En vrà pis online!

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est ma fête. La fête de qui je suis. En fait, c’est la fête de qui nous sommes. Environ 583 000 qui sommes. Le 25 septembre, c’est la fête des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Les personnes, pas le drapeau. On ne peut quand même pas être réduits à un drapeau. Je veux dire, je suis fier de mon drapeau. Mais un Franco-Ontarien, c’est beaucoup plus que ça. Souvent, quand je rencontre des francophones hors-Ontario, je me surprends à tenter d’expliquer qui je suis. «Qu’est-ce ça mange en hiver, un Franco-Ontarien?» Et je commence souvent par expliquer, qu’en effet, je ne suis pas de la France ou d’autres régions du monde mieux nanties en matière de francophonie. Mon accent «d’ailleurs» me trahit. Et j’enchaîne en précisant d’abord qui je ne suis pas. Ne pas être. N’être pas. Naître pas. Or je suis. Francophone. Mais de l’Ontario. Bizarre. Que j’existe. Hébétude partagée. J’avais toujours cru que la langue française unissait les francophones de la planète. Or je me demande parfois si la Géographie n’est pas devenue plus importante que le Français. Je vois déjà le débat entre les enseignants. Vous me suivez? Et quand je reviens à la maison, je réfléchis. Les mots qui tantôt m’auraient si bien servi, m’auraient si bien défini, me viennent à l’esprit. «Ah oui! J’aurais donc dû dire ça, et ça! …(soupir) La prochaine fois.» Et à ces moments-là, comme lors d’activités comme celle que j’ai vécue aujourd’hui, je me surprends à ressentir une sorte de mélancolie passagère à l’idée de ne pas pouvoir mieux faire valoir qui je suis. Comme un adolescent sûr de lui qui attend simplement que les adultes le reconnaissent à sa juste valeur. «Prends-la, ta place!». Notre place. Pour un avenir meilleur. 

Dans ce contexte, j’affronte avec plusieurs collègues, heureusement, le noble défi de transmettre une culture et un désir d’apprendre à des milliers d’élèves dans nos écoles. De l’ère numérique. Double défi. D’abord, comment pouvons-nous créer chez nos élèves un réel désir d’apprendre? Quelles expériences d’apprentissage permettront à nos élèves de développer les compétences nécessaires à/de/pour l’ère numérique. J’oublie une préposition? Deuxièmement, comment allons-nous assurer la construction identitaire de nos élèves, afin qu’ils sachent prendre leur place dans un monde de plus en plus, mondial? Culture, croyances, valeurs, identité personnelle, identité numérique, talents. «Qui suis-je? Je suis bon à faire quoi? Quelle est ma passion? Pourquoi les adultes disent-ils que je réussis?» Nos élèves devraient être en mesure de répondre à ces questions fondamentales, si on veut parler d’une éducation axée sur la réussite globale des élèves.

Double défi alors. Que nous tentons tous de relever en éducation, comme de susciter l’engagement des élèves, entre autres. Je réitère alors un message de mon premier billet : « J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, sur vos questions, votre vécu, vos suggestions, chers lecteurs. » Où que vous soyez, j’apprécie nos collaborations.

Je suis Marius Bourgeoys, un Franco-Ontarien. En personne et en ligne. Ou, devrais-je dire «Chu moé, en vrà pis online». 

 

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