«J’ai pas juste lui dans ma classe!»

Dans un récent billet, je partageais mon approche en tant qu’enseignant. Que je voyais chaque élève comme une merveille. Et c’est vrai. Ça ne veut pas dire que c’est toujours facile. Mais j’ai omis quelques précisions. Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir», ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel. Les élèves à besoins particuliers, ils sont là eux aussi. Et c’est probablement ceux qui ont le plus besoin de nous. Ces élèves, ce sont les meilleurs enfants de leurs parents. Leurs parents ne gardent les meilleurs à la maison! Et ils IMG_4527comptent sur nous. Dans tout ce qu’on a à faire dans une journée, il ne faut pas oublier ce qui nous a amenés dans la profession. Notre pourquoi. Pour moi, c’est de faire une différence. Pour certains, ce n’est pas facile d’aller vers les élèves à besoins particuliers parce qu’on se sent parfois dépassé, démuni. Ça, ce sont des émotions qui ne sont pas positives. On pourrait donc dire que d’aller vers les élèves à besoins particuliers, ça peut vouloir dire qu’on doit sortir de notre zone de confort. Essayer de comprendre qui est devant nous. C’est toujours plus facile d’approcher les élèves qui réussissent bien, les élèves qui ont les bonnes réponses. On a l’impression d’avancer, que ce qu’on fait, ça marche. C’est facile d’oublier, parce que ça nous amène à nous dépasser, à nous arrêter, mais les élèves à besoins particuliers, ils ont des forces, des rêves, des aspirations. Ils veulent que «Madame les aime eux aussi». On manque parfois d’empathie, dans le tourbillon du quotidien, si on est honnête. En tout cas, moi ça m’est arrivé et ça m’arrive encore. Je suis humain. Un humain qui cherche à faire une différence. Si vous êtes parent, c’est la même chose. Ça va donc bien quand notre enfant est «bon» à l’école. Mes expériences professionnelles m’amènent à penser qu’on reconnaît une école de qualité par sa façon d’appuyer, d’intégrer et de parler des élèves à besoins particuliers.  Comment parler des élèves… entre professionnels. Comment parler aux élèves… Notre pourquoi.

«Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir» ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel.» @bourmu

Animal School : une métaphore de nos écoles

Je vous encourage à regarder la vidéo Animal School. Cette vidéo m’a été partagée dans le cadre d’une conférence. Il faut regarder jusqu’à la fin. On y fait des liens explicites avec les différents profils de nos élèves. Ça fait réfléchir à nos pratiques.

 

Whoa les moteurs! Équilibre!

À l’impossible, nul n’est tenu. Après avoir visionné la vidéo, certains diront, «C’est ben beau tout ça, la réussite pour tous… J’ai pas juste untel dans ma classe! Il faut que j’enseigne!» Stop! S’arrêter. Nos élèves nous amènent à nous arrêter. C’est bon pour nous.

Il y a une différence entre «J’ai pas juste lui dans ma classe» et essayer de tout faire, pour tous les élèves, à tous les jours. Équilibre. On peut y arriver. Un élève à la fois, un jour à la fois. D’où l’importance de s’appuyer entre collègues, de miser sur des relations positives avec nos élèves. Les images ci-après parlent d’elles-mêmes et complètent le message de la vidéo.

 

Générer des émotions positives…

Je termine en vous disant que tous les élèves peuvent réussir. Mindset. Vous faites une différence. Un bon point d’entrée pour réfléchir autrement, c’est de repenser à comment on évalue nos élèves. Quelle est la fonction de nos rétroactions? Pensez-y. Quelle est la fonction des rétroactions que nous donnons aux élèves? Verbales, non verbales, écrites…

Et si on approchait nos élèves, tous nos élèves, ayant comme but premier de générer des émotions positives en eux? Des émotions positives au service de l’apprentissage.

Merci de vos commentaires

7 réflexions sur “«J’ai pas juste lui dans ma classe!»

  1. Avoir comme but premier de générer des émotions positives en eux: tellement! Moi, c’est ma mission première, avant l’enseignement de toute matière! Bien dit! 😉

  2. Avoir comme but premier de générer des émotions positives en eux: tellement! Moi, c’est ma mission première, avant l’enseignement de toute matière. Well said. 😉

  3. Bonjour Marius, je te félicite pour cet article. J’avais vu l’image avec les éléphants et je t’avoue que c’est un parent frustré qui me l’a montrée. Une bonne conversation et partage de connaissances et de ressources déjà disponibles en éducation en ont fait un parent renseigné et moins frustré. Le tout de l’article porte à réflexion et j’espère qu’il aidera à changer nos lunettes ou à les nettoyer!

    1. Bonjour Mireille,
      Merci de prendre le temps de laisser un commentaire. C’est apprécié.
      Je suis content que tu apprécies le contenu de cet article. Ce ne sont que des réflexions éclairées par de multiples conversations avec des passionnés au cours de ma carrière. Merci 🙂

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