Payer le prix! Mais lequel?

Dans la vague de la rentrée scolaire, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs collègues d’un peu partout pour les aider à se propulser dans l’année scolaire 2019-2020. Comment on part ça une année scolaire? En fait, tout le monde sait ce qu’il veut faire et ce qu’il a à faire. Mais comment on fait pour passer à un autre niveau? Dans mon dernier billet, je parlais de l’engagement de l’élève. C’est souvent ça le dilemme en début d’année (toute l’année en fait) : comment on fait pour mobiliser les personnes qui nous sont confiées sans partir en peur avec le programme (ou le projet éducatif) en laissant tout le monde derrière nous (désengagement)? C’est quand même très complexe. Permettez-moi de vous raconter une histoire…

Lorsqu’on est en mode survie, on n’a pas le goût de se rapprocher de nos élèves. @bourmu

L’histoire d’une collègue

À l’époque où j’étais enseignant de français au secondaire, j’ai eu la chance d’accueillir une nouvelle collègue à l’école et de l’accompagner. On pourrait dire que j’agissais un peu comme un mentor. Lors d’une de nos rencontres de planification, elle me racontait un peu ce qui se passait dans sa classe et elle m’expliquait les stratégies qu’elle souhaitait mettre en place pour améliorer ce qui se passait dans sa classe. Si ma mémoire est bonne, c’était fin septembre début octobre. En l’écoutant, j’ai remarqué qu’elle avait les émotions à fleur de peau et que derrière les stratégies qu’elle me présentait, il y avait ce grand besoin de contrôle. Je me suis reconnu. Comme moi à un moment dans ma carrière, elle essayait de tout anticiper, minute par minute. «S’il se passe ça, je vais faire ça. Pour que ceci ne se passe pas, je vais faire xyz.» J’ai perçu une certaine anxiété et qu’elle travaillait très fort mais que l’engagement de ses élèves n’était pas au rendez-vous. Je dirais même que certains de ses élèves commençaient à activement résister à son approche. La relation qu’elle entretenait avec ses élèves était axée sur le contrôle (le sien) et l’obéissance des élèves (confirmation qu’elle était en contrôle). Si j’avais eu à identifier une question qui guidait ses réflexions, j’aurais choisi la suivante : «Comment puis-je m’assurer que tous les élèves font ce qu’ils ont à faire, comme je le dis, quand je le dis?» Je l’ai regardée droit dans les yeux, et avec toute l’empathie non verbale possible, je lui ai demandé : «Tu travailles très fort à essayer de tout prévoir (j’ai été poli). Comment aimerais-tu te rapprocher de tes élèves et les amener à avoir le goût de travailler aussi fort que toi, avec toi?» Elle m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre en prenant le temps de choisir sa réponse. «Ce n’est pas possible avec ce groupe-là. J’ai tout essayé.» Ok. Lorsqu’on est en mode survie, on n’a pas le goût de se rapprocher de nos élèves… Ça exige trop de vulnérabilité de notre part. Je l’ai vécu. Et pourtant…

Les parents nous envoient leur meilleurs enfants. Ils ne gardent pas les meilleurs à la maison. @bourmu

S’établir comme leader

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Au début de l’année, on s’établit comme leader dans sa salle de classe. Tout est dans notre façon d’interpréter ce qui se passe autour de soi. Un(e) leader, ça voit plus loin que la fin d’un cours, d’une journée ou d’une semaine. Vision. Objectifs à long terme. Un(e) leader sait qu’on assied son leadership sur les relations. Tout part de là. Je suis tombé sur ce visuel dans la Story de @gcouros hier soir. Ça m’a rappelé l’histoire de ma collègue 🙂 On parle souvent de l’importance de la rétroaction pour favoriser l’apprentissage. On parle moins du lien explicite entre la rétroaction pour établir une relation ou une connexion de qualité avec les élèves qui nous sont confiés. Je ne me souviens plus où j’ai entendu le message de Nicholas A. Ferroni, mais il m’a marqué. Je suis d’avis que l’école peut réussir à créer les conditions pour que l’apprentissage de haut niveau se produise, malgré ce qui se passe à la maison.  Les élèves qui se sentent aimés viennent à l’école pour apprendre. Les autres viennent pour être aimés. Les élèves qui dérangent sont les élèves qui ont le plus besoin de nous. Quoi qu’il en soit, les parents nous envoient leurs meilleurs enfants. Ils ne gardent pas les meilleurs à la maison 🙂 En début d’année, les gens qui réussissent à s’établir comme leader dans leur salle de classe fournissent beaucoup de rétroactions à leur élèves. Mais une grande partie des conversations n’ont rien à voir avec l’apprentissage du programme.

Les élèves qui se sentent aimés 

3 aspects à considérer

Dans les salles de classe où un leadership pédagogique solide s’installe, les conversations portent quotidiennement sur les aspects suivants :

  1. La voix de l’élève : Amener les élèves à partager leurs passions; amener les élèves à partager leurs intérêts; parler de leurs attentes au sujet du fonctionnement, des routines et des processus; développer un langage commun en lien avec les stratégies pédagogiques qui seront utilisées fréquemment afin qu’ils prennent conscience des stratégies qui répondent le mieux à leurs besoins (ils pourront les choisir en octobre et en novembre); etc.
  2. La puissance du dépassement de soi : Amener les élèves à imaginer une meilleure version d’eux-mêmes; amener les élèves à rêver (On ne peut pas rêver lorsqu’on est en mode survie); se donner une intention qui va au-delà des exigences du cours, on veut contribuer; amener les élèves à croire en eux; amener les élèves à s’inspirer des possibilités qu’offre une nouvelle année, un peu comme une page blanche; faire appel à leur curiosité naturelle et au plaisir d’apprendre; parler de la mentalité de croissance; se fixer des objectifs personnels; etc.
  3. L’importance des routines, des processus et du nous très fort : Orchestrer des succès rapides pour tous les élèves en mettant l’accent sur les routines et sur les processus de groupe qui soutiennent les progrès et les résultats (avec moi, vous allez réussir); mettre l’accent sur les habiletés d’apprentissage et sur les habitudes de travail plutôt que sur l’intelligence; mettre l’accent sur la richesse de la diversité du vécu et des talents dans le groupe; vivre la mentalité de croissance; valoriser l’effort; autoévaluation de groupe en lien avec les routines, l’effort, les processus et le fonctionnement de la classe; se fixer des objectifs de groupe; «Je crois en vous.» (parce que je crois en ma capacité de vous amener à progresser); etc.

Ces conversations sous-entendent un certain désir de se rapprocher des élèves. Elle sous-entendent une ouverture à une certaine vulnérabilité.

Lorsqu’on ouvre la conversation avec les élèves, on s’ouvre aux élèves. @bourmu

La vulnérabilité : le prix à payer

«Croyez-vous que tous les élèves peuvent réussir?» Lorsque je pose la question, habituellement, tout le monde dit que oui. Cette croyance se traduit par «Je crois en toi, mon élève.» Qui n’a pas affirmé cela à ses élèves? Or je remarque que ce message vient souvent avec une condition implicite : l’obéissance. La phrase sous-entendue est davantage : «Je crois en toi, mon élève. Tant que tu m’obéis!» Ou quelque chose du genre.  Dans mon vécu, ce qui influence la capacité d’un(e) leader à s’établir dans sa salle de classe passe sans contredit par la vulnérabilité. Selon Brené Brown, la vulnérabilité, c’est tout simplement le fait d’accepter que nous ne contrôlerons pas le résultat. Lorsqu’on ouvre la conversation avec les élèves, on s’ouvre aux élèves. Qui peut savoir comment ça va se passer? Et que faire s’ils perçoivent cela comme un signe de faiblesse ou comme une ouverture pour fournir moins d’effort ou encore pour se mettre à négocier? C’est l’art d’enseigner. Dans mon vécu, ce qui nous protège de ces situations (opter pour le contrôle plutôt que la vulnérabilité) nous empêche aussi d’accéder au prochain niveau. Ce niveau où les relations avec les élèves sont respectueuses et positives. Ce niveau où les élèves s’engagent avec leur leader. Ce niveau où les élèves parlent en bien de nous, même si on donne des devoirs. Ça se peut! Ce niveau où ils demandent de la rétroaction descriptive, l’accueillent et la réinvestissent. Non seulement au sujet de la qualité de leur travail, mais aussi au sujet de la qualité de leurs habitudes de travail. La vulnérabilité.

À quel prix?

Quoi qu’il en soit, tout le monde paie le prix. Ça dépend de la vision et des aspirations qu’on se donne. En général, ceux qui n’osent pas payer le prix de la vulnérabilité, paient l’autre prix : la gestion quotidienne du contrôle, du désengagement de l’élève ou de cette simple indifférence qui peut planer quand ça «ne clique pas». Se placer soi-même dans un environnement où les élèves n’achètent pas ce qu’on vend, ça use. Même si ce n’est pas le but, on a besoin de se sentir aimés de nos élèves, nous aussi.

La vulnérabilité, c’est le prix à payer pour passer à un niveau supérieur de leadership mais aussi à un niveau supérieur de qualité de vie. Ça demande du courage et une mentalité de croissance. Parfois, les jeunes ont besoin de nous tester un peu pour voir qu’on est sérieux. C’est normal. Les adultes les déçoivent parfois.

Pensez à vos meilleures relations, pensez à vos moments joyeux dans le passé et vous constaterez que ces relations, ces moments joyeux se sont probablement produits parce que vous avez osé être vulnérable à un moment donné. Avec un élève ou avec un groupe d’élèves. Vous avez ouvert la conversation. C’est ça, le leadership. On s’ouvre à l’autre et on attend la réponse.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le plus grand défi en éducation?

C’est la rentrée les amis. C’est le moment d’accueillir les élèves qui nous sont confiés cette année. C’est le moment d’établir les relations, les routines, les processus et le climat qui nous permettront d’amener tous les élèves à apprendre et à progresser. Le mois de septembre, c’est le mois où on met systématiquement l’accent sur ces aspects si importants en éducation. C’est important. C’est la clé pour nous aider à relever le plus grand défi en éducation : susciter l’engagement de l’élève.

L’engagement de l’élève

En 2009, l’Association canadienne d’éducation publiait cette infographie qui illustre clairement le défi que nous tentons tous de relever. L’engagement de l’élève.

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Trois types d’engagement

Avec cette infographie, ACE y définissait 3 types d’engagement. Soit l’engagement social, l’engagement scolaire et l’engagement intellectuel. Inutile d’insister sur l’importance des relations, des routines, des processus et du climat scolaire pour favoriser ces trois types d’engagement. Si l’engagement de l’élève est au coeur des conversations dans votre établissement, je vous invite à remarquer qu’il existe un nuance importante entre ces trois types d’engagement et l’obéissance. L’obéissance ne mène pas nécessairement à ces trois types d’engagement. Et la désobéissance n’est pas nécessairement un signe de désengagement.

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La technologie à elle seule ne règle pas tout…

Dix ans plus tard, le système d’éducation a réussi à intégrer le numérique dans les écoles. Le but : améliorer l’engagement et l’apprentissage des élèves. Plusieurs écoles et CS tentent aussi d’innover à l’intérieur de la boîte et d’évaluer autrement, évaluer au service de l’apprentissage. Le but : que l’évaluation augmente l’engagement et l’apprentissage de l’élève. Nous tentons toujours de trouver des solutions à l’engagement de l’élève. La leçon ici : la technologie ne peut régler à elle seule le défi de l’engagement de l’élève. C’est beaucoup plus complexe que ça. C’est le coeur même de la pédagogie que nous devons regarder ensemble.

L’engagement intellectuel : la clé de l’apprentissage en profondeur

J’attire votre attention sur l’engagement intellectuel, qui, à mon humble avis, est la clé de l’apprentissage en profondeur. Il est très difficile d’espérer amener nos élèves à développer des compétences et à apprendre en profondeur sans avoir leur engagement intellectuel. C’est pour cette raison qu’on parle tellement de leadership pédagogique depuis quelques années. Qu’est-ce qui fait qu’un élève s’engage intellectuellement dans une tâche? Est-ce que ça veut dire que l’élève doit aimer la tâche? Est-ce que ça veut dire qu’on doit chercher à plaire à nos élèves? Je ne crois pas, non. L’engagement intellectuel, c’est tout simplement le fait d’être actif sur le plan cognitif. On passe d’abord par le coeur avec les relations positives, les routines, les processus, le climat scolaire… Mais il y a plus.

3 points à considérer pour susciter l’engagement intellectuel de l’élève

La qualité de la tâche ou du travail présenté à l’élève y serait pour beaucoup. Voici 3 points à considérer pour qu’un élève ait le goût de s’engager intellectuellement dans une tâche. Ici, on tient pour acquis qu’une relation positive est établie avec l’enseignante ou  l’enseignant.

À la fin d’un cours ou d’une leçon…

  1. L’élève sait ce qu’il a appris. L’idée, c’est d’être explicite au sujet des résultats d’apprentissage visés. Une façon de le faire, c’est d’indiquer au menu du jour, à la première personne du singulier, les apprentissages qui seront réalisés par les élèves. En voici un exemple. (Merci à Julie Thivierge de la CSDN pour le partage)Capture d’écran 2019-08-25 à 12.39.35.png
  2. L’élève sait pourquoi il l’a appris. Ici, on donne un sens à ce qu’on enseigne. On replace le contenu dans son contexte authentique pour en montrer l’utilité. «Ça compte» ou «C’est sur le test.» fonctionne de moins en moins. Ça demande de savoir ce qu’on enseigne mais aussi pourquoi on l’enseigne.
  3. L’élève sait comment il va l’utiliser. C’est ici que la pertinence du contenu, de la tâche (authentique) et l’évaluation au service de l’apprentissage viennent boucler la boucle du sens. Pourquoi ceci maintenant? C’est ici que la voix de l’élève et la personnalisation permettent de transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève. Les élèves ne s’attendent pas à des tâches moins demandantes. Ils veulent de la rigueur et de la pertinence. La tâche doit valoir leur temps et leur énergie. C’est un peu comme si les principes andragogiques s’appliquaient maintenant à la pédagogie. Une bonne question à se poser : «Est-ce que je voudrais être un élève dans ma propre classe?»

Pour en savoir plus au sujet des principes de pratiques pédagogiques efficaces, je vous invite à consulter le document Un cadre et une rubrique (ACE 2009). Si vous oeuvrez au Québec, c’est un superbe outil pour l’orientation 2 du PAN, sans toutefois mettre l’accent sur le numérique.

Le plus grand défi en éducation?

Le plus grand défi en éducation, c’est de susciter l’engagement de l’élève.

Le plus grand défi en éducation, c’est de personnaliser l’apprentissage.

Le plus grand défi en éducation, c’est d’évaluer autrement.

Lorsqu’on évalue autrement, on personnalise l’apprentissage.

Lorsqu’on personnalise l’apprentissage, on suscite l’engagement de l’élève.

Relations, routines, processus, climat… rigueur et pertinence.

Et vous, quels points ajouteriez-vous pour favoriser l’engagement intellectuel de l’élève?

Merci de vos commentaires

Je vous souhaite une très agréable rentrée scolaire.

 

Faire croître une culture d’apprentissage!

Le virage pédagonumérique nous amène à transformer nos approches pédagogiques afin de développer des apprenants à vie. Il importe donc de créer une culture d’apprentissage dans nos classes, dans nos écoles et dans nos CS. Je vous propose un modèle qui permet de développer un langage commun pouvant soutenir un culture d’apprentissage pour tous. Ici, je mettrai davantage l’accent sur la direction d’école 🙂

Être un modèle

Quand j’offre de la formation en leadership pédagogique, les participants mentionnent souvent l’importance de la modélisation. C’est connu. Le gens font ce qu’ils voient. Les gens reproduisent ce qu’ils vivent avec leurs leaders. Par exemple, on pourrait dire que la qualité des réflexions et des discussions vécues avec les membres du personnel pourrait déterminer la qualité des réflexions et des discussions vécues en salle de classe. D’où l’importance, comme leader pédagogique, de modéliser intentionnellement les comportements pédagogiques attendus de son personnel. Mais qu’est-ce que ça signifie au juste pour la direction d’école?

Le modèle pédagogique de l’enseignant

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En 2012, je publiais L’inukshuk : pour mettre l’élève au centre de son apprentissage, qui fait un survol des 7 stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage, telles que présentées dans Faire croître le succès, la politique du ministère de l’Éducation de l’Ontario (MÉO) en matière d’évaluation et de communication du rendement des élèves. Ces 7 stratégies s’appliquent à toutes les matières et à tous les niveaux scolaires. Elles constituent le coeur du modèle pédagogique de l’enseignant en Ontario, à mon avis. Si je suis direction d’école, comment pourrais-je modéliser ces pratiques lorsque je suis avec mon personnel? Bonne question. Mais explorons davantage d’où viennent ces 7 pratiques pour voir s’il y a lieu de faire un lien plus clair au leadership.

Les 3 processus qui soutiennent les 7 stratégies

Le modèle pédagogique de l’enseignant découle de trois processus, selon Black et Wiliam (2009). Voici une source d’information intéressante au sujet de leur recherche. Les trois processus sont (traduction libre) :

  1. Susciter des preuves d’apprentissage
  2. Interpréter les preuves d’apprentissage
  3. Passer à l’action

Ces trois processus donnent tout leur sens aux 7 stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage. Quels liens peut-on faire avec le leadership?

Le leadership pédagogique, c’est comme Google Maps!

Quand on y pense, la tâche principale de tout leader est d’amener un changement positif dans son milieu. C’est tout. En bref, pour y arriver, le leader doit savoir communiquer clairement la vision, faire une bonne évaluation de l’état des lieux et établir un plan d’action pour actualiser la vision. Le leadership pédagogique, c’est comme Google Maps!

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DESTINATION : Il importe de savoir où on veut aller et peindre un portrait bien clair de ce qui est attendu de la part de tous en matière de pédagogie (p. ex., l’inukshuk), mais aussi en matière d’évaluation du rendement et d’utilisation des technologies, au service de l’apprentissage.

POSITION ACTUELLE : Il importe aussi de bien connaître les forces et intérêts de son personnel en matière de stratégies pédagogiques, de stratégies d’évaluation (J’isole volontairement l’évaluation.) et en matière d’utilisation des technologies, au service de l’apprentissage. Il importe d’avoir une interprétation juste de ce qui se passe présentement dans son école. Ces informations constituent la base sur laquelle la direction pourra s’appuyer pour communiquer et célébrer les progrès de l’équipe, dans l’actualisation du plan d’action : l’itinéraire.

L’ITINÉRAIRE : Qu’on l’appelle Plan d’amélioration d’école, Projet éducatif, Plan d’action pédagonumérique… Le plan, c’est l’itinéraire qu’on se donne pour actualiser la vision (destination). C’est ici qu’il est important d’être flexible dans les moyens et dans les points d’entrée afin que tous les membres du personnel puissent trouver une façon de faire les premiers pas qui ont un sens pour eux. En classe, on parlerait de différenciation. C’est semblable. En ce sens, un plan d’action peut cibler la pédagogie, les environnements d’apprentissage, l’utilisation de la technologie au service de l’apprentissage, l’innovation au niveau des pratiques en évaluation etc. Une excellente façon d’aborder ces aspects avec son personnel, c’est par le biais de théories d’action. Ce sera pour un autre billet 🙂

Bref, de cet angle, le leadership pédagogique ressemble drôlement aux trois processus de Black et Wiliam, non?

Et si la direction avait son modèle pédagogique…

Au fil du temps, en discutant avec des collègues, en me questionnant sur le leadership pédagogique et sur l’importance de modéliser, je me suis demandé s’il était possible que la direction ait sa version de l’inukshuk. En autres mots, est-ce possible que la direction puisse s’appuyer sur des stratégies claires (un modèle commun) pour actualiser son plan d’action (peu importe le nom du plan). L’idée, c’est toujours d’amener un changement positif. Dans le cas des écoles, c’est d’amener un changement positif dans nos pratiques pédagonumériques pour améliorer continuellement l’expérience d’apprentissage des élèves qui nous sont confiés. Il y a quelques années, Josée Hébert (@joseehebert) et moi avons offert un atelier dont l’objectif était de faire jaillir ce modèle commun. J’ai continué de le faire puisque les discussions sont toujours extraordinaires. Jusqu’à présent, j’ai vécu l’expérience avec environ 600 directions. Voici ce que ça donne. Vous y trouverez un mélange des trois processus de Black et Wiliam et de Google Maps.

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Le modèle expliqué

QUELLE EST NOTRE CIBLE? : La première question est au présent. Et ce n’est pas LA cible de la direction. C’est NOTRE cible, comme ce sont NOS élèves et c’est NOTRE école. C’est une question qu’on doit se poser à tous les jours. Elle répond à «Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons?» Le leadership d’une direction d’école, ça se passe surtout lorsqu’on sort de son bureau et qu’on va à la rencontre des gens. Les gens nous accrochent au passage : «As-tu deux minutes?», «Pourrais-tu m’expliquer…?» C’est tellement stimulant. Et c’est là, souvent, qu’on a l’occasion de communiquer voire de marteler la vision, la destination, de motiver, de rappeler, de féliciter. Or ces moments sont brefs. Alors, pouvez-vous communiquer la vision en 30 secondes? Quel pourrait être cet énoncé que vous pourriez réutiliser pour amener de la clarté? Si la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, tous peuvent l’atteindre.

COMMENT ALLONS-NOUS PROGRESSER? : La deuxième question est au futur simple. Elle suppose qu’on se donne un premier plan de match, un itinéraire où tous les membres du personnel ont un point d’entrée. Mais elle suppose aussi qu’il y aura des moments clés où, comme suggéré par Black et Wiliam, nous prendrons le temps d’interpréter où nous en sommes dans le plan afin d’apporter les ajustements requis et afin de célébrer les progrès. Ensemble.

QUELLES SONT LES PREUVES QUE NOUS PROGRESSONS? : De retour au présent. Si c’est NOTRE plan, NOTRE école et que ce sont NOS élèves, cette question se pose à tous les jours. On se la pose en pédagogie : «Quelles sont les preuves que mes élèves sont en train d’apprendre ce qu’ils doivent apprendre dans mon cours?» Et au niveau de plan d’action de l’école, en même temps, on se doit de se poser la question : «Quelles sont les preuves que je suis en train d’améliorer tel ou tel aspect de ma pratique? ou Qu’est-ce qui doit se passer (dans ma zone de contrôle) pour que je sente que les choses s’améliorent dans ma classe?» Le monitorage. Dans une école où règne une culture de l’apprentissage, le monitorage des progrès des élèves et le monitorage des progrès (nos pratiques) que nous faisons en tant que personnel peut être fait par tous les acteurs. Imaginez un portfolio numérique d’une école, nourri par tous les acteurs…

COMMUNIQUER : On entre dans la partie des verbes d’action du modèle. Un leader, ça communique. Ici, le lien évident avec le modèle de l’enseignant, c’est la rétroaction. C’est vrai et c’est pertinent que la direction donne de la rétroaction. Mais la direction communique ce qui est prioritaire, important et valorisé par sa façon d’utiliser le budget de l’école, par sa façon de répartir et de mettre au service des élèves les ressources humaines et matérielles de l’école, par ses stratégies et sa façon d’utiliser le temps lorsqu’elle est responsable du développement professionnel de son personnel, par son utilisation des médias sociaux pour son école, par les exigences discrétionnaires en matière d’évaluation du rendement des élèves… Les actions du leader communiquent. Ça vaut la peine d’y réfléchir et d’être le plus intentionnel possible.

CRÉER : Pour soutenir la progression, l’amélioration continue de nos pratiques et de nos processus, la direction peut créer des occasions pour son personnel. Pour réfléchir à sa pratique, pour se fixer des objectifs personnels et pour apprendre. Diverses possibilités s’offrent à nous. Ce sera pour un autre billet.

Si la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, tous peuvent l’atteindre. @bourmu

Une culture d’apprentissage, ça se crée.

Je vous rappelle que les idées que je vous présente dans ce billet sont le fruit de plusieurs conversations avec des gens de partout, de tous les milieux. Pour moi, ce sont des faiseurs de possible. Des gens qui sont en train de créer, par leurs actions, une culture d’apprentissage dans leur milieu. Comme le dirait John C. Maxwell, le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action, en mouvement. Une culture d’apprentissage, ça se crée par nos actions. Le plan d’action est important. Mais le plan contient des mots. La vision, c’est ce qu’on dit. La culture, c’est ce qu’on fait, ce qu’on vit.

À mon avis, les idées présentées dans ce billet s’appliquent à la salle de classe (enseignant), à l’école (direction), et à la CS (leaders systémiques). Langage commun. C’est de toute beauté.

Et vous? Quelles sont vos stratégies pour créer une culture d’apprentissage dans votre classe, école, CS?

Merci de vos commentaires 🙂

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Changement de paradigme : 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir

Je sais. Le titre du billet est long. 🙂

Depuis plus de 10 ans, on parle d’un changement de paradigme en éducation. En effet, on dit que le grand monde de l’éducation est dans le virage. Le virage au numérique, le virage technopédagogique, non, le virage pédagonumérique. Il ne faut pas mettre la technologie avant la pédagogie. Il ne faut pas mettre la technologie avant les humains. À force de virer, on revient à l’humain. Oui, l’ère du numérique offre une multitude de possibilités pour favoriser l’apprentissage. Un apprentissage qui tient compte du monde dans lequel on vit. Or à mon avis, l’ère du numérique, c’est d’abord une invitation à devenir. Parce qu’on doit être en perpétuel devenir pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. À force de côtoyer des gens dans divers contextes en éducation, j’ai observé plusieurs pratiques concrètes en lien avec le virage.

Voici 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir.

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À REMETTRE / À PUBLIER

Je vous donne 2 choix : 1. Vous devez remettre un travail à votre enseignant pour être évalué ou 2. Vous le publiez dans le format de votre choix dans le but de contribuer au monde qui vous entoure. Lequel suscite le plus votre engagement? Lequel vous autonomise le plus? Il y a certainement de la place pour les deux en éducation. Mais je crois que la majorité des travaux d’élèves sont remis pour fins d’évaluation. Il n’y a rien de mal avec le fait de remettre un travail à son enseignant. Mais le monde d’aujourd’hui nous invite à être des producteurs de contenu pour contribuer au monde. Ça s’insère où dans notre planification annuelle ça? Imaginez ce qui se produirait si tous les élèves étaient accompagnés dans une démarche qui les amène à publier. Des histoires, leurs rêves, des témoignages, de l’art, des tutoriels, des tranches de vie, leurs créations, leur vision du monde, leur blogue, leur chaîne YouTube, leur portfolio, leur voix, leur site Web, leurs médias sociaux. Les années Passe-Partout sont derrière nous les amis.

Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. @bourmu

LE CONTENU / LES PERSONNES

Si nous croyons vraiment qu’il est important de développer des humains en perpétuel devenir (des apprenants à vie), alors qui nous sommes est donc plus important que ce que nous savons. Nous enseignons qui nous sommes et notre programme n’est qu’un prétexte pour le faire. Pensez-y. Les Mathématiques, ça existe dans la vraie vie en premier, pas dans un programme. Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. Nos élèves sont plus importants que notre contenu. Et si nous arrivions à leur faire une place? De temps à autre, partir d’eux plutôt que du programme. Plutôt que se demander à quelle page on est rendus, se demander ce que deviennent nos élèves. On peut croire qu’il y a une ligne d’arrivée parce que notre cours dure 110 heures, mais un humain n’a jamais fini de devenir.

On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. @bourmu

LA PERFORMANCE ACTUELLE / LE PROGRÈS ET LE POTENTIEL

Dans le modèle actuel, les échéances systémiques nous invitent à porter un jugement sur la performance actuelle des élèves. On documente donc des notes. Rien de mal avec ça. Mais il n’y a pas que ça. Qu’en est-il des progrès et du potentiel des élèves? Quand on parle de mentalité de croissance et de «Pas encore ou Not yet», est-ce prévu dans notre démarche pédagogique? En autres mots, est-ce que les élèves ont le temps de ne pas apprendre à temps dans la démarche pédagogique conçue pour eux? Les élèves ont-ils le temps de progresser avant que ça compte? À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique qui permet ça? Ici, on documente des preuves d’apprentissage et de progrès. On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. Processus.

Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver). @bourmu

LE CONTRÔLE / LA TOLÉRANCE À L’AMBIGUÏTÉ

La pédagogie d’aujourd’hui nous invite à un certain lâcher-prise. On ne peut pas s’attendre à placer les élèves au coeur de leur apprentissage et être en contrôle du rythme d’apprentissage de tous en même temps. On peut s’assurer de la qualité de l’effort et des travaux. On peut contrôler le processus, pas les personnes. Pas si on veut vraiment développer des apprenants à vie. Ça a l’air de quoi un élève qui apprend à choisir ce qui est vrai ou faux en ligne? Quand les élèves sont au coeur de leur apprentissage, ils posent des questions qui sortent du cadre du module 1 et de la matière de notre cours. C’est normal. C’est authentique et en contexte. Et en contexte, les élèves ne réfléchissent pas en programmes et en modules. Il réfléchissent avec leurs connaissances actuelles, leurs expériences personnelles, leurs émotions du moment et beaucoup en fonction des interactions sociales du moment. Ça demande de la tolérance à l’ambiguïté. Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver).

Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. @bourmu

DONNER DES DIRECTIVES / APPRENDRE À RÉFLÉCHIR ET AUTONOMISER

Pour développer des humains en perpétuel devenir, il faut leur enseigner à se fixer des objectifs personnels, à passer à l’action et à déterminer eux-mêmes leurs prochaines étapes en fonction de leurs progrès. Le processus. Devenir. On ne devient pas compétent le 22 novembre. Le 22 novembre, on constate à quel point on est compétent. C’est tout. Et on continue le 23 novembre, et le 24… Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. Pour apprendre en profondeur et devenir l’entrepreneur de sa vie, l’élève doit apprendre à réfléchir et être conscient de son pouvoir d’action dans sa propre vie. Ça, ça se vit au quotidien. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend en note du tableau.

ÊTRE ATTENTIF ET ÉCOUTER / AVOIR UNE VOIX, AGENTIVITÉ

Être attentif et écouter des directives, ça a sa place en éducation. Bien sûr. Mais ce n’est pas la finalité. Ça s’insère dans un processus qui amène l’élève à trouver sa voix et à l’exprimer positivement pour contribuer au monde autour de lui. Pour que l’élève soit actif dans sa communauté, il doit pouvoir être actif et influencer ce qui se vit dans son école. On remarque un intérêt marqué pour l’entrepreneuriat dans les écoles, et pour cause. Les élèves sont les leaders d’aujourd’hui. Ils SE dirigent.

ÊTRE LIMITÉ PAR LES CONTRAINTES / ÊTRE INSPIRÉ PAR LES POSSIBILITÉS

Dans une de mes lectures, l’auteur dont j’oublie le nom mentionnait que la majorité des possibilités dans nos vies sont entourées de contraintes ou de défis à surmonter. Selon lui, relever un défi ou contourner une contrainte est le prix à payer pour avoir accès à chacune des possibilités qui s’offrent à nous. Les défis et les contraintes sont nombreux en éducation. Certains se disent incapables de faire autrement alors que d’autres innovent, inspirés par les possibilités que nous offre l’ère du numérique. J’aime bien cette citation de Seth Godin : « Les leaders transformationnels n’ignorent pas le monde dans lequel ils vivent. Ils décrivent plutôt l’avenir qu’ils tentent de créer.» On ne peut pas ignorer les contraintes et les défis en éducation. Ils sont réels. Les possibilités aussi. Tout dépend de notre focus.

LE MONDE AUTOUR DE NOUS / LE MONDE QUE NOUS PORTONS EN NOUS

La majorité de nos programmes nous invitent à comprendre le monde autour de nous. Rien de mal avec ça. Le monde autour de nous, il était là avant notre naissance et il sera encore là après notre décès. Mais il y a un autre monde, le monde qui existe seulement parce que nous sommes là. Il importe de prendre le temps d’apprendre à connaître le monde que nous portons en nous. Ce n’est pas mon domaine d’expertise mais je me dis qu’il y a sûrement un lien entre bien se connaître, le bien-être et le sentiment de bonheur. La connaissance de soi, c’est au coeur de l’apprentissage en profondeur, des êtres en perpétuel devenir, à mon avis. Et si nous explorions ce monde-là avec les élèves?

LE MODÈLE PRESCRIT / LA CRÉATIVITÉ ET L’INTUITION

Nous avons donc le choix de suivre le programme, de suivre le manuel et de continuer à bien faire les choses à l’intérieur de la boîte. Rien de mal avec ça. Mais ce n’est pas là que la magie s’opère. Nous avons aussi le choix d’essayer d’être créatifs et de faire confiance à notre intuition, cette petite voix qui voudrait parfois nous voir emprunter une piste innovante. Innover, c’est aussi simple que d’arrêter de faire quelque chose qui n’a plus sa place, si on part de l’intention pédagogique et de la finalité. C’est un peu ça, le changement de paradigme. On commence par arrêter de faire des choses qui n’ont plus leur place, qui ne sont plus cohérentes avec nos finalités. Et ça fait de la place pour de nouvelles pratiques et de l’enthousiasme pédagogique.

L’ISOLEMENT / LE RÉSEAU

L’enseignement est une profession exigeante. Et c’est peu dire. Qui gagne à travailler seul? Je vous invite cordialement à vous joindre à la grande communauté de passionnés sur Twitter. On a besoin de vous, de vos questions, de vos idées. Visitez le #leadped. Juste du bon monde 🙂 En 2019, l’isolement est un choix qu’on fait.

Et vous? Quels changements de focus ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de partager vos idées 🙂

 

 

«C’t’année, c’est l’année!» – 5 verbes pour atteindre ses objectifs en 2019

Je me rends compte au fil du temps à quel point les objectifs personnels sont importants. Les objectifs qu’on se fixe nous affectent. Ils nous attirent. C’est le temps de l’année où je fais le bilan de mon année et où j’établis mes objectifs pour l’année qui vient. Dans ce processus, je suis tombé sur cette vidéo de Jim Rohn, qui parle de nos sources d’inspiration. J’ai tout de suite fait des liens avec le processus d’amélioration continue et ça m’a inspiré à écrire ce billet.

Voici 5 verbes pour atteindre ses objectifs en 2019 :

Décider

Pour partir du point A et se rendre au point B, il faut décider. Il faut décider qu’on veut se rendre au point B. Le progrès, l’amélioration continue, l’atteinte de nos objectifs personnels… Tout commence par une décision. Notre vie peut basculer lorsqu’on prend des décisions importantes. Je me souviens encore du moment où j’ai décidé que je ne serais plus gérant d’un Pizza Pizza et que je deviendrais enseignant. J’étais assis dans la chambre des joueurs au Complexe sportif de Hawkesbury, en marge d’un match amical entre les élèves de mon ancienne école secondaire et le personnel enseignant. On m’avait demandé de prêter main-forte à l’équipe du personnel enseignant ce soir-là. En discutant avec mes anciens profs, un d’eux me demande tout bonnement : «Pis, Marius, tu fais quoi de bon? T’es rendu où?» Je ne savais pas trop quoi répondre. J’étais gérant du Pizza Pizza à Hawkesbury mais surtout, j’étais un étudiant en année sabbatique. On dit ça quand on ne sait pas trop ce qu’on va faire dans la vie. En tout cas, c’est ce que je me disais. La question de mon ancien prof tombait à point. Ce soir-là, je me suis rendu compte que je ne savais pas trop ce que je voulais faire de ma vie. Je me suis surtout rendu compte que je n’étais pas fier de moi. Je savais ce que je ne voulais plus. Parfois il faut y aller par élimination pour trouver ce qu’on veut. Rien de mal à être gérant d’un Pizza Pizza. Je sentais que je n’étais pas à ma place. Je me sentais attiré par autre chose. J’ai regardé autour de la chambre et j’ai vu mes anciens profs. Je me suis dit que je pourrais faire partie de la gang moi aussi. Ce soir-là, j’ai décidé. Toute ma vie a basculé positivement par après. Tout est devenu clair. Tout avait du sens. Je suis devenu… mari, prof, père, blogueur, leader escouadeÉDU.

  • En 2019, quels sont vos objectifs?
  • Quelles décisions avez-vous besoin de prendre?

Planifier

Une fois qu’on a décidé, il faut planifier minutieusement. Le succès n’arrive pas toujours par hasard mais par design. Au fil du temps, je me rends compte que la planification, ce n’est pas une activité annuelle. C’est une activité annuelle, mensuelle, hebdomadaire et quotidienne. Ça veut dire qu’on doit prendre du temps pour réfléchir à nos objectifs et aux actions qui nous permettront de les atteindre. C’est simple, mais ce n’est pas facile. Quand on s’arrête pour planifier, on se rend vite compte qu’on perd beaucoup de temps dans une semaine, un mois, une année. Ou plutôt, il y a beaucoup d’heures que nous n’utilisons pas pour progresser intentionnellement vers nos objectifs. C’est mieux dit 🙂

  • Quelles actions vous permettront d’atteindre vos objectifs en 2019?
  • Dans une semaine typique, votre emploi du temps pourrait ressembler à quoi?

Commencer

Les deux premiers verbes sont très importants. Décider et Planifier. Ça nous inspire. Ça donne de l’espoir. Ça donne une confiance en soi qu’on ne se connaissait peut-être pas avant d’écrire nos objectifs. Mais concrètement, à part nos émotions, rien n’a changé. Sauf peut-être le fait que nous avons communiqué nos objectifs et nos désirs à l’Univers. Or tout bascule lorsqu’on commence, lorsqu’on fait le premier pas sur un nouveau chemin. C’est inspirant, c’est nouveau. Nos sens sont éveillés. Notre réalité intérieure change parce que notre focus change. Les plus grands experts ont fait des premiers pas à un moment donné. C’est une évidence. Mais pensez-y, à un moment donné, Bill Gates ne savait pas ce qu’était un ordinateur, les Beatles n’existaient pas et vous, vous n’étiez pas encore au service du système d’éducation. Pour faciliter le passage à l’action, il faut parfois trouver des façons de réduire au minimum l’effort requis pour faire le premier pas.

  • À quand remonte la dernière fois où vous avez eu des papillons (positifs) à l’idée de commencer quelque chose de nouveau?
  • Quelles actions aimeriez-vous commencer à poser en 2019?
  • À quoi pourraient ressembler vos premiers pas?

Progresser

Les premiers pas suscitent des émotions parfois. Vous me suivez? 😉 Personne ne fait des premiers pas sans avoir le goût de réussir. En formation, je suggère souvent cette définition du succès : «Le succès, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels.» Progresser, c’est tellement important. C’est la preuve ultime que nous sommes capables. Que nos objectifs sont à notre portée. Les autres ne peuvent pas atteindre mes objectifs pour moi. Ça, c’est ma job. Mais j’ai besoin de sentir que je progresse grâce à ce que je fais. Les progrès nous donnent le goût de continuer. En ce sens, j’aime bien l’analogie de Google Maps et des poteaux de téléphone. Je m’explique. Si je pars de chez moi (position actuelle) et que je veux me rendre à Québec (destination), je dois choisir mon itinéraire. Et en fonction de mon itinéraire et de la distance qui me sépare de ma destination, le nombre de poteaux de téléphone varie. Vous me suivez? Si on morcèle l’itinéraire à ce point, chaque poteau de téléphone pourrait être vu comme un marqueur de progrès. J’aurais tendance à dire qu’on choisit ses marqueurs de progrès en fonction de la vitesse à laquelle on veut avancer. Il faut être réaliste et gérer nos attentes ici. Il importe de maintenir un rythme aérobique 🙂

  • Combien de poteaux de téléphone (marqueurs de progrès) vous séparent de vos objectifs?
  • Comment comptez-vous célébrer vos progrès à chacun des marqueurs?

«Le succès, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels.» @bourmu

Continuer

Il n’y a pas de fil d’arrivée à notre croissance personnelle. J’avais le goût d’écrire «Ne pas arrêter» mais j’ai volontairement évité la négation. Mais continuer signifie qu’on n’arrête pas. Ça signifie que nous adoptons d’entrée de jeu une mentalité de croissance, une mentalité qui accueille le processus d’amélioration continue pour ce qu’il est : un processus. Le but, ce n’est pas d’arriver et de s’arrêter. Le but, c’est de devenir, toujours. Meilleurs qu’hier, moins bons que demain. Sans oublier de célébrer nos marqueurs de progrès, bien personnels. Or pour avoir le goût de continuer, je me rends compte qu’on doit cibler les bons objectifs pour nous. Plus fort est le pourquoi, plus facile est le comment. Une chose est certaine, quand on se fixe des objectifs et qu’on continue, on progresse. Surtout si ça implique les autres. Il n’y a rien de plus motivant que de sentir qu’on contribue, qu’on ajoute de la valeur dans la vie des gens qui nous entourent.

  • Quelles nouvelles compétences avez-vous le goût de développer en 2019?
  • Quelles nouvelles relations souhaitez-vous développer? Qui aimeriez-vous rencontrer?
  • Quelles émotions voulez-vous ressentir? Quelles expériences désirez-vous vivre?
  • Quelles personnes avez-vous le goût d’aider?

Je vous souhaite de prendre soin de vous cette année.

Plus on prend soin de soi, plus on peut prendre soin des autres.

«C’t’année, c’est l’année!»

Décidez – Planifiez – Commencez – Progressez – Continuez

Bonne année 2019 🙂

 

Et si nous adoptions des processus autonomisants

Je regardais cette vidéo pour une énième fois cette semaine et j’ai été frappé à nouveau par la simplicité du processus partagé par Mick Ebeling.

Son processus est bien simple : lorsqu’il désire avoir un impact positif,

  1. Il s’engage.
  2. Il tente de figurer quoi faire pour y arriver.

C’est quand même assez simple. Ce qui est intéressant dans son processus en 2 étapes, c’est l’ordre des étapes. Mick n’a pas dit qu’il trouvait comment avoir un impact positif et qu’ensuite il s’engageait. Il s’engage d’abord, sachant qu’il sera capable de trouver le comment en temps opportun. C’est important ça. Il fait confiance à son intuition. Vous vous reconnaissez dans ce processus? C’est un processus qui me semble très autonomisant.

L’engagement nourrit l’intuition.

Lorsqu’on s’engage affectivement, comme mari, comme père, comme enseignant, comme collègue, on trouve éventuellement une façon d’avoir un impact positif dans la vie des gens dont nous sommes responsables puisque nous avons une autonomie complète, en ce sens que nous pouvons choisir quoi faire et comment faire. Nous vivons aussi avec les conséquences de nos actions.

Deux ingrédients clés se dégagent ici :

  1. Responsabilité
  2. Autonomie

Pour arriver à nos fins, nous devons accepter la responsabilité de notre engagement et nous devons agir au meilleur de notre capacité. Quand l’intention d’une relation est claire et qu’on s’engage, notre intuition devient comme un manuel d’instructions. C’est comme si l’engagement nourrissait l’intuition.

Et en éducation?

Dans mon vécu en éducation, la majorité des gens sont engagés. Je peux compter sur les doigts d’une main les gens désengagés que j’ai rencontrés.  En éducation, le processus pour obtenir un impact positif est souvent le même lorsqu’il est vécu individuellement. On s’engage et on s’organise pour y arriver. Or je me rends compte que le processus pour obtenir un impact positif auprès de nos élèves n’est pas toujours le même lorsqu’il est vécu collectivement. En fait, c’est l’ordre du processus qui change. Souvent, pas toujours, mais souvent, les gens impliqués essaient d’abord de trouver comment faire avant de s’engager à actualiser une nouvelle approche. Parfois, le processus ressemble davantage à ceci lorsqu’il est vécu collectivement :

  1. On trouve quoi faire et comment faire en s’appuyant sur des pratiques exemplaires, des données probantes, la recherche…
  2. Si la première étape est satisfaisante pour les acteurs concernés, là, on s’engage.

Un des défis ici, et c’est tout à fait normal, c’est la perception de la perte d’autonomie. En effet, tous les gens impliqués peuvent être engagés, mais pas nécessairement en accord avec les actions à prendre. Pour toutes sortes de bonnes raisons. Que faire alors? Et si nous tentions de développer notre intuition de coach?

L’intuition du coach

La raison d’être des établissements scolaires, c’est la réussite de tous les élèves. C’est sûr que RÉUSSITE ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, mais tous s’entendent que nous sommes là pour la réussite des élèves. La cible est établie et commune. Lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant les actions qui favorisent la réussite des élèves, on voudrait choisir les meilleures pratiques, les pratiques recommandées par la recherche et les déployer à grande échelle. C’est logique. Or enseigner est une profession complexe et humaine. Ça dépasse la simple technique pédagogique. En effet, même si on applique une stratégie pédagogique soutenue par la recherche, on peut quand même échouer. On valorise souvent le jugement professionnel de l’enseignant. Mais c’est souvent lié au moment où il doit porter un jugement concernant la note ou la réussite d’un élève. Le jugement professionnel du juge. J’entends rarement parler de l’importance de l’intuition de l’enseignant. L’intuition du coach. Pour développer les élèves et les amener à atteindre leur plein potentiel, l’enseignant doit, comme un coach, essayer de générer des émotions positives chez ses élèves, entretenir de bonnes relations avec eux, planifier une démarche d’enseignement/apprentissage se situant dans la zone proximale de développement de ses élèves, relever des preuves d’apprentissage ou de progrès, s’ajuster, offrir des prochaines étapes aux élèves… Dans le feu de l’action, l’enseignant, comme un coach, doit se servir de son intuition pour prendre les meilleures décisions pédagogiques pour ses élèves. Mais comment développe-t-on son intuition de coach?

Praticiens-chercheurs demandés

Pour amener chaque élève à atteindre son plein potentiel, il importe de s’appuyer sur des données probantes, la recherche, des innovations, les données d’élèves… Bien sûr. Mais je crois qu’il faut aussi expérimenter et adopter une mentalité de praticien-chercheur. C’est une façon bien simple de parler d’intentionnalité et d’impact conscient. Par exemple, l’enseignant peut s’appuyer sur une théorie d’action (si… alors…), qu’il validera en classe avec ses élèves (dans le cas de l’enseignant). C’est une façon de vérifier constamment si les actions ont les impacts attendus (sur les élèves). Au fil du temps, c’est une façon de cultiver son intuition pédagogique, ce qui améliore les décisions pédagogiques prises dans le feu de l’action. Ceci s’applique à tous les acteurs. Comment vos processus actuels vos permettent-ils de devenir des praticiens-chercheurs?

Pour soutenir notre engagement collectif…

Je mentionne plus haut que l’engagement nourrit l’intuition et que les ingrédients clés sont la responsabilité et l’autonomie. En éducation, notre engagement collectif envers la réussite des élèves fait en sorte qu’un 3e ingrédient est requis : le soutien. Le soutien est la clé pour développer l’efficacité collective et pour l’amélioration continue de notre intuition pédagogique puisque nous devons adopter des méthodes qui nous arrivent souvent de l’externe (recherche ou autre). Ces méthodes ne nous paraissent pas toujours logiques ou intuitives.

À mon humble avis, les 3 ingrédients requis pour susciter l’engagement et pour maximiser le développement de tout leader pédagogique sont :

1. Responsabilité : signifie que je suis capable d’agir et d’avoir un impact. J’ai un pouvoir d’action et je suis responsable de mes actions.

2. Autonomie : signifie que je cultive mon intuition en choisissant comment j’essaie d’atteindre la cible au meilleur de mes capacités et en m’appuyant sur la recherche. J’ai une liberté d’action. Mon unicité est mise en valeur.

3. Soutien : signifie que je compte sur la présence d’un superviseur ou d’un collègue qui viendra, en temps opportun, vérifier comment je progresse relativement aux engagements que nous avons pris ensemble. Ce soutien me permet de prendre conscience de mes progrès et des pratiques grâce auxquelles j’ai progressé.

Certains préfèrent possiblement Imputabilité plutôt que Soutien. À mon avis, les gens ont davantage besoin de soutien, de quelqu’un qui vienne vérifier si tout va bien, si on progresse plutôt que de simplement venir vérifier si ce qui a été demandé a été fait ou a produit les effets recherchés. Tout est dans l’approche.

Imaginez passer 30 ans de carrière dans un climat où nous croyons que tous les élèves peuvent apprendre, qu’ils peuvent apprendre grâce à ce que nous faisons (responsabilité et autonomie) et qu’on nous soutient dans le processus (soutien).

Je peux difficilement m’imaginer un meilleur contexte pour me développer en tant que leader pédagogique, en tant que coach, en tant qu’enseignant.

La recherche, c’est important. L’intuition de tous les acteurs aussi.

Et si nous adoptions des processus autonomisants dans nos écoles?

Vous êtes partants?

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Let’s assume everyone in the system is a pedagogical leader. Everyone. The 12 habits of a pedagogical leader is an invitation to intentionally focus on the human potential already in our system. Rethinking school is a matter of growth. Whenever I see innovation from district leaders, school administrators, instructional coaches or teachers, it almost always involves educators that have embraced a path of growth. And that doesn’t just happen.

Growing intentionally

In a rapidly changing world, I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow. I really do. Imagine what would happen if we all decided to intentionally adopt certain habits to grow daily. John C. Maxwell says: «You cannot give what you do not have.» In the traditional system, we were asked to teach what we knew. In today’s school, the school of deep learning, the future ready school, we teach who we are. For many reasons, I believe who we are has become more important than what we know. Perhaps it has always been the case. Who knows? Nevertheless, change is an inside job. And change is needed if we are to innovate in our schools. So what leads an educator to innovation? Lets look inside. Shall we?

«I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow.» @bourmu

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Here are the 12 habits of a pedagogical leader. This is not research. These are ideas from my experience as an educator. These are the habits that seem to lead to better pedagogical leadership at all levels. In my opinion, these habits, over time, can help any leader make a tremendous impact on those he serves.

 

A pedagogical leader …

  1. Has positive self-talk

It is often said that relationships are the key to education. We forget, however, that one of the most important relationships we have is the one we have with ourselves. I’m talking about self-talk. Isn’t it a good thing our friends don’t hear how we talk to ourselves sometimes? Ouch! I say that because our self-talk affects our actions daily. What we believe to be possible for ourselves, for our colleagues, for our students often becomes true. I believe we need to teach that to our students. Jim Rohn has some good advice: «Stand guard at the door of your mind.» Nobody consistently outperforms their self-image. Nobody. As educators, our self-talk ends up affecting the self-talk of those we serve. Bruce Lee said: «A good teacher protects his pupils from his own influence.» It might sound touchy-feely, but I truly believe it all starts there. Lets not be too hard on ourselves.

«A good teacher protects his pupils from his own influence.» Bruce Lee

  1. Raises self-awareness

In my readings, I came across this quote from Carl Jung: «Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate.» Consciousness. David Foster Wallace argues that the fruit of quality education is not knowledge, but awareness. This would explain, for example, why many students go to university believing they know a lot. Upon graduation, they are well aware of everything they do not know because they have been exposed to higher levels of awareness and questioning. Are our current results due to our conscious efforts or our unconscious beliefs? I think we need to look beyond our current results if we really want to be able to rethink schools and help every student reach their full potential. Whatever that means. In the traditional school, students were seen as empty vessels to be filled with knowledge. In today’s school, the common belief might be that the answers (4 or 6 Cs) are always inside the learner. In Latin, education is said to be educo, which means: to draw from within. Our role is to bring the students to higher levels of awareness. Christian Simpson would say: «Better choices are a function of awareness.» Paul is good at math. He just doesn’t know it yet. We can not export what we don’t know we have. Hence the importance of focusing on the potential of learners (and ours) rather than their current performance (or ours).

  1. Sets clear goals in writing

When you think about it, real success is reached when you make steady progress in your ability to achieve your personal goals. Success is about progress. To me it is anyways. One thing that has helped me tremendously is to set clear goals in writing. It means that you really have to know what you want. Really. Of course you want to write SMART goals but they have to excite you. I found that the way I formulate my goals is also very important. The process of writing personal goals, formulating them so that they motivate you… It’s amazing what it does to you. If we want to personalize education for all learners, I think we have to be able to help all learners set personal goals and take action.

  1. Is intentional and consistently disciplined

Anything worth doing, like growing as a pedagogical leader, is all uphill. We need to be intentional and follow the plan. When you think about it, it has nothing to do with knowledge. Most people know what to do. It is more a question of self-knowledge (see # 1 and # 2). What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will. John Maxwell says, «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» Discipline is all about consistency. It is not a quality that inflates your ego. But what we do consistently is what determines our results. Take golf for example. To win a tournament, players play 4 rounds. Why? All players can shoot 66 one day. After 2 rounds, they eliminate half of the players. The least consistent ones. After 4 rounds, the best are in the lead. The most consistent. It is the same thing in life. Everyone can be good once. We all need consistency doing the right things. Character, relationships, priorities, reactions, decisions … Everyone is a leader. Lead yourself.

«What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will.» Unknown

  1. Is networked

Humans are social beings. We are better together. For some reason, it’s not as natural in education. But we are getting there. Today, isolation is a choice we make. To me, sharing and networking have become somewhat of a moral obligation. Why would I not want to seek help our seek to help? It is such an amazing time to be a learner when I think of all the opportunities for online networking through social media. But it does not really make sense if we can’t first network with people who share the same building as us. The same students, the same mission… Collective efficacy. For me, being networked means being active. It is giving and receiving. It’s trying to help a whole system improve. Because we can. Our students are networked too. What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today? This is an important question.

«What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today?» @bourmu

  1. Reflects

Leadership is about being proactive. It is trying to anticipate where we are going and choosing the best way to get there. It requires vision and reflection. It is often said that we learn from our experiences. I think we learn especially when we think about our experiences. When we think, we can learn from it. In The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell says: « Learning to pause allows growth to catch up with you.» As educators, it’s not easy to take the time to think about our skills. It doesn’t always seem useful. We have so many things to do. Yet I encourage you to take time, 30 minutes once a week, to reflect on your experiences and your goals. The awareness and clarity that it creates will definitely help you.

  1. Makes own learning visible

One of the best ways to influence people is to be a model. Because people do what they see. Making our learning visible is one way of establishing our credibility by being intentionally vulnerable. It requires self-confidence. Yes. It builds trust and respect among learners. This habit goes with the idea of being networked and improving collectively too. When I make my learning visible, when I share the questions that challenge me, the challenges I am trying to meet, I help my fellow educators to improve. It also gives my colleagues the permission to share their learning and their questions as well. I would not be who I am today without my professional learning network. Period. For me, making our learning visible is a must in today’s world. So much so, that I am writing this blog post in english 😉 Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve? In our efforts to transform the learning experience for all learners, I think we need to get all learners to make their learning visible. We can’t influence what we do not see.

«Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve?» @bourmu

  1. Has a positive attitude

The attitude is 100%. Do the math. (A = 1, T = 20, I = 9, U = 21, D = 4, E = 5). We do not control what happens to us, nor how fast our students develop, but we do control how we choose to react. Our attitude determines the quality of our lives daily. I read that our attitude is like the paintbrush of our mind. Whatever color we put on our paintbrush ends up on our canvas. We hold the paintbrush and we choose the color. The same goes with our attitude. In any case, students come to school to blossom, not to give us an audience so we can deliver our content. It’s a bit harsh, but that’s it 🙂 It’s the students’ school. And we have the privilege to play a part in their development.

  1. Values people

Amazing things happen when the leaders of an organization think that the most valuable assets in their organization are the people in that organization. A pedagogical leader values people. He believes people are worth investing in. He believes that the life, the career of every person he meets is more important than their current results. Potential. Empathy. Process. Long term. Education is now a people development business. We can not be successful if we do not value people first.

  1. Has an abundance mindset

Carol Dweck has done some great work around the idea of a growth mindset. It means believing that we can develop our intelligence or our abilities with effort, strategies and the help of others. E + S + H = Growth. It can be a choice. Having an abundance mindset is choosing to believe that there will always be enough. There is an abundance of resources, talents, potential, time, flexibility, opportunities, ideas, solutions… Over time, I realize that we do not always consciously choose our mindset of abundance or insufficiency. And that has an impact on our behavior and our quality of life. To create the schools we want for today’s learners and personalize education, we need to choose an abundance mindset. That means believing that everyone has enough potential to blossom. It means believing there are many ways to go from A to Z. To me, the abundance mindset is the starting point for innovation and creativity.

  1. Builds relationships that add value to others

Leadership is about a life that positively impacts another. As educators, the goal of any relationship we create with the learners we serve is to positively impact their development. Well-being in our schools depends on the quality of the relationships we create with others. Impactful pedagogical leaders know how to connect with others. They listen, they observe, they learn. These are the foundational elements of leadership. We build our leadership on solid relationships.

  1. Innovates inside the box

Finally, we talk about innovation. This is often the starting point when talking about transforming schools as we know them. We can think outside the box all we want. But innovation happens inside the box. To innovate inside the box we need to rethink and challenge our processes to facilitate innovation and experimentation. Becoming a designer of learning experiences means creating flexibility in the teaching / learning process to enable learners to develop over time, not just to prepare for performance events like tests or final exams. To me, all innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms, in our schools and our communities. And it does not need to look the same in every class / school / district.

«All innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms.» @bourmu

A few comments

  • The 12 habits are not linear.
  • The 12 habits are choices. No need for special talents to adopt them.
  • Habits become habits when you no longer need to think about them. So you have to be intentional to get there. Every day.
  • 8 of the 12 habits are invisible to others. They happen inside. They are the source of our current results. Some will be difficult. We aim for progress, not perfection 🙂
  • We adopt visible habits especially to serve others.
  • As a result, we work twice as hard on ourselves as we do to help others. That is the point.
  • In time, these 12 habits will help you grow and give you a deep sense of fulfillment.
  • Writing this blog post in english has taken me MILES outside of my comfort zone. And I love it.

So, what habits do you question?

What habits are a challenge for you?

What habits would you add to this list?

Thanks for your comments 🙂