement. Le but de venir à l’école au quotidien, c’est de se développer en tant que personne. «Ça compte-tu?» Oui! TU comptes, cher élève!

Dans la salle de classe transformée, un cours manqué, c’est un peu comme de manquer un entraînement au gym. Ça ne se reprend pas. @bourmu

En 2018, l’élève doit vider le lave-vaisselle!

Bien évidemment, nous n’arriverons pas à développer les compétences de nos élèves dans une culture de l’évaluation ou à coup de «Ça compte-tu?». C’est pour cette raison qu’il y a tant de discussions entourant le leadership et le coaching à mon avis. Je m’explique avec l’image du lave-vaisselle, qui représente le contenu du programme. Sérieux. Dans la classe traditionnelle, la classe de la transmission du contenu, le maître était le champion pour vider le lave-vaisselle. Son rôle était de vider le lave-vaisselle devant ses élèves et de les questionner via un questionnaire pour voir ce qu’ils avaient retenu. Le maître avait le plein contrôle en tout temps, théoriquement. De nos jours, il faut amener les élèves à vider le lave-vaisselle, même quand nous ne sommes pas là. Perte de contrôle, leadership et des habiletés en coaching sont requis pour y arriver. C’est simple, mais ce n’est pas facile.

Ce qu’on souhaite voir se produire dans le virage au numérique, c’est une transformation de l’expérience d’apprentissage qui nous permet de prendre le temps de vivre le programme et de documenter des preuves d’apprentissage lorsqu’elles se manifestent. @bourmu

3 ingrédients clés pour que tout apprenant se développe

Pour y arriver, je crois qu’il faut entretenir une culture de l’apprentissage dans nos classes et dans nos écoles. Une culture qui valorise le processus d’apprentissage pour tous. Not yet! ou You bet! Il faut aussi impliquer les parents, afin qu’ils comprennent ce que nous tentons de faire. L’image du lave-vaisselle peut les aider à comprendre qu’on fait la même chose qu’eux 😉 À mon avis, il y a 3 ingrédients clés pour que tout apprenant se développe.

  1. La responsabilité : pour qu’une personne se développe, elle doit accepter la responsabilité de son devenir. Ça demande de la maturité.
  2. L’autonomie : pour qu’une personne se développe, elle doit pouvoir choisir comment elle va essayer d’atteindre les cibles qu’elle doit atteindre.
  3. L’imputabilité : pour qu’une personne se développe, elle a besoin que quelqu’un viennent vérifier, pas seulement si elle a fait ce quelle devait faire, mais si elle progresse bien et si elle a tout ce dont elle a besoin pour sa prochaine étape.

Au bout du compte, l’élève au centre de son apprentissage, c’est l’élève qui est responsable de son devenir et qui doit démontrer, avec le soutien et l’expertise de ses enseignants, qu’il progresse. Le portfolio d’apprentissage est un excellent outil pour garder des traces de ses progrès et pour valoriser le processus.

Scénario souhaité :

É : (en train de vider le lave-vaisselle) «Ça compte-tu?»

Ens : «Ben kin! (émotions) Comment ça va? (progrès) T’es rendu où? (rétroaction) As-tu pensé à…? (encouragement) Lâche pas!»

Dans ce contexte, c’est le processus qui compte. C’est le processus qu’on évalue. Ce n’est pas ce que l’élève fait LE 30 octobre qui compte. C’est tout ce qu’il a généré comme preuve d’apprentissage EN DATE DU 30 octobre.  Tout compte.

Et quand le «Ça compte-tu?» survient, on peut s’appuyer sur La Cigale et la Fourmi ou encore sur la parabole des Talents pour féliciter l’élève ou pour lui demander quel est son prochain objectif d’apprentissage personnel.

Bon succès et merci de vos commentaires!

10 choses à faire pour avoir sa meilleure année à date!

S’il vous reste 10, 15, 20 années en éducation, il ne vous reste pas des années. Il vous reste des fois, des chances. Je suis tombé là-dessus récemment. Ça m’a amené à réfléchir. S’il vous reste 10 ans, il vous reste 10 rentrées scolaires, 10 chances de faire autrement, de faire mieux. Je suis naturellement positif. J’aime croire que le meilleur est devant nous, pas derrière nous. Alors pourquoi l’année scolaire 2018-2019 ne serait-elle pas notre meilleure année jusqu’à maintenant en éducation? Notre meilleure année à date, comme on dit dans mon coin de pays 🙂

Il y a tellement de choses à considérer. Voici mon Top 10 choses à faire pour avoir sa meilleure année à date!

1. Sachez ce que vous voulez

Avant de décider si nous sommes en train de vivre notre meilleure année à date, il faut savoir ce qu’on veut. Qu’est-ce qui doit se passer dans votre classe, votre école, votre commission scolaire pour que vous soyez fiers de vous? Comment voulez-vous vous sentir? Comment voulez-vous que les élèves ou les gens autour de vous se sentent en votre présence? Les échéances systémiques, les bulletins, déterminent souvent nos actions et nos émotions, par la force des choses. En novembre, ce sera le temps faire les premiers bulletins. Oui oui, je parle déjà des bulletins. C’est important d’y penser. Vous porterez un jugement professionnel sur les progrès et le rendement de vos élèves. Et si vous demandiez à vos élèves, à votre personnel, de faire votre bulletin? Si vous leur demandiez de vous donner les 3 mots qui décrivent le mieux l’expérience d’apprentissage dans votre salle de classe ou votre école, que diraient-ils? Quels 3 mots souhaiteriez-vous voir sur votre bulletin? Pensez-y. C’est votre cible. C’est plus facile de savoir si on fait des progrès quand on sait vers quelle cible on se dirige. Vous n’y arriverez pas par hasard. La prochaine chose à faire c’est de se demander ce que vous devez faire dès la rentrée pour atteindre votre cible en novembre. On ne peut pas avoir notre meilleure année à date si on n’a pas notre meilleure rentrée à date.

On ne peut pas avoir notre meilleure année à date si on n’a pas notre meilleure rentrée à date. @bourmu

2. Ayez une bonne vue d’ensemble

Les leaders qui se démarquent ont une bonne vue d’ensemble et ils sont proactifs. Dès la rentrée, il faut savoir jusqu’où on veut aller avec nos élèves. Le programme, les apprentissages, le comportement, le numérique… Avez-vous un plan de match pour tout ça? Si vous enseignez au secondaire, la période des examens de janvier sera précédée d’une période de revue. En 3 ou 4 périodes, vous réussirez à survoler avec vos élèves les grandes idées, les concepts importants qu’ils devront maîtriser pour réussir. Ça, il faut le savoir dès la première semaine. La gestion du programme est la clé dans votre gestion du temps au cours d’un semestre. Il y a aussi le focus mensuel. Parce que c’est toujours la même chose.

  • Septembre : routines, processus et fonctionnement de la communauté scolaire.
  • Octobre : PEI, soutien aux élèves à besoins particuliers, soutien aux élèves qui n’apprennent pas à temps et on se prépare aux bulletins.
  • Novembre : bulletins, célébration des progrès, monitorage de notre plan (on est en train d’atteindre notre cible, nos 3 mots?), contrer l’intimidation, climat scolaire positif, parce que ce mois est plus sombre, on manque de lumière. Il faut être proactif.
  • Décembre : Les vacances arrivent, les activités spéciales dans l’école se multiplient, et en classe, il faut garder la rigueur jusqu’à la fin, jusqu’aux vacances. Même si on est fatigués.
  • Janvier : On termine le dernier module, la dernière unité, on anime la période de revue et on s’assure que tous les élèves se préparent pour les examens.

Et on recommence en février. Avoir une bonne vue d’ensemble nous permet d’être proactifs et de mettre l’accent sur les choses qui font toute la différence.

3. Entourez-vous de gens positifs et passionnés

La parabole des talents nous enseigne qu’on perd ce qu’on n’utilise pas. Si on n’utilise pas notre créativité, on la perd. Si on n’utilise pas notre enthousiasme, notre passion, on la perd. L’enseignement est une profession qui use notre passion parfois. C’est pourquoi il faut s’entourer de gens positifs et passionnés. Cela a un impact majeur sur notre résilience. Parfois, on rencontre notre mentor par le biais d’un livre. Un bon livre peut nous donner les outils ou une perspective différente pour adresser les défis que nous rencontrons tous au cours de notre carrière. Idéalement, un mentor est une personne que vous pouvez côtoyer dans votre établissement. Quelqu’un qui réussit déjà à faire ce que vous voudriez faire. Quelqu’un qui peut vous guider, vous outiller, vous encourager. Un mentor est aussi une personne qui nous rappelle pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Comme l’a fait @profaudet avec ce visuel dans le cadre des instituts d’été du CFORP. C’est tellement important.Capture d’écran 2018-08-26 à 10.42.39.png

Une autre façon de nourrir sa passion, c’est d’aider un collègue. Donnez et vous recevrez. Lorsqu’on aide un collègue, on doit mettre des mots sur notre pratique et ça nous aide à comprendre notre propre pratique. Mais surtout, c’est bon pour notre estime. Il n’y a rien comme de sentir qu’on contribue, qu’on aide un collègue. Tout le monde a un vécu qui a de la valeur. Tout le monde peut donc être mentor pour quelqu’un d’autre. Qui pourrait être votre mentor cette année? Qui pourriez-vous aider?

4. Établissez-vous comme leader

Lorsqu’on réussit à s’établir comme leader, les élèves nous suivent, ils sont engagés et ils apprennent. C’est le but. Ce simple visuel peut nous aider à prendre conscience de nos progrès et de nos prochaines étapes.

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Voici également trois billets qui peuvent vraiment, à mon humble avis, nous aider à nous établir comme leader dans notre salle de classe. Enseigner est désormais un poste de leadership, Trois questions, une réponse, «J’ai un beau groupe c’t’année!».

5. Créez et partagez

Pour avoir votre meilleure année à date, il vous faudra certainement faire preuve de créativité. Il y a des choses qui n’existent pas en éducation et qui peuvent uniquement exister grâce à vous. Si vous décidez de concevoir de nouvelles expériences d’apprentissage pour vos élèves et pour votre personnel, vous aurez possiblement, comme plusieurs, le réflexe de croire que ce n’est pas assez bon pour être partagé. Ce serait bien dommage. Ce que nous créons est toujours assez bon pour être partagé. C’est mon avis. De toute façon, le gens ajoutent toujours leur touche personnelle avant d’utiliser dans leur pratique une ressource qu’on leur partage. Chose certaine, on ne sait jamais à quel point on peut aider ou inspirer un collège avec les choses que nous créons. Cette année, créez et partagez!

6. Prenez le temps de réfléchir

Pendant l’année scolaire, nous sommes tous orientés vers l’action. Il y a tellement de choses à faire, tellement d’élèves à aider. Prendre le temps de réfléchir peut parfois être vu comme un luxe ou même une perte de temps. Selon mon expérience, prendre le temps de réfléchir est ce qui permet aux leaders d’impact de se démarquer. La majorité des gens prennent le temps de réfléchir avant d’agir. Ce dont je vous parle ici, c’est de prendre le temps de réfléchir après avoir agi également. La loi de la réflexion de John C. Maxwell affirme que : « Prendre une pause pour réfléchir permet à la croissance de nous rattraper. » Nous apprenons des expériences auxquelles nous prenons le temps de réfléchir. Cela nous permet de garder une bonne vue d’ensemble, de voir nos prochaines étapes et de continuer à être proactifs. Comme les rendez-vous chez le dentiste, il faut placer ce temps à l’horaire. Quel moment de la semaine (30 minutes) vous conviendrait le mieux pour réfléchir à votre pratique cette année?

7. Apprenez à vous connaître

En prenant le temps de réfléchir à votre pratique, vous serez en mesure de repérer vos tendances et les pensées, parfois limitantes, qui expliquent votre impact ou vos défis en tant que leader. Il y a des situations qui reviennent année après année dans votre salle de classe. Ce n’est pas un hasard. J’aborde le sujet en profondeur dans On obtient ce qu’on choisit. Quoi qu’il en soit, voici un exercice qui peut grandement vous aider à mieux vous connaître. À la fin septembre, ce serait le moment de l’essayer pour vous aider à progresser.

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8. Célébrez les progrès

Qui a besoin d’encouragement dans la vie? Quiconque respire! Si vous savez clairement ce que vous voulez dans votre salle de classe, votre école ou votre conseil scolaire, vous serez en mesure de souligner et de célébrer les progrès de celles et ceux dont vous êtes responsable. Vous serez également en mesure de célébrer, avec votre mentor, les progrès que vous faites dans votre pratique. Il n’y a pas de feux d’artifice en éducation. C’est important de célébrer les progrès. Les nôtres et ceux des autres. C’est un signe de conscience. Autrement, on peut avoir l’impression d’être figé dans le temps. Comment pourriez-vous célébrer les progrès cette année?

9. Prenez soin de vous et de votre famille

L’équilibre, ça se crée. C’est tellement facile de dire qu’on n’a pas le temps. Pas le temps de bien manger, pas le temps de s’entraîner, pas temps de souper en amoureux avec sa conjointe (ou son conjoint), pas le temps de prendre le temps avec nos enfants… C’est assurément mon plus grand défi. Peut-être est-ce le vôtre aussi. Dans mes efforts de prendre le temps, je me rends compte que ce n’est pas nécessairement la quantité de temps qu’on prend, mais la qualité. Prendre 30 minutes le soir pour vraiment écouter ses enfants avant le dodo. Cibler 60 minutes un soir de la semaine pour avoir une «date» avec sa conjointe et souper en amoureux. Pour avoir notre meilleure année jusqu’à maintenant, il faut prendre du temps chaque semaine pour ceux qu’on aime. Même si ça n’a pas de lien avec la pédagogie, il y a tellement de liens à faire. Vous me suivez?

10. Faites la danse du leader

Finalement, je vous invite à faire la danse du leader. Le cha-cha-cha! Parfois il faut marcher devant les gens qu’on dirige pour leur montrer où on va, pour rendre le voyage attrayant, pour les rassurer. Parfois il faut marcher avec les gens qu’on dirige. C’est là qu’on observe, qu’on écoute comment ils se sentent. C’est là qu’on s’assure qu’ils comprennent leur rôle et qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin pour réussir. Et finalement, si on veut multiplier son impact et développer des personnes capables d’exercer leur leadership, il faut aussi marcher derrière les gens qu’on dirige. Pour admirer les gens que nous avons autonomisés (empowerment), pour les guider et nous assurer que personne n’est laissé derrière. On marche aussi derrière pour monitorer les progrès et  pour encourager. C’est la danse du leader, selon John C. Maxwell. Marcher devant, marcher avec et marcher derrière.

Le meilleur est à venir. Toujours. Et je vous souhaite, chers collègues, votre meilleure année jusqu’à maintenant en éducation. Votre meilleure année à date!

Et vous, qu’est-ce qui fait partie de votre top 10?

Merci de vos commentaires 🙂