Trois questions… une réponse?!

Les gens me demandent souvent comment un leader peut faire cheminer son personnel. Vous comprendrez que derrière «cheminer» se trouve l’idée de changement, d’amélioration continue voire d’innovation. Dans The Innovator’s Mindset, George Couros propose aux leaders de ne pas essayer d’amener en masse tout un personnel mais bien chaque individu, chaque membre du personnel, de son point A à son point B. On parle ici de la personnalisation de notre leadership et de notre appui. Pour ce faire, il faut connaître son monde et être en mesure de les influencer positivement, d’ajouter de la valeur à qui ils sont.

Le mindset du leader

Les leaders qui ont le plus d’impact adoptent une approche service et comprennent que leur rôle est d’ajouter de la valeur aux gens qui les entourent. C’est un mindset, une disposition à être au service de. Pourquoi? Parce que le leadership, c’est l’influence. Rien de plus, rien de moins. Et on ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi. C’est pourquoi les leaders doivent entrer intentionnellement en relation avec les gens qu’ils servent afin d’ajouter de la valeur à qui ces gens sont. Les leaders cherchent aussi à croître continuellement. Ils savent qu’on ne peut pas ajouter de la valeur aux autres si on n’a rien à offrir. Les leaders d’impact sont donc des apprenants à vie.

On ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi.

Le leader intentionnel

John C. Maxwell affirme que tous img_6132les leaders communiquent, mais peu entrent en relation avec les gens qu’ils servent. La raison est fort simple. Entrer en relation, c’est demandant. Aller à la rencontre des gens, les rejoindre là où ils sont, faire preuve d’empathie, ça demande de l’énergie, de l’effort. Il faut être intentionnel pour y arriver. Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs leaders, formels et informels. Je peux affirmer avec confiance que ceux qui ont pris le temps d’entrer en relation avec moi ont eu un impact positif sur ma carrière. Je les en remercie.

Un leader peut répondre «oui» à ces trois questions

Un bon point de départ pour tout leader est de voir s’il peut répondre «oui» aux trois questions suivantes, et ce, pour chaque personne dont il est le leader. Ce sont les questions que les gens se posent avant de donner à leur leader la permission d’être leur leader, la permission de passer au niveau 2 de leadership. J’explique les 5 niveaux de leadership dans ce billet.

1- Est-ce que je compte pour toi?

Les gens ont besoin de sentir qu’ils sont importants, au-delà du travail qu’ils accomplissent au quotidien. Le leader cherche à connaître son monde, à connaître leurs aspirations. Quand on aide les gens à obtenir ce qu’ils veulent, professionnellement, ils nous aident à obtenir ce qu’on veut par la suite.

2- Peux-tu m’aider?

Cette question invite le leader à aller au-delà du simple fait d’être au service de. Remarquez l’utilisation du verbe Pouvoir et non Vouloir dans la question. Ici, il est question de compétence. Est-ce que les gens respectent votre compétence? Vous voient-ils comme un modèle, comme leader pédagogique, comme guide? Ici, on ne veut certainement pas être vu comme un agent de voyage, qui envoie des gens là où il n’est jamais allé. Le leader d’aujourd’hui EST un apprenant à vie. Le leader reproduit qui il est, pas qui il souhaite reproduire. Les bottines doivent donc suivre les babines.

3- Est-ce que je peux te faire confiance?

Cette question invite le leader à la constance, fait appel à son caractère, à son système de valeurs. Les gens ont besoin d’être capables d’anticiper et de comprendre les actions et les réactions de leur leader. Le leader d’aujourd’hui cherche à éliminer l’écart qu’il peut parfois y avoir entre ses paroles et ses gestes. Le leadership s’assoit sur le pilier qu’est la confiance. Le leader qui n’a pas la confiance des gens n’est tout simplement pas le leader de ces gens. Il n’a que le titre. Et quand le leader n’a qu’un titre, il a le minimum d’effort des gens et, par ricochet, le minimum d’influence sur son école.

Faites l’exercice

Que vous soyez direction d’école, responsable de dossier, responsable de secteur, enseignant en salle de classe, je vous invite à faire l’exercice. Pour chaque personne dans votre école (direction), dans votre secteur (RDD), dans votre classe (Enseignant), essayez de déterminer si la réponse à ces trois questions est «oui». Pour influencer les gens, il faut «oui» aux trois questions. Les gens ne suivent pas un leader s’ils ne se sentent pas importants, si le leader manque de compétence ou s’ils ne peuvent pas avoir confiance en lui. Vous remarquerez sans doute que plus on monte, plus on a de personnes à servir! D’où l’importance du leadership partagé, du travail d’équipe!

Passez à l’action!

Suite à cet exercice, il suffit de cibler des actions concrètes et d’être un leader intentionnel au quotidien. Ces actions impliqueront certainement l’écoute, l’observation et l’apprentissage au sujet des gens dont vous êtes le leader. On surestime souvent ce qu’on peut faire en une seule journée et on sous-estime ce qu’on peut accomplir au fil du temps. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire beaucoup un jour. C’est la puissance du quotidien.

Enfin, à la lecture des idées qui précèdent, il est assez facile de comprendre que le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action!

Le leadership intentionnel, c’est ce qui permet de répondre «oui» aux trois questions.

C’est ce qui fait cheminer un personnel!

Merci de vos commentaires!

 

 

On repart la machine!

Le début d’une autre année scolaire arrive à grands pas. 2 dodos dans le cas des écoles de langue française de l’Ontario.

Les enfants ont hâte de recommencer, avec leurs espadrilles neufs. Ils ont hâte de revoir leurs amis. De voir qui sera dans leur classe cette année. Qui seront leurs profs. Où sera située leur case.

Les parents, croyez-moi, ont encore plus hâte que ça recommence! Que la routine reprenne, même si ça signifie que le rythme du train train quotidien va augmenter. Garderie, gardienne, autobus, achats, repas, boîte à lunch, devoirs, sports, rencontres, inscriptions diverses, «Qu’est-ce qu’on mange pour souper?» …

Et pour le personnel des écoles, la liste de choses à faire est longue. Se préparer. Mentalement. Préparer l’école, les classes, les espaces physiques, les espaces numériques, les stratégies de communication, le contenu des cours, les ressources, s’informer au sujet des élèves…

Parce qu’il y a toujours quelque chose à faire

Toutes ces choses que nous avons à faire dans une école, c’est pour préparer l’arrivée des élèves mardi matin. À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. Apprendre le monde qu’ils portent en eux. Apprendre qui ils sont. Apprendre leurs passions, leurs intérêts, leurs talents. Apprendre qu’ils sont des merveilles. Apprendre le monde qui les entoure. Apprendre à apprendre. Apprendre à devenir.

À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. @bourmu

Pour y arriver, il faut être conscient, intentionnel, disposé à apprendre, axé sur le processus d’itération. Parce que parmi toutes les choses que nous avons à faire, il y en a une que nous ne pouvons pas faire : apprendre pour les élèves. C’est un processus d’essai-erreur. Pourtant, dans notre soucis de faire baisser la liste de choses à faire… 

Enseigner : un verbe particulier

Enseigner est un verbe particulier. Tout comme Être en diète. Sérieusement. Dans les deux cas, on peut s’engager dans l’action d’enseigner ou d’être en diète sans toutefois atteindre l’objectif fondamental de l’action. Si je suis en diète pendant 1 semaine, 1 mois, 1 an et que je ne perds pas de poids, je peux Être en diète autant que je le veux et avoir l’impression de travailler fort mais en bout de ligne, si je ne perds pas de poids… En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? Vous me suivez? Alors en regardant la liste de choses à faire pour la rentrée, il serait sage de cibler des choses qui vont favoriser, réellement, l’apprentissage des élèves.

En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? @bourmu

3 objectifs pour maximiser votre impact cette année

Pour vous aider à demeurer conscient de vos intentions, à augmenter votre efficacité et à faire cheminer les apprenants dont vous êtes responsables, voici 3 objectifs que je vous propose pour la prochaine année scolaire.

  1. Donnez-vous du temps pour réfléchir : Quel que soit votre rôle dans l’école, la pratique réflexive est un incontournable si vous souhaitez vous améliorer. Prendre le temps de réfléchir, c’est accroître sa capacité de prendre du recul, de se questionner, de se nourrir de nouvelles idées, de se fixer de nouveaux défis. Quand on prend le temps de réfléchir, on devient conscient. Conscient de ce qui se passe, de notre impact, de notre capacité d’action. Malheureusement, on accorde souvent plus d’importance à notre liste de choses à faire qu’à notre pratique réflexive. Pourtant, la pratique réflexive influence grandement notre mentalité (de croissance ou fixe). De nos jours, les occasions de nourrir sa pratique réflexive sont nombreuses. Causeries(#TacEdChat) sur Twitter, lire des blogues, écouter des podcasts, discuter avec ses collègues, lire un livre, se remettre en question, tout simplement. Quelle sera votre stratégie pour nourrir votre pratique réflexive cette année?
  2. Trouvez un outil technologique qui va améliorer votre efficacité : On parle beaucoup d’intégration des technologies depuis quelques années. On met beaucoup l’accent sur ce que les technologies peuvent apporter à l’apprentissage des élèves. C’est normal. C’est le pourquoi ultime des écoles. Mais les outils technologiques peuvent nous faciliter la vie, augmenter notre efficacité. Que ce soit Google Chrome, Google Classroom, Google Photos, Google Formulaire ou autre. Je vous invite à discuter avec vos collègues pour trouver au moins un outil que vous utiliserez quotidiennement et qui augmentera votre efficacité en tant que gestionnaire. Que vous soyez enseignant ou direction d’école, il y a des outils qui peuvent vous simplifier la vie et vous donner plus de temps pour faire autre chose pour appuyer les élèves (ou le personnel) dans leur apprentissage. Quel outil vous rendra plus efficace cette année?
  3. Apportez un changement qui va faire cheminer les apprenants dans l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage : Vous connaissez bien le contexte dans lequel vous travaillez. Vous connaissez les compétences numériques de vos élèves, de votre personnel. Vous connaissez vos besoins en fonction de votre vision de l’enseignement et de l’apprentissage à l’ère numérique. Quel changement (utilisation d’un nouvel outil) pouvez-vous apporter dans votre classe, dans votre école, pour soutenir l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage cette année? Que vous soyez enseignant ou direction d’école, je vous invite à exploiter l’extension Sceencastify. Les possibilités sont nombreuses!

Mardi matin, on repart la machine!

Bonne rentrée scolaire à tous!

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Thermostat ou thermomètre?

En tant que leader en éducation, suis-je un leader thermostat ou thermomètre? C’est une question qu’un collègue me posait récemment. J’ai trouvé l’analogie intéressante, si bien que je vous la présente aujourd’hui.

Thermostat

Le thermostat, lui, sert à maintenir la température ou à créer la température désirée. Le thermostat crée l’environnement souhaité. Il est actif, flexible et créateur.

Thermomètre

On peut définir le thermomètre comme un instrument destiné à mesurer la température. En effet, le thermomètre ne fait que donner la température de l’air ambiant. Il dit ce qui est. Il réagit à son environnement.

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Introspection

À bien y penser, je crois que chacun d’entre nous se situe tantôt plus près du thermostat, tantôt plus près du thermomètre. En effet, dans certains contextes, dans certains dossiers, avec certaines personnes, nous avons la confiance d’être en mesure de créer l’environnement dont nous avons besoin pour réussir, et ce, pour diverses raisons.

Dans d’autres cas, nous sommes une peu plus comme le thermomètre, nous ne pouvons faire autre chose que de dire comment sont les choses. Dans ces moments, nous avons l’impression que nous sommes impuissants. Et c’est parfois à tort, parfois à raison.

Qu’est-ce qui déclenche ces émotions? Est-ce une question de mentalité? Je me questionne.

Dans un contexte de leadership scolaire en amélioration continue, cette analogie permet tout de même de faire quelques réflexions. En voici quelques-unes :

  1. Dans quelles conditions êtes-vous davantage un leader thermostat?
  2. Quel aspect de votre pratique vous rapproche du leader thermomètre?
  3. Que pouvez-vous faire pour créer les conditions dont vous avez besoin pour être un leader thermostat?

Et vous, quelles réflexions ajouteriez-vous à cette liste?

Est-ce que cette analogie peut vous servir?

Merci de vos commentaires

Planifier son leadership

La gestion d’une école est une tâche complexe qui nécessite un impressionnant bagage de compétences. Diriger la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves… aussi! Le style de leadership et l’emploi du temps de la direction sont des facteurs déterminants dans la mise en oeuvre réussie de nouvelles initiatives.

Je lisais un billet de blogue récemment qui m’a amené à réfléchir à mon style de leadership. Je vous traduis ici le questionnement.

Quel énoncé reflète le plus votre style de leadership? Lequel aimeriez-vous que ce soit? Qu’est-ce qui vous en empêche?

Je suis en mode rattrapage.

Je réussis à maintenir la cadence.

Je suis devant la parade.

J’ai trouvé l’exercice intéressant. J’ai finalement constaté que les trois énoncés me représentent bien. Tout dépend de l’heure de la journée, du temps de l’année ou du dossier dont je suis responsable. Bien sûr, je voudrais toujours être devant la parade, diriger le changement et faire preuve d’un leadership transformationnel. Je me suis rendu compte que le manque de temps, ou une mauvaise gestion de mon temps pouvait nuire à ma performance en tant que leader.  Je parle ici des choses qui sont importantes. Des choses qui ont un impact direct sur la qualité de l’expérience d’apprentissage des élèves.

« On doit prendre le temps de planifier le changement que l’on souhaite apporter dans nos salles de classe. On doit également planifier du temps pour réfléchir, pour s’ajuster, pour monitorer nos progrès. »

Lecture du contexte

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Je m’explique. Un professeur américain dont j’oublie le nom comparait le travail d’une direction d’école à celui d’un kayakiste. En effet, le kayakiste doit lire le contexte et s’y adapter tout le long de la descente. Plusieurs décisions sont prises à tous les instants. Une fraction de seconde, une mauvaise décision, une mauvaise lecture du contexte, et le résultat peut être catastrophique.

Cette métaphore me parle énormément puisque le travail d’une direction d’école ressemble drôlement à ça. Plusieurs décisions sont prises rapidement dans le quotidien de toute direction d’école. Particulièrement à l’ère du virage au numérique. À l’ère de la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves. Oui, les directions sont appelées à diriger le changement dans nos écoles.

« Je crois fermement que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, ça se planifie. Et ce n’est pas impossible. »

Mais où est le temps pour prendre du recul, pour parler pédagogie, pour lire le contexte d’un peu plus haut afin de prévenir des obstacles, de les contourner? On doit prendre le temps de planifier le changement que l’on souhaite apporter dans nos salles de classe. On doit également planifier du temps pour réfléchir, pour s’ajuster, pour monitorer nos progrès. Il y a toujours une bonne raison de rester dans son bureau. Ce n’est pas le travail de gestion qui manque. À l’impossible, nul n’est tenu. Je crois fermement que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, ça se planifie. Et ce n’est pas impossible.

Une démarche

Voici une traduction libre d’un visuel très intéressant (via @curriculumblog)  qui peut nous aider à diriger le changement tout en nous évitant de tomber en mode rattrapage. Il va sans dire que l’entretien de relations saines, le monitorage, la réflexion et les ajustements se font tout au long de la démarche.

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Et vous? Vous arrivez à rester devant la parade, à être au-dessus de vos affaires de quelle façon? Les affaires qui comptent. Les affaires qu’on n’a pas toujours le goût de faire. Vous avez des idées, des images en tête?

Est-ce que cette démarche peut vous aider à passer à l’action? À planifier votre leadership?

Merci de vos commentaires.

Tac2015 – Mon top 10

À titre de leader pédagogique de l’équipe TacTIC, j’ai eu la chance de participer à l’organisation de Tac2015 – Oser innover, qui a eu lieu les 8, 9 et 10 décembre 2015 au Courtyard Marriott à Toronto. Tac2015 était une conférence provinciale pour les 70 écoles et 12 conseils scolaires francophones de l’Ontario accompagnés par notre équipe cette année. Nous avons accueilli près de 270 personnes!

Le but de la conférence était d’offrir aux participants une occasion de se rencontrer, d’élargir leur réseau d’apprentissage personnel et de participer à une variété d’ateliers en lien avec l’enseignement et l’apprentissage à l’ère numérique, dans une perspective d’innovation. Les participants ont également assisté  à une conférence d’Yves Amyot portant sur la créativité, à une conférence de Luc Dupont portant sur la gestion de l’image de marque des écoles et à un forum d’experts animé par Thierry Karsenti. L’ensemble de la conférence était animé par le groupe Improtéine, une fierté pour les Franco-Ontariens.

Au cours de la conférence, j’ai eu l’occasion de converser avec plusieurs passionnés de l’éducation. Quelle expérience d’apprentissage exceptionnelle!

Comme dirait @gcouros, « La personne la plus intelligente dans la pièce, c’est la pièce. » (traduction libre)

Voici le top 10 de ce que je retiens de Tac2015 :

1. Oser innover

Le thème de la conférence se voulait une invitation à passer à l’action. En effet, pour espérer apporter les changements qui s’imposent en éducation, les principaux acteurs à tous les échelons doivent oser innover. Oser innover, c’est oser attirer les regards des autres, c’est oser se tromper, oser proposer des idées qui dérangent le statut quo, oser se dépasser, oser remettre en question sa propre pratique. Oser innover, c’est accepter d’être leader, d’être un agent de changement.

2. Des êtres de relation

En accueillant les divers participants en début de soirée le 8 décembre, j’étais épaté par l’énergie et le momemtum que suscitait cette occasion de rencontre et d’apprentissage. Les gens rencontraient des collègues qu’ils n’avaient pas vus depuis un certain temps et partagaient des anecdotes de leur école, expliquaient le trajet qu’ils venaient de parcourir pour se rendre à Toronto, des projets de leur école etc. En observant les diverses conversations qui avaient lieu tout autour de moi, je ne pouvais m’empêcher de faire le lien avec nos salles de classe. Nous avons une profession humaine, nous sommes, comme nos élèves, des êtres de relation. Aucune application ne viendra remplacer cela. Au coeur de la salle de classe la plus transformée qui soit se trouve un enseignant ou une enseignante, en relation avec ses élèves. Ça, ça ne changera jamais selon moi.

3. Zone proximale d’innovation

L’innovation est le thème de l’heure en éducation. George Couros a publié récemment The Innovator’s Mindset, une ressource incontournable à mon avis pour les leaders de nos écoles. Dans son oeuvre, il s’inspire de la zone proximale de développement de Vygotski et parle d’une zone proximale d’innovation. Dans son discours d’ouverture, Céline Drouin a présenté un visuel inspiré de l’oeuvre de George Couros. Elle y présente les comportements et attitudes à adopter pour réussir à innover en éducation. Voici un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet, qui illustre bien ces propos.

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4. Pédagogie rhizomatique

Lors de sa conférence d’ouverture, Yves Amyot a invité les gens à recourir à une pédagogie rhizomatique. Ce que j’en retiens c’est que lorsque l’on réunit des composantes ou des stratégies qui ne vont pas naturellement ensemble, ça peut donner des résultats intéressants. M. Amyot nous a présenté divers projets qui faisaient appel à des éléments sonores. Voici un sketchnote de Joël Charlebois et un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet qui résument bien la conférence d’ouverture.

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5. La culture franco-ontarienne

Le groupe Improtéine a grandement contribué au succès de la conférence à mon avis. Leur présence m’a fait constater à quel point nous avons une culture bien à nous, nous qui sommes des Franco-Ontariens. Rires, chansons, improvisation, dérision, animation, sketchs, défis etc. étaient au rendez-vous. Merci à Improtéine de nous avoir installés dans le moment présent, d’avoir fait des liens entre les jours, entre les ateliers dans un contexte humoristique. Il y a plusieurs liens à faire avec le climat scolaire positif! Voici un extrait vidéo (Il faut cliquer sur l’image. Merci à Roxanne et Tiffany!)

6. L’apprentissage personnalisé

Une grande variété d’ateliers ont été offerts aux participants. En tout, 50 ateliers en 5 blocs. Ces ateliers ont été préparés par des gens qui sont sur le terrain et qui connaissent bien leur clientèle. À la lumière des commentaires que j’ai reçus jusqu’à présent, je crois que le format (ateliers au choix) et le contenu des ateliers a permis un apprentissage plus personnalisé et axé sur les besoins des participants. Je crois que c’est ce qu’on tente de faire dans nos salles de classe actuellement. Comment donc offrir une expérience scolaire personnalisée à nos élèves? Un bon point de départ est de faire une place à la voix de l’élève, à mon avis.

7. Twitter et l’apprentissage professionnel

Dès l’arrivée des participants, le mot-clic de la conférence (#tac2015dec storify) était très actif. On y retrouvait plusieurs messages et photos. Twitter a été utilisé dans quelques ateliers également. Je crois que les gens sont de plus en plus conscients que Twitter permet de se réseauter et d’apprendre quand on veut. Comme je le mentionnais dans le cadre de l’atelier pour directions que j’ai offert avec mon collègue Joël McLean, Twitter a contribué à environ 85% de mes apprentissages au cours des 5 dernières années. L’apprentissage professionnel, contrairement au développement professionnel, c’est stimulant et motivant. Je ne pourrais plus m’en passer. Je souhaite la même expérience à mes collègues et je vais continuer de les appuyer en ce sens. Le changement en éducation, ça passe beaucoup par les directions d’école et nous ne pouvons pas le faire seuls, en silos.

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8. Google et l’image de marque de votre école

Luc Dupont m’a complètement estomaqué. Sa conférence sur la gestion de l’image de marque de nos écoles était personnalisée, humoristique, claire, appuyée, détaillée et combien pertinente pour nous! En gros, il faut comprendre que Google est l’engin de recherche de choix présentement. Si on veut que les gens trouvent les bonnes informations au sujet de notre école, il faut comprendre comment Google choisit quels sites ou informations apparaissent en premier dans les résultats de recherche. Il faut également comprendre comment lier efficacement ensemble nos différentes plateformes numériques / médias sociaux. Voici deux magnifiques sketchnotes de Marie-Andrée Ouimet et Joël Charlebois.

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9. Mindset

Pendant le forum, les membres du panel ont partagé plusieurs réflexions intéressantes. On a fait un parallèle entre une salle de classe du préparatoire et la salle de classe à l’ère numérique que nous voulons créer à tous les niveaux. Bianca Girard nous parlait de l’importance de l’initiative, de la collaboration et de l’autonomie en salle de classe. Yves Mainville a partagé une réflexion très intéressante également que je paraphrase. Montre-moi une équipe passionnée et engagée dans une cause commune et je vais te montrer une équipe qui saura relever n’importe quel défi. Somme toute, je retiens du panel que le mindset requis pour mener le changement dans nos écoles est probablement l’ingrédient le plus important. George Couros a produit un sketchnote à ce sujet. Le voici.

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10. APA

Avant, Pendant, Après. APA. Avant la conférence, nous avons invité les participants à se fixer un objectif d’apprentissage personnel, une intention de participation. Comme le mentionnait mon collègue Rodrigue St-Jean dans un tweet, la conférence (pendant) étant terminée, il importe de se donner un défi à relever dès lundi matin (après). Quelles actions concrètes allons-nous poser suite à nos apprentissages? Ce n’est pas ce qu’on sait qui est important, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait qui importe. Et comme je le mentionnais lors de mon atelier, ce n’est pas parce que la conférence est terminée qu’il faut arrêter d’apprendre. Je vous relance donc l’invitation à participer à notre premier #TacEdChat, ce mercredi 16 décembre à 20 h. Ce chat sera animé par moi-même (@bourmu) et par Joël McLean (@jprofNB). Au plaisir!

 

Et vous, quel est votre top 10? Qu’ajouteriez-vous à cette liste?

Bon succès dans vos prochaines étapes!

Merci aux artistes qui ont partagé leurs sketchnotes!

 

De Blockbuster à Netflix!

Dans une conférence Ted intitulée The Art of Innvation, Guy Kawasaki explique l’art de l’innovation tout en illustrant les défis que peuvent rencontrer les entreprises qui doivent innover. Je crois qu’il existe un lien étroit entre son message et l’innovation qui doit avoir lieu dans nos écoles au cours des prochaines années.

Pour illustrer le défi que consiste l’innovation, il utilise l’exemple de la glace. La glace 1.0, c’est à l’époque où des gens taillaient la glace dans des étendues d’eau et la revendaient. La glace 2.0, c’est l’époque où des entreprises produisaient de la glace, la distribuaient et la revendaient. La glace 3.0, c’est notre époque, l’époque des congélateurs. Tout le monde a maintenant une machine à faire de la glace à domicile. Ce qui est intéressant dans l’exemple de la glace, c’est que l’innovation est venue de l’extérieur. L’entreprise de la glace 1.0 n’est pas devenue une entreprise de glace 2.0. Non. Elle a été remplacée par l’entreprise de glace 2.0, qui a été remplacée par l’entreprise de glace 3.0. Guy Kawasaki attribue cette réalité au fait que trop d’entreprises s’appuient sur un énoncé de mission ou sur ce qu’ils font plutôt que d’avoir un mantra clair, une raison d’être bien définie qui va au-delà du présent et qui permet d’innover.

Un autre exemple d’un manque d’innovation serait l’industrie du cinéma à la maison. Je ne me souviens plus où j’ai entendu ça récemment, peut-être était-ce à  la radio… On parlait de Blockbuster qui avait eu l’occasion d’acquérir Netflix à quelques reprises, mais les dirigeants de Blockbuster, refusant d’innover, sont passés à côté d’une belle occasion de continuer d’exister. Qui ne se souvient pas du processus? Il fallait se rendre dans une succursale pour prendre connaissance de la sélection de films et espérer qu’il y aurait une copie disponible pour la location, qu’il fallait rapporter au magasin dans X jours… Ouf! Finalement, comme d’autres industries n’ayant pas innové, ils ont été remplacés par Netflix, entre autres.

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Contrairement à l’industrie de la glace ou du cinéma maison, nos écoles doivent innover et se transformer afin de répondre aux besoins et aux attentes de la société. Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. Et là e vous épargne les liens entre le modèle actuel et Blockbuster ainsi que les liens entre Netflix et l’école que nous souhaitons pour nos élèves. Le monde de l’éducation ne sera pas remplacé à mon avis, or les salles de classes, les écoles et les conseils scolaires qui innovent plus rapidement risquent d’être sollicités par les élèves qui, faut-il le rappeler, souhaitent de plus en plus recevoir un enseignement personnalisé.

« Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. »

Voici 2 endroits où les écoles doivent innover dans les prochaines années :

      1. Les cours en ligne!

Je crois fermement que tous les élèves devraient avoir à suivre un cours en ligne avant la fin de leur secondaire. C’est une expérience qui permet de développer des compétences essentielles pour l’ère numérique. C’est également une façon efficace de vivre l’éducation autrement, une éducation davantage personnalisée. Ce n’est pas seulement une question de choix ou d’offre de cours!

Quelle est votre stratégie pour vous assurer que tous les élèves de votre école secondaire suive au moins un cours en ligne d’ici 2018?

C’est un pensez-y bien d’un point de vue engagement et apprentissage, oui, mais aussi d’un point de vue vitalité. Je m’explique. Présentement, les élèves qui fréquentent une école doivent généralement demeurer dans la zone de l’école, la bâtisse. Dans combien d’années les élèves pourront-ils choisir leur école virtuelle?

2. L’EAV : l’extension virtuelle de l’école

Il va sans dire qu’un des grands avantages de l’ère numérique, c’est l’accès à l’information et aux gens 24/7. D’où l’importance d’offrir un environnement d’apprentissage virtuel à nos élèves. Pour certaines écoles, c’est Google Classroom, pour d’autres, c’est l’EAV du MÉO. Peu importe le choix de la plateforme, c’est ce qu’on en fait qui importe.

Les enseignants qui ont le plus de succès avec un EAV présentement sont ceux qui l’utilisent pour donner à leurs élèves un accès à l’information (devoirs, travaux, agenda, réflexions, évaluations). Ce qui est fort intéressant, c’est que cet environnement peut également servir à favoriser les échanges et les discussions avant et après les heures de classe également (blogue, travail de collaboration). Ce qui est compréhensible.

Si les élèves ne viennent plus à l’école pour l’information, ils viennent pour quoi? Je crois que c’est pour collaborer et pour être engagés dans des processus d’apprentissage stimulants. L’EAV vient appuyer en servant de lieu central où trouver l’information, où entreposer des preuves d’apprentissage, des traces des discussions, des réflexions. Oui, les élèves viennent à l’école pour s’engager dans des activités qu’ils ne peuvent accomplir que parce qu’ils sont à l’école (collaborer, développer des habiletés d’apprentissage et habitudes de travail…). Les élèves viennent désormais à l’école pour développer le goût d’apprendre. L’EAV permet de poursuivre l’apprentissage et agit comme une sorte de plateforme pour le réseau d’apprentissage personnel des élèves.

L’utilité de l’EAV ne se limite pas à la salle de classe. Il est tout aussi utile pour les administrateurs d’écoles et leur personnel.

Quel environnement d’apprentissage virtuel fournissez-vous à vos élèves? À votre personnel?

En effet, nos salles de classe et nos écoles doivent se transformer.

C’est une question d’engagement, d’apprentissage et de vitalité!

Quel est votre mantra? Quelle est votre raison d’être?

Si ça ressemble à « éducation de qualité pour tous nos élèves», il faudrait donc se pencher sur ce que ça veut dire en 2015.

Et si les directions d’écoles pouvaient… La croissance professionnelle transformée!

Bien que l’ère numérique soulève plusieurs questions, ce qui semble faire l’unanimité en éducation présentement c’est l’importance des personnes qui sont à la direction de nos écoles. En effet, elles ont le mandat de créer un renouveau dans leur communauté scolaire dans le but d’offrir à nos élèves une éducation qui reflète davantage le monde et la société à l’extérieur de l’école. Or dans ce rôle d’agent de changement, il faut s’attendre à être transformé soi-même.

Mais où trouver les idées et le soutien au quotidien pour mener le changement?

« The future is not some place we are going to, but one we are creating. The paths are not to be found, but made, and the activity of making them, changes both the maker and the destination. » John Schaar

Des leaders comme Eric Sheninger (@E_Sheninger – A principal’s reflections)  et George Couros (@gcouros – The principal of change) servent de modèles, nous inspirent et guident nos prochaines étapes.

Au fil de mes lectures et dans le cadre de mon travail, voici 4 points clés qui, selon moi, peuvent aider une direction d’école à devenir un agent de changement dans son école :

1. Créer son réseau d’apprentissage personnel

Pour être agent de changement, une direction d’école doit s’entourer de gens compétents qui vivent la même réalité afin de partager, échanger, collaborer, apprendre les uns des autres. Cela veut dire qu’il faut mettre son chapeau d’apprenant.

Et si les directions d’écoles pouvaient être en communication avec plusieurs de leurs collègues pour échanger des idées, des outils, des processus, des astuces, des pratiques réussies, des mises en garde, pour se questionner, pour apprendre…, et ce, quand ils le veulent!

Que se passerait-il?

N’est-ce pas que leur croissance professionnelle serait transformée!

Et ça existe!

Depuis 2010, je bâtis mon réseau d’apprentissage personnel sur Twitter. Je ne suis pas sur Twitter pour «être» sur Twitter. J’y suis parce que j’aime apprendre. Depuis 5 ans, grâce à Twitter, j’apprends quand je veux, au rythme que je veux et c’est tout à fait fantastique. Twitter a transformé mon expérience d’apprentissage en tant que professionnel. Je le souhaite à tous mes collègues. Et comme dirait l’autre, le plaisir croît avec l’usage.

« Depuis 5 ans, grâce à Twitter, j’apprends quand je veux, au rythme que je veux et c’est tout à fait fantastique. Twitter a transformé mon expérience d’apprentissage en tant que professionnel. » @bourmu

2. Disposition (Mindset)

Pour créer une culture d’innovation et être un agent de changement, la direction d’école doit accepter non seulement de mettre son chapeau d’apprenant, mais de devenir le Lead apprenant de son école. Ceci implique un changement dans la pratique et la prise de risques réfléchie. Pas besoin de tout savoir! Seulement besoin de croire qu’on peut y arriver! La prise de risques, ça se démontre!

3. Transformer l’expérience d’apprentissage du personnel enseignant

Dans un récent billet , @gcouros prétend qu’il faut miser sur l’apprentissage d’abord, ensuite sur la technologie. Il nous invite à apprécier le relation qui existe entre l’apprentissage et la technologie. Il faut comprendre l’apport de la technologie afin d’y arriver. L’essentiel est de créer un engouement pour l’apprentissage informel.

Une direction d’école qui veut être un modèle pour son personnel peut complètement transformer l’expérience d’apprentissage de son personnel en :

  1. donnant une voix à son personnel
  2. donnant de l’autonomie à son personnel
  3. créant de nouvelles conditions d’apprentissage pour son personnel

Quand je réfléchis à ma pratique dans le passé en tant qu’enseignant, je me rends compte que ma démarche pédagogique était souvent axée sur le contrôle. Je voulais m’assurer que les élèves avaient fait le travail demandé. Cette façon de faire n’était pas toujours engageante.

Comme direction d’école, est-ce que le processus d’apprentissage que nous organisons pour notre personnel est axé sur le contrôle? On veut savoir s’ils ont fait le travail demandé? Comment peut-on créer des occasions d’apprentissage engageantes axées sur la confiance ET l’imputabilité?

4. Miser sur les forces de son personnel

Je crois fermement que tout ce dont nous avons besoin pour mener le virage est déjà dans nos écoles. Il faut simplement miser sur les forces de son personnel et créer les conditions qui permettront au personnel de les exploiter.

Et vous, qu’ajouteriez-vous à cette liste?

Dans le cadre de la conférence provinciale Tac2015 – Oser innover qui aura lieu les 8-9-10 décembre prochain à Toronto, j’animerai l’atelier Et si les directions d’écoles pouvaient… La croissance professionnelle transformée!  Pourquoi, comment, et pistes concrètes! avec mon collègue Joël McLean. Cet atelier pour les directions d’écoles prendra la forme d’un chat Twitter (#TacEdChat) en personne et aura lieu le 9 décembre 2015, de 13 h 15 à 14 h 25.

Marius Bourgeoys (@bourmu) et Joël McLean (@jprofNB) sont présentement leaders pédagogiques pour l’équipe TacTIC au CFORP et ont le mandat d’appuyer les directions d’écoles afin de faciliter leur rôle d’agent de changement dans les écoles de langue française de l’Ontario.