Et si nous adoptions des processus autonomisants

Je regardais cette vidéo pour une énième fois cette semaine et j’ai été frappé à nouveau par la simplicité du processus partagé par Mick Ebeling.

Son processus est bien simple : lorsqu’il désire avoir un impact positif,

  1. Il s’engage.
  2. Il tente de figurer quoi faire pour y arriver.

C’est quand même assez simple. Ce qui est intéressant dans son processus en 2 étapes, c’est l’ordre des étapes. Mick n’a pas dit qu’il trouvait comment avoir un impact positif et qu’ensuite il s’engageait. Il s’engage d’abord, sachant qu’il sera capable de trouver le comment en temps opportun. C’est important ça. Il fait confiance à son intuition. Vous vous reconnaissez dans ce processus? C’est un processus qui me semble très autonomisant.

L’engagement nourrit l’intuition.

Lorsqu’on s’engage affectivement, comme mari, comme père, comme enseignant, comme collègue, on trouve éventuellement une façon d’avoir un impact positif dans la vie des gens dont nous sommes responsables puisque nous avons une autonomie complète, en ce sens que nous pouvons choisir quoi faire et comment faire. Nous vivons aussi avec les conséquences de nos actions.

Deux ingrédients clés se dégagent ici :

  1. Responsabilité
  2. Autonomie

Pour arriver à nos fins, nous devons accepter la responsabilité de notre engagement et nous devons agir au meilleur de notre capacité. Quand l’intention d’une relation est claire et qu’on s’engage, notre intuition devient comme un manuel d’instructions. C’est comme si l’engagement nourrissait l’intuition.

Et en éducation?

Dans mon vécu en éducation, la majorité des gens sont engagés. Je peux compter sur les doigts d’une main les gens désengagés que j’ai rencontrés.  En éducation, le processus pour obtenir un impact positif est souvent le même lorsqu’il est vécu individuellement. On s’engage et on s’organise pour y arriver. Or je me rends compte que le processus pour obtenir un impact positif auprès de nos élèves n’est pas toujours le même lorsqu’il est vécu collectivement. En fait, c’est l’ordre du processus qui change. Souvent, pas toujours, mais souvent, les gens impliqués essaient d’abord de trouver comment faire avant de s’engager à actualiser une nouvelle approche. Parfois, le processus ressemble davantage à ceci lorsqu’il est vécu collectivement :

  1. On trouve quoi faire et comment faire en s’appuyant sur des pratiques exemplaires, des données probantes, la recherche…
  2. Si la première étape est satisfaisante pour les acteurs concernés, là, on s’engage.

Un des défis ici, et c’est tout à fait normal, c’est la perception de la perte d’autonomie. En effet, tous les gens impliqués peuvent être engagés, mais pas nécessairement en accord avec les actions à prendre. Pour toutes sortes de bonnes raisons. Que faire alors? Et si nous tentions de développer notre intuition de coach?

L’intuition du coach

La raison d’être des établissements scolaires, c’est la réussite de tous les élèves. C’est sûr que RÉUSSITE ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, mais tous s’entendent que nous sommes là pour la réussite des élèves. La cible est établie et commune. Lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant les actions qui favorisent la réussite des élèves, on voudrait choisir les meilleures pratiques, les pratiques recommandées par la recherche et les déployer à grande échelle. C’est logique. Or enseigner est une profession complexe et humaine. Ça dépasse la simple technique pédagogique. En effet, même si on applique une stratégie pédagogique soutenue par la recherche, on peut quand même échouer. On valorise souvent le jugement professionnel de l’enseignant. Mais c’est souvent lié au moment où il doit porter un jugement concernant la note ou la réussite d’un élève. Le jugement professionnel du juge. J’entends rarement parler de l’importance de l’intuition de l’enseignant. L’intuition du coach. Pour développer les élèves et les amener à atteindre leur plein potentiel, l’enseignant doit, comme un coach, essayer de générer des émotions positives chez ses élèves, entretenir de bonnes relations avec eux, planifier une démarche d’enseignement/apprentissage se situant dans la zone proximale de développement de ses élèves, relever des preuves d’apprentissage ou de progrès, s’ajuster, offrir des prochaines étapes aux élèves… Dans le feu de l’action, l’enseignant, comme un coach, doit se servir de son intuition pour prendre les meilleures décisions pédagogiques pour ses élèves. Mais comment développe-t-on son intuition de coach?

Praticiens-chercheurs demandés

Pour amener chaque élève à atteindre son plein potentiel, il importe de s’appuyer sur des données probantes, la recherche, des innovations, les données d’élèves… Bien sûr. Mais je crois qu’il faut aussi expérimenter et adopter une mentalité de praticien-chercheur. C’est une façon bien simple de parler d’intentionnalité et d’impact conscient. Par exemple, l’enseignant peut s’appuyer sur une théorie d’action (si… alors…), qu’il validera en classe avec ses élèves (dans le cas de l’enseignant). C’est une façon de vérifier constamment si les actions ont les impacts attendus (sur les élèves). Au fil du temps, c’est une façon de cultiver son intuition pédagogique, ce qui améliore les décisions pédagogiques prises dans le feu de l’action. Ceci s’applique à tous les acteurs. Comment vos processus actuels vos permettent-ils de devenir des praticiens-chercheurs?

Pour soutenir notre engagement collectif…

Je mentionne plus haut que l’engagement nourrit l’intuition et que les ingrédients clés sont la responsabilité et l’autonomie. En éducation, notre engagement collectif envers la réussite des élèves fait en sorte qu’un 3e ingrédient est requis : le soutien. Le soutien est la clé pour développer l’efficacité collective et pour l’amélioration continue de notre intuition pédagogique puisque nous devons adopter des méthodes qui nous arrivent souvent de l’externe (recherche ou autre). Ces méthodes ne nous paraissent pas toujours logiques ou intuitives.

À mon humble avis, les 3 ingrédients requis pour susciter l’engagement et pour maximiser le développement de tout leader pédagogique sont :

1. Responsabilité : signifie que je suis capable d’agir et d’avoir un impact. J’ai un pouvoir d’action et je suis responsable de mes actions.

2. Autonomie : signifie que je cultive mon intuition en choisissant comment j’essaie d’atteindre la cible au meilleur de mes capacités et en m’appuyant sur la recherche. J’ai une liberté d’action. Mon unicité est mise en valeur.

3. Soutien : signifie que je compte sur la présence d’un superviseur ou d’un collègue qui viendra, en temps opportun, vérifier comment je progresse relativement aux engagements que nous avons pris ensemble. Ce soutien me permet de prendre conscience de mes progrès et des pratiques grâce auxquelles j’ai progressé.

Certains préfèrent possiblement Imputabilité plutôt que Soutien. À mon avis, les gens ont davantage besoin de soutien, de quelqu’un qui vienne vérifier si tout va bien, si on progresse plutôt que de simplement venir vérifier si ce qui a été demandé a été fait ou a produit les effets recherchés. Tout est dans l’approche.

Imaginez passer 30 ans de carrière dans un climat où nous croyons que tous les élèves peuvent apprendre, qu’ils peuvent apprendre grâce à ce que nous faisons (responsabilité et autonomie) et qu’on nous soutient dans le processus (soutien).

Je peux difficilement m’imaginer un meilleur contexte pour me développer en tant que leader pédagogique, en tant que coach, en tant qu’enseignant.

La recherche, c’est important. L’intuition de tous les acteurs aussi.

Et si nous adoptions des processus autonomisants dans nos écoles?

Vous êtes partants?

5 questions de réflexion en cette fin d’année

Plus que quelques semaines à l’année scolaire 2017-2018! C’est un excellent moment pour prendre du recul et apprécier tout ce que nous avons accompli avec nos élèves. C’est aussi le moment de réfléchir à sa pratique. Pour comprendre comment et pourquoi nous avons un impact sur nos élèves. Ça vaut la peine de faire l’exercice. En fin d’année, on a parfois l’impression que les élèves viennent à l’école pour nous regarder travailler. On a tellement de choses à faire…Vous me suivez? Mais il est encore temps d’engager nos élèves dans des conversations et des tâches signifiantes. S’il y a un moment dans l’année où on veut être intentionnel, c’est maintenant. Voici 5 questions à se poser en cette fin d’année! J’ai eu l’occasion de faire l’exercice avec le personnel d’une école la semaine dernière. Je vous invite à l’essayer en utilisant ce visuel.

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Mes qualités

1- Quelle est une de mes plus grandes qualités? Je sais. Pas facile. Ce n’est pas prétentieux d’admettre que nous avons des qualités. Vos qualités vous permettent d’avoir l’impact que vous avez sur vos élèves, sur vos collègues. C’est ce qui fait de vous qui vous êtes. Si on demandait à vos élèves ou à vos collègues, que diraient-ils? Vos élèves se souviendront surtout des dernières semaines passées avec vous, et des émotions qu’ils ressentaient en votre présence.

Mon style

2- Quelles sont mes 3 stratégies préférées (ou celles que j’utilise le plus souvent, intentionnellement ou non) pour engager les élèves? Au fil du temps, on développe un style comme pédagogue. Il y a des stratégies qu’on utilise comme par défaut. Parce que ça colle à qui nous sommes. Pensez à vos 10 derniers cours. Pensez à votre façon d’accueillir les élèves, de débuter le cours, d’engager les élèves dans des conversations ou des tâches. Pensez à votre façon de terminer les cours. Je parle ici de votre style lorsque vous n’êtes plus en mode «innovation». Chassez le naturel, il revient au galop. Tout le monde a un style. Avez-vous identifié le vôtre? C’est important de le faire. C’est probablement votre style, ou les stratégies que vous utilisez le plus souvent, qui vous donne votre impact (en haut à droite dans le visuel). L’état des lieux avec vos groupes. Si ça va bien, vous y êtes assurément pour quelque chose. Et quand on comprend comment et pourquoi on a de l’impact, on peut le reproduire. Vous me suivez? La question ici : est-ce que vos stratégies habituelles peuvent vous aider à améliorer votre défi (en bas à droite dans le visuel)?

Mon impact

3- Quelles sont les 3 habiletés d’apprentissage, habitudes de travail ou compétences dans lesquelles mes élèves ont fait le plus de progrès jusqu’à maintenant? Le progrès. N’est-ce pas la grande visée de ce «virage» dont nous entendons parler depuis près de 10 ans. Le progrès dans le développement de nos élèves et de leurs compétences, de leurs «soft skills». Fiabilité, initiative, organisation, collaboration, autorégulation, autonomie, attitude, persévérance, mentalité de croissance… Ces compétences/habiletés/attitudes ne se développent pas par hasard. Quand nos élèves y font des progrès, c’est que nous leur proposons de multiples occasions de les développer, et ce, dans des contextes variés. C’est le fruit des stratégies que nous utilisons le plus souvent. Notre style. Notre élan pédagogique. Le progrès se mesure par rapport au point de départ de nos élèves. Ce n’est pas tant la quantité de pratiques innovantes qui compte mais la qualité des progrès que nous amenons nos élèves à faire. Une grande partie des progrès vient des routines, des processus, des structures que nous mettons en place pour assurer le bon fonctionnement et l’apprentissage dans notre salle de classe. Voici le top 10 des compétences à avoir en 2020, selon le World Economic Forum.

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Mon défi

4- Quelle est LA chose que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe? En fin d’année, il est souvent nécessaire de fournir la même énergie qu’en début d’année pour maintenir nos routines, nos processus en salle de classe. Le bon fonctionnement en groupe est souvent la partie que les élèves semblent oublier en fin d’année. C’est un phénomène connu. On se dit : «Voyons! Qu’est-ce qu’ils ont? Ils le savent pourtant…» Ce qui complique les choses, c’est que c’est le moment de l’année où on tente souvent de finir de couvrir le contenu, de bien terminer la revue, les projets… Quand les élèves voient que Monsieur ou Madame accorde plus d’importance au contenu qu’aux routines, ils se mettent à nous regarder travailler et la structure que nous avions si bien établie, s’écroule. La fin de l’année est un beau moment pour amener des éléments de surprise dans notre façon de créer une structure et un climat propices à l’apprentissage. Il s’agit d’y penser et de ne pas oublier que les élèves doivent travailler aussi fort que nous, jusqu’à la fin de l’année. Mise en garde : de s’appuyer uniquement sur le code de vie et les conséquences crée assurément l’effet contraire. La fin de l’année demande de l’énergie. Il s’agit de choisir où on veut l’investir. Prévention ou réaction? Bien-être! 😉 La question ici : quelle stratégie me permettrait de régler ou d’améliorer ce que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe?

Mon focus

5- Je mets l’accent sur quel aspect de ma pratique dernièrement? Je suis en train d’améliorer quoi? Cette dernière question peut paraître banale. Je ne parle pas de ce que vous enseignez dernièrement. Je parle des stratégies pédagogiques. De votre style. De votre intentionnalité. Je vous invite à faire le lien avec la question 4. En fin d’année, la liste de choses à faire est longue. Avec certains groupes, il peut être tentant de simplement viser la fin de l’année. De se rendre en bout. En début d’année, quand on voit telle cote de cours, on s’imagine tel ou tel fonctionnement. En cours de route, il faut parfois faire le deuil et accepter nos groupes pour ce qu’ils sont. Les prendre là où ils sont et les amener, eux, à progresser. Et si vous décidiez de générer des émotions positives chez vos élèves d’ici la fin de l’année? C’est le meilleur moment d’essayer de nouvelles stratégies pour engager vos élèves. Pour piquer leur curiosité. Pour célébrer avec eux leurs apprentissages. Pour les déstabiliser. Pour susciter leur engagement jusqu’à la fin et que ce soit positif et agréable pour tous. La question ici : est-ce que mon focus vise à régler ce qui ne va pas dans ma classe?

À tout moment de l’année, ces 5 questions peuvent guider nos réflexions pédagogiques et nous aider à mieux comprendre comment et pourquoi nous avons un impact ou non avec certains groupes. Il importe de reconnaître que nous avons notre style, nos stratégies mais que plusieurs stratégies peuvent être bonnes. Tout dépend du groupe d’élèves devant nous. Plus nous comprenons comment et pourquoi on a de l’impact, plus on peut le reproduire intentionnellement. À ce moment, ça devient intéressant 😉

Et vous, quelles questions ajouteriez-vous à cette courte liste?

Vendredi, c’est le mois de juin!

Bonne fin d’année 🙂

 

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂

Un projet 20% pour les enseignants! #Défi20Prof

Ce matin, c’est ma fête. Je me fais un cadeau. J’écris mon premier billet depuis le 10 juin dernier. Assez les vacances! En fait, j’écris ce matin pour lancer un défi à tout le système d’éducation. Un défi de 6 semaines, soit du 5 septembre au 13 octobre. Un projet 20% pour les enseignants! (Silence, Hmmm) «Un projet 20%…….. pour les enseignants?» Oui. Suivez-moi 🙂

En mai dernier, je vous partageais un billet qui propose une démarche pour repenser l’école. Une démarche qui permet de créer une certaine flexibilité afin de personnaliser l’éducation et de permettre aux élèves d’apprendre et de se développer. Le défi que je m’apprête à vous lancer sert à préparer le terrain à une telle démarche, en plus de vous appuyer dans la création de votre relation avec vos élèves, des routines et processus de la rentrée, qui déterminent souvent jusqu’où on pourra aller avec nos élèves pendant un semestre ou une année scolaire. Les 6 premières semaines. Elles sont importantes. On n’en parle pas beaucoup. On en parle là là.

Si vous relevez ce défi, vous allez voir un côté de vos élèves que vous n’avez possiblement pas vu avant. Et vous allez voir un côté de vous-mêmes que vous n’avez possiblement pas vu avant non plus.

Le projet 20% tel qu’on le connaît

Vous avez sans doute déjà entendu parler du projet 20%. C’est habituellement un projet qui permet aux élèves de faire un projet qui les passionne. On leur accorde 20% du temps de classe par semaine pendant 4 à 12 semaines pour réaliser leur projet. Le projet a habituellement 3 composantes (Projet, Produit, Présentation) et se fait souvent en 4 étapes :

Avant

  1. Le choix du projet en fonction des intérêts, talents, passions
  2. Présentation (pitch, ce qu’on va faire) du choix du projet, le pourquoi, les buts, la description, le produit, les échéances…

Pendant

3. Réflexions sur le processus via billets de blogue ou vlog. On partage les itérations, les prototypes, le questionnement… On documente le processus. C’est ce qui sera (devrait être) évalué. Si le projet est évalué.

Après

4. Présentation orale de type TED Talk

C’est une excellente façon de goûter à ce que l’éducation personnalisée nous réserve. C’est une occasion de voir comment nos élèves se comportent lorsqu’ils sont derrière le volant de leur apprentissage. Et pour nous, c’est une occasion d’apprendre ce qui est sensé être notre nouveau rôle en éducation. Celui d’accompagner, de guider, de coacher, de motiver, d’encourager et, aussi, celui d’enseigner. Comme avant. Dans l’école repensée, les enseignants enseignent encore, parlent encore. Mais pas tout le temps. Il y a des avantages à ne pas être celui ou celle qui parle…

Les 7 niveaux de conscience du présentateur

Il y aurait 7 niveaux de conscience lorsqu’on est placé devant un groupe et qu’on doit livrer un message à l’oral. Ça ressemble au contexte d’une salle de classe, ça. Dans l’école repensée, on parle de développer des élèves, des personnes, de développer leurs compétences, de les appuyer etc. Regardez bien les 7 niveaux du présentateur et essayez de déterminer si vous avez déjà vécu et ressenti ces niveaux.

Niveau 1: La frousse – Peur d’être devant le groupe.

  • Défi : Centré sur soi, mode survie

Niveau 2 : Les mots (7% de ce qu’on dit) – Qu’est-ce que je vais dire? Savoir quoi dire. Penser. Être dans sa tête

  • Défi : Dans sa tête, on ne peut pas lire le groupe ou ce qui se passe

Niveau 3 : La voix (38% de ce qu’on dit) – Livraison fluide du message. Les pauses et les silences efficaces.

  • C’est un début

Niveau 4 : Le corps, le non-verbal (55% de ce qu’on dit) – Congruence entre les mots, la voix et le langage corporel

  • Efficacité, crédibilité

Niveau 5 : Divertissement – On divertit l’auditoire de temps à autre, on génère des émotions positives afin qu’ils retiennent les points importants lorsqu’on les livre.

  • On vous écouterait parler longtemps. C’est donc bon!

Niveau 6 : Influence – On réussit à influencer ce que les autres pensent et ils adhèrent à nos idées, nos messages. (p. ex., ils peuvent et vont réussir dans notre classe)

  • Capacité de créer de nouvelles pensées, de nouvelles possibilités dans la tête de l’auditoire

Niveau 7 : Maîtrise (Se passe après  la présentation) – On apprend de la rétroaction et de l’expérience. On s’ajuste et on s’adapte pour la prochaine fois.

  • Perfectionnement. Amélioration continue

Arrêter de parler… Pour VOIR

Ces 7 niveaux peuvent vous aider quand vous parlez. Et vous aurez compris que pour atteindre les niveaux 3 et plus, il faut déjà savoir tout ce qu’on va dire et comment. Dans le quotidien de l’école, nous avons rarement le luxe de prévoir d’avance tout ce qu’on va dire. On sait ce qu’on va faire, mais on figure sur le tas ce qu’on dit. Ce qui fait qu’un enseignant, une enseignante en salle de classe se retrouve souvent au niveau 2. Ça ne veut pas dire que les autres niveaux ne sont pas là. Ce que je veux dire, c’est que si on est dans notre tête et que l’espace de notre lobe frontal est occupé à formuler la prochaine phrase, comment peut-on lire le groupe? Comment peut-on être conscient des progrès que font nos élèves en matière d’habitudes de travail, de respect des routines, d’habiletés d’apprentissage? La conscience. Pour développer nos élèves, pour les développer, il faut d’abord les voir. Pour les voir, il faut se donner une façon de pouvoir arrêter de parler et que l’apprentissage et le développement des personnes se fasse. Vous me suivez?

Le défi 20% pour les profs!

883 mots plus tard, je vous lance finalement le défi. Le voici. Du 5 septembre au 13 octobre, je vous propose le défi suivant.

Le projet

20% du temps (1 fois par semaine), votre cours doit pouvoir commencer sans que vous n’ayez à parler. Dit autrement, votre cours doit pouvoir commencer tout en vous permettant d’observer ce qui se passe dans votre classe. Vos élèves doivent pouvoir se mobiliser, s’autoréguler. Ça vous demandera, dans les cours précédents, de développer la capacité des élèves à s’engager dans des activités d’apprentissage de façon autonome. Fiche d’activité collée sur le mur avec consignes, Google doc avec consignes via Screencastify, fiche de lecture avec réalité augmentée, Google sheets affichant les équipes de travail dès l’arrivée des élèves en classe (projeté), consignes dans Google Classroom… Laissez votre imagination vous guider! Mais une fois par semaine, vous accueillez vos élèves dans votre classe (vous pouvez leur parler et les accueillir!), mais ils doivent s’activer eux-mêmes à l’aide des appuis et de la démarche pédagogique que vous aurez créée. Votre tâche lorsque vos élèves seront installés? Les observer! Les guider! Les soutenir! Leur donner de la rétroaction! Ce format n’a pas à durer toute la période. Vous pouvez commencer avec un bloc de 20 minutes et en discuter avec les élèves. Ils peuvent s’autoévaluer sur leur propre capacité à cheminer dans un tel contexte. Voyez-vous la puissance d’une telle approche, une fois par semaine (20%, mais ça peut être plus;) pendant 6 semaines? Votre classe deviendra très performante et vos élèves vous surprendront. Vous allez VOIR votre classe autrement. De là, d’innombrables possibilités jailliront pour vous et vos élèves.

Le produit

Vous allez produire et raffiner des démarches, des directives, des processus pendant ce défi de 6 semaines. C’est ça votre produit. Ce que je vous invite à faire, c’est de partager avec la communauté #défi20prof ce que vous apprenez, ce qui fonctionne pour vous. Rien de compliqué. Je vous invite également à publier 1 billet de blogue à mi-chemin dans le défi (disons entre le 22 et le 26 septembre) en utilisant toujours le #défi20prof. Le billet de blogue vous aidera à mettre des mots précis sur votre démarche réflexive et vous permettra de mettre de l’ordre dans vos idées. De plus, toute la communauté #défi20prof sera enrichie de votre expérience.

La présentation

Oui, vous avez bien lu. Il y a une présentation à faire pour clore le défi! Le défi prend fin le 13 octobre. Si on se disait que le 17 octobre, toutes les enseignantes et tous les enseignants qui ont relevé le défi publient sur #défi20prof une vidéo (témoignage bien simple, pas de montage) de 3 minutes et moins afin de partager ce qu’ils ont appris, quels défis ils ont dû relever, ce qu’ils feraient autrement et, surtout, l’impact sur les élèves (engagement, fonctionnement, processus, autonomie) et ce qu’ils ont apprécié. Le cerveau collectif, chers collègues. On a les outils pour le faire.

Je suis convaincu que ce défi vous permettra de faire prendre de l’expansion à l’impact que vous avez sur vos élèves. C’est également un défi qui met bien la table pour faire vivre un projet 20% à vos élèves, de la mi-octobre à la mi-décembre. Vous auriez le vécu pour bien réussir avec vos élèves… Que de possibilités!

Alors voilà chers collègues, le défi est lancé. J’ai choisi le Projet pour vous. Je sais, je sais. Il ne vous reste que le Produit et la Présentation. Je vous invite à manifester votre intérêt et à commencer à vous appuyer les uns les autres sur le #défi20prof.

Pour ma part, je vais vous lire et contribuer du mieux que je peux.

Ça sent la rentrée! Ça sent le #défi20prof !

Bon succès et amusez-vous!

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Personne ne peut vous remplacer

 

Nous ne sommes pas éternels. «We all know the epiphany is coming.» C’est la phrase qui m’inspire à écrire ce matin. En regardant cette vidéo ce matin, je me suis mis à réfléchir.  Est-ce que je mets l’accent sur les bonnes choses dans ma vie? Regardez de 17:39 à 19:45. Ensuite on fait des liens à l’éducation. C’est 2 minutes et 6 secondes! Allez-y 🙂

«Big picture»

C’est un billet «big picture», oui je sais. En éducation, c’est le mois de juin. Le mois du dernier droit dans les écoles. On entend déjà «Une autre année de faite! Wow! Incroyable comme ça passe vite!» Comme dans la vraie vie. Tout passe vite. Surtout si on ne s’arrête pas pour réfléchir. Or dans le tourbillon de la fin de l’année, on peut se poser la question : Qu’est-ce que ça aura donné, cette année? Qu’est-ce que j’aurai accompli avec mes élèves? Concrètement.

Du temps pour faire une différence… pour les personnes

Une chose est certaine, notre temps est limité avec nos élèves. On les voit une année à la fois. On peut enseigner pendant 30 ans et au même niveau pendant plusieurs années. Mais souvent, on a une seule année, un seul semestre, pour faire une différence pour les élèves. Pas pour leurs résultats, pour les personnes qu’ils sont. Ceux-là, ceux qui sont là, maintenant. C’est trompeur de regarder une carrière en éducation et de penser qu’on a le temps. Le temps de…? Si dans notre vie on gaspille parfois du temps, en éducation, je crois qu’on laisse passer des occasions de changer des vies. Même la nôtre. On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent! Dans You Are Not A Number, George Couros nous rappelle que nous sommes en éducation pour les élèves. Pas pour les données qu’ils génèrent. Pensez-y. C’était mon message dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Or saisissons-nous les occasions qu’ils nous offrent, nos élèves, nos collègues? Quand on donne, on reçoit. Quand on change la vie d’un élève, d’un collègue, on est changé nous aussi. Et ça, ça se fait en montant. «Everything worthwhile is uphill.», comme dirait John Maxwell. Et ce n’est pas compliqué, changer une vie. Il faut simplement être à l’écoute. Je peux l’affirmer, parce que certains collègues ont changé le cours de ma carrière, à différents moments. Merci 🙂

«On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent!» @bourmu

Personne ne peut vous remplacer

Quand j’ai commencé à enseigner, on me disait que tout le monde était remplaçable. Ça me faisait tellement de quoi. Je voulais m’investir, faire une différence. Avec mon expérience, je peux vous dire avec confiance que c’est faux. Au fil du temps, j’ai appris que personne ne peut vous remplacer. Personne. Personne ne peut remplacer qui vous êtes. Vos forces, votre style, vos anecdotes, vos attentions, vos idées, vos faiblesses, votre empathie. Personne ne peut vous remplacer, vous. Oui, quelqu’un d’autre peut être dans la classe. Mais ce sera autre chose. Autre chose de merveilleux. Mais autre chose. Si vous passez 30 ans en éducation, vous êtes là pour une raison. Vous avez quelque chose d’unique à apporter. Et les élèves et les collègues qui seront placés sur votre chemin ont quelque chose à vous apporter aussi. Vous, où est/sera votre focus?

Notre temps est limité

À un moment donné, peut-être en juin, on soulignera votre passage en éducation. En quelques phrases, lors d’un rassemblement quelconque, on résumera, peut-être, vos accomplissements. Et ce sera fini. Next? Personnellement, je n’ai pas hâte à ce moment. J’aime essayer d’aider mes collègues, essayer d’améliorer ce qui se passe dans nos belles écoles. Je m’imagine les pensées qui m’habiteront à la veille de ma retraite. Est-ce que j’aurai été le prof, la direction, le collègue qui aura mis l’accent sur les bonnes choses? Serai-je encore en croissance ou aurai-je arrêté d’apprendre? Serai-je résigné, parce que les jeunes ne sont plus comme avant? Que de questions.

Bilan

Ce sont des choses auxquelles je pense en juin, au moment de faire le bilan de ma 17e année en éducation. Pour tous les individus qui ont été placés sur mon chemin dans le passé, et que j’aurais aimé mieux servir, et pour tous ceux qui le seront à l’avenir, auxquels je souhaite sincèrement ajouter de la valeur, c’est pour ça que j’apprends, que j’écris, que je lis, que je me réseaute, que je me questionne. Parce que mon temps est limité et je veux donner ce que je suis sensé donner.

«Success, is when i add value to myself. Significance, is when i add value to others.» John Maxwell

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite un bon dernier droit avec vos élèves. Je vous souhaite aussi de bien réfléchir à votre carrière. Où en êtes-vous? Qu’avez-vous à offrir?

Si votre carrière devait se terminer en juin 2018, que feriez-vous en 2017-2018?

Go! Vous avez l’été pour vous préparer.

Nous ne sommes pas éternels, mais notre impact peut être incommensurable.

Personne ne peut vous remplacer.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

«C’est dans Classroom!»

Google Classroom est un outil convivial et polyvalent qui permet plusieurs usages techno-réfléchis. Si bien que dans le virage au numérique, plusieurs enseignants choisissent Google Classroom comme solution infonuagique. On peut presque dire que Google Classroom est devenu un incontournable pour plusieurs enseignants, et même pour certaines directions d’école. Il est donc de plus en plus fréquent d’entendre l’expression «C’est dans Classroom!». Certains l’affirment même avec une certaine fierté. Après tout, nous (le grand monde de l’éducation) avons tellement fait de progrès au niveau de l’utilisation des technologies depuis quelques années. Je me souviens encore du stress qu’a occasionné pour plusieurs le passage de Word à Google Docs. Sérieusement. Je peux donc très bien comprendre la fierté et le sentiment de satisfaction que peuvent ressentir les gens qui utilisent maintenant Google Classroom. C’est le signe que l’étape du piton est passée pour plusieurs et que nous avons développé une certaine compétence avec la technologie et la suite GAFE (Google Apps For Education).

Or dans notre quête de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, dans notre souci de garder la barre haute, comme le dit mon collègue @jprofnb, je me demande ce qu’on entend par «C’est dans Classroom». À une certaine époque, le tableau vert venait révolutionner l’enseignement. Nous savons aujourd’hui que c’est ce qu’un enseignant fait avec le tableau vert qui est transformationnel pour les élèves. L’effet enseignant. C’est la même chose avec Google Classroom. Il va sans dire que l’infonuagique ajoute une couche de complexité dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. Quand un enseignant dit : «C’est dans Classroom», c’est un engagement important qu’il prend avec ses élèves et avec la communauté. Surtout si on élimine des outils traditionnels comme l’agenda imprimé, qui servait à écrire les devoirs mais aussi à communiquer avec les parents. On donne accès ou on ne donne pas accès. Il n’y a pas de demi-mesure. Il faut donc être proactif et constant.

«Quand un enseignant dit : «C’est dans Classroom», c’est un engagement important qu’il prend avec ses élèves et avec la communauté. Surtout si on élimine des outils traditionnels comme l’agenda imprimé, qui servait à écrire les devoirs mais aussi à communiquer avec les parents.» @bourmu

Oui, nous (le système) avons fait de grands pas dans le virage au numérique. C’est vraiment fantastique quand on y pense. Or en discutant avec des enseignants et des directions, dont plusieurs sont aussi des parents, je fais certains constats qui peuvent éclairer nos prochaines étapes. Voici donc deux aspects à considérer pour maximiser l’effet enseignant dans nos efforts d’intégrer l’infonuagique (Google Classroom dans ce billet) dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. Vous remarquerez que certaines choses n’ont rien à voir avec l’outil.

1. Accompagner les élèves dans l’infonuagique

L’accès à l’information et aux personnes. N’est-ce pas l’avantage ultime d’internet et des outils infonuagiques? Avec Google Classroom, on donne accès aux dates d’échéance, aux travaux, aux notes de cours, aux rétroactions, aux sondages, aux directives, aux conversations… Vous l’aurez deviné. Vous le cherchez? C’est dans Classroom! Et c’est fantastique.

  • Comment ça marche? Les enseignants qui ont du succès avec Classroom font un enseignement explicite de l’outil à leurs élèves. On pense souvent que les jeunes «sont technos». C’est vrai. Mais pas tous et pas avec tous les outils. L’étape des clics est importante. Il faut s’assurer que les élèves savent comment utiliser Classroom et tout ce qui l’entoure.
  • À quoi ça sert? Il faut aussi discuter avec les élèves de l’utilisation que l’on compte faire de cet outil. Après tout, les élèves se rendent à l’école parce qu’il y a un grand avantage de se retrouver tous ensemble physiquement au même endroit. L’infonuagique nous permet, entre autres, de conserver des informations qui nous seront utiles et accessibles après les heures de classe. C’est ce qui nous permet d’ailleurs de parler d’apprenants à vie, d’apprentissage continu. Voici trois questions intéressantes à aborder avec vos élèves :
    1. Qu’est-ce qui doit être écrit au tableau ou affiché sur les murs en classe?
    1. Qu’est-ce qui doit être dans Classroom?
    1. Qu’est-ce qui doit se retrouver aux deux endroits (p. ex., les échéances)?
  • Qui est responsable? Ce n’est pas parce qu’on met quelque chose dans Classroom que tous les élèves vont aller le voir. Soyons honnêtes. Google Classroom ne fait pas de la magie, mais presque. Même avec les notifications et les courriels automatiques, les enseignants qui ont du succès avec Google Classroom ne remplacent pas leurs conversations avec les élèves par des courriels et des notifications. Non. Ils communiquent activement avec leurs élèves et ils explicitent la démarche d’enseignement et d’apprentissage, qui comprend ce qui se fait physiquement en classe (papier, tableau, murs, conversations), ce qui se trouve déjà dans Classroom et ce qui devra se retrouver dans Classroom à la fin d’un cours. Et ça comprend la mise à jour quotidienne de l’agenda du cours.
  • Qui se rappelle du modèle SAMR? Plusieurs commencent par ajouter des notes de cours ou des copies de leur manuel en pdf dans Classroom. C’est super. C’est un début et je ne critique pas cette pratique, loin de là. C’est ce qui permet de maîtriser le piton, le «comment ça marche» de Google Classroom. C’est un début. On amène la démarche traditionnelle en ligne. Lire la page 27 (pdf) et répondre aux questions 1 à 6. À remettre jeudi dans Classroom. On corrige vendredi en personne. Au début, on apprend à utiliser l’outil. Mais pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut engager les élèves différemment avec le contenu. Je développe cette idée dans ce billet.

 2. Développer les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail des élèves dans le contexte du numérique

En début d’année, il n’est pas rare de voir le personnel remettre les fournitures scolaires à leurs élèves. Crayons, règle, reliures à anneaux de différentes couleurs, intercalaires, etc. Dans plusieurs écoles, on harmonise la couleur de la reliure pour les différentes matières. Français : jaune, Mathématiques : bleu, Géographie : vert… On précise même le nombre et le nom des intercalaires pour chacun des cours. On organise nos élèves! C’est plus facile pour eux et pour nous. Fait-on la même chose dans Classroom? Dans l’environnement Google des élèves? En Ontario, tel que stipulé dans la politique Faire croître le succès (voir p. 15), nous avons le mandat de développer les (HH) habiletés d’apprentissage et habitudes de travail des élèves. Les voici :

  • Utilisation du français oral
  • Sens de l’organisation
  • Sens de l’initiative
  • Esprit de collaboration
  • Autonomie
  • Fiabilité
  • Autorégulation

Je dis bien «développer». C’est une chose d’évaluer (juge) les HH. C’en est une autre de les enseigner (guide) et de les développer chez nos élèves. J’aborde la notion de guide et de juge dans ce billet. Les HH se retrouvent sur la 1re page du bulletin scolaire de l’Ontario. À l’élémentaire, les HH sont évaluées au bulletin de progrès (novembre), à la 1re étape (février) et à la 2e étape (juin). Au secondaire, on les évalue à la mi-semestre et à la fin du semestre. À chaque bulletin, les élèves obtiennent E (excellent), T (très bien), S (satisfaisant) ou N (amélioration nécessaire) pour chacune des HH. C’est important, les HH. Souvent, c’est ce qui explique le rendement scolaire de nos élèves.

Capture d’écran 2016-03-30 à 13.36.35Alors comment peut-on développer les HH de nos élèves dans le numérique? C’est la question de l’heure dans le terrain présentement. Ce qui fait en sorte que plusieurs enseignants ont commencé à enseigner explicitement à leurs élèves comment gérer leur Drive (dossiers, documents), leur agenda (souvent plusieurs agendas différents), leurs courriels etc. Combien d’élèves dans nos classes ont des centaines de courriels non-lus? Combien ne savent pas comment bien communiquer par courriel?

Quand on affirme : «C’est dans Classroom», ça signifie que nous nous engageons à accompagner les élèves dans le développement de leurs HH dans le numérique également. La vraie vie nous demande désormais de savoir bien gérer notre emploi du numérique à tous les instants. Vraiment. Pensez-y. Notre quotidien est rempli de ce va-et-vient entre le physique et le numérique (Je n’utilise pas Réel et Virtuel parce que le virtuel est réel dans bien des cas selon moi.). L’autorégulation dans le numérique, c’est de permettre aux élèves de demeurer maître de l’outil. Et on ne parle pas encore du rôle de leur appareil mobile dans tout ça. Ce sera pour un autre billet!

«Quand on affirme : «C’est dans Classroom», ça signifie que nous nous engageons à accompagner les élèves dans le développement de leurs HH dans le numérique également.» @bourmu

Surestimons-nous nos élèves?

Enfin, faire le choix de dire «C’est dans Classroom», c’est faire le choix de gérer le numérique au quotidien. Pour les élèves et pour la communauté. Nous ne pouvons pas prendre pour acquis que les élèves savent quoi faire et comment faire. Nous devons plus que jamais être explicites avec eux et les accompagner. Quand on intègre la technologie en salle de classe, on l’intègre aussi dans notre pratique. Ça fait boule de neige et c’est alors le début de la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève. Ne prenons rien pour acquis. Mon expérience me dit qu’on surestime les compétences technologiques des élèves et on sous-estime les nôtres. Ça explique peut-être pourquoi certains hésitent à être aussi explicites avec la technologie qu’il ne l’étaient avec les reliures à anneaux et les intercalaires, par exemple. Les élèves ont besoin de nous!

«C’est dans Classroom!», ok.

Et l’effet enseignant, «C’est dans l’prof!».

Merci de vos commentaires