Ce que j’apprends. #défi20prof

Le 20 août dernier, je lançais le #défi20prof dans ce billet de blogue. Après le «Pitch» (voir l’enregistrement du webinaire du 5 septembre ici), et l’invitation à partager un «Produit» entre le 22 et le 26 septembre (voir l’enregistrement du webinaire du 18 septembre ici), voici mon «Produit», c’est-à-dire un billet de blogue qui a pour but de vous partager ce que je suis en train d’apprendre dans le cadre du #défi20prof. Parce que le #défi20prof, je l’ai essayé moi aussi! Avec tout le personnel de l’École secondaire Champagnat. Wow! C’est vraiment quelque chose. Et je vous partage mon activité un peu plus loin. Suivez-moi!

Pas un agent de voyage

Il y a quelques semaines, je participais à mon tout premier podcast (baladodiffusion) avec @sarahlalondee sur VoiceED Radio. Et pendant notre conversation sur le leadership pédagogique, je partageais à Sarah Anne l’importance de prêcher par l’exemple. En tant que leaders, nous sommes tous appelés à modeler les pratiques de haut niveau que nous voulons voir dans nos écoles. Modeler. Les gens font ce qu’ils voient. On ne peut pas être des agents de voyage, et envoyer des gens là où nous ne sommes jamais allés nous-mêmes. Il faut essayer, défricher, risquer et agir plutôt comme guide. Quand j’ai lancé le #défi20prof, je n’avais pas réalisé que je pourrais, moi aussi, essayer une activité où je parle peu ou pas pendant les 20 premières minutes. Tel que promis Sarah Anne, voici l’activité #défi20prof que j’ai vécue avec tout le personnel de l’École secondaire Champagnat. Je salue mes collègues de LaTuque! Quelle journée 🙂

Contexte de l’activité

Le 15 septembre dernier, je passais la journée à LaTuque. Une conférence, suivie de 3 ateliers. Le premier atelier après la pause du matin portait sur Google docs et Screencastify. Pour vous mettre en contexte, je n’ai jamais rencontré mes collègues de LaTuque avant ce matin-là. Je ne connais pas encore tous les détails de leur réalité au niveau de l’infrastructure et de leur utilisation de la technologie au quotidien. Mais je me lance. L’atelier portera sur les multiples utilisations de Google docs et de l’extension Screencastify pour transformer l’expérience de l’apprentissage des élèves. Mais avant d’en arriver là, j’ai deux objectifs.

  1. Je veux apprendre à connaître la réalité de mes collègues.
  2. Je veux qu’ils apprennent à créer une table des matières de deux façons différentes dans un document Google.

L’arrivée des participants : début du #défi20prof

Quand les participants arrivent, tout ce qu’ils savent c’est qu’ils doivent avoir apporté des écouteurs. Je les accueille et leur explique qu’ils vont maintenant relever un défi, que je vais uniquement les observer et qu’on donnera un sens à tout ça après le défi. Voici ce qui est projeté à l’avant à leur arrivée. Vous avez accès au document.


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Le défi est lancé!

Alors c’est parti, les gens se placent en équipes de 2 et accèdent au document du défi en retapant bit.ly/defilatuque dans leur omnibox. Voici ce qui les y attend. Vous avez accès au document.

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Mes observations

Le travail d’équipe est lancé et je me mets à circuler. Il y a environ 40 personnes dans la grande salle. La première chose que je remarque, c’est que toutes les équipes commencent à se parler. À regarder leur écran et l’écran de leur partenaire. On compare ce qu’on voit. Si c’est pareil ou différent. On s’entraide. Tout le monde est en action sur le plan social et sur le plan cognitif. Certains anticipent le succès. Ils sont habitués. D’autres font leurs premiers pas. Je les ai rassurés au début. «Si ça ne fonctionne pas, ce n’est pas votre faute.» À peine 2 minutes se sont écoulées et tout le monde est en train de résoudre un problème. Tout le monde a le même défi à relever mais les gens sont confrontés à des défis différents. Je m’explique. Pour certains, les écouteurs Apple ne fonctionnent pas bien avec un portable IBM. Pour d’autres, l’étape de se créer une copie d’un document Google exige la création d’un compte Google. Pour d’autres, on se rend compte que l’activité se déroule mieux dans Chrome que dans Explorer… C’est de toute beauté.

On s’ajuste

Après 10 minutes, je me rends compte que le défi que je viens de lancer ne peut pas se dérouler exactement comme je l’avais anticipé. Pas grave. On s’ajuste. Des mains sont levées. Heureusement, une conseillère pédagogique de la commission scolaire est avec nous. Il y a aussi des enseignants qui peuvent nous appuyer à appuyer nos collègues. On ouvre des comptes Google, on appuie, on s’entraide. 25 minutes plus tard (environ), des gens ont terminé le défi et attendent la prochaine étape, d’autres seraient prêts à débuter le défi. Leur compte Google est maintenant créé. Après 25 minutes, 40 personnes sont prêtes à profiter pleinement de l’atelier qui portera sur Google docs et Screencastify.

Le défi n’est pas important, mais il est important.

Le défi en soi n’était pas important. Il me permettait de faire les choses suivantes :

  1. Qui a un compte Google?
  2. Qui est à l’aise de suivre des directives et de naviguer dans un document Google?
  3. Quels outils technologiques ont des particularités techniques (p. ex., iPad, Portable xyz).
  4. Modeler l’utilisation de Google docs et Screencastify!!!

Le défi était sensé amener les gens à apprendre à faire une table des matières de deux façons différentes dans une document Google. Plus de la moitié ont réussi à terminer le défi. Mais la beauté de la chose ici, et ce pourquoi le défi était important, c’est qu’avec les vidéos produites avec Screencastify, les gens ont la possibilité de retourner voir et de développer cette compétence. Ils ont vécu d’une façon comment Screencastify pourrait leur être utile au quotidien.

Tout ce qu’on peut accomplir ensemble

À la conclusion de l’atelier de 75 minutes, nous avions «couvert» tout ce qui était prévu. Je crois que tout le monde a réussi à ajouter l’extension Screencastify à Chrome et à créer leur première vidéo. Nous avons pris le temps de parler pédagogie et de voir comment ces outils pourraient nous aider à transformer notre approche pédagogique. Si j’avais voulu tout contrôler et expliquer, étape par étape, en faisant les démonstration à l’avant, jamais au grand jamais je n’aurais pu y arriver. L’entraide. Le travail d’équipe. Et je remercie mes collègues de LaTuque de m’avoir suivi dans cette démarche. Lâcher prise, c’est déstabilisant, mais on en accomplit tellement. Il faut avoir confiance au processus!

Concrètement

Pour ceux qui voudraient relever et recréer le défi que j’ai lancé à mes collègues de LaTuque. Voici concrètement les documents qui étaient requis.

Je n’avais qu’une journée avec mes collègues pour accomplir ce que je voulais accomplir. Je peux simplement m’imaginer à quel point on pourrait accomplir de grandes choses sur 6 semaines. La clé, impliquer les gens. Faire appel à leurs forces, leurs expertises. Faire confiance à la puissance de l’entraide.

Ça fait du bruit. Ça nous mène quelque part de fantastique.

Je ne voudrais pas revenir en arrière et demander à mes collègues de seulement m’écouter. Ce serait tellement moins efficace, tellement moins stimulant.

Essayez-le! À votre façon.

Et partagez vos constats sur le #défi20prof

Merci de vos commentaires

 

 

La présentation orale… inversée?

La stratégie suivante a été présentée hier soir dans le cadre de notre tout premier webinaire : Tout pour réussir le #défi20prof. Vous pouvez voir l’enregistrement du webinaire ici.

Les présentations orales font partie de l’expérience d’apprentissage des élèves. Dans pratiquement toutes les matières, les élèves sont invités, à un moment donné, à faire une présentation orale devant leurs pairs. C’est un processus qui prend beaucoup de temps dans la classe. Jusqu’à 4 et même 5 périodes de 60 à 75 minutes. La question que je me suis toujours posée est : «Est-ce que cet investissement de temps de classe est un investissement qui en vaut le coût?» Investir tout ce temps pour évaluer un produit ou une performance… Pourtant, notre rôle est d’agir sur le processus, sur ce qui mène au produit de qualité, à la performance… Hmmm. Comment faire alors? Suivez-moi. J’ai une idée 🙂

Le temps

Le temps. C’est tellement important comment on choisit d’investir notre temps avec les élèves, n’est-ce pas? On dit toujours qu’on manque de temps. Si vos élèves présentent seulement deux fois pendant un semestre et que vous investissez 8, 9 et même 10 périodes pour passer, à tour de rôle, chacun des élèves dans le but de leur donner une note… Ça vaut la peine? Que font les autres élèves pendant ce temps? C’est comme si un enseignant d’éducation physique demandait à ses élèves de faire la file et de venir, à tour de rôle, faire un lancer au panier, par exemple. Le temps d’attente serait beaucoup trop long pour les élèves qui ne sont pas en action. C’est pour cette raison qu’on place les élèves en petits groupes ou en stations. Afin qu’ils soient en action, qu’ils puissent développer leurs compétences et recevoir de la rétroaction fréquente de leurs pairs ou de leur enseignant, qui circule dans le gymnase.

Investir du temps de classe pour apprendre, pas pour donner une note!

Alors dans le cas des présentations orales, qu’en est-il de l’évaluation au service de l’apprentissage? Comment faire de la place pour agir sur le processus? Impossible de même considérer faire présenter chaque élève afin de lui offrir une rétroaction, et ce, avant «que ça compte». Imaginez investir le temps de 20 périodes, pour 2 présentations orales. Non. Impensable. Et si on utilisait la vidéo! La vidéo pour faire une présentation orale inversée. Inversée parce que le temps de classe serait investi pour placer tous les élèves en action et leur permettre d’agir sur le processus. L’évaluation de la performance ou du processus pourrait se faire à l’extérieur du temps de classe… Après discussion avec ma collègue @maotechno, merci collègue, je vois 4 étapes au processus de la présentation orale inversée, et ce, avant l’évaluation (attribution d’une note) du produit ou de la performance et, mieux encore, pourquoi pas le processus.

Étape 1 : Planifier / créer sa présentation

À l’étape 1, l’élève planifie sa présentation orale et la crée en fonction des exigences et des critères qu’on a co-construits en classe. Puisqu’il est question d’une présentation orale inversée, nous aurons recours à la vidéo comme outil technologique pour soutenir cette démarche. C’est ce qui nous permettra d’avoir accès au premier jet de la présentation orale (processus) dans la classe, sans avoir à prendre le temps de classe pour générer ces premiers jets, un élève à la fois. Alors l’élève planifie en fonction de la forme et du fond de la présentation.

Étape 2 : Réaliser sa présentation

L’élève se pratique à la maison et on l’invite à produire une première ébauche de sa présentation orale à l’aide de son appareil mobile, par exemple. On l’invite à placer sa vidéo dans un espace infonuagique afin qu’on y ait accès en salle de classe. Google docs, Google classroom, YouTube, Google Drive… Choisissez votre méthode.

Étape 3 : Critiquer / Juger

L’élève se présente en classe et on l’invite, en équipes de 3, à visionner la vidéo de ses pairs et à la critiquer/juger dans le but d’offrir une rétroaction descriptive et constructive à partir des critères co-construits avec la classe. On place l’élève dans une posture d’évaluateur en l’invitant à s’appuyer sur des critères. Ça, c’est de l’évaluation EN TANT qu’apprentissage. Super puissant. Ça fait appel à la pensée critique. Ça amène l’élève à développer de l’empathie, à faire preuve de doigté et de tact, à s’ouvrir à la critique et à recevoir de la rétroaction. Vous pouvez encadrer ce processus de façon très structurée, si vos élèves ont besoin de ça pour se sentir en sécurité. Vidéo de 3 minutes et moins; On regarde la même vidéo en même temps (avec nos écouteurs); On prend 5 minutes pour discuter de la vidéo et offrir une rétroaction en utilisant la grille de rétroaction fournie par l’enseignant; On passe à la prochaine vidéo; etc. En 25 minutes environ, l’exercice est fait. Tous les élèves ont visionné 2 vidéos et donné une rétroaction à 2 de leurs pairs et ont reçu de la rétroaction au sujet de leur vidéo. Ou vous pouvez laisser les élèves vivre ce processus à leur façon, s’ils anticipent le succès et que le climat de confiance entre les pairs est présent. Vous connaissez vos élèves. À vous de décider. Mais en une période de 30 minutes, c’est fait. Imaginez la puissance de ce processus!

Étape 4 : Retravailler

Après avoir reçu une rétroaction, l’élève doit la réinvestir et retravailler sa présentation orale (vidéo). Il continue à pratiquer à la maison et il peut revivre ce processus (étapes 2, 3 et 4) à quelques reprises, et ce, SANS PRENDRE PLUS DE TEMPS QU’ON NE LE FERAIT NORMALEMENT. L’avantage? L’élève reçoit de la rétroaction et vit le processus qui mène à un produit ou une performance de qualité. Et l’enseignant a la chance de fournir, lui aussi, une rétroaction à chacun de ses élèves, AVANT «que ça compte».

D’autres avantages

Puisque les élèves produisent une vidéo, on développe cette compétence chez nos élèves. Combien d’entre eux veulent être des YouTubers? Hein!? Ça ouvre la porte à la citoyenneté numérique, les élèves peuvent se voir, eux aussi et s’auto-évaluer. Les parents peuvent voir la performance de leur enfant etc. Et que dire de l’anxiété. Combien d’élèves sont anxieux de présenter devant un groupe? Ce processus permet à l’élève de performer devant une caméra et seulement quelques élèves et l’enseignant lui donneront de la rétroaction. L’enseignant gère qui aura accès à la performance (vidéo) de l’élève. Ici, il faut faire preuve de jugement concernant notre ouverture sur le monde. Il faut impliquer les élèves et leur donner le choix. Qui pourra voir ma vidéo? Que de discussions à avoir avec les élèves… Mais le plus important, c’est qu’on peut mettre l’accent sur le processus et même n’évaluer que le processus. Amener l’élève à nous partager une réflexion sur son processus d’apprentissage. Comment il a vécu les 4 étapes? Qu’est-ce qui l’a aidé? Comment s’est-il amélioré?… Apprendre. Se développer.

Et maintenant?

Alors, chers collègues. Comment allez-vous choisir d’investir votre temps de classe avec vos élèves en ce qui a trait aux présentations orales? Traditionnellement, 2 présentations orales nous coûtent, et le verbe n’est pas trop fort, jusqu’à 10 périodes et les élèves sont passifs 99% du temps, ne reçoivent peu ou pas de rétroactions et on évalue le produit, la performance. Avec la présentation orale inversée, l’élève est actif 100% du temps, a la chance d’obtenir de la rétroaction et on peut évaluer le processus plutôt que le produit. On fait tout ça, en 5 périodes selon moi. 50% moins de temps. 1000% plus riche et stimulant.

La présentation orale inversée, chers collègues.

Repenser l’école, ça peut être ça.

On transforme, l’expérience d’apprentissage des élèves.

N’oubliez pas de demander à vos élèves d’apporter des écouteurs 😉

Merci de vos commentaires!

Un projet 20% pour les enseignants! #Défi20Prof

Ce matin, c’est ma fête. Je me fais un cadeau. J’écris mon premier billet depuis le 10 juin dernier. Assez les vacances! En fait, j’écris ce matin pour lancer un défi à tout le système d’éducation. Un défi de 6 semaines, soit du 5 septembre au 13 octobre. Un projet 20% pour les enseignants! (Silence, Hmmm) «Un projet 20%…….. pour les enseignants?» Oui. Suivez-moi 🙂

En mai dernier, je vous partageais un billet qui propose une démarche pour repenser l’école. Une démarche qui permet de créer une certaine flexibilité afin de personnaliser l’éducation et de permettre aux élèves d’apprendre et de se développer. Le défi que je m’apprête à vous lancer sert à préparer le terrain à une telle démarche, en plus de vous appuyer dans la création de votre relation avec vos élèves, des routines et processus de la rentrée, qui déterminent souvent jusqu’où on pourra aller avec nos élèves pendant un semestre ou une année scolaire. Les 6 premières semaines. Elles sont importantes. On n’en parle pas beaucoup. On en parle là là.

Si vous relevez ce défi, vous allez voir un côté de vos élèves que vous n’avez possiblement pas vu avant. Et vous allez voir un côté de vous-mêmes que vous n’avez possiblement pas vu avant non plus.

Le projet 20% tel qu’on le connaît

Vous avez sans doute déjà entendu parler du projet 20%. C’est habituellement un projet qui permet aux élèves de faire un projet qui les passionne. On leur accorde 20% du temps de classe par semaine pendant 4 à 12 semaines pour réaliser leur projet. Le projet a habituellement 3 composantes (Projet, Produit, Présentation) et se fait souvent en 4 étapes :

Avant

  1. Le choix du projet en fonction des intérêts, talents, passions
  2. Présentation (pitch, ce qu’on va faire) du choix du projet, le pourquoi, les buts, la description, le produit, les échéances…

Pendant

3. Réflexions sur le processus via billets de blogue ou vlog. On partage les itérations, les prototypes, le questionnement… On documente le processus. C’est ce qui sera (devrait être) évalué. Si le projet est évalué.

Après

4. Présentation orale de type TED Talk

C’est une excellente façon de goûter à ce que l’éducation personnalisée nous réserve. C’est une occasion de voir comment nos élèves se comportent lorsqu’ils sont derrière le volant de leur apprentissage. Et pour nous, c’est une occasion d’apprendre ce qui est sensé être notre nouveau rôle en éducation. Celui d’accompagner, de guider, de coacher, de motiver, d’encourager et, aussi, celui d’enseigner. Comme avant. Dans l’école repensée, les enseignants enseignent encore, parlent encore. Mais pas tout le temps. Il y a des avantages à ne pas être celui ou celle qui parle…

Les 7 niveaux de conscience du présentateur

Il y aurait 7 niveaux de conscience lorsqu’on est placé devant un groupe et qu’on doit livrer un message à l’oral. Ça ressemble au contexte d’une salle de classe, ça. Dans l’école repensée, on parle de développer des élèves, des personnes, de développer leurs compétences, de les appuyer etc. Regardez bien les 7 niveaux du présentateur et essayez de déterminer si vous avez déjà vécu et ressenti ces niveaux.

Niveau 1: La frousse – Peur d’être devant le groupe.

  • Défi : Centré sur soi, mode survie

Niveau 2 : Les mots (7% de ce qu’on dit) – Qu’est-ce que je vais dire? Savoir quoi dire. Penser. Être dans sa tête

  • Défi : Dans sa tête, on ne peut pas lire le groupe ou ce qui se passe

Niveau 3 : La voix (38% de ce qu’on dit) – Livraison fluide du message. Les pauses et les silences efficaces.

  • C’est un début

Niveau 4 : Le corps, le non-verbal (55% de ce qu’on dit) – Congruence entre les mots, la voix et le langage corporel

  • Efficacité, crédibilité

Niveau 5 : Divertissement – On divertit l’auditoire de temps à autre, on génère des émotions positives afin qu’ils retiennent les points importants lorsqu’on les livre.

  • On vous écouterait parler longtemps. C’est donc bon!

Niveau 6 : Influence – On réussit à influencer ce que les autres pensent et ils adhèrent à nos idées, nos messages. (p. ex., ils peuvent et vont réussir dans notre classe)

  • Capacité de créer de nouvelles pensées, de nouvelles possibilités dans la tête de l’auditoire

Niveau 7 : Maîtrise (Se passe après  la présentation) – On apprend de la rétroaction et de l’expérience. On s’ajuste et on s’adapte pour la prochaine fois.

  • Perfectionnement. Amélioration continue

Arrêter de parler… Pour VOIR

Ces 7 niveaux peuvent vous aider quand vous parlez. Et vous aurez compris que pour atteindre les niveaux 3 et plus, il faut déjà savoir tout ce qu’on va dire et comment. Dans le quotidien de l’école, nous avons rarement le luxe de prévoir d’avance tout ce qu’on va dire. On sait ce qu’on va faire, mais on figure sur le tas ce qu’on dit. Ce qui fait qu’un enseignant, une enseignante en salle de classe se retrouve souvent au niveau 2. Ça ne veut pas dire que les autres niveaux ne sont pas là. Ce que je veux dire, c’est que si on est dans notre tête et que l’espace de notre lobe frontal est occupé à formuler la prochaine phrase, comment peut-on lire le groupe? Comment peut-on être conscient des progrès que font nos élèves en matière d’habitudes de travail, de respect des routines, d’habiletés d’apprentissage? La conscience. Pour développer nos élèves, pour les développer, il faut d’abord les voir. Pour les voir, il faut se donner une façon de pouvoir arrêter de parler et que l’apprentissage et le développement des personnes se fasse. Vous me suivez?

Le défi 20% pour les profs!

883 mots plus tard, je vous lance finalement le défi. Le voici. Du 5 septembre au 13 octobre, je vous propose le défi suivant.

Le projet

20% du temps (1 fois par semaine), votre cours doit pouvoir commencer sans que vous n’ayez à parler. Dit autrement, votre cours doit pouvoir commencer tout en vous permettant d’observer ce qui se passe dans votre classe. Vos élèves doivent pouvoir se mobiliser, s’autoréguler. Ça vous demandera, dans les cours précédents, de développer la capacité des élèves à s’engager dans des activités d’apprentissage de façon autonome. Fiche d’activité collée sur le mur avec consignes, Google doc avec consignes via Screencastify, fiche de lecture avec réalité augmentée, Google sheets affichant les équipes de travail dès l’arrivée des élèves en classe (projeté), consignes dans Google Classroom… Laissez votre imagination vous guider! Mais une fois par semaine, vous accueillez vos élèves dans votre classe (vous pouvez leur parler et les accueillir!), mais ils doivent s’activer eux-mêmes à l’aide des appuis et de la démarche pédagogique que vous aurez créée. Votre tâche lorsque vos élèves seront installés? Les observer! Les guider! Les soutenir! Leur donner de la rétroaction! Ce format n’a pas à durer toute la période. Vous pouvez commencer avec un bloc de 20 minutes et en discuter avec les élèves. Ils peuvent s’autoévaluer sur leur propre capacité à cheminer dans un tel contexte. Voyez-vous la puissance d’une telle approche, une fois par semaine (20%, mais ça peut être plus;) pendant 6 semaines? Votre classe deviendra très performante et vos élèves vous surprendront. Vous allez VOIR votre classe autrement. De là, d’innombrables possibilités jailliront pour vous et vos élèves.

Le produit

Vous allez produire et raffiner des démarches, des directives, des processus pendant ce défi de 6 semaines. C’est ça votre produit. Ce que je vous invite à faire, c’est de partager avec la communauté #défi20prof ce que vous apprenez, ce qui fonctionne pour vous. Rien de compliqué. Je vous invite également à publier 1 billet de blogue à mi-chemin dans le défi (disons entre le 22 et le 26 septembre) en utilisant toujours le #défi20prof. Le billet de blogue vous aidera à mettre des mots précis sur votre démarche réflexive et vous permettra de mettre de l’ordre dans vos idées. De plus, toute la communauté #défi20prof sera enrichie de votre expérience.

La présentation

Oui, vous avez bien lu. Il y a une présentation à faire pour clore le défi! Le défi prend fin le 13 octobre. Si on se disait que le 17 octobre, toutes les enseignantes et tous les enseignants qui ont relevé le défi publient sur #défi20prof une vidéo (témoignage bien simple, pas de montage) de 3 minutes et moins afin de partager ce qu’ils ont appris, quels défis ils ont dû relever, ce qu’ils feraient autrement et, surtout, l’impact sur les élèves (engagement, fonctionnement, processus, autonomie) et ce qu’ils ont apprécié. Le cerveau collectif, chers collègues. On a les outils pour le faire.

Je suis convaincu que ce défi vous permettra de faire prendre de l’expansion à l’impact que vous avez sur vos élèves. C’est également un défi qui met bien la table pour faire vivre un projet 20% à vos élèves, de la mi-octobre à la mi-décembre. Vous auriez le vécu pour bien réussir avec vos élèves… Que de possibilités!

Alors voilà chers collègues, le défi est lancé. J’ai choisi le Projet pour vous. Je sais, je sais. Il ne vous reste que le Produit et la Présentation. Je vous invite à manifester votre intérêt et à commencer à vous appuyer les uns les autres sur le #défi20prof.

Pour ma part, je vais vous lire et contribuer du mieux que je peux.

Ça sent la rentrée! Ça sent le #défi20prof !

Bon succès et amusez-vous!

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Le leadership et le service au volant chez Tim Horton’s!

Je suis passé me prendre un café chez Tim Horton’s cette semaine. À Alfred, en fait. Un nouveau Tim Horton’s vient d’ouvrir ses portes. En passant au service au volant, j’ai observé un superviseur en train d’appuyer une nouvelle employée. Et je me suis mis à faire des liens avec le leadership. Sérieux. Suivez-moi. Je pense que ça a du bon sens 😉

Croire que les personnes ont de la valeur

 

Quand les leaders d’une organisation se rendent compte que les personnes de leur organisation sont leur principal atout, tout devient possible. Tout devient possible parce qu’on se met à investir dans le développement des personnes. C’est normal, on reconnaît leur importance. Et ce n’est pas long qu’un certain momentum s’installe au sein de l’organisation. L’organisation se met à «rouler», comme on dit. Mais comment peut-on maximiser l’investissement de temps, d’argent, d’effort, dans le développement des personnes et du leadership d’une entreprise? Et s’il existait un processus dont pouvait s’inspirer l’éducation?

L’exemple de Tim Horton’s

Pour pouvoir former une nouvelle employée, j’imagine que le superviseur a d’abord dû apprendre comment doit se faire le travail. La partie technique. Où cliquer. Comment travailler en équipe, les processus etc. Il y a aussi l’approche du service à la clientèle. Comment accueille-t-on le client? En personne et au service au volant. Ce que je veux dire c’est que le superviseur doit ÊTRE/DEVENIR, d’abord, un employé modèle. Ou du moins être capable de modeler ce qui est recherché des employés. L’idée derrière le développement de personnes, c’est de reproduire des leaders. On peut enseigner ce qu’on sait, mais on reproduit qui on est. Ensuite, le superviseur a probablement invité la nouvelle employée à l’observer, à lui poser des questions, à écouter etc. La prochaine étape, c’est ce que j’ai observé quand je suis passé au service au volant. La nouvelle employée faisait la tâche, mais elle était appuyée par le superviseur qui était là pour répondre à ses questions, pour lui donner des conseils, pour la rassurer et pour assurer un certain contrôle de la qualité. Elle a bien fait ça et mon café était bon, en passant. Cette étape de formation d’une nouvelle employée prendra un certain temps mais j’anticipe qu’à mon prochain passage chez Tim Horton’s, cette nouvelle employée sera autonome. Le superviseur sera moins près d’elle. Et peut-être qu’un jour, cette nouvelle employée sera celle qui formera les nouvelles employées. C’est le cycle. Démarrer, autonomiser, pérenniser.Vous me suivez?

Un processus pour développer des personnes en éducation

L’éducation, c’est une entreprise de développement de personnes. Pensez-y. Mais le leadership est un concept qui peut être abstrait. Comment on fait ça, reproduire des leaders? On place un bon leader dans un poste et on espère qu’il irradie du leadership, qu’il devienne une borne d’accès au leadership? Si on espère bâtir une culture de leadership, il faut davantage miser sur un processus intentionnel de reproduction. Si l’éducation s’inspire du modèle de Tim Horton’s, le processus pour développer des leaders à tous les niveaux du système aurait 5 étapes à partir du moment où un leader EST.

1- Je le fais.

De nos jours, les choses avancent tellement vite que les gens veulent apprendre et être dirigés par des gens qui leur servent de modèles. Si on veut développer des personnes dans notre salle de classe, dans notre secteur, dans notre école, dans notre conseil, il faut d’abord croître intentionnellement soi-même et être en mesure de modeler, à notre niveau, les pratiques et les comportements qu’on recherche des personnes dans notre système. C’est une approche qui part d’une mentalité, d’une philosophie de leadership bien simple. Être au service de l’autre, ajouter de la valeur à l’autre. Pour ajouter de la valeur à l’autre, il faut croire que l’autre a de la valeur. Et pour pouvoir ajouter de la valeur à l’autre, il faut avoir quelque chose à offrir. Il faut donc continuellement être en train d’ajouter de la valeur à qui on est. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Bref, ajouter de la valeur à soi-même pour pouvoir ajouter de la valeur aux autres, parce qu’on croit qu’ils ont de la valeur. (pas facile à verbaliser, cette phrase) On enseigne ce qu’on sait, mais on reproduit qui on est. Étape 1 : ÊTRE/DEVENIR.

2- Je le fais et tu m’observes.

À l’étape 2, on invite un futur leader à nous observer dans le feu de l’action, on fait de l’enseignement explicite, on rend notre pensée visible, on explique le pourquoi et le comment de tout ce qu’on fait. La personne qui observe peut nous poser des questions, faire des commentaires… Pour établir sa crédibilité, on s’entend qu’il faut ÊTRE, ici. Inutile d’essayer d’avoir l’air… Avant d’avoir de la visite, on se prépare.

3- Tu le fais et je t’observe.

À l’étape 3, on passe le flambeau au futur leader. Savoir comment faire n’est pas suffisant. Il faut donner l’occasion à l’autre de développer ses compétences, de goûter au terrain, de vivre en contexte ce qu’il a appris et observé. Ici, le rôle du leader est de ne pas prendre trop de place, de laisser l’autre faire son chemin. Le leader pose des questions, répond aux questions, offre du soutien et de la rétroaction constructive en fonction des progrès de la personne qu’il développe. Cette étape prend du temps. Et il faut prendre le temps. On ne fait pas pousser un carotte en tirant sur la queue. Processus.

4- Tu le fais.

Après un certain temps, la personne devient autonome. Elle peut s’acquitter de ses tâches, de ses défis, de son travail, prendre des décisions, faire des apprentissages etc. Le leader est là au besoin. Le nouveau leader donne des résultats à son entreprise, il est devenu, lui aussi, une référence dans son entreprise. Mais ça ne finit pas ici. On ne maîtrise pas un rôle, une compétence, un contexte tant qu’on ne peut pas l’enseigner à quelqu’un d’autre… Et c’est là la clé dans une culture axée sur le leadership.

5- Tu le fais et quelqu’un d’autre t’observe.

À l’étape 5, le nouveau leader accueille à son tour un futur leader. Et il l’accompagne, à son tour, dans son développement. On n’a jamais formé complètement un leader tant qu’il ne peut pas se reproduire. C’est l’effet multiplicateur systématique qui fait qu’une entreprise devient de plus en plus performante. Ça prend du temps, de l’énergie, de l’effort, de la patience, une vision.

Appliquer ce processus en salle de classe

Appliquons ce processus à la salle de classe, juste pour voir. Disons qu’on veut développer des élèves-leaders / citoyens (numériques) responsables. Les 5 étapes auraient l’air de ça.

  1. Il faudrait d’abord ÊTRE (l’enseignant) un assez bon citoyen numérique, avant d’essayer de développer les élèves. On ne donne pas des cours de nage si on ne sait pas nager. Même si on a un super bon manuel!
  2. Quand on a développé un certain niveau de compétence, on fait l’enseignement explicite de ce qu’est la citoyenneté numérique et on fait le modelage des comportements souhaités. Ici, on est en contexte. Comme chez Tim Horton’s. On rend notre pensée visible, on répond aux questions, on établit les critères/paramètres à respecter. Petits pas. Ouverture graduelle sur le monde, en fonction du groupe d’âge des élèves. Cette étape n’a pas à être bien longue. Les élèves savent déjà les clics. C’est le processus de réflexion et la lecture du contexte qui peut leur échapper.
  3. La troisième étape est la plus importante et la plus longue, du point de vue du développement des élèves. On les place en contexte et ils doivent développer leurs compétences. Selon le groupe d’âge, votre relation avec les élèves, leur degré d’autonomie etc., vous déterminez le degré d’ouverture sur le monde approprié pour les accompagner dans le développement de leur citoyenneté numérique. Concrètement, on parle de collaboration dans un document Google, d’un échange sur Twitter, d’un blogue, d’un portfolio numérique, d’une campagne sur Facebook… Les possibilités sont illimitées. Ici, les élèves se développent en contexte.
  4. À l’étape 4, les élèves ont développé un certain niveau d’autonomie dans le contexte numérique que vous avez déterminé/délimité avec eux.
  5. À l’étape 5, les élèves sont invités à accompagner d’autres élèves. Possiblement plus jeunes. Ou même des adultes. L’idée ici, c’est de leur permettre de jouer le rôle d’enseignant. Mais un rôle d’enseignant qui leur permet de transmettre les compétences et les connaissances acquises aux étapes 2, 3 et 4.

Le hic avec ce processus, c’est qu’il commence quand on (l’enseignant dans ce cas-ci) a déjà atteint un niveau élevé de compétence (en citoyenneté numérique dans cet exemple). C’est un peu comme de commencer au niveau 4 des 5 niveaux de leadership de John Maxwell. Comment s’y rendre si personne ne peut nous appuyer ou nous former en personne? Observons le système de badges du CADRE 21.

CADRE 21 et les badges : un processus d’autoformation pour devenir

Cadre 21 offre présentement plus de 38 badges dans un système d’autoformation. C’est un concept très intéressant. J’ai eu la chance d’assister à une présentation de ce système cette semaine. Merci à Jacques Cool, à Normand Brodeur et à mes collègues du CSDCEO. J’attire votre attention aux 4 niveaux de badges du Cadre 21. Remarquez le choix des mots.

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On remarque que le leadership apparaît au niveau Innovateur. Ce serait là, le point d’entrée (étape 1) du processus de reproduction de leaders, de développement de personnes (5 étapes) que je vous propose dans le présent billet. Pour arriver à ÊTRE une référence dans une compétence ou un domaine quelconque, il faut commencer quelque part. Souvent, les gens pensent qu’on l’a ou on ne l’a pas. Devenir, c’est un processus. Les 4 niveaux de badges du CADRE 21, c’est en fait le processus normal d’acquisition de compétences ou du développement d’une personne. On commence d’abord par être curieux, par être disposé à apprendre quelque chose de nouveau. On explore. Ensuite on se développe, on expérimente, on intègre et, finalement, on innove. Ça prend du temps, devenir compétent.

EAVI : Le modèle SAMR des compétences?

Si le modèle SAMR nous a éclairés pour l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage, je crois que le modèle EAVI pourrait nous éclairer dans l’enseignement, le monitorage de la progression et l’évaluation des compétences globales. Je lance ça comme ça. Le point d’entrée serait la mentalité de croissance, une disposition à apprendre. On parle de l’importance d’apprendre à apprendre. Dans le modèle EAVI, le E pourrait désigner Explorateur (apprenant disposé à apprendre) A V I (à vie). Il ne resterait qu’à nourrir la matrice EAVI pour voir comment pourrait se manifester l’acquisition ou le développement graduel des 6 compétences globales. Et, pourquoi pas, des badges pour s’afficher et se reconnaître!

Je vous rappelle que tout ça a commencé par un café chez Tim Horton’s. C’est fou les liens qu’on peut faire en passant chez Tim Horton’s et en discutant avec des collègues!

Je vous laisse avec 2 questions :

  1. Que pensez-vous du processus intentionnel (leadership) de développement de personnes (compétences) en 5 étapes? Ça peut fonctionner à tous les niveaux du système?
  2. Que pensez-vous de l’idée du modèle EAVI (Explorateur à vie) pour soutenir l’acquisition et le développement des compétences globales? Ça se tient?

Merci de vos commentaires!

 

Personne ne peut vous remplacer

 

Nous ne sommes pas éternels. «We all know the epiphany is coming.» C’est la phrase qui m’inspire à écrire ce matin. En regardant cette vidéo ce matin, je me suis mis à réfléchir.  Est-ce que je mets l’accent sur les bonnes choses dans ma vie? Regardez de 17:39 à 19:45. Ensuite on fait des liens à l’éducation. C’est 2 minutes et 6 secondes! Allez-y 🙂

«Big picture»

C’est un billet «big picture», oui je sais. En éducation, c’est le mois de juin. Le mois du dernier droit dans les écoles. On entend déjà «Une autre année de faite! Wow! Incroyable comme ça passe vite!» Comme dans la vraie vie. Tout passe vite. Surtout si on ne s’arrête pas pour réfléchir. Or dans le tourbillon de la fin de l’année, on peut se poser la question : Qu’est-ce que ça aura donné, cette année? Qu’est-ce que j’aurai accompli avec mes élèves? Concrètement.

Du temps pour faire une différence… pour les personnes

Une chose est certaine, notre temps est limité avec nos élèves. On les voit une année à la fois. On peut enseigner pendant 30 ans et au même niveau pendant plusieurs années. Mais souvent, on a une seule année, un seul semestre, pour faire une différence pour les élèves. Pas pour leurs résultats, pour les personnes qu’ils sont. Ceux-là, ceux qui sont là, maintenant. C’est trompeur de regarder une carrière en éducation et de penser qu’on a le temps. Le temps de…? Si dans notre vie on gaspille parfois du temps, en éducation, je crois qu’on laisse passer des occasions de changer des vies. Même la nôtre. On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent! Dans You Are Not A Number, George Couros nous rappelle que nous sommes en éducation pour les élèves. Pas pour les données qu’ils génèrent. Pensez-y. C’était mon message dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Or saisissons-nous les occasions qu’ils nous offrent, nos élèves, nos collègues? Quand on donne, on reçoit. Quand on change la vie d’un élève, d’un collègue, on est changé nous aussi. Et ça, ça se fait en montant. «Everything worthwhile is uphill.», comme dirait John Maxwell. Et ce n’est pas compliqué, changer une vie. Il faut simplement être à l’écoute. Je peux l’affirmer, parce que certains collègues ont changé le cours de ma carrière, à différents moments. Merci 🙂

«On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent!» @bourmu

Personne ne peut vous remplacer

Quand j’ai commencé à enseigner, on me disait que tout le monde était remplaçable. Ça me faisait tellement de quoi. Je voulais m’investir, faire une différence. Avec mon expérience, je peux vous dire avec confiance que c’est faux. Au fil du temps, j’ai appris que personne ne peut vous remplacer. Personne. Personne ne peut remplacer qui vous êtes. Vos forces, votre style, vos anecdotes, vos attentions, vos idées, vos faiblesses, votre empathie. Personne ne peut vous remplacer, vous. Oui, quelqu’un d’autre peut être dans la classe. Mais ce sera autre chose. Autre chose de merveilleux. Mais autre chose. Si vous passez 30 ans en éducation, vous êtes là pour une raison. Vous avez quelque chose d’unique à apporter. Et les élèves et les collègues qui seront placés sur votre chemin ont quelque chose à vous apporter aussi. Vous, où est/sera votre focus?

Notre temps est limité

À un moment donné, peut-être en juin, on soulignera votre passage en éducation. En quelques phrases, lors d’un rassemblement quelconque, on résumera, peut-être, vos accomplissements. Et ce sera fini. Next? Personnellement, je n’ai pas hâte à ce moment. J’aime essayer d’aider mes collègues, essayer d’améliorer ce qui se passe dans nos belles écoles. Je m’imagine les pensées qui m’habiteront à la veille de ma retraite. Est-ce que j’aurai été le prof, la direction, le collègue qui aura mis l’accent sur les bonnes choses? Serai-je encore en croissance ou aurai-je arrêté d’apprendre? Serai-je résigné, parce que les jeunes ne sont plus comme avant? Que de questions.

Bilan

Ce sont des choses auxquelles je pense en juin, au moment de faire le bilan de ma 17e année en éducation. Pour tous les individus qui ont été placés sur mon chemin dans le passé, et que j’aurais aimé mieux servir, et pour tous ceux qui le seront à l’avenir, auxquels je souhaite sincèrement ajouter de la valeur, c’est pour ça que j’apprends, que j’écris, que je lis, que je me réseaute, que je me questionne. Parce que mon temps est limité et je veux donner ce que je suis sensé donner.

«Success, is when i add value to myself. Significance, is when i add value to others.» John Maxwell

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite un bon dernier droit avec vos élèves. Je vous souhaite aussi de bien réfléchir à votre carrière. Où en êtes-vous? Qu’avez-vous à offrir?

Si votre carrière devait se terminer en juin 2018, que feriez-vous en 2017-2018?

Go! Vous avez l’été pour vous préparer.

Nous ne sommes pas éternels, mais notre impact peut être incommensurable.

Personne ne peut vous remplacer.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Quand l’inukshuk tombe sur la tête

Mise en garde. La lecture de ce billet exige de la réflexion. Êtes-vous prêts? Ok Go!

L’objectif de ce billet est de partager une première ébauche d’un processus qui, à mon humble avis, peut nous aider collectivement à sérieusement repenser l’école. Quand l’inukshuk tombe sur la tête… Je m’explique plus loin.

Mise en contexte

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «… notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves (…) il ne nous manque que nos lunettes.» Mais comment trouver nos nouvelles lunettes?

Des idées du réseau

Voici quelques idées partagées par les gens dans mon réseau. Merci!!!

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Jessica Charland Allocca a partagé cette vidéo qui illustre l’importance de tenir compte de la progression de l’élève dans l’acquisition d’une nouvelle compétence.

Jacques Taillefer affirme que «Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil à certains systèmes d’éducation en Europe pour les adapter à notre réalité et passer à l’action OPV. Le bien-être de trop d’enfants et la santé même de notre société sont en jeu. Non ce n’est pas trop dramatique, si on juge l’épidémie de santé mentale chez les jeunes, les résultats au post-secondaire et la transition vers le gagne-pain. (…) Et un plan de formation basé sur des compétences spécifiques à acquérir de façon progressive. Et que ces compétences seront valorisées et feront même partie de l’observation professionnelle formelle. R=E+M…»

Pour sa part, Vincent Carrara affirme que «C’est un bonheur que d’imaginer une paire de lunettes à travers lesquelles l’enseignant et l’élève pourraient cheminer vers une meilleure compréhension de ce monde en évolution constante. L’acte d’évaluer serait tellement plus puissant s’il était initié spontanément et mesuré dans un contexte visant la quête de l’épanouissement personnel, en exigeant une rigueur personnelle de soi, sans avoir la contrainte de livrer la bonne réponse.» 

Ces commentaires des gens dans mon réseau me font penser à cette image qui propose une nouvelle vision de ce que pourrait être le succès, dans l’école repensée.adobe-spark-10

Je vous propose donc une démarche à la Google Maps. Il faut d’abord prendre conscience de notre position actuelle, savoir où on veut aller, et se donner un moyen pour y arriver. 

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Notre position actuelle

Dans le contexte actuel, le point de départ, c’est le programme. Dans la démarche d’enseignement/apprentissage actuelle, en Ontario, Faire croître le succès, la politique en matière d’évaluation du rendement de l’élève, nous propose un excellent modèle d’enseignement. L’inukshuk, qui s’appuie sur la recherche. Ce modèle nous aide à placer l’élève au centre de son apprentissage, et ce, peu importe le niveau ou la matière qu’on enseigne. Je l’explique dans ce billet qui date de 2012 et qui est encore actuel. Je reprends aujourd’hui le visuel de l’inukshuk, à droite. J’ai inversé 5 et 6, je sais 🙂

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Les pierres de l’inukshuk étant numérotées, on peut facilement penser que la démarche d’enseignement/apprentissage sera linéaire. Il n’y a rien de mal là-dedans. Or il y a plusieurs façons d’appliquer cette démarche.

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1. À partir du programme, on cible les résultats d’apprentissage visés.

2. On co-construit les critères d’évaluation avec les élèves.

3. On assigne des tâches/travaux qui amènent les élèves à générer des preuves d’apprentissage (leurs productions, nos observations, nos conversations avec eux).

4. On leur donne de la rétroaction en s’appuyant sur les critères.

5 et 6. On invite les élèves à être évaluateurs. Ils s’auto-évaluent ou évaluent leurs pairs en s’appuyant sur les critères.

7. On invite les élèves à se fixer des objectifs d’apprentissage personnels, à être actualisés dans la prochaine étape (prochain travail).

Tout ça, AVANT que ça compte au bulletin. Ce qui fait que QUAND les élèves apprennent est plus important que SI ils apprennent, faute de temps, comme l’illustre l’image suivante.

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La destination souhaitée

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes?» Pour évaluer les élèves et enseigner des compétences. Avant de trouver nos nouvelles lunettes, il importe de savoir où on veut aller. Qu’est-ce qu’on veut voir dans l’école repensée? Plusieurs idées circulent à ce sujet. Personnaliser l’école, être flexible, respecter la progression de chaque élève, développer des compétences comme l’autonomie et la créativité, contribuer au monde, publier le fruit de nos apprentissages à des auditoires réels, évaluer autrement, etc. Ce que ça donne, en bout de ligne, c’est qu’on souhaite que le projet 20% devienne le projet 100%. En principe. L’école personnalisée à 100% aurait pour point de départ les objectifs d’apprentissage personnels de l’élève. Ses passions, ses intérêts. Les problèmes réels auxquels il veut contribuer. Les diverses façons concrètes par lesquelles il veut contribuer au monde réel. Cette image illustre, en partie, ce à quoi pourrait ressembler le modèle de l’école complètement personnalisée. Et c’est ici que l’inukshuk tombe sur la tête. Que les objectifs d’apprentissage personnels des élèves font partie du point de départ.

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C’est donc dire que les élèves se présenteraient à l’école pour faire cheminer leurs projets. Le rôle de l’enseignant serait alors de les aider à planifier les étapes de leurs projets en tenant compte du programme et des critères de réussite, de leur fournir du soutien, des conseils, de la rétroaction, de leur fournir des occasions de réflexion, de les réseauter avec les bonnes personnes…  Ça ressemble drôlement à de l’entraide ça! À la fin, les élèves atteignent leurs objectifs. En fait, tout au long de leur cheminement, ils se rapprochent de leurs objectifs. C’est le processus qui les y amène. Ce n’est pas ponctuel. L’assiduité est donc importante. Pas à l’école? Le projet n’avance pas. Un cours raté, ça ne se reprend pas, dans l’école repensée. C’est comme manquer un entraînement au gym. Et pour l’enseignant, il reste les bulletins. Je n’arrive pas à m’imaginer que les bulletins vont disparaître. Et c’est là que nous avons besoin de nos nouvelles lunettes. Des lunettes pour voir. Les crochets représentent ce que les enseignants ont besoin d’être capables de voir (quand les élèves relèvent des défis en robotique, par exemple), de documenter en cours de route pour répondre aux exigences du système. Où est le programme? Quelles compétences sont développées? Quels critères de réussite et de performance ont été atteints? Oui chers collègues, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Mais nos nouvelles lunettes, nous ne les avons pas. Pas encore. Not yet! Parce que nous ne les avons pas encore cherchées. Jusqu’à maintenant!

Et si on se donnait un processus pour trouver nos lunettes!

J’ai participé au Sommet de l’iPad et du numérique à Montréal la semaine dernière. Dans son atelier, Normand Brodeur recommandait que l’enseignant adopte une posture de chercheur, pour apprendre à naviguer les informations en ligne. Pour apprendre à distinguer le vrai du faux. Et si nos écoles adoptaient une telle posture? Pas pour distinguer le vrai du faux, mais pour trouver nos nouvelles lunettes. Que se passerait-il si une école se donnait comme mandat dès la rentrée de demander à tous leurs élèves de faire un projet. Individuel ou en équipe. Un projet axé sur leurs talents, leurs intérêts, leurs passions. Un projet qui contribue au vrai monde. Détail important : le projet ne serait pas évalué au bulletin. (Silence) Non. Cette année, les élèves, nous prenons un peu de temps (5, 10, 15, 20%) pour des projets qui nous passionnent. Et on va s’entraider. Mais on le fait sérieusement. Appelez ça une stratégie pour le bien-être de nos élèves, un projet de citoyenneté numérique, un projet 20%. Peu importe. L’idée, c’est qu’une école se donne un processus et une intention. Tout le long du projet, on documente ce qu’on observe, ce qu’on apprend, nos questions, nos idées, nos barrières. À la fin, on réfléchit à ce qui vient de se vivre. On découvre nos lunettes. Ensemble. On essaie de trouver où était le programme dans tout ces projets-là. Quelles compétences ont été développées? On essaie de déterminer combien les élèves ont progressé. Combien de choses ils ont apprises. Dans le programme ou non. Et ensuite on réfléchit à ce que ça prendrait pour qu’on puisse le faire entrer dans les paramètres du système, pour qu’on puisse avoir cette approche plus souvent. Pour passer au projet 50% etc. Vous me suivez? Un projet de recherche collectif, pour trouver comment enseigner, personnaliser et évaluer dans l’école repensée. Voici une première ébauche d’un visuel pour nous appuyer.

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Parce qu’il faut sortir des sentiers battus pour repenser l’école!

Pour repenser l’école, il va falloir sortir des sentiers battus. Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue… On peut atteindre la cible, si on la voit et qu’elle ne bouge pas. Mais si la cible, c’est le processus. Le processus, c’est être en mouvement, en développement de compétences. Le seul critère ici, c’est d’arriver à notre fin et de croître. C’est donc une démarche qui est davantage axée sur l’expérimentation, la réflexion et la croissance collectives que sur l’atteinte de cibles pré-déterminées. How far can we grow? Quand nous aurons suffisamment de vécu dans cette autre façon de faire l’école, probablement que le retour à la démarche de l’inukshuk telle qu’on la connaît sera possible, un élève à la fois.

«Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue…»

L’analogie LEGO

Quand on choisit une boîte de legos, on choisit l’image sur le dessus. Ça nous stimule et ensuite on assemble les pièces en suivant la démarche proposée. On choisit l’image qui nous intéresse. Dans notre quête de faire l’école autrement, voit-on tous la même image sur la boîte de legos? Nous avons toutes les pièces présentement. Les pièces n’ont pas de sens tant qu’on n’a pas vu l’image sur la boîte. C’est ça qu’on doit trouver ensemble. Quels sont les éléments communs et différents sur la boîte de l’école repensée?

Pour pouvoir aider les élèves…

En conclusion, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Les objectifs d’apprentissage personnels de nos élèves, leurs passions et intérêts, deviennent le point de départ. C’est intéressant. Les élèves se présentent à l’école avec leur programme. Ils deviennent les entrepreneurs de leur vie. Notre rôle? Les aider. Dans le modèle traditionnel, notre rôle est de les accompagner dans une démarche que nous connaissons, que nous avons déjà vécue en tant qu’élève et que nous vivons depuis X nombre d’années en tant qu’enseignants. Nous pouvons donc très bien les aider. Pour pouvoir les aider dans un modèle personnalisé où les élèves deviennent les entrepreneurs de leur vie, il faut être passés par là, nous aussi! Pour aider un apprenant à vie, pour aider un entrepreneur, il faut l’être soi-même. Personne n’aime recevoir de l’appui de quelqu’un qui est mal placé pour l’appuyer.

Nous avons un bon bout de chemin de fait, chers collègues. Il ne nous manque que nos lunettes. Dans le cadre du Sommet de l’iPad, un conférencier (j’oublie qui) a affiché une diapo qui disait quelque chose comme «Learning is the job of the future.»

Il serait donc intéressant :

  1. D’adopter une posture de chercheur, seul ou en équipe-école.
  2. De devenir, intentionnellement, des apprenants à vie, les entrepreneurs de notre vie.

Bon succès et merci de vos commentaires!

Des signes qui ne mentent pas…

Ça y est. Le système d’éducation est à quelques années d’être complètement transformé. Pour le mieux. Il y a des signes qui ne mentent pas.

SAMR – L’appui requis pour passer du «S» au «R»

Dans Il faut sortir de Sa boîte pour innover à l’intérieur de LA boîte j’abordais en profondeur l’idée que le modèle SAMR nous permet d’imaginer des étapes concrètes vers la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, vers cette autre façon d’enseigner. Et qu’il y a une évolution dans le type d’appui requis pour aider les gens à passer du «S» au «R». En effet, l’appui dont les gens ont besoin au début est davantage technologique. Ensuite, au niveau du «A» et du «M», les gens demandent de l’appui pédagogique. Ils se mettent à changer leur démarche pédagogique mais l’impact sur leur façon d’évaluer les élèves n’est pas toujours clair ou cohérent pour eux. Au niveau du «R», l’appui se fait finalement au niveau de l’évaluation.

L’évaluation. C’est là que se joue la «game».

SAMR – Le système frappe à la porte du «R»!

Il y a des signes qui démontrent que notre système frappe à la porte du «R» (du modèle SAMR) au niveau du questionnement et de la réflexion. Récemment, George Couros publiait Is it time to move away from the idea of “Tech Leads”? Signe que le «S» est loin derrière nous. C’est clair pour tout le monde que l’éducation veut passer de la transmission de connaissances au développement de compétences, de personnes. J’aborde le sujet dans Le 21e siècle a 17 ans, hein? Mais on évalue ça comment, des compétences? Et, comme abordé dans «C’est dans Classroom!», comment on enseigne les compétences? Parce qu’on ne veut pas seulement évaluer, on veut enseigner!  Dans les dernières semaines, Sébastien Stasse publiait Que vaut vraiment un note?. Il propose des réflexions importantes sur le processus qui mène aux résultats actuels dans notre système. Aux notes finales de nos élèves. Il propose également d’excellentes réflexions au niveau de la place des notes dans l’acquisition des compétences. Quelle est la place de la note dans le processus d’apprentissage et de croissance qui mène au développement de compétences? La note tient-elle compte de nos progrès? Et s’il n’y avait pas de notes?! Dans L’école repensée, je propose ce visuel où on peut observer, au bas du visuel, la représentation du système traditionnel, qui transmet des connaissances. Chaque crochet représente une note. C’est logique. Pour ce modèle. Le haut du visuel, lui, représente l’école repensée, l’école qui permet de développer des compétences. Moins linéaire mais toujours limité par le temps et les exigences du système. Il n’y a pas de crochets ici. Mais qu’est-ce qui doit remplacer les crochets, les notes, dans l’école repensée? Et après tout,  On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Dans son excellent billet, Nos élèves, les entrepreneurs d’aujourd’hui, mon collègue André Savard parle de l’école comme d’un lieu où chaque élève devient l’entrepreneur de sa vie. Prenez le temps de le lire. C’est émouvant. 

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Enlever les bulletins? Un pensez-y bien!

Mais sérieusement, que se passerait-il si on enlevait les bulletins? Pensez-y. Plus de bulletins à faire. Que des compétences à développer. Il me semble que ce serait tout un défi de garder nos élèves motivés. Non? Les tests, les tâches, les examens, ce sont les matchs de nos élèves. L’école ne peut pas être un endroit où on ne fait que pratiquer. Les élèves doivent performer. C’est stimulant! Mais pour qui? Et pour quoi? Dans quel contexte? Je me questionne. En tout cas, on a besoin de se faire une tête, collectivement, sur ce qu’on veut réellement faire dans l’école repensée.

Personnaliser l’éducation? Que de questions!

C’est donc logique que le système se questionne sur ses éléments les plus fondamentaux. Comme la place de l’évaluation. Depuis longtemps, on va à l’école pour ________________. Être évalué et standardisé. Mis dans le moule. Comparé à la moyenne. Si on personnalise l’éducation, il faut également personnaliser l’évaluation. Et ça amène toutes sortes de questions. Comment évaluer des compétences? Et comme abordé dans Est-il temps de parler d’évaluation hybride?, comment tenir compte de tous les contextes, y compris le numérique, lorsqu’on évalue?  Comment avoir des indicateurs systémiques standardisés si l’éducation est personnalisée? Il faut aligner nos flèches. Comment on démontre que le système est bon et progresse si les élèves ne font pas tous les mêmes travaux en même temps? Comment réussir à mesurer et à évaluer ce qui compte pour le système tout en développant ce qui compte pour nos élèves?

Regardons derrière. Ça va prendre du temps.

Pour anticiper les prochaines étapes, réfléchissons à ce que nous a enseigné l’arrivée des grilles d’évaluation globales, dont la mise en oeuvre graduelle a débuté en 1999. Qu’est-ce que ça a demandé du système? On a changé notre façon d’évaluer avant de changer notre façon d’enseigner. La grille, c’était une autre paire de lunettes pour évaluer l’élève de façon qualitative plutôt que quantitative, mais dans le même modèle. Graduellement, ces lunettes nous ont amenés à changer nos façons de faire. On parlait de tâches englobantes qui permettent d’évaluer les 4 compétences de la grille. De regarder l’élève globalement. Même si parfois on ciblait une compétence par question, parce que ça allait mieux pour expliquer la note finale. Même si on avait parfois l’impression de pénaliser l’élève deux fois parce que HP2 et MA2, c’était tellement la même chose. Mais ça, c’était avant. N’est-ce pas? Et ça a pris 10 ans avant que le terrain développe sa capacité avec ces nouvelles lunettes, ce qui a donné lieu à Faire croître le succès, la politique du ministère de l’Éducation de l’Ontario en matière d’évaluation du rendement de l’élève. 10 ans. Signe que la transformation d’un système, ça prend du temps.

À la recherche de nos prochaines lunettes

Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes? Quelle sera la prochaine grille? Aura-t-elle des critères? Des exigences? Des principes directeurs?

Je crois que notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves.

Ensemble, on va plus loin… et plus vite!

Oui, notre système est sur le point d’être complètement transformé. Il y a des signes qui ne mentent pas. Et il ne nous manque que nos lunettes. Mais comment les trouverons-nous?

Avec les médias sociaux, ça ne prendra pas 10 ans!

Je travaille présentement sur une série de modèles / visuels qui peuvent, à mon avis, nous servir de processus collectif pour arriver à identifier nos prochaines lunettes. Ce sera l’objet de mon prochain billet! (C’est la première fois que j’écris un billet pour préparer le prochain… Et je fais des visuels en plus… Signe que c’est très flou encore!)

Si ça vous intéresse, je vous invite à partager vos idées/suggestions/questions dans les commentaires. Je vais les intégrer dans mon prochain billet!

Activons notre cerveau collectif!

Ensemble, on va plus loin… et plus vite!

Merci 🙂