Vous n’avez pas assez de mauvaises idées

Salutations à mes collègues de l’Association des écoles privées de l’Estrie. Ce billet est spécialement pour vous, tel que promis. Bon succès dans vos prochaines étapes!

Des barrières et des recettes

À première vue, les barrières à l’innovation dans nos écoles paraissent immuables parfois. Le temps, les exigences du système, les évaluations, le leadership, le travail d’équipe, l’infrastructure. Or l’école repensée, elle se vit au quotidien dans plusieurs écoles, dans plusieurs salles de classe. Comment cela se peut-il? Comment arriver à personnaliser l’éducation, développer les compétences de nos élèves tout en répondant aux exigences du système? J’apprécie les questions qui commencent par «comment». Ça sous-entend que c’est possible, qu’on cherche une façon d’y arriver, de faire autrement. Pour faire autrement, il faut voir les choses autrement. Un des grands défis en éducation, c’est que nous sommes tous issus d’un système qui valorisait la bonne réponse. Nous avons réussi dans ce système et nous sommes habitués d’avoir la bonne réponse. C’est donc très normal de demander «comment faire xyz», de demander la recette de quelqu’un d’autre. On veut réussir du premier coup. Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. Il n’y a pas UNE recette, il y a des recettes. La meilleure? La vôtre, celle que vous allez créer, peaufiner, expérimenter avec les apprenants qui sont devant vous. Quand suffisamment de gens auront trouvé des façons d’innover à l’intérieur de la boîte, le système pourra redéfinir les paramètres de la boîte. L’école repensée ne viendra pas de la boîte à mon avis. Elle viendra de nous. C’est tellement stimulant. Pensez-y.

Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. @bourmu

Des questions qui commencent par «Comment»

Suite à ma conférence de vendredi, j’avais le privilège d’animer une session de réflexion portant sur le leadership pédagogique. La session de réflexion a débuté… avec une réflexion. Quelles idées avez-vous en tête? Comment vos élèves en profiteront-ils? Quelle question aimeriez-vous qu’on aborde ensemble pendant l’après-conférence? Nos questions sont comme un trousseau de clés. Plus nos questions sont intéressantes, plus elles ouvrent des portes intéressantes. Voici 30 questions, très intéressantes «comment», proposées par les participantes et participants :

  1. Comment penser autrement la structure?
  2. On fait comment pour aider 33 élèves à pédaler en même temps?
  3. Comment bien exploiter les technologies sans appareils électroniques fournis par l’école pour tous les élèves?
  4. Comment arrimer cette belle théorie avec la réalité des contraintes des écoles?
  5. Comment mettre à profit les élèves avec qui nous avons déjà une excellente relation pour aider à améliorer nos relations avec les autre élèves pour qui c’est moins évident?
  6. Comment intégrer le 20% dans la boîte d un programme d’un cours?
  7. Comment valider ces choix pédagogiques (absence de notes avant les bulletins) auprès des parents (qui sont tellement axés sur les résultats)?
  8. Comment changer les évaluations en gardant les bulletins aux dates fixes?
  9. Comment peut-on laisser les enfants apprendre à leur rythme tout en répondant aux critères du Ministère?
  10. Comment articuler concrètement le leadership en classe auprès de nos élèves? Des outils réels et concrets dans les matières différentes svp…
  11. Comment équilibrer leadership et autorité?
  12. Comment faire pour qu’il y est une balance dans la vie des élèves versus les appareils technologiques … un réseau social plus qu’un outil technologique?
  13. Comment exercer un bon leadership quand je vis une situation de crise avec un élève?
  14. Comment équilibrer leadership et autorité?
  15. Comment peut-on réalistement implanter ce type de pédagogie en ayant un cadre administratif si contraignant? Les étapes très courtes, les notes obligatoires dans les différentes compétences, etc.
  16. Comment pouvons-nous créer des projets significatifs en ayant des notes à récolter afin d’être conformes aux exigences du ministère?
  17. Mon questionnement toujours arrimer les exigences du programme et les projets et les passions des élèves…
  18. Comment intégrer le leadership dans un cadre peu flexible sur lequel nous avons aucun contrôle (liberté)?
  19. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  20. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  21. Comment faire des évaluations « non fixes » mais équitables?
  22. Comment créer (aussi) cet esprit de leadership en département?
  23. Quelles activités puis-je faire avec mes élèves pour améliorer leur leadership?
  24. Comment peut-on réussir concrètement à bâtir une relation solide et propulser CHACUN des élèves dans leur potentiel en les voyant seulement une heure par jour ou moins?
  25. Comment faire, concrètement, pour maintenir cette vision plus souple dans une structure globale rigide qui impose un programme,  des communications de résultats constantes et des épreuves uniformes? Quoi prioriser?
  26. Comment faire en sorte que les élèves apprennent à leur rythme tout en respectant le contenu du programme sans tomber dans l’enseignement individuel.
  27. Comment initier un changement auprès des collègues?
  28. Évaluation au moment où l’élève est prêt… est-ce réaliste?
  29. Considérant qu’il est important d’avoir plusieurs manifestations des élèves de leurs compétences mobilisées en évaluation, comment faire pour optimiser les évaluations pour permettre aux élèves de démontrer leurs compétences, sans les surcharger ou les stresser ?
  30. Comment peut-on faire des évaluations aux moments où l’élève est prêt tout en faisant des évaluations équitables?

4 concepts-clés

Je ne peux pas faire le tour de chacune des questions. Mais derrière le concept du leadership pédagogique se trouve l’idée que nous sommes tous appelés à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage.  Devenir. Il n’y a pas de ligne d’arrivée ici. Qui dit concepteur, dit essai-erreur. On est loin des recettes ici. Tout part de soi. En acceptant l’invitation de devenir un leader pédagogique, on accepte aussi l’idée que nous sommes les seuls responsables de ce qui est possible ou non dans notre salle de classe (la boîte). Le pouvoir d’action est là. Les excuses doivent rester à la porte ici je crois. Et je crois également au message de George Bernard Shaw.

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Je vous propose donc quatre concepts-clés qui peuvent soutenir les expériences d’apprentissage que vous allez créer avec et pour vos élèves.

QUELLES SONT LES 10 PIRES IDÉES AUXQUELLES VOUS POUVEZ PENSER?

Une bonne façon d’aborder la conception d’expériences d’apprentissage, c’est d’anticiper que tout ne sera pas parfait du premier coup. On peut même partir de l’imperfection pour en arriver à des idées qui ont de la valeur. Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? Je suis certain que si vous essayez de trouver 10 mauvaises idées pour chacune des 30 questions énumérées plus haut, vous tomberez sur d’excellentes idées éventuellement. L’avantage ici, c’est que ce processus vous libère l’esprit de la nécessité de trouver la bonne idée avant de commencer. Idéalement, je vous suggère de vivre ce processus en équipe. Et comme le dit si bien Sir Ken Robinson : « If you are not prepared to be wrong, you’ll never come up with anything original.» La partie facile, c’est de générer des idées. Ensuite, il faut aller les tester. Un bloc de 20 minutes, une leçon, une semaine, un projet, une unité, un cours, un programme. À vous de choisir. Ce sera un processus d’essai-erreur.

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Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? @bourmu

DES ESPACES D’APPRENTISSAGE FLEXIBLES

Il est beaucoup question des espaces d’apprentissage depuis un certain temps. Je n’irai pas dans le détail ici mais je posais la question suivante aux membres du panel de discussion dans le cadre de TELL2017 en août dernier. La transformation des espaces physiques et numériques mène-t-elle nécessairement à la transformation de la pédagogie? Au-delà des salles de classe à la Pinterest, je crois que l’espace d’apprentissage le plus important, c’est le cerveau du concepteur et celui de l’apprenant. La flexibilité commence là à mon avis. L’espace physique et les espaces numériques doivent être alignés avec les intentions pédagogiques (connaissances, compétences globales) et créer les conditions dans lesquelles nous apprenons tous aujourd’hui. Tout espace peut devenir un espace d’apprentissage innovant et stimulant. Pensez-y

METTRE LES FORCES ET INTÉRÊTS DES ÉLÈVES AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE 

L’école repensée ne se fait pas seul depuis le devant de la classe. C’est un peu comme recevoir la famille dans le temps des Fêtes et vouloir tout faire et préparer le repas soi-même. Combien plus efficace (et moins stressant!) est-ce quand tout le monde se mobilise. Un prépare la tourtière, l’autre une salade, un autre prépare les patates pilées, un autre, la dinde… Notre repas. Pour que la classe devienne notre classe, il faut impliquer les élèves, apprendre à les connaître, les amener à se connaître, les amener à développer leur capacité à apprendre de façon autonome, stimuler leur curiosité naturelle, les mettre au défi… À quoi ressemble un cours qui permet ça? On commence comment? Il faut vouloir les amener plus loin que la fin du cours, comme le disait si bien Stéphane Laporte dans «Si les profs pouvaient». Il faut lâcher prise, cesser de vouloir tout contrôler. Pour que l’école change, il faut qu’on change comment on fait l’école. Nos façons de faire présentement ont des limites parce que les adultes travaillent trop souvent plus fort que les élèves. Et ce n’est pas une question d’engagement. C’est ce qu’on leur demande. Les élèves peuvent tellement nous en donner plus. Plus d’eux-mêmes, plus d’originalité, plus de questions… pas plus d’obéissance cependant. Faisons-leur de la place pour voir…

PERSONNALISER ET DIFFÉRENCIER

À l’impossible nul n’est tenu. Les exigences du système sont bien réelles. Mais il y a une marge de manoeuvre. Je le vois chaque fois que je suis dans une école. Je réfléchis beaucoup à ce que peut signifier la différenciation et la personnalisation. Est-ce que ça veut dire la même chose? Est-ce qu’il y a des nuances? Voici comment je distingue les deux (ébauche).

Différenciation : on parle de différenciation lorsque le point de départ est le programme et qu’on ajuste le contenu, le produit ou le processus en fonction de l’apprenant qui est devant nous.

Personnalisation : On parle de personnalisation lorsque le point de départ est une force, une passion, un intérêt de l’apprenant (p. ex., projet 20%, robotique, fabrique…) et qu’on trouve où est le programme dans ce que l’apprenant réalise.

Quelle que soit l’idée qui vous allume et que vous souhaitez mettre en oeuvre dans votre classe ou votre école, donnez-vous la permission de ne pas réussir du premier coup.

La seule personne que vous pouvez changer, c’est vous. Si vous voulez voir vos collègues changer, modelez ce changement. C’est tout ce que vous pouvez faire.

Restez dans votre zone d’influence mais sortez de votre zone de confort.

L’école repensée, elle est en vous.

On se met à énumérer des mauvaises idées pour voir?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂

Pourquoi s’en priver?

Des activités pour tous les goûts!

J’ai toujours été fasciné par la multitude d’activités organisées pour les élèves dans nos écoles. Il y en a pour tous les goûts. Mais malgré tous nos efforts, il y a toujours des élèves qui choisissent de s’en priver. Je me suis toujours demandé pourquoi. Pourquoi lors d’activités spéciales ou de sorties éducatives, certains élèves ne se présentent pas? (Ils oublient parfois de faire signer leur feuille aussi…) Ils préfèrent ne pas s’investir ou s’en priver. Ils préfèrent le confort du statut quo, de l’inaction. Ou peut-être n’ont-ils pas de lien significatif avec un adulte ou des élèves dans l’école… En tout cas, ce sont souvent les élèves qui ne sont pas accrochés par l’école qui choisissent de ne pas participer. C’est quand même curieux, d’autant plus que c’est pour accrocher tous nos élèves qu’on organise ces activités. Quand les élèves reviennent de l’activité, ceux qui n’ont pas participé se rendent compte qu’ils ont raté une autre occasion de se faire des amis, de se développer, de vivre une expérience mémorable. Vivre des expériences. C’est pour ça qu’ils viennent à l’école. Pour vivre. Pour grandir. Pour se développer. C’est leur job (jusqu’à 18 ans en Ontario). Pourquoi s’en priver?

Des activités créées pour par nous!

À l’école, ces occasions, ces expériences sont créées pour nous. Quand on devient adulte, on doit les saisir ou les créer nous-mêmes. Le choix de ne pas saisir ou créer une occasion (p. ex., postuler, aller à une formation, se créer un réseau, partir en affaires, avoir des enfants, se marier) c’est la même chose. Quand on choisit de ne pas passer à l’action, ça crée un écart entre ce que nous pourrions devenir et ce que nous choisissons de demeurer. Les raisons qui nous poussent à ne pas agir peuvent être nombreuses. Selon mon expérience, il y en a 3 principales :

  1. Peur d’échouer
  2. Peur de réussir
  3. Peur de ce que les autres vont dire

C’est personnel. Et ça a des conséquences. John Maxwell affirme : « There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. » Pour atteindre nos objectifs personnels, pour se réaliser en tant qu’adulte, il faut agir. La planification à rebours, ça s’applique à notre vie.

There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. John C. Maxwell

Leadership personnel, maturité, responsabilité

Au fil du temps, je me rends compte que le leadership, ce n’est pas juste de la théorie pour mon travail. À un moment donné, on atteint un certain niveau de maturité en tant qu’adulte. L’immaturité, c’est le contraire. C’est quand on blâme les autres et des facteurs externes pour nos résultats. On a une liste de choses qui expliquent pourquoi on n’est donc pas où on voudrait être. Hmmmm. L’immaturité. La maturité ne vient pas avec l’âge, malheureusement. La maturité, c’est quand on accepte la responsabilité des résultats qu’on obtient dans notre vie. Il reste une seule chose sur notre liste : soi. C’est une question de leadership personnel. Qui n’a pas déjà entendu l’expression «Il mène une bonne vie.»? Einstein disait : «Once you stop learning, you start dying.» Mener une bonne vie – vivre – c’est apprendre tous les jours. Vivre. Grandir. Se développer. C’est ça, vivre. Ce n’est pas une job. Chose certaine, la vie se passe à l’extérieur de notre zone de confort. Pourquoi s’en priver?

Une profession en mutation sortie éducative…

Vous me voyez venir? Vous l’avez sans doute remarqué mais notre profession est en mutation. C’est big. Or le contexte actuel, on peut le voir un peu comme une activité éducative qu’on organise avec les élèves. Certains choisissent de ne pas participer pour le moment. Ok. Sauf qu’on ne reviendra pas à la même école. On va ailleurs. Et ce ailleurs n’est pas aussi important que ce qu’on va tous devenir en cours de route. C’est ce qu’on devient qui compte. Et on a besoin de tout notre monde pour réussir. Pour devenir, il faut sortir de notre zone de confort. Empathie. Patience. Respect. Mais il faut embarquer. Il faut vivre des expériences, grandir, se développer. Pourquoi s’en priver?

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L’isolement est un choix.

Dans le contexte actuel, en 2017, l’isolement professionnel est désormais un choix qu’on fait. Un choix passif mais un choix. Et le réseau d’apprentissage personnel (RAP) est une occasion, une expérience dont les bienfaits sont incommensurables pour bon nombre de professionnels en éducation. C’est incroyable à quel point on peut grandir, à quel point on peut vivre des expériences d’apprentissage riches, à quel point on rencontre des collègues passionnés. Incroyable. Je vous invite à visiter ces mots-clics, «pour le fun» : #leadped #défi20prof #eduprof #tacedchat #feep #eduqc #pubpd

Je ne connais personne engagé dans un RAP qui n’en retire pas des bienfaits.

Pourquoi s’en priver?

Partager : un devoir moral?

La semaine dernière, je racontais à des collègues le moment où mon premier mentor avait pris sa retraite. Après 30 ans en salle de classe, cet homme, cet enseignant de français que j’admirais tant prenait sa retraite laissant derrière lui quelques reliures, quelques activités pédagogiques. Je disais à mes collègues : «Imaginez s’il avait blogué toute sa carrière. S’il avait rédigé des billets de blogue pour mettre par écrit son évolution en tant que pédagogue. À quel point notre profession serait-elle enrichie de ce bagage?» Et là, on ne parlait que d’une personne. Mais ce n’était pas possible avant. De nos jours oui. Imaginez si tous les enseignants rédigeaient 5 billets de blogue par année, pour garder des traces de leur évolution en tant que pédagogue, pour enrichir notre profession de leurs expériences! Imaginez. Il y a 5 ans, je disais que tous les enseignants devraient avoir un compte Twitter et se créer un RAP. Aujourd’hui, avec les bienfaits et le pouvoir de la production participative (crowdsourcing), je me demande si ce n’est pas devenu un devoir moral envers notre profession que de partager (informellement) nos réflexions, notre cheminement à nos collègues. Je réfléchis. Il y a de plus en plus de gens dans mon réseau qui ont commencé à bloguer. C’est tellement inspirant! Ça m’aide tellement. Je me dis : «Pourquoi s’en priver?».

Parce que tout le monde a quelque chose à contribuer

Enfin, de plus en plus de gens participent à la sortie éducative qu’est ce virage au numérique, ce virage vers l’école repensée. Pour y arriver, on a besoin de tout notre monde. Trop de nos collègues ne sont pas réseautés présentement. Il faut les inviter, dans le respect, à cette sortie éducative collective.

  1. Ce sera bon pour eux.
  2. Ce sera bon pour la profession.

En effet, chers collègues, nous avons besoin de tout notre monde pour réussir à repenser l’école. Tous nos collègues, technos ou non, ont des choses à nous apprendre, à contribuer. On ne peut pas s’en priver.

Sérieusement, cette sortie éducative, pourquoi s’en priver?

Même pas de feuille à faire signer et ça coûte gratuit 😉

Qui sait ce qu’on va devenir…

 

«Faut pas réinventer la roue!»

Je suis dans le processus d’écrire mon premier livre. J’expliquais à mon épouse que je veux que mon livre soit une ressource pour les gens qui le liront. Un endroit où ils viendront chercher, pas une recette, mais des idées, des pistes de questionnement pour les aider à exercer leur leadership pédagogique. Elle me disait qu’on se fait souvent dire de ne pas réinventer la roue en éducation. Ça m’a amené à me questionner. Par écrit. Je suis certain que vous avez déjà entendu l’expression «Faut pas réinventer la roue!» Vous l’avez peut-être même déjà dite. Depuis un certain temps, je travaille avec des leaders dans les conseils scolaires et dans les écoles. On me demande souvent de partager des stratégies que je vois ailleurs qui permettent d’innover à tous les niveaux du système. Les idées sont nombreuses. Aussi nombreuses qu’il y a de personnes. Mais on doit pouvoir les voir, les créer, les saisir. Faut pas réinventer la roue? Hmmm.

Faire tomber les barrières invisibles une conversation à la fois

Ce que je partage invariablement à mes collègues, c’est la nécessité de voir les choses autrement, de penser autrement pour pouvoir innover. L’innovation en éducation ne viendra pas des ressources pédagogiques existantes ou des processus actuels dans nos écoles. Comme le dit si bien @gcouros, la principale barrière à l’innovation dans nos écoles vient souvent de notre façon de penser, de voir les choses. Donc quand on entend «Faut pas réinventer la roue!», je me dis, est-ce une des barrières invisibles à l’innovation en éducation? Je pense que oui. Quand on ne réinvente pas la roue, on maintient le statut quo. C’est ce qu’on veut? Je pense que non. Bien au contraire. Pour voir les choses autrement, il faut avoir des conversations avec les gens. Ce n’est pas facile. C’est un processus. Mais le résultat est extraordinaire. Comme le dirait John C. Maxwell, la différence entre ordinaire et extraordinaire, c’est ce petit extra. Pour voir et faire tomber les barrières à l’innovation et au leadership pédagogique, il faut avoir des conversations intentionnellement. Une à la fois.

«Don’t wish it were easier. Wish you were better.» Jim Rohn

Retour en arrière

En 2005, Sir Ken Robinson livrait sa superbe conférence « Bring on the Learning Revolution!« . À 5:32, il partage ce message d’Abraham Lincoln, livré le 1er décembre 1862, à Washington D.C. : «The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Nous portons tous des idées, des façons de penser que nous prenons pour acquis. L’idée de réinventer la roue, c’est exactement le type d’idée qu’il faut repenser, qu’il faut questionner. Et remarquez le titre de la conférence de Sir Ken, Learning Revolution et non Teaching Revolution. Une révolution au niveau de l’apprentissage. Hmmm. Pourquoi nous parlait-il d’une révolution au niveau de l’apprentissage? Si l’imprimerie de Gutemberg a révolutionné la diffusion du savoir, le contexte d’aujourd’hui permet de (ce n’est pas automatique) révolutionner l’apprentissage et la façon de développer des personnes de façon exponentielle. Ça m’amène à me questionner.

  1. Comment nous ajustons-nous à notre nouveau rapport au savoir?
  2. Comment l’école s’ajuste-t-elle à ce nouveau rapport au savoir?
  3. À quoi ressemble la révolution de l’apprentissage dans votre école, dans votre salle de classe?
  4. Qui devons-nous devenir pour y arriver?

«The dogmas of the quiet past, are inadequate to the stormy present. The occasion is piled high with difficulty, and we must rise — with the occasion. As our case is new, so we must think anew, and act anew. We must disenthrall ourselves, and then we shall save our country.» Abraham Lincoln

SE réinventer!

Le système, c’est du monde. L’innovation dans le système et dans nos écoles viendra des personnes. Des personnes qui oseront se questionner et remettre en question nos idées, nos processus, nos rôles, notre raison d’être. Comme Alex Nevsky le dit si bien dans Les Coloriés, «Il faut tout réinventer. Il faut se réinventer». Quel beau défi! Et «we must rise — with the occasion». Grandir. Croître. Pour se réinventer, il faut devenir autre chose que ce que nous sommes. C’est créatif. Ça doit être fait intentionnellement et en équipe.

«The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Jim Rohn

Créer pour devenir

Je suis tombé sur ce tweet de @nalang1 la semaine dernière. Ça m’a tout de suite frappé. N’est-ce pas qu’au quotidien, on cherche des activités engageantes, que les élèves vont aimer? Chercher des activités. Des ressources. Attendre la formation. Ce sont des idées, des processus, des façons de voir les choses qui viennent du système traditionnel. «We must disenthrall ourselves». Chercher une recette. Attendre d’être nourri. Non. Ce n’est plus ça. La révolution de l’apprentissage ne viendra pas de là. Pour repenser l’école, il faut sortir du manuel et devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage avec et pour nos élèves. Il faut devenir des prestataires de contextes. C’est créatif, l’apprentissage. Tout part de soi. De nos idées. De notre imagination. De nos forces et intérêts. Des élèves qui sont devant nous. De leurs forces et intérêts. Parce qu’ils en ont. Les connaissez-vous? Créer, chers collègues. Créer pour devenir autre chose. Créer pour repenser l’école.  Créer pour révolutionner l’apprentissage. Vous? Vous passez votre temps à faire quoi?

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« Many teachers spend their time searching for activities. The best teachers spend their time creating experiences.» @nalang1

L’imprimerie c’était bien, mais là on est ailleurs.

La prochaine fois que vous entendrez «Faut pas réinventer la roue», pensez-y.  Gutemberg, c’était bien. Mais aujourd’hui, on est ailleurs. Et ça va vite. Êtes-vous là? Repenser l’école, il n’y a rien de facile ou de simple là-dedans. Jim Rohn dirait : «Don’t wish it were easier. Wish you were better.» La croissance personnelle requise de nous tous pour y arriver, c’est probablement la chose qui aura le plus de valeur pour chacun et chacune d’entre nous en bout de ligne. Jim Rohn dirait : «The major value in life is not what you get. The major value in life is who you become.» Faut pas réinventer la roue? Hmmm. Je pense que oui.

Que devons-nous devenir pour révolutionner l’apprentissage?

Merci de vos commentaires 🙂

La présentation orale… inversée?

La stratégie suivante a été présentée hier soir dans le cadre de notre tout premier webinaire : Tout pour réussir le #défi20prof. Vous pouvez voir l’enregistrement du webinaire ici.

Les présentations orales font partie de l’expérience d’apprentissage des élèves. Dans pratiquement toutes les matières, les élèves sont invités, à un moment donné, à faire une présentation orale devant leurs pairs. C’est un processus qui prend beaucoup de temps dans la classe. Jusqu’à 4 et même 5 périodes de 60 à 75 minutes. La question que je me suis toujours posée est : «Est-ce que cet investissement de temps de classe est un investissement qui en vaut le coût?» Investir tout ce temps pour évaluer un produit ou une performance… Pourtant, notre rôle est d’agir sur le processus, sur ce qui mène au produit de qualité, à la performance… Hmmm. Comment faire alors? Suivez-moi. J’ai une idée 🙂

Le temps

Le temps. C’est tellement important comment on choisit d’investir notre temps avec les élèves, n’est-ce pas? On dit toujours qu’on manque de temps. Si vos élèves présentent seulement deux fois pendant un semestre et que vous investissez 8, 9 et même 10 périodes pour passer, à tour de rôle, chacun des élèves dans le but de leur donner une note… Ça vaut la peine? Que font les autres élèves pendant ce temps? C’est comme si un enseignant d’éducation physique demandait à ses élèves de faire la file et de venir, à tour de rôle, faire un lancer au panier, par exemple. Le temps d’attente serait beaucoup trop long pour les élèves qui ne sont pas en action. C’est pour cette raison qu’on place les élèves en petits groupes ou en stations. Afin qu’ils soient en action, qu’ils puissent développer leurs compétences et recevoir de la rétroaction fréquente de leurs pairs ou de leur enseignant, qui circule dans le gymnase.

Investir du temps de classe pour apprendre, pas pour donner une note!

Alors dans le cas des présentations orales, qu’en est-il de l’évaluation au service de l’apprentissage? Comment faire de la place pour agir sur le processus? Impossible de même considérer faire présenter chaque élève afin de lui offrir une rétroaction, et ce, avant «que ça compte». Imaginez investir le temps de 20 périodes, pour 2 présentations orales. Non. Impensable. Et si on utilisait la vidéo! La vidéo pour faire une présentation orale inversée. Inversée parce que le temps de classe serait investi pour placer tous les élèves en action et leur permettre d’agir sur le processus. L’évaluation de la performance ou du processus pourrait se faire à l’extérieur du temps de classe… Après discussion avec ma collègue @maotechno, merci collègue, je vois 4 étapes au processus de la présentation orale inversée, et ce, avant l’évaluation (attribution d’une note) du produit ou de la performance et, mieux encore, pourquoi pas le processus.

Étape 1 : Planifier / créer sa présentation

À l’étape 1, l’élève planifie sa présentation orale et la crée en fonction des exigences et des critères qu’on a co-construits en classe. Puisqu’il est question d’une présentation orale inversée, nous aurons recours à la vidéo comme outil technologique pour soutenir cette démarche. C’est ce qui nous permettra d’avoir accès au premier jet de la présentation orale (processus) dans la classe, sans avoir à prendre le temps de classe pour générer ces premiers jets, un élève à la fois. Alors l’élève planifie en fonction de la forme et du fond de la présentation.

Étape 2 : Réaliser sa présentation

L’élève se pratique à la maison et on l’invite à produire une première ébauche de sa présentation orale à l’aide de son appareil mobile, par exemple. On l’invite à placer sa vidéo dans un espace infonuagique afin qu’on y ait accès en salle de classe. Google docs, Google classroom, YouTube, Google Drive… Choisissez votre méthode.

Étape 3 : Critiquer / Juger

L’élève se présente en classe et on l’invite, en équipes de 3, à visionner la vidéo de ses pairs et à la critiquer/juger dans le but d’offrir une rétroaction descriptive et constructive à partir des critères co-construits avec la classe. On place l’élève dans une posture d’évaluateur en l’invitant à s’appuyer sur des critères. Ça, c’est de l’évaluation EN TANT qu’apprentissage. Super puissant. Ça fait appel à la pensée critique. Ça amène l’élève à développer de l’empathie, à faire preuve de doigté et de tact, à s’ouvrir à la critique et à recevoir de la rétroaction. Vous pouvez encadrer ce processus de façon très structurée, si vos élèves ont besoin de ça pour se sentir en sécurité. Vidéo de 3 minutes et moins; On regarde la même vidéo en même temps (avec nos écouteurs); On prend 5 minutes pour discuter de la vidéo et offrir une rétroaction en utilisant la grille de rétroaction fournie par l’enseignant; On passe à la prochaine vidéo; etc. En 25 minutes environ, l’exercice est fait. Tous les élèves ont visionné 2 vidéos et donné une rétroaction à 2 de leurs pairs et ont reçu de la rétroaction au sujet de leur vidéo. Ou vous pouvez laisser les élèves vivre ce processus à leur façon, s’ils anticipent le succès et que le climat de confiance entre les pairs est présent. Vous connaissez vos élèves. À vous de décider. Mais en une période de 30 minutes, c’est fait. Imaginez la puissance de ce processus!

Étape 4 : Retravailler

Après avoir reçu une rétroaction, l’élève doit la réinvestir et retravailler sa présentation orale (vidéo). Il continue à pratiquer à la maison et il peut revivre ce processus (étapes 2, 3 et 4) à quelques reprises, et ce, SANS PRENDRE PLUS DE TEMPS QU’ON NE LE FERAIT NORMALEMENT. L’avantage? L’élève reçoit de la rétroaction et vit le processus qui mène à un produit ou une performance de qualité. Et l’enseignant a la chance de fournir, lui aussi, une rétroaction à chacun de ses élèves, AVANT «que ça compte».

D’autres avantages

Puisque les élèves produisent une vidéo, on développe cette compétence chez nos élèves. Combien d’entre eux veulent être des YouTubers? Hein!? Ça ouvre la porte à la citoyenneté numérique, les élèves peuvent se voir, eux aussi et s’auto-évaluer. Les parents peuvent voir la performance de leur enfant etc. Et que dire de l’anxiété. Combien d’élèves sont anxieux de présenter devant un groupe? Ce processus permet à l’élève de performer devant une caméra et seulement quelques élèves et l’enseignant lui donneront de la rétroaction. L’enseignant gère qui aura accès à la performance (vidéo) de l’élève. Ici, il faut faire preuve de jugement concernant notre ouverture sur le monde. Il faut impliquer les élèves et leur donner le choix. Qui pourra voir ma vidéo? Que de discussions à avoir avec les élèves… Mais le plus important, c’est qu’on peut mettre l’accent sur le processus et même n’évaluer que le processus. Amener l’élève à nous partager une réflexion sur son processus d’apprentissage. Comment il a vécu les 4 étapes? Qu’est-ce qui l’a aidé? Comment s’est-il amélioré?… Apprendre. Se développer.

Et maintenant?

Alors, chers collègues. Comment allez-vous choisir d’investir votre temps de classe avec vos élèves en ce qui a trait aux présentations orales? Traditionnellement, 2 présentations orales nous coûtent, et le verbe n’est pas trop fort, jusqu’à 10 périodes et les élèves sont passifs 99% du temps, ne reçoivent peu ou pas de rétroactions et on évalue le produit, la performance. Avec la présentation orale inversée, l’élève est actif 100% du temps, a la chance d’obtenir de la rétroaction et on peut évaluer le processus plutôt que le produit. On fait tout ça, en 5 périodes selon moi. 50% moins de temps. 1000% plus riche et stimulant.

La présentation orale inversée, chers collègues.

Repenser l’école, ça peut être ça.

On transforme, l’expérience d’apprentissage des élèves.

N’oubliez pas de demander à vos élèves d’apporter des écouteurs 😉

Merci de vos commentaires!

Un projet 20% pour les enseignants! #Défi20Prof

Ce matin, c’est ma fête. Je me fais un cadeau. J’écris mon premier billet depuis le 10 juin dernier. Assez les vacances! En fait, j’écris ce matin pour lancer un défi à tout le système d’éducation. Un défi de 6 semaines, soit du 5 septembre au 13 octobre. Un projet 20% pour les enseignants! (Silence, Hmmm) «Un projet 20%…….. pour les enseignants?» Oui. Suivez-moi 🙂

En mai dernier, je vous partageais un billet qui propose une démarche pour repenser l’école. Une démarche qui permet de créer une certaine flexibilité afin de personnaliser l’éducation et de permettre aux élèves d’apprendre et de se développer. Le défi que je m’apprête à vous lancer sert à préparer le terrain à une telle démarche, en plus de vous appuyer dans la création de votre relation avec vos élèves, des routines et processus de la rentrée, qui déterminent souvent jusqu’où on pourra aller avec nos élèves pendant un semestre ou une année scolaire. Les 6 premières semaines. Elles sont importantes. On n’en parle pas beaucoup. On en parle là là.

Si vous relevez ce défi, vous allez voir un côté de vos élèves que vous n’avez possiblement pas vu avant. Et vous allez voir un côté de vous-mêmes que vous n’avez possiblement pas vu avant non plus.

Le projet 20% tel qu’on le connaît

Vous avez sans doute déjà entendu parler du projet 20%. C’est habituellement un projet qui permet aux élèves de faire un projet qui les passionne. On leur accorde 20% du temps de classe par semaine pendant 4 à 12 semaines pour réaliser leur projet. Le projet a habituellement 3 composantes (Projet, Produit, Présentation) et se fait souvent en 4 étapes :

Avant

  1. Le choix du projet en fonction des intérêts, talents, passions
  2. Présentation (pitch, ce qu’on va faire) du choix du projet, le pourquoi, les buts, la description, le produit, les échéances…

Pendant

3. Réflexions sur le processus via billets de blogue ou vlog. On partage les itérations, les prototypes, le questionnement… On documente le processus. C’est ce qui sera (devrait être) évalué. Si le projet est évalué.

Après

4. Présentation orale de type TED Talk

C’est une excellente façon de goûter à ce que l’éducation personnalisée nous réserve. C’est une occasion de voir comment nos élèves se comportent lorsqu’ils sont derrière le volant de leur apprentissage. Et pour nous, c’est une occasion d’apprendre ce qui est sensé être notre nouveau rôle en éducation. Celui d’accompagner, de guider, de coacher, de motiver, d’encourager et, aussi, celui d’enseigner. Comme avant. Dans l’école repensée, les enseignants enseignent encore, parlent encore. Mais pas tout le temps. Il y a des avantages à ne pas être celui ou celle qui parle…

Les 7 niveaux de conscience du présentateur

Il y aurait 7 niveaux de conscience lorsqu’on est placé devant un groupe et qu’on doit livrer un message à l’oral. Ça ressemble au contexte d’une salle de classe, ça. Dans l’école repensée, on parle de développer des élèves, des personnes, de développer leurs compétences, de les appuyer etc. Regardez bien les 7 niveaux du présentateur et essayez de déterminer si vous avez déjà vécu et ressenti ces niveaux.

Niveau 1: La frousse – Peur d’être devant le groupe.

  • Défi : Centré sur soi, mode survie

Niveau 2 : Les mots (7% de ce qu’on dit) – Qu’est-ce que je vais dire? Savoir quoi dire. Penser. Être dans sa tête

  • Défi : Dans sa tête, on ne peut pas lire le groupe ou ce qui se passe

Niveau 3 : La voix (38% de ce qu’on dit) – Livraison fluide du message. Les pauses et les silences efficaces.

  • C’est un début

Niveau 4 : Le corps, le non-verbal (55% de ce qu’on dit) – Congruence entre les mots, la voix et le langage corporel

  • Efficacité, crédibilité

Niveau 5 : Divertissement – On divertit l’auditoire de temps à autre, on génère des émotions positives afin qu’ils retiennent les points importants lorsqu’on les livre.

  • On vous écouterait parler longtemps. C’est donc bon!

Niveau 6 : Influence – On réussit à influencer ce que les autres pensent et ils adhèrent à nos idées, nos messages. (p. ex., ils peuvent et vont réussir dans notre classe)

  • Capacité de créer de nouvelles pensées, de nouvelles possibilités dans la tête de l’auditoire

Niveau 7 : Maîtrise (Se passe après  la présentation) – On apprend de la rétroaction et de l’expérience. On s’ajuste et on s’adapte pour la prochaine fois.

  • Perfectionnement. Amélioration continue

Arrêter de parler… Pour VOIR

Ces 7 niveaux peuvent vous aider quand vous parlez. Et vous aurez compris que pour atteindre les niveaux 3 et plus, il faut déjà savoir tout ce qu’on va dire et comment. Dans le quotidien de l’école, nous avons rarement le luxe de prévoir d’avance tout ce qu’on va dire. On sait ce qu’on va faire, mais on figure sur le tas ce qu’on dit. Ce qui fait qu’un enseignant, une enseignante en salle de classe se retrouve souvent au niveau 2. Ça ne veut pas dire que les autres niveaux ne sont pas là. Ce que je veux dire, c’est que si on est dans notre tête et que l’espace de notre lobe frontal est occupé à formuler la prochaine phrase, comment peut-on lire le groupe? Comment peut-on être conscient des progrès que font nos élèves en matière d’habitudes de travail, de respect des routines, d’habiletés d’apprentissage? La conscience. Pour développer nos élèves, pour les développer, il faut d’abord les voir. Pour les voir, il faut se donner une façon de pouvoir arrêter de parler et que l’apprentissage et le développement des personnes se fasse. Vous me suivez?

Le défi 20% pour les profs!

883 mots plus tard, je vous lance finalement le défi. Le voici. Du 5 septembre au 13 octobre, je vous propose le défi suivant.

Le projet

20% du temps (1 fois par semaine), votre cours doit pouvoir commencer sans que vous n’ayez à parler. Dit autrement, votre cours doit pouvoir commencer tout en vous permettant d’observer ce qui se passe dans votre classe. Vos élèves doivent pouvoir se mobiliser, s’autoréguler. Ça vous demandera, dans les cours précédents, de développer la capacité des élèves à s’engager dans des activités d’apprentissage de façon autonome. Fiche d’activité collée sur le mur avec consignes, Google doc avec consignes via Screencastify, fiche de lecture avec réalité augmentée, Google sheets affichant les équipes de travail dès l’arrivée des élèves en classe (projeté), consignes dans Google Classroom… Laissez votre imagination vous guider! Mais une fois par semaine, vous accueillez vos élèves dans votre classe (vous pouvez leur parler et les accueillir!), mais ils doivent s’activer eux-mêmes à l’aide des appuis et de la démarche pédagogique que vous aurez créée. Votre tâche lorsque vos élèves seront installés? Les observer! Les guider! Les soutenir! Leur donner de la rétroaction! Ce format n’a pas à durer toute la période. Vous pouvez commencer avec un bloc de 20 minutes et en discuter avec les élèves. Ils peuvent s’autoévaluer sur leur propre capacité à cheminer dans un tel contexte. Voyez-vous la puissance d’une telle approche, une fois par semaine (20%, mais ça peut être plus;) pendant 6 semaines? Votre classe deviendra très performante et vos élèves vous surprendront. Vous allez VOIR votre classe autrement. De là, d’innombrables possibilités jailliront pour vous et vos élèves.

Le produit

Vous allez produire et raffiner des démarches, des directives, des processus pendant ce défi de 6 semaines. C’est ça votre produit. Ce que je vous invite à faire, c’est de partager avec la communauté #défi20prof ce que vous apprenez, ce qui fonctionne pour vous. Rien de compliqué. Je vous invite également à publier 1 billet de blogue à mi-chemin dans le défi (disons entre le 22 et le 26 septembre) en utilisant toujours le #défi20prof. Le billet de blogue vous aidera à mettre des mots précis sur votre démarche réflexive et vous permettra de mettre de l’ordre dans vos idées. De plus, toute la communauté #défi20prof sera enrichie de votre expérience.

La présentation

Oui, vous avez bien lu. Il y a une présentation à faire pour clore le défi! Le défi prend fin le 13 octobre. Si on se disait que le 17 octobre, toutes les enseignantes et tous les enseignants qui ont relevé le défi publient sur #défi20prof une vidéo (témoignage bien simple, pas de montage) de 3 minutes et moins afin de partager ce qu’ils ont appris, quels défis ils ont dû relever, ce qu’ils feraient autrement et, surtout, l’impact sur les élèves (engagement, fonctionnement, processus, autonomie) et ce qu’ils ont apprécié. Le cerveau collectif, chers collègues. On a les outils pour le faire.

Je suis convaincu que ce défi vous permettra de faire prendre de l’expansion à l’impact que vous avez sur vos élèves. C’est également un défi qui met bien la table pour faire vivre un projet 20% à vos élèves, de la mi-octobre à la mi-décembre. Vous auriez le vécu pour bien réussir avec vos élèves… Que de possibilités!

Alors voilà chers collègues, le défi est lancé. J’ai choisi le Projet pour vous. Je sais, je sais. Il ne vous reste que le Produit et la Présentation. Je vous invite à manifester votre intérêt et à commencer à vous appuyer les uns les autres sur le #défi20prof.

Pour ma part, je vais vous lire et contribuer du mieux que je peux.

Ça sent la rentrée! Ça sent le #défi20prof !

Bon succès et amusez-vous!

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Quand l’inukshuk tombe sur la tête

Mise en garde. La lecture de ce billet exige de la réflexion. Êtes-vous prêts? Ok Go!

L’objectif de ce billet est de partager une première ébauche d’un processus qui, à mon humble avis, peut nous aider collectivement à sérieusement repenser l’école. Quand l’inukshuk tombe sur la tête… Je m’explique plus loin.

Mise en contexte

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «… notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves (…) il ne nous manque que nos lunettes.» Mais comment trouver nos nouvelles lunettes?

Des idées du réseau

Voici quelques idées partagées par les gens dans mon réseau. Merci!!!

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Jessica Charland Allocca a partagé cette vidéo qui illustre l’importance de tenir compte de la progression de l’élève dans l’acquisition d’une nouvelle compétence.

Jacques Taillefer affirme que «Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil à certains systèmes d’éducation en Europe pour les adapter à notre réalité et passer à l’action OPV. Le bien-être de trop d’enfants et la santé même de notre société sont en jeu. Non ce n’est pas trop dramatique, si on juge l’épidémie de santé mentale chez les jeunes, les résultats au post-secondaire et la transition vers le gagne-pain. (…) Et un plan de formation basé sur des compétences spécifiques à acquérir de façon progressive. Et que ces compétences seront valorisées et feront même partie de l’observation professionnelle formelle. R=E+M…»

Pour sa part, Vincent Carrara affirme que «C’est un bonheur que d’imaginer une paire de lunettes à travers lesquelles l’enseignant et l’élève pourraient cheminer vers une meilleure compréhension de ce monde en évolution constante. L’acte d’évaluer serait tellement plus puissant s’il était initié spontanément et mesuré dans un contexte visant la quête de l’épanouissement personnel, en exigeant une rigueur personnelle de soi, sans avoir la contrainte de livrer la bonne réponse.» 

Ces commentaires des gens dans mon réseau me font penser à cette image qui propose une nouvelle vision de ce que pourrait être le succès, dans l’école repensée.adobe-spark-10

Je vous propose donc une démarche à la Google Maps. Il faut d’abord prendre conscience de notre position actuelle, savoir où on veut aller, et se donner un moyen pour y arriver. 

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Notre position actuelle

Dans le contexte actuel, le point de départ, c’est le programme. Dans la démarche d’enseignement/apprentissage actuelle, en Ontario, Faire croître le succès, la politique en matière d’évaluation du rendement de l’élève, nous propose un excellent modèle d’enseignement. L’inukshuk, qui s’appuie sur la recherche. Ce modèle nous aide à placer l’élève au centre de son apprentissage, et ce, peu importe le niveau ou la matière qu’on enseigne. Je l’explique dans ce billet qui date de 2012 et qui est encore actuel. Je reprends aujourd’hui le visuel de l’inukshuk, à droite. J’ai inversé 5 et 6, je sais 🙂

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Les pierres de l’inukshuk étant numérotées, on peut facilement penser que la démarche d’enseignement/apprentissage sera linéaire. Il n’y a rien de mal là-dedans. Or il y a plusieurs façons d’appliquer cette démarche.

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1. À partir du programme, on cible les résultats d’apprentissage visés.

2. On co-construit les critères d’évaluation avec les élèves.

3. On assigne des tâches/travaux qui amènent les élèves à générer des preuves d’apprentissage (leurs productions, nos observations, nos conversations avec eux).

4. On leur donne de la rétroaction en s’appuyant sur les critères.

5 et 6. On invite les élèves à être évaluateurs. Ils s’auto-évaluent ou évaluent leurs pairs en s’appuyant sur les critères.

7. On invite les élèves à se fixer des objectifs d’apprentissage personnels, à être actualisés dans la prochaine étape (prochain travail).

Tout ça, AVANT que ça compte au bulletin. Ce qui fait que QUAND les élèves apprennent est plus important que SI ils apprennent, faute de temps, comme l’illustre l’image suivante.

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La destination souhaitée

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes?» Pour évaluer les élèves et enseigner des compétences. Avant de trouver nos nouvelles lunettes, il importe de savoir où on veut aller. Qu’est-ce qu’on veut voir dans l’école repensée? Plusieurs idées circulent à ce sujet. Personnaliser l’école, être flexible, respecter la progression de chaque élève, développer des compétences comme l’autonomie et la créativité, contribuer au monde, publier le fruit de nos apprentissages à des auditoires réels, évaluer autrement, etc. Ce que ça donne, en bout de ligne, c’est qu’on souhaite que le projet 20% devienne le projet 100%. En principe. L’école personnalisée à 100% aurait pour point de départ les objectifs d’apprentissage personnels de l’élève. Ses passions, ses intérêts. Les problèmes réels auxquels il veut contribuer. Les diverses façons concrètes par lesquelles il veut contribuer au monde réel. Cette image illustre, en partie, ce à quoi pourrait ressembler le modèle de l’école complètement personnalisée. Et c’est ici que l’inukshuk tombe sur la tête. Que les objectifs d’apprentissage personnels des élèves font partie du point de départ.

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C’est donc dire que les élèves se présenteraient à l’école pour faire cheminer leurs projets. Le rôle de l’enseignant serait alors de les aider à planifier les étapes de leurs projets en tenant compte du programme et des critères de réussite, de leur fournir du soutien, des conseils, de la rétroaction, de leur fournir des occasions de réflexion, de les réseauter avec les bonnes personnes…  Ça ressemble drôlement à de l’entraide ça! À la fin, les élèves atteignent leurs objectifs. En fait, tout au long de leur cheminement, ils se rapprochent de leurs objectifs. C’est le processus qui les y amène. Ce n’est pas ponctuel. L’assiduité est donc importante. Pas à l’école? Le projet n’avance pas. Un cours raté, ça ne se reprend pas, dans l’école repensée. C’est comme manquer un entraînement au gym. Et pour l’enseignant, il reste les bulletins. Je n’arrive pas à m’imaginer que les bulletins vont disparaître. Et c’est là que nous avons besoin de nos nouvelles lunettes. Des lunettes pour voir. Les crochets représentent ce que les enseignants ont besoin d’être capables de voir (quand les élèves relèvent des défis en robotique, par exemple), de documenter en cours de route pour répondre aux exigences du système. Où est le programme? Quelles compétences sont développées? Quels critères de réussite et de performance ont été atteints? Oui chers collègues, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Mais nos nouvelles lunettes, nous ne les avons pas. Pas encore. Not yet! Parce que nous ne les avons pas encore cherchées. Jusqu’à maintenant!

Et si on se donnait un processus pour trouver nos lunettes!

J’ai participé au Sommet de l’iPad et du numérique à Montréal la semaine dernière. Dans son atelier, Normand Brodeur recommandait que l’enseignant adopte une posture de chercheur, pour apprendre à naviguer les informations en ligne. Pour apprendre à distinguer le vrai du faux. Et si nos écoles adoptaient une telle posture? Pas pour distinguer le vrai du faux, mais pour trouver nos nouvelles lunettes. Que se passerait-il si une école se donnait comme mandat dès la rentrée de demander à tous leurs élèves de faire un projet. Individuel ou en équipe. Un projet axé sur leurs talents, leurs intérêts, leurs passions. Un projet qui contribue au vrai monde. Détail important : le projet ne serait pas évalué au bulletin. (Silence) Non. Cette année, les élèves, nous prenons un peu de temps (5, 10, 15, 20%) pour des projets qui nous passionnent. Et on va s’entraider. Mais on le fait sérieusement. Appelez ça une stratégie pour le bien-être de nos élèves, un projet de citoyenneté numérique, un projet 20%. Peu importe. L’idée, c’est qu’une école se donne un processus et une intention. Tout le long du projet, on documente ce qu’on observe, ce qu’on apprend, nos questions, nos idées, nos barrières. À la fin, on réfléchit à ce qui vient de se vivre. On découvre nos lunettes. Ensemble. On essaie de trouver où était le programme dans tout ces projets-là. Quelles compétences ont été développées? On essaie de déterminer combien les élèves ont progressé. Combien de choses ils ont apprises. Dans le programme ou non. Et ensuite on réfléchit à ce que ça prendrait pour qu’on puisse le faire entrer dans les paramètres du système, pour qu’on puisse avoir cette approche plus souvent. Pour passer au projet 50% etc. Vous me suivez? Un projet de recherche collectif, pour trouver comment enseigner, personnaliser et évaluer dans l’école repensée. Voici une première ébauche d’un visuel pour nous appuyer.

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Parce qu’il faut sortir des sentiers battus pour repenser l’école!

Pour repenser l’école, il va falloir sortir des sentiers battus. Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue… On peut atteindre la cible, si on la voit et qu’elle ne bouge pas. Mais si la cible, c’est le processus. Le processus, c’est être en mouvement, en développement de compétences. Le seul critère ici, c’est d’arriver à notre fin et de croître. C’est donc une démarche qui est davantage axée sur l’expérimentation, la réflexion et la croissance collectives que sur l’atteinte de cibles pré-déterminées. How far can we grow? Quand nous aurons suffisamment de vécu dans cette autre façon de faire l’école, probablement que le retour à la démarche de l’inukshuk telle qu’on la connaît sera possible, un élève à la fois.

«Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue…»

L’analogie LEGO

Quand on choisit une boîte de legos, on choisit l’image sur le dessus. Ça nous stimule et ensuite on assemble les pièces en suivant la démarche proposée. On choisit l’image qui nous intéresse. Dans notre quête de faire l’école autrement, voit-on tous la même image sur la boîte de legos? Nous avons toutes les pièces présentement. Les pièces n’ont pas de sens tant qu’on n’a pas vu l’image sur la boîte. C’est ça qu’on doit trouver ensemble. Quels sont les éléments communs et différents sur la boîte de l’école repensée?

Pour pouvoir aider les élèves…

En conclusion, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Les objectifs d’apprentissage personnels de nos élèves, leurs passions et intérêts, deviennent le point de départ. C’est intéressant. Les élèves se présentent à l’école avec leur programme. Ils deviennent les entrepreneurs de leur vie. Notre rôle? Les aider. Dans le modèle traditionnel, notre rôle est de les accompagner dans une démarche que nous connaissons, que nous avons déjà vécue en tant qu’élève et que nous vivons depuis X nombre d’années en tant qu’enseignants. Nous pouvons donc très bien les aider. Pour pouvoir les aider dans un modèle personnalisé où les élèves deviennent les entrepreneurs de leur vie, il faut être passés par là, nous aussi! Pour aider un apprenant à vie, pour aider un entrepreneur, il faut l’être soi-même. Personne n’aime recevoir de l’appui de quelqu’un qui est mal placé pour l’appuyer.

Nous avons un bon bout de chemin de fait, chers collègues. Il ne nous manque que nos lunettes. Dans le cadre du Sommet de l’iPad, un conférencier (j’oublie qui) a affiché une diapo qui disait quelque chose comme «Learning is the job of the future.»

Il serait donc intéressant :

  1. D’adopter une posture de chercheur, seul ou en équipe-école.
  2. De devenir, intentionnellement, des apprenants à vie, les entrepreneurs de notre vie.

Bon succès et merci de vos commentaires!