Le leadership et le service au volant chez Tim Horton’s!

Je suis passé me prendre un café chez Tim Horton’s cette semaine. À Alfred, en fait. Un nouveau Tim Horton’s vient d’ouvrir ses portes. En passant au service au volant, j’ai observé un superviseur en train d’appuyer une nouvelle employée. Et je me suis mis à faire des liens avec le leadership. Sérieux. Suivez-moi. Je pense que ça a du bon sens 😉

Croire que les personnes ont de la valeur

 

Quand les leaders d’une organisation se rendent compte que les personnes de leur organisation sont leur principal atout, tout devient possible. Tout devient possible parce qu’on se met à investir dans le développement des personnes. C’est normal, on reconnaît leur importance. Et ce n’est pas long qu’un certain momentum s’installe au sein de l’organisation. L’organisation se met à «rouler», comme on dit. Mais comment peut-on maximiser l’investissement de temps, d’argent, d’effort, dans le développement des personnes et du leadership d’une entreprise? Et s’il existait un processus dont pouvait s’inspirer l’éducation?

L’exemple de Tim Horton’s

Pour pouvoir former une nouvelle employée, j’imagine que le superviseur a d’abord dû apprendre comment doit se faire le travail. La partie technique. Où cliquer. Comment travailler en équipe, les processus etc. Il y a aussi l’approche du service à la clientèle. Comment accueille-t-on le client? En personne et au service au volant. Ce que je veux dire c’est que le superviseur doit ÊTRE/DEVENIR, d’abord, un employé modèle. Ou du moins être capable de modeler ce qui est recherché des employés. L’idée derrière le développement de personnes, c’est de reproduire des leaders. On peut enseigner ce qu’on sait, mais on reproduit qui on est. Ensuite, le superviseur a probablement invité la nouvelle employée à l’observer, à lui poser des questions, à écouter etc. La prochaine étape, c’est ce que j’ai observé quand je suis passé au service au volant. La nouvelle employée faisait la tâche, mais elle était appuyée par le superviseur qui était là pour répondre à ses questions, pour lui donner des conseils, pour la rassurer et pour assurer un certain contrôle de la qualité. Elle a bien fait ça et mon café était bon, en passant. Cette étape de formation d’une nouvelle employée prendra un certain temps mais j’anticipe qu’à mon prochain passage chez Tim Horton’s, cette nouvelle employée sera autonome. Le superviseur sera moins près d’elle. Et peut-être qu’un jour, cette nouvelle employée sera celle qui formera les nouvelles employées. C’est le cycle. Démarrer, autonomiser, pérenniser.Vous me suivez?

Un processus pour développer des personnes en éducation

L’éducation, c’est une entreprise de développement de personnes. Pensez-y. Mais le leadership est un concept qui peut être abstrait. Comment on fait ça, reproduire des leaders? On place un bon leader dans un poste et on espère qu’il irradie du leadership, qu’il devienne une borne d’accès au leadership? Si on espère bâtir une culture de leadership, il faut davantage miser sur un processus intentionnel de reproduction. Si l’éducation s’inspire du modèle de Tim Horton’s, le processus pour développer des leaders à tous les niveaux du système aurait 5 étapes à partir du moment où un leader EST.

1- Je le fais.

De nos jours, les choses avancent tellement vite que les gens veulent apprendre et être dirigés par des gens qui leur servent de modèles. Si on veut développer des personnes dans notre salle de classe, dans notre secteur, dans notre école, dans notre conseil, il faut d’abord croître intentionnellement soi-même et être en mesure de modeler, à notre niveau, les pratiques et les comportements qu’on recherche des personnes dans notre système. C’est une approche qui part d’une mentalité, d’une philosophie de leadership bien simple. Être au service de l’autre, ajouter de la valeur à l’autre. Pour ajouter de la valeur à l’autre, il faut croire que l’autre a de la valeur. Et pour pouvoir ajouter de la valeur à l’autre, il faut avoir quelque chose à offrir. Il faut donc continuellement être en train d’ajouter de la valeur à qui on est. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Bref, ajouter de la valeur à soi-même pour pouvoir ajouter de la valeur aux autres, parce qu’on croit qu’ils ont de la valeur. (pas facile à verbaliser, cette phrase) On enseigne ce qu’on sait, mais on reproduit qui on est. Étape 1 : ÊTRE/DEVENIR.

2- Je le fais et tu m’observes.

À l’étape 2, on invite un futur leader à nous observer dans le feu de l’action, on fait de l’enseignement explicite, on rend notre pensée visible, on explique le pourquoi et le comment de tout ce qu’on fait. La personne qui observe peut nous poser des questions, faire des commentaires… Pour établir sa crédibilité, on s’entend qu’il faut ÊTRE, ici. Inutile d’essayer d’avoir l’air… Avant d’avoir de la visite, on se prépare.

3- Tu le fais et je t’observe.

À l’étape 3, on passe le flambeau au futur leader. Savoir comment faire n’est pas suffisant. Il faut donner l’occasion à l’autre de développer ses compétences, de goûter au terrain, de vivre en contexte ce qu’il a appris et observé. Ici, le rôle du leader est de ne pas prendre trop de place, de laisser l’autre faire son chemin. Le leader pose des questions, répond aux questions, offre du soutien et de la rétroaction constructive en fonction des progrès de la personne qu’il développe. Cette étape prend du temps. Et il faut prendre le temps. On ne fait pas pousser un carotte en tirant sur la queue. Processus.

4- Tu le fais.

Après un certain temps, la personne devient autonome. Elle peut s’acquitter de ses tâches, de ses défis, de son travail, prendre des décisions, faire des apprentissages etc. Le leader est là au besoin. Le nouveau leader donne des résultats à son entreprise, il est devenu, lui aussi, une référence dans son entreprise. Mais ça ne finit pas ici. On ne maîtrise pas un rôle, une compétence, un contexte tant qu’on ne peut pas l’enseigner à quelqu’un d’autre… Et c’est là la clé dans une culture axée sur le leadership.

5- Tu le fais et quelqu’un d’autre t’observe.

À l’étape 5, le nouveau leader accueille à son tour un futur leader. Et il l’accompagne, à son tour, dans son développement. On n’a jamais formé complètement un leader tant qu’il ne peut pas se reproduire. C’est l’effet multiplicateur systématique qui fait qu’une entreprise devient de plus en plus performante. Ça prend du temps, de l’énergie, de l’effort, de la patience, une vision.

Appliquer ce processus en salle de classe

Appliquons ce processus à la salle de classe, juste pour voir. Disons qu’on veut développer des élèves-leaders / citoyens (numériques) responsables. Les 5 étapes auraient l’air de ça.

  1. Il faudrait d’abord ÊTRE (l’enseignant) un assez bon citoyen numérique, avant d’essayer de développer les élèves. On ne donne pas des cours de nage si on ne sait pas nager. Même si on a un super bon manuel!
  2. Quand on a développé un certain niveau de compétence, on fait l’enseignement explicite de ce qu’est la citoyenneté numérique et on fait le modelage des comportements souhaités. Ici, on est en contexte. Comme chez Tim Horton’s. On rend notre pensée visible, on répond aux questions, on établit les critères/paramètres à respecter. Petits pas. Ouverture graduelle sur le monde, en fonction du groupe d’âge des élèves. Cette étape n’a pas à être bien longue. Les élèves savent déjà les clics. C’est le processus de réflexion et la lecture du contexte qui peut leur échapper.
  3. La troisième étape est la plus importante et la plus longue, du point de vue du développement des élèves. On les place en contexte et ils doivent développer leurs compétences. Selon le groupe d’âge, votre relation avec les élèves, leur degré d’autonomie etc., vous déterminez le degré d’ouverture sur le monde approprié pour les accompagner dans le développement de leur citoyenneté numérique. Concrètement, on parle de collaboration dans un document Google, d’un échange sur Twitter, d’un blogue, d’un portfolio numérique, d’une campagne sur Facebook… Les possibilités sont illimitées. Ici, les élèves se développent en contexte.
  4. À l’étape 4, les élèves ont développé un certain niveau d’autonomie dans le contexte numérique que vous avez déterminé/délimité avec eux.
  5. À l’étape 5, les élèves sont invités à accompagner d’autres élèves. Possiblement plus jeunes. Ou même des adultes. L’idée ici, c’est de leur permettre de jouer le rôle d’enseignant. Mais un rôle d’enseignant qui leur permet de transmettre les compétences et les connaissances acquises aux étapes 2, 3 et 4.

Le hic avec ce processus, c’est qu’il commence quand on (l’enseignant dans ce cas-ci) a déjà atteint un niveau élevé de compétence (en citoyenneté numérique dans cet exemple). C’est un peu comme de commencer au niveau 4 des 5 niveaux de leadership de John Maxwell. Comment s’y rendre si personne ne peut nous appuyer ou nous former en personne? Observons le système de badges du CADRE 21.

CADRE 21 et les badges : un processus d’autoformation pour devenir

Cadre 21 offre présentement plus de 38 badges dans un système d’autoformation. C’est un concept très intéressant. J’ai eu la chance d’assister à une présentation de ce système cette semaine. Merci à Jacques Cool, à Normand Brodeur et à mes collègues du CSDCEO. J’attire votre attention aux 4 niveaux de badges du Cadre 21. Remarquez le choix des mots.

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On remarque que le leadership apparaît au niveau Innovateur. Ce serait là, le point d’entrée (étape 1) du processus de reproduction de leaders, de développement de personnes (5 étapes) que je vous propose dans le présent billet. Pour arriver à ÊTRE une référence dans une compétence ou un domaine quelconque, il faut commencer quelque part. Souvent, les gens pensent qu’on l’a ou on ne l’a pas. Devenir, c’est un processus. Les 4 niveaux de badges du CADRE 21, c’est en fait le processus normal d’acquisition de compétences ou du développement d’une personne. On commence d’abord par être curieux, par être disposé à apprendre quelque chose de nouveau. On explore. Ensuite on se développe, on expérimente, on intègre et, finalement, on innove. Ça prend du temps, devenir compétent.

EAVI : Le modèle SAMR des compétences?

Si le modèle SAMR nous a éclairés pour l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage, je crois que le modèle EAVI pourrait nous éclairer dans l’enseignement, le monitorage de la progression et l’évaluation des compétences globales. Je lance ça comme ça. Le point d’entrée serait la mentalité de croissance, une disposition à apprendre. On parle de l’importance d’apprendre à apprendre. Dans le modèle EAVI, le E pourrait désigner Explorateur (apprenant disposé à apprendre) A V I (à vie). Il ne resterait qu’à nourrir la matrice EAVI pour voir comment pourrait se manifester l’acquisition ou le développement graduel des 6 compétences globales. Et, pourquoi pas, des badges pour s’afficher et se reconnaître!

Je vous rappelle que tout ça a commencé par un café chez Tim Horton’s. C’est fou les liens qu’on peut faire en passant chez Tim Horton’s et en discutant avec des collègues!

Je vous laisse avec 2 questions :

  1. Que pensez-vous du processus intentionnel (leadership) de développement de personnes (compétences) en 5 étapes? Ça peut fonctionner à tous les niveaux du système?
  2. Que pensez-vous de l’idée du modèle EAVI (Explorateur à vie) pour soutenir l’acquisition et le développement des compétences globales? Ça se tient?

Merci de vos commentaires!

 

Personne ne peut vous remplacer

 

Nous ne sommes pas éternels. «We all know the epiphany is coming.» C’est la phrase qui m’inspire à écrire ce matin. En regardant cette vidéo ce matin, je me suis mis à réfléchir.  Est-ce que je mets l’accent sur les bonnes choses dans ma vie? Regardez de 17:39 à 19:45. Ensuite on fait des liens à l’éducation. C’est 2 minutes et 6 secondes! Allez-y 🙂

«Big picture»

C’est un billet «big picture», oui je sais. En éducation, c’est le mois de juin. Le mois du dernier droit dans les écoles. On entend déjà «Une autre année de faite! Wow! Incroyable comme ça passe vite!» Comme dans la vraie vie. Tout passe vite. Surtout si on ne s’arrête pas pour réfléchir. Or dans le tourbillon de la fin de l’année, on peut se poser la question : Qu’est-ce que ça aura donné, cette année? Qu’est-ce que j’aurai accompli avec mes élèves? Concrètement.

Du temps pour faire une différence… pour les personnes

Une chose est certaine, notre temps est limité avec nos élèves. On les voit une année à la fois. On peut enseigner pendant 30 ans et au même niveau pendant plusieurs années. Mais souvent, on a une seule année, un seul semestre, pour faire une différence pour les élèves. Pas pour leurs résultats, pour les personnes qu’ils sont. Ceux-là, ceux qui sont là, maintenant. C’est trompeur de regarder une carrière en éducation et de penser qu’on a le temps. Le temps de…? Si dans notre vie on gaspille parfois du temps, en éducation, je crois qu’on laisse passer des occasions de changer des vies. Même la nôtre. On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent! Dans You Are Not A Number, George Couros nous rappelle que nous sommes en éducation pour les élèves. Pas pour les données qu’ils génèrent. Pensez-y. C’était mon message dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Or saisissons-nous les occasions qu’ils nous offrent, nos élèves, nos collègues? Quand on donne, on reçoit. Quand on change la vie d’un élève, d’un collègue, on est changé nous aussi. Et ça, ça se fait en montant. «Everything worthwhile is uphill.», comme dirait John Maxwell. Et ce n’est pas compliqué, changer une vie. Il faut simplement être à l’écoute. Je peux l’affirmer, parce que certains collègues ont changé le cours de ma carrière, à différents moments. Merci 🙂

«On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent!» @bourmu

Personne ne peut vous remplacer

Quand j’ai commencé à enseigner, on me disait que tout le monde était remplaçable. Ça me faisait tellement de quoi. Je voulais m’investir, faire une différence. Avec mon expérience, je peux vous dire avec confiance que c’est faux. Au fil du temps, j’ai appris que personne ne peut vous remplacer. Personne. Personne ne peut remplacer qui vous êtes. Vos forces, votre style, vos anecdotes, vos attentions, vos idées, vos faiblesses, votre empathie. Personne ne peut vous remplacer, vous. Oui, quelqu’un d’autre peut être dans la classe. Mais ce sera autre chose. Autre chose de merveilleux. Mais autre chose. Si vous passez 30 ans en éducation, vous êtes là pour une raison. Vous avez quelque chose d’unique à apporter. Et les élèves et les collègues qui seront placés sur votre chemin ont quelque chose à vous apporter aussi. Vous, où est/sera votre focus?

Notre temps est limité

À un moment donné, peut-être en juin, on soulignera votre passage en éducation. En quelques phrases, lors d’un rassemblement quelconque, on résumera, peut-être, vos accomplissements. Et ce sera fini. Next? Personnellement, je n’ai pas hâte à ce moment. J’aime essayer d’aider mes collègues, essayer d’améliorer ce qui se passe dans nos belles écoles. Je m’imagine les pensées qui m’habiteront à la veille de ma retraite. Est-ce que j’aurai été le prof, la direction, le collègue qui aura mis l’accent sur les bonnes choses? Serai-je encore en croissance ou aurai-je arrêté d’apprendre? Serai-je résigné, parce que les jeunes ne sont plus comme avant? Que de questions.

Bilan

Ce sont des choses auxquelles je pense en juin, au moment de faire le bilan de ma 17e année en éducation. Pour tous les individus qui ont été placés sur mon chemin dans le passé, et que j’aurais aimé mieux servir, et pour tous ceux qui le seront à l’avenir, auxquels je souhaite sincèrement ajouter de la valeur, c’est pour ça que j’apprends, que j’écris, que je lis, que je me réseaute, que je me questionne. Parce que mon temps est limité et je veux donner ce que je suis sensé donner.

«Success, is when i add value to myself. Significance, is when i add value to others.» John Maxwell

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite un bon dernier droit avec vos élèves. Je vous souhaite aussi de bien réfléchir à votre carrière. Où en êtes-vous? Qu’avez-vous à offrir?

Si votre carrière devait se terminer en juin 2018, que feriez-vous en 2017-2018?

Go! Vous avez l’été pour vous préparer.

Nous ne sommes pas éternels, mais notre impact peut être incommensurable.

Personne ne peut vous remplacer.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Quand l’inukshuk tombe sur la tête

Mise en garde. La lecture de ce billet exige de la réflexion. Êtes-vous prêts? Ok Go!

L’objectif de ce billet est de partager une première ébauche d’un processus qui, à mon humble avis, peut nous aider collectivement à sérieusement repenser l’école. Quand l’inukshuk tombe sur la tête… Je m’explique plus loin.

Mise en contexte

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «… notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves (…) il ne nous manque que nos lunettes.» Mais comment trouver nos nouvelles lunettes?

Des idées du réseau

Voici quelques idées partagées par les gens dans mon réseau. Merci!!!

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Jessica Charland Allocca a partagé cette vidéo qui illustre l’importance de tenir compte de la progression de l’élève dans l’acquisition d’une nouvelle compétence.

Jacques Taillefer affirme que «Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil à certains systèmes d’éducation en Europe pour les adapter à notre réalité et passer à l’action OPV. Le bien-être de trop d’enfants et la santé même de notre société sont en jeu. Non ce n’est pas trop dramatique, si on juge l’épidémie de santé mentale chez les jeunes, les résultats au post-secondaire et la transition vers le gagne-pain. (…) Et un plan de formation basé sur des compétences spécifiques à acquérir de façon progressive. Et que ces compétences seront valorisées et feront même partie de l’observation professionnelle formelle. R=E+M…»

Pour sa part, Vincent Carrara affirme que «C’est un bonheur que d’imaginer une paire de lunettes à travers lesquelles l’enseignant et l’élève pourraient cheminer vers une meilleure compréhension de ce monde en évolution constante. L’acte d’évaluer serait tellement plus puissant s’il était initié spontanément et mesuré dans un contexte visant la quête de l’épanouissement personnel, en exigeant une rigueur personnelle de soi, sans avoir la contrainte de livrer la bonne réponse.» 

Ces commentaires des gens dans mon réseau me font penser à cette image qui propose une nouvelle vision de ce que pourrait être le succès, dans l’école repensée.adobe-spark-10

Je vous propose donc une démarche à la Google Maps. Il faut d’abord prendre conscience de notre position actuelle, savoir où on veut aller, et se donner un moyen pour y arriver. 

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Notre position actuelle

Dans le contexte actuel, le point de départ, c’est le programme. Dans la démarche d’enseignement/apprentissage actuelle, en Ontario, Faire croître le succès, la politique en matière d’évaluation du rendement de l’élève, nous propose un excellent modèle d’enseignement. L’inukshuk, qui s’appuie sur la recherche. Ce modèle nous aide à placer l’élève au centre de son apprentissage, et ce, peu importe le niveau ou la matière qu’on enseigne. Je l’explique dans ce billet qui date de 2012 et qui est encore actuel. Je reprends aujourd’hui le visuel de l’inukshuk, à droite. J’ai inversé 5 et 6, je sais 🙂

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Les pierres de l’inukshuk étant numérotées, on peut facilement penser que la démarche d’enseignement/apprentissage sera linéaire. Il n’y a rien de mal là-dedans. Or il y a plusieurs façons d’appliquer cette démarche.

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1. À partir du programme, on cible les résultats d’apprentissage visés.

2. On co-construit les critères d’évaluation avec les élèves.

3. On assigne des tâches/travaux qui amènent les élèves à générer des preuves d’apprentissage (leurs productions, nos observations, nos conversations avec eux).

4. On leur donne de la rétroaction en s’appuyant sur les critères.

5 et 6. On invite les élèves à être évaluateurs. Ils s’auto-évaluent ou évaluent leurs pairs en s’appuyant sur les critères.

7. On invite les élèves à se fixer des objectifs d’apprentissage personnels, à être actualisés dans la prochaine étape (prochain travail).

Tout ça, AVANT que ça compte au bulletin. Ce qui fait que QUAND les élèves apprennent est plus important que SI ils apprennent, faute de temps, comme l’illustre l’image suivante.

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La destination souhaitée

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes?» Pour évaluer les élèves et enseigner des compétences. Avant de trouver nos nouvelles lunettes, il importe de savoir où on veut aller. Qu’est-ce qu’on veut voir dans l’école repensée? Plusieurs idées circulent à ce sujet. Personnaliser l’école, être flexible, respecter la progression de chaque élève, développer des compétences comme l’autonomie et la créativité, contribuer au monde, publier le fruit de nos apprentissages à des auditoires réels, évaluer autrement, etc. Ce que ça donne, en bout de ligne, c’est qu’on souhaite que le projet 20% devienne le projet 100%. En principe. L’école personnalisée à 100% aurait pour point de départ les objectifs d’apprentissage personnels de l’élève. Ses passions, ses intérêts. Les problèmes réels auxquels il veut contribuer. Les diverses façons concrètes par lesquelles il veut contribuer au monde réel. Cette image illustre, en partie, ce à quoi pourrait ressembler le modèle de l’école complètement personnalisée. Et c’est ici que l’inukshuk tombe sur la tête. Que les objectifs d’apprentissage personnels des élèves font partie du point de départ.

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C’est donc dire que les élèves se présenteraient à l’école pour faire cheminer leurs projets. Le rôle de l’enseignant serait alors de les aider à planifier les étapes de leurs projets en tenant compte du programme et des critères de réussite, de leur fournir du soutien, des conseils, de la rétroaction, de leur fournir des occasions de réflexion, de les réseauter avec les bonnes personnes…  Ça ressemble drôlement à de l’entraide ça! À la fin, les élèves atteignent leurs objectifs. En fait, tout au long de leur cheminement, ils se rapprochent de leurs objectifs. C’est le processus qui les y amène. Ce n’est pas ponctuel. L’assiduité est donc importante. Pas à l’école? Le projet n’avance pas. Un cours raté, ça ne se reprend pas, dans l’école repensée. C’est comme manquer un entraînement au gym. Et pour l’enseignant, il reste les bulletins. Je n’arrive pas à m’imaginer que les bulletins vont disparaître. Et c’est là que nous avons besoin de nos nouvelles lunettes. Des lunettes pour voir. Les crochets représentent ce que les enseignants ont besoin d’être capables de voir (quand les élèves relèvent des défis en robotique, par exemple), de documenter en cours de route pour répondre aux exigences du système. Où est le programme? Quelles compétences sont développées? Quels critères de réussite et de performance ont été atteints? Oui chers collègues, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Mais nos nouvelles lunettes, nous ne les avons pas. Pas encore. Not yet! Parce que nous ne les avons pas encore cherchées. Jusqu’à maintenant!

Et si on se donnait un processus pour trouver nos lunettes!

J’ai participé au Sommet de l’iPad et du numérique à Montréal la semaine dernière. Dans son atelier, Normand Brodeur recommandait que l’enseignant adopte une posture de chercheur, pour apprendre à naviguer les informations en ligne. Pour apprendre à distinguer le vrai du faux. Et si nos écoles adoptaient une telle posture? Pas pour distinguer le vrai du faux, mais pour trouver nos nouvelles lunettes. Que se passerait-il si une école se donnait comme mandat dès la rentrée de demander à tous leurs élèves de faire un projet. Individuel ou en équipe. Un projet axé sur leurs talents, leurs intérêts, leurs passions. Un projet qui contribue au vrai monde. Détail important : le projet ne serait pas évalué au bulletin. (Silence) Non. Cette année, les élèves, nous prenons un peu de temps (5, 10, 15, 20%) pour des projets qui nous passionnent. Et on va s’entraider. Mais on le fait sérieusement. Appelez ça une stratégie pour le bien-être de nos élèves, un projet de citoyenneté numérique, un projet 20%. Peu importe. L’idée, c’est qu’une école se donne un processus et une intention. Tout le long du projet, on documente ce qu’on observe, ce qu’on apprend, nos questions, nos idées, nos barrières. À la fin, on réfléchit à ce qui vient de se vivre. On découvre nos lunettes. Ensemble. On essaie de trouver où était le programme dans tout ces projets-là. Quelles compétences ont été développées? On essaie de déterminer combien les élèves ont progressé. Combien de choses ils ont apprises. Dans le programme ou non. Et ensuite on réfléchit à ce que ça prendrait pour qu’on puisse le faire entrer dans les paramètres du système, pour qu’on puisse avoir cette approche plus souvent. Pour passer au projet 50% etc. Vous me suivez? Un projet de recherche collectif, pour trouver comment enseigner, personnaliser et évaluer dans l’école repensée. Voici une première ébauche d’un visuel pour nous appuyer.

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Parce qu’il faut sortir des sentiers battus pour repenser l’école!

Pour repenser l’école, il va falloir sortir des sentiers battus. Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue… On peut atteindre la cible, si on la voit et qu’elle ne bouge pas. Mais si la cible, c’est le processus. Le processus, c’est être en mouvement, en développement de compétences. Le seul critère ici, c’est d’arriver à notre fin et de croître. C’est donc une démarche qui est davantage axée sur l’expérimentation, la réflexion et la croissance collectives que sur l’atteinte de cibles pré-déterminées. How far can we grow? Quand nous aurons suffisamment de vécu dans cette autre façon de faire l’école, probablement que le retour à la démarche de l’inukshuk telle qu’on la connaît sera possible, un élève à la fois.

«Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue…»

L’analogie LEGO

Quand on choisit une boîte de legos, on choisit l’image sur le dessus. Ça nous stimule et ensuite on assemble les pièces en suivant la démarche proposée. On choisit l’image qui nous intéresse. Dans notre quête de faire l’école autrement, voit-on tous la même image sur la boîte de legos? Nous avons toutes les pièces présentement. Les pièces n’ont pas de sens tant qu’on n’a pas vu l’image sur la boîte. C’est ça qu’on doit trouver ensemble. Quels sont les éléments communs et différents sur la boîte de l’école repensée?

Pour pouvoir aider les élèves…

En conclusion, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Les objectifs d’apprentissage personnels de nos élèves, leurs passions et intérêts, deviennent le point de départ. C’est intéressant. Les élèves se présentent à l’école avec leur programme. Ils deviennent les entrepreneurs de leur vie. Notre rôle? Les aider. Dans le modèle traditionnel, notre rôle est de les accompagner dans une démarche que nous connaissons, que nous avons déjà vécue en tant qu’élève et que nous vivons depuis X nombre d’années en tant qu’enseignants. Nous pouvons donc très bien les aider. Pour pouvoir les aider dans un modèle personnalisé où les élèves deviennent les entrepreneurs de leur vie, il faut être passés par là, nous aussi! Pour aider un apprenant à vie, pour aider un entrepreneur, il faut l’être soi-même. Personne n’aime recevoir de l’appui de quelqu’un qui est mal placé pour l’appuyer.

Nous avons un bon bout de chemin de fait, chers collègues. Il ne nous manque que nos lunettes. Dans le cadre du Sommet de l’iPad, un conférencier (j’oublie qui) a affiché une diapo qui disait quelque chose comme «Learning is the job of the future.»

Il serait donc intéressant :

  1. D’adopter une posture de chercheur, seul ou en équipe-école.
  2. De devenir, intentionnellement, des apprenants à vie, les entrepreneurs de notre vie.

Bon succès et merci de vos commentaires!

Des signes qui ne mentent pas…

Ça y est. Le système d’éducation est à quelques années d’être complètement transformé. Pour le mieux. Il y a des signes qui ne mentent pas.

SAMR – L’appui requis pour passer du «S» au «R»

Dans Il faut sortir de Sa boîte pour innover à l’intérieur de LA boîte j’abordais en profondeur l’idée que le modèle SAMR nous permet d’imaginer des étapes concrètes vers la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, vers cette autre façon d’enseigner. Et qu’il y a une évolution dans le type d’appui requis pour aider les gens à passer du «S» au «R». En effet, l’appui dont les gens ont besoin au début est davantage technologique. Ensuite, au niveau du «A» et du «M», les gens demandent de l’appui pédagogique. Ils se mettent à changer leur démarche pédagogique mais l’impact sur leur façon d’évaluer les élèves n’est pas toujours clair ou cohérent pour eux. Au niveau du «R», l’appui se fait finalement au niveau de l’évaluation.

L’évaluation. C’est là que se joue la «game».

SAMR – Le système frappe à la porte du «R»!

Il y a des signes qui démontrent que notre système frappe à la porte du «R» (du modèle SAMR) au niveau du questionnement et de la réflexion. Récemment, George Couros publiait Is it time to move away from the idea of “Tech Leads”? Signe que le «S» est loin derrière nous. C’est clair pour tout le monde que l’éducation veut passer de la transmission de connaissances au développement de compétences, de personnes. J’aborde le sujet dans Le 21e siècle a 17 ans, hein? Mais on évalue ça comment, des compétences? Et, comme abordé dans «C’est dans Classroom!», comment on enseigne les compétences? Parce qu’on ne veut pas seulement évaluer, on veut enseigner!  Dans les dernières semaines, Sébastien Stasse publiait Que vaut vraiment un note?. Il propose des réflexions importantes sur le processus qui mène aux résultats actuels dans notre système. Aux notes finales de nos élèves. Il propose également d’excellentes réflexions au niveau de la place des notes dans l’acquisition des compétences. Quelle est la place de la note dans le processus d’apprentissage et de croissance qui mène au développement de compétences? La note tient-elle compte de nos progrès? Et s’il n’y avait pas de notes?! Dans L’école repensée, je propose ce visuel où on peut observer, au bas du visuel, la représentation du système traditionnel, qui transmet des connaissances. Chaque crochet représente une note. C’est logique. Pour ce modèle. Le haut du visuel, lui, représente l’école repensée, l’école qui permet de développer des compétences. Moins linéaire mais toujours limité par le temps et les exigences du système. Il n’y a pas de crochets ici. Mais qu’est-ce qui doit remplacer les crochets, les notes, dans l’école repensée? Et après tout,  On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Dans son excellent billet, Nos élèves, les entrepreneurs d’aujourd’hui, mon collègue André Savard parle de l’école comme d’un lieu où chaque élève devient l’entrepreneur de sa vie. Prenez le temps de le lire. C’est émouvant. 

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Enlever les bulletins? Un pensez-y bien!

Mais sérieusement, que se passerait-il si on enlevait les bulletins? Pensez-y. Plus de bulletins à faire. Que des compétences à développer. Il me semble que ce serait tout un défi de garder nos élèves motivés. Non? Les tests, les tâches, les examens, ce sont les matchs de nos élèves. L’école ne peut pas être un endroit où on ne fait que pratiquer. Les élèves doivent performer. C’est stimulant! Mais pour qui? Et pour quoi? Dans quel contexte? Je me questionne. En tout cas, on a besoin de se faire une tête, collectivement, sur ce qu’on veut réellement faire dans l’école repensée.

Personnaliser l’éducation? Que de questions!

C’est donc logique que le système se questionne sur ses éléments les plus fondamentaux. Comme la place de l’évaluation. Depuis longtemps, on va à l’école pour ________________. Être évalué et standardisé. Mis dans le moule. Comparé à la moyenne. Si on personnalise l’éducation, il faut également personnaliser l’évaluation. Et ça amène toutes sortes de questions. Comment évaluer des compétences? Et comme abordé dans Est-il temps de parler d’évaluation hybride?, comment tenir compte de tous les contextes, y compris le numérique, lorsqu’on évalue?  Comment avoir des indicateurs systémiques standardisés si l’éducation est personnalisée? Il faut aligner nos flèches. Comment on démontre que le système est bon et progresse si les élèves ne font pas tous les mêmes travaux en même temps? Comment réussir à mesurer et à évaluer ce qui compte pour le système tout en développant ce qui compte pour nos élèves?

Regardons derrière. Ça va prendre du temps.

Pour anticiper les prochaines étapes, réfléchissons à ce que nous a enseigné l’arrivée des grilles d’évaluation globales, dont la mise en oeuvre graduelle a débuté en 1999. Qu’est-ce que ça a demandé du système? On a changé notre façon d’évaluer avant de changer notre façon d’enseigner. La grille, c’était une autre paire de lunettes pour évaluer l’élève de façon qualitative plutôt que quantitative, mais dans le même modèle. Graduellement, ces lunettes nous ont amenés à changer nos façons de faire. On parlait de tâches englobantes qui permettent d’évaluer les 4 compétences de la grille. De regarder l’élève globalement. Même si parfois on ciblait une compétence par question, parce que ça allait mieux pour expliquer la note finale. Même si on avait parfois l’impression de pénaliser l’élève deux fois parce que HP2 et MA2, c’était tellement la même chose. Mais ça, c’était avant. N’est-ce pas? Et ça a pris 10 ans avant que le terrain développe sa capacité avec ces nouvelles lunettes, ce qui a donné lieu à Faire croître le succès, la politique du ministère de l’Éducation de l’Ontario en matière d’évaluation du rendement de l’élève. 10 ans. Signe que la transformation d’un système, ça prend du temps.

À la recherche de nos prochaines lunettes

Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes? Quelle sera la prochaine grille? Aura-t-elle des critères? Des exigences? Des principes directeurs?

Je crois que notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves.

Ensemble, on va plus loin… et plus vite!

Oui, notre système est sur le point d’être complètement transformé. Il y a des signes qui ne mentent pas. Et il ne nous manque que nos lunettes. Mais comment les trouverons-nous?

Avec les médias sociaux, ça ne prendra pas 10 ans!

Je travaille présentement sur une série de modèles / visuels qui peuvent, à mon avis, nous servir de processus collectif pour arriver à identifier nos prochaines lunettes. Ce sera l’objet de mon prochain billet! (C’est la première fois que j’écris un billet pour préparer le prochain… Et je fais des visuels en plus… Signe que c’est très flou encore!)

Si ça vous intéresse, je vous invite à partager vos idées/suggestions/questions dans les commentaires. Je vais les intégrer dans mon prochain billet!

Activons notre cerveau collectif!

Ensemble, on va plus loin… et plus vite!

Merci 🙂

C’est une question de mentalité… d’abondance!

Vous êtes-vous déjà arrêté pour regarder les vagues qui déferlent sur la plage au bord de l’océan? C’est tellement beau. Je lisais récemment que l’abondance, c’est un peu comme ça. On ne se demande jamais si un jour les vagues cesseront de déferler. Il y a assez de vagues pour tout le monde et il y en aura toujours. Or dans d’autres contextes, on peut parfois avoir l’impression de vivre dans l’insuffisance. Prenons l’exemple d’un enfant dans une réunion de famille. La nourriture est placée sur la table dans des bols et des assiettes, les gens se servent. Au début, l’enfant a une mentalité d’abondance. Wow! Toute cette nourriture! Il partage avec les autres. Mais quand il ne reste que quelques croustilles dans le bol, que les gens se regardent en se disant, «qui prendra les dernières croustilles?», l’enfant n’hésite pas à se servir et à prendre la dernière croustille. Placé devant l’insuffisance, l’enfant se sert et garde pour lui. Entre temps, l’hôte arrive avec un autre sac de croustilles pour remplir le bol. Et là, croustilles en bouche, l’enfant tend une moitié de croustille à un invité. «Tiens, tu en veux? Il y en a d’autres.» Le bol est plein. L’abondance est de retour. On peut partager, il y en a assez. Quand on est enfant, c’est normal d’agir ainsi. Comme adulte, c’est autre chose.

Choisir l’abondance

Et si l’abondance était un choix, une mentalité? L’abondance serait alors à la portée de tous. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Plus que toute autre chose, je crois que nous avons tous, en nous, une abondance de potentiel inexploré, inexploité. Comme le dit si bien Charles Schulz : «Life is like a ten-speed bike. Most of us have gears we never use.» Il faut être intentionnel et conscient pour tirer le maximum de son potentiel, pour repousser ses limites. La croissance n’arrive pas par hasard.

2 questions pour vous :

  1. Qu’est-ce qui vous empêche d’atteindre votre plein potentiel présentement?
  2. Combien d’effort et d’énergie êtes-vous prêts à mettre pour atteindre votre plein potentiel?

Adobe Spark (22)

L’école repensée : l’école de l’abondance

En éducation, j’ai toujours eu tendance à être plus optimiste, à adopter une mentalité d’abondance. Or le système traditionnel entretenait davantage une mentalité d’insuffisance. Pensez-y. Alors choisir d’avoir une mentalité d’abondance en éducation, ça nous amène à voir les choses autrement. Je vous partage aujourd’hui quelques idées qui peuvent nous aider à repenser l’école, avec une mentalité d’abondance. En fait, l’école repensée, c’est l’école de l’abondance.

L’abondance de talents

Tout le monde a des talents. L’école n’est pas conçue pour les identifier, pour les faire jaillir. Tant chez les élèves que chez les adultes. On veut «s’améliorer». Non. Ce concept est tellement bien ancré dans notre ADN institutionnel. On trouve plutôt les erreurs, on les cherche même. Après tout, on fait de la «correction». On corrige nos élèves. Et dès qu’ils performent sous la moyenne dans une matière, on leur fait passer plus de temps dans leur faiblesse pour les ramener à la moyenne. Et pour y arriver, on va jusqu’à les sortir de leur zone de force, d’une matière où ils réussissent bien, pour qu’ils passent plus de temps dans leur zone de faiblesse. La moyenne. Dans la vraie vie, personne ne paie pour un produit ou un service moyen. Pensez-y. L’école repensée, c’est là que ça commence. Tous nos élèves ont des talents, des forces. Il faut les trouver avec eux et les amener à développer leurs expertises. Les amener à se réaliser. La différenciation, la personnalisation, ce n’est pas pour créer des élèves moyens qu’on en parle. C’est pour développer des personnes, des expertises. Pensez à l’expertise inexploitée qui se trouve dans votre classe, dans votre école présentement.

L’abondance de temps

Pour développer les talents de nos élèves, il faut prendre le temps. Du temps, il y en a amplement. Pensez un instant à un monde de l’éducation sans bulletins. Comment enseigneriez-vous dans ce monde? Votre démarche pédagogique aurait l’air de quoi? Pour que «ça compte» pour vous et les élèves, quelles conversations auriez-vous avec les élèves? 1, 2, 3 go! C’est ce qu’il faut faire. Là là. Pour y arriver, il faut savoir pourquoi on enseigne le contenu qu’on enseigne. À quoi il sert dans la vraie vie. Prendre le temps de développer les talents de nos élèves signifie que l’enseignant devient un prestataire de contextes. On veut enseigner le contenu, en contexte authentique, pas d’un manuel. C’est pourquoi la réalité virtuelle est si importante dans certains cas. Ça nous place en immersion dans un contexte. C’est en contexte qu’on découvre nos talents, qu’on acquiert des connaissances, qu’on développe des compétences. Le temps, on en a. Mais on n’a plus le temps de continuer à évaluer continuellement nos élèves. Pas si on veut qu’ils apprennent pour vrai. On n’allume pas un feu avec un thermomètre! On n’attise pas la flamme de l’apprentissage à coup d’évaluations.

L’abondance d’information

Avec le numérique, on s’entend que ce n’est pas l’information qui manque. Nos élèves ont besoin de savoir comment naviguer cette information. Comment l’interpréter, comment choisir de croire ce qui est vrai, comment être conscient de l’intention de communication, comment gérer l’information. Dans cette abondance de l’information, nos élèves ont besoin d’apprendre comment aller en profondeur. Comment garder le focus sur un concept, une idée et aller en profondeur. Aller en profondeur, ça prend du temps. Aller en profondeur nous permet de développer des compétences, des habiletés de la pensée. C’est plus facile d’aller en profondeur quand on y est déjà allé. Le transfert se fait mieux. Plus on y va. Plus on fait des liens, plus on devient conscient. Dans cet océan d’information, les vagues déferlent pas mal vite. Et oui les élèves ont encore besoin de connaissances. C’est sûr. Mais ils ont besoin de tellement plus que ça. Les élèves ne viennent plus à l’école pour prendre des notes et les apprendre par coeur. Les tableaux doivent servir à autre chose. À rendre leur pensée visible? C’est une idée. Le travail que fait l’enseignant quand il choisit l’information qui sera présentée aux élèves, ce travail intellectuel, les élèves ont besoin de le faire aussi. Les élèves viennent à l’école pour… (complétez la phrase) Votre réponse est importante. C’est ce qui détermine ce qui se passe dans votre classe présentement.

L’abondance de possibilités

Avec le potentiel humain qu’il y a dans nos écoles jumelé aux possibilités que nous offre le numérique, tout est possible. Pensez-y. Revoyez l’image plus haut. Combien de vitesses ont nos élèves? Quand on achète un vélo, c’est fixe. On sait qu’il y en a dix ou 18. Quand on accueille nos élèves dans notre classe… Tout est à découvrir. Quand on se met à voir les choses autrement, quand on adopte une mentalité d’abondance, les barrières tombent et tout devient possible.

Je vous laisse avec une courte histoire.

Xavier et son chien Max

Un jour, un garçon de 12 ans nommé Xavier reçoit un texto de son ami.

«Mon chien vient de se faire écraser par une voiture! Il est mort!»

Le jeune garçon, bouleversé, ne sait quoi répondre. Bonhomme triste. Pour le reste, il attendra de voir son ami en personne.

Xavier se met immédiatement à penser à son chien Max. Le garçon habite en ville et sa petite cour arrière n’est pas clôturée. Max passe donc ses journées attaché dans la cour. Cette pensée attriste le garçon.

Le soir, avant de s’endormir, Xavier est déchiré à l’idée que son chien pourrait mourir lui aussi. Il se met alors à imaginer Max qui court à la ferme de son grand-père. Dans le sous-bois et la vallée, avec les vaches. Max serait tellement plus heureux là-bas avec autant d’espace pour courir.

Le lendemain matin, Xavier, décidé de libérer Max de sa chaîne, s’organise avec ses parents et son grand-père pour que Max aille vivre à la ferme, et ce, même si cela signifie qu’il ne le verrait pas souvent.

6 mois plus tard, Xavier se rend à la ferme de son grand-père. Il a tellement hâte de revoir son chien. En sortant de la voiture, Xavier s’écrie : «Max, Max, vient mon chien! Max!». En un instant, Max bondit sur Xavier, qui se laisse lécher le visage partout. Il est tellement content de revoir son chien.

Son grand-père arrive et lui dit : «Xavier, regarde bien ça. Max, va chercher les vaches! Vas-y!» Max se met à courir vers la vallée. Quelques minutes s’écoulent avant qu’on aperçoive Max qui ramène, comme un pro, les vaches vers l’étable en aboyant de temps à autre.

Xavier n’en revient pas. Il se tourne vers son grand-père et dit : «Mais grand-père, comment as-tu fait ça? En seulement 6 mois!»

Le grand-père s’approche de Xavier, lui met la main sur l’épaule et lui dit : «C’est toi qui as fait ça Xavier. Quand tu as décidé de détacher Max et de lui permettre de venir vivre ici. Tout ce temps-là, Max portait ça en lui. Il était fait pour ça.»

Tout étonné, Xavier se met à réfléchir : «C’est moi qui ai fait ça…»

Dans l’école repensée, combien d’élèves découvriront, eux aussi, qui ils sont?

Pour les adultes dans l’école actuelle, essayer de voir les choses autrement, c’est un peu comme se libérer des chaînes de l’ADN institutionnel, qui a été bon mais qui doit être repensé.

Repenser l’école, c’est une question de mentalité d’abondance.

Tout est possible.

Merci de vos commentaires

Tsé, quand on fait des erreurs…

Avez-vous déjà fait des erreurs? «Ben, là! Marius. Tu parles d’une question.», dites-vous? La question se pose. Moi j’en ai fait plusieurs dans ma carrière. Et dans ma vie en général. Quand on se pose la question entre collègues, tout le monde est très à l’aise d’affirmer qu’on fait tous des erreurs. C’est la nature humaine après tout. Quand on regarde dans le rétroviseur, c’est normal d’avoir fait des erreurs. Tout le monde a des bonnes intentions. Mais quand on regarde en avant, quand on regarde ce qui nous attend en éducation, où est la place de l’erreur dans notre discours intérieur. Imaginez une feuille avec deux colonnes. D’un côté, on a tous les outils, toutes les choses qui vont nous aider à repenser l’école, de l’autre côté, on a tous les défis, toutes les barrières que nous devrons surmonter pour faire cette école repensée. De quel côté de la feuille placez-vous l’erreur? Outil ou barrière? Voici 5 constats que je fais au sujet des erreurs que j’ai faites et que je ferai – parce que j’en ferai plusieurs autres – au cours de ma carrière.

1- Mes erreurs font de moi qui je suis.

Quand je pense à mon parcours, il y a tellement de choses que je ferais autrement si j’avais la chance de recommencer. Et vous? En anglais on dit : « Hindsight is 20-20 vision. » Les recherches de Carol Dweck sur la mentalité de croissance (growth mindset) m’amènent à voir mes erreurs autrement. Cognitivement. Je ne me souviens plus où j’ai vu cet exemple mais si on prend un feuille blanche toute lisse, cette feuille représente une personne qui n’a jamais rien fait, qui n’a jamais rien essayé. Quand on fait une erreur, c’est comme prendre la feuille et la froisser. Quand on fait une erreur, de nouveaux liens se forment dans notre cerveau. Des liens qui n’existaient pas avant. Si on fait une autre erreur, de nouveaux liens se forment à nouveau. La feuille devient plus froissée. C’est donc dire que l’expertise signifie qu’on a une feuille pas mal froissée. Il n’y a pas de raccourci pour ça. J’aimerais voir la feuille froissée de Carol Dweck… Et quand je regarde ma feuille froissée, c’est un peu comme mon historique de navigation dans le système d’éducation. Mes erreurs font de moi qui je suis. Je ne serais pas ce que je suis sans cet historique de navigation, sans ma feuille froissée, sans mes erreurs. Vouloir devenir meilleur en pensant qu’on ne fera pas d’erreurs c’est comme penser qu’on peut se mettre en forme sans s’entraîner. Essai / erreur = Chest / bras 🙂

«Vouloir devenir meilleur en pensant qu’on ne fera pas d’erreurs c’est comme penser qu’on peut se mettre en forme sans s’entraîner. Essai / erreur = Chest / bras :)» @bourmu

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2- Je suis une meilleure personne grâce à mes erreurs.

Mon vécu fait partie de qui je suis. Cela va de soi. Mais mon vécu m’est utile à tous les jours. Les choix professionnels que je fais, les décisions que je prends, les idées que je suggère, mes réflexions… tout ce que je fais est soutenu et nourri de mon expérience, de mon vécu. Les erreurs que j’ai faites par le passé me permettent de voir plus clairement les possibilités qui s’offrent à moi au quotidien. Plus j’ai de vécu dans un domaine en particulier, plus ce vécu m’aide à réussir au quotidien. Il y a donc des domaines ou des aspects de mon travail dans lesquels je fais beaucoup moins d’erreurs, maintenant. Je suis une meilleure personne grâce à mes erreurs du passé.

3- Je regrette seulement les erreurs desquelles je n’ai pas appris.

Dans sa conférence TED, Kathryn Schulz demande aux gens quelle est la différence entre ce qu’on ressent quand on a raison et quand on a tort. Elle nous dit qu’il n’y en a pas. En fait, on ressent la différence seulement quand on prend conscience qu’on avait tort. Quand on a tort inconsciemment, on a le même sentiment que lorsqu’on a raison, qu’on est sur le droit chemin. Ouf! C’est un peu comme le coyote dans Bugs Bunny. Il pouvait courir dans le vide au-dessus d’une falaise jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il courait dans le vide. Il tombait seulement après avoir pris conscience qu’il n’était plus sur la terre ferme. Dans mon parcours professionnel, j’ai couru dans le vide pendant un bon bout de temps dans certains aspects de ma profession. Plus on court longtemps dans le vide, plus la prise de conscience est douloureuse. Vous me suivez? Alors je regrette seulement les erreurs desquelles je n’ai pas appris ou pas appris assez vite. J’accepte avoir fait des erreurs. J’en avais besoin pour devenir qui je suis. Mais dans certains cas, j’aimerais ne pas avoir fait les mêmes erreurs aussi longtemps avant de me rendre compte que je devais m’ajuster. C’est par contre ce qui fait que j’hésite toujours avant d’être certain que mon point de vue est «bon». Je me garde toujours une p’tite gêne. Tout d’un coup que… 🙂

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«J’accepte avoir fait des erreurs. J’en avais besoin pour devenir qui je suis.» @bourmu

4- Si j’échoue correctement, je n’ai pas de regrets, je suis en croissance.

Je ne sais pas s’il y a une bonne façon d’échouer. Mais au fil du temps, mon processus personnel est de me questionner. Action – Résultat – Réflexion. Toujours. En fait, le blogue est devenu pour moi un outil très utile pour m’aider à me questionner. Même quand les choses vont bien. Il y a toujours moyen de faire autrement, de faire mieux. Et quand ça va moins bien, parce que je fais encore des erreurs au quotidien, je réfléchis à ce qui n’a pas fonctionné en regardant les facteurs que je contrôle d’abord. Au fil du temps, je me rends compte que j’ai avantage à mettre l’accent sur les choses que je contrôle. Pour m’améliorer, pour ne plus refaire certaines erreurs. On entend souvent l’idée que nous apprenons de nos erreurs. Je ne crois pas que ce soit automatique. Je crois que nous apprenons surtout quand nous réfléchissons à nos erreurs. Quand on en a tire des leçons. Je ne vois pas le mérite ou la valeur dans le scénario suivant :

Erreur – se relever – même erreur – se relever – même erreur – se relever

C’est un peu comme courir dans le vide. Avant de se relever, il faut penser aux raisons qui font en sorte qu’on est au sol. On s’ajuste et on se relève. Je préfère le scénario suivant :

Erreur – réfléchir – se relever – autre erreur – réfléchir – se relever

En théorie, j’aimerais ne pas refaire la même erreur deux fois. Pas toujours possible. Pour y arriver, il faut d’abord être conscient ou réussir dès la deuxième tentative. Et ce n’est pas toujours le cas. Quoi qu’il en soi, pour moi échouer correctement, c’est de toujours réfléchir à ma pratique, d’apprendre et de m’ajuster. Je ne peux pas avoir de regrets dans ce contexte. Je suis plutôt en croissance.

5- Le fait de mettre l’accent sur ce que je ne peux pas faire, m’empêche de faire ce que je peux faire.

Plus nos responsabilités augmentent en éducation, plus il y a de choses qu’on ne contrôle pas. Plus il y a de gris. Dans ce contexte, je me rends compte que je dois mettre l’accent sur ce que je contrôle pour avoir un sentiment d’auto-efficacité plus élevé. Deux choses que je peux toujours faire sont :

  • Gérer mon discours intérieur : La saison des jardins arrive. Ça demande de l’entretien. On doit enlever les mauvaises herbes. Même chose pour notre discours intérieur. On doit activement rechercher les mauvaises herbes et les enlever. Un discours intérieur positif mène à de meilleurs résultats. Tony Robbins est excellent à ce sujet. C’est plus qu’une simple bonne attitude.
  • Ajouter de la valeur aux autres : Être au service des autres, ça change comment on aborde nos journées. Quand la réflexion commence par «Qu’est-ce que je peux faire pour l’autre personne» plutôt que par «Qu’est-ce que j’ai à gagner de cet entretien», tout bascule.

Quoi qu’il en soit, vous aurez deviné que je place l’erreur dans la colonne des outils, des choses qui vont nous aider à repenser l’école et à la faire cette école repensée.

Sur le plan cognitif, je crois que ça a du sens. Émotionnellement, je ne m’habitue jamais à l’idée de faire des erreurs. Je ne suis jamais content d’en avoir fait. Mais je comprends mieux le processus de croissance continu qui m’aide au quotidien.

Meilleur qu’hier, moins bon que demain. C’est l’idée.

Tsé, quand on fait des erreurs…

Merci de vos commentaires

L’école repensée

Repenser l’école. C’est le sujet de l’heure. On le voit par la quantité d’articles et de billets qui sont publiés dernièrement. Les gens sont en réflexion. On parle de changer nos édifices, nos structures organisationnelles, nos sources d’inspiration… On veut ce qu’il y a de mieux pour nous et nos élèves! Et ça m’amène à réfléchir. Il y a tellement de questions à se poser quand on se met à repenser l’école. Je vous en partage quelques-unes qui m’interpellent en ce moment et qui peuvent à mon avis nous aider à créer et à faire cette école repensée.

Quel est le point de départ de l’école repensée?

Quand on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut enlever les édifices, les directeurs, les manuels… On peut enlever bien des choses. À la fin, ce qui reste, pour qu’il y ait éducation, c’est un enseignant et un élève, en relation. L’idée de repenser l’école m’amène à essayer de voir les choses autrement. Et même quand j’essaie très fort d’imaginer un autre point de départ, je n’y arrive pas. Dans ma tête, le point de départ de l’école repensée est le même. Un enseignant et un élève, en relation.

Qu’est-ce que l’enseignement?

Quand on parle de repenser l’école, je crois que c’est davantage l’intention de cette relation qu’on veut revoir. Parce que c’est possible et nécessaire, grâce à (et non à cause de) Internet et aux technologies d’aujourd’hui. Revoir l’intention, les structures, les démarches, les cafétérias, les rôles, les espaces… Repenser ce qui se passe entre l’enseignant et l’élève. Alors, qu’est-ce que l’enseignement, dans cette école repensée? Qu’est-ce qui doit se passer dans l’école repensée pour qu’on se dise «Ah, il y a de l’enseignement là!» ? Et qu’est-ce qui doit se passer pour qu’on se dise «Ah, ça c’est de l’enseignement de haut niveau. Ça, on voudrait le voir à grande échelle.» ? Est-ce qu’il doit y avoir des stratégies à grande échelle dans l’école repensée? Après tout, on parle de personnalisation. À mon avis, tant qu’il y aura des indicateurs de réussite systémiques communs, on parlera de stratégies à grande échelle. Mais qu’est-ce que l’enseignement. On enseigne comment, quand tout le monde a Internet dans sa poche?

Une vision pour l’école repensée

J’offrais cette semaine la conférence La puissance du leadership pédagogique à mes collègues de la FEEP dans le cadre de #DSPP2017. J’essaie toujours de simplifier les choses. J’ai donc décidé de m’inspirer de visuels qui circulent depuis un certain temps pour produire un visuel qui pourrait refléter l’essentiel de l’école repensée. L’essentiel étant pour moi, la relation entre l’enseignant et l’élève et tout ce qui se passe entre les bulletins.

Le système traditionnel

Le bas de l’image reflète le système traditionnel où l’enseignant planifie son année en fonction du nombre d’unités qu’il a à «couvrir», les répartit dans le temps et mesure les élèves à la fin de chaque unité. Chaque crochet représente la note obtenue à la fin d’une unité. La moyenne de ces notes est reflétée au bulletin. La flèche en noir est bien droite parce que c’est habituellement l’enseignant qui est derrière le volant (sur le vélo, pour ceux qui ont entendu ma conférence). C’est un modèle qui a été très efficace pour transmettre des connaissances à grande échelle, pour mesurer la rétention de l’information et pour soutenir l’obéissance des élèves.

L’école repensée

Le haut de l’image présente une ligne rose qui est loin d’être bien droite. Dans un monde de compétences, c’est l’élève qui doit être derrière le volant de son apprentissage (sur le vélo). Et cela signifie qu’il aura besoin de temps, de multiples occasions d’essayer, de rétroaction, de soutien, d’une mentalité de croissance, d’un prof qui croit en lui. Flexibilité entre les bulletins. Parce qu’à court terme, si on est réaliste, il y aura encore des bulletins dans l’école repensée. «Bulletins» apparaît en jaune ici parce que je crois que les résultats des élèves seront étincelants. Pourquoi repenser l’école autrement…? Dans l’école repensée, le projet 20% devient le projet 100%. Dans ce contexte, on doit se réseauter, créer ensemble et documenter nos processus. La technologie prend tout son sens ici, dans ce nouveau modèle. Nouveau modèle flexible et personnalisé, nouveaux résultats. Je me demande, dans l’école repensée, si les élèves «en difficulté» seront les mêmes? Pensez-y.

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4 stratégies pour réussir dans un nouveau modèle

Présentement, je crois que le grand monde de l’éducation se promène entre le bas et le haut du visuel que je vous propose aujourd’hui. Essaie-erreur. Nous sommes en train de le vivre, ce processus qui développe notre compétence collective à dispenser cette école repensée. Une collègue cette semaine nous a dit qu’il fallait parfois essayer de nouvelles choses avant d’y croire.

Je vous propose donc 4 stratégies qui peuvent nous aider à réussir lorsqu’on essaie de nouvelles choses.

  1. Vivre ce qu’on veut enseigner : Dans le modèle traditionnel, on enseigne ce qu’on sait. Dans l’école repensée, on enseigne qui on est. On ne peut pas développer les compétences de nos élèves si nous n’avons pas ces compétences. Il faut donc vivre, développer ces compétences, peu importe comment on les nomme dans votre coin de pays. Pensez à l’image d’un entraîneur personnel dans un gym près de chez vous. Être ce qu’on enseigne.
  2. Commencer à l’enseigner : Pour aller loin, il faut simplement faire un premier pas aujourd’hui. Et en faire un de plus à tous les jours. Et s’ajuster. La puissance de l’action au quotidien.
  3. Réfléchir à ses expériences d’apprentissage et d’enseignement : On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend seulement des expériences auxquelles on prend le temps de réfléchir, d’évaluer, de tirer des leçons. La sagesse ne vient pas automatiquement avec l’âge 🙂 Prendre le temps d’analyser ce que vous apprenez (no 1) et ce que vous tentez d’enseigner (no2). On parle ici de compétences, bien sûr! Demandez de la rétroaction de vos collègues et de vos élèves! «Ça a l’air de quoi être mon collègue, être mon élève?» Intéressant!
  4. Se trouver un collègue pour vous appuyer : On ne peut pas réussir seul. Idéalement, si vous pouviez trouver un collègue qui veut cheminer avec vous ou qui est un peu plus loin dans son cheminement, ce serait génial. Comme le dirait une élève dans une vidéo, «Quand on est deux, il y a deux cerveaux»! Se soutenir les uns les autres dans nos efforts de repenser et de faire l’école autrement.

Repenser l’école. On est là, chers collègues. Et nous avons besoin de l’intelligence collective pour y arriver. Parce qu’on ne veut pas seulement la repenser, on veut la faire, cette école. C’est déjà commencé et c’est de toute beauté.

Dans quelques années, nous pourrons regarder derrière et se dire, «Wow! Te souviens-tu quand on se posait telle question? Regarde, cher collègue, l’école que nous créons (présent duratif) tous ensemble. Regarde l’école repensée, que nous vivons avec nos élèves.» Je crois qu’il n’y a pas de point d’arrivée pour l’école repensée. Ce sera un processus continu, à mon humble avis.

Il faut donc se poser les bonnes questions!

Quelles sont les questions qui vous interpellent quand vous repensez l’école dans votre tête?

Merci de les partager, on en a besoin!