«Faut pas réinventer la roue!»

Je suis dans le processus d’écrire mon premier livre. J’expliquais à mon épouse que je veux que mon livre soit une ressource pour les gens qui le liront. Un endroit où ils viendront chercher, pas une recette, mais des idées, des pistes de questionnement pour les aider à exercer leur leadership pédagogique. Elle me disait qu’on se fait souvent dire de ne pas réinventer la roue en éducation. Ça m’a amené à me questionner. Par écrit. Je suis certain que vous avez déjà entendu l’expression «Faut pas réinventer la roue!» Vous l’avez peut-être même déjà dite. Depuis un certain temps, je travaille avec des leaders dans les conseils scolaires et dans les écoles. On me demande souvent de partager des stratégies que je vois ailleurs qui permettent d’innover à tous les niveaux du système. Les idées sont nombreuses. Aussi nombreuses qu’il y a de personnes. Mais on doit pouvoir les voir, les créer, les saisir. Faut pas réinventer la roue? Hmmm.

Faire tomber les barrières invisibles une conversation à la fois

Ce que je partage invariablement à mes collègues, c’est la nécessité de voir les choses autrement, de penser autrement pour pouvoir innover. L’innovation en éducation ne viendra pas des ressources pédagogiques existantes ou des processus actuels dans nos écoles. Comme le dit si bien @gcouros, la principale barrière à l’innovation dans nos écoles vient souvent de notre façon de penser, de voir les choses. Donc quand on entend «Faut pas réinventer la roue!», je me dis, est-ce une des barrières invisibles à l’innovation en éducation? Je pense que oui. Quand on ne réinvente pas la roue, on maintient le statut quo. C’est ce qu’on veut? Je pense que non. Bien au contraire. Pour voir les choses autrement, il faut avoir des conversations avec les gens. Ce n’est pas facile. C’est un processus. Mais le résultat est extraordinaire. Comme le dirait John C. Maxwell, la différence entre ordinaire et extraordinaire, c’est ce petit extra. Pour voir et faire tomber les barrières à l’innovation et au leadership pédagogique, il faut avoir des conversations intentionnellement. Une à la fois.

«Don’t wish it were easier. Wish you were better.» Jim Rohn

Retour en arrière

En 2005, Sir Ken Robinson livrait sa superbe conférence « Bring on the Learning Revolution!« . À 5:32, il partage ce message d’Abraham Lincoln, livré le 1er décembre 1862, à Washington D.C. : «The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Nous portons tous des idées, des façons de penser que nous prenons pour acquis. L’idée de réinventer la roue, c’est exactement le type d’idée qu’il faut repenser, qu’il faut questionner. Et remarquez le titre de la conférence de Sir Ken, Learning Revolution et non Teaching Revolution. Une révolution au niveau de l’apprentissage. Hmmm. Pourquoi nous parlait-il d’une révolution au niveau de l’apprentissage? Si l’imprimerie de Gutemberg a révolutionné la diffusion du savoir, le contexte d’aujourd’hui permet de (ce n’est pas automatique) révolutionner l’apprentissage et la façon de développer des personnes de façon exponentielle. Ça m’amène à me questionner.

  1. Comment nous ajustons-nous à notre nouveau rapport au savoir?
  2. Comment l’école s’ajuste-t-elle à ce nouveau rapport au savoir?
  3. À quoi ressemble la révolution de l’apprentissage dans votre école, dans votre salle de classe?
  4. Qui devons-nous devenir pour y arriver?

«The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Abraham Lincoln

SE réinventer!

Le système, c’est du monde. L’innovation dans le système et dans nos écoles viendra des personnes. Des personnes qui oseront se questionner et remettre en question nos idées, nos processus, nos rôles, notre raison d’être. Comme Alex Nevsky le dit si bien dans Les Coloriés, «Il faut tout réinventer. Il faut se réinventer». Quel beau défi! Et «we must rise — with the occasion». Grandir. Croître. Pour se réinventer, il faut devenir autre chose que ce que nous sommes. C’est créatif. Ça doit être fait intentionnellement et en équipe.

«The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Jim Rohn

Créer pour devenir

Je suis tombé sur ce tweet de @nalang1 la semaine dernière. Ça m’a tout de suite frappé. N’est-ce pas qu’au quotidien, on cherche des activités engageantes, que les élèves vont aimer? Chercher des activités. Des ressources. Attendre la formation. Ce sont des idées, des processus, des façons de voir les choses qui viennent du système traditionnel. «We must disenthrall ourselves». Chercher une recette. Attendre d’être nourri. Non. Ce n’est plus ça. La révolution de l’apprentissage ne viendra pas de là. Pour repenser l’école, il faut sortir du manuel et devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage avec et pour nos élèves. Il faut devenir des prestataires de contextes. C’est créatif, l’apprentissage. Tout part de soi. De nos idées. De notre imagination. De nos forces et intérêts. Des élèves qui sont devant nous. De leurs forces et intérêts. Parce qu’ils en ont. Les connaissez-vous? Créer, chers collègues. Créer pour devenir autre chose. Créer pour repenser l’école.  Créer pour révolutionner l’apprentissage. Vous? Vous passez votre temps à faire quoi?

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« Many teachers spend their time searching for activities. The best teachers spend their time creating experiences.» @nalang1

L’imprimerie c’était bien, mais là on est ailleurs.

La prochaine fois que vous entendrez «Faut pas réinventer la roue», pensez-y.  Gutemberg, c’était bien. Mais aujourd’hui, on est ailleurs. Et ça va vite. Êtes-vous là? Repenser l’école, il n’y a rien de facile ou de simple là-dedans. Jim Rohn dirait : «Don’t wish it were easier. Wish you were better.» La croissance personnelle requise de nous tous pour y arriver, c’est probablement la chose qui aura le plus de valeur pour chacun et chacune d’entre nous en bout de ligne. Jim Rohn dirait : «The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Faut pas réinventer la roue? Hmmm. Je pense que oui.

Que devons-nous devenir pour révolutionner l’apprentissage?

Merci de vos commentaires 🙂

7 réflexions sur “«Faut pas réinventer la roue!»

  1. Le statut quo…pas pour moi! merci Marius de nous projeter dans cette belle réflexion.
    Nous détenons les clés…il s’agit d’ouvrir les portes!

  2. Tu rejoins tellement ce qui mijote dans ma tête depuis une semaine. Nous devons réaliser que le changement ne viendra pas toujours du haut, que c’est nous, les leaders dans les écoles (j’inclue les enseignants, les intervenants, les élèves) qui devons «réinventer la roue». Que nous devons encourager notre entourage à prendre des risques, à développer une culture de partage et de collaboration. Nous devons appuyer ceux qui ont besoin d’appui et de confiance. C’est trop facile de chialer, de dire qu’on ne peut rien faire tant que le système (la direction, le conseil, le Ministère) ne l’impose pas… Qu’allons-nous faire MAINTENANT? Pourquoi se satisfaire du statut quo? On peut tous faire une différence, un petit changement qui aidera à «réinventer» la fameuse roue de la pédagogie et de l’apprentissage. Merci de me faire réfléchir cher collègue!

    1. Maintenant. Oui. La puissance du quotidien. Réinventer la roue, notre roue. Réinventer notre discours intérieur. Bien d’accord que ça part des gens dans les écoles. Quand on y pense, dans un système standardisé, le leadership doit venir du haut. Dans un système où on personnalise l’éducation, le leadership doit venir des personnes qui personnalisent l’éducation. Ça, ce sont les gens dans le terrain. Merci de ton commentaire collègue 🙂

  3. Pour ma part, je dis qu’il ne faut pas réinventer la roue. La roue tourne depuis plusieurs centaines d’années; au début, elle tournait probablement un peu rudement, car elle était en bois. Puisque la roue tourne déjà, il faut voir comment la faire tourner autrement, de façon différente, plus vite, plus doucement, plus lentement? Explorons! Il y a possibilité, je crois, de prendre ce que nous avons pour le transformer et le faire fonctionner autrement. Pourquoi mettre tous les plans à la poubelle et recommencer à neuf? Voilà!

    1. Merci de ton commentaire Joanne. Je suis bien d’accord qu’il faut explorer les possibilités et faire autrement. C’est ce processus qui va nous emmener ailleurs, qui façonnera qui nous deviendrons. On ne jette pas tout à l’eau. On prend une autre direction, en commençant par ce qu’on remet en question. Ça implique de choisir ce qu’on garde, ce qu’on laisse de côté, ce qu’on ajoute… On devient 🙂

  4. Marius, c’est comme si on pensait la même chose en même temps. Je fais plusieurs liens entre ce billet, et celui que j’ai publié ce matin.

    Quel genre de leader voulons-nous être? Comment allons-nous transformer notre vision, nos actions?

    Merci pour cette belle réflexion.

    Effectivement, je suis bien d’accord qu’il faut réinventer la roue. Même peut-être la voiture au complet?

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