Payer le prix! Mais lequel?

Dans la vague de la rentrée scolaire, j’ai eu la chance de rencontrer plusieurs collègues d’un peu partout pour les aider à se propulser dans l’année scolaire 2019-2020. Comment on part ça une année scolaire? En fait, tout le monde sait ce qu’il veut faire et ce qu’il a à faire. Mais comment on fait pour passer à un autre niveau? Dans mon dernier billet, je parlais de l’engagement de l’élève. C’est souvent ça le dilemme en début d’année (toute l’année en fait) : comment on fait pour mobiliser les personnes qui nous sont confiées sans partir en peur avec le programme (ou le projet éducatif) en laissant tout le monde derrière nous (désengagement)? C’est quand même très complexe. Permettez-moi de vous raconter une histoire…

Lorsqu’on est en mode survie, on n’a pas le goût de se rapprocher de nos élèves. @bourmu

L’histoire d’une collègue

À l’époque où j’étais enseignant de français au secondaire, j’ai eu la chance d’accueillir une nouvelle collègue à l’école et de l’accompagner. On pourrait dire que j’agissais un peu comme un mentor. Lors d’une de nos rencontres de planification, elle me racontait un peu ce qui se passait dans sa classe et elle m’expliquait les stratégies qu’elle souhaitait mettre en place pour améliorer ce qui se passait dans sa classe. Si ma mémoire est bonne, c’était fin septembre début octobre. En l’écoutant, j’ai remarqué qu’elle avait les émotions à fleur de peau et que derrière les stratégies qu’elle me présentait, il y avait ce grand besoin de contrôle. Je me suis reconnu. Comme moi à un moment dans ma carrière, elle essayait de tout anticiper, minute par minute. «S’il se passe ça, je vais faire ça. Pour que ceci ne se passe pas, je vais faire xyz.» J’ai perçu une certaine anxiété et qu’elle travaillait très fort mais que l’engagement de ses élèves n’était pas au rendez-vous. Je dirais même que certains de ses élèves commençaient à activement résister à son approche. La relation qu’elle entretenait avec ses élèves était axée sur le contrôle (le sien) et l’obéissance des élèves (confirmation qu’elle était en contrôle). Si j’avais eu à identifier une question qui guidait ses réflexions, j’aurais choisi la suivante : «Comment puis-je m’assurer que tous les élèves font ce qu’ils ont à faire, comme je le dis, quand je le dis?» Je l’ai regardée droit dans les yeux, et avec toute l’empathie non verbale possible, je lui ai demandé : «Tu travailles très fort à essayer de tout prévoir (j’ai été poli). Comment aimerais-tu te rapprocher de tes élèves et les amener à avoir le goût de travailler aussi fort que toi, avec toi?» Elle m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre en prenant le temps de choisir sa réponse. «Ce n’est pas possible avec ce groupe-là. J’ai tout essayé.» Ok. Lorsqu’on est en mode survie, on n’a pas le goût de se rapprocher de nos élèves… Ça exige trop de vulnérabilité de notre part. Je l’ai vécu. Et pourtant…

Les parents nous envoient leur meilleurs enfants. Ils ne gardent pas les meilleurs à la maison. @bourmu

S’établir comme leader

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Au début de l’année, on s’établit comme leader dans sa salle de classe. Tout est dans notre façon d’interpréter ce qui se passe autour de soi. Un(e) leader, ça voit plus loin que la fin d’un cours, d’une journée ou d’une semaine. Vision. Objectifs à long terme. Un(e) leader sait qu’on assied son leadership sur les relations. Tout part de là. Je suis tombé sur ce visuel dans la Story de @gcouros hier soir. Ça m’a rappelé l’histoire de ma collègue 🙂 On parle souvent de l’importance de la rétroaction pour favoriser l’apprentissage. On parle moins du lien explicite entre la rétroaction pour établir une relation ou une connexion de qualité avec les élèves qui nous sont confiés. Je ne me souviens plus où j’ai entendu le message de Nicholas A. Ferroni, mais il m’a marqué. Je suis d’avis que l’école peut réussir à créer les conditions pour que l’apprentissage de haut niveau se produise, malgré ce qui se passe à la maison.  Les élèves qui se sentent aimés viennent à l’école pour apprendre. Les autres viennent pour être aimés. Les élèves qui dérangent sont les élèves qui ont le plus besoin de nous. Quoi qu’il en soit, les parents nous envoient leurs meilleurs enfants. Ils ne gardent pas les meilleurs à la maison 🙂 En début d’année, les gens qui réussissent à s’établir comme leader dans leur salle de classe fournissent beaucoup de rétroactions à leur élèves. Mais une grande partie des conversations n’ont rien à voir avec l’apprentissage du programme.

Les élèves qui se sentent aimés 

3 aspects à considérer

Dans les salles de classe où un leadership pédagogique solide s’installe, les conversations portent quotidiennement sur les aspects suivants :

  1. La voix de l’élève : Amener les élèves à partager leurs passions; amener les élèves à partager leurs intérêts; parler de leurs attentes au sujet du fonctionnement, des routines et des processus; développer un langage commun en lien avec les stratégies pédagogiques qui seront utilisées fréquemment afin qu’ils prennent conscience des stratégies qui répondent le mieux à leurs besoins (ils pourront les choisir en octobre et en novembre); etc.
  2. La puissance du dépassement de soi : Amener les élèves à imaginer une meilleure version d’eux-mêmes; amener les élèves à rêver (On ne peut pas rêver lorsqu’on est en mode survie); se donner une intention qui va au-delà des exigences du cours, on veut contribuer; amener les élèves à croire en eux; amener les élèves à s’inspirer des possibilités qu’offre une nouvelle année, un peu comme une page blanche; faire appel à leur curiosité naturelle et au plaisir d’apprendre; parler de la mentalité de croissance; se fixer des objectifs personnels; etc.
  3. L’importance des routines, des processus et du nous très fort : Orchestrer des succès rapides pour tous les élèves en mettant l’accent sur les routines et sur les processus de groupe qui soutiennent les progrès et les résultats (avec moi, vous allez réussir); mettre l’accent sur les habiletés d’apprentissage et sur les habitudes de travail plutôt que sur l’intelligence; mettre l’accent sur la richesse de la diversité du vécu et des talents dans le groupe; vivre la mentalité de croissance; valoriser l’effort; autoévaluation de groupe en lien avec les routines, l’effort, les processus et le fonctionnement de la classe; se fixer des objectifs de groupe; «Je crois en vous.» (parce que je crois en ma capacité de vous amener à progresser); etc.

Ces conversations sous-entendent un certain désir de se rapprocher des élèves. Elle sous-entendent une ouverture à une certaine vulnérabilité.

Lorsqu’on ouvre la conversation avec les élèves, on s’ouvre aux élèves. @bourmu

La vulnérabilité : le prix à payer

«Croyez-vous que tous les élèves peuvent réussir?» Lorsque je pose la question, habituellement, tout le monde dit que oui. Cette croyance se traduit par «Je crois en toi, mon élève.» Qui n’a pas affirmé cela à ses élèves? Or je remarque que ce message vient souvent avec une condition implicite : l’obéissance. La phrase sous-entendue est davantage : «Je crois en toi, mon élève. Tant que tu m’obéis!» Ou quelque chose du genre.  Dans mon vécu, ce qui influence la capacité d’un(e) leader à s’établir dans sa salle de classe passe sans contredit par la vulnérabilité. Selon Brené Brown, la vulnérabilité, c’est tout simplement le fait d’accepter que nous ne contrôlerons pas le résultat. Lorsqu’on ouvre la conversation avec les élèves, on s’ouvre aux élèves. Qui peut savoir comment ça va se passer? Et que faire s’ils perçoivent cela comme un signe de faiblesse ou comme une ouverture pour fournir moins d’effort ou encore pour se mettre à négocier? C’est l’art d’enseigner. Dans mon vécu, ce qui nous protège de ces situations (opter pour le contrôle plutôt que la vulnérabilité) nous empêche aussi d’accéder au prochain niveau. Ce niveau où les relations avec les élèves sont respectueuses et positives. Ce niveau où les élèves s’engagent avec leur leader. Ce niveau où les élèves parlent en bien de nous, même si on donne des devoirs. Ça se peut! Ce niveau où ils demandent de la rétroaction descriptive, l’accueillent et la réinvestissent. Non seulement au sujet de la qualité de leur travail, mais aussi au sujet de la qualité de leurs habitudes de travail. La vulnérabilité.

À quel prix?

Quoi qu’il en soit, tout le monde paie le prix. Ça dépend de la vision et des aspirations qu’on se donne. En général, ceux qui n’osent pas payer le prix de la vulnérabilité, paient l’autre prix : la gestion quotidienne du contrôle, du désengagement de l’élève ou de cette simple indifférence qui peut planer quand ça «ne clique pas». Se placer soi-même dans un environnement où les élèves n’achètent pas ce qu’on vend, ça use. Même si ce n’est pas le but, on a besoin de se sentir aimés de nos élèves, nous aussi.

La vulnérabilité, c’est le prix à payer pour passer à un niveau supérieur de leadership mais aussi à un niveau supérieur de qualité de vie. Ça demande du courage et une mentalité de croissance. Parfois, les jeunes ont besoin de nous tester un peu pour voir qu’on est sérieux. C’est normal. Les adultes les déçoivent parfois.

Pensez à vos meilleures relations, pensez à vos moments joyeux dans le passé et vous constaterez que ces relations, ces moments joyeux se sont probablement produits parce que vous avez osé être vulnérable à un moment donné. Avec un élève ou avec un groupe d’élèves. Vous avez ouvert la conversation. C’est ça, le leadership. On s’ouvre à l’autre et on attend la réponse.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi s’en priver?

Des activités pour tous les goûts!

J’ai toujours été fasciné par la multitude d’activités organisées pour les élèves dans nos écoles. Il y en a pour tous les goûts. Mais malgré tous nos efforts, il y a toujours des élèves qui choisissent de s’en priver. Je me suis toujours demandé pourquoi. Pourquoi lors d’activités spéciales ou de sorties éducatives, certains élèves ne se présentent pas? (Ils oublient parfois de faire signer leur feuille aussi…) Ils préfèrent ne pas s’investir ou s’en priver. Ils préfèrent le confort du statut quo, de l’inaction. Ou peut-être n’ont-ils pas de lien significatif avec un adulte ou des élèves dans l’école… En tout cas, ce sont souvent les élèves qui ne sont pas accrochés par l’école qui choisissent de ne pas participer. C’est quand même curieux, d’autant plus que c’est pour accrocher tous nos élèves qu’on organise ces activités. Quand les élèves reviennent de l’activité, ceux qui n’ont pas participé se rendent compte qu’ils ont raté une autre occasion de se faire des amis, de se développer, de vivre une expérience mémorable. Vivre des expériences. C’est pour ça qu’ils viennent à l’école. Pour vivre. Pour grandir. Pour se développer. C’est leur job (jusqu’à 18 ans en Ontario). Pourquoi s’en priver?

Des activités créées pour par nous!

À l’école, ces occasions, ces expériences sont créées pour nous. Quand on devient adulte, on doit les saisir ou les créer nous-mêmes. Le choix de ne pas saisir ou créer une occasion (p. ex., postuler, aller à une formation, se créer un réseau, partir en affaires, avoir des enfants, se marier) c’est la même chose. Quand on choisit de ne pas passer à l’action, ça crée un écart entre ce que nous pourrions devenir et ce que nous choisissons de demeurer. Les raisons qui nous poussent à ne pas agir peuvent être nombreuses. Selon mon expérience, il y en a 3 principales :

  1. Peur d’échouer
  2. Peur de réussir
  3. Peur de ce que les autres vont dire

C’est personnel. Et ça a des conséquences. John Maxwell affirme : « There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. » Pour atteindre nos objectifs personnels, pour se réaliser en tant qu’adulte, il faut agir. La planification à rebours, ça s’applique à notre vie.

There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront. John C. Maxwell

Leadership personnel, maturité, responsabilité

Au fil du temps, je me rends compte que le leadership, ce n’est pas juste de la théorie pour mon travail. À un moment donné, on atteint un certain niveau de maturité en tant qu’adulte. L’immaturité, c’est le contraire. C’est quand on blâme les autres et des facteurs externes pour nos résultats. On a une liste de choses qui expliquent pourquoi on n’est donc pas où on voudrait être. Hmmmm. L’immaturité. La maturité ne vient pas avec l’âge, malheureusement. La maturité, c’est quand on accepte la responsabilité des résultats qu’on obtient dans notre vie. Il reste une seule chose sur notre liste : soi. C’est une question de leadership personnel. Qui n’a pas déjà entendu l’expression «Il mène une bonne vie.»? Einstein disait : «Once you stop learning, you start dying.» Mener une bonne vie – vivre – c’est apprendre tous les jours. Vivre. Grandir. Se développer. C’est ça, vivre. Ce n’est pas une job. Chose certaine, la vie se passe à l’extérieur de notre zone de confort. Pourquoi s’en priver?

Une profession en mutation sortie éducative…

Vous me voyez venir? Vous l’avez sans doute remarqué mais notre profession est en mutation. C’est big. Or le contexte actuel, on peut le voir un peu comme une activité éducative qu’on organise avec les élèves. Certains choisissent de ne pas participer pour le moment. Ok. Sauf qu’on ne reviendra pas à la même école. On va ailleurs. Et ce ailleurs n’est pas aussi important que ce qu’on va tous devenir en cours de route. C’est ce qu’on devient qui compte. Et on a besoin de tout notre monde pour réussir. Pour devenir, il faut sortir de notre zone de confort. Empathie. Patience. Respect. Mais il faut embarquer. Il faut vivre des expériences, grandir, se développer. Pourquoi s’en priver?

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L’isolement est un choix.

Dans le contexte actuel, en 2017, l’isolement professionnel est désormais un choix qu’on fait. Un choix passif mais un choix. Et le réseau d’apprentissage personnel (RAP) est une occasion, une expérience dont les bienfaits sont incommensurables pour bon nombre de professionnels en éducation. C’est incroyable à quel point on peut grandir, à quel point on peut vivre des expériences d’apprentissage riches, à quel point on rencontre des collègues passionnés. Incroyable. Je vous invite à visiter ces mots-clics, «pour le fun» : #leadped #défi20prof #eduprof #tacedchat #feep #eduqc #pubpd

Je ne connais personne engagé dans un RAP qui n’en retire pas des bienfaits.

Pourquoi s’en priver?

Partager : un devoir moral?

La semaine dernière, je racontais à des collègues le moment où mon premier mentor avait pris sa retraite. Après 30 ans en salle de classe, cet homme, cet enseignant de français que j’admirais tant prenait sa retraite laissant derrière lui quelques reliures, quelques activités pédagogiques. Je disais à mes collègues : «Imaginez s’il avait blogué toute sa carrière. S’il avait rédigé des billets de blogue pour mettre par écrit son évolution en tant que pédagogue. À quel point notre profession serait-elle enrichie de ce bagage?» Et là, on ne parlait que d’une personne. Mais ce n’était pas possible avant. De nos jours oui. Imaginez si tous les enseignants rédigeaient 5 billets de blogue par année, pour garder des traces de leur évolution en tant que pédagogue, pour enrichir notre profession de leurs expériences! Imaginez. Il y a 5 ans, je disais que tous les enseignants devraient avoir un compte Twitter et se créer un RAP. Aujourd’hui, avec les bienfaits et le pouvoir de la production participative (crowdsourcing), je me demande si ce n’est pas devenu un devoir moral envers notre profession que de partager (informellement) nos réflexions, notre cheminement à nos collègues. Je réfléchis. Il y a de plus en plus de gens dans mon réseau qui ont commencé à bloguer. C’est tellement inspirant! Ça m’aide tellement. Je me dis : «Pourquoi s’en priver?».

Parce que tout le monde a quelque chose à contribuer

Enfin, de plus en plus de gens participent à la sortie éducative qu’est ce virage au numérique, ce virage vers l’école repensée. Pour y arriver, on a besoin de tout notre monde. Trop de nos collègues ne sont pas réseautés présentement. Il faut les inviter, dans le respect, à cette sortie éducative collective.

  1. Ce sera bon pour eux.
  2. Ce sera bon pour la profession.

En effet, chers collègues, nous avons besoin de tout notre monde pour réussir à repenser l’école. Tous nos collègues, technos ou non, ont des choses à nous apprendre, à contribuer. On ne peut pas s’en priver.

Sérieusement, cette sortie éducative, pourquoi s’en priver?

Même pas de feuille à faire signer et ça coûte gratuit 😉

Qui sait ce qu’on va devenir…

 

Personne ne peut vous remplacer

 

Nous ne sommes pas éternels. «We all know the epiphany is coming.» C’est la phrase qui m’inspire à écrire ce matin. En regardant cette vidéo ce matin, je me suis mis à réfléchir.  Est-ce que je mets l’accent sur les bonnes choses dans ma vie? Regardez de 17:39 à 19:45. Ensuite on fait des liens à l’éducation. C’est 2 minutes et 6 secondes! Allez-y 🙂

«Big picture»

C’est un billet «big picture», oui je sais. En éducation, c’est le mois de juin. Le mois du dernier droit dans les écoles. On entend déjà «Une autre année de faite! Wow! Incroyable comme ça passe vite!» Comme dans la vraie vie. Tout passe vite. Surtout si on ne s’arrête pas pour réfléchir. Or dans le tourbillon de la fin de l’année, on peut se poser la question : Qu’est-ce que ça aura donné, cette année? Qu’est-ce que j’aurai accompli avec mes élèves? Concrètement.

Du temps pour faire une différence… pour les personnes

Une chose est certaine, notre temps est limité avec nos élèves. On les voit une année à la fois. On peut enseigner pendant 30 ans et au même niveau pendant plusieurs années. Mais souvent, on a une seule année, un seul semestre, pour faire une différence pour les élèves. Pas pour leurs résultats, pour les personnes qu’ils sont. Ceux-là, ceux qui sont là, maintenant. C’est trompeur de regarder une carrière en éducation et de penser qu’on a le temps. Le temps de…? Si dans notre vie on gaspille parfois du temps, en éducation, je crois qu’on laisse passer des occasions de changer des vies. Même la nôtre. On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent! Dans You Are Not A Number, George Couros nous rappelle que nous sommes en éducation pour les élèves. Pas pour les données qu’ils génèrent. Pensez-y. C’était mon message dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins. Or saisissons-nous les occasions qu’ils nous offrent, nos élèves, nos collègues? Quand on donne, on reçoit. Quand on change la vie d’un élève, d’un collègue, on est changé nous aussi. Et ça, ça se fait en montant. «Everything worthwhile is uphill.», comme dirait John Maxwell. Et ce n’est pas compliqué, changer une vie. Il faut simplement être à l’écoute. Je peux l’affirmer, parce que certains collègues ont changé le cours de ma carrière, à différents moments. Merci 🙂

«On peut enseigner la même matière au même niveau pendant plusieurs années, mais les noms sur les listes de classe changent!» @bourmu

Personne ne peut vous remplacer

Quand j’ai commencé à enseigner, on me disait que tout le monde était remplaçable. Ça me faisait tellement de quoi. Je voulais m’investir, faire une différence. Avec mon expérience, je peux vous dire avec confiance que c’est faux. Au fil du temps, j’ai appris que personne ne peut vous remplacer. Personne. Personne ne peut remplacer qui vous êtes. Vos forces, votre style, vos anecdotes, vos attentions, vos idées, vos faiblesses, votre empathie. Personne ne peut vous remplacer, vous. Oui, quelqu’un d’autre peut être dans la classe. Mais ce sera autre chose. Autre chose de merveilleux. Mais autre chose. Si vous passez 30 ans en éducation, vous êtes là pour une raison. Vous avez quelque chose d’unique à apporter. Et les élèves et les collègues qui seront placés sur votre chemin ont quelque chose à vous apporter aussi. Vous, où est/sera votre focus?

Notre temps est limité

À un moment donné, peut-être en juin, on soulignera votre passage en éducation. En quelques phrases, lors d’un rassemblement quelconque, on résumera, peut-être, vos accomplissements. Et ce sera fini. Next? Personnellement, je n’ai pas hâte à ce moment. J’aime essayer d’aider mes collègues, essayer d’améliorer ce qui se passe dans nos belles écoles. Je m’imagine les pensées qui m’habiteront à la veille de ma retraite. Est-ce que j’aurai été le prof, la direction, le collègue qui aura mis l’accent sur les bonnes choses? Serai-je encore en croissance ou aurai-je arrêté d’apprendre? Serai-je résigné, parce que les jeunes ne sont plus comme avant? Que de questions.

Bilan

Ce sont des choses auxquelles je pense en juin, au moment de faire le bilan de ma 17e année en éducation. Pour tous les individus qui ont été placés sur mon chemin dans le passé, et que j’aurais aimé mieux servir, et pour tous ceux qui le seront à l’avenir, auxquels je souhaite sincèrement ajouter de la valeur, c’est pour ça que j’apprends, que j’écris, que je lis, que je me réseaute, que je me questionne. Parce que mon temps est limité et je veux donner ce que je suis sensé donner.

«Success, is when i add value to myself. Significance, is when i add value to others.» John Maxwell

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite un bon dernier droit avec vos élèves. Je vous souhaite aussi de bien réfléchir à votre carrière. Où en êtes-vous? Qu’avez-vous à offrir?

Si votre carrière devait se terminer en juin 2018, que feriez-vous en 2017-2018?

Go! Vous avez l’été pour vous préparer.

Nous ne sommes pas éternels, mais notre impact peut être incommensurable.

Personne ne peut vous remplacer.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Trois questions… une réponse?!

Les gens me demandent souvent comment un leader peut faire cheminer son personnel. Vous comprendrez que derrière «cheminer» se trouve l’idée de changement, d’amélioration continue voire d’innovation. Dans The Innovator’s Mindset, George Couros propose aux leaders de ne pas essayer d’amener en masse tout un personnel mais bien chaque individu, chaque membre du personnel, de son point A à son point B. On parle ici de la personnalisation de notre leadership et de notre appui. Pour ce faire, il faut connaître son monde et être en mesure de les influencer positivement, d’ajouter de la valeur à qui ils sont.

Le mindset du leader

Les leaders qui ont le plus d’impact adoptent une approche service et comprennent que leur rôle est d’ajouter de la valeur aux gens qui les entourent. C’est un mindset, une disposition à être au service de. Pourquoi? Parce que le leadership, c’est l’influence. Rien de plus, rien de moins. Et on ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi. C’est pourquoi les leaders doivent entrer intentionnellement en relation avec les gens qu’ils servent afin d’ajouter de la valeur à qui ces gens sont. Les leaders cherchent aussi à croître continuellement. Ils savent qu’on ne peut pas ajouter de la valeur aux autres si on n’a rien à offrir. Les leaders d’impact sont donc des apprenants à vie.

On ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi.

Le leader intentionnel

John C. Maxwell affirme que tous img_6132les leaders communiquent, mais peu entrent en relation avec les gens qu’ils servent. La raison est fort simple. Entrer en relation, c’est demandant. Aller à la rencontre des gens, les rejoindre là où ils sont, faire preuve d’empathie, ça demande de l’énergie, de l’effort. Il faut être intentionnel pour y arriver. Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs leaders, formels et informels. Je peux affirmer avec confiance que ceux qui ont pris le temps d’entrer en relation avec moi ont eu un impact positif sur ma carrière. Je les en remercie.

Un leader peut répondre «oui» à ces trois questions

Un bon point de départ pour tout leader est de voir s’il peut répondre «oui» aux trois questions suivantes, et ce, pour chaque personne dont il est le leader. Ce sont les questions que les gens se posent avant de donner à leur leader la permission d’être leur leader, la permission de passer au niveau 2 de leadership. J’explique les 5 niveaux de leadership dans ce billet.

1- Est-ce que je compte pour toi?

Les gens ont besoin de sentir qu’ils sont importants, au-delà du travail qu’ils accomplissent au quotidien. Le leader cherche à connaître son monde, à connaître leurs aspirations. Quand on aide les gens à obtenir ce qu’ils veulent, professionnellement, ils nous aident à obtenir ce qu’on veut par la suite.

2- Peux-tu m’aider?

Cette question invite le leader à aller au-delà du simple fait d’être au service de. Remarquez l’utilisation du verbe Pouvoir et non Vouloir dans la question. Ici, il est question de compétence. Est-ce que les gens respectent votre compétence? Vous voient-ils comme un modèle, comme leader pédagogique, comme guide? Ici, on ne veut certainement pas être vu comme un agent de voyage, qui envoie des gens là où il n’est jamais allé. Le leader d’aujourd’hui EST un apprenant à vie. Le leader reproduit qui il est, pas qui il souhaite reproduire. Les bottines doivent donc suivre les babines.

3- Est-ce que je peux te faire confiance?

Cette question invite le leader à la constance, fait appel à son caractère, à son système de valeurs. Les gens ont besoin d’être capables d’anticiper et de comprendre les actions et les réactions de leur leader. Le leader d’aujourd’hui cherche à éliminer l’écart qu’il peut parfois y avoir entre ses paroles et ses gestes. Le leadership s’assoit sur le pilier qu’est la confiance. Le leader qui n’a pas la confiance des gens n’est tout simplement pas le leader de ces gens. Il n’a que le titre. Et quand le leader n’a qu’un titre, il a le minimum d’effort des gens et, par ricochet, le minimum d’influence sur son école.

Faites l’exercice

Que vous soyez direction d’école, responsable de dossier, responsable de secteur, enseignant en salle de classe, je vous invite à faire l’exercice. Pour chaque personne dans votre école (direction), dans votre secteur (RDD), dans votre classe (Enseignant), essayez de déterminer si la réponse à ces trois questions est «oui». Pour influencer les gens, il faut «oui» aux trois questions. Les gens ne suivent pas un leader s’ils ne se sentent pas importants, si le leader manque de compétence ou s’ils ne peuvent pas avoir confiance en lui. Vous remarquerez sans doute que plus on monte, plus on a de personnes à servir! D’où l’importance du leadership partagé, du travail d’équipe!

Passez à l’action!

Suite à cet exercice, il suffit de cibler des actions concrètes et d’être un leader intentionnel au quotidien. Ces actions impliqueront certainement l’écoute, l’observation et l’apprentissage au sujet des gens dont vous êtes le leader. On surestime souvent ce qu’on peut faire en une seule journée et on sous-estime ce qu’on peut accomplir au fil du temps. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire beaucoup un jour. C’est la puissance du quotidien.

Enfin, à la lecture des idées qui précèdent, il est assez facile de comprendre que le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action!

Le leadership intentionnel, c’est ce qui permet de répondre «oui» aux trois questions.

C’est ce qui fait cheminer un personnel!

Merci de vos commentaires!

 

 

La grande distraction

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter un court atelier avec mon collègue @jpronb dans le cadre du Colloque des directions d’établissement scolaire francophone du Canada à Québec. La journée était animée par @thierryUdM. Il y avait environ 50 participants.

Après la conférence d’ouverture de Thierry Karsenti, un des participants a raconté au groupe l’impact qu’avait eu le iPad pour un des élèves de son école primaire. Un jeune garçon, appelons-le Simon, avait beaucoup de difficultés en mathématiques. Grâce au iPad et à quelques applications bien choisies, Simon est devenu le meilleur de sa classe en addition et en soustraction. Wow! Ce n’est pas rien. Quel impact, en effet!

Les limites de la technologie

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Selon le participant, qui est en fait le directeur de l’école, Simon n’avait pas de bonnes habiletés sociales. Il était différent quand il n’avait pas accès au iPad. De sorte que la direction remettait en question les bienfaits du iPad dans son école. Ça m’a fait réfléchir. La technologie a sans doute ses limites. La technologie ne peut pas tout faire. Et comme le dirait George Couros, si on place la technologie entre les mains d’un bon pédagogue, on peut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Mais que faire pour Simon?

Empathie

Si je me place dans la peau du jeune Simon, je peux très bien m’imaginer comment il a dû se sentir avant de devenir le meilleur de sa classe en mathématiques. Selon le directeur, Simon était un élève en retrait, avait de la difficulté à se faire des amis et n’avait pas beaucoup de succès à l’école. Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. Comme adulte, quand on trouve un outil technologique qui améliore notre rendement, notre efficacité, on ne veut pas s’en défaire! Pensez à votre cellulaire, par exemple. Pour Simon, un jeune garçon du primaire… Hmmmm. Le problème, ce n’est pas le iPad. Il faut voir dans le comportement de Simon, le réel besoin de l’enfant… et les limites d’un outil.

Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. @bourmu

Les usages de la technologie

Dans sa conférence d’ouverture, Thierry Karsenti mentionnait que la clé dans l’intégration de la technologie, c’est que nous devons tous être techno-réfléchis. Il faut comprendre comment un outil peut nous aider, ou aider les élèves. Il faut aussi reconnaître quand un outil n’aide pas ou n’a pas d’impact. Dans le cas de Simon, le iPad a fait son travail. En effet, il a permis à Simon de s’améliorer beaucoup en mathématiques. Il est même devenu très motivé, voire engagé. Si ses habiletés sociales se sont déterriorées, c’est qu’il a besoin de soutien d’un être humain pour développer cet aspect de sa personne. Il faut également savoir que Simon se sent très en confiance avec son iPad puisqu’il a vécu du succès grâce à l’outil. S’il vit du succès socialement grâce à l’appui d’une personne, il se sentira aussi en confiance avec cette personne. C’est logique. Il faut simplement y penser et faire preuve d’empathie. Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables.

Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables. @bourmu

Au-delà de l’histoire de Simon

L’histoire du petit Simon m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis demandé ce qui arriverait à Simon si on lui enlevait l’outil qui lui donnait un sentiment de confiance. Ça m’a ensuite amené à réfléchir aux élèves de nos écoles intermédiaires et secondaires. Ils ont pratiquement tous un cellulaire. Laissez-moi reformuler. Pratiquement tous les élèves à partir de la 4e-5e année ont un appareil mobile qui leur donne accès à Internet. À tout le savoir de l’humanité. À toutes les personnes branchées, bonnes et moins bonnes, de notre planète. Dans bien des cas, on leur demande d’éteindre, de fermer, de cacher, de déposer leur cellulaire pendant les cours. Parce que sinon, ils sont distraits. Ils n’écoutent pas. Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. Quand ils arrivent en classe, on leur demande de ne pas utiliser leur meilleur outil. Et on se demande pourquoi ils sont désengagés.

Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. @bourmu

Ah, moé, toé, là!adobe-spark-2

Dans un récent billet (Focusing on What Students Can Do), George Couros mentionnait que les élèves en ont assez de se faire parler de cyberintimidation. De se faire parler des choses qu’ils ne doivent pas faire avec la technologie. Il nous invite à mettre l’accent sur ce que les élèves sont capables de faire, sur ce qu’ils peuvent et/ou devraient faire. Nos élèves ont besoin de modèles et d’être accompagnés.

Ah, moé, toé, là! Quand vient le temps de parler de la place des cellulaires à l’école, je crois que ces mots vont bien aux élèves, qui en ont assez de se faire enlever leur outil. Et dans plusieurs cas ces mots vont aussi bien aux enseignants et aux directeurs, qui en ont assez de gérer cette distraction. Pourtant, cette distraction qu’est le téléphone intelligent amène les élèves, par leur désengagement, à nous fournir de précieux indices quotidiennement sur leur besoin d’être connectés, d’être engagés, d’être, et j’ose, «Empower-és». Or dans bien des cas, ces indices sont perçus comme du désengagement, un manque d’intérêt ou encore de la délinquance. Ah! la grande distraction. Et si on les utilisait intelligemment en salle de classe, ces outils? Je ne parle pas ici de seulement les permettre. Ce n’est pas suffisant. Il faut repenser notre pédagogie. Soyons techno-réfléchis! Comment peut-on mettre en valeur, démontrer le potentiel incroyable que nous offre l’accès à Internet? En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès.

En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès. @bourmu

Empowerment

Quoi qu’il en soit, toutes les écoles travaillent très fort pour la réussite scolaire de leurs élèves. On parle souvent de l’engagement des élèves. De l’engagement intellectuel. Et bien, je crois qu’il y a eu de l’inflation à cet effet. On veut que les élèves soient engagés, oui. Mais sans leurs outils. Engagés dans notre monde, notre pédagogie. Ça ne fonctionne pas. Avec les cellulaires, avec un accès à internet, avec de l’empathie, de l’accompagnement à la manière d’un entraîneur personnel, les enseignants ont tous le pouvoir de transformer l’expérience d’apprentissage de leurs élèves, de développer leur savoir-publier, leur savoir-devenir. Engagement intellectuel et Empowerment! Bonne nouvelle! Pratiquement tous les élèves ont un appareil mobile! Deuxième bonne nouvelle! Vous pouvez commencer dès maintenant!

La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. Anne Frank

Merci de vos commentaires

Quand personne ne voit…

Vous êtes-vous déjà retrouvé à un feu de circulation pendant la nuit? Seul sur la route. À attendre que la lumière soit verte. Quand personne ne voit. Moi oui. C’est tout un feeling. S’arrêter. Pour rien. Y’a personne! Seul, face à soi-même, face à sa conscience. Des pensées traversent notre esprit du genre « Je passe sur la rouge ou non? Ça changerait quoi? Et s’il y avait une police…». Je dois vous avouer que je suis du type à attendre que la lumière soit verte. Cependant, je ne suis pas certain si j’attends parce que c’est mon devoir de citoyen responsable ou parce que j’ai peur de me faire prendre et d’avoir une contravention. Je pense que c’est un mélange des deux.

Parce qu’il faut ou parce qu’on y croit?

Capture d’écran 2016-05-17 à 15.51.06Lorsqu’il est question de répondre aux besoins de nos élèves en difficulté, nous devons légalement (PEI) leur offrir les adaptations dont ils ont besoin afin de les aider à réussir, au même titre que les autres. C’est logique. Mais le fait-on parce qu’on doit le faire? Légalement. Ou le fait-on parce qu’on connaît nos élèves et qu’on essaie de les aider, dans la mesure de ce qui est possible et de nos compétences? Parce qu’on croit en notre noble profession? Tous nos élèves n’ont pas les mêmes besoins. Quand personne ne voit, quand nous sommes seuls face à soi-même, face à notre conscience humaine et professionnelle, notre approche est-elle la même?

On ne peut pas tout faire…

J’ai publié J’ai pas juste lui dans ma classe la semaine dernière, et ça a suscité des réflexions, des commentaires. Je disais que tous les élèves peuvent réussir. Même les élèves en difficulté (Ça fait drôle de le dire comme ça). Une enseignante m’a écrit pour me dire qu’il faut passer suffisamment de temps avec nos élèves pour être en mesure de les connaître et de répondre à leurs besoins. Et je suis totalement d’accord. Depuis une semaine, je réfléchis à tout ça. Je crois toujours en l’équilibre et qu’on peut y arriver, un élève à la fois, un jour à la fois. Je réfléchis…

Quand on y croit.

Avec tout ce qu’il y a à faire dans nos écoles, c’est facile d’oublier de personnaliser notre enseignement, d’oublier les adaptations d’untel. Et la perfection n’est pas de ce monde. Ce que j’essaie de dire, je pense, c’est qu’il faut simplement y croire. Croire d’abord en nos élèves. Croire en soi-même, en nos capacités. Croire que nos efforts en valent la peine. Croire que les adaptations, c’est pour les élèves qu’on les met en place. Parce que c’est ce dont ils ont besoin (J’exclus volontairement «droit» ici) pour réussir. C’est une approche, une disposition. Les élèves le sentent!

Être «parfait», autrement…

C’est aussi être «parfait», mais différemment! Dans l’extrait suivant tiré de Friday Night Lights, l’entraîneur donne à ses joueurs une définition de ce que ça veut dire pour lui, d’être «parfait».

Je pense que ça s’applique vraiment à  notre profession et au message positif que j’essaie de véhiculer par rapport à notre potentiel d’aider les élèves.

Et si le personnel de votre école adhérait au message de coach Gaines?

Tout donner entre collègues, et pour nos élèves.

Accueillir la nature vocationnelle de notre profession, y croire et faire front commun, juste pour voir.

Quand personne ne voit, quelle est votre approche?

Merci de vos commentaires !

 

 

«J’ai pas juste lui dans ma classe!»

Dans un récent billet, je partageais mon approche en tant qu’enseignant. Que je voyais chaque élève comme une merveille. Et c’est vrai. Ça ne veut pas dire que c’est toujours facile. Mais j’ai omis quelques précisions. Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir», ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel. Les élèves à besoins particuliers, ils sont là eux aussi. Et c’est probablement ceux qui ont le plus besoin de nous. Ces élèves, ce sont les meilleurs enfants de leurs parents. Leurs parents ne gardent les meilleurs à la maison! Et ils IMG_4527comptent sur nous. Dans tout ce qu’on a à faire dans une journée, il ne faut pas oublier ce qui nous a amenés dans la profession. Notre pourquoi. Pour moi, c’est de faire une différence. Pour certains, ce n’est pas facile d’aller vers les élèves à besoins particuliers parce qu’on se sent parfois dépassé, démuni. Ça, ce sont des émotions qui ne sont pas positives. On pourrait donc dire que d’aller vers les élèves à besoins particuliers, ça peut vouloir dire qu’on doit sortir de notre zone de confort. Essayer de comprendre qui est devant nous. C’est toujours plus facile d’approcher les élèves qui réussissent bien, les élèves qui ont les bonnes réponses. On a l’impression d’avancer, que ce qu’on fait, ça marche. C’est facile d’oublier, parce que ça nous amène à nous dépasser, à nous arrêter, mais les élèves à besoins particuliers, ils ont des forces, des rêves, des aspirations. Ils veulent que «Madame les aime eux aussi». On manque parfois d’empathie, dans le tourbillon du quotidien, si on est honnête. En tout cas, moi ça m’est arrivé et ça m’arrive encore. Je suis humain. Un humain qui cherche à faire une différence. Si vous êtes parent, c’est la même chose. Ça va donc bien quand notre enfant est «bon» à l’école. Mes expériences professionnelles m’amènent à penser qu’on reconnaît une école de qualité par sa façon d’appuyer, d’intégrer et de parler des élèves à besoins particuliers.  Comment parler des élèves… entre professionnels. Comment parler aux élèves… Notre pourquoi.

«Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir» ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel.» @bourmu

Animal School : une métaphore de nos écoles

Je vous encourage à regarder la vidéo Animal School. Cette vidéo m’a été partagée dans le cadre d’une conférence. Il faut regarder jusqu’à la fin. On y fait des liens explicites avec les différents profils de nos élèves. Ça fait réfléchir à nos pratiques.

 

Whoa les moteurs! Équilibre!

À l’impossible, nul n’est tenu. Après avoir visionné la vidéo, certains diront, «C’est ben beau tout ça, la réussite pour tous… J’ai pas juste untel dans ma classe! Il faut que j’enseigne!» Stop! S’arrêter. Nos élèves nous amènent à nous arrêter. C’est bon pour nous.

Il y a une différence entre «J’ai pas juste lui dans ma classe» et essayer de tout faire, pour tous les élèves, à tous les jours. Équilibre. On peut y arriver. Un élève à la fois, un jour à la fois. D’où l’importance de s’appuyer entre collègues, de miser sur des relations positives avec nos élèves. Les images ci-après parlent d’elles-mêmes et complètent le message de la vidéo.

 

Générer des émotions positives…

Je termine en vous disant que tous les élèves peuvent réussir. Mindset. Vous faites une différence. Un bon point d’entrée pour réfléchir autrement, c’est de repenser à comment on évalue nos élèves. Quelle est la fonction de nos rétroactions? Pensez-y. Quelle est la fonction des rétroactions que nous donnons aux élèves? Verbales, non verbales, écrites…

Et si on approchait nos élèves, tous nos élèves, ayant comme but premier de générer des émotions positives en eux? Des émotions positives au service de l’apprentissage.

Merci de vos commentaires