C’est une question de mentalité… d’abondance!

Vous êtes-vous déjà arrêté pour regarder les vagues qui déferlent sur la plage au bord de l’océan? C’est tellement beau. Je lisais récemment que l’abondance, c’est un peu comme ça. On ne se demande jamais si un jour les vagues cesseront de déferler. Il y a assez de vagues pour tout le monde et il y en aura toujours. Or dans d’autres contextes, on peut parfois avoir l’impression de vivre dans l’insuffisance. Prenons l’exemple d’un enfant dans une réunion de famille. La nourriture est placée sur la table dans des bols et des assiettes, les gens se servent. Au début, l’enfant a une mentalité d’abondance. Wow! Toute cette nourriture! Il partage avec les autres. Mais quand il ne reste que quelques croustilles dans le bol, que les gens se regardent en se disant, «qui prendra les dernières croustilles?», l’enfant n’hésite pas à se servir et à prendre la dernière croustille. Placé devant l’insuffisance, l’enfant se sert et garde pour lui. Entre temps, l’hôte arrive avec un autre sac de croustilles pour remplir le bol. Et là, croustilles en bouche, l’enfant tend une moitié de croustille à un invité. «Tiens, tu en veux? Il y en a d’autres.» Le bol est plein. L’abondance est de retour. On peut partager, il y en a assez. Quand on est enfant, c’est normal d’agir ainsi. Comme adulte, c’est autre chose.

Choisir l’abondance

Et si l’abondance était un choix, une mentalité? L’abondance serait alors à la portée de tous. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Plus que toute autre chose, je crois que nous avons tous, en nous, une abondance de potentiel inexploré, inexploité. Comme le dit si bien Charles Schulz : «Life is like a ten-speed bike. Most of us have gears we never use.» Il faut être intentionnel et conscient pour tirer le maximum de son potentiel, pour repousser ses limites. La croissance n’arrive pas par hasard.

2 questions pour vous :

  1. Qu’est-ce qui vous empêche d’atteindre votre plein potentiel présentement?
  2. Combien d’effort et d’énergie êtes-vous prêts à mettre pour atteindre votre plein potentiel?

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L’école repensée : l’école de l’abondance

En éducation, j’ai toujours eu tendance à être plus optimiste, à adopter une mentalité d’abondance. Or le système traditionnel entretenait davantage une mentalité d’insuffisance. Pensez-y. Alors choisir d’avoir une mentalité d’abondance en éducation, ça nous amène à voir les choses autrement. Je vous partage aujourd’hui quelques idées qui peuvent nous aider à repenser l’école, avec une mentalité d’abondance. En fait, l’école repensée, c’est l’école de l’abondance.

L’abondance de talents

Tout le monde a des talents. L’école n’est pas conçue pour les identifier, pour les faire jaillir. Tant chez les élèves que chez les adultes. On veut «s’améliorer». Non. Ce concept est tellement bien ancré dans notre ADN institutionnel. On trouve plutôt les erreurs, on les cherche même. Après tout, on fait de la «correction». On corrige nos élèves. Et dès qu’ils performent sous la moyenne dans une matière, on leur fait passer plus de temps dans leur faiblesse pour les ramener à la moyenne. Et pour y arriver, on va jusqu’à les sortir de leur zone de force, d’une matière où ils réussissent bien, pour qu’ils passent plus de temps dans leur zone de faiblesse. La moyenne. Dans la vraie vie, personne ne paie pour un produit ou un service moyen. Pensez-y. L’école repensée, c’est là que ça commence. Tous nos élèves ont des talents, des forces. Il faut les trouver avec eux et les amener à développer leurs expertises. Les amener à se réaliser. La différenciation, la personnalisation, ce n’est pas pour créer des élèves moyens qu’on en parle. C’est pour développer des personnes, des expertises. Pensez à l’expertise inexploitée qui se trouve dans votre classe, dans votre école présentement.

L’abondance de temps

Pour développer les talents de nos élèves, il faut prendre le temps. Du temps, il y en a amplement. Pensez un instant à un monde de l’éducation sans bulletins. Comment enseigneriez-vous dans ce monde? Votre démarche pédagogique aurait l’air de quoi? Pour que «ça compte» pour vous et les élèves, quelles conversations auriez-vous avec les élèves? 1, 2, 3 go! C’est ce qu’il faut faire. Là là. Pour y arriver, il faut savoir pourquoi on enseigne le contenu qu’on enseigne. À quoi il sert dans la vraie vie. Prendre le temps de développer les talents de nos élèves signifie que l’enseignant devient un prestataire de contextes. On veut enseigner le contenu, en contexte authentique, pas d’un manuel. C’est pourquoi la réalité virtuelle est si importante dans certains cas. Ça nous place en immersion dans un contexte. C’est en contexte qu’on découvre nos talents, qu’on acquiert des connaissances, qu’on développe des compétences. Le temps, on en a. Mais on n’a plus le temps de continuer à évaluer continuellement nos élèves. Pas si on veut qu’ils apprennent pour vrai. On n’allume pas un feu avec un thermomètre! On n’attise pas la flamme de l’apprentissage à coup d’évaluations.

L’abondance d’information

Avec le numérique, on s’entend que ce n’est pas l’information qui manque. Nos élèves ont besoin de savoir comment naviguer cette information. Comment l’interpréter, comment choisir de croire ce qui est vrai, comment être conscient de l’intention de communication, comment gérer l’information. Dans cette abondance de l’information, nos élèves ont besoin d’apprendre comment aller en profondeur. Comment garder le focus sur un concept, une idée et aller en profondeur. Aller en profondeur, ça prend du temps. Aller en profondeur nous permet de développer des compétences, des habiletés de la pensée. C’est plus facile d’aller en profondeur quand on y est déjà allé. Le transfert se fait mieux. Plus on y va. Plus on fait des liens, plus on devient conscient. Dans cet océan d’information, les vagues déferlent pas mal vite. Et oui les élèves ont encore besoin de connaissances. C’est sûr. Mais ils ont besoin de tellement plus que ça. Les élèves ne viennent plus à l’école pour prendre des notes et les apprendre par coeur. Les tableaux doivent servir à autre chose. À rendre leur pensée visible? C’est une idée. Le travail que fait l’enseignant quand il choisit l’information qui sera présentée aux élèves, ce travail intellectuel, les élèves ont besoin de le faire aussi. Les élèves viennent à l’école pour… (complétez la phrase) Votre réponse est importante. C’est ce qui détermine ce qui se passe dans votre classe présentement.

L’abondance de possibilités

Avec le potentiel humain qu’il y a dans nos écoles jumelé aux possibilités que nous offre le numérique, tout est possible. Pensez-y. Revoyez l’image plus haut. Combien de vitesses ont nos élèves? Quand on achète un vélo, c’est fixe. On sait qu’il y en a dix ou 18. Quand on accueille nos élèves dans notre classe… Tout est à découvrir. Quand on se met à voir les choses autrement, quand on adopte une mentalité d’abondance, les barrières tombent et tout devient possible.

Je vous laisse avec une courte histoire.

Xavier et son chien Max

Un jour, un garçon de 12 ans nommé Xavier reçoit un texto de son ami.

«Mon chien vient de se faire écraser par une voiture! Il est mort!»

Le jeune garçon, bouleversé, ne sait quoi répondre. Bonhomme triste. Pour le reste, il attendra de voir son ami en personne.

Xavier se met immédiatement à penser à son chien Max. Le garçon habite en ville et sa petite cour arrière n’est pas clôturée. Max passe donc ses journées attaché dans la cour. Cette pensée attriste le garçon.

Le soir, avant de s’endormir, Xavier est déchiré à l’idée que son chien pourrait mourir lui aussi. Il se met alors à imaginer Max qui court à la ferme de son grand-père. Dans le sous-bois et la vallée, avec les vaches. Max serait tellement plus heureux là-bas avec autant d’espace pour courir.

Le lendemain matin, Xavier, décidé de libérer Max de sa chaîne, s’organise avec ses parents et son grand-père pour que Max aille vivre à la ferme, et ce, même si cela signifie qu’il ne le verrait pas souvent.

6 mois plus tard, Xavier se rend à la ferme de son grand-père. Il a tellement hâte de revoir son chien. En sortant de la voiture, Xavier s’écrie : «Max, Max, vient mon chien! Max!». En un instant, Max bondit sur Xavier, qui se laisse lécher le visage partout. Il est tellement content de revoir son chien.

Son grand-père arrive et lui dit : «Xavier, regarde bien ça. Max, va chercher les vaches! Vas-y!» Max se met à courir vers la vallée. Quelques minutes s’écoulent avant qu’on aperçoive Max qui ramène, comme un pro, les vaches vers l’étable en aboyant de temps à autre.

Xavier n’en revient pas. Il se tourne vers son grand-père et dit : «Mais grand-père, comment as-tu fait ça? En seulement 6 mois!»

Le grand-père s’approche de Xavier, lui met la main sur l’épaule et lui dit : «C’est toi qui as fait ça Xavier. Quand tu as décidé de détacher Max et de lui permettre de venir vivre ici. Tout ce temps-là, Max portait ça en lui. Il était fait pour ça.»

Tout étonné, Xavier se met à réfléchir : «C’est moi qui ai fait ça…»

Dans l’école repensée, combien d’élèves découvriront, eux aussi, qui ils sont?

Pour les adultes dans l’école actuelle, essayer de voir les choses autrement, c’est un peu comme se libérer des chaînes de l’ADN institutionnel, qui a été bon mais qui doit être repensé.

Repenser l’école, c’est une question de mentalité d’abondance.

Tout est possible.

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