Vous n’avez pas assez de mauvaises idées

Salutations à mes collègues de l’Association des écoles privées de l’Estrie. Ce billet est spécialement pour vous, tel que promis. Bon succès dans vos prochaines étapes!

Des barrières et des recettes

À première vue, les barrières à l’innovation dans nos écoles paraissent immuables parfois. Le temps, les exigences du système, les évaluations, le leadership, le travail d’équipe, l’infrastructure. Or l’école repensée, elle se vit au quotidien dans plusieurs écoles, dans plusieurs salles de classe. Comment cela se peut-il? Comment arriver à personnaliser l’éducation, développer les compétences de nos élèves tout en répondant aux exigences du système? J’apprécie les questions qui commencent par «comment». Ça sous-entend que c’est possible, qu’on cherche une façon d’y arriver, de faire autrement. Pour faire autrement, il faut voir les choses autrement. Un des grands défis en éducation, c’est que nous sommes tous issus d’un système qui valorisait la bonne réponse. Nous avons réussi dans ce système et nous sommes habitués d’avoir la bonne réponse. C’est donc très normal de demander «comment faire xyz», de demander la recette de quelqu’un d’autre. On veut réussir du premier coup. Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. Il n’y a pas UNE recette, il y a des recettes. La meilleure? La vôtre, celle que vous allez créer, peaufiner, expérimenter avec les apprenants qui sont devant vous. Quand suffisamment de gens auront trouvé des façons d’innover à l’intérieur de la boîte, le système pourra redéfinir les paramètres de la boîte. L’école repensée ne viendra pas de la boîte à mon avis. Elle viendra de nous. C’est tellement stimulant. Pensez-y.

Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. @bourmu

Des questions qui commencent par «Comment»

Suite à ma conférence de vendredi, j’avais le privilège d’animer une session de réflexion portant sur le leadership pédagogique. La session de réflexion a débuté… avec une réflexion. Quelles idées avez-vous en tête? Comment vos élèves en profiteront-ils? Quelle question aimeriez-vous qu’on aborde ensemble pendant l’après-conférence? Nos questions sont comme un trousseau de clés. Plus nos questions sont intéressantes, plus elles ouvrent des portes intéressantes. Voici 30 questions, très intéressantes «comment», proposées par les participantes et participants :

  1. Comment penser autrement la structure?
  2. On fait comment pour aider 33 élèves à pédaler en même temps?
  3. Comment bien exploiter les technologies sans appareils électroniques fournis par l’école pour tous les élèves?
  4. Comment arrimer cette belle théorie avec la réalité des contraintes des écoles?
  5. Comment mettre à profit les élèves avec qui nous avons déjà une excellente relation pour aider à améliorer nos relations avec les autre élèves pour qui c’est moins évident?
  6. Comment intégrer le 20% dans la boîte d un programme d’un cours?
  7. Comment valider ces choix pédagogiques (absence de notes avant les bulletins) auprès des parents (qui sont tellement axés sur les résultats)?
  8. Comment changer les évaluations en gardant les bulletins aux dates fixes?
  9. Comment peut-on laisser les enfants apprendre à leur rythme tout en répondant aux critères du Ministère?
  10. Comment articuler concrètement le leadership en classe auprès de nos élèves? Des outils réels et concrets dans les matières différentes svp…
  11. Comment équilibrer leadership et autorité?
  12. Comment faire pour qu’il y est une balance dans la vie des élèves versus les appareils technologiques … un réseau social plus qu’un outil technologique?
  13. Comment exercer un bon leadership quand je vis une situation de crise avec un élève?
  14. Comment équilibrer leadership et autorité?
  15. Comment peut-on réalistement implanter ce type de pédagogie en ayant un cadre administratif si contraignant? Les étapes très courtes, les notes obligatoires dans les différentes compétences, etc.
  16. Comment pouvons-nous créer des projets significatifs en ayant des notes à récolter afin d’être conformes aux exigences du ministère?
  17. Mon questionnement toujours arrimer les exigences du programme et les projets et les passions des élèves…
  18. Comment intégrer le leadership dans un cadre peu flexible sur lequel nous avons aucun contrôle (liberté)?
  19. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  20. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  21. Comment faire des évaluations « non fixes » mais équitables?
  22. Comment créer (aussi) cet esprit de leadership en département?
  23. Quelles activités puis-je faire avec mes élèves pour améliorer leur leadership?
  24. Comment peut-on réussir concrètement à bâtir une relation solide et propulser CHACUN des élèves dans leur potentiel en les voyant seulement une heure par jour ou moins?
  25. Comment faire, concrètement, pour maintenir cette vision plus souple dans une structure globale rigide qui impose un programme,  des communications de résultats constantes et des épreuves uniformes? Quoi prioriser?
  26. Comment faire en sorte que les élèves apprennent à leur rythme tout en respectant le contenu du programme sans tomber dans l’enseignement individuel.
  27. Comment initier un changement auprès des collègues?
  28. Évaluation au moment où l’élève est prêt… est-ce réaliste?
  29. Considérant qu’il est important d’avoir plusieurs manifestations des élèves de leurs compétences mobilisées en évaluation, comment faire pour optimiser les évaluations pour permettre aux élèves de démontrer leurs compétences, sans les surcharger ou les stresser ?
  30. Comment peut-on faire des évaluations aux moments où l’élève est prêt tout en faisant des évaluations équitables?

4 concepts-clés

Je ne peux pas faire le tour de chacune des questions. Mais derrière le concept du leadership pédagogique se trouve l’idée que nous sommes tous appelés à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage.  Devenir. Il n’y a pas de ligne d’arrivée ici. Qui dit concepteur, dit essai-erreur. On est loin des recettes ici. Tout part de soi. En acceptant l’invitation de devenir un leader pédagogique, on accepte aussi l’idée que nous sommes les seuls responsables de ce qui est possible ou non dans notre salle de classe (la boîte). Le pouvoir d’action est là. Les excuses doivent rester à la porte ici je crois. Et je crois également au message de George Bernard Shaw.

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Je vous propose donc quatre concepts-clés qui peuvent soutenir les expériences d’apprentissage que vous allez créer avec et pour vos élèves.

QUELLES SONT LES 10 PIRES IDÉES AUXQUELLES VOUS POUVEZ PENSER?

Une bonne façon d’aborder la conception d’expériences d’apprentissage, c’est d’anticiper que tout ne sera pas parfait du premier coup. On peut même partir de l’imperfection pour en arriver à des idées qui ont de la valeur. Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? Je suis certain que si vous essayez de trouver 10 mauvaises idées pour chacune des 30 questions énumérées plus haut, vous tomberez sur d’excellentes idées éventuellement. L’avantage ici, c’est que ce processus vous libère l’esprit de la nécessité de trouver la bonne idée avant de commencer. Idéalement, je vous suggère de vivre ce processus en équipe. Et comme le dit si bien Sir Ken Robinson : « If you are not prepared to be wrong, you’ll never come up with anything original.» La partie facile, c’est de générer des idées. Ensuite, il faut aller les tester. Un bloc de 20 minutes, une leçon, une semaine, un projet, une unité, un cours, un programme. À vous de choisir. Ce sera un processus d’essai-erreur.

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Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? @bourmu

DES ESPACES D’APPRENTISSAGE FLEXIBLES

Il est beaucoup question des espaces d’apprentissage depuis un certain temps. Je n’irai pas dans le détail ici mais je posais la question suivante aux membres du panel de discussion dans le cadre de TELL2017 en août dernier. La transformation des espaces physiques et numériques mène-t-elle nécessairement à la transformation de la pédagogie? Au-delà des salles de classe à la Pinterest, je crois que l’espace d’apprentissage le plus important, c’est le cerveau du concepteur et celui de l’apprenant. La flexibilité commence là à mon avis. L’espace physique et les espaces numériques doivent être alignés avec les intentions pédagogiques (connaissances, compétences globales) et créer les conditions dans lesquelles nous apprenons tous aujourd’hui. Tout espace peut devenir un espace d’apprentissage innovant et stimulant. Pensez-y

METTRE LES FORCES ET INTÉRÊTS DES ÉLÈVES AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE 

L’école repensée ne se fait pas seul depuis le devant de la classe. C’est un peu comme recevoir la famille dans le temps des Fêtes et vouloir tout faire et préparer le repas soi-même. Combien plus efficace (et moins stressant!) est-ce quand tout le monde se mobilise. Un prépare la tourtière, l’autre une salade, un autre prépare les patates pilées, un autre, la dinde… Notre repas. Pour que la classe devienne notre classe, il faut impliquer les élèves, apprendre à les connaître, les amener à se connaître, les amener à développer leur capacité à apprendre de façon autonome, stimuler leur curiosité naturelle, les mettre au défi… À quoi ressemble un cours qui permet ça? On commence comment? Il faut vouloir les amener plus loin que la fin du cours, comme le disait si bien Stéphane Laporte dans «Si les profs pouvaient». Il faut lâcher prise, cesser de vouloir tout contrôler. Pour que l’école change, il faut qu’on change comment on fait l’école. Nos façons de faire présentement ont des limites parce que les adultes travaillent trop souvent plus fort que les élèves. Et ce n’est pas une question d’engagement. C’est ce qu’on leur demande. Les élèves peuvent tellement nous en donner plus. Plus d’eux-mêmes, plus d’originalité, plus de questions… pas plus d’obéissance cependant. Faisons-leur de la place pour voir…

PERSONNALISER ET DIFFÉRENCIER

À l’impossible nul n’est tenu. Les exigences du système sont bien réelles. Mais il y a une marge de manoeuvre. Je le vois chaque fois que je suis dans une école. Je réfléchis beaucoup à ce que peut signifier la différenciation et la personnalisation. Est-ce que ça veut dire la même chose? Est-ce qu’il y a des nuances? Voici comment je distingue les deux (ébauche).

Différenciation : on parle de différenciation lorsque le point de départ est le programme et qu’on ajuste le contenu, le produit ou le processus en fonction de l’apprenant qui est devant nous.

Personnalisation : On parle de personnalisation lorsque le point de départ est une force, une passion, un intérêt de l’apprenant (p. ex., projet 20%, robotique, fabrique…) et qu’on trouve où est le programme dans ce que l’apprenant réalise.

Quelle que soit l’idée qui vous allume et que vous souhaitez mettre en oeuvre dans votre classe ou votre école, donnez-vous la permission de ne pas réussir du premier coup.

La seule personne que vous pouvez changer, c’est vous. Si vous voulez voir vos collègues changer, modelez ce changement. C’est tout ce que vous pouvez faire.

Restez dans votre zone d’influence mais sortez de votre zone de confort.

L’école repensée, elle est en vous.

On se met à énumérer des mauvaises idées pour voir?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

La transformation, ça commence EN vous!

La transformation de l’expérience d’apprentissage, repenser l’école, sont les sujets de l’heure. On en parle partout. Au fil des discussions, on finit toujours par parler de la zone de confort des gens. Après tout, transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève, repenser l’école, ça sous-entend un changement dans nos pratiques. L’inférence à faire ici, c’est que ça implique que tous sortent de leur zone de confort, que tous soient en croissance. Les élèves, les parents, les enseignants, les directions, les superviseurs systémiques, la société. Tout le monde.

La loi de l’élastique

En tant que coach en leadership, je suis appelé à enseigner Les 15 lois inestimables de la croissance de John C. Maxwell afin d’aider les gens à atteindre leur plein potentiel. La loi de l’élastique ne laisse personne indifférent puisqu’elle adresse de plein fouet la zone de confort. Elle va comme suit : «Votre croissance cesse lorsque vous diminuez la tension entre ce que vous êtes et ce que vous pourriez devenir.» Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de vivre pleinement sa vie et d’atteindre son plein potentiel, ça se passe à l’extérieur de sa zone de confort.

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La zone de confort nous coûte cher

La zone de confort, c’est le pilote automatique, c’est l’habitude, l’inconscience, c’est peu d’émotions, positives ou négatives. C’est le statut quo. La zone de confort, c’est ordinaire. C’est la roue qui tourne. C’est moyen. C’est être dans la moyenne. Quand vous allez au resto le vendredi soir, souhaitez-vous trouver un resto moyen, avec de la nourriture moyenne, un serveur moyen, une ambiance moyenne, avec de la compagnie moyenne. Quoi de mieux qu’un bon vendredi soir moyen! Bien sûr que non! Et je ne connais personne qui soit devenu enseignant pour être ordinaire. Ce qu’on ne nous dit pas toujours, c’est que sans plan précis, sans objectifs clairs, on devient inconscient, on devient ordinaire et les résultats dans notre vie en général sont ordinaires. L’inconscience, la zone de confort, nous coûte cher. Parce que quand on devient ordinaire, notre profession devient ordinaire. Notre quotidien devient ordinaire. Notre motivation, notre curiosité, notre désir d’apprendre… tout devient ordinaire. Bof! (soupir…) Mais c’est confortable sur le plan affectif, dans le moment présent. Danger.

Sortir de sa zone de confort

Sortir de sa zone de confort, c’est tout le contraire. C’est la conscience. La conscience qu’il y a mieux. Qu’on peut faire être mieux! Lorsqu’on devient conscient qu’en devenant plus que ce que nous sommes, on peut obtenir plus que ce que nous avons, tout bascule. On se fixe des objectifs. Les objectifs ont un rôle bien particulier lorsqu’il est question de croissance personnelle.

  1. Nos objectifs nous permettent d’être intentionnels. La croissance n’arrive pas par hasard.
  2. Nos objectifs nous incitent à devenir la personne que nous devons être pour les atteindre. Pensez-y.

Présentement, le monde de l’éducation a pour objectif de transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants. C’est notre incitatif collectif pour devenir (les personnes et le système) ce que nous devons devenir pour y arriver. La transformation de l’expérience d’apprentissage, ça commence EN nous. À l’intérieur de chacun de nous. Ça commence avec la prise de conscience qu’il y a mieux pour nous et pour les apprenants. Et que ce MIEUX se trouve à l’extérieur de notre zone de confort, quelle qu’elle soit pour vous.

Tous les acteurs dans le système doivent devenir confortablement inconfortables pour que collectivement, nous devenions ce que nous devons devenir pour permettre à tous les apprenants d’atteindre leur plein potentiel dans un contexte axé sur la performance croissance et où les émotions de tous seront positives. Bien-être, dites-vous?

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Confortablement confortable

La première étape, c’est de reconnaître qu’on est confortablement confortable. Pas de croissance ici. Morne et taciturne, comme une fin d’après-midi de novembre. Ça coûte cher. Ça nous coûte la joie de vivre qui vient avec le dépassement de soi. Il y a des liens importants à faire entre l’estime de soi, le sentiment d’auto-efficacité et la croissance (ou le manque de). Pourquoi changer? Qui sait?…

Inconfortablement confortable

Ensuite vient le moment où on se dit qu’il y a mieux. Qu’on pourrait… Pourquoi pas changer? Et pourquoi pas moi? Prise de conscience! Ça peut être brutal. C’est ici qu’on a l’intention de… Et dès qu’on a l’intention de, les émotions et le discours intérieur s’en mêlent. Rien n’a changé encore, et pourtant, tout a changé. Vous me suivez? Tout se passe en dedans. La raison nous dit qu’il faut sortir de notre zone de confort, mais les émotions nous bloquent. Ouf!!! Le combat. L’intensité et la durée de cette étape varient en fonction des individus. Qui sait pourquoi? Empathie svp. Selon mon expérience, plus on nourrit nos craintes, plus c’est difficile de passer à l’action et plus on souffre. Pour rien. En silence. S’il fallait faire une faute… Croissance, pas perfection.

Inconfortablement inconfortable

Ok go. Là on passe à l’action. On essaie une nouvelle approche, on intègre une nouvelle technologie, on évalue autrement, on donne une voix à l’élève, on conçoit une expérience d’apprentissage… On lâche prise et on s’essaie. On est loin du confort ici. On s’entend. Mais on grandit. Déjà, on grandit. Le dépassement de soi, aussi minuscule soit-il, fait grandir l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité. Si on laisse de côté les émotions, c’est super facile de sortir de sa zone de confort. On le fait. C’est un choix. Ça coûte gratuit. C’est facile, ça. Non? Mais tout ce qui est facile à faire est aussi facile à ne pas faire. C’est là que les objectifs qu’on se fixe deviennent importants. Ils nous permettent de demeurer conscients chaque jour et de passer à l’action. Et c’est tellement inconfortable. Vous avez été ado. Vous savez peut-être que de grandir, physiquement, peut être douloureux. À l’âge adulte, c’est la croissance personnelle qui fait mal, sur le plan du confort. Passer à l’action chaque jour, pour transformer notre pratique, c’est ce qui nous permettra de développer une nouvelle forme de confort. Le confort dans la croissance. Vous sentez les papillons?

Confortablement inconfortable

Pour développer des apprenants à vie, il faut le devenir nous aussi. Et ça, ça veut dire qu’on doit vivre en mode Béta. Il faut devenir confortables à l’idée de toujours vivre avec cette tension (loi de l’élastique) entre où nous sommes et où nous pourrions être. Le monde d’aujourd’hui, il change. C’est comme ça. Et on peut toujours devenir plus. Il n’est jamais trop tard. Ça demande une certaine mentalité, ça demande du caractère et de la discipline, ça demande de la conscience. Et ça génère en nous, des émotions positives et une confiance en soi sans égal. Ça donne du oumf, comme on dit 🙂

Êtes-vous prêts à vivre confortablement à l’extérieur de votre zone de confort?

La croissance et votre plein potentiel vous y attendent.

C’est ce qui est requis de nous tous, si on veut sérieusement repenser l’école.

Transformer l’expérience d’apprentissage, ça commence EN vous! En nous tous.

On commence maintenant?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂

Pourquoi s’en priver?

Des activités pour tous les goûts!

J’ai toujours été fasciné par la multitude d’activités organisées pour les élèves dans nos écoles. Il y en a pour tous les goûts. Mais malgré tous nos efforts, il y a toujours des élèves qui choisissent de s’en priver. Je me suis toujours demandé pourquoi. Pourquoi lors d’activités spéciales ou de sorties éducatives, certains élèves ne se présentent pas? (Ils oublient parfois de faire signer leur feuille aussi…) Ils préfèrent ne pas s’investir ou s’en priver. Ils préfèrent le confort du statut quo, de l’inaction. Ou peut-être n’ont-ils pas de lien significatif avec un adulte ou des élèves dans l’école… En tout cas, ce sont souvent les élèves qui ne sont pas accrochés par l’école qui choisissent de ne pas participer. C’est quand même curieux, d’autant plus que c’est pour accrocher tous nos élèves qu’on organise ces activités. Quand les élèves reviennent de l’activité, ceux qui n’ont pas participé se rendent compte qu’ils ont raté une autre occasion de se faire des amis, de se développer, de vivre une expérience mémorable. Vivre des expériences. C’est pour ça qu’ils viennent à l’école. Pour vivre. Pour grandir. Pour se développer. C’est leur job (jusqu’à 18 ans en Ontario). Pourquoi s’en priver?

Des activités créées pour par nous!

À l’école, ces occasions, ces expériences sont créées pour nous. Quand on devient adulte, on doit les saisir ou les créer nous-mêmes. Le choix de ne pas saisir ou créer une occasion (p. ex., postuler, aller à une formation, se créer un réseau, partir en affaires, avoir des enfants, se marier) c’est la même chose. Quand on choisit de ne pas passer à l’action, ça crée un écart entre ce que nous pourrions devenir et ce que nous choisissons de demeurer. Les raisons qui nous poussent à ne pas agir peuvent être nombreuses. Selon mon expérience, il y en a 3 principales :

  1. Peur d’échouer
  2. Peur de réussir
  3. Peur de ce que les autres vont dire

C’est personnel. Et ça a des conséquences. John Maxwell affirme : « There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. » Pour atteindre nos objectifs personnels, pour se réaliser en tant qu’adulte, il faut agir. La planification à rebours, ça s’applique à notre vie.

There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. John C. Maxwell

Leadership personnel, maturité, responsabilité

Au fil du temps, je me rends compte que le leadership, ce n’est pas juste de la théorie pour mon travail. À un moment donné, on atteint un certain niveau de maturité en tant qu’adulte. L’immaturité, c’est le contraire. C’est quand on blâme les autres et des facteurs externes pour nos résultats. On a une liste de choses qui expliquent pourquoi on n’est donc pas où on voudrait être. Hmmmm. L’immaturité. La maturité ne vient pas avec l’âge, malheureusement. La maturité, c’est quand on accepte la responsabilité des résultats qu’on obtient dans notre vie. Il reste une seule chose sur notre liste : soi. C’est une question de leadership personnel. Qui n’a pas déjà entendu l’expression «Il mène une bonne vie.»? Einstein disait : «Once you stop learning, you start dying.» Mener une bonne vie – vivre – c’est apprendre tous les jours. Vivre. Grandir. Se développer. C’est ça, vivre. Ce n’est pas une job. Chose certaine, la vie se passe à l’extérieur de notre zone de confort. Pourquoi s’en priver?

Une profession en mutation sortie éducative…

Vous me voyez venir? Vous l’avez sans doute remarqué mais notre profession est en mutation. C’est big. Or le contexte actuel, on peut le voir un peu comme une activité éducative qu’on organise avec les élèves. Certains choisissent de ne pas participer pour le moment. Ok. Sauf qu’on ne reviendra pas à la même école. On va ailleurs. Et ce ailleurs n’est pas aussi important que ce qu’on va tous devenir en cours de route. C’est ce qu’on devient qui compte. Et on a besoin de tout notre monde pour réussir. Pour devenir, il faut sortir de notre zone de confort. Empathie. Patience. Respect. Mais il faut embarquer. Il faut vivre des expériences, grandir, se développer. Pourquoi s’en priver?

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L’isolement est un choix.

Dans le contexte actuel, en 2017, l’isolement professionnel est désormais un choix qu’on fait. Un choix passif mais un choix. Et le réseau d’apprentissage personnel (RAP) est une occasion, une expérience dont les bienfaits sont incommensurables pour bon nombre de professionnels en éducation. C’est incroyable à quel point on peut grandir, à quel point on peut vivre des expériences d’apprentissage riches, à quel point on rencontre des collègues passionnés. Incroyable. Je vous invite à visiter ces mots-clics, «pour le fun» : #leadped #défi20prof #eduprof #tacedchat #feep #eduqc #pubpd

Je ne connais personne engagé dans un RAP qui n’en retire pas des bienfaits.

Pourquoi s’en priver?

Partager : un devoir moral?

La semaine dernière, je racontais à des collègues le moment où mon premier mentor avait pris sa retraite. Après 30 ans en salle de classe, cet homme, cet enseignant de français que j’admirais tant prenait sa retraite laissant derrière lui quelques reliures, quelques activités pédagogiques. Je disais à mes collègues : «Imaginez s’il avait blogué toute sa carrière. S’il avait rédigé des billets de blogue pour mettre par écrit son évolution en tant que pédagogue. À quel point notre profession serait-elle enrichie de ce bagage?» Et là, on ne parlait que d’une personne. Mais ce n’était pas possible avant. De nos jours oui. Imaginez si tous les enseignants rédigeaient 5 billets de blogue par année, pour garder des traces de leur évolution en tant que pédagogue, pour enrichir notre profession de leurs expériences! Imaginez. Il y a 5 ans, je disais que tous les enseignants devraient avoir un compte Twitter et se créer un RAP. Aujourd’hui, avec les bienfaits et le pouvoir de la production participative (crowdsourcing), je me demande si ce n’est pas devenu un devoir moral envers notre profession que de partager (informellement) nos réflexions, notre cheminement à nos collègues. Je réfléchis. Il y a de plus en plus de gens dans mon réseau qui ont commencé à bloguer. C’est tellement inspirant! Ça m’aide tellement. Je me dis : «Pourquoi s’en priver?».

Parce que tout le monde a quelque chose à contribuer

Enfin, de plus en plus de gens participent à la sortie éducative qu’est ce virage au numérique, ce virage vers l’école repensée. Pour y arriver, on a besoin de tout notre monde. Trop de nos collègues ne sont pas réseautés présentement. Il faut les inviter, dans le respect, à cette sortie éducative collective.

  1. Ce sera bon pour eux.
  2. Ce sera bon pour la profession.

En effet, chers collègues, nous avons besoin de tout notre monde pour réussir à repenser l’école. Tous nos collègues, technos ou non, ont des choses à nous apprendre, à contribuer. On ne peut pas s’en priver.

Sérieusement, cette sortie éducative, pourquoi s’en priver?

Même pas de feuille à faire signer et ça coûte gratuit 😉

Qui sait ce qu’on va devenir…

 

«Faut pas réinventer la roue!»

Je suis dans le processus d’écrire mon premier livre. J’expliquais à mon épouse que je veux que mon livre soit une ressource pour les gens qui le liront. Un endroit où ils viendront chercher, pas une recette, mais des idées, des pistes de questionnement pour les aider à exercer leur leadership pédagogique. Elle me disait qu’on se fait souvent dire de ne pas réinventer la roue en éducation. Ça m’a amené à me questionner. Par écrit. Je suis certain que vous avez déjà entendu l’expression «Faut pas réinventer la roue!» Vous l’avez peut-être même déjà dite. Depuis un certain temps, je travaille avec des leaders dans les conseils scolaires et dans les écoles. On me demande souvent de partager des stratégies que je vois ailleurs qui permettent d’innover à tous les niveaux du système. Les idées sont nombreuses. Aussi nombreuses qu’il y a de personnes. Mais on doit pouvoir les voir, les créer, les saisir. Faut pas réinventer la roue? Hmmm.

Faire tomber les barrières invisibles une conversation à la fois

Ce que je partage invariablement à mes collègues, c’est la nécessité de voir les choses autrement, de penser autrement pour pouvoir innover. L’innovation en éducation ne viendra pas des ressources pédagogiques existantes ou des processus actuels dans nos écoles. Comme le dit si bien @gcouros, la principale barrière à l’innovation dans nos écoles vient souvent de notre façon de penser, de voir les choses. Donc quand on entend «Faut pas réinventer la roue!», je me dis, est-ce une des barrières invisibles à l’innovation en éducation? Je pense que oui. Quand on ne réinvente pas la roue, on maintient le statut quo. C’est ce qu’on veut? Je pense que non. Bien au contraire. Pour voir les choses autrement, il faut avoir des conversations avec les gens. Ce n’est pas facile. C’est un processus. Mais le résultat est extraordinaire. Comme le dirait John C. Maxwell, la différence entre ordinaire et extraordinaire, c’est ce petit extra. Pour voir et faire tomber les barrières à l’innovation et au leadership pédagogique, il faut avoir des conversations intentionnellement. Une à la fois.

«Don’t wish it were easier. Wish you were better.» Jim Rohn

Retour en arrière

En 2005, Sir Ken Robinson livrait sa superbe conférence « Bring on the Learning Revolution!« . À 5:32, il partage ce message d’Abraham Lincoln, livré le 1er décembre 1862, à Washington D.C. : «The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Nous portons tous des idées, des façons de penser que nous prenons pour acquis. L’idée de réinventer la roue, c’est exactement le type d’idée qu’il faut repenser, qu’il faut questionner. Et remarquez le titre de la conférence de Sir Ken, Learning Revolution et non Teaching Revolution. Une révolution au niveau de l’apprentissage. Hmmm. Pourquoi nous parlait-il d’une révolution au niveau de l’apprentissage? Si l’imprimerie de Gutemberg a révolutionné la diffusion du savoir, le contexte d’aujourd’hui permet de (ce n’est pas automatique) révolutionner l’apprentissage et la façon de développer des personnes de façon exponentielle. Ça m’amène à me questionner.

  1. Comment nous ajustons-nous à notre nouveau rapport au savoir?
  2. Comment l’école s’ajuste-t-elle à ce nouveau rapport au savoir?
  3. À quoi ressemble la révolution de l’apprentissage dans votre école, dans votre salle de classe?
  4. Qui devons-nous devenir pour y arriver?

«The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Abraham Lincoln

SE réinventer!

Le système, c’est du monde. L’innovation dans le système et dans nos écoles viendra des personnes. Des personnes qui oseront se questionner et remettre en question nos idées, nos processus, nos rôles, notre raison d’être. Comme Alex Nevsky le dit si bien dans Les Coloriés, «Il faut tout réinventer. Il faut se réinventer». Quel beau défi! Et «we must rise — with the occasion». Grandir. Croître. Pour se réinventer, il faut devenir autre chose que ce que nous sommes. C’est créatif. Ça doit être fait intentionnellement et en équipe.

«The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Jim Rohn

Créer pour devenir

Je suis tombé sur ce tweet de @nalang1 la semaine dernière. Ça m’a tout de suite frappé. N’est-ce pas qu’au quotidien, on cherche des activités engageantes, que les élèves vont aimer? Chercher des activités. Des ressources. Attendre la formation. Ce sont des idées, des processus, des façons de voir les choses qui viennent du système traditionnel. «We must disenthrall ourselves». Chercher une recette. Attendre d’être nourri. Non. Ce n’est plus ça. La révolution de l’apprentissage ne viendra pas de là. Pour repenser l’école, il faut sortir du manuel et devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage avec et pour nos élèves. Il faut devenir des prestataires de contextes. C’est créatif, l’apprentissage. Tout part de soi. De nos idées. De notre imagination. De nos forces et intérêts. Des élèves qui sont devant nous. De leurs forces et intérêts. Parce qu’ils en ont. Les connaissez-vous? Créer, chers collègues. Créer pour devenir autre chose. Créer pour repenser l’école.  Créer pour révolutionner l’apprentissage. Vous? Vous passez votre temps à faire quoi?

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« Many teachers spend their time searching for activities. The best teachers spend their time creating experiences.» @nalang1

L’imprimerie c’était bien, mais là on est ailleurs.

La prochaine fois que vous entendrez «Faut pas réinventer la roue», pensez-y.  Gutemberg, c’était bien. Mais aujourd’hui, on est ailleurs. Et ça va vite. Êtes-vous là? Repenser l’école, il n’y a rien de facile ou de simple là-dedans. Jim Rohn dirait : «Don’t wish it were easier. Wish you were better.» La croissance personnelle requise de nous tous pour y arriver, c’est probablement la chose qui aura le plus de valeur pour chacun et chacune d’entre nous en bout de ligne. Jim Rohn dirait : «The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Faut pas réinventer la roue? Hmmm. Je pense que oui.

Que devons-nous devenir pour révolutionner l’apprentissage?

Merci de vos commentaires 🙂

Ce que j’apprends. #défi20prof

Le 20 août dernier, je lançais le #défi20prof dans ce billet de blogue. Après le «Pitch» (voir l’enregistrement du webinaire du 5 septembre ici), et l’invitation à partager un «Produit» entre le 22 et le 26 septembre (voir l’enregistrement du webinaire du 18 septembre ici), voici mon «Produit», c’est-à-dire un billet de blogue qui a pour but de vous partager ce que je suis en train d’apprendre dans le cadre du #défi20prof. Parce que le #défi20prof, je l’ai essayé moi aussi! Avec tout le personnel de l’École secondaire Champagnat. Wow! C’est vraiment quelque chose. Et je vous partage mon activité un peu plus loin. Suivez-moi!

Pas un agent de voyage

Il y a quelques semaines, je participais à mon tout premier podcast (baladodiffusion) avec @sarahlalondee sur VoiceED Radio. Et pendant notre conversation sur le leadership pédagogique, je partageais à Sarah Anne l’importance de prêcher par l’exemple. En tant que leaders, nous sommes tous appelés à modeler les pratiques de haut niveau que nous voulons voir dans nos écoles. Modeler. Les gens font ce qu’ils voient. On ne peut pas être des agents de voyage, et envoyer des gens là où nous ne sommes jamais allés nous-mêmes. Il faut essayer, défricher, risquer et agir plutôt comme guide. Quand j’ai lancé le #défi20prof, je n’avais pas réalisé que je pourrais, moi aussi, essayer une activité où je parle peu ou pas pendant les 20 premières minutes. Tel que promis Sarah Anne, voici l’activité #défi20prof que j’ai vécue avec tout le personnel de l’École secondaire Champagnat. Je salue mes collègues de LaTuque! Quelle journée 🙂

Contexte de l’activité

Le 15 septembre dernier, je passais la journée à LaTuque. Une conférence, suivie de 3 ateliers. Le premier atelier après la pause du matin portait sur Google docs et Screencastify. Pour vous mettre en contexte, je n’ai jamais rencontré mes collègues de LaTuque avant ce matin-là. Je ne connais pas encore tous les détails de leur réalité au niveau de l’infrastructure et de leur utilisation de la technologie au quotidien. Mais je me lance. L’atelier portera sur les multiples utilisations de Google docs et de l’extension Screencastify pour transformer l’expérience de l’apprentissage des élèves. Mais avant d’en arriver là, j’ai deux objectifs.

  1. Je veux apprendre à connaître la réalité de mes collègues.
  2. Je veux qu’ils apprennent à créer une table des matières de deux façons différentes dans un document Google.

L’arrivée des participants : début du #défi20prof

Quand les participants arrivent, tout ce qu’ils savent c’est qu’ils doivent avoir apporté des écouteurs. Je les accueille et leur explique qu’ils vont maintenant relever un défi, que je vais uniquement les observer et qu’on donnera un sens à tout ça après le défi. Voici ce qui est projeté à l’avant à leur arrivée. Vous avez accès au document.


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Le défi est lancé!

Alors c’est parti, les gens se placent en équipes de 2 et accèdent au document du défi en retapant bit.ly/defilatuque dans leur omnibox. Voici ce qui les y attend. Vous avez accès au document.

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Mes observations

Le travail d’équipe est lancé et je me mets à circuler. Il y a environ 40 personnes dans la grande salle. La première chose que je remarque, c’est que toutes les équipes commencent à se parler. À regarder leur écran et l’écran de leur partenaire. On compare ce qu’on voit. Si c’est pareil ou différent. On s’entraide. Tout le monde est en action sur le plan social et sur le plan cognitif. Certains anticipent le succès. Ils sont habitués. D’autres font leurs premiers pas. Je les ai rassurés au début. «Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas votre faute.» À peine 2 minutes se sont écoulées et tout le monde est en train de résoudre un problème. Tout le monde a le même défi à relever mais les gens sont confrontés à des défis différents. Je m’explique. Pour certains, les écouteurs Apple ne fonctionnent pas bien avec un portable IBM. Pour d’autres, l’étape de se créer une copie d’un document Google exige la création d’un compte Google. Pour d’autres, on se rend compte que l’activité se déroule mieux dans Chrome que dans Explorer… C’est de toute beauté.

On s’ajuste

Après 10 minutes, je me rends compte que le défi que je viens de lancer ne peut pas se dérouler exactement comme je l’avais anticipé. Pas grave. On s’ajuste. Des mains sont levées. Heureusement, une conseillère pédagogique de la commission scolaire est avec nous. Il y a aussi des enseignants qui peuvent nous appuyer à appuyer nos collègues. On ouvre des comptes Google, on appuie, on s’entraide. 25 minutes plus tard (environ), des gens ont terminé le défi et attendent la prochaine étape, d’autres seraient prêts à débuter le défi. Leur compte Google est maintenant créé. Après 25 minutes, 40 personnes sont prêtes à profiter pleinement de l’atelier qui portera sur Google docs et Screencastify.

Le défi n’est pas important, mais il est important.

Le défi en soi n’était pas important. Il me permettait de faire les choses suivantes :

  1. Qui a un compte Google?
  2. Qui est à l’aise de suivre des directives et de naviguer dans un document Google?
  3. Quels outils technologiques ont des particularités techniques (p. ex., iPad, Portable xyz).
  4. Modeler l’utilisation de Google docs et Screencastify!!!

Le défi était sensé amener les gens à apprendre à faire une table des matières de deux façons différentes dans une document Google. Plus de la moitié ont réussi à terminer le défi. Mais la beauté de la chose ici, et ce pourquoi le défi était important, c’est qu’avec les vidéos produites avec Screencastify, les gens ont la possibilité de retourner voir et de développer cette compétence. Ils ont vécu d’une façon comment Screencastify pourrait leur être utile au quotidien.

Tout ce qu’on peut accomplir ensemble

À la conclusion de l’atelier de 75 minutes, nous avions «couvert» tout ce qui était prévu. Je crois que tout le monde a réussi à ajouter l’extension Screencastify à Chrome et à créer leur première vidéo. Nous avons pris le temps de parler pédagogie et de voir comment ces outils pourraient nous aider à transformer notre approche pédagogique. Si j’avais voulu tout contrôler et expliquer, étape par étape, en faisant les démonstration à l’avant, jamais au grand jamais je n’aurais pu y arriver. L’entraide. Le travail d’équipe. Et je remercie mes collègues de LaTuque de m’avoir suivi dans cette démarche. Lâcher prise, c’est déstabilisant, mais on en accomplit tellement. Il faut avoir confiance au processus!

Concrètement

Pour ceux qui voudraient relever et recréer le défi que j’ai lancé à mes collègues de LaTuque. Voici concrètement les documents qui étaient requis.

Je n’avais qu’une journée avec mes collègues pour accomplir ce que je voulais accomplir. Je peux simplement m’imaginer à quel point on pourrait accomplir de grandes choses sur 6 semaines. La clé, impliquer les gens. Faire appel à leurs forces, leurs expertises. Faire confiance à la puissance de l’entraide.

Ça fait du bruit. Ça nous mène quelque part de fantastique.

Je ne voudrais pas revenir en arrière et demander à mes collègues de seulement m’écouter. Ce serait tellement moins efficace, tellement moins stimulant.

Essayez-le! À votre façon.

Et partagez vos constats sur le #défi20prof

Merci de vos commentaires

 

 

La présentation orale… inversée?

La stratégie suivante a été présentée hier soir dans le cadre de notre tout premier webinaire : Tout pour réussir le #défi20prof. Vous pouvez voir l’enregistrement du webinaire ici.

Les présentations orales font partie de l’expérience d’apprentissage des élèves. Dans pratiquement toutes les matières, les élèves sont invités, à un moment donné, à faire une présentation orale devant leurs pairs. C’est un processus qui prend beaucoup de temps dans la classe. Jusqu’à 4 et même 5 périodes de 60 à 75 minutes. La question que je me suis toujours posée est : «Est-ce que cet investissement de temps de classe est un investissement qui en vaut le coût?» Investir tout ce temps pour évaluer un produit ou une performance… Pourtant, notre rôle est d’agir sur le processus, sur ce qui mène au produit de qualité, à la performance… Hmmm. Comment faire alors? Suivez-moi. J’ai une idée 🙂

Le temps

Le temps. C’est tellement important comment on choisit d’investir notre temps avec les élèves, n’est-ce pas? On dit toujours qu’on manque de temps. Si vos élèves présentent seulement deux fois pendant un semestre et que vous investissez 8, 9 et même 10 périodes pour passer, à tour de rôle, chacun des élèves dans le but de leur donner une note… Ça vaut la peine? Que font les autres élèves pendant ce temps? C’est comme si un enseignant d’éducation physique demandait à ses élèves de faire la file et de venir, à tour de rôle, faire un lancer au panier, par exemple. Le temps d’attente serait beaucoup trop long pour les élèves qui ne sont pas en action. C’est pour cette raison qu’on place les élèves en petits groupes ou en stations. Afin qu’ils soient en action, qu’ils puissent développer leurs compétences et recevoir de la rétroaction fréquente de leurs pairs ou de leur enseignant, qui circule dans le gymnase.

Investir du temps de classe pour apprendre, pas pour donner une note!

Alors dans le cas des présentations orales, qu’en est-il de l’évaluation au service de l’apprentissage? Comment faire de la place pour agir sur le processus? Impossible de même considérer faire présenter chaque élève afin de lui offrir une rétroaction, et ce, avant «que ça compte». Imaginez investir le temps de 20 périodes, pour 2 présentations orales. Non. Impensable. Et si on utilisait la vidéo! La vidéo pour faire une présentation orale inversée. Inversée parce que le temps de classe serait investi pour placer tous les élèves en action et leur permettre d’agir sur le processus. L’évaluation de la performance ou du processus pourrait se faire à l’extérieur du temps de classe… Après discussion avec ma collègue @maotechno, merci collègue, je vois 4 étapes au processus de la présentation orale inversée, et ce, avant l’évaluation (attribution d’une note) du produit ou de la performance et, mieux encore, pourquoi pas le processus.

Étape 1 : Planifier / créer sa présentation

À l’étape 1, l’élève planifie sa présentation orale et la crée en fonction des exigences et des critères qu’on a co-construits en classe. Puisqu’il est question d’une présentation orale inversée, nous aurons recours à la vidéo comme outil technologique pour soutenir cette démarche. C’est ce qui nous permettra d’avoir accès au premier jet de la présentation orale (processus) dans la classe, sans avoir à prendre le temps de classe pour générer ces premiers jets, un élève à la fois. Alors l’élève planifie en fonction de la forme et du fond de la présentation.

Étape 2 : Réaliser sa présentation

L’élève se pratique à la maison et on l’invite à produire une première ébauche de sa présentation orale à l’aide de son appareil mobile, par exemple. On l’invite à placer sa vidéo dans un espace infonuagique afin qu’on y ait accès en salle de classe. Google docs, Google classroom, YouTube, Google Drive… Choisissez votre méthode.

Étape 3 : Critiquer / Juger

L’élève se présente en classe et on l’invite, en équipes de 3, à visionner la vidéo de ses pairs et à la critiquer/juger dans le but d’offrir une rétroaction descriptive et constructive à partir des critères co-construits avec la classe. On place l’élève dans une posture d’évaluateur en l’invitant à s’appuyer sur des critères. Ça, c’est de l’évaluation EN TANT qu’apprentissage. Super puissant. Ça fait appel à la pensée critique. Ça amène l’élève à développer de l’empathie, à faire preuve de doigté et de tact, à s’ouvrir à la critique et à recevoir de la rétroaction. Vous pouvez encadrer ce processus de façon très structurée, si vos élèves ont besoin de ça pour se sentir en sécurité. Vidéo de 3 minutes et moins; On regarde la même vidéo en même temps (avec nos écouteurs); On prend 5 minutes pour discuter de la vidéo et offrir une rétroaction en utilisant la grille de rétroaction fournie par l’enseignant; On passe à la prochaine vidéo; etc. En 25 minutes environ, l’exercice est fait. Tous les élèves ont visionné 2 vidéos et donné une rétroaction à 2 de leurs pairs et ont reçu de la rétroaction au sujet de leur vidéo. Ou vous pouvez laisser les élèves vivre ce processus à leur façon, s’ils anticipent le succès et que le climat de confiance entre les pairs est présent. Vous connaissez vos élèves. À vous de décider. Mais en une période de 30 minutes, c’est fait. Imaginez la puissance de ce processus!

Étape 4 : Retravailler

Après avoir reçu une rétroaction, l’élève doit la réinvestir et retravailler sa présentation orale (vidéo). Il continue à pratiquer à la maison et il peut revivre ce processus (étapes 2, 3 et 4) à quelques reprises, et ce, SANS PRENDRE PLUS DE TEMPS QU’ON NE LE FERAIT NORMALEMENT. L’avantage? L’élève reçoit de la rétroaction et vit le processus qui mène à un produit ou une performance de qualité. Et l’enseignant a la chance de fournir, lui aussi, une rétroaction à chacun de ses élèves, AVANT «que ça compte».

D’autres avantages

Puisque les élèves produisent une vidéo, on développe cette compétence chez nos élèves. Combien d’entre eux veulent être des YouTubers? Hein!? Ça ouvre la porte à la citoyenneté numérique, les élèves peuvent se voir, eux aussi et s’auto-évaluer. Les parents peuvent voir la performance de leur enfant etc. Et que dire de l’anxiété. Combien d’élèves sont anxieux de présenter devant un groupe? Ce processus permet à l’élève de performer devant une caméra et seulement quelques élèves et l’enseignant lui donneront de la rétroaction. L’enseignant gère qui aura accès à la performance (vidéo) de l’élève. Ici, il faut faire preuve de jugement concernant notre ouverture sur le monde. Il faut impliquer les élèves et leur donner le choix. Qui pourra voir ma vidéo? Que de discussions à avoir avec les élèves… Mais le plus important, c’est qu’on peut mettre l’accent sur le processus et même n’évaluer que le processus. Amener l’élève à nous partager une réflexion sur son processus d’apprentissage. Comment il a vécu les 4 étapes? Qu’est-ce qui l’a aidé? Comment s’est-il amélioré?… Apprendre. Se développer.

Et maintenant?

Alors, chers collègues. Comment allez-vous choisir d’investir votre temps de classe avec vos élèves en ce qui a trait aux présentations orales? Traditionnellement, 2 présentations orales nous coûtent, et le verbe n’est pas trop fort, jusqu’à 10 périodes et les élèves sont passifs 99% du temps, ne reçoivent peu ou pas de rétroactions et on évalue le produit, la performance. Avec la présentation orale inversée, l’élève est actif 100% du temps, a la chance d’obtenir de la rétroaction et on peut évaluer le processus plutôt que le produit. On fait tout ça, en 5 périodes selon moi. 50% moins de temps. 1000% plus riche et stimulant.

La présentation orale inversée, chers collègues.

Repenser l’école, ça peut être ça.

On transforme, l’expérience d’apprentissage des élèves.

N’oubliez pas de demander à vos élèves d’apporter des écouteurs 😉

Merci de vos commentaires!