On obtient ce qu’on choisit

Quand on choisit de devenir enseignant, on choisit d’être au service des jeunes. On veut faire une différence. Tout semble possible quand on commence. On se dit qu’on va leur montrer, qu’ils vont aimer notre cours… C’est un choix important, devenir enseignant.

Choisir son discours intérieur

Le 2e semestre de l’année scolaire 16-17 a presque trois semaines. Après trois semaines, les enseignants ont rencontré tous leurs groupes, tous leurs élèves et de nouveaux choix se font, consciemment ou non. On ne peut pas le voir ni l’entendre de nos collègues mais tranquillement le discours intérieur de chacun affirme déjà que tel élève «n’obtiendra pas plus d’un niveau 2 comme note finale». Tel élève «va être chanceux de passer le cours.» Tel autre élève «serait tellement mieux servi s’il avait choisi le bon itinéraire d’étude. Y’a pas tenu compte des recommandations.» Ah! Ces jeunes qui espèrent tant! Tel groupe «va être difficile. J’ai déjà hâte aux vacances de mars.» Je peux affirmer ces choses parce que je les ai déjà pensées. Ce que mon vécu m’a appris, c’est que mon discours intérieur devient ma réalité et celle de mes élèves. Quand on choisit de croire les énoncés que nous révèle notre discours intérieur, les stratégies qu’on met en place par la suite finissent par nous donner raison. Mais ce n’est pas tout. Au fil du temps, j’ai réalisé que ce que je choisis de croire qui est possible avec tel groupe ou avec tel élève en dit long sur ce que je pense de moi, de mes capacités, de ma valeur comme professionnel. En effet, notre discours intérieur change vite quand on ne sent pas qu’on fait une différence ou quand on n’a pas les stratégies pour y arriver. C’est important, alors, de choisir le bon discours intérieur. C’est ce qui déterminera notre impact sur les élèves qui nous sont confiés.

«Ce que mon vécu m’a appris, c’est que mon discours intérieur devient ma réalité et celle de mes élèves.» @bourmu

Choisir l’excellence

Prendre la décision de croire qu’on peut faire une différence dans la vie de nos élèves, ce n’est pas long. Une seconde et c’est fait. La clé et le défi, c’est de gérer cette décision au quotidien. Je n’ai jamais entendu un enseignant dire : «J’ai vraiment hâte d’être ordinaire avec mes élèves aujourd’hui.» Comme le dit Bob Hartley : «Accepter la médiocrité, c’est refuser l’excellence.» L’excellence dans notre profession, ce n’est pas un événement ponctuel, ce sont des pensées et des actions de haut niveau répétées quotidiennement. Alors vouloir plus de nos élèves sans s’attendre à plus de soi, c’est un peu irréaliste. C’est donc dire que lorsqu’on parle de vouloir un meilleur rendement de la part de nos élèves, ça signifie qu’on veut un meilleur rendement de soi-même. Pour vouloir plus de nos élèves, il faut d’abord exiger plus de soi. Et ça commence par un discours intérieur qui reflète les aspirations et les intentions que nous avions lorsque nous avons choisi de devenir enseignant. Croire que tout est possible. Pour vous et pour vos élèves. Pour y arriver, il faut  aussi être capable de les développer, ces élèves.

«L’excellence dans notre profession, ce n’est pas ponctuel, ce sont des pensées et des actions de haut niveau répétées quotidiennement.» @bourmu

Choisir de croître

On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Pour ajouter de la valeur à nos élèves, pour arriver à les développer, il faut ajouter de la valeur à qui nous sommes d’abord. Quand on prend l’avion, l’hôtesse de l’air précise qu’en cas d’urgence, nous devons mettre notre masque d’oxygène avant d’aider quelqu’un d’autre à mettre le sien. C’est logique. Pour aider les autres, il faut être en mesure de les aider. D’où l’importance de la croissance personnelle et professionnelle continue pour tout enseignant. Or la croissance personnelle est impossible sans changement. Pensez-y. On ne peut pas espérer de meilleurs résultats de nos élèves sans changer nos pratiques intentionnellement et consciemment. C’est donc dire qu’on peut affirmer être en croissance seulement si on change des choses intentionnellement. Pour le mieux. Notre discours intérieur, nos pratiques pédagogiques, nos routines, nos relations, nos structures, nos croyances… Changer. Et ça, c’est un choix important. En effet, on est en croissance seulement si on change des choses.

Devenir : le choix de tout enseignant

À mon avis, la qualité d’un enseignant se mesure par les progrès qu’il peut amener ses élèves à faire. Je ne parle pas d’avoir des bonnes notes. Je parle de progrès. Concrets. Enseigner, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout ce que c’est. Pour influencer positivement une vie, il faut être en croissance continue. Il faut croire en ses propres capacités. Croire qu’on a de la valeur. Croyez-vous que vous avez de la valeur? Pour changer, il faut croire qu’on a de la valeur. Pour ajouter de la valeur à nos élèves, il faut croire qu’ils ont de la valeur eux aussi. Croyez-vous que vos élèves ont de la valeur? C’est là que ça se passe. Choisissons minutieusement notre discours intérieur. Il devient souvent notre réalité. Bref, on devient enseignant toute notre vie. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de point d’arrivée. On peut toujours faire mieux parce que les élèves changent, les temps changent. Et nous aussi, nous changeons. Qu’on le veuille ou non. Comme le dit si bien John C. Maxwell : «Change is inevitable. Growth is optional.»

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On n’EST pas enseignant. On le DEVIENT. Tous les jours.

Quelle est la recette pour réussir à influencer positivement la vie des élèves qui nous sont confiés?

C’est simple. Il faut choisir de croître. Intentionnellement.

Quel est votre plan?

On obtient ce qu’on choisit.

 

 

 

Il faut se questionner pour innover

Mardi dernier, j’offrais la conférence La puissance du leadership pédagogique au personnel du Collège Pasteur, à Montréal. Je me sens toujours privilégié d’avoir la chance de rencontrer de nouvelles personnes en éducation. Des gens qui façonnent des vies au quotidien. Cette rencontre pédagogique était organisée dans le cadre de la Semaine des enseignantes et des enseignants et se voulait une occasion de parler pédagogie et de réfléchir ensemble aux possibilités qui s’offrent aux pédagogues dans le monde d’aujourd’hui. Particulièrement pour ceux et celles qui exercent un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien.

Quand je suis appelé à donner une conférence, on s’attend à ce que je présente des idées concrètes qui peuvent inspirer les gens et les amener à voir les choses autrement. À voir des possibilités qu’ils ne voyaient pas avant. C’est l’idée, n’est-ce pas? Mais les moments les plus riches pendant ma conférence sont, à mon avis, les moments où j’arrête de parler, que je donne le micro aux participants et que j’écoute leurs idées, leur vision des choses, leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs questions, leurs innovations, leur vécu. Après tout, ce n’est pas ce que j’ai à dire qui est si important. C’est ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. La conférence est un prétexte pour échanger. Pendant ces moments d’échanges, j’apprends énormément. Nous avons tellement à apprendre de nos collègues, de leur vécu. Je vous partage aujourd’hui deux faits saillants de mes interactions avec le formidable personnel du Collège Pasteur.

Pour innover, il faut se poser les bonnes questions.

1er fait saillant. En parlant de pédagogie et des approches qui favorisent l’apprentissage, nous avons discuté de l’importance du processus. De donner le temps requis aux élèves pour faire les apprentissages. Les élèves n’apprennent pas tous au même rythme alors comment innover à l’intérieur de la boîte et leur donner une certaine flexibilité quant à leur rythme d’apprentissage? Un participant disait : «Ce sont de belles paroles, de belles idées. J’aimerais savourer plus de temps avec mes élèves en difficulté, mais j’en ai 29 autres qui me demandent de l’attention. Il y a une question de temps et de nombre. Comment je peux faire, concrètement?»  J’ai trouvé la question tellement bien formulée et tellement sincère. Et ça m’a frappé. J’avais partagé plus tôt que dans l’exercice de mes fonctions, je suis appelé à accompagner des écoles. J’expliquais aux participants que je n’arrive pas dans les écoles avec des réponses et un plan d’action déjà établi. J’arrive avec des questions. Nous partons des questions qui nous interpellent, nous avons des conversations et ensuite nous prenons les décisions et les actions qui nous semblent les plus pertinentes. C’est un cheminement. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. Le participant venait de poser une excellente question. «Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?» Et là une autre membre du personnel a ajouté : «Bien moi, je ne suis pas tout à fait en accord. On peut prendre les forces de certains élèves pour aider d’autres élèves. Je réussis à le faire par exemple dans mes tâches d’écriture. J’invite les élèves forts à appuyer leurs amis en classe. C’est donc possible de passer plus de temps avec les élèves.» Si nous avions eu plus de temps, je peux simplement m’imaginer le nombre d’idées ou de possibilités le personnel aurait pu générer pour innover et se donner plus de temps avec chacun de leurs élèves. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. On dit que l’éducation vit un changement de paradigme grâce à Internet et aux nouvelles technologies. Que notre rôle d’enseignant n’est plus de transmettre de la matière mais de développer les compétences des élèves. Alors voici quelques questions qui peuvent nous permettre d’innover en salle de classe.

  • Comment doit-on planifier nos cours si nous ne sommes plus le point d’accès à la connaissance?
  • Comment la 1re question vient-elle redéfinir mon rôle et celui de l’élève?
  • Quelle démarche pédagogique, quels contextes permettent de développer les compétences de mes élèves?
  • Est-ce que tous les élèves doivent faire la même chose au même moment?
  • Comment les forces de mes élèves sont-elles mises au service de l’apprentissage dans ma salle de classe?
  • Comment ma démarche pédagogique permet-elle aux élèves de découvrir le programme? Parce qu’on ne couvre pas le programme, on le découvre.
  • Comment la démarche pédagogique active-t-elle les élèves?

«Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?»

«Il faut évaluer pour enseigner.»

2e fait saillant. En discutant de la culture de l’évaluation qui prend souvent le dessus sur le quotidien, un participant a affirmé : «Mais il faut être prudent. Il ne faut pas exagérer avec l’évaluation. En fait, il ne faut pas enseigner pour évaluer. Il faut évaluer pour enseigner.» J’ai trouvé le choix de mots très intéressant. J’ai l’habitude d’entendre Évaluation au service de l’apprentissage. D’entendre qu’il faut évaluer pour enseigner laisse croire que l’enseignement vient après l’évaluation. Que l’évaluation, ce n’est pas la fin de la démarche pédagogique, c’est le début. Si l’acte d’enseigner doit mener à l’apprentissage, et non à un bulletin ou à registre de notes bien garni, il est logique de penser que l’évaluation informe et active la pratique professionnelle, dont la raison d’être est l’apprentissage d’un élève. Un peu plus tôt pendant la conférence, le même participant disait qu’il faut amener nos élèves à apprendre à apprendre. Quand on évalue, on constate s’il y a eu apprentissage ou non. S’il n’y a pas eu apprentissage, est-ce que la démarche d’enseignement s’arrête là? Ça dépend? De quoi? Un collègue m’a déjà dit : «Quand on évalue nos élèves, on évalue leurs apprentissages mais aussi leur niveau d’engagement, notre climat de classe, notre relation avec eux. L’apprentissage, c’est le résultat de bien des choses.» L’évaluation informe notre pratique. Après l’évaluation, c’est à nous d’agir. Il faut évaluer pour enseigner. Pensez-y. C’est tellement bien dit. Et là d’autres questions me viennent à l’esprit pour innover…

Merci à mes collègues du Collège Pasteur de m’avoir accueilli.

J’ai donné une conférence. Et j’ai appris.

Et vous, quelles questions guident vos innovations?

Si vous vous posez les bonnes questions et que vous croyez sincèrement qu’il y a des réponses, vous les trouverez.

Il faut se questionner pour innover.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Le 21e siècle a 17 ans, hein?

De la transmission du savoir au développement de personnes

Le 21e siècle a eu 17 ans, hein? Ça fly! Le virage au numérique amène le grand monde de l’éducation à se réinventer, à se transformer. Depuis 17 ans déjà, ce virage provoque d’intéressantes réflexions et conversations à tous les niveaux du système. Qui ne se souvient pas du discours de Sir Ken Robinson en 2006? « We don’t need a reform, education needs a revolution. It needs to be transformed into something else. » À cette époque, on parlait d’un changement de paradigme et les efforts du système étaient concentrés sur l’intégration de la technologie, les outils, sur l’infrastructure, l’accès à Internet, sur les compétences du 21e siècle. C’était gros, le 21e siècle. On se disait qu’en intégrant la technologie, les élèves apprendraient mieux, qu’ils seraient plus engagés, qu’ils développeraient des compétences. C’était le début du virage. Tout était flou, tout était à créer. Le modèle SAMR nous aidait et nous aide encore à nous projeter dans l’avenir, dans cette autre façon de faire l’éducation. Plusieurs écoles ont franchi l’étape du piton. L’infrastructure est en place. Les adultes ont des bases solides avec les nouvelles technologies. Et avec le temps, les choses se clarifient. On constate même un certain retour du balancier. En effet, les gens parlent de plus en plus de pédagogie, de différenciation, de mentalité de croissance, de relations, de la voix de l’élève, de la personnalisation, d’effet enseignant, de leadership. Ce qui devient de plus en plus clair, c’est que le mandat de l’éducation se voit transformé grâce aux possibilités que nous offrent les nouvelles technologies, oui, mais ce sont des personnes qui actualisent la transformation du système, pas la technologie. En fait, ce que je veux dire c’est que ce n’est pas un automatisme. Le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur des différents acteurs dans le système. Le virage, c’est un appel à devenir. Devenir plus, parce que le mandat a changé. Si autrefois le mandat était de transmettre le savoir, aujourd’hui, nous avons la responsabilité de développer les compétences des élèves. Du 21e siècle, mais aussi de tous les siècles. Les «soft skills», c’est important plus que jamais. Nous avons le noble mandat de développer des personnes. Quel privilège! Autrefois, il fallait aimer sa matière, maintenant, il faut aimer davantage ses élèves. Pensez-y un instant. Qu’est-ce que le système doit devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves? Bonne question. Une chose est certaine, le système, c’est du monde. Du monde en devenir. Du monde avec des émotions, des aspirations, des talents, des forces.

Repenser le succès

Cette transformation de notre système, de l’expérience d’apprentissage des élèves nous amène à faire une place importante à l’élève. On parle de la voix de l’élève, d’un nouveau partenariat éducatif, de compétences, de tâches authentiques, d’une approche axée sur l’auditoire. Des émotions dites-vous? Pas de stress! Comme au golf, évitons d’essayer de tout contrôler. Il faut simplement s’élancer. Souvent. Alors dans un tel contexte, il est naturel de revoir notre conception du succès, de la réussite. La conception traditionnelle du succès se mesure de différentes façons. Passer un test, avoir de bonnes notes, des crédits, une bonne moyenne, des accomplissements, un bon taux d’obtention de diplôme, la performance au testing provincial, etc. Il y a aussi le climat scolaire, les amis, les activités parascolaires et toutes les données qualitatives qui se mesurent moins facilement. Sondage! À mon humble avis, la conception traditionnelle du succès, aux yeux du système, se résume à deux choses : 1. Amener l’élève à découvrir ses passions, ses talents, sa raison d’être. 2. Amener l’élève à atteindre ou à dépasser son potentiel. Quand un élève quitte l’école, qu’il fait un travail qui le passionne et qu’il gagne bien sa vie, on peut dire qu’il réussit et que le système a contribué à cette réussite. Avec le virage au numérique, avec les possibilités d’aujourd’hui, l’avenir, c’est maintenant. C’est donc dire qu’on ajoute une troisième composante à notre conception du succès : Contribuer au monde. Pas plus tard, «quand tu vas être grand». Maintenant. Quand les gens autour de nous profitent de notre expertise ou de notre simple présence, c’est ce qui nous amène tous à avoir un sentiment d’accomplissement. C’est ce qui rend heureux. Tout le monde, y compris nos élèves, recherche ce sentiment d’accomplissement, qui ne s’obtient qu’en ajoutant de la valeur aux autres autour de soi. Donnez et vous recevrez. Il y aurait donc trois composantes au succès. 1. Trouver sa voie. 2. Atteindre son plein potentiel. 3. Contribuer au monde. Dans le monde d’aujourd’hui, les trois sont nécessaires pour être heureux, pour pouvoir dire haut et fort : succès! Fait intéressant, cette formule s’applique aussi à tous les acteurs du système! Serions-nous donc tous appelés au bonheur? De la transmission du savoir à l’intégration de la technologie au développement des personnes. Le “blueprint” (modèle ou référentiel pédagogique) de la salle de classe doit assurément changer… Chose certaine, on enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, des aspirations, des êtres qui veulent et qui peuvent contribuer dès maintenant au vrai monde, des êtres qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. Think big, dites-vous? Absolument!

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Possible?

La technologie nous offre tellement de possibilités. Or la technologie est aussi puissante que notre pédagogie, que nos actions. Les possibilités à elles seules ne changent rien. En effet, ce n’est pas parce qu’on intègre la technologie en salle de classe que les élèves trouvent leur voie, qu’ils atteignent leur plein potentiel, qu’ils développent leurs compétences, qu’ils contribuent au monde. Tout dépend de la démarche pédagogique conçue par l’enseignant et par les élèves. Je parlais de l’importance du leadership dans un récent billet. Tout enseignant peut suivre la démarche proposée dans un manuel scolaire mais ça prend un leader pour planifier l’itinéraire, pour ajuster l’itinéraire en cours de route. Dans la salle de classe d’aujourd’hui, dans la classe où l’élève a une voix, où le curriculum est au service de l’apprentissage et de la conversation, dans la classe où on saisit les possibilités qu’offre la technologie, on doit parler de leadership. Pour réussir à créer cette salle de classe transformée, il faut innover à l’intérieur de la boîte. On n’a qu’à penser au projet 20%, au mouvement maker, à la robotique pédagogique, au blogue, au codage… Ce sont des portes d’entrée à l’innovation qui ont ce point en commun : il n’y a pas de manuel. Ces projets ou approches exigent de l’enseignant qu’il devienne concepteur de l’itinéraire d’apprentissage avec et/ou pour ses élèves. Ça amène l’enseignant à porter naturellement son chapeau de guide, à entrer en relation avec ses élèves, à donner de la rétroaction plutôt qu’une note. Ça crée de l’incertitude, oui, et ça nourrit aussi son sentiment d’accomplissement. Leadership pédagogique. Parce qu’il faut aussi savoir comment répondre aux exigences du système, comme le testing provincial et les bulletins, tout en permettant aux élèves d’apprendre et de développer leurs compétences. Développer des compétences, développer des personnes, ça prend du temps. C’est organique. Ça nous demande d’accorder plus d’importance à nos élèves qu’au contenu qu’on enseigne. Et ça doit paraître dans nos actions, dans notre pédagogie, et même dans le discours intérieur qu’on se fait quand on pense à nos différents élèves. Tout s’aligne. Notre mentalité détermine notre discours intérieur, qui détermine nos émotions et ce qui est possible ou impossible, ce qui détermine les stratégies qu’on met en place, qui mène aux résultats qu’on obtient. On fait ce qu’on pense et ça devient notre réalité. Pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut d’abord transformer notre discours intérieur. Alors, qu’est-ce qui est possible ou impossible pour vous? Qu’est-ce qui est responsable des résultats que vous obtenez présentement?

Des êtres en devenir

Enfin, nous avons désormais le mandat de développer des personnes. Nous sommes donc invités, plus que jamais, à être des apprenants à vie. Comment pouvons-nous ajouter de la valeur à nos élèves si nous ne sommes pas en croissance continue? En effet, chers collègues, notre savoir n’est plus notre plus grand atout. Non. Notre valeur se trouve dans ce qu’on fait avec ce qu’on sait, dans nos compétences, dans notre capacité à aider les autres à croître, à rehausser les élèves qui nous sont confiés. Notre valeur, c’est qui nous sommes. Être. Et nous sommes des êtres en devenir.

Alors, la question à se poser n’est pas «Que dois-je faire?» mais bien «Qui dois-je devenir?» pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Le 21e siècle a 17 ans. Pensez-y. Ce qui compte, ce n’est pas d’être parfait. Ce qui compte, c’est de commencer le virage et de rester en mouvement. Fail forward, comme dirait l’autre.

Merci de vos commentaires

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On n’enseigne pas pour faire des bulletins.

Ça y est, le premier semestre tire à sa fin. Dans plusieurs classes, c’est l’heure de la revue. L’heure de faire le bilan des apprentissages des élèves. C’est curieux à quel point en 3 ou 4 périodes de revue avec les élèves on arrive à revoir les grandes idées, ce qui est vraiment important que les élèves retiennent d’un cours de 110 heures. En fait, ce que je trouve curieux, c’est à quel point cet exercice est tout naturel en janvier, à l’approche des examens, mais moins naturel en début de semestre. Je m’explique. Vous connaissez sans doute le principe de la planification à rebours. Principe selon lequel un enseignant planifie un cours, un semestre en fonction des grandes idées, des concepts essentiels d’un cours. On pourrait donc dire qu’on planifie un cours à partir de l’examen. Or pour une raison que je m’explique mal, plusieurs perçoivent qu’ils n’auront pas le temps de tout «couvrir» le contenu parce que «ya du stuck dans le curriculum». Or en janvier, 3 ou 4 périodes et c’est réglé…

Pas assez de temps pour apprendre

Cette perception de la réalité fait en sorte que plusieurs conçoivent une planification assez détaillée du semestre en y insérant les différentes tâches et/ou différents projets ou tests qui serviront à mesurer l’apprentissage des élèves. Tout ça, dans le but de bien les préparer pour l’examen, pour la vraie vie, pour l’université… Où est le problème? Il n’y a pas de problème. Théoriquement. Or la planification n’est pas nécessairement faite à partir des grandes idées ou des concepts clés du curriculum. Souvent, la planification est faite à partir de nos ressources pédagogiques, des tests / projets / tâches qui sont associés à un cours donné. Et dans les ressources pédagogiques, «y’en a du stuck»! Quel enseignant n’a jamais fait l’erreur de suivre une ressource à partir de la page 1 pour se rendre compte à la fin octobre que, mathématiquement, ça prendrait 440 heures pour passer à travers avec les élèves? Résultat : les élèves n’ont pas le temps d’apprendre ce qu’ils doivent apprendre parce que l’enseignant doit enseigner, consigner une note et passer à l’unité suivante pour «arriver» à couvrir le contenu du cours.

C’est une question de temps

Concrètement, ce qui se produit dans un tel cas c’est que l’enseignant fixe des échéances très peu flexibles pour les élèves. Unité 1 : 3 semaines : test/tâche/projet pour le 24 septembre, période 2. C’est donc dire que QUAND l’élève apprend est  plus important que SI l’élève apprend. En effet, dans bien des cas, les élèves doivent apprendre à temps. La vraie vie n’est tellement pas comme ça. On n’a qu’à penser à nos propres enfants. On croit toujours en eux, on sait qu’ils vont y arriver. C’est une question de TEMPS, pas de QUAND! Dans la vraie vie, personne ne se demande à quel moment on a appris ce qu’on sait. Tout ce qui compte, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait.

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Image adaptée par Jocelyn Dagenais (@jocedage) Merci!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins

Il va sans dire que dans un tel contexte, ça peut être stressant pour les enseignants et désengageant pour les élèves. Pourtant, tout le monde sait que la planification est linéaire mais l’apprentissage, organique. Autrefois, on enseignait pour transmettre du contenu à nos élèves et la tâche principale de l’enseignant était de consigner le plus de notes possible dans son registre de notes. Quand j’ai commencé à enseigner, c’est ce qu’on m’encourageait à faire. Consigner des notes. Si on consigne des notes, ça veut dire qu’on évalue continuellement. On devient un gestionnaire de ressources pédagogiques et un juge pour les élèves.  Heureusement, c’est clair que dans la salle de classe d’aujourd’hui, on n’enseigne pas pour faire des bulletins. Le système nous demande encore de faire des bulletins. Pas de problème, mais on enseigne pour que les élèves apprennent, qu’ils se développent, qu’ils deviennent compétents, qu’ils trouvent leur voie/x. Pour y arriver, ils ont davantage besoin d’un guide que d’un juge. Un guide, comme un parent, ça prend le temps. Les grandes idées, les concepts clés prennent tout leur sens ici. Quand un enseignant a une bonne compréhension des grandes idées, des concepts clés, du Pourquoi de ce qu’il enseigne, c’est beaucoup plus facile de prendre le temps, de personnaliser le curriculum, de guider les élèves, de leur donner de la rétroaction, de leur donner de multiples occasions de réussir. L’enseignant peut créer les bonnes conditions pour l’épanouissement de tous ses élèves.

Les olympiques?

Je regardais les olympiques cet été et je m’intéressais particulièrement à la gymnastique. C’est incroyable à quel point le rôle de l’entraîneur (guide) des athlètes semble important et complexe. Avant une performance, on peut voir l’entraîneur donner ses derniers conseils à l’athlète et on peut aussi remarquer, dans plusieurs cas, que le principal rôle de l’entraîneur, à quelques minutes d’une performance, c’est de rassurer l’athlète, de le placer dans un état positif, dans un état de confiance. Après tout, combien de fois ont-ils répété la routine? Après la performance, on voit encore l’entraîneur et l’athlète qui se tiennent debout, souvent très fiers de ce qu’ils ont accompli. Il ne reste qu’à recevoir le verdict des membres du jury. La note! Souvent, la note était anticipée. Elle vient confirmer ce que l’entraîneur et l’athlète savaient déjà. Parfois, il y a des surprises. Heureuses ou non. Quand un athlète passe une entrevue, on se rend compte qu’il passe la majorité de son temps avec son entraîneur à se préparer pour les quelques moments dans l’année où il doit performer. C’est important de performer. C’est ce qui les motive à s’entraîner, à se dépasser. Mais pourquoi vous parler des olympiques?

Guide ou Juge?

En salle de classe, l’enseignant a les deux rôles. Il doit être guide/entraîneur la majorité du temps. Il doit aussi être le juge à certains moments, pour répondre aux critères de performance attendus du système et pour produire les documents de communication formels (bulletins). Le juge doit connaître la cible. Et aux yeux du juge, ce qui est plus important, c’est le contenu, la performance. Le guide, lui, doit accompagner, créer les conditions, générer les émotions positives, fournir le soutien, développer les compétences, amener chaque élève à SE dépasser. Aux yeux du guide, c’est l’athlète qui est plus important. Une performance, ça s’améliore. Aux olympiques, je n’ai jamais vu un entraîneur aller performer à la place de l’athlète. Même chose en classe. Comme un golfeur, l’élève doit s’élancer pour développer ses compétences. L’enseignant doit donc être conscient en tout temps du rôle qu’il joue. Un guide, ça donne de la rétroaction. Un juge, une note. Lequel soutient l’apprentissage et est au service de l’élève? Lequel est au service du système? J’insiste, les 2 sont nécessaires. Tout dépend de la posologie 🙂 Quoi qu’il en soit, les élèves sont plus importants que le contenu qu’on enseigne! Il faut que ça paraisse dans nos actions.

 

Stratégie pour le 2e semestre

Je vous invite donc à célébrer les apprentissages de vos élèves du 1er semestre ou de la 1re étape. Je vous invite également à identifier les grandes idées, ce qui compte pour les cours du 2e semestre. Cela vous permettra de porter plus facilement votre chapeau de guide en salle de classe.

Une stratégie puissante qui peut facilement faire augmenter les résultats de tous vos élèves du 2e semestre ou de la 2e étape? À tous les cours, communiquer la grande idée ciblée à vos élèves, leur dire pourquoi cette idée est importante dans la vraie vie (dans son contexte authentique) et les inviter, au moment de l’objectivation, à inscrire les points clés appris en lien avec la grande idée. Autrement dit, faire au quotidien ce qu’on fait en 3 ou 4 jours pendant la période de revue avant les examens. Ce faisant, vous serez en train d’enseigner à vos élèves une stratégie puissante de prise de notes et de préparation aux tests / tâches / projets / examens. Leurs résultats vont augmenter, c’est garanti!

Voici les 3 questions que vos élèves devraient être invités à vous poser à tous les jours :

  1. Qu’est-ce qui est important dans ce qu’on apprend aujourd’hui? (grande idée, ne pas leur dire que tout est important, ce n’est pas vrai)
  2. Pourquoi c’est important dans la vraie vie? Pourquoi c’est important pour vous?
  3. Qu’est-ce qui sera important pour le juge? (performance mesurée par test / tâche / projet / bulletin…)

Ils notent leurs réponses au même endroit à tous les jours. Ça devient leur document d’étude.

Je suis tombé sur une citation intéressante sur Twitter récemment qui disait quelque chose comme «Don’t go through life, grow through life».

Si on applique ça au présent billet on obtient «Don’t just go through the curriculum, have your students grow through the curriculum!»

Essayer de couvrir le curriculum, être toujours juge, c’est stressant.

Aider ses élèves à croître grâce au curriculum, être guide, c’est possible et ça rend heureux!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins!

Bonne période d’examens et de bulletins et bon succès au 2e semestre ou à la 2e étape!

Merci de vos commentaires 🙂

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Tac2016 : 2 conférenciers, 1 grande idée!

Dans le cadre de la conférence provinciale Tac2016, les participantes et participants ont eu droit à deux conférences d’ouverture de haut niveau offertes par Nancy Brousseau et George Couros.

7 décembre – conférence d’ouverture de Nancy Brousseau

En effet, Nancy Brousseau a lancé la journée du 7 décembre avec une conférence sur mesure portant sur le thème de Tac2016, soit Innover, croître et inspirer. Elle a mis l’accent sur l’importance de la croissance professionnelle continue pour soutenir l’innovation nécessaire à la pérennité de l’École. Elle soutient d’ailleurs que l’autoformation doit être au coeur de l’innovation en éducation. Ces propos en ont fait réfléchir plus d’un. Et vous, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez «autoformation»? Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par Madame Brousseau.img_6110-2

Autoformation?

À bien y penser, avec l’accès à Internet et avec tous les outils technologiques à notre disposition, l’autoformation est désormais accessible à tous. L’autoformation, c’est apprendre ce qu’on veut, de qui on veut, quand on veut. Intéressant, non? L’autoformation, c’est l’apprentissage personnalisé à son meilleur puisque c’est l’apprenant qui est derrière le volant. Or pour que cette expérience soit agréable et productive, l’apprenant doit développer des compétences. Et puisque l’autoformation se fait principalement grâce au numérique, vous comprendrez que de développer des compétences en littératie numérique est essentiel. Quoi qu’il en soit, si on veut développer des apprenants à vie, il faut être des apprenants à vie nous aussi. Et ça, ça passe inévitablement par l’autoformation, en grande partie.capture-decran-2016-12-12-a-13-10-34

Responsabilité? ou Possibilité!

Puisqu’on parle de plus en plus d’autoformation, certains se posent possiblement des questions concernant la responsabilité de l’apprentissage professionnel.

  • Est-ce que cela veut dire que les employeurs n’ont plus à former leurs employés?
  • Est-ce que ce sont les employés qui sont les seuls responsables de leur croissance professionnelle?

Ce sont des questions bien légitimes. À mon avis, la réponse aux deux questions est «Bien sûr que non!». L’employeur doit toujours chercher à investir dans le développement professionnel de ses employés. Madame Brousseau l’a répété à quelques reprises. L’effet enseignant est ce qui compte le plus dans notre système. Nous devons faire tout ce qu’on peut pour soutenir les enseignants et les directions pour maximiser cet effet enseignant (voir captures d’écran partagées sur Twitter). C’est donc dire que la responsabilité est partagée. Partagée dans le sens que c’est maintenant un choix individuel que font les gens qui décident d’attendre d’être formés par leur employeur. Dans ce cas, des limites sont imposées par le temps, le budget, les ressources humaines… Dans le contexte actuel, il faut apprécier tout ce que le numérique rend possible. Les possibilités sont impressionnantes. Pour l’employé, la question n’est pas tant «Qui est responsable de ma croissance professionnelle?» – c’est une responsabilité partagée – mais bien «Quelles possibilités de développement professionnel sont à ma portée, où je veux, quand je veux et gratuitement?!». L’autoformation, c’est une forme d’empowerment du personnel. C’est prendre activement la responsabilité de son devenir professionnel. Ça, c’est extrêmement motivant.

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8 décembre – conférence d’ouverture de George Couros

De son côté, George Couros a ouvert la journée du 8 décembre avec sa conférence The Innovator’s Mindset, inspirée du livre éponyme, où il présente les 8 caractéristiques de la mentalité de l’innovateur (traduction libre). À la fois humoristique, informatif, émotif et inspirant, George Couros n’a laissé personne indifférent face aux possibilités que nous offrent les technologies d’aujourd’hui. Un message qui m’a frappé est celui-ci : «La technologie ne remplacera jamais les grands enseignants, mais, entre leurs mains, elle peut être transformationnelle.» Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par George Couros.img_6127

La ressource est maître? ou Le maître est la ressource!

Je me dis que la technologie, c’est une ressource. Une ressource indispensable, qui peut être transformationnelle, mais une ressource. Quand on analyse le fond du message des 2 conférenciers, on parle de compétence, d’innovation, de relations… On parle d’abord des gens, des personnes, ensuite des ressources. Autrefois, la ressource était maître dans la salle de classe de la «bonne réponse». Désormais, avec le développement des compétences des élèves, c’est le maître, la personne,  qui est la ressource la plus importante dans la salle de classe des 6C (voir p. 56). Toutes les ressources matérielles et numériques sont des outils au service de l’effet enseignant. D’ailleurs, on n’a qu’à penser aux enseignants qui innovent avec des idées comme le projet 20%, par exemple. Il n’y a pas de manuel pour ça. Ces enseignants savent quelle ressource matérielle ou numérique utiliser en temps opportun. Le maître est la ressource. C’est donc dire que ce sont des personnes qui transforment l’éducation. Des personnes en croissance continue.capture-decran-2016-12-12-a-12-47-43

Enfin, je retiens plusieurs choses de nos 2 conférenciers à Tac2016. Et un message puissant que je retiens, c’est que l’enseignant est la source principale de l’innovation en éducation. Heureusement, certains ont l’occasion d’être accompagnés ou de recevoir de la formation. Mais tous ont la possibilité de prendre en charge leur propre développement professionnel par le biais de l’autoformation. Nul ne peut développer les 6C de ses élèves s’il ne les a pas.

Et vous? Qui est derrière le volant de votre croissance professionnelle?

#CroissanceProfessionnelleContinue #Formation #Accompagnement #Autoformation

Merci de vos commentaires!

Trois questions… une réponse?!

Les gens me demandent souvent comment un leader peut faire cheminer son personnel. Vous comprendrez que derrière «cheminer» se trouve l’idée de changement, d’amélioration continue voire d’innovation. Dans The Innovator’s Mindset, George Couros propose aux leaders de ne pas essayer d’amener en masse tout un personnel mais bien chaque individu, chaque membre du personnel, de son point A à son point B. On parle ici de la personnalisation de notre leadership et de notre appui. Pour ce faire, il faut connaître son monde et être en mesure de les influencer positivement, d’ajouter de la valeur à qui ils sont.

Le mindset du leader

Les leaders qui ont le plus d’impact adoptent une approche service et comprennent que leur rôle est d’ajouter de la valeur aux gens qui les entourent. C’est un mindset, une disposition à être au service de. Pourquoi? Parce que le leadership, c’est l’influence. Rien de plus, rien de moins. Et on ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi. C’est pourquoi les leaders doivent entrer intentionnellement en relation avec les gens qu’ils servent afin d’ajouter de la valeur à qui ces gens sont. Les leaders cherchent aussi à croître continuellement. Ils savent qu’on ne peut pas ajouter de la valeur aux autres si on n’a rien à offrir. Les leaders d’impact sont donc des apprenants à vie.

On ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi.

Le leader intentionnel

John C. Maxwell affirme que tous img_6132les leaders communiquent, mais peu entrent en relation avec les gens qu’ils servent. La raison est fort simple. Entrer en relation, c’est demandant. Aller à la rencontre des gens, les rejoindre là où ils sont, faire preuve d’empathie, ça demande de l’énergie, de l’effort. Il faut être intentionnel pour y arriver. Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs leaders, formels et informels. Je peux affirmer avec confiance que ceux qui ont pris le temps d’entrer en relation avec moi ont eu un impact positif sur ma carrière. Je les en remercie.

Un leader peut répondre «oui» à ces trois questions

Un bon point de départ pour tout leader est de voir s’il peut répondre «oui» aux trois questions suivantes, et ce, pour chaque personne dont il est le leader. Ce sont les questions que les gens se posent avant de donner à leur leader la permission d’être leur leader, la permission de passer au niveau 2 de leadership. J’explique les 5 niveaux de leadership dans ce billet.

1- Est-ce que je compte pour toi?

Les gens ont besoin de sentir qu’ils sont importants, au-delà du travail qu’ils accomplissent au quotidien. Le leader cherche à connaître son monde, à connaître leurs aspirations. Quand on aide les gens à obtenir ce qu’ils veulent, professionnellement, ils nous aident à obtenir ce qu’on veut par la suite.

2- Peux-tu m’aider?

Cette question invite le leader à aller au-delà du simple fait d’être au service de. Remarquez l’utilisation du verbe Pouvoir et non Vouloir dans la question. Ici, il est question de compétence. Est-ce que les gens respectent votre compétence? Vous voient-ils comme un modèle, comme leader pédagogique, comme guide? Ici, on ne veut certainement pas être vu comme un agent de voyage, qui envoie des gens là où il n’est jamais allé. Le leader d’aujourd’hui EST un apprenant à vie. Le leader reproduit qui il est, pas qui il souhaite reproduire. Les bottines doivent donc suivre les babines.

3- Est-ce que je peux te faire confiance?

Cette question invite le leader à la constance, fait appel à son caractère, à son système de valeurs. Les gens ont besoin d’être capables d’anticiper et de comprendre les actions et les réactions de leur leader. Le leader d’aujourd’hui cherche à éliminer l’écart qu’il peut parfois y avoir entre ses paroles et ses gestes. Le leadership s’assoit sur le pilier qu’est la confiance. Le leader qui n’a pas la confiance des gens n’est tout simplement pas le leader de ces gens. Il n’a que le titre. Et quand le leader n’a qu’un titre, il a le minimum d’effort des gens et, par ricochet, le minimum d’influence sur son école.

Faites l’exercice

Que vous soyez direction d’école, responsable de dossier, responsable de secteur, enseignant en salle de classe, je vous invite à faire l’exercice. Pour chaque personne dans votre école (direction), dans votre secteur (RDD), dans votre classe (Enseignant), essayez de déterminer si la réponse à ces trois questions est «oui». Pour influencer les gens, il faut «oui» aux trois questions. Les gens ne suivent pas un leader s’ils ne se sentent pas importants, si le leader manque de compétence ou s’ils ne peuvent pas avoir confiance en lui. Vous remarquerez sans doute que plus on monte, plus on a de personnes à servir! D’où l’importance du leadership partagé, du travail d’équipe!

Passez à l’action!

Suite à cet exercice, il suffit de cibler des actions concrètes et d’être un leader intentionnel au quotidien. Ces actions impliqueront certainement l’écoute, l’observation et l’apprentissage au sujet des gens dont vous êtes le leader. On surestime souvent ce qu’on peut faire en une seule journée et on sous-estime ce qu’on peut accomplir au fil du temps. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire beaucoup un jour. C’est la puissance du quotidien.

Enfin, à la lecture des idées qui précèdent, il est assez facile de comprendre que le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action!

Le leadership intentionnel, c’est ce qui permet de répondre «oui» aux trois questions.

C’est ce qui fait cheminer un personnel!

Merci de vos commentaires!

 

 

Sept leçons de leadership tirées du tout 1er Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine

Quand j’ai mis les pieds pour la première fois à l’Académie Lafontaine samedi dernier, j’ai tout de suite senti que j’allais vivre un week-end hors du commun. L’agora avait été aménagée avec des chaises, des fauteuils, des divans, des vélos stationnaires, des tables de bistro, le tout aménagé autour du point central qui serait occupé par les animateurs et les conférenciers… Environnement flexible et accueillant vous dites? img_1648Il y a aussi le fait que c’était le tout premier sommet exclusivement francophone au monde. Chose certaine, c’était très plaisant de côtoyer des collègues francophones d’un peu partout et de vivre un événement par et pour des francophones. J’étais aussi  bien heureux de voir à quel point les élèves étaient au coeur du Sommet avec @Equipedui , une équipe d’élèves qui appuyaient au niveau de la technique. Autre coup de coeur, Élizabeth, une élève de secondaire 4, a ouvert la conférence du samedi matin en livrant tout un message au nom des élèves. J’avais aussi l’occasion de livrer ma toute première conférence d’ouverture le dimanche matin. Une conférence portant sur la puissance du leadership pédagogique.  capture-decran-2016-11-20-a-23-14-19

Bref, un week-end d’apprentissage bien spécial, d’autant plus que j’étais entouré de mes collègues dont plusieurs avec qui j’échange habituellement en ligne via Twitter.

Après une semaine de réflexion, je vous partage 7 leçons de leadership tirées du tout premier Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine.

1. Tous les enseignants ont quelque chose d’unique à offrir.

Quelques minutes avant ma conférence d’ouverture, je discutais avec un collègue et il me disait que nous recevons rarement du renforcement positif de nos collègues ou de nos superviseurs dans nos écoles. Tout le monde a tellement de choses à régler au quotidien… Nous passons une bonne partie de notre temps à chercher ce qui ne va pas pour pouvoir le corriger. Pas facile de mettre l’accent sur ce qui va bien dans un tel contexte. C’est pourquoi nous avons besoin de mettre des choses en place pour nous assurer de souligner nos bons coups, nos talents, nos forces. Tout le monde a des forces, des talents, des qualités. Dès le début de ma conférence, j’ai posé la question suivante aux participants : «Si on demandait à un de vos proches, quelles sont vos forces, vos qualités?» Voici les réponses obtenues via Answer Garden.capture-decran-2016-11-20-a-21-13-01

Que de potentiel! N’est-ce pas? C’est important d’être conscient de ce qu’on a à offrir si on veut bien l’offrir et le faire intentionnellement. En regardant ce nuage de forces, de talents, de qualités, je me pose deux questions.

  • Est-ce que ces forces sont utilisées à leur plein potentiel en salle de classe?
  • Si on faisait le même exercice avec les élèves, comment leurs forces pourraient-elles êtres mises au service de l’apprentissage de tous en salle de classe?

Quoi qu’il en soit, chaque enseignant a quelque chose d’unique à offrir à ses élèves au fil de sa carrière. Et je crois fermement que nous ne sommes pas remplaçables (à partir du 2e niveau de leadership de John C. Maxwell). Misons sur notre unicité et sur l’unicité des élèves pour personnaliser notre enseignement.

2. Réfléchir à sa pratique, ça fait du bien.

Tout le week-end, les participants ont eu la chance de réfléchir à leur pratique grâce aux excellents ateliers offerts et grâce aussi aux différentes idées présentées par les conférenciers. La jeune Élizabeth nous a rappelé que les élèves veulent se réaliser à l’école. Que ce qui se passe en salle de classe, c’est important. @LiseGaluga nous a rappelé de cibler les choses qui sont dans notre zone d’influence et dans notre zone de contrôle afin de garder un sentiment d’efficacité personnelle élevé. Faire tout ce qu’on peut, maintenant, avec ce qu’on a. La situation idéale n’existe pas. De mon côté, j’ai amené les participants à réfléchir à l’enseignement par le biais de l’histoire de Juliette, ma plus jeune fille, lorsqu’elle a appris à faire du vélo. Les participants ont aussi réfléchi à la place de l’humain dans notre profession, à l’innovation à l’intérieur de la boîte, au leadership ainsi qu’au rôle de la technologie dans tout ça. Vous pouvez lire les commentaires et les réflexions des participants pendant ma conférence dans ce storifycapture-decran-2016-11-20-a-21-33-56

3. Parler de sa pratique avec des collègues, c’est passionnant!

Réfléchir à sa pratique, c’est bien. En parler avec ses collègues, c’est mieux! Sérieusement. Je ne sais pas combien de participants m’ont dit à quel point ils appréciaient avoir la chance de parler de leur pratique, d’échanger des idées, des trucs et astuces etc. Une chose inattendue lorsqu’on jase avec des collègues, c’est qu’on repart souvent rassurés. On se rend compte que nos collègues vivent les mêmes défis que nous. Ça normalise. À la lecture de plusieurs tweets, je me rends compte que le côté humain, les émotions, les relations sont très importantes pour la majorité des gens. Je crois que c’est le côté que nous n’abordons pas assez souvent entre collègues. Comment entrer en relation avec les élèves? Comment s’établir comme leader dans sa classe? Dans son école? Pour vraiment s’aider entre collègues, je crois qu’il faut se parler davantage des relations. En m’appuyant sur mon vécu, voici quelques éléments qui peuvent aider à entrer en relation avec les élèves.

  • Croire que les élèves sont importants
  • Écouter ce qu’ils disent, les mots qu’ils choisissent (que disent-ils vraiment?)
  • Observer comment ils agissent et réagissent (trouver la fonction du comportement)
  • Identifier les besoins réels des élèves
  • Ajouter de la valeur aux élèves
  • Choisir des stratégies aujourd’hui qui vont permettre à l’élève de continuer d’apprendre demain avec moi (les élèves n’apprennent pas des profs qu’ils n’aiment pas)
  • Être authentique, être soi-même, être constant, être l’adulte – toujours!

4. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir.

Ce qui m’a frappé c’est à quel point, dans un contexte d’apprentissage informel (tout le monde était là par choix), tout le monde se soutient, s’encourage, cherche le meilleur dans ce que l’autre présente. En effet, toutes les personnes qui offraient des ateliers se soutenaient les uns les autres, s’encourageaient. C’était tellement beau à voir. Entre professionnels, nous reconnaissons l’effort requis pour nous préparer, pour donner à nos collègues le meilleur de nous-mêmes, nos meilleures réflexions, nos meilleurs conseils, nos meilleures pratiques. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir. Ceci dit, en m’appuyant sur mon vécu, je crois que la capacité à entrer en relation avec les élèves, la capacité à s’établir comme leader dans sa classe est le facteur déterminant pour tout enseignant. Et je ne parle pas de résultats scolaires. Pour être heureux, comme enseignant, pour sentir qu’on réussit au quotidien, on a besoin de sentir qu’on peut entrer en relation avec les élèves, qu’on est respecté. C’est la base. C’est aussi un sujet délicat. C’est pourquoi j’en parle ouvertement dans ma conférence. C’est pourquoi, comme jeune enseignant, j’ai commencé très rapidement à accueillir des stagiaires dans ma classe. Je voulais leur partager les quelques stratégies qui avaient sauvé ma carrière et qui me permettaient de continuer à cheminer en tant que jeune professionnel. Je voulais voir mes collègues réussir là où j’avais échoué à mes débuts. En ce sens, je vous encourage à vous appuyer entre collègues au quotidien. Vous en valez la peine.

5. Le leadership, c’est l’affaire de tous.

Après avoir présenté les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell, tout en faisant des liens explicites à notre profession, j’ai le sentiment que la majorité des gens se voient exercer un leadership pédagogique dans leur rôle actuel. Voici ce que les gens ont répondu lorsque je leur ai demandé : «Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez Leadership?» capture-decran-2016-11-20-a-22-25-52

En regardant le nuage de mots, je me dis que toute personne en éducation peut être …(choisissez votre mot). En tenant compte des commentaires des gens sur Twitter et des commentaires des gens qui sont venus me jaser par la suite, je crois que les gens voient de plus en plus la différence entre les responsabilités associées aux différents titres (enseignant, direction, surintendant…) et notre capacité d’exercer un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien, peu importe notre rôle. Le leadership, c’est l’influence. C’est à mon avis la clé du succès de notre système si on veut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

6. La technologie peut nous aider à faire tout ça!

J’ai rencontré pour la première fois en personne au moins 40 personnes qui sont dans mon réseau sur Twitter. Quel bel exemple de ce qui est rendu possible, grâce à la technologie. Il va sans dire que c’est l’apprentissage de divers outils technologiques qui nous amenaient tous à l’Académie Lafontaine la semaine dernière. Or mon grand constat, c’est que la technologie permet aux humains, aux pédagogues de briller. Avec la technologie, on communique, on crée, on documente, et plus! La technologie peut nous aider à faire tout ça, quand on veut. Que dire de plus?

7. Tout est possible en éducation!

«Tout est possible en éducation lorsqu’on exerce un leadership pédagogique intentionnel et conscient!» C’est avec cette affirmation que j’ai débuté ma conférence. Quand je regarde les talents des collègues avec qui j’ai appris les 12 et 13 novembre derniers, quand je regarde la variété des ateliers, l’expertise, la passion, les gens qui ont donné leur week-end pour investir en eux, je me dis que le potentiel de leadership pédagogique est incroyable. C’est ce que je vois également à titre de Leader pédagogique de l’équipe TacTIC dans les écoles que nous accompagnons. Si on regarde tout ce qu’on a, tout est possible. Mais ce n’est pas facile d’innover à l’intérieur de la boîte. Il faut se donner une façon de demeurer intentionnel et conscient au quotidien. J’ai proposé aux participants la règle des 5, telle que présentée par John Maxwell. L’idée c’est de choisir un objectif clair (son arbre) et de choisir 5 choses à faire quotidiennement (sa hache) qui vous permettront d’atteindre votre objectif (abattre votre arbre) au fil du temps. Plus l’arbre est gros, plus ça prendra de temps. Voici le padlet où les participants ont été invités à partager leurs 5 au quotidien. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire pendant 12 heures un jour!

On surestime ce qu’on peut faire en une journée. On sous-estime ce qu’on peut faire au fil du temps.

Quoi qu’il en soit, ce week-end était vraiment spécial. Une réussite sur toute la ligne. Et tel que prévu, lundi matin est arrivé en même temps que d’habitude. La routine a repris. De retour dans la boîte. J’espère que ces quelques leçons (ou constats) sur le leadership peuvent vous être utiles, peu importe votre rôle.

Tel que mentionné aux participants à la fin de la conférence, je vous laisse avec ma stratégie pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves : 5 + 5!

Les 5 niveaux de leadership + vos 5 au quotidien.

Transformons l’expérience d’apprentissage des élèves! Il faut simplement y croire.

Pour continuer à s’entraider, il y a le #LeadPed. J’espère vous y retrouver au quotidien.

Twitter, c’est du «monde» qui se parlent 🙂

Merci de vos commentaires et bon succès!

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