Êtes-vous prêt à prendre soin de vous? 3 façons d’améliorer les choses pour soi!

On donne

En éducation, on donne. Du temps, de l’effort, de l’énergie, de l’amour, des stratégies, des notes, des concepts, des idées… On donne beaucoup de soi-même aussi. Quand on s’arrête pour y penser, on se rend compte à quel point on en accompli des choses dans une journée, une semaine, un semestre. Hein? Pensez à tout ce qui va mieux dans votre école, parce que vous étiez là, à l’intersection principale, lundi à la pause du matin quand… ou parce que tel et tel élève se sont réconciliés… ou parce que vous avez décidé de repousser l’évaluation de 2 jours… ou parce que vous avez accepté de rencontrer votre collègue à l’heure du lunch : il avait besoin d’être écouté. Pensez-y.

Ça fait partie de la «game»

Ça fait partie de la «game», comme on dit. Mais il ne faut pas oublier l’importance et la valeur de tout ce qu’on fait et qui demeure invisible pour la plupart des gens. Les choses qui ne sont pas assez «big» pour être soulignées en rencontre, mais qui font toute la différence dans nos belles écoles. On donne beaucoup de soi en éducation. C’est le mandat. On se pose la question : « Je me demande comment je pourrais bien améliorer…». Pour les autres. Mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas.

Mais il ne faut pas s’oublier

Avec l’élan et la passion que nous donne notre belle vocation, il ne faut pas s’oublier. Il faut prendre du temps pour soi. Prendre soin de soi, c’est bon pour soi. C’est bon pour les autres aussi.

3 façons d’améliorer les choses pour soi

Voici donc 3 façons qui peuvent nous aider à améliorer les choses, pour nous d’abord, et par ricochet pour les autres. Ce sont des conseils que j’ai reçus au fil de ma carrière.

1- Prendre le temps de réfléchir et de planifier : Voir clairement ce qu’on va faire

La première chose qui peut nous aider à améliorer notre qualité de vie en tant que professionnel, c’est de réfléchir à notre réalité. Prendre 30 minutes un samedi matin et réfléchir à notre emploi du temps dans la semaine qui vient de se terminer. Le but, c’est de prendre conscience de notre réalité, d’analyser les options qui s’offrent à nous et de choisir ce que nous ferons intentionnellement la semaine suivante.

Prendre conscience, Analyser, Choisir… et passer à l’action.

Quand doit-on commencer notre semaine? Jim Rohn dirait : « Lorsqu’elle est terminée. » Lorsque vous avez terminé de planifier votre semaine, c’est le temps de la commencer, de passer à l’action. Vous me suivez?

Quand tout est clair avant de commencer, la semaine se déroule très différemment autour de nous. Notre niveau de conscience augmente. On se met à remarquer les gens, élèves ou collègues, qu’on pourrait aider.

Réfléchir et planifier une semaine à la fois, ça change tout. Bien-être.

Voici des exemples de questions qui peuvent nous aider à bien planifier nos semaines.

  • Qu’est-ce que je fais? Pourquoi je le fais?
  • Comment je gère mon temps en classe?
  • Comment je gère mon temps en dehors de la classe?
  • Je pense à quoi? Quelles idées ou questions occupent ma pensée? Pourquoi?
  • Qu’est-ce qui semble fonctionner?
  • Quelles idées, quelles données, quels collègues ont de l’influence sur mes décisions? Pourquoi?
  • Quelles sont mes plus grandes forces en tant que leader pédagogique?
  • Quelles sont mes 4 ou 5 meilleures stratégies pédagogiques? Celles que j’utilise toujours, comme par défaut. Je peux les nommer?
  • Quelles stratégies servent à gérer ma classe et quelles stratégies soutiennent l’apprentissage des élèves?
  • Qu’est-ce que je veux accomplir avec mes groupes? Est-ce clair pour eux?
  • Est-ce que mes groupes progressent?
  • Est-ce que je progresse avec mes groupes?
  • Quels sont mes défis? Qu’est-ce qui m’empêche d’aller plus loin?
  • Que dois-je faire de façon intentionnelle?
  • Que dois-je arrêter de faire de façon intentionnelle?

2- Créer des systèmes et des processus : Voir clairement comment on fait

Au fil de mes lectures, je découvre que les gens qui ont le plus de succès en éducation ou en entreprise sont des gens qui systématisent leur travail. Faire les choses à tel moment de la journée (horaire) d’une certaine façon, systématiquement, intentionnellement. Voici quelques exemples :

  • Lire ses courriels une seule fois. Vous l’ouvrez, vous le traitez.
  • Lire un livre ou regarder une vidéo une seule fois. Prenez des notes en lisant ou en visionnant.
  • Avoir un système pour nommer et pour classer les choses dans Drive.
  • Avoir un système pour garder les bonnes ressources, vidéos, billets etc. Par exemple, un dossier dans vos favoris dans Chrome OU un compte dans Diigo OU un simple Google doc où vous gardez, nommez et classez tout ce que vous trouvez d’intéressant sur le web. Systématiquement.
  • Avoir un système où vous pouvez garder toutes les idées qui peuvent nourrir votre rédaction de billets, votre planification de cours, votre offre de formations…
  • Avoir un système où vous gardez toutes les rétroactions écrites offertes aux élèves, par type de tâche et par cours. Parce que ça sert toujours.
  • Avoir un système où vous gardez les meilleurs exemples des tâches de vos élèves, pour chacun des niveaux de rendement. Un banque de copies types… Pour vos futurs élèves. Pour l’évaluation en tant qu’apprentissage…

Ce ne sont que quelques exemples qui peuvent maximiser notre emploi du temps, au fil du temps. Mais il y a aussi les systèmes et processus que vous créez avec vos élèves. Les routines. Rendre le fonctionnement explicite et systématique avec vos élèves. L’arrivée des élèves, l’objectivation et le départ des élèves, les activités de collaboration en classe, les transitions en classe, les moments où les élèves rendent leur pensée visible en classe, les activités de métacognition, la gestion et l’utilisation des outils numériques, le partage de documents, la documentation pédagogique, la remise de travaux, le blogue de classe,  la gestion et l’utilisation des appareils mobiles, la communication par courriel / dans Classroom, l’agenda de la classe, l’agenda de l’élève etc.

Rendre explicite comment on fonctionne systématiquement en classe et comment et pourquoi les outils numériques seront utilisés ou non.

3- Donner et recevoir en pleine conscience : Sentiment d’accomplissement

En éducation, on donne. Planifier notre horaire une semaine à la fois nous permet de voir clairement ce qu’on veut/peut accomplir. Ça nous donne un plan de match. Les systèmes (gestion et classe) que nous mettons en place nous permettent de voir clairement comment on gère notre quotidien. Les gens, le programme, les idées, les travaux, les ressources… Ce qui nous ramène à, donner. Quand nous réussissons à bien nous acquitter de nos tâches, nous sommes fiers de nous. Quand nous réussissons à donner un peu de nous-mêmes, en pleine conscience,  pour améliorer les choses pour les autres autour de soi, nous avons un sentiment d’accomplissement. Difficile de ne pas aimer notre profession avec de telles émotions.

Ces émotions se planifient et se systématisent. Plus on planifie, plus on systématise, plus on peut donner, plus on peut ressentir les émotions positives qui viennent, systématiquement, avec le don de soi.

Or le don de soi sans planification et sans systèmes peut parfois mener au mode survie.

Ça, c’est à éviter.

Êtes-vous prêt à prendre soin de vous?

Merci de vos commentaires

3 étapes pour un 2018 rempli… d’intentionnalité!

Je vous propose un billet plus «holistique» aujourd’hui 🙂

L’année 2017 tire à sa fin. J’apprécie ce temps de l’année. Entre Noël et le Jour de l’an. Je ne sais pas si c’est comme ça pour vous aussi mais c’est le moment de l’année où je prends naturellement du recul. Je réfléchis à où j’étais à pareille date l’an passé et j’anticipe ce que je ferai de 2018. Je me fixe des objectifs. Dans toutes les sphères de ma vie, pas seulement en tant que leader pédagogique. Pas des résolutions. Des objectifs.

Aujourd’hui, je vous partage les idées qui m’inspirent depuis quelques années et qui m’aident vraiment à progresser. Comme mari, comme père, comme ami, comme frère, comme oncle… comme leader, comme personne. Quand on progresse, on ne progresse pas en silos. Je me suis inspiré de John Maxwell et  de Jim Rohn, entre autres. J’apprécie particulièrement cette citation de Jim Rohn : «If you don’t design your own life plan, chances are you’ll fall into someone else’s plan. And guess what they have planned for you? Not much!» Vous pouvez appliquer ces idées à la partie de vous qui oeuvre en éducation ou à tout ce que vous êtes comme personne. Libre à vous. J’espère que ça vous aidera.

If you don’t design your own life plan, chances are you’ll fall into someone else’s plan. And guess what they have planned for you? Not much! Jim Rohn

3 raisons qui amènent les gens à changer

Dès qu’on parle de progrès, on parle de changement. Au fil de mes lectures en 2017, j’ai appris qu’il y a trois raisons majeures qui amènent les gens à changer.

1- QUAND ILS SOUFFRENT ASSEZ QU’ILS DOIVENT CHANGER.

Parfois, «souffrir» est un bien grand mot et ça ne fait pas nécessairement «mal». C’est juste que ce n’est pas ce qu’on veut pour soi. Il y a des choses qu’on accepte dans notre vie, qu’on tolère, qu’on endure. Consciemment ou non. Ça se change!

2- QUAND ILS APPRENNENT ASSEZ QU’ILS ONT LE GOÛT DE CHANGER.

Quand on ne sait pas quoi faire pour changer quelque chose, on le tolère, on l’endure, on pense qu’il n’y a rien à faire. Ça amène certains à être résignés. La clé pour faire des progrès, c’est l’apprentissage. En éducation, on appelle ça du développement professionnel. C’est la même chose. Ça veut simplement dire qu’on progresse, qu’on augmente notre capacité d’améliorer positivement notre vie et celle des autres qui nous entourent.

3- QUAND ILS REÇOIVENT ASSEZ QU’ILS SONT CAPABLES DE CHANGER.

Mais ce n’est pas si simple que ça. Parfois on en a assez d’une situation, on a appris ce qu’il faut faire pour améliorer les choses et… on ne le fait pas. Ça varie d’une personne à l’autre mais tout le monde a besoin de recevoir du soutien, des encouragements, de la rétroaction, des ressources personnelles… de l’amour.

 Au bout du compte, il faut avoir une raison de changer, il faut savoir comment et il faut avoir du soutien pour y arriver. Afin de vous aider à amorcer votre réflexion pour vos objectifs de 2018, voici quelques questions :

  • Qu’est-ce qui doit changer dans votre vie? Vous vous dites : «Non, ça je n’en veux plus.»
  • Qu’est-ce que vous avez appris? Qu’êtes-vous en train d’apprendre? Que pourriez-vous apprendre qui vous donnerait le goût de changer des choses dans votre vie?
  • Qu’avez-vous reçu? Qu’avez-vous besoin de recevoir? De qui?

2 choix bien simples : changer de comportement ou changer d’attitude

Ce que j’apprends, c’est qu’on a deux choix en ce qui a trait aux choses (résultats ou état des lieux) qu’on apprécie moins ou qu’on voudrait améliorer dans notre vie.

  1. Quand c’est dans notre zone d’influence, on peut toujours changer de comportement. Changer nos habitudes alimentaires, nos pratiques pédagogiques, nos relations, nos priorités, notre emploi du temps, nos décisions financières… Vous me suivez? Quand on n’aime pas les résultats qu’on obtient, on peut changer de comportement.
  2. Quand c’est à l’extérieur de notre zone d’influence, on peut toujours changer d’attitude. Ouf! pas facile celui-là. On ne peut pas changer les autres ou ce qui nous arrive à cause des autres ou à cause de la vie. Parfois, ce n’est réellement pas de notre faute et il se passe des choses qu’on apprécie moins dans notre vie. Une seule solution pour améliorer comment on vit avec ça : changer d’attitude.

3 critères d’objectifs puissants

Les objectifs qu’on se fixe nous affectent. C’est important de savoir ce qu’on veut. C’est aussi très important de viser haut. Voici trois critères à respecter pour que vos objectifs soient puissants :

  1. Ils vous inspirent. Par leur grandeur, par votre façon de les rédiger. L’idée, c’est qu’à la lecture de vos objectifs, vous devez être inspiré.
  2. Vous pouvez y croire. Vous devez viser haut, mais vos objectifs doivent être à votre portée. Il faut être déraisonnable mais réaliste. Par exemple, je ne deviendrai pas astronaute cette année, ni l’an prochain 🙂
  3. Vous pouvez agir pour les atteindre. Vous devez pouvoir poser des gestes concrets pour atteindre vos objectifs. Des gestes concrets, ça se place à l’agenda et au fil du temps, ça devient des habitudes. Des habitudes qui vous permettent d’atteindre vos objectifs.

3 étapes pour établir vos objectifs personnels pour 2018

Voici les 3 étapes que j’utilise pour établir mes objectifs personnels pour 2018. Je n’ai pas encore terminé, mais ça avance 🙂 Plus loin, j’ai intégré un document Google qui peut vous être utile.

1- RÉFLÉCHIR : La première étape c’est de réfléchir. Analyser 2017. D’où je viens. Ce que j’ai fait. Ce que je n’ai pas fait. L’idée ici, ce n’est pas de me critiquer et de me rendre compte que j’aurais tellement pu en faire plus. Non. L’idée, c’est d’apprendre à mieux me connaître. Qu’est-ce que j’ai bien fait en 2017? Où sont mes réussites? Qu’est-ce qui m’a aidé à réussir? Est-ce que mon emploi du temps reflète les priorités et les objectifs que je m’étais fixés? Pourquoi? Ensuite, je prends conscience d’où je suis. Présentement. Et je dois décider ce que je veux. Qu’est-ce que je veux accomplir/devenir en 2018? Finalement, la réflexion se fait aussi tout le long de l’année. En 2017, je me suis créé un formulaire Google où j’ai indiqué mon mot thème et mes grands objectifs. C’est important de documenter ce qu’on fait, ce qu’on ne fait pas, de comprendre pourquoi, de s’ajuster. Pendant les 4 premiers mois (janvier à avril), je remplissais ce formulaire à tous les soirs avant de me coucher ou tôt le lendemain matin. On garde des traces, on réfléchit. Je relis aujourd’hui ce que j’ai écrit… J’apprends.

2- ÉTABLIR DES OBJECTIFS : Ça, c’est la partie difficile. Les objectifs, il faut les travailler. J’écris tous les objectifs, les rêves qui me passent par la tête. Il n’y a pas de mauvaises idées ici. Quantité. J’en mets le plus possible. Je vous encourage à répéter cet exercice une fois par jour pendant 5 à 10 jours. Chaque jour, vous recommencez sans regarder les idées de la veille. Après 5 à 10 jours, des idées vont se démarquer, des thèmes vont ressortir. À partir de là, je regroupe les objectifs par thèmes (p. ex., famille, relations, couple, choses, bien-être, leadership, développement personnel/professionnel, activités, long terme, court terme, finances, voyages…) L’an passé, j’ai appliqué la méthode de John Maxwell et j’ai choisi un mot thème pour l’année (action) et j’ai choisi 4 grands objectifs (famille, relations, leadership, bien-être). Je fais la même chose cette année en m’assurant que mes objectifs soient SMART. On le fait dans les écoles, on le fait en affaires… ça s’applique à notre vie personnelle aussi. Je vous rappelle rapidement ce que SMART représente :

S → Spécifique : Les objectifs clairs et spécifiques sont plus faciles à atteindre.

M → Mesurable : Les objectifs doivent être mesurables.

A → Atteignable : Les objectifs doivent être atteignables.

R → Réaliste/Résultats : Les objectifs doivent être réalistes et axés sur des résultats.

T → Temps : Les objectifs doivent être placés dans le temps.

3- PLACER DES ACTIVITÉS À L’AGENDA : On dit souvent que tout ce qui se mesure est réalisable. Tout ce qui est à l’agenda s’accomplit. Pas sur une «TO-DO list». À l’agenda. Je veux prendre le temps de réfléchir? Je veux lire un livre par mois? Je veux écrire un billet de blogue par semaine? Je veux passer du temps avec mes enfants? Je veux améliorer mes pratiques en leadership? Je veux un mode de vie actif et sain? Ok. Quelle date, quel jour, quelle heure, quelle fréquence, quel moment de la journée? Cette activité exige d’examiner notre emploi du temps. Nos tendances. Tout le monde a 24 heures. Tous les cours durent, 50, 60, 75 minutes. Les résultats varient, eux. C’est ce qu’on fait de notre temps qui compte, qui doit être examiné et compris.

Alors, quelle histoire avez-vous le goût d’écrire en 2018? Si vous n’écrivez pas votre histoire, vous allez quand même la lire à pareille date l’an prochain.

En éducation, on change des vies. Mais il faut aussi s’occuper de la nôtre 🙂

Je vous souhaite une superbe année 2018. Une année remplie de joie, de croissance, de progrès, de santé… et d’intentionnalité.

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Vous n’avez pas assez de mauvaises idées

Salutations à mes collègues de l’Association des écoles privées de l’Estrie. Ce billet est spécialement pour vous, tel que promis. Bon succès dans vos prochaines étapes!

Des barrières et des recettes

À première vue, les barrières à l’innovation dans nos écoles paraissent immuables parfois. Le temps, les exigences du système, les évaluations, le leadership, le travail d’équipe, l’infrastructure. Or l’école repensée, elle se vit au quotidien dans plusieurs écoles, dans plusieurs salles de classe. Comment cela se peut-il? Comment arriver à personnaliser l’éducation, développer les compétences de nos élèves tout en répondant aux exigences du système? J’apprécie les questions qui commencent par «comment». Ça sous-entend que c’est possible, qu’on cherche une façon d’y arriver, de faire autrement. Pour faire autrement, il faut voir les choses autrement. Un des grands défis en éducation, c’est que nous sommes tous issus d’un système qui valorisait la bonne réponse. Nous avons réussi dans ce système et nous sommes habitués d’avoir la bonne réponse. C’est donc très normal de demander «comment faire xyz», de demander la recette de quelqu’un d’autre. On veut réussir du premier coup. Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. Il n’y a pas UNE recette, il y a des recettes. La meilleure? La vôtre, celle que vous allez créer, peaufiner, expérimenter avec les apprenants qui sont devant vous. Quand suffisamment de gens auront trouvé des façons d’innover à l’intérieur de la boîte, le système pourra redéfinir les paramètres de la boîte. L’école repensée ne viendra pas de la boîte à mon avis. Elle viendra de nous. C’est tellement stimulant. Pensez-y.

Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. @bourmu

Des questions qui commencent par «Comment»

Suite à ma conférence de vendredi, j’avais le privilège d’animer une session de réflexion portant sur le leadership pédagogique. La session de réflexion a débuté… avec une réflexion. Quelles idées avez-vous en tête? Comment vos élèves en profiteront-ils? Quelle question aimeriez-vous qu’on aborde ensemble pendant l’après-conférence? Nos questions sont comme un trousseau de clés. Plus nos questions sont intéressantes, plus elles ouvrent des portes intéressantes. Voici 30 questions, très intéressantes «comment», proposées par les participantes et participants :

  1. Comment penser autrement la structure?
  2. On fait comment pour aider 33 élèves à pédaler en même temps?
  3. Comment bien exploiter les technologies sans appareils électroniques fournis par l’école pour tous les élèves?
  4. Comment arrimer cette belle théorie avec la réalité des contraintes des écoles?
  5. Comment mettre à profit les élèves avec qui nous avons déjà une excellente relation pour aider à améliorer nos relations avec les autre élèves pour qui c’est moins évident?
  6. Comment intégrer le 20% dans la boîte d un programme d’un cours?
  7. Comment valider ces choix pédagogiques (absence de notes avant les bulletins) auprès des parents (qui sont tellement axés sur les résultats)?
  8. Comment changer les évaluations en gardant les bulletins aux dates fixes?
  9. Comment peut-on laisser les enfants apprendre à leur rythme tout en répondant aux critères du Ministère?
  10. Comment articuler concrètement le leadership en classe auprès de nos élèves? Des outils réels et concrets dans les matières différentes svp…
  11. Comment équilibrer leadership et autorité?
  12. Comment faire pour qu’il y est une balance dans la vie des élèves versus les appareils technologiques … un réseau social plus qu’un outil technologique?
  13. Comment exercer un bon leadership quand je vis une situation de crise avec un élève?
  14. Comment équilibrer leadership et autorité?
  15. Comment peut-on réalistement implanter ce type de pédagogie en ayant un cadre administratif si contraignant? Les étapes très courtes, les notes obligatoires dans les différentes compétences, etc.
  16. Comment pouvons-nous créer des projets significatifs en ayant des notes à récolter afin d’être conformes aux exigences du ministère?
  17. Mon questionnement toujours arrimer les exigences du programme et les projets et les passions des élèves…
  18. Comment intégrer le leadership dans un cadre peu flexible sur lequel nous avons aucun contrôle (liberté)?
  19. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  20. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  21. Comment faire des évaluations « non fixes » mais équitables?
  22. Comment créer (aussi) cet esprit de leadership en département?
  23. Quelles activités puis-je faire avec mes élèves pour améliorer leur leadership?
  24. Comment peut-on réussir concrètement à bâtir une relation solide et propulser CHACUN des élèves dans leur potentiel en les voyant seulement une heure par jour ou moins?
  25. Comment faire, concrètement, pour maintenir cette vision plus souple dans une structure globale rigide qui impose un programme,  des communications de résultats constantes et des épreuves uniformes? Quoi prioriser?
  26. Comment faire en sorte que les élèves apprennent à leur rythme tout en respectant le contenu du programme sans tomber dans l’enseignement individuel.
  27. Comment initier un changement auprès des collègues?
  28. Évaluation au moment où l’élève est prêt… est-ce réaliste?
  29. Considérant qu’il est important d’avoir plusieurs manifestations des élèves de leurs compétences mobilisées en évaluation, comment faire pour optimiser les évaluations pour permettre aux élèves de démontrer leurs compétences, sans les surcharger ou les stresser ?
  30. Comment peut-on faire des évaluations aux moments où l’élève est prêt tout en faisant des évaluations équitables?

4 concepts-clés

Je ne peux pas faire le tour de chacune des questions. Mais derrière le concept du leadership pédagogique se trouve l’idée que nous sommes tous appelés à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage.  Devenir. Il n’y a pas de ligne d’arrivée ici. Qui dit concepteur, dit essai-erreur. On est loin des recettes ici. Tout part de soi. En acceptant l’invitation de devenir un leader pédagogique, on accepte aussi l’idée que nous sommes les seuls responsables de ce qui est possible ou non dans notre salle de classe (la boîte). Le pouvoir d’action est là. Les excuses doivent rester à la porte ici je crois. Et je crois également au message de George Bernard Shaw.

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Je vous propose donc quatre concepts-clés qui peuvent soutenir les expériences d’apprentissage que vous allez créer avec et pour vos élèves.

QUELLES SONT LES 10 PIRES IDÉES AUXQUELLES VOUS POUVEZ PENSER?

Une bonne façon d’aborder la conception d’expériences d’apprentissage, c’est d’anticiper que tout ne sera pas parfait du premier coup. On peut même partir de l’imperfection pour en arriver à des idées qui ont de la valeur. Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? Je suis certain que si vous essayez de trouver 10 mauvaises idées pour chacune des 30 questions énumérées plus haut, vous tomberez sur d’excellentes idées éventuellement. L’avantage ici, c’est que ce processus vous libère l’esprit de la nécessité de trouver la bonne idée avant de commencer. Idéalement, je vous suggère de vivre ce processus en équipe. Et comme le dit si bien Sir Ken Robinson : « If you are not prepared to be wrong, you’ll never come up with anything original.» La partie facile, c’est de générer des idées. Ensuite, il faut aller les tester. Un bloc de 20 minutes, une leçon, une semaine, un projet, une unité, un cours, un programme. À vous de choisir. Ce sera un processus d’essai-erreur.

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Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? @bourmu

DES ESPACES D’APPRENTISSAGE FLEXIBLES

Il est beaucoup question des espaces d’apprentissage depuis un certain temps. Je n’irai pas dans le détail ici mais je posais la question suivante aux membres du panel de discussion dans le cadre de TELL2017 en août dernier. La transformation des espaces physiques et numériques mène-t-elle nécessairement à la transformation de la pédagogie? Au-delà des salles de classe à la Pinterest, je crois que l’espace d’apprentissage le plus important, c’est le cerveau du concepteur et celui de l’apprenant. La flexibilité commence là à mon avis. L’espace physique et les espaces numériques doivent être alignés avec les intentions pédagogiques (connaissances, compétences globales) et créer les conditions dans lesquelles nous apprenons tous aujourd’hui. Tout espace peut devenir un espace d’apprentissage innovant et stimulant. Pensez-y

METTRE LES FORCES ET INTÉRÊTS DES ÉLÈVES AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE 

L’école repensée ne se fait pas seul depuis le devant de la classe. C’est un peu comme recevoir la famille dans le temps des Fêtes et vouloir tout faire et préparer le repas soi-même. Combien plus efficace (et moins stressant!) est-ce quand tout le monde se mobilise. Un prépare la tourtière, l’autre une salade, un autre prépare les patates pilées, un autre, la dinde… Notre repas. Pour que la classe devienne notre classe, il faut impliquer les élèves, apprendre à les connaître, les amener à se connaître, les amener à développer leur capacité à apprendre de façon autonome, stimuler leur curiosité naturelle, les mettre au défi… À quoi ressemble un cours qui permet ça? On commence comment? Il faut vouloir les amener plus loin que la fin du cours, comme le disait si bien Stéphane Laporte dans «Si les profs pouvaient». Il faut lâcher prise, cesser de vouloir tout contrôler. Pour que l’école change, il faut qu’on change comment on fait l’école. Nos façons de faire présentement ont des limites parce que les adultes travaillent trop souvent plus fort que les élèves. Et ce n’est pas une question d’engagement. C’est ce qu’on leur demande. Les élèves peuvent tellement nous en donner plus. Plus d’eux-mêmes, plus d’originalité, plus de questions… pas plus d’obéissance cependant. Faisons-leur de la place pour voir…

PERSONNALISER ET DIFFÉRENCIER

À l’impossible nul n’est tenu. Les exigences du système sont bien réelles. Mais il y a une marge de manoeuvre. Je le vois chaque fois que je suis dans une école. Je réfléchis beaucoup à ce que peut signifier la différenciation et la personnalisation. Est-ce que ça veut dire la même chose? Est-ce qu’il y a des nuances? Voici comment je distingue les deux (ébauche).

Différenciation : on parle de différenciation lorsque le point de départ est le programme et qu’on ajuste le contenu, le produit ou le processus en fonction de l’apprenant qui est devant nous.

Personnalisation : On parle de personnalisation lorsque le point de départ est une force, une passion, un intérêt de l’apprenant (p. ex., projet 20%, robotique, fabrique…) et qu’on trouve où est le programme dans ce que l’apprenant réalise.

Quelle que soit l’idée qui vous allume et que vous souhaitez mettre en oeuvre dans votre classe ou votre école, donnez-vous la permission de ne pas réussir du premier coup.

La seule personne que vous pouvez changer, c’est vous. Si vous voulez voir vos collègues changer, modelez ce changement. C’est tout ce que vous pouvez faire.

Restez dans votre zone d’influence mais sortez de votre zone de confort.

L’école repensée, elle est en vous.

On se met à énumérer des mauvaises idées pour voir?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

La transformation, ça commence EN vous!

La transformation de l’expérience d’apprentissage, repenser l’école, sont les sujets de l’heure. On en parle partout. Au fil des discussions, on finit toujours par parler de la zone de confort des gens. Après tout, transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève, repenser l’école, ça sous-entend un changement dans nos pratiques. L’inférence à faire ici, c’est que ça implique que tous sortent de leur zone de confort, que tous soient en croissance. Les élèves, les parents, les enseignants, les directions, les superviseurs systémiques, la société. Tout le monde.

La loi de l’élastique

En tant que coach en leadership, je suis appelé à enseigner Les 15 lois inestimables de la croissance de John C. Maxwell afin d’aider les gens à atteindre leur plein potentiel. La loi de l’élastique ne laisse personne indifférent puisqu’elle adresse de plein fouet la zone de confort. Elle va comme suit : «Votre croissance cesse lorsque vous diminuez la tension entre ce que vous êtes et ce que vous pourriez devenir.» Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de vivre pleinement sa vie et d’atteindre son plein potentiel, ça se passe à l’extérieur de sa zone de confort.

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La zone de confort nous coûte cher

La zone de confort, c’est le pilote automatique, c’est l’habitude, l’inconscience, c’est peu d’émotions, positives ou négatives. C’est le statut quo. La zone de confort, c’est ordinaire. C’est la roue qui tourne. C’est moyen. C’est être dans la moyenne. Quand vous allez au resto le vendredi soir, souhaitez-vous trouver un resto moyen, avec de la nourriture moyenne, un serveur moyen, une ambiance moyenne, avec de la compagnie moyenne. Quoi de mieux qu’un bon vendredi soir moyen! Bien sûr que non! Et je ne connais personne qui soit devenu enseignant pour être ordinaire. Ce qu’on ne nous dit pas toujours, c’est que sans plan précis, sans objectifs clairs, on devient inconscient, on devient ordinaire et les résultats dans notre vie en général sont ordinaires. L’inconscience, la zone de confort, nous coûte cher. Parce que quand on devient ordinaire, notre profession devient ordinaire. Notre quotidien devient ordinaire. Notre motivation, notre curiosité, notre désir d’apprendre… tout devient ordinaire. Bof! (soupir…) Mais c’est confortable sur le plan affectif, dans le moment présent. Danger.

Sortir de sa zone de confort

Sortir de sa zone de confort, c’est tout le contraire. C’est la conscience. La conscience qu’il y a mieux. Qu’on peut faire être mieux! Lorsqu’on devient conscient qu’en devenant plus que ce que nous sommes, on peut obtenir plus que ce que nous avons, tout bascule. On se fixe des objectifs. Les objectifs ont un rôle bien particulier lorsqu’il est question de croissance personnelle.

  1. Nos objectifs nous permettent d’être intentionnels. La croissance n’arrive pas par hasard.
  2. Nos objectifs nous incitent à devenir la personne que nous devons être pour les atteindre. Pensez-y.

Présentement, le monde de l’éducation a pour objectif de transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants. C’est notre incitatif collectif pour devenir (les personnes et le système) ce que nous devons devenir pour y arriver. La transformation de l’expérience d’apprentissage, ça commence EN nous. À l’intérieur de chacun de nous. Ça commence avec la prise de conscience qu’il y a mieux pour nous et pour les apprenants. Et que ce MIEUX se trouve à l’extérieur de notre zone de confort, quelle qu’elle soit pour vous.

Tous les acteurs dans le système doivent devenir confortablement inconfortables pour que collectivement, nous devenions ce que nous devons devenir pour permettre à tous les apprenants d’atteindre leur plein potentiel dans un contexte axé sur la performance croissance et où les émotions de tous seront positives. Bien-être, dites-vous?

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Confortablement confortable

La première étape, c’est de reconnaître qu’on est confortablement confortable. Pas de croissance ici. Morne et taciturne, comme une fin d’après-midi de novembre. Ça coûte cher. Ça nous coûte la joie de vivre qui vient avec le dépassement de soi. Il y a des liens importants à faire entre l’estime de soi, le sentiment d’auto-efficacité et la croissance (ou le manque de). Pourquoi changer? Qui sait?…

Inconfortablement confortable

Ensuite vient le moment où on se dit qu’il y a mieux. Qu’on pourrait… Pourquoi pas changer? Et pourquoi pas moi? Prise de conscience! Ça peut être brutal. C’est ici qu’on a l’intention de… Et dès qu’on a l’intention de, les émotions et le discours intérieur s’en mêlent. Rien n’a changé encore, et pourtant, tout a changé. Vous me suivez? Tout se passe en dedans. La raison nous dit qu’il faut sortir de notre zone de confort, mais les émotions nous bloquent. Ouf!!! Le combat. L’intensité et la durée de cette étape varient en fonction des individus. Qui sait pourquoi? Empathie svp. Selon mon expérience, plus on nourrit nos craintes, plus c’est difficile de passer à l’action et plus on souffre. Pour rien. En silence. S’il fallait faire une faute… Croissance, pas perfection.

Inconfortablement inconfortable

Ok go. Là on passe à l’action. On essaie une nouvelle approche, on intègre une nouvelle technologie, on évalue autrement, on donne une voix à l’élève, on conçoit une expérience d’apprentissage… On lâche prise et on s’essaie. On est loin du confort ici. On s’entend. Mais on grandit. Déjà, on grandit. Le dépassement de soi, aussi minuscule soit-il, fait grandir l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité. Si on laisse de côté les émotions, c’est super facile de sortir de sa zone de confort. On le fait. C’est un choix. Ça coûte gratuit. C’est facile, ça. Non? Mais tout ce qui est facile à faire est aussi facile à ne pas faire. C’est là que les objectifs qu’on se fixe deviennent importants. Ils nous permettent de demeurer conscients chaque jour et de passer à l’action. Et c’est tellement inconfortable. Vous avez été ado. Vous savez peut-être que de grandir, physiquement, peut être douloureux. À l’âge adulte, c’est la croissance personnelle qui fait mal, sur le plan du confort. Passer à l’action chaque jour, pour transformer notre pratique, c’est ce qui nous permettra de développer une nouvelle forme de confort. Le confort dans la croissance. Vous sentez les papillons?

Confortablement inconfortable

Pour développer des apprenants à vie, il faut le devenir nous aussi. Et ça, ça veut dire qu’on doit vivre en mode Béta. Il faut devenir confortables à l’idée de toujours vivre avec cette tension (loi de l’élastique) entre où nous sommes et où nous pourrions être. Le monde d’aujourd’hui, il change. C’est comme ça. Et on peut toujours devenir plus. Il n’est jamais trop tard. Ça demande une certaine mentalité, ça demande du caractère et de la discipline, ça demande de la conscience. Et ça génère en nous, des émotions positives et une confiance en soi sans égal. Ça donne du oumf, comme on dit 🙂

Êtes-vous prêts à vivre confortablement à l’extérieur de votre zone de confort?

La croissance et votre plein potentiel vous y attendent.

C’est ce qui est requis de nous tous, si on veut sérieusement repenser l’école.

Transformer l’expérience d’apprentissage, ça commence EN vous! En nous tous.

On commence maintenant?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂

Pourquoi s’en priver?

Des activités pour tous les goûts!

J’ai toujours été fasciné par la multitude d’activités organisées pour les élèves dans nos écoles. Il y en a pour tous les goûts. Mais malgré tous nos efforts, il y a toujours des élèves qui choisissent de s’en priver. Je me suis toujours demandé pourquoi. Pourquoi lors d’activités spéciales ou de sorties éducatives, certains élèves ne se présentent pas? (Ils oublient parfois de faire signer leur feuille aussi…) Ils préfèrent ne pas s’investir ou s’en priver. Ils préfèrent le confort du statut quo, de l’inaction. Ou peut-être n’ont-ils pas de lien significatif avec un adulte ou des élèves dans l’école… En tout cas, ce sont souvent les élèves qui ne sont pas accrochés par l’école qui choisissent de ne pas participer. C’est quand même curieux, d’autant plus que c’est pour accrocher tous nos élèves qu’on organise ces activités. Quand les élèves reviennent de l’activité, ceux qui n’ont pas participé se rendent compte qu’ils ont raté une autre occasion de se faire des amis, de se développer, de vivre une expérience mémorable. Vivre des expériences. C’est pour ça qu’ils viennent à l’école. Pour vivre. Pour grandir. Pour se développer. C’est leur job (jusqu’à 18 ans en Ontario). Pourquoi s’en priver?

Des activités créées pour par nous!

À l’école, ces occasions, ces expériences sont créées pour nous. Quand on devient adulte, on doit les saisir ou les créer nous-mêmes. Le choix de ne pas saisir ou créer une occasion (p. ex., postuler, aller à une formation, se créer un réseau, partir en affaires, avoir des enfants, se marier) c’est la même chose. Quand on choisit de ne pas passer à l’action, ça crée un écart entre ce que nous pourrions devenir et ce que nous choisissons de demeurer. Les raisons qui nous poussent à ne pas agir peuvent être nombreuses. Selon mon expérience, il y en a 3 principales :

  1. Peur d’échouer
  2. Peur de réussir
  3. Peur de ce que les autres vont dire

C’est personnel. Et ça a des conséquences. John Maxwell affirme : « There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. » Pour atteindre nos objectifs personnels, pour se réaliser en tant qu’adulte, il faut agir. La planification à rebours, ça s’applique à notre vie.

There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. John C. Maxwell

Leadership personnel, maturité, responsabilité

Au fil du temps, je me rends compte que le leadership, ce n’est pas juste de la théorie pour mon travail. À un moment donné, on atteint un certain niveau de maturité en tant qu’adulte. L’immaturité, c’est le contraire. C’est quand on blâme les autres et des facteurs externes pour nos résultats. On a une liste de choses qui expliquent pourquoi on n’est donc pas où on voudrait être. Hmmmm. L’immaturité. La maturité ne vient pas avec l’âge, malheureusement. La maturité, c’est quand on accepte la responsabilité des résultats qu’on obtient dans notre vie. Il reste une seule chose sur notre liste : soi. C’est une question de leadership personnel. Qui n’a pas déjà entendu l’expression «Il mène une bonne vie.»? Einstein disait : «Once you stop learning, you start dying.» Mener une bonne vie – vivre – c’est apprendre tous les jours. Vivre. Grandir. Se développer. C’est ça, vivre. Ce n’est pas une job. Chose certaine, la vie se passe à l’extérieur de notre zone de confort. Pourquoi s’en priver?

Une profession en mutation sortie éducative…

Vous me voyez venir? Vous l’avez sans doute remarqué mais notre profession est en mutation. C’est big. Or le contexte actuel, on peut le voir un peu comme une activité éducative qu’on organise avec les élèves. Certains choisissent de ne pas participer pour le moment. Ok. Sauf qu’on ne reviendra pas à la même école. On va ailleurs. Et ce ailleurs n’est pas aussi important que ce qu’on va tous devenir en cours de route. C’est ce qu’on devient qui compte. Et on a besoin de tout notre monde pour réussir. Pour devenir, il faut sortir de notre zone de confort. Empathie. Patience. Respect. Mais il faut embarquer. Il faut vivre des expériences, grandir, se développer. Pourquoi s’en priver?

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L’isolement est un choix.

Dans le contexte actuel, en 2017, l’isolement professionnel est désormais un choix qu’on fait. Un choix passif mais un choix. Et le réseau d’apprentissage personnel (RAP) est une occasion, une expérience dont les bienfaits sont incommensurables pour bon nombre de professionnels en éducation. C’est incroyable à quel point on peut grandir, à quel point on peut vivre des expériences d’apprentissage riches, à quel point on rencontre des collègues passionnés. Incroyable. Je vous invite à visiter ces mots-clics, «pour le fun» : #leadped #défi20prof #eduprof #tacedchat #feep #eduqc #pubpd

Je ne connais personne engagé dans un RAP qui n’en retire pas des bienfaits.

Pourquoi s’en priver?

Partager : un devoir moral?

La semaine dernière, je racontais à des collègues le moment où mon premier mentor avait pris sa retraite. Après 30 ans en salle de classe, cet homme, cet enseignant de français que j’admirais tant prenait sa retraite laissant derrière lui quelques reliures, quelques activités pédagogiques. Je disais à mes collègues : «Imaginez s’il avait blogué toute sa carrière. S’il avait rédigé des billets de blogue pour mettre par écrit son évolution en tant que pédagogue. À quel point notre profession serait-elle enrichie de ce bagage?» Et là, on ne parlait que d’une personne. Mais ce n’était pas possible avant. De nos jours oui. Imaginez si tous les enseignants rédigeaient 5 billets de blogue par année, pour garder des traces de leur évolution en tant que pédagogue, pour enrichir notre profession de leurs expériences! Imaginez. Il y a 5 ans, je disais que tous les enseignants devraient avoir un compte Twitter et se créer un RAP. Aujourd’hui, avec les bienfaits et le pouvoir de la production participative (crowdsourcing), je me demande si ce n’est pas devenu un devoir moral envers notre profession que de partager (informellement) nos réflexions, notre cheminement à nos collègues. Je réfléchis. Il y a de plus en plus de gens dans mon réseau qui ont commencé à bloguer. C’est tellement inspirant! Ça m’aide tellement. Je me dis : «Pourquoi s’en priver?».

Parce que tout le monde a quelque chose à contribuer

Enfin, de plus en plus de gens participent à la sortie éducative qu’est ce virage au numérique, ce virage vers l’école repensée. Pour y arriver, on a besoin de tout notre monde. Trop de nos collègues ne sont pas réseautés présentement. Il faut les inviter, dans le respect, à cette sortie éducative collective.

  1. Ce sera bon pour eux.
  2. Ce sera bon pour la profession.

En effet, chers collègues, nous avons besoin de tout notre monde pour réussir à repenser l’école. Tous nos collègues, technos ou non, ont des choses à nous apprendre, à contribuer. On ne peut pas s’en priver.

Sérieusement, cette sortie éducative, pourquoi s’en priver?

Même pas de feuille à faire signer et ça coûte gratuit 😉

Qui sait ce qu’on va devenir…

 

«Faut pas réinventer la roue!»

Je suis dans le processus d’écrire mon premier livre. J’expliquais à mon épouse que je veux que mon livre soit une ressource pour les gens qui le liront. Un endroit où ils viendront chercher, pas une recette, mais des idées, des pistes de questionnement pour les aider à exercer leur leadership pédagogique. Elle me disait qu’on se fait souvent dire de ne pas réinventer la roue en éducation. Ça m’a amené à me questionner. Par écrit. Je suis certain que vous avez déjà entendu l’expression «Faut pas réinventer la roue!» Vous l’avez peut-être même déjà dite. Depuis un certain temps, je travaille avec des leaders dans les conseils scolaires et dans les écoles. On me demande souvent de partager des stratégies que je vois ailleurs qui permettent d’innover à tous les niveaux du système. Les idées sont nombreuses. Aussi nombreuses qu’il y a de personnes. Mais on doit pouvoir les voir, les créer, les saisir. Faut pas réinventer la roue? Hmmm.

Faire tomber les barrières invisibles une conversation à la fois

Ce que je partage invariablement à mes collègues, c’est la nécessité de voir les choses autrement, de penser autrement pour pouvoir innover. L’innovation en éducation ne viendra pas des ressources pédagogiques existantes ou des processus actuels dans nos écoles. Comme le dit si bien @gcouros, la principale barrière à l’innovation dans nos écoles vient souvent de notre façon de penser, de voir les choses. Donc quand on entend «Faut pas réinventer la roue!», je me dis, est-ce une des barrières invisibles à l’innovation en éducation? Je pense que oui. Quand on ne réinvente pas la roue, on maintient le statut quo. C’est ce qu’on veut? Je pense que non. Bien au contraire. Pour voir les choses autrement, il faut avoir des conversations avec les gens. Ce n’est pas facile. C’est un processus. Mais le résultat est extraordinaire. Comme le dirait John C. Maxwell, la différence entre ordinaire et extraordinaire, c’est ce petit extra. Pour voir et faire tomber les barrières à l’innovation et au leadership pédagogique, il faut avoir des conversations intentionnellement. Une à la fois.

«Don’t wish it were easier. Wish you were better.» Jim Rohn

Retour en arrière

En 2005, Sir Ken Robinson livrait sa superbe conférence « Bring on the Learning Revolution!« . À 5:32, il partage ce message d’Abraham Lincoln, livré le 1er décembre 1862, à Washington D.C. : «The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Nous portons tous des idées, des façons de penser que nous prenons pour acquis. L’idée de réinventer la roue, c’est exactement le type d’idée qu’il faut repenser, qu’il faut questionner. Et remarquez le titre de la conférence de Sir Ken, Learning Revolution et non Teaching Revolution. Une révolution au niveau de l’apprentissage. Hmmm. Pourquoi nous parlait-il d’une révolution au niveau de l’apprentissage? Si l’imprimerie de Gutemberg a révolutionné la diffusion du savoir, le contexte d’aujourd’hui permet de (ce n’est pas automatique) révolutionner l’apprentissage et la façon de développer des personnes de façon exponentielle. Ça m’amène à me questionner.

  1. Comment nous ajustons-nous à notre nouveau rapport au savoir?
  2. Comment l’école s’ajuste-t-elle à ce nouveau rapport au savoir?
  3. À quoi ressemble la révolution de l’apprentissage dans votre école, dans votre salle de classe?
  4. Qui devons-nous devenir pour y arriver?

«The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Abraham Lincoln

SE réinventer!

Le système, c’est du monde. L’innovation dans le système et dans nos écoles viendra des personnes. Des personnes qui oseront se questionner et remettre en question nos idées, nos processus, nos rôles, notre raison d’être. Comme Alex Nevsky le dit si bien dans Les Coloriés, «Il faut tout réinventer. Il faut se réinventer». Quel beau défi! Et «we must rise — with the occasion». Grandir. Croître. Pour se réinventer, il faut devenir autre chose que ce que nous sommes. C’est créatif. Ça doit être fait intentionnellement et en équipe.

«The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Jim Rohn

Créer pour devenir

Je suis tombé sur ce tweet de @nalang1 la semaine dernière. Ça m’a tout de suite frappé. N’est-ce pas qu’au quotidien, on cherche des activités engageantes, que les élèves vont aimer? Chercher des activités. Des ressources. Attendre la formation. Ce sont des idées, des processus, des façons de voir les choses qui viennent du système traditionnel. «We must disenthrall ourselves». Chercher une recette. Attendre d’être nourri. Non. Ce n’est plus ça. La révolution de l’apprentissage ne viendra pas de là. Pour repenser l’école, il faut sortir du manuel et devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage avec et pour nos élèves. Il faut devenir des prestataires de contextes. C’est créatif, l’apprentissage. Tout part de soi. De nos idées. De notre imagination. De nos forces et intérêts. Des élèves qui sont devant nous. De leurs forces et intérêts. Parce qu’ils en ont. Les connaissez-vous? Créer, chers collègues. Créer pour devenir autre chose. Créer pour repenser l’école.  Créer pour révolutionner l’apprentissage. Vous? Vous passez votre temps à faire quoi?

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« Many teachers spend their time searching for activities. The best teachers spend their time creating experiences.» @nalang1

L’imprimerie c’était bien, mais là on est ailleurs.

La prochaine fois que vous entendrez «Faut pas réinventer la roue», pensez-y.  Gutemberg, c’était bien. Mais aujourd’hui, on est ailleurs. Et ça va vite. Êtes-vous là? Repenser l’école, il n’y a rien de facile ou de simple là-dedans. Jim Rohn dirait : «Don’t wish it were easier. Wish you were better.» La croissance personnelle requise de nous tous pour y arriver, c’est probablement la chose qui aura le plus de valeur pour chacun et chacune d’entre nous en bout de ligne. Jim Rohn dirait : «The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Faut pas réinventer la roue? Hmmm. Je pense que oui.

Que devons-nous devenir pour révolutionner l’apprentissage?

Merci de vos commentaires 🙂