Et si nous étions des marqueurs de relation? Juste aujourd’hui.

Je vous propose un billet «zoom out» aujourd’hui.

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» Cette citation de John Dewey passait dans Instagram ce matin. Ça m’a fait réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord.

Priver nos élèves de leur aujourd’hui

Demain ne nous appartient pas. Si on prive les élèves de quelque chose, c’est de leur aujourd’hui, d’un aujourd’hui pertinent qui a du sens. Pensez-y. Ce qu’on demande de nos élèves parfois. Pensez à tout ce système d’appui à certains élèves dits «en difficulté». Comprenez-moi bien. Il y a des élèves avec de réelles difficultés et ils ont besoin d’appui. Je parle ici des élèves en difficulté que nous produisons. Parce qu’on n’est pas à jour. Parce que le contenu ne colle pas, n’a pas de sens. Parce que c’est important, le travail sur les papillons pour jeudi. Plus important que les humains qui ne s’engagent pas. Curiosité naturelle… Faut que ça roule! Curieux. Ne regardons pas trop loin. Juste aujourd’hui. Quel sens aujourd’hui aura-t-il pour nous et pour nos élèves?

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» John Dewey

Nous sommes le contenu

Je pense aussi que ça va plus loin que «as», que notre approche. Je parle toujours de la citation de John Dewey. Vous me suivez? Dans le monde d’aujourd’hui, oui notre approche doit changer, parce que le monde a changé, mais ce qu’on enseigne aussi évolue. Je dis souvent que l’éducation est désormais une entreprise de développement de personnes. Après tout, on veut que tous trouvent leur voie, atteignent leur plein potentiel et contribuent au monde. Le contenu qu’on enseigne doit donc mener à ça. Aujourd’hui, qui nous sommes est plus important que le contenu du programme. On enseigne qui on est. L’humain. Nous sommes le contenu le plus important (je sais, le programme aussi est important). C’est pourquoi le développement professionnel, la croissance personnelle sont si importants. How far can we grow?

Nouveaux partenariats d’apprentissage

Dans le cadre d’une série de webinaires offerte en collaboration avec Jacques Cool, Normand Brodeur et Stephane Hunter, il a été question des compétences globales (ou du 21e siècle). Selon Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario, le point central de l’enseignement serait désormais de développer des pratiques axées sur l’apprentissage en profondeur et le développement de nouveaux partenariats d’apprentissage.

Apprentissage en profondeur : « L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel.

Nouveaux partenariats d’apprentissage : L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre).

Et si nous étions des marqueurs de relation?

Ok, le rôle de l’enseignant est en mutation. Et après, Marius? Je vous laisse analyser le visuel que nous avons présenté dans le 4e webinaire (Merci Normand). La clé ici, ce sont les points rouges, qui désignent les relations humaines et la technologie.

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Je mets ici l’accent sur les relations humaines (nouveaux partenariats d’apprentissage) qui, comme le dirait mon collègue Normand, permettent la circularité dans ce modèle. Or dans nos écoles, on ne vit pas dans un modèle. On s’en inspire, oui, mais on crée nous-mêmes notre réalité, notre aujourd’hui. Enseignant de français dans mon autre vie, quand j’ai vu les points rouges dans ce modèle, j’ai tout de suite pensé aux marqueurs de relation. Pour ceux qui l’auraient oublié, un marqueur de relation crée un lien, un rapport entre des idées, des phrases ou des paragraphes. Et selon le marqueur de relation choisi, le sens varie. Le sens. Vous me voyez venir? Et si nous étions appelés à agir comme des marqueurs de relation auprès de nos élèves? Créer des liens et donner un sens…

Créer des liens, en vrac

Créer des liens avec nos élèves. Créer des liens entre nos élèves. Créer des liens entre le programme, le vécu des élèves et notre vécu. Créer des liens entre les intérêts, les talents des élèves et les exigences du programme. Créer des liens entre le programme, nos rétroactions et les progrès des élèves. Créer des liens entre la vie de tous les jours et ce qui se passe dans notre école. Créer des liens entre nous, entre collègues. Prendre le temps de se parler. Créer des liens entre mon impact en classe, mes besoins en formation et ce qui est disponible sur le Web. Créer des liens entre notre état d’esprit, nos émotions et les conditions que nous créons dans notre classe, dans notre école. Créer des liens.

Donner un sens, en vrac

Donner un sens à ce qu’on demande de nos élèves. Donner un sens au monde qui nous entoure. Le contenu que nous enseignons (le programme) est sensé refléter le monde qui nous entoure. Internet et les médias sociaux sont souvent vus comme des outils, comme des moyens. Et si on les abordait comme du contenu. Il ne faut pas seulement les utiliser. Il faut les comprendre. Donner un sens aux notes. Donner un sens aux progrès. Donner en sens à l’erreur, au «not yet». Donner un sens à la persévérance. Effort + Stratégie + Aide des autres = Croissance. E + S + A = C. Pas seulement E. Donner un sens à l’appui «supplémentaire» offert à ceux qui en ont besoin. Assurons-nous que l’appui vienne de la bonne personne. Il n’y a personne d’autre que moi qui peut être le père de mes enfants, et les aimer comme un père aime ses enfants. Ça s’applique comment dans la classe? Donner un sens au monde que nous portons en nous. Faire de la place pour ça. Apprendre en profondeur, en soi. La connaissance de soi, la croissance personnelle et la réalisation de soi sont étroitement liés. Donner un sens à nos aujourd’hui. Pour nous, pour nos élèves.

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Juste aujourd’hui

Alors, chers collègues, quelle pourrait bien être cette expérience scolaire que nous espérons tous pour nous et nos élèves? Nous la portons en nous, cette expérience. Elle est là, quelque part. Il faut simplement partir à sa découverte, écouter notre intuition et accueillir notre rôle, en mutation, juste aujourd’hui. Tous les jours, c’est aujourd’hui. Et, comme Winnie, ça peut devenir notre jour préféré. À nous et à nos élèves. C’est la puissance de l’aujourd’hui. Pas besoin de se priver de ça!

Qui sait à quoi pourrait ressembler notre aujourd’hui en juin 2019, 2024, 2029?

On comptera encore sûrement les dodos 😉

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