L’école de l’ère numérique : comme gérer un gym ?

Si vous êtes un administrateur scolaire, ce billet s’adresse particulièrement à vous.

 

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de participer à une conférence de Dylan Wiliam qui portait sur l’évaluation formative (ou évaluation au service de l’apprentissage). Je me souviens avoir été impressionné par la multitude de stratégies présentées par M. Wiliam. Or au-delà des stratégies présentées, M. Wiliam nous a partagé quelques messages clés que je vous partage maintenant.

 

1. Les enseignants développent au fil du temps une expertise pédagogique bien à eux.

 

2. Les enseignants qui souhaitent améliorer leur pratique doivent choisir une ou deux nouvelles stratégies à ajouter à leur arsenal pédagogique et les perfectionner. Un petit pas à la fois, et à tous les jours.

 

3. Les connaissances des enseignants sont meilleures que nous le croyons. Ils ont davantage besoin de soutien que de formation si on souhaite qu’ils améliorent leur pratique.

 

Lors de sa conférence, M. Wiliam a fait allusion à Weight Watchers pour tenter d’expliquer l’ampleur du défi des enseignants en quête d’amélioration continue. Il a dit quelque chose comme ceci :

 

« Weight Watchers devrait être l’entreprise la moins profitable qui soit. Tout le monde connaît la recette pour garder un poids santé : faire plus d’exercice physique et manger moins. C’est tout. Weight Watchers ne révèle pas à ses membres un troisième ingrédient magique à cette recette. Il n’y en a pas. Alors pourquoi tant de gens adhèrent encore à Weight Watchers ? C’est que Weight Watchers ‘understand that they are not in the knowledge giving business but in the habit changing business’. »

 

Je me permets aujourd’hui d’ajouter à cette explication de M. Wiliam.

 

Depuis toujours, je désire ardemment être en superbe condition physique. Il y a une dizaine d’années, je me suis abonné au gym. Abonnement d’un an. Finalement, l’abonnement s’est avéré être un «don» au gym. Vous me suivez ? Et, bien malgré moi, j’ai fait quelques «dons» au gym depuis. Je me disais que le fait de payer pour un abonnement me servirait de motivation. Je n’allais quand même pas investir tout cet argent et ne rien avoir en retour. Alors un jour, je me suis dit que j’en avais assez de payer des abonnements et je me suis acheté un tapis roulant, et un vélo stationnaire. Tant qu’à payer… Et mon équipement de qualité est maintenant confortablement rangé au sous-sol. Est-ce que vous vous reconnaissez ?

 

Administrateurs scolaires, avez-vous déjà vécu l’expérience dans votre école ? Beaucoup d’équipement technologique qui ne sert pas dans votre école ?

 

Mais qu’est-ce qui a fait défaut ? Je suis en bonne condition physique quand même. Mais chaque fois que je me suis abonné au gym, j’avais la conscience et la connaissance que l’activité physique aurait été d’une grande valeur pour moi. J’étais motivé, même très motivé. Et je le suis toujours. Où est le problème ? Même avec de l’équipement de qualité chez moi, je n’y arrive pas. Et je sais que je ne suis pas le seul. Et je ne crois pas être paresseux.

 

Si j’analysais la situation comme un administrateur scolaire, je pourrais affirmer avec confiance que toutes les conditions (connaissance, motivation, équipement) étaient en place pour que je développe une condition physique remarquable. Alors pourquoi ne pas avoir eu de retour sur investissement ?

 

Je remarque que plusieurs gym offrent maintenant les services d’un entraîneur personnel. Cet entraîneur accueille un membre, apprend à le connaître, lui suggère un plan en lien avec ses objectifs personnels et l’accompagne tout au long du processus en fournissant au membre de la rétroaction descriptive et des encouragements.  Et à chaque séance d’entraînement, la relation entre l’entraîneur et le membre se développe.

 

Ça ressemble drôlement à ce que Marc Prensky nous recommande. Que l’enseignant et l’élève deviennent des partenaires. Mais quel est le rôle de l’administrateur scolaire dans tout ça ?

 

À mon avis, l’administrateur scolaire qui désire faire de son école une école de l’ère numérique doit :

 

1. Établir la vision et susciter l’engagement du personnel (s’améliorer pour les élèves)

 

2. Fournir les outils nécessaires au personnel (équipement, infrastructure, technologie)

 

3. Fournir le soutien nécessaire au personnel (appui de l’administration, appui en salle de classe, conseiller pédagogique… plusieurs personnes qui jouent le rôle de l’entraîneur personnel pour les enseignants)

 

Alors compte tenu du message de Dylan Wiliam mentionné plus haut et de l’exemple de l’entraîneur personnel, je crois qu’au-delà des formations et de l’achat d’outils technologiques, c’est le soutien offert aux enseignants au quotidien qui nous permettra de transformer nos écoles. D’où l’importance de faire de nos administrateurs scolaires des leaders pédagogiques.

 

Visiter le site DRII pour vous outiller en matière de leadership pédagogique.

 

Finalement, gérer une école de l’ère numérique, c’est un peu comme gérer un gym. Non ?

2 réflexions sur “L’école de l’ère numérique : comme gérer un gym ?

  1. Suite à la lecture de ton billet, j’aimerais organiser une entrevue virtuelle avec toi, nous pourrions présenter tes idées pour le blogue alerenumerique.blogspot.com qu’en pense-tu?

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s