Et si nous adoptions des processus autonomisants

Je regardais cette vidéo pour une énième fois cette semaine et j’ai été frappé à nouveau par la simplicité du processus partagé par Mick Ebeling.

Son processus est bien simple : lorsqu’il désire avoir un impact positif,

  1. Il s’engage.
  2. Il tente de figurer quoi faire pour y arriver.

C’est quand même assez simple. Ce qui est intéressant dans son processus en 2 étapes, c’est l’ordre des étapes. Mick n’a pas dit qu’il trouvait comment avoir un impact positif et qu’ensuite il s’engageait. Il s’engage d’abord, sachant qu’il sera capable de trouver le comment en temps opportun. C’est important ça. Il fait confiance à son intuition. Vous vous reconnaissez dans ce processus? C’est un processus qui me semble très autonomisant.

L’engagement nourrit l’intuition.

Lorsqu’on s’engage affectivement, comme mari, comme père, comme enseignant, comme collègue, on trouve éventuellement une façon d’avoir un impact positif dans la vie des gens dont nous sommes responsables puisque nous avons une autonomie complète, en ce sens que nous pouvons choisir quoi faire et comment faire. Nous vivons aussi avec les conséquences de nos actions.

Deux ingrédients clés se dégagent ici :

  1. Responsabilité
  2. Autonomie

Pour arriver à nos fins, nous devons accepter la responsabilité de notre engagement et nous devons agir au meilleur de notre capacité. Quand l’intention d’une relation est claire et qu’on s’engage, notre intuition devient comme un manuel d’instructions. C’est comme si l’engagement nourrissait l’intuition.

Et en éducation?

Dans mon vécu en éducation, la majorité des gens sont engagés. Je peux compter sur les doigts d’une main les gens désengagés que j’ai rencontrés.  En éducation, le processus pour obtenir un impact positif est souvent le même lorsqu’il est vécu individuellement. On s’engage et on s’organise pour y arriver. Or je me rends compte que le processus pour obtenir un impact positif auprès de nos élèves n’est pas toujours le même lorsqu’il est vécu collectivement. En fait, c’est l’ordre du processus qui change. Souvent, pas toujours, mais souvent, les gens impliqués essaient d’abord de trouver comment faire avant de s’engager à actualiser une nouvelle approche. Parfois, le processus ressemble davantage à ceci lorsqu’il est vécu collectivement :

  1. On trouve quoi faire et comment faire en s’appuyant sur des pratiques exemplaires, des données probantes, la recherche…
  2. Si la première étape est satisfaisante pour les acteurs concernés, là, on s’engage.

Un des défis ici, et c’est tout à fait normal, c’est la perception de la perte d’autonomie. En effet, tous les gens impliqués peuvent être engagés, mais pas nécessairement en accord avec les actions à prendre. Pour toutes sortes de bonnes raisons. Que faire alors? Et si nous tentions de développer notre intuition de coach?

L’intuition du coach

La raison d’être des établissements scolaires, c’est la réussite de tous les élèves. C’est sûr que RÉUSSITE ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, mais tous s’entendent que nous sommes là pour la réussite des élèves. La cible est établie et commune. Lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant les actions qui favorisent la réussite des élèves, on voudrait choisir les meilleures pratiques, les pratiques recommandées par la recherche et les déployer à grande échelle. C’est logique. Or enseigner est une profession complexe et humaine. Ça dépasse la simple technique pédagogique. En effet, même si on applique une stratégie pédagogique soutenue par la recherche, on peut quand même échouer. On valorise souvent le jugement professionnel de l’enseignant. Mais c’est souvent lié au moment où il doit porter un jugement concernant la note ou la réussite d’un élève. Le jugement professionnel du juge. J’entends rarement parler de l’importance de l’intuition de l’enseignant. L’intuition du coach. Pour développer les élèves et les amener à atteindre leur plein potentiel, l’enseignant doit, comme un coach, essayer de générer des émotions positives chez ses élèves, entretenir de bonnes relations avec eux, planifier une démarche d’enseignement/apprentissage se situant dans la zone proximale de développement de ses élèves, relever des preuves d’apprentissage ou de progrès, s’ajuster, offrir des prochaines étapes aux élèves… Dans le feu de l’action, l’enseignant, comme un coach, doit se servir de son intuition pour prendre les meilleures décisions pédagogiques pour ses élèves. Mais comment développe-t-on son intuition de coach?

Praticiens-chercheurs demandés

Pour amener chaque élève à atteindre son plein potentiel, il importe de s’appuyer sur des données probantes, la recherche, des innovations, les données d’élèves… Bien sûr. Mais je crois qu’il faut aussi expérimenter et adopter une mentalité de praticien-chercheur. C’est une façon bien simple de parler d’intentionnalité et d’impact conscient. Par exemple, l’enseignant peut s’appuyer sur une théorie d’action (si… alors…), qu’il validera en classe avec ses élèves (dans le cas de l’enseignant). C’est une façon de vérifier constamment si les actions ont les impacts attendus (sur les élèves). Au fil du temps, c’est une façon de cultiver son intuition pédagogique, ce qui améliore les décisions pédagogiques prises dans le feu de l’action. Ceci s’applique à tous les acteurs. Comment vos processus actuels vos permettent-ils de devenir des praticiens-chercheurs?

Pour soutenir notre engagement collectif…

Je mentionne plus haut que l’engagement nourrit l’intuition et que les ingrédients clés sont la responsabilité et l’autonomie. En éducation, notre engagement collectif envers la réussite des élèves fait en sorte qu’un 3e ingrédient est requis : le soutien. Le soutien est la clé pour développer l’efficacité collective et pour l’amélioration continue de notre intuition pédagogique puisque nous devons adopter des méthodes qui nous arrivent souvent de l’externe (recherche ou autre). Ces méthodes ne nous paraissent pas toujours logiques ou intuitives.

À mon humble avis, les 3 ingrédients requis pour susciter l’engagement et pour maximiser le développement de tout leader pédagogique sont :

1. Responsabilité : signifie que je suis capable d’agir et d’avoir un impact. J’ai un pouvoir d’action et je suis responsable de mes actions.

2. Autonomie : signifie que je cultive mon intuition en choisissant comment j’essaie d’atteindre la cible au meilleur de mes capacités et en m’appuyant sur la recherche. J’ai une liberté d’action. Mon unicité est mise en valeur.

3. Soutien : signifie que je compte sur la présence d’un superviseur ou d’un collègue qui viendra, en temps opportun, vérifier comment je progresse relativement aux engagements que nous avons pris ensemble. Ce soutien me permet de prendre conscience de mes progrès et des pratiques grâce auxquelles j’ai progressé.

Certains préfèrent possiblement Imputabilité plutôt que Soutien. À mon avis, les gens ont davantage besoin de soutien, de quelqu’un qui vienne vérifier si tout va bien, si on progresse plutôt que de simplement venir vérifier si ce qui a été demandé a été fait ou a produit les effets recherchés. Tout est dans l’approche.

Imaginez passer 30 ans de carrière dans un climat où nous croyons que tous les élèves peuvent apprendre, qu’ils peuvent apprendre grâce à ce que nous faisons (responsabilité et autonomie) et qu’on nous soutient dans le processus (soutien).

Je peux difficilement m’imaginer un meilleur contexte pour me développer en tant que leader pédagogique, en tant que coach, en tant qu’enseignant.

La recherche, c’est important. L’intuition de tous les acteurs aussi.

Et si nous adoptions des processus autonomisants dans nos écoles?

Vous êtes partants?

Personne ne peut vous remplacer

 

Nous ne sommes pas éternels. «We all know the epiphany is coming.» C’est la phrase qui m’inspire à écrire ce matin. En regardant cette vidéo ce matin, je me suis mis à réfléchir.  Est-ce que je mets l’accent sur les bonnes choses dans ma vie? Regardez de 17:39 à 19:45. Ensuite on fait des liens à l’éducation. C’est 2 minutes et 6 secondes! Allez-y 🙂

«Big picture»

C’est un billet «big picture», oui je sais. En éducation, c’est le mois de juin. Le mois du dernier droit dans les écoles. On entend déjà «Une autre année de faite! Wow! Incroyable comme ça passe vite!» Comme dans la vraie vie. Tout passe vite. Surtout si on ne s’arrête pas pour réfléchir. Or dans le tourbillon de la fin de l’année, on peut se poser la question : Qu’est-ce que ça aura donné, cette année? Qu’est-ce que j’aurai accompli avec mes élèves? Concrètement.

Du temps pour faire une différence… pour les personnes

Une chose est certaine, notre temps est limité avec nos élèves. On les voit une année à la fois. On peut enseigner pendant 30 ans et au même niveau pendant plusieurs années. Mais souvent, on a une seule année, un seul semestre, pour faire une différence pour les élèves. Pas pour leurs résultats, pour les personnes qu’ils sont. Ceux-là, ceux qui sont là, maintenant. C’est trompeur de regarder une carrière en éducation et de penser qu’on a le temps. Le temps de…? Si dans notre vie on gaspille parfois du temps, en éducation, je crois qu’on laisse passer des occasions de changer des vies. Même la nôtre. On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent! Dans You Are Not A Number, George Couros nous rappelle que nous sommes en éducation pour les élèves. Pas pour les données qu’ils génèrent. Pensez-y. C’était mon message dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Or saisissons-nous les occasions qu’ils nous offrent, nos élèves, nos collègues? Quand on donne, on reçoit. Quand on change la vie d’un élève, d’un collègue, on est changé nous aussi. Et ça, ça se fait en montant. «Everything worthwhile is uphill.», comme dirait John Maxwell. Et ce n’est pas compliqué, changer une vie. Il faut simplement être à l’écoute. Je peux l’affirmer, parce que certains collègues ont changé le cours de ma carrière, à différents moments. Merci 🙂

«On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent!» @bourmu

Personne ne peut vous remplacer

Quand j’ai commencé à enseigner, on me disait que tout le monde était remplaçable. Ça me faisait tellement de quoi. Je voulais m’investir, faire une différence. Avec mon expérience, je peux vous dire avec confiance que c’est faux. Au fil du temps, j’ai appris que personne ne peut vous remplacer. Personne. Personne ne peut remplacer qui vous êtes. Vos forces, votre style, vos anecdotes, vos attentions, vos idées, vos faiblesses, votre empathie. Personne ne peut vous remplacer, vous. Oui, quelqu’un d’autre peut être dans la classe. Mais ce sera autre chose. Autre chose de merveilleux. Mais autre chose. Si vous passez 30 ans en éducation, vous êtes là pour une raison. Vous avez quelque chose d’unique à apporter. Et les élèves et les collègues qui seront placés sur votre chemin ont quelque chose à vous apporter aussi. Vous, où est/sera votre focus?

Notre temps est limité

À un moment donné, peut-être en juin, on soulignera votre passage en éducation. En quelques phrases, lors d’un rassemblement quelconque, on résumera, peut-être, vos accomplissements. Et ce sera fini. Next? Personnellement, je n’ai pas hâte à ce moment. J’aime essayer d’aider mes collègues, essayer d’améliorer ce qui se passe dans nos belles écoles. Je m’imagine les pensées qui m’habiteront à la veille de ma retraite. Est-ce que j’aurai été le prof, la direction, le collègue qui aura mis l’accent sur les bonnes choses? Serai-je encore en croissance ou aurai-je arrêté d’apprendre? Serai-je résigné, parce que les jeunes ne sont plus comme avant? Que de questions.

Bilan

Ce sont des choses auxquelles je pense en juin, au moment de faire le bilan de ma 17e année en éducation. Pour tous les individus qui ont été placés sur mon chemin dans le passé, et que j’aurais aimé mieux servir, et pour tous ceux qui le seront à l’avenir, auxquels je souhaite sincèrement ajouter de la valeur, c’est pour ça que j’apprends, que j’écris, que je lis, que je me réseaute, que je me questionne. Parce que mon temps est limité et je veux donner ce que je suis sensé donner.

«Success, is when i add value to myself. Significance, is when i add value to others.» John Maxwell

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite un bon dernier droit avec vos élèves. Je vous souhaite aussi de bien réfléchir à votre carrière. Où en êtes-vous? Qu’avez-vous à offrir?

Si votre carrière devait se terminer en juin 2018, que feriez-vous en 2017-2018?

Go! Vous avez l’été pour vous préparer.

Nous ne sommes pas éternels, mais notre impact peut être incommensurable.

Personne ne peut vous remplacer.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Quand l’inukshuk tombe sur la tête

Mise en garde. La lecture de ce billet exige de la réflexion. Êtes-vous prêts? Ok Go!

L’objectif de ce billet est de partager une première ébauche d’un processus qui, à mon humble avis, peut nous aider collectivement à sérieusement repenser l’école. Quand l’inukshuk tombe sur la tête… Je m’explique plus loin.

Mise en contexte

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «… notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves (…) il ne nous manque que nos lunettes.» Mais comment trouver nos nouvelles lunettes?

Des idées du réseau

Voici quelques idées partagées par les gens dans mon réseau. Merci!!!

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Jessica Charland Allocca a partagé cette vidéo qui illustre l’importance de tenir compte de la progression de l’élève dans l’acquisition d’une nouvelle compétence.

Jacques Taillefer affirme que «Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil à certains systèmes d’éducation en Europe pour les adapter à notre réalité et passer à l’action OPV. Le bien-être de trop d’enfants et la santé même de notre société sont en jeu. Non ce n’est pas trop dramatique, si on juge l’épidémie de santé mentale chez les jeunes, les résultats au post-secondaire et la transition vers le gagne-pain. (…) Et un plan de formation basé sur des compétences spécifiques à acquérir de façon progressive. Et que ces compétences seront valorisées et feront même partie de l’observation professionnelle formelle. R=E+M…»

Pour sa part, Vincent Carrara affirme que «C’est un bonheur que d’imaginer une paire de lunettes à travers lesquelles l’enseignant et l’élève pourraient cheminer vers une meilleure compréhension de ce monde en évolution constante. L’acte d’évaluer serait tellement plus puissant s’il était initié spontanément et mesuré dans un contexte visant la quête de l’épanouissement personnel, en exigeant une rigueur personnelle de soi, sans avoir la contrainte de livrer la bonne réponse.» 

Ces commentaires des gens dans mon réseau me font penser à cette image qui propose une nouvelle vision de ce que pourrait être le succès, dans l’école repensée.adobe-spark-10

Je vous propose donc une démarche à la Google Maps. Il faut d’abord prendre conscience de notre position actuelle, savoir où on veut aller, et se donner un moyen pour y arriver. 

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Notre position actuelle

Dans le contexte actuel, le point de départ, c’est le programme. Dans la démarche d’enseignement/apprentissage actuelle, en Ontario, Faire croître le succès, la politique en matière d’évaluation du rendement de l’élève, nous propose un excellent modèle d’enseignement. L’inukshuk, qui s’appuie sur la recherche. Ce modèle nous aide à placer l’élève au centre de son apprentissage, et ce, peu importe le niveau ou la matière qu’on enseigne. Je l’explique dans ce billet qui date de 2012 et qui est encore actuel. Je reprends aujourd’hui le visuel de l’inukshuk, à droite. J’ai inversé 5 et 6, je sais 🙂

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Les pierres de l’inukshuk étant numérotées, on peut facilement penser que la démarche d’enseignement/apprentissage sera linéaire. Il n’y a rien de mal là-dedans. Or il y a plusieurs façons d’appliquer cette démarche.

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1. À partir du programme, on cible les résultats d’apprentissage visés.

2. On co-construit les critères d’évaluation avec les élèves.

3. On assigne des tâches/travaux qui amènent les élèves à générer des preuves d’apprentissage (leurs productions, nos observations, nos conversations avec eux).

4. On leur donne de la rétroaction en s’appuyant sur les critères.

5 et 6. On invite les élèves à être évaluateurs. Ils s’auto-évaluent ou évaluent leurs pairs en s’appuyant sur les critères.

7. On invite les élèves à se fixer des objectifs d’apprentissage personnels, à être actualisés dans la prochaine étape (prochain travail).

Tout ça, AVANT que ça compte au bulletin. Ce qui fait que QUAND les élèves apprennent est plus important que SI ils apprennent, faute de temps, comme l’illustre l’image suivante.

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La destination souhaitée

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes?» Pour évaluer les élèves et enseigner des compétences. Avant de trouver nos nouvelles lunettes, il importe de savoir où on veut aller. Qu’est-ce qu’on veut voir dans l’école repensée? Plusieurs idées circulent à ce sujet. Personnaliser l’école, être flexible, respecter la progression de chaque élève, développer des compétences comme l’autonomie et la créativité, contribuer au monde, publier le fruit de nos apprentissages à des auditoires réels, évaluer autrement, etc. Ce que ça donne, en bout de ligne, c’est qu’on souhaite que le projet 20% devienne le projet 100%. En principe. L’école personnalisée à 100% aurait pour point de départ les objectifs d’apprentissage personnels de l’élève. Ses passions, ses intérêts. Les problèmes réels auxquels il veut contribuer. Les diverses façons concrètes par lesquelles il veut contribuer au monde réel. Cette image illustre, en partie, ce à quoi pourrait ressembler le modèle de l’école complètement personnalisée. Et c’est ici que l’inukshuk tombe sur la tête. Que les objectifs d’apprentissage personnels des élèves font partie du point de départ.

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C’est donc dire que les élèves se présenteraient à l’école pour faire cheminer leurs projets. Le rôle de l’enseignant serait alors de les aider à planifier les étapes de leurs projets en tenant compte du programme et des critères de réussite, de leur fournir du soutien, des conseils, de la rétroaction, de leur fournir des occasions de réflexion, de les réseauter avec les bonnes personnes…  Ça ressemble drôlement à de l’entraide ça! À la fin, les élèves atteignent leurs objectifs. En fait, tout au long de leur cheminement, ils se rapprochent de leurs objectifs. C’est le processus qui les y amène. Ce n’est pas ponctuel. L’assiduité est donc importante. Pas à l’école? Le projet n’avance pas. Un cours raté, ça ne se reprend pas, dans l’école repensée. C’est comme manquer un entraînement au gym. Et pour l’enseignant, il reste les bulletins. Je n’arrive pas à m’imaginer que les bulletins vont disparaître. Et c’est là que nous avons besoin de nos nouvelles lunettes. Des lunettes pour voir. Les crochets représentent ce que les enseignants ont besoin d’être capables de voir (quand les élèves relèvent des défis en robotique, par exemple), de documenter en cours de route pour répondre aux exigences du système. Où est le programme? Quelles compétences sont développées? Quels critères de réussite et de performance ont été atteints? Oui chers collègues, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Mais nos nouvelles lunettes, nous ne les avons pas. Pas encore. Not yet! Parce que nous ne les avons pas encore cherchées. Jusqu’à maintenant!

Et si on se donnait un processus pour trouver nos lunettes!

J’ai participé au Sommet de l’iPad et du numérique à Montréal la semaine dernière. Dans son atelier, Normand Brodeur recommandait que l’enseignant adopte une posture de chercheur, pour apprendre à naviguer les informations en ligne. Pour apprendre à distinguer le vrai du faux. Et si nos écoles adoptaient une telle posture? Pas pour distinguer le vrai du faux, mais pour trouver nos nouvelles lunettes. Que se passerait-il si une école se donnait comme mandat dès la rentrée de demander à tous leurs élèves de faire un projet. Individuel ou en équipe. Un projet axé sur leurs talents, leurs intérêts, leurs passions. Un projet qui contribue au vrai monde. Détail important : le projet ne serait pas évalué au bulletin. (Silence) Non. Cette année, les élèves, nous prenons un peu de temps (5, 10, 15, 20%) pour des projets qui nous passionnent. Et on va s’entraider. Mais on le fait sérieusement. Appelez ça une stratégie pour le bien-être de nos élèves, un projet de citoyenneté numérique, un projet 20%. Peu importe. L’idée, c’est qu’une école se donne un processus et une intention. Tout le long du projet, on documente ce qu’on observe, ce qu’on apprend, nos questions, nos idées, nos barrières. À la fin, on réfléchit à ce qui vient de se vivre. On découvre nos lunettes. Ensemble. On essaie de trouver où était le programme dans tout ces projets-là. Quelles compétences ont été développées? On essaie de déterminer combien les élèves ont progressé. Combien de choses ils ont apprises. Dans le programme ou non. Et ensuite on réfléchit à ce que ça prendrait pour qu’on puisse le faire entrer dans les paramètres du système, pour qu’on puisse avoir cette approche plus souvent. Pour passer au projet 50% etc. Vous me suivez? Un projet de recherche collectif, pour trouver comment enseigner, personnaliser et évaluer dans l’école repensée. Voici une première ébauche d’un visuel pour nous appuyer.

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Parce qu’il faut sortir des sentiers battus pour repenser l’école!

Pour repenser l’école, il va falloir sortir des sentiers battus. Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue… On peut atteindre la cible, si on la voit et qu’elle ne bouge pas. Mais si la cible, c’est le processus. Le processus, c’est être en mouvement, en développement de compétences. Le seul critère ici, c’est d’arriver à notre fin et de croître. C’est donc une démarche qui est davantage axée sur l’expérimentation, la réflexion et la croissance collectives que sur l’atteinte de cibles pré-déterminées. How far can we grow? Quand nous aurons suffisamment de vécu dans cette autre façon de faire l’école, probablement que le retour à la démarche de l’inukshuk telle qu’on la connaît sera possible, un élève à la fois.

«Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue…»

L’analogie LEGO

Quand on choisit une boîte de legos, on choisit l’image sur le dessus. Ça nous stimule et ensuite on assemble les pièces en suivant la démarche proposée. On choisit l’image qui nous intéresse. Dans notre quête de faire l’école autrement, voit-on tous la même image sur la boîte de legos? Nous avons toutes les pièces présentement. Les pièces n’ont pas de sens tant qu’on n’a pas vu l’image sur la boîte. C’est ça qu’on doit trouver ensemble. Quels sont les éléments communs et différents sur la boîte de l’école repensée?

Pour pouvoir aider les élèves…

En conclusion, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Les objectifs d’apprentissage personnels de nos élèves, leurs passions et intérêts, deviennent le point de départ. C’est intéressant. Les élèves se présentent à l’école avec leur programme. Ils deviennent les entrepreneurs de leur vie. Notre rôle? Les aider. Dans le modèle traditionnel, notre rôle est de les accompagner dans une démarche que nous connaissons, que nous avons déjà vécue en tant qu’élève et que nous vivons depuis X nombre d’années en tant qu’enseignants. Nous pouvons donc très bien les aider. Pour pouvoir les aider dans un modèle personnalisé où les élèves deviennent les entrepreneurs de leur vie, il faut être passés par là, nous aussi! Pour aider un apprenant à vie, pour aider un entrepreneur, il faut l’être soi-même. Personne n’aime recevoir de l’appui de quelqu’un qui est mal placé pour l’appuyer.

Nous avons un bon bout de chemin de fait, chers collègues. Il ne nous manque que nos lunettes. Dans le cadre du Sommet de l’iPad, un conférencier (j’oublie qui) a affiché une diapo qui disait quelque chose comme «Learning is the job of the future.»

Il serait donc intéressant :

  1. D’adopter une posture de chercheur, seul ou en équipe-école.
  2. De devenir, intentionnellement, des apprenants à vie, les entrepreneurs de notre vie.

Bon succès et merci de vos commentaires!

On obtient ce qu’on choisit

Quand on choisit de devenir enseignant, on choisit d’être au service des jeunes. On veut faire une différence. Tout semble possible quand on commence. On se dit qu’on va leur montrer, qu’ils vont aimer notre cours… C’est un choix important, devenir enseignant.

Choisir son discours intérieur

Le 2e semestre de l’année scolaire 16-17 a presque trois semaines. Après trois semaines, les enseignants ont rencontré tous leurs groupes, tous leurs élèves et de nouveaux choix se font, consciemment ou non. On ne peut pas le voir ni l’entendre de nos collègues mais tranquillement le discours intérieur de chacun affirme déjà que tel élève «n’obtiendra pas plus d’un niveau 2 comme note finale». Tel élève «va être chanceux de passer le cours.» Tel autre élève «serait tellement mieux servi s’il avait choisi le bon itinéraire d’étude. Y’a pas tenu compte des recommandations.» Ah! Ces jeunes qui espèrent tant! Tel groupe «va être difficile. J’ai déjà hâte aux vacances de mars.» Je peux affirmer ces choses parce que je les ai déjà pensées. Ce que mon vécu m’a appris, c’est que mon discours intérieur devient ma réalité et celle de mes élèves. Quand on choisit de croire les énoncés que nous révèle notre discours intérieur, les stratégies qu’on met en place par la suite finissent par nous donner raison. Mais ce n’est pas tout. Au fil du temps, j’ai réalisé que ce que je choisis de croire qui est possible avec tel groupe ou avec tel élève en dit long sur ce que je pense de moi, de mes capacités, de ma valeur comme professionnel. En effet, notre discours intérieur change vite quand on ne sent pas qu’on fait une différence ou quand on n’a pas les stratégies pour y arriver. C’est important, alors, de choisir le bon discours intérieur. C’est ce qui déterminera notre impact sur les élèves qui nous sont confiés.

«Ce que mon vécu m’a appris, c’est que mon discours intérieur devient ma réalité et celle de mes élèves.» @bourmu

Choisir l’excellence

Prendre la décision de croire qu’on peut faire une différence dans la vie de nos élèves, ce n’est pas long. Une seconde et c’est fait. La clé et le défi, c’est de gérer cette décision au quotidien. Je n’ai jamais entendu un enseignant dire : «J’ai vraiment hâte d’être ordinaire avec mes élèves aujourd’hui.» Comme le dit Bob Hartley : «Accepter la médiocrité, c’est refuser l’excellence.» L’excellence dans notre profession, ce n’est pas un événement ponctuel, ce sont des pensées et des actions de haut niveau répétées quotidiennement. Alors vouloir plus de nos élèves sans s’attendre à plus de soi, c’est un peu irréaliste. C’est donc dire que lorsqu’on parle de vouloir un meilleur rendement de la part de nos élèves, ça signifie qu’on veut un meilleur rendement de soi-même. Pour vouloir plus de nos élèves, il faut d’abord exiger plus de soi. Et ça commence par un discours intérieur qui reflète les aspirations et les intentions que nous avions lorsque nous avons choisi de devenir enseignant. Croire que tout est possible. Pour vous et pour vos élèves. Pour y arriver, il faut  aussi être capable de les développer, ces élèves.

«L’excellence dans notre profession, ce n’est pas ponctuel, ce sont des pensées et des actions de haut niveau répétées quotidiennement.» @bourmu

Choisir de croître

On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Pour ajouter de la valeur à nos élèves, pour arriver à les développer, il faut ajouter de la valeur à qui nous sommes d’abord. Quand on prend l’avion, l’hôtesse de l’air précise qu’en cas d’urgence, nous devons mettre notre masque d’oxygène avant d’aider quelqu’un d’autre à mettre le sien. C’est logique. Pour aider les autres, il faut être en mesure de les aider. D’où l’importance de la croissance personnelle et professionnelle continue pour tout enseignant. Or la croissance personnelle est impossible sans changement. Pensez-y. On ne peut pas espérer de meilleurs résultats de nos élèves sans changer nos pratiques intentionnellement et consciemment. C’est donc dire qu’on peut affirmer être en croissance seulement si on change des choses intentionnellement. Pour le mieux. Notre discours intérieur, nos pratiques pédagogiques, nos routines, nos relations, nos structures, nos croyances… Changer. Et ça, c’est un choix important. En effet, on est en croissance seulement si on change des choses.

Devenir : le choix de tout enseignant

À mon avis, la qualité d’un enseignant se mesure par les progrès qu’il peut amener ses élèves à faire. Je ne parle pas d’avoir des bonnes notes. Je parle de progrès. Concrets. Enseigner, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout ce que c’est. Pour influencer positivement une vie, il faut être en croissance continue. Il faut croire en ses propres capacités. Croire qu’on a de la valeur. Croyez-vous que vous avez de la valeur? Pour changer, il faut croire qu’on a de la valeur. Pour ajouter de la valeur à nos élèves, il faut croire qu’ils ont de la valeur eux aussi. Croyez-vous que vos élèves ont de la valeur? C’est là que ça se passe. Choisissons minutieusement notre discours intérieur. Il devient souvent notre réalité. Bref, on devient enseignant toute notre vie. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de point d’arrivée. On peut toujours faire mieux parce que les élèves changent, les temps changent. Et nous aussi, nous changeons. Qu’on le veuille ou non. Comme le dit si bien John C. Maxwell : «Change is inevitable. Growth is optional.»

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On n’EST pas enseignant. On le DEVIENT. Tous les jours.

Quelle est la recette pour réussir à influencer positivement la vie des élèves qui nous sont confiés?

C’est simple. Il faut choisir de croître. Intentionnellement.

Quel est votre plan?

On obtient ce qu’on choisit.

 

 

 

On n’enseigne pas pour faire des bulletins.

Ça y est, le premier semestre tire à sa fin. Dans plusieurs classes, c’est l’heure de la revue. L’heure de faire le bilan des apprentissages des élèves. C’est curieux à quel point en 3 ou 4 périodes de revue avec les élèves on arrive à revoir les grandes idées, ce qui est vraiment important que les élèves retiennent d’un cours de 110 heures. En fait, ce que je trouve curieux, c’est à quel point cet exercice est tout naturel en janvier, à l’approche des examens, mais moins naturel en début de semestre. Je m’explique. Vous connaissez sans doute le principe de la planification à rebours. Principe selon lequel un enseignant planifie un cours, un semestre en fonction des grandes idées, des concepts essentiels d’un cours. On pourrait donc dire qu’on planifie un cours à partir de l’examen. Or pour une raison que je m’explique mal, plusieurs perçoivent qu’ils n’auront pas le temps de tout «couvrir» le contenu parce que «ya du stuck dans le curriculum». Or en janvier, 3 ou 4 périodes et c’est réglé…

Pas assez de temps pour apprendre

Cette perception de la réalité fait en sorte que plusieurs conçoivent une planification assez détaillée du semestre en y insérant les différentes tâches et/ou différents projets ou tests qui serviront à mesurer l’apprentissage des élèves. Tout ça, dans le but de bien les préparer pour l’examen, pour la vraie vie, pour l’université… Où est le problème? Il n’y a pas de problème. Théoriquement. Or la planification n’est pas nécessairement faite à partir des grandes idées ou des concepts clés du curriculum. Souvent, la planification est faite à partir de nos ressources pédagogiques, des tests / projets / tâches qui sont associés à un cours donné. Et dans les ressources pédagogiques, «y’en a du stuck»! Quel enseignant n’a jamais fait l’erreur de suivre une ressource à partir de la page 1 pour se rendre compte à la fin octobre que, mathématiquement, ça prendrait 440 heures pour passer à travers avec les élèves? Résultat : les élèves n’ont pas le temps d’apprendre ce qu’ils doivent apprendre parce que l’enseignant doit enseigner, consigner une note et passer à l’unité suivante pour «arriver» à couvrir le contenu du cours.

C’est une question de temps

Concrètement, ce qui se produit dans un tel cas c’est que l’enseignant fixe des échéances très peu flexibles pour les élèves. Unité 1 : 3 semaines : test/tâche/projet pour le 24 septembre, période 2. C’est donc dire que QUAND l’élève apprend est  plus important que SI l’élève apprend. En effet, dans bien des cas, les élèves doivent apprendre à temps. La vraie vie n’est tellement pas comme ça. On n’a qu’à penser à nos propres enfants. On croit toujours en eux, on sait qu’ils vont y arriver. C’est une question de TEMPS, pas de QUAND! Dans la vraie vie, personne ne se demande à quel moment on a appris ce qu’on sait. Tout ce qui compte, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait.

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Image adaptée par Jocelyn Dagenais (@jocedage) Merci!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins

Il va sans dire que dans un tel contexte, ça peut être stressant pour les enseignants et désengageant pour les élèves. Pourtant, tout le monde sait que la planification est linéaire mais l’apprentissage, organique. Autrefois, on enseignait pour transmettre du contenu à nos élèves et la tâche principale de l’enseignant était de consigner le plus de notes possible dans son registre de notes. Quand j’ai commencé à enseigner, c’est ce qu’on m’encourageait à faire. Consigner des notes. Si on consigne des notes, ça veut dire qu’on évalue continuellement. On devient un gestionnaire de ressources pédagogiques et un juge pour les élèves.  Heureusement, c’est clair que dans la salle de classe d’aujourd’hui, on n’enseigne pas pour faire des bulletins. Le système nous demande encore de faire des bulletins. Pas de problème, mais on enseigne pour que les élèves apprennent, qu’ils se développent, qu’ils deviennent compétents, qu’ils trouvent leur voie/x. Pour y arriver, ils ont davantage besoin d’un guide que d’un juge. Un guide, comme un parent, ça prend le temps. Les grandes idées, les concepts clés prennent tout leur sens ici. Quand un enseignant a une bonne compréhension des grandes idées, des concepts clés, du Pourquoi de ce qu’il enseigne, c’est beaucoup plus facile de prendre le temps, de personnaliser le curriculum, de guider les élèves, de leur donner de la rétroaction, de leur donner de multiples occasions de réussir. L’enseignant peut créer les bonnes conditions pour l’épanouissement de tous ses élèves.

Les olympiques?

Je regardais les olympiques cet été et je m’intéressais particulièrement à la gymnastique. C’est incroyable à quel point le rôle de l’entraîneur (guide) des athlètes semble important et complexe. Avant une performance, on peut voir l’entraîneur donner ses derniers conseils à l’athlète et on peut aussi remarquer, dans plusieurs cas, que le principal rôle de l’entraîneur, à quelques minutes d’une performance, c’est de rassurer l’athlète, de le placer dans un état positif, dans un état de confiance. Après tout, combien de fois ont-ils répété la routine? Après la performance, on voit encore l’entraîneur et l’athlète qui se tiennent debout, souvent très fiers de ce qu’ils ont accompli. Il ne reste qu’à recevoir le verdict des membres du jury. La note! Souvent, la note était anticipée. Elle vient confirmer ce que l’entraîneur et l’athlète savaient déjà. Parfois, il y a des surprises. Heureuses ou non. Quand un athlète passe une entrevue, on se rend compte qu’il passe la majorité de son temps avec son entraîneur à se préparer pour les quelques moments dans l’année où il doit performer. C’est important de performer. C’est ce qui les motive à s’entraîner, à se dépasser. Mais pourquoi vous parler des olympiques?

Guide ou Juge?

En salle de classe, l’enseignant a les deux rôles. Il doit être guide/entraîneur la majorité du temps. Il doit aussi être le juge à certains moments, pour répondre aux critères de performance attendus du système et pour produire les documents de communication formels (bulletins). Le juge doit connaître la cible. Et aux yeux du juge, ce qui est plus important, c’est le contenu, la performance. Le guide, lui, doit accompagner, créer les conditions, générer les émotions positives, fournir le soutien, développer les compétences, amener chaque élève à SE dépasser. Aux yeux du guide, c’est l’athlète qui est plus important. Une performance, ça s’améliore. Aux olympiques, je n’ai jamais vu un entraîneur aller performer à la place de l’athlète. Même chose en classe. Comme un golfeur, l’élève doit s’élancer pour développer ses compétences. L’enseignant doit donc être conscient en tout temps du rôle qu’il joue. Un guide, ça donne de la rétroaction. Un juge, une note. Lequel soutient l’apprentissage et est au service de l’élève? Lequel est au service du système? J’insiste, les 2 sont nécessaires. Tout dépend de la posologie 🙂 Quoi qu’il en soit, les élèves sont plus importants que le contenu qu’on enseigne! Il faut que ça paraisse dans nos actions.

 

Stratégie pour le 2e semestre

Je vous invite donc à célébrer les apprentissages de vos élèves du 1er semestre ou de la 1re étape. Je vous invite également à identifier les grandes idées, ce qui compte pour les cours du 2e semestre. Cela vous permettra de porter plus facilement votre chapeau de guide en salle de classe.

Une stratégie puissante qui peut facilement faire augmenter les résultats de tous vos élèves du 2e semestre ou de la 2e étape? À tous les cours, communiquer la grande idée ciblée à vos élèves, leur dire pourquoi cette idée est importante dans la vraie vie (dans son contexte authentique) et les inviter, au moment de l’objectivation, à inscrire les points clés appris en lien avec la grande idée. Autrement dit, faire au quotidien ce qu’on fait en 3 ou 4 jours pendant la période de revue avant les examens. Ce faisant, vous serez en train d’enseigner à vos élèves une stratégie puissante de prise de notes et de préparation aux tests / tâches / projets / examens. Leurs résultats vont augmenter, c’est garanti!

Voici les 3 questions que vos élèves devraient être invités à vous poser à tous les jours :

  1. Qu’est-ce qui est important dans ce qu’on apprend aujourd’hui? (grande idée, ne pas leur dire que tout est important, ce n’est pas vrai)
  2. Pourquoi c’est important dans la vraie vie? Pourquoi c’est important pour vous?
  3. Qu’est-ce qui sera important pour le juge? (performance mesurée par test / tâche / projet / bulletin…)

Ils notent leurs réponses au même endroit à tous les jours. Ça devient leur document d’étude.

Je suis tombé sur une citation intéressante sur Twitter récemment qui disait quelque chose comme «Don’t go through life, grow through life».

Si on applique ça au présent billet on obtient «Don’t just go through the curriculum, have your students grow through the curriculum!»

Essayer de couvrir le curriculum, être toujours juge, c’est stressant.

Aider ses élèves à croître grâce au curriculum, être guide, c’est possible et ça rend heureux!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins!

Bonne période d’examens et de bulletins et bon succès au 2e semestre ou à la 2e étape!

Merci de vos commentaires 🙂

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Sept leçons de leadership tirées du tout 1er Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine

Quand j’ai mis les pieds pour la première fois à l’Académie Lafontaine samedi dernier, j’ai tout de suite senti que j’allais vivre un week-end hors du commun. L’agora avait été aménagée avec des chaises, des fauteuils, des divans, des vélos stationnaires, des tables de bistro, le tout aménagé autour du point central qui serait occupé par les animateurs et les conférenciers… Environnement flexible et accueillant vous dites? img_1648Il y a aussi le fait que c’était le tout premier sommet exclusivement francophone au monde. Chose certaine, c’était très plaisant de côtoyer des collègues francophones d’un peu partout et de vivre un événement par et pour des francophones. J’étais aussi  bien heureux de voir à quel point les élèves étaient au coeur du Sommet avec @Equipedui , une équipe d’élèves qui appuyaient au niveau de la technique. Autre coup de coeur, Élizabeth, une élève de secondaire 4, a ouvert la conférence du samedi matin en livrant tout un message au nom des élèves. J’avais aussi l’occasion de livrer ma toute première conférence d’ouverture le dimanche matin. Une conférence portant sur la puissance du leadership pédagogique.  capture-decran-2016-11-20-a-23-14-19

Bref, un week-end d’apprentissage bien spécial, d’autant plus que j’étais entouré de mes collègues dont plusieurs avec qui j’échange habituellement en ligne via Twitter.

Après une semaine de réflexion, je vous partage 7 leçons de leadership tirées du tout premier Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine.

1. Tous les enseignants ont quelque chose d’unique à offrir.

Quelques minutes avant ma conférence d’ouverture, je discutais avec un collègue et il me disait que nous recevons rarement du renforcement positif de nos collègues ou de nos superviseurs dans nos écoles. Tout le monde a tellement de choses à régler au quotidien… Nous passons une bonne partie de notre temps à chercher ce qui ne va pas pour pouvoir le corriger. Pas facile de mettre l’accent sur ce qui va bien dans un tel contexte. C’est pourquoi nous avons besoin de mettre des choses en place pour nous assurer de souligner nos bons coups, nos talents, nos forces. Tout le monde a des forces, des talents, des qualités. Dès le début de ma conférence, j’ai posé la question suivante aux participants : «Si on demandait à un de vos proches, quelles sont vos forces, vos qualités?» Voici les réponses obtenues via Answer Garden.capture-decran-2016-11-20-a-21-13-01

Que de potentiel! N’est-ce pas? C’est important d’être conscient de ce qu’on a à offrir si on veut bien l’offrir et le faire intentionnellement. En regardant ce nuage de forces, de talents, de qualités, je me pose deux questions.

  • Est-ce que ces forces sont utilisées à leur plein potentiel en salle de classe?
  • Si on faisait le même exercice avec les élèves, comment leurs forces pourraient-elles êtres mises au service de l’apprentissage de tous en salle de classe?

Quoi qu’il en soit, chaque enseignant a quelque chose d’unique à offrir à ses élèves au fil de sa carrière. Et je crois fermement que nous ne sommes pas remplaçables (à partir du 2e niveau de leadership de John C. Maxwell). Misons sur notre unicité et sur l’unicité des élèves pour personnaliser notre enseignement.

2. Réfléchir à sa pratique, ça fait du bien.

Tout le week-end, les participants ont eu la chance de réfléchir à leur pratique grâce aux excellents ateliers offerts et grâce aussi aux différentes idées présentées par les conférenciers. La jeune Élizabeth nous a rappelé que les élèves veulent se réaliser à l’école. Que ce qui se passe en salle de classe, c’est important. @LiseGaluga nous a rappelé de cibler les choses qui sont dans notre zone d’influence et dans notre zone de contrôle afin de garder un sentiment d’efficacité personnelle élevé. Faire tout ce qu’on peut, maintenant, avec ce qu’on a. La situation idéale n’existe pas. De mon côté, j’ai amené les participants à réfléchir à l’enseignement par le biais de l’histoire de Juliette, ma plus jeune fille, lorsqu’elle a appris à faire du vélo. Les participants ont aussi réfléchi à la place de l’humain dans notre profession, à l’innovation à l’intérieur de la boîte, au leadership ainsi qu’au rôle de la technologie dans tout ça. Vous pouvez lire les commentaires et les réflexions des participants pendant ma conférence dans ce storifycapture-decran-2016-11-20-a-21-33-56

3. Parler de sa pratique avec des collègues, c’est passionnant!

Réfléchir à sa pratique, c’est bien. En parler avec ses collègues, c’est mieux! Sérieusement. Je ne sais pas combien de participants m’ont dit à quel point ils appréciaient avoir la chance de parler de leur pratique, d’échanger des idées, des trucs et astuces etc. Une chose inattendue lorsqu’on jase avec des collègues, c’est qu’on repart souvent rassurés. On se rend compte que nos collègues vivent les mêmes défis que nous. Ça normalise. À la lecture de plusieurs tweets, je me rends compte que le côté humain, les émotions, les relations sont très importantes pour la majorité des gens. Je crois que c’est le côté que nous n’abordons pas assez souvent entre collègues. Comment entrer en relation avec les élèves? Comment s’établir comme leader dans sa classe? Dans son école? Pour vraiment s’aider entre collègues, je crois qu’il faut se parler davantage des relations. En m’appuyant sur mon vécu, voici quelques éléments qui peuvent aider à entrer en relation avec les élèves.

  • Croire que les élèves sont importants
  • Écouter ce qu’ils disent, les mots qu’ils choisissent (que disent-ils vraiment?)
  • Observer comment ils agissent et réagissent (trouver la fonction du comportement)
  • Identifier les besoins réels des élèves
  • Ajouter de la valeur aux élèves
  • Choisir des stratégies aujourd’hui qui vont permettre à l’élève de continuer d’apprendre demain avec moi (les élèves n’apprennent pas des profs qu’ils n’aiment pas)
  • Être authentique, être soi-même, être constant, être l’adulte – toujours!

4. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir.

Ce qui m’a frappé c’est à quel point, dans un contexte d’apprentissage informel (tout le monde était là par choix), tout le monde se soutient, s’encourage, cherche le meilleur dans ce que l’autre présente. En effet, toutes les personnes qui offraient des ateliers se soutenaient les uns les autres, s’encourageaient. C’était tellement beau à voir. Entre professionnels, nous reconnaissons l’effort requis pour nous préparer, pour donner à nos collègues le meilleur de nous-mêmes, nos meilleures réflexions, nos meilleurs conseils, nos meilleures pratiques. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir. Ceci dit, en m’appuyant sur mon vécu, je crois que la capacité à entrer en relation avec les élèves, la capacité à s’établir comme leader dans sa classe est le facteur déterminant pour tout enseignant. Et je ne parle pas de résultats scolaires. Pour être heureux, comme enseignant, pour sentir qu’on réussit au quotidien, on a besoin de sentir qu’on peut entrer en relation avec les élèves, qu’on est respecté. C’est la base. C’est aussi un sujet délicat. C’est pourquoi j’en parle ouvertement dans ma conférence. C’est pourquoi, comme jeune enseignant, j’ai commencé très rapidement à accueillir des stagiaires dans ma classe. Je voulais leur partager les quelques stratégies qui avaient sauvé ma carrière et qui me permettaient de continuer à cheminer en tant que jeune professionnel. Je voulais voir mes collègues réussir là où j’avais échoué à mes débuts. En ce sens, je vous encourage à vous appuyer entre collègues au quotidien. Vous en valez la peine.

5. Le leadership, c’est l’affaire de tous.

Après avoir présenté les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell, tout en faisant des liens explicites à notre profession, j’ai le sentiment que la majorité des gens se voient exercer un leadership pédagogique dans leur rôle actuel. Voici ce que les gens ont répondu lorsque je leur ai demandé : «Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez Leadership?» capture-decran-2016-11-20-a-22-25-52

En regardant le nuage de mots, je me dis que toute personne en éducation peut être …(choisissez votre mot). En tenant compte des commentaires des gens sur Twitter et des commentaires des gens qui sont venus me jaser par la suite, je crois que les gens voient de plus en plus la différence entre les responsabilités associées aux différents titres (enseignant, direction, surintendant…) et notre capacité d’exercer un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien, peu importe notre rôle. Le leadership, c’est l’influence. C’est à mon avis la clé du succès de notre système si on veut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

6. La technologie peut nous aider à faire tout ça!

J’ai rencontré pour la première fois en personne au moins 40 personnes qui sont dans mon réseau sur Twitter. Quel bel exemple de ce qui est rendu possible, grâce à la technologie. Il va sans dire que c’est l’apprentissage de divers outils technologiques qui nous amenaient tous à l’Académie Lafontaine la semaine dernière. Or mon grand constat, c’est que la technologie permet aux humains, aux pédagogues de briller. Avec la technologie, on communique, on crée, on documente, et plus! La technologie peut nous aider à faire tout ça, quand on veut. Que dire de plus?

7. Tout est possible en éducation!

«Tout est possible en éducation lorsqu’on exerce un leadership pédagogique intentionnel et conscient!» C’est avec cette affirmation que j’ai débuté ma conférence. Quand je regarde les talents des collègues avec qui j’ai appris les 12 et 13 novembre derniers, quand je regarde la variété des ateliers, l’expertise, la passion, les gens qui ont donné leur week-end pour investir en eux, je me dis que le potentiel de leadership pédagogique est incroyable. C’est ce que je vois également à titre de Leader pédagogique de l’équipe TacTIC dans les écoles que nous accompagnons. Si on regarde tout ce qu’on a, tout est possible. Mais ce n’est pas facile d’innover à l’intérieur de la boîte. Il faut se donner une façon de demeurer intentionnel et conscient au quotidien. J’ai proposé aux participants la règle des 5, telle que présentée par John Maxwell. L’idée c’est de choisir un objectif clair (son arbre) et de choisir 5 choses à faire quotidiennement (sa hache) qui vous permettront d’atteindre votre objectif (abattre votre arbre) au fil du temps. Plus l’arbre est gros, plus ça prendra de temps. Voici le padlet où les participants ont été invités à partager leurs 5 au quotidien. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire pendant 12 heures un jour!

On surestime ce qu’on peut faire en une journée. On sous-estime ce qu’on peut faire au fil du temps.

Quoi qu’il en soit, ce week-end était vraiment spécial. Une réussite sur toute la ligne. Et tel que prévu, lundi matin est arrivé en même temps que d’habitude. La routine a repris. De retour dans la boîte. J’espère que ces quelques leçons (ou constats) sur le leadership peuvent vous être utiles, peu importe votre rôle.

Tel que mentionné aux participants à la fin de la conférence, je vous laisse avec ma stratégie pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves : 5 + 5!

Les 5 niveaux de leadership + vos 5 au quotidien.

Transformons l’expérience d’apprentissage des élèves! Il faut simplement y croire.

Pour continuer à s’entraider, il y a le #LeadPed. J’espère vous y retrouver au quotidien.

Twitter, c’est du «monde» qui se parlent 🙂

Merci de vos commentaires et bon succès!

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La grande distraction

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter un court atelier avec mon collègue @jpronb dans le cadre du Colloque des directions d’établissement scolaire francophone du Canada à Québec. La journée était animée par @thierryUdM. Il y avait environ 50 participants.

Après la conférence d’ouverture de Thierry Karsenti, un des participants a raconté au groupe l’impact qu’avait eu le iPad pour un des élèves de son école primaire. Un jeune garçon, appelons-le Simon, avait beaucoup de difficultés en mathématiques. Grâce au iPad et à quelques applications bien choisies, Simon est devenu le meilleur de sa classe en addition et en soustraction. Wow! Ce n’est pas rien. Quel impact, en effet!

Les limites de la technologie

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Selon le participant, qui est en fait le directeur de l’école, Simon n’avait pas de bonnes habiletés sociales. Il était différent quand il n’avait pas accès au iPad. De sorte que la direction remettait en question les bienfaits du iPad dans son école. Ça m’a fait réfléchir. La technologie a sans doute ses limites. La technologie ne peut pas tout faire. Et comme le dirait George Couros, si on place la technologie entre les mains d’un bon pédagogue, on peut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Mais que faire pour Simon?

Empathie

Si je me place dans la peau du jeune Simon, je peux très bien m’imaginer comment il a dû se sentir avant de devenir le meilleur de sa classe en mathématiques. Selon le directeur, Simon était un élève en retrait, avait de la difficulté à se faire des amis et n’avait pas beaucoup de succès à l’école. Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. Comme adulte, quand on trouve un outil technologique qui améliore notre rendement, notre efficacité, on ne veut pas s’en défaire! Pensez à votre cellulaire, par exemple. Pour Simon, un jeune garçon du primaire… Hmmmm. Le problème, ce n’est pas le iPad. Il faut voir dans le comportement de Simon, le réel besoin de l’enfant… et les limites d’un outil.

Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. @bourmu

Les usages de la technologie

Dans sa conférence d’ouverture, Thierry Karsenti mentionnait que la clé dans l’intégration de la technologie, c’est que nous devons tous être techno-réfléchis. Il faut comprendre comment un outil peut nous aider, ou aider les élèves. Il faut aussi reconnaître quand un outil n’aide pas ou n’a pas d’impact. Dans le cas de Simon, le iPad a fait son travail. En effet, il a permis à Simon de s’améliorer beaucoup en mathématiques. Il est même devenu très motivé, voire engagé. Si ses habiletés sociales se sont déterriorées, c’est qu’il a besoin de soutien d’un être humain pour développer cet aspect de sa personne. Il faut également savoir que Simon se sent très en confiance avec son iPad puisqu’il a vécu du succès grâce à l’outil. S’il vit du succès socialement grâce à l’appui d’une personne, il se sentira aussi en confiance avec cette personne. C’est logique. Il faut simplement y penser et faire preuve d’empathie. Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables.

Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables. @bourmu

Au-delà de l’histoire de Simon

L’histoire du petit Simon m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis demandé ce qui arriverait à Simon si on lui enlevait l’outil qui lui donnait un sentiment de confiance. Ça m’a ensuite amené à réfléchir aux élèves de nos écoles intermédiaires et secondaires. Ils ont pratiquement tous un cellulaire. Laissez-moi reformuler. Pratiquement tous les élèves à partir de la 4e-5e année ont un appareil mobile qui leur donne accès à Internet. À tout le savoir de l’humanité. À toutes les personnes branchées, bonnes et moins bonnes, de notre planète. Dans bien des cas, on leur demande d’éteindre, de fermer, de cacher, de déposer leur cellulaire pendant les cours. Parce que sinon, ils sont distraits. Ils n’écoutent pas. Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. Quand ils arrivent en classe, on leur demande de ne pas utiliser leur meilleur outil. Et on se demande pourquoi ils sont désengagés.

Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. @bourmu

Ah, moé, toé, là!adobe-spark-2

Dans un récent billet (Focusing on What Students Can Do), George Couros mentionnait que les élèves en ont assez de se faire parler de cyberintimidation. De se faire parler des choses qu’ils ne doivent pas faire avec la technologie. Il nous invite à mettre l’accent sur ce que les élèves sont capables de faire, sur ce qu’ils peuvent et/ou devraient faire. Nos élèves ont besoin de modèles et d’être accompagnés.

Ah, moé, toé, là! Quand vient le temps de parler de la place des cellulaires à l’école, je crois que ces mots vont bien aux élèves, qui en ont assez de se faire enlever leur outil. Et dans plusieurs cas ces mots vont aussi bien aux enseignants et aux directeurs, qui en ont assez de gérer cette distraction. Pourtant, cette distraction qu’est le téléphone intelligent amène les élèves, par leur désengagement, à nous fournir de précieux indices quotidiennement sur leur besoin d’être connectés, d’être engagés, d’être, et j’ose, «Empower-és». Or dans bien des cas, ces indices sont perçus comme du désengagement, un manque d’intérêt ou encore de la délinquance. Ah! la grande distraction. Et si on les utilisait intelligemment en salle de classe, ces outils? Je ne parle pas ici de seulement les permettre. Ce n’est pas suffisant. Il faut repenser notre pédagogie. Soyons techno-réfléchis! Comment peut-on mettre en valeur, démontrer le potentiel incroyable que nous offre l’accès à Internet? En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès.

En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès. @bourmu

Empowerment

Quoi qu’il en soit, toutes les écoles travaillent très fort pour la réussite scolaire de leurs élèves. On parle souvent de l’engagement des élèves. De l’engagement intellectuel. Et bien, je crois qu’il y a eu de l’inflation à cet effet. On veut que les élèves soient engagés, oui. Mais sans leurs outils. Engagés dans notre monde, notre pédagogie. Ça ne fonctionne pas. Avec les cellulaires, avec un accès à internet, avec de l’empathie, de l’accompagnement à la manière d’un entraîneur personnel, les enseignants ont tous le pouvoir de transformer l’expérience d’apprentissage de leurs élèves, de développer leur savoir-publier, leur savoir-devenir. Engagement intellectuel et Empowerment! Bonne nouvelle! Pratiquement tous les élèves ont un appareil mobile! Deuxième bonne nouvelle! Vous pouvez commencer dès maintenant!

La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. Anne Frank

Merci de vos commentaires