Le plus grand défi en éducation?

C’est la rentrée les amis. C’est le moment d’accueillir les élèves qui nous sont confiés cette année. C’est le moment d’établir les relations, les routines, les processus et le climat qui nous permettront d’amener tous les élèves à apprendre et à progresser. Le mois de septembre, c’est le mois où on met systématiquement l’accent sur ces aspects si importants en éducation. C’est important. C’est la clé pour nous aider à relever le plus grand défi en éducation : susciter l’engagement de l’élève.

L’engagement de l’élève

En 2009, l’Association canadienne d’éducation publiait cette infographie qui illustre clairement le défi que nous tentons tous de relever. L’engagement de l’élève.

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Trois types d’engagement

Avec cette infographie, ACE y définissait 3 types d’engagement. Soit l’engagement social, l’engagement scolaire et l’engagement intellectuel. Inutile d’insister sur l’importance des relations, des routines, des processus et du climat scolaire pour favoriser ces trois types d’engagement. Si l’engagement de l’élève est au coeur des conversations dans votre établissement, je vous invite à remarquer qu’il existe un nuance importante entre ces trois types d’engagement et l’obéissance. L’obéissance ne mène pas nécessairement à ces trois types d’engagement. Et la désobéissance n’est pas nécessairement un signe de désengagement.

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La technologie à elle seule ne règle pas tout…

Dix ans plus tard, le système d’éducation a réussi à intégrer le numérique dans les écoles. Le but : améliorer l’engagement et l’apprentissage des élèves. Plusieurs écoles et CS tentent aussi d’innover à l’intérieur de la boîte et d’évaluer autrement, évaluer au service de l’apprentissage. Le but : que l’évaluation augmente l’engagement et l’apprentissage de l’élève. Nous tentons toujours de trouver des solutions à l’engagement de l’élève. La leçon ici : la technologie ne peut régler à elle seule le défi de l’engagement de l’élève. C’est beaucoup plus complexe que ça. C’est le coeur même de la pédagogie que nous devons regarder ensemble.

L’engagement intellectuel : la clé de l’apprentissage en profondeur

J’attire votre attention sur l’engagement intellectuel, qui, à mon humble avis, est la clé de l’apprentissage en profondeur. Il est très difficile d’espérer amener nos élèves à développer des compétences et à apprendre en profondeur sans avoir leur engagement intellectuel. C’est pour cette raison qu’on parle tellement de leadership pédagogique depuis quelques années. Qu’est-ce qui fait qu’un élève s’engage intellectuellement dans une tâche? Est-ce que ça veut dire que l’élève doit aimer la tâche? Est-ce que ça veut dire qu’on doit chercher à plaire à nos élèves? Je ne crois pas, non. L’engagement intellectuel, c’est tout simplement le fait d’être actif sur le plan cognitif. On passe d’abord par le coeur avec les relations positives, les routines, les processus, le climat scolaire… Mais il y a plus.

3 points à considérer pour susciter l’engagement intellectuel de l’élève

La qualité de la tâche ou du travail présenté à l’élève y serait pour beaucoup. Voici 3 points à considérer pour qu’un élève ait le goût de s’engager intellectuellement dans une tâche. Ici, on tient pour acquis qu’une relation positive est établie avec l’enseignante ou  l’enseignant.

À la fin d’un cours ou d’une leçon…

  1. L’élève sait ce qu’il a appris. L’idée, c’est d’être explicite au sujet des résultats d’apprentissage visés. Une façon de le faire, c’est d’indiquer au menu du jour, à la première personne du singulier, les apprentissages qui seront réalisés par les élèves. En voici un exemple. (Merci à Julie Thivierge de la CSDN pour le partage)Capture d’écran 2019-08-25 à 12.39.35.png
  2. L’élève sait pourquoi il l’a appris. Ici, on donne un sens à ce qu’on enseigne. On replace le contenu dans son contexte authentique pour en montrer l’utilité. «Ça compte» ou «C’est sur le test.» fonctionne de moins en moins. Ça demande de savoir ce qu’on enseigne mais aussi pourquoi on l’enseigne.
  3. L’élève sait comment il va l’utiliser. C’est ici que la pertinence du contenu, de la tâche (authentique) et l’évaluation au service de l’apprentissage viennent boucler la boucle du sens. Pourquoi ceci maintenant? C’est ici que la voix de l’élève et la personnalisation permettent de transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève. Les élèves ne s’attendent pas à des tâches moins demandantes. Ils veulent de la rigueur et de la pertinence. La tâche doit valoir leur temps et leur énergie. C’est un peu comme si les principes andragogiques s’appliquaient maintenant à la pédagogie. Une bonne question à se poser : «Est-ce que je voudrais être un élève dans ma propre classe?»

Pour en savoir plus au sujet des principes de pratiques pédagogiques efficaces, je vous invite à consulter le document Un cadre et une rubrique (ACE 2009). Si vous oeuvrez au Québec, c’est un superbe outil pour l’orientation 2 du PAN, sans toutefois mettre l’accent sur le numérique.

Le plus grand défi en éducation?

Le plus grand défi en éducation, c’est de susciter l’engagement de l’élève.

Le plus grand défi en éducation, c’est de personnaliser l’apprentissage.

Le plus grand défi en éducation, c’est d’évaluer autrement.

Lorsqu’on évalue autrement, on personnalise l’apprentissage.

Lorsqu’on personnalise l’apprentissage, on suscite l’engagement de l’élève.

Relations, routines, processus, climat… rigueur et pertinence.

Et vous, quels points ajouteriez-vous pour favoriser l’engagement intellectuel de l’élève?

Merci de vos commentaires

Je vous souhaite une très agréable rentrée scolaire.

 

5 réflexions sur “Le plus grand défi en éducation?

  1. Toujours aussi clair et synthétique Marius. Je crois effectivement que l’engagement étudiants est la clé de la réussite et si je me fie au système scolaire français que je connais bien, on se cache derrière des changements de programmes édulcorés plutôt qu’engager collectivement ce grand défi de front.

  2. Le plus grand défi est d’être sensible et éveillé à ces personnes auprès desquelles nous allons cheminer pendant 10;mois. Alors que le développement professionnel est trop souvent centré sur la performance, on oublie trop souvent l’éveil à l’autre, apprendre à « lire nos élèves », etc.

  3. Merci pour cette réflexion sur comment susciter l’engagement des élèves dans la tâche.
    Je vous rejoins entièrement sur l’utilité de celle-ci pour l’élève. On peut ajouter aussi à l’utilité pour soi, l’utilité pour les pairs, les autres élèves ou une autre classe. Par exemple, ils réalisent en tâche finale une capsule vidéo ou audio et c’est cette capsule qui sera proposée à une autre classe dans le cadre d’un cours inversé par ex, par le professeur.
    C’est important aussi de penser à valoriser les productions/réalisations ( et le numérique à travers les ENT ou site des établissements est un formidable outil pour cela) des élèves afin qu’ils aient un sentiment légitime de fierté associé à celui d’utilité.

    Bien à vous,

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