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4 questions pour partir l’année du bon pied

C’est la rentrée!

La rentrée scolaire vient naturellement avec l’espoir d’un nouveau départ. Pour nous et pour les élèves qui nous sont confiés. Mais un départ vers où? Quelle destination pourrait susciter chez les personnes impliquées le désir de présenter la meilleure version d’eux-mêmes? La promesse de toutes les années scolaires, c’est qu’elles finissent. Habituellement en juin. Donc un nouveau départ vers juin? Ce n’est pas très motivant. Avons-nous déjà hâte que ça finisse? Si oui, l’année va être longue, pour vous et pour les personnes dont vous êtes responsable. À bien y penser, si juin était la destination de choix, le défi serait de se rendre au mois de juin le plus vite possible. L’éducation serait un concours de vitesse. Or nous savons que tout le monde va se rendre au mois de juin en même temps. C’est ce qui se passe entre la rentrée et le mois de juin qui compte. Alors quelle destination?

Avez-vous déjà hâte au mois de juin?!

Le processus est plus important que la destination. J’écoutais un podcast cet été et un des invités disait que dans une course à pied, la personne qui aime courir va toujours mieux réussir que la personne qui a hâte d’avoir fini de courir. Ça a du sens. Les gens qui aiment le quotidien d’une année scolaire sont plus heureux et ont plus d’impact que les gens qui ont déjà hâte au mois de juin. Alors quelle destination?

Comment partir l’année du bon pied

Une nouvelle année scolaire, c’est un canevas. Un cadre avec un espace temps limité où les possibilités sont illimitées. Que comptez-vous mettre sur votre canevas cette année? Vous voudrez sûrement que les personnes dont vous êtes responsable soient motivées. Chose certaine, ces personnes vont la vivre avec vous cette nouvelle année scolaire et elles vont vouloir être mises en valeur et être impliquées. Qu’allez-vous faire ou dire dès la rentrée, qui va les amener à vouloir s’impliquer? C’est une question que je pose souvent aux personnes que j’accompagne. Les réponses sont toujours inspirantes. Je les regroupe ici en 4 questions. D’abord pour les directions, ensuite pour les enseignants. J’espère qu’elles vous aideront à bien «partir» l’année avec votre équipe ou vos élèves.

Quatre questions pour les directions

Pour les directions, voici donc les 4 questions à considérer dans votre préparation pour la rentrée. Ce sont des questions que les gens se posent probablement déjà. Si vous offrez à votre personnel des réponses claires à ces questions, il sera beaucoup plus facile de «partir» l’année du bon pied en équipe. Être clair, c’est gentil.

1. Où allons-nous?

Si la cible est claire et qu’elle ne bouge pas, tous peuvent l’atteindre. Être explicite au sujet de vos attentes élevées. Cela communique que vous avez confiance en votre équipe. Lorsqu’un coach dit qu’il vise la coupe Stanley… c’est très motivant et ça en dit gros sur ce qu’il pense de son équipe! La coupe Stanley en éducation, c’est la réussite de tous les élèves. Comme pour la coupe Stanley, c’est rare que ça arrive mais on essaie. Le plaisir et la réalisation de soi viennent plus de la quête que de la conquête. Processus, pas destination. Ici, on communique les priorités. Ce sur quoi vous allez mettre l’accent en tant qu’équipe. Avant de choisir d’embarquer dans l’autobus, les gens doivent savoir où il va.

2. Pourquoi est-ce important?

Ici, on donne un sens aux priorités en explicitant l’impact positif visé sur, par exemple, le climat scolaire, le bien-être de tous et l’apprentissage des élèves. L’impact sur la mission éducative et un rappel de vos valeurs organisationnelles, qui font appel à votre identité. Qui allons-nous devenir, ensemble, cette année, dans notre quête d’amélioration continue? Plus fort est le pourquoi, plus facile est le comment.

3. Comment allons-nous progresser?

Être explicite au sujet du palier 1 de la RAI. Pouvez-vous nommer les stratégies pédagogiques que vous voulez voir au quotidien dans votre école? Avec un langage commun, les gens peuvent parler de leur pratique et reproduire les pratiques réussies. Ici, on explicite aussi les grandes lignes du plan d’amélioration et à quoi serviront les rencontres du personnel, de niveau, de collaboration (CoP/CAP), les journées pédagogiques, les formations offertes par le CS/CSS… pour soutenir le palier 1 (effet enseignant). Si les attentes sont élevées, on démontre que le soutien l’est tout autant. Être explicite sur les processus internes (comment le travail d’équipe fonctionne entre le palier 1 et le palier 2 de la RAI). Plus fort est le pourquoi, plus facile est le comment. Plus les gens ont le goût d’atteindre la cible (no1), plus les gens sont motivés lorsqu’ils font des progrès! Quels indicateurs pourraient vous permettre de célébrer vos progrès en cours d’année? Pour savoir si nous progressons, il faudra regarder les données. Pour gagner une partie de hockey, il faut regarder le tableau de pointage une fois de temps en temps.

4. Quelle est ma place dans l’équipe? 

Tous les joueurs de hockey veulent du temps de glace. Tous les joueurs de hockey veulent savoir de la bouche de leur entraîneur comment avoir plus de temps de glace. Ils veulent contribuer. Temps de glace = responsabilités. En éducation, c’est différent, mais c’est la même chose. Je ne connais pas un enseignant qui ne veut pas contribuer. Mais comment? Ce n’est pas toujours clair. Si la priorité de l’école est la numératie et que j’enseigne les arts, je contribue comment au plan d’amélioration de mon école? Indice : mettre l’accent sur une matière (au no 1) exclut des gens. Mettre l’accent sur la pédagogie inclut tout le monde dans le plan d’amélioration. La pédagogie est ce qui unit tout le personnel. C’est au coeur de l’effet enseignant. En début d’année dans plusieurs milieux, les enseignants sont invités à présenter un plan annuel de perfectionnement à leur direction. Plusieurs directions prennent le temps de rencontrer individuellement tous les membres de leur personnel pour en discuter avec eux. C’est une belle occasion pour discuter de leurs forces, de leurs intérêts et de leur contribution potentielle au plan d’amélioration. Leur temps de glace! Temps de glace = je vois ta valeur et je te confie des responsabilités. Ça, c’est extrêmement stimulant.

J’espère que ces quelques questions peuvent vous aider à bien débuter l’année en équipe.

Quatre questions pour les enseignants

Si vous êtes enseignant, ces 4 questions, en les modifiant un peu, peuvent vous aider à susciter l’engagement de vos élèves au quotidien. Ce sont probablement des questions qu’ils se posent. Si vous offrez à vos élèves des réponses claires à ces questions, il sera beaucoup plus facile pour eux de s’engager parce que vous aurez donné un sens à la démarche d’enseignement/apprentissage.

1. Qu’allons-nous apprendre (aujourd’hui / cette année)?

Ici, plutôt que de mettre l’accent sur la tâche à accomplir, on met l’accent sur l’objectif principal de la présence en classe : l’apprentissage. De contenu, de stratégies, de mentalité, d’habiletés d’apprentissage, d’habitudes de travail, de compétences… Tout, au service du devenir de l’élève.

2. Pourquoi est-ce important? 

Ici, il importe de se placer dans la peau de l’élève. Ce n’est pas important seulement parce qu’il y a un quiz vendredi, une épreuve dans 2 semaines, un projet autonome à remettre en novembre, un examen ministériel, une éventuelle admission à l’université… C’est surtout important parce qu’il y a une utilité bien réelle dans la vie actuelle de l’élève. On ne couvre pas le programme. On amène l’élève à se découvrir à travers le programme.

3. Comment allons-nous nous servir de ça? 

Ici, on démontre à l’élève concrètement comment il va se servir de ses apprentissages. Il prend conscience qu’il y a un pilote dans l’avion. Qu’on s’en va quelque part et que vous savez ce que vous faites. Vous me suivez?

4. Comment allons-nous nous servir de mes forces et de mes intérêts? 

L’élève est une ressource humaine qui n’attend qu’à être impliquée dans son apprentissage. Comme nous, les élèves veulent du temps de glace. Mais ils ont surtout besoin de soutien pour devenir des apprenants autonomes. Plusieurs enseignants prennent le temps de rencontrer individuellement les élèves en début d’année afin de discuter de leurs forces, de leurs intérêts et de leurs besoins. Comment peut-on s’attendre qu’en octobre, l’élève soit autonome, qu’il soit proactif, qu’il connaisse ses forces et ses défis, qu’il se fixe des objectifs personnels, qu’il fasse le monitorage des stratégies qu’il utilise pour les atteindre et qu’il s’ajuste, si dès la rentrée, il n’a pas l’occasion d’être accompagné par son enseignant vers cette autonomie que nous souhaitons tant dans nos salles de classe? Indice : il faut simplement décider de créer une culture d’apprentissage dans sa classe. Et tout bascule. On identifie le talent, on positionne le talent et on outille le talent.

Ce ne sont que des grandes lignes. Les questions, pour les directions et pour les enseignants, sont simples mais elles demandent énormément de réflexion, de préparation et une communication claire.

J’espère qu’elles vous aideront à vivre un début d’année à la hauteur de vos attentes.

Merci de vos commentaires et bonne rentrée!

13 Août, 2023

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Commentaires

6 Commentaires

  1. Julie

    Très inspirant ! Merci pour ce coup d’envoi.

    Réponse
    • Marius

      Merci à toi de prendre le temps de me lire. Bonne rentrée 🙂

      Réponse
  2. Marc Proulx

    Toujours intéressant et pertinent, Marius. Bonne rentrée!

    Réponse
    • Marius

      Merci beaucoup Marc 🙂

      Réponse
  3. Nancy Létourneau

    Vraiment très intéressant! En tant que direction du secondaire, je me suis prise des notes et j’ajouterai ces éléments lors de mon discours de la rentrée. Merci Marius!

    Réponse
    • Marius

      Merci à toi Nancy. Je suis content que ça puisse te servir. Bonne rentrée 🙂

      Réponse

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