10 pistes clés pour l’entrepreneur

Depuis quelques années, l’entrepreneuriat prend de plus en plus de place en éducation et c’est tant mieux. Après tout, on prépare nos élèves pour la vraie vie et même si tous les élèves ne deviendront pas entrepreneurs (être en affaire) au sens pur du terme, ils deviendront tous, nous le souhaitons, les entrepreneurs de leur vie. Je vous partage 10 pistes qui, selon moi, sont clés pour tout entrepreneur. Je les présente ici dans le contexte de l’éducation, pour nous aider à entreprendre l’apprentissage, comme dirait Mélissa Laflamme. Ces pistes s’appliquent aux élèves, mais surtout à nous, les adultes, qui tentons de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Et si nous adoptions la posture de l’entrepreneur dans nos efforts de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves…

L’ENTREPRENEUR…

1. S’appuie sur ses forces. 

C’est très difficile d’innover. Le premier objectif d’un entrepreneur, c’est d’ajouter de la valeur à sa communauté ou aux personnes qu’il côtoie. Il faut se connaître soi-même et être honnête envers soi-même pour réussir à miser sur ses forces et grandir en s’appuyant sur ses forces. L’entrepreneur reconnaît d’abord sa valeur, en fait profiter aux personnes qu’il sert et continue toujours d’ajouter de la valeur à qui il est. C’est la seule façon de pouvoir continuer d’ajouter de la valeur aux autres. Se connaître – reconnaître – offrir – grandir – continuer d’offrir

2. N’a pas peur de travailler.

Les entrepreneurs qui réussissent comprennent que l’idée de travailler fort fait partie de l’équation de la réussite. Lorsqu’on entreprend quelque chose d’aussi ambitieux que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, on s’entend qu’on va travailler fort. Les statistiques varient mais disons que 99% des entreprises échouent au fil du temps. Même si tout le monde travaille très fort. L’effort ne suffit pas.

3. Accueille le risque qui vient avec l’idée de faire autrement.

Lorsqu’on innove, on sort des sentiers battus. On prend des risques. Des risques calculés, mais on prend des risques. Dans le grand monde de l’éducation d’aujourd’hui, le plus grand risque, à mon avis, c’est de ne pas changer, de ne pas essayer, de ne pas évoluer. Pour arriver à passer du bon à l’excellent, il faut risquer. C’est comme ça que la société évolue. Comme le dirait George Couros : « Change is an opportunity to do something amazing. » Mets-en, George.

4. Change le design, pas l’objectif.

Mais ça prend une cible claire n’est-ce pas? Un pourquoi fort. Pour prendre des risques, pour oser faire autrement, pour choisir consciemment de s’ouvrir à la critique… des parents, des collègues, des élèves… Quand on change de stratégie pour essayer d’atteindre les objectifs communs ambitieux que nous avons, on s’ouvre à la possibilité de la critique… et de l’échec. L’entrepreneur aime surmonter des défis parce qu’il comprend que la plupart des opportunités sont entourées de défis. Surmonter un défi, c’est le prix à payer pour saisir une opportunité. Devant un défi, l’entrepreneur change le design, pas l’objectif. Si ce qu’on fait ne fonctionne pas, on change le design. Si la pédagogie qu’on dispense ne produit pas des élèves qui deviennent les entrepreneurs de leur vie, on change le design. Le design.

5. Place l’élève au coeur de toutes les décisions.

L’entrepreneur est au service de l’autre et tente de régler un «problème» pour l’autre. C’est une autre façon de présenter l’idée d’ajouter de la valeur à l’autre. L’entrepreneur qui réussit est constamment en train de communiquer avec les personnes qu’il sert afin de toujours mieux répondre à leurs besoins. Au coeur de l’éducation de qualité, il y a l’engagement et l’apprentissage de l’élève. Pour entreprendre l’apprentissage avec ambition, l’entrepreneur est en constante communication avec l’élève, donne une voix à l’élève et place même l’élève au coeur de toutes les décisions. Mise en garde : ça, c’est facile à dire, moins facile à vivre. #émotions Qu’est-ce qui changerait dans votre école, si toutes les décisions étaient prises dans le meilleur intérêt des élèves?

6. Passe à l’action.

C’est bien d’avoir des idées pour innover. C’est bien d’avoir un plan bien articulé. C’est bien de le communiquer clairement. C’est bien de discuter du plan dans les structures de collaborations qui sont en place. Mais tout se passe dans l’action. Après le plan et entre les rencontres. C’est en présence de l’autre que l’entrepreneur ajoute de la valeur à l’autre. C’est en présence de l’élève que nous transformons l’éducation. Tout ce qui se passe lorsque l’élève n’est pas là… c’est important, mais ce n’est pas là que ça se passe. Pensez à tout ce qui se passe entre les adultes dans les écoles pour tenter d’innover et posez-vous la question : «Qu’est-ce que ça change ou qu’est-ce qui change pour les élèves?» On ne peut pas transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève sans que l’expérience d’apprentissage vécue par l’élève ne soit transformée.

7. Est patient.

La transformation de l’expérience d’apprentissage ne se produit pas du jour au lendemain. Long terme. On vise le progrès, pas la perfection du premier coup. Patience. L’entrepreneur tombe en amour avec son pourquoi, pas le quand.

8. Fait confiance à son intuition.

L’entrepreneur a des idées. Les idées ne viennent pas toujours de la recherche ou d’un manuel. L’entrepreneur apprend à faire confiance à son intuition. La petite voix qui nous propose une autre façon de faire, une autre façon d’aider. C’est parfois stressant. Surtout lorsqu’on n’a jamais entendu parler de cette idée qui nous vient en tête. Ça ne peut quand même pas être une si bonne idée, quelqu’un d’autre l’aurait eu avant. Non………. Non. L’entrepreneur mise sur son unicité. C’est ce qui lui permet de se distinguer. Je crois fermement que chaque individu en éducation a quelque chose d’unique à apporter. Il y a des choses en éducation qui vont exister parce que vous existez, parce que vous vous distinguez.

9. Sait vendre l’excellence.

J’ai hésité avant d’utiliser le mot «vendre». Ça pourrait être mal vu. Très tôt dans ma carrière d’enseignant, je me suis rendu compte qu’une de mes premières tâches était celle d’un vendeur. Que je devais vendre à mes élèves l’idée je valais la peine d’être respecté comme enseignant et qu’ils valaient la peine de s’investir en eux et qu’ensemble, on vise l’excellence. C’est exigeant, ça. L’entrepreneur fait la même chose. Il vend l’idée que l’autre peut accéder à l’excellence. En salle de classe, il peut être fort puissant de devenir de bons à raconter des histoires de succès. Pour inspirer, pour donner le goût. Parce qu’on coeur des nouvelles pédagogies émergentes, actives, participatives, en profondeur… c’est un élève à qui on en demande plus que dans le contexte de l’enseignement traditionnel. Soyons honnêtes. Les élèves n’organisent pas des rencontres entre eux le weekend en se disant qu’ils ont donc hâte que l’école leur en demande plus. Non. Les nouvelles pédagogies sont meilleures, à condition que la motivation devienne intrinsèque. Leadership, influence, raconteur… vendeur.

10. Ne donne pas d’excuses.

Le dernier fait mal, mais il fait du bien 😉 L’entrepreneur accepte la responsabilité de tout ce qui se passe dans son entreprise. Il n’a pas de liste de choses ou de personnes à blâmer pour expliquer l’état des lieux. En fait, il n’y a qu’un nom sur la liste : le sien. Maturité. Lorsqu’on accepte la responsabilité pour ce qui se passe (même si ce n’est pas toujours le cas, mais c’est une posture) on accepte aussi qu’on a un pouvoir d’action sur tout ce qui se passe. À la fin de la réflexion ou de l’analyse de toute situation il y a cette phrase : «Qu’est-ce que je peux faire maintenant.» Pas d’excuses. Ce serait accepter la médiocrité alors qu’on vise l’excellence.

Quelles idées ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires 🙂

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La classe «flexible»?

Avec l’avènement des nouvelles technologies et des nouvelles approches en éducation, on entend de plus en plus parler de la classe «flexible». Un concept qui génère plusieurs questions et préoccupations même. En voici quelques exemples.

  • «C’est quoi au juste, la classe flexible? Autre qu’une classe Pinterest…»
  • «L’ameublement flexible coûte cher, très cher. Est-ce possible d’avoir une classe flexible sans budget?»
  • «À quoi ça sert, une classe flexible? On en a déjà assez à faire présentement, non? Ça fit où?»
  • «Moi, j’aime ça des chaises ordinaires. Les ballons, pas tant!»

Je vous partage ici mon grain de sel au sujet de la classe flexible. C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Au-delà des ballons : l’apprentissage en profondeur!

Dans Définir les compétences du 21e siècle (un document de réflexion), une des sept incidences sur la pratique se lit comme suit (voir la page 32) :

« Le point central de l’enseignement : des pratiques axées sur « l’apprentissage en profondeur » et de nouveaux partenariats d’apprentissage s’imposent pour que les élèves acquièrent les compétences du 21e siècle. 

« L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel. (voir la page 11 du document pour consulter le visuel)

L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre). »

La classe flexible, comme toute autre approche pédagogique dans l’école d’aujourd’hui, doit faciliter l’apprentissage en profondeur. C’est notre pourquoi collectif. La classe flexible, à mon humble avis, commence d’abord par la posture de l’enseignant (je dirais davantage du leader puisque ça s’applique à tout le monde) et ça mène à la flexibilité dans le design pédagogique.  D’où la mutation dans le rôle. La classe flexible, c’est beaucoup plus qu’un changement esthétique au niveau de l’ameublement. C’est un changement de posture.

La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique! @bourmu

«Oui mais l’environnement physique est important!»

Je suis d’avis qu’un nouvel environnement physique peut stimuler l’innovation pédagogique et mener à des changements dans les pratiques. Oui. Or dans mon vécu, un bel environnement flexible au niveau de l’ameublement ne mène pas automatiquement à un changement dans les pratiques, au service de l’apprentissage en profondeur. Mon message ici, c’est qu’on peut créer dès aujourd’hui un environnement flexible d’un point de vue pédagogique, même si on n’a pas le budget pour changer l’aménagement physique. J’ai vu des cours bien magistraux, axés sur le contenu et la bonne réponse, offerts dans des espaces hallucinants. J’ai aussi vu des cours qui font rêver, par leur design pédagogique et qui étaient offerts dans des classes bien ordinaires. La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique!

Il n’y a pas d’ami, il n’y a que des moments d’amitié. (1)

Quelques éléments «flexibles» à considérer

Je vous partage donc quelques éléments à considérer pour ajouter de la flexibilité à votre design pédagogique. Toujours au service de l’apprentissage en profondeur et des nouveaux partenariats d’apprentissage. C’est ici que la posture de coach devient incontournable.

Le temps : Dans la planification annuelle, il faut prévoir du temps où l’élève pourra prendre le temps de se développer. Une chose bien importante à enseigner à nos élèves, pour qu’il y ait apprentissage en profondeur, c’est la responsabilité. Ils doivent prendre en main leur apprentissage et devenir les entrepreneurs de leur vie. C’est ici également qu’on prend le temps de leur enseigner la mentalité de croissance. Pour y arriver, il faut croire fermement que les élèves ont un potentiel illimité.

Comment alors pouvons-nous gérer autrement le temps précieux et limité que nous avons avec eux?

L’évaluation : On n’allume pas un feu avec un thermomètre. Comme on n’allume pas la flamme de l’apprentissage en profondeur à force d’évaluations sommatives. Il y a un lien direct entre évaluer autrement, notre façon de gérer le temps et la posture du coach. Pour évaluer autrement, il faut voir où se trouve la flexibilité que nous avons au niveau du temps, des exigences du programme et de cette gestion quotidienne des relations humaines que nous entretenons avec les élèves. Ici, on amène l’élève à documenter des preuves de ses progrès et de ses apprentissages. C’est ici qu’on soutient le développement d’une mentalité de croissance chez l’élève puisque nous l’aidons à donner un sens à ses efforts et à interpréter de façon constructive son cheminement.

Quelles pourraient être des stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage en profondeur?

Comment conçoit-on une telle démarche pédagogique?

La personnalisation du programme : Apprendre en profondeur, c’est une démarche personnelle. Avec les outils technologiques à notre disposition, il est de plus en plus évident que la personnalisation de l’expérience d’apprentissage est non seulement possible, mais vraiment accessible à tous. Il suffit de le voir. Il suffit de voir la flèche dans le logo de FedEx, comme j’aime le souligner dans une de mes conférences. Vous saviez qu’il y a une flèche dans le logo de FedEx? Regardez l’image ci-bas. Regardez entre le E et le X.

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Maintenant, essayez de ne plus la voir! Une fois qu’on le voit, on ne peut pas ne plus le voir. Ça part du concepteur. Dans la classe flexible, il y a une place pour la voix de l’élève. Dans la classe flexible, il y a une place pour les forces, les talents et les intérêts des élèves. C’est même le point de départ de la démarche pédagogique! Le voyez-vous? J’aborde la question en profondeur dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête. C’est ici qu’on peut réellement jouer le rôle de coach auprès des élèves. On identifie le talent, on positionne le talent (dans sa zone proximale d’intérêt et de développement) et on outille bien le talent (avec du soutien, des contextes, des stratégies, des outils…). On part de la personne, pas du programme.

À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique flexible qui vous permette de jouer un rôle de coach auprès de vos élèves?

La classe flexible? L’environnement flexible le plus important en éducation se trouve entre nos deux oreilles, les amis 🙂 Le reste n’est que la manifestation de cette flexibilité (posture).

C’était mon grain de sel.

Merci de vos commentaires.

 

 

«J’ai un beau groupe c’t’année!»

Tout le monde est un leader. Tout enseignant peut avoir un impact positif sur ses élèves. C’est ce que mon vécu m’a appris. Mais ça n’arrive pas par hasard. On parle rarement de ce qui suit. Ça a été tellement important pour moi…

Partons du principe que tout enseignant souhaite qu’à la fin septembre (au plus tard) tous les élèves soient en apprentissage dans sa salle de classe et que ça se poursuive toute l’année. On dirait : «Ça roule dans cette classe-là.» Ok go!

3 outils indispensables

Dans le système actuel, tout enseignant doit s’appuyer sur trois outils indispensables pour arriver à amener ses élèves à apprendre. C’est le but. L’apprentissage.

  • Le code de vie : Le code de vie de l’école établit le cadre, les paramètres à respecter pour que l’institution puisse respecter son mandat : l’apprentissage des élèves. Si on garde les choses simples avec les élèves, tout ce qu’on retrouve dans le code de vie vise habituellement à favoriser 1. un climat scolaire positif et sécuritaire; 2. le bon fonctionnement de la communauté scolaire et/ou 3. l’apprentissage des élèves.
  • Le programme : Le programme, c’est ce qu’on doit enseigner et évaluer. C’est ce que les élèves doivent apprendre. Plus un enseignant sait où il va, où il se trouve, ce qui est important et ce qui peut être laissé de côté, plus il sait comment gérer le temps, plus il peut concevoir des expériences d’apprentissage signifiantes pour ses élèves.
  • Le manuel scolaire : Les ressources pédagogiques sont nombreuses et sont généralement très bien conçues. Or il ne faut pas les confondre avec le programme. Le manuel scolaire propose une façon d’amener les élèves à apprendre ce qui est au programme. Mais ce n’est pas le programme. Comme je le mentionnais dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins : «Quel enseignant n’a jamais fait l’erreur de suivre une ressource à partir de la page 1 pour se rendre compte à la fin octobre que, mathématiquement, ça prendrait 440 heures pour passer à travers avec les élèves?»

Comment faire pour que ça roule?

Quand les élèves sont engagés et qu’ils respectent le code de vie, ça va bien. En plus, s’ils apprennent à la bonne vitesse, ça va encore mieux. On dit même à nos collègues : «J’ai un beau groupe c’t’année! Ça roule!» Quand j’ai commencé à enseigner, après deux semaines, je me demandais comment mes collègues s’y prenaient pour arriver à dire ça. Je ne les trouvais pas si beaux que ça mes groupes. Même que… tsé. Mes collègues avaient-ils été chanceux ou avaient-ils des stratégies que je ne connaissais pas? En réfléchissant à mes expériences personnelles et aux mentors que j’ai eu la chance de côtoyer, je me rends compte qu’une grande partie des succès d’un enseignant dépend de sa façon d’utiliser les 3 outils indispensables avec ses élèves. Le code de vie, le programme et le manuel scolaire. Je m’explique.

L’obéissance ou le plein potentiel?

Dans Enseigner est désormais un poste de leadership, j’expliquais brièvement les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell. Si un enseignant est autoritaire et a une mentalité de niveau 1, il vise uniquement le contrôle et l’obéissance de l’élève. Théoriquement, il n’y a rien de mal avec un élève obéissant. Mais nous savons qu’un élève qui fait quelque chose parce qu’il est obligé de le faire donnera le minimum d’effort. De nos jours, c’est insuffisant. On parle de concevoir des expériences d’apprentissage, d’être guide, d’être coach, d’évaluer moins mais mieux, de développer le plein potentiel des élèves… Ça demande plus que de l’obéissance. Ça demande de viser le 4e niveau de leadership. Pourquoi? Parce que personne n’atteint son plein potentiel avec un minimum d’effort. Personne. On doit donner le ton. Et dès le premier cours, ça paraît dans le non-verbal et dans les actions de l’enseignant. On vise l’obéissance et le contrôle ou le développement du plein potentiel de l’élève? Notre façon d’utiliser les 3 outils indispensables peut nous aider à identifier où nous faisons parfois fausse route dans notre quête d’atteindre le 4e niveau de leadership.

Des pièges à éviter

Le code de vie, le programme et le manuel scolaire sont destinés à favoriser l’apprentissage des élèves. On s’entend. Mais s’il y a des niveaux de leadership, il y a aussi des niveaux d’engagement des élèves. Voici un visuel intéressant qu’on nous a présenté à #iste18 :

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Quand les élèves sont peu ou pas engagés (rose, orange et jaune), c’est là que les 3 outils indispensables peuvent parfois être utilisés à des fins de… contrôle. En effet, avec le code de vie, on peut toujours donner une conséquence, comme une retenue, à un élève indiscipliné. On peut aussi lui enlever des points (il y a toutes sortes de pratiques avec les notes… outch!) Finalement, au nom du programme, on peut toujours lui donner du travail à faire, en surplus ou pour l’occuper. Ce ne sont pas les ressources qui manquent. Généralement, les élèves finissent par obéir quand on utilise la punition (temps), la pénalité (note) ou le travail supplémentaire. Selon mon expérience, ce sont des pièges à éviter avec les élèves. À moins que les niveaux rose, orange et jaune vous interpellent.

Généralement, les élèves finissent par obéir quand on utilise la punition (temps), la pénalité (note) ou le travail supplémentaire. Selon mon expérience, ce sont des pièges à éviter avec les élèves.

Même si le code de vie me permet d’intervenir de façon punitive, c’est mon dernier recours (il y a des cas extrêmes, ils sont rares). Le but, c’est l’apprentissage des élèves. Un élève puni par son enseignant n’a pas le goût d’apprendre de son enseignant. Ces situations avec les élèves sont des occasions pour nous d’être les adultes, d’être les leaders en contrôle. Il n’y a rien de plus déstabilisant et de rassurant pour les élèves que de voir un adulte en contrôle de ses propres émotions. Mes mentors m’ont appris qu’il ne faut pas le prendre personnel. Voici une question à se poser avant de choisir une stratégie pour amener un élève à s’engager dans son apprentissage :  «Est-ce la meilleure stratégie pour amener l’élève à APPRENDRE?» Si la réponse est non, on ne le fait pas. Une autre façon de voir cette question est de se demander : «Si j’utilise la stratégie xyz aujourd’hui, est-ce que cet élève pourra/voudra apprendre de moi demain?» L’obéissance aujourd’hui peut nous coûter l’apprentissage de demain. C’est big. Je dirais même que c’est déterminant. Il faut voir ça comme un marathon, pas un sprint. Big picture!

Est-ce la meilleure stratégie pour amener l’élève à APPRENDRE? Si la réponse est non, on ne le fait pas.

S’établir comme leader, une conversation à la fois

Dans une de mes conférences, je parle souvent de la stratégie qui a propulsé ma carrière : le 5 + 5. C’est avec cette stratégie que j’ai pu me développer en tant qu’enseignant, en tant que leader à mes débuts. La stratégie est bien simple. J’ai demandé aux élèves de sortir une feuille lignée (il n’y avait pas de Google en 2001), de la diviser en 2 colonnes et d’écrire, d’un côté, 5 choses que les élèves peuvent faire pour rendre les cours agréables et, de l’autre côté, 5 choses qu’un enseignant peut faire pour rendre les choses agréables. 5 + 5. La stratégie n’est pas importante. L’idée, c’est d’ouvrir la conversation et de donner une voix aux élèves. À ma 2e année d’enseignement, j’ai eu le privilège d’avoir le groupe d’élèves qui a le plus contribué au développement de mes stratégies de gestion de classe. Vous me suivez? 😉

Grâce à quelques mentors, après 6 semaines, c’était mon plus beau groupe. Voici ce que j’ai dû faire pour y arriver : 

  1. J’ai arrêté d’avoir peur d’eux.
  2. J’ai commencé à apprendre à les connaître.
  3. J’ai accepté qu’ils étaient mes élèves.
  4. J’ai pris du temps de classe dans la classe pour parler avec eux.
  5. J’ai pris du temps de classe en dehors de la classe pour avoir des discussions individuelles.
  6. J’ai planifié des leçons afin qu’ils vivent des succès rapides avec moi.
  7. Je les ai félicités pour leurs progrès.
  8. J’ai ri avec eux. Souvent.
  9. J’ai laissé passer certains commentaires quand «ils s’échappaient».
  10. J’ai décidé que mes élèves étaient plus importants que le programme.

Tout arrive pour nous

 Je lisais dernièrement que tout ce qui arrive dans la vie, arrive pour nous. En notre faveur. J’ai longtemps pensé que j’étais là pour aider mes élèves à se développer. C’est vrai. Mais je ne m’étais pas rendu compte que les élèves qui nous sont confiés sont placés sur notre route pour nous aider à développer le leader pédagogique en nous. Ils nous préparent pour nos prochains groupes. La vie est bien faite, quand même.

Enfin, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas imposer de conséquences aux élèves. Dans certains cas, on impose la conséquence d’abord, ensuite on a une conversation et on essaie de soutenir l’élève. Mais ce n’est pas la norme.

Mes mentors m’ont amené à considérer des alternatives beaucoup plus payantes qui rendent la vie de l’enseignant beaucoup plus agréable et qui augmentent considérablement son influence auprès de ses élèves.

Je ne vous demande pas de me croire sur parole.

Il n’y a rien comme l’essayer 😉

Qui sait? Vous aurez peut-être un beau groupe c’t’année.

Et si nous étions des marqueurs de relation? Juste aujourd’hui.

Je vous propose un billet «zoom out» aujourd’hui.

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» Cette citation de John Dewey passait dans Instagram ce matin. Ça m’a fait réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord.

Priver nos élèves de leur aujourd’hui

Demain ne nous appartient pas. Si on prive les élèves de quelque chose, c’est de leur aujourd’hui, d’un aujourd’hui pertinent qui a du sens. Pensez-y. Ce qu’on demande de nos élèves parfois. Pensez à tout ce système d’appui à certains élèves dits «en difficulté». Comprenez-moi bien. Il y a des élèves avec de réelles difficultés et ils ont besoin d’appui. Je parle ici des élèves en difficulté que nous produisons. Parce qu’on n’est pas à jour. Parce que le contenu ne colle pas, n’a pas de sens. Parce que c’est important, le travail sur les papillons pour jeudi. Plus important que les humains qui ne s’engagent pas. Curiosité naturelle… Faut que ça roule! Curieux. Ne regardons pas trop loin. Juste aujourd’hui. Quel sens aujourd’hui aura-t-il pour nous et pour nos élèves?

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» John Dewey

Nous sommes le contenu

Je pense aussi que ça va plus loin que «as», que notre approche. Je parle toujours de la citation de John Dewey. Vous me suivez? Dans le monde d’aujourd’hui, oui notre approche doit changer, parce que le monde a changé, mais ce qu’on enseigne aussi évolue. Je dis souvent que l’éducation est désormais une entreprise de développement de personnes. Après tout, on veut que tous trouvent leur voie, atteignent leur plein potentiel et contribuent au monde. Le contenu qu’on enseigne doit donc mener à ça. Aujourd’hui, qui nous sommes est plus important que le contenu du programme. On enseigne qui on est. L’humain. Nous sommes le contenu le plus important (je sais, le programme aussi est important). C’est pourquoi le développement professionnel, la croissance personnelle sont si importants. How far can we grow?

Nouveaux partenariats d’apprentissage

Dans le cadre d’une série de webinaires offerte en collaboration avec Jacques Cool, Normand Brodeur et Stephane Hunter, il a été question des compétences globales (ou du 21e siècle). Selon Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario, le point central de l’enseignement serait désormais de développer des pratiques axées sur l’apprentissage en profondeur et le développement de nouveaux partenariats d’apprentissage.

Apprentissage en profondeur : « L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel.

Nouveaux partenariats d’apprentissage : L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre).

Et si nous étions des marqueurs de relation?

Ok, le rôle de l’enseignant est en mutation. Et après, Marius? Je vous laisse analyser le visuel que nous avons présenté dans le 4e webinaire (Merci Normand). La clé ici, ce sont les points rouges, qui désignent les relations humaines et la technologie.

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Je mets ici l’accent sur les relations humaines (nouveaux partenariats d’apprentissage) qui, comme le dirait mon collègue Normand, permettent la circularité dans ce modèle. Or dans nos écoles, on ne vit pas dans un modèle. On s’en inspire, oui, mais on crée nous-mêmes notre réalité, notre aujourd’hui. Enseignant de français dans mon autre vie, quand j’ai vu les points rouges dans ce modèle, j’ai tout de suite pensé aux marqueurs de relation. Pour ceux qui l’auraient oublié, un marqueur de relation crée un lien, un rapport entre des idées, des phrases ou des paragraphes. Et selon le marqueur de relation choisi, le sens varie. Le sens. Vous me voyez venir? Et si nous étions appelés à agir comme des marqueurs de relation auprès de nos élèves? Créer des liens et donner un sens…

Créer des liens, en vrac

Créer des liens avec nos élèves. Créer des liens entre nos élèves. Créer des liens entre le programme, le vécu des élèves et notre vécu. Créer des liens entre les intérêts, les talents des élèves et les exigences du programme. Créer des liens entre le programme, nos rétroactions et les progrès des élèves. Créer des liens entre la vie de tous les jours et ce qui se passe dans notre école. Créer des liens entre nous, entre collègues. Prendre le temps de se parler. Créer des liens entre mon impact en classe, mes besoins en formation et ce qui est disponible sur le Web. Créer des liens entre notre état d’esprit, nos émotions et les conditions que nous créons dans notre classe, dans notre école. Créer des liens.

Donner un sens, en vrac

Donner un sens à ce qu’on demande de nos élèves. Donner un sens au monde qui nous entoure. Le contenu que nous enseignons (le programme) est sensé refléter le monde qui nous entoure. Internet et les médias sociaux sont souvent vus comme des outils, comme des moyens. Et si on les abordait comme du contenu. Il ne faut pas seulement les utiliser. Il faut les comprendre. Donner un sens aux notes. Donner un sens aux progrès. Donner en sens à l’erreur, au «not yet». Donner un sens à la persévérance. Effort + Stratégie + Aide des autres = Croissance. E + S + A = C. Pas seulement E. Donner un sens à l’appui «supplémentaire» offert à ceux qui en ont besoin. Assurons-nous que l’appui vienne de la bonne personne. Il n’y a personne d’autre que moi qui peut être le père de mes enfants, et les aimer comme un père aime ses enfants. Ça s’applique comment dans la classe? Donner un sens au monde que nous portons en nous. Faire de la place pour ça. Apprendre en profondeur, en soi. La connaissance de soi, la croissance personnelle et la réalisation de soi sont étroitement liés. Donner un sens à nos aujourd’hui. Pour nous, pour nos élèves.

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Juste aujourd’hui

Alors, chers collègues, quelle pourrait bien être cette expérience scolaire que nous espérons tous pour nous et nos élèves? Nous la portons en nous, cette expérience. Elle est là, quelque part. Il faut simplement partir à sa découverte, écouter notre intuition et accueillir notre rôle, en mutation, juste aujourd’hui. Tous les jours, c’est aujourd’hui. Et, comme Winnie, ça peut devenir notre jour préféré. À nous et à nos élèves. C’est la puissance de l’aujourd’hui. Pas besoin de se priver de ça!

Qui sait à quoi pourrait ressembler notre aujourd’hui en juin 2019, 2024, 2029?

On comptera encore sûrement les dodos 😉

Vous n’avez pas assez de mauvaises idées

Salutations à mes collègues de l’Association des écoles privées de l’Estrie. Ce billet est spécialement pour vous, tel que promis. Bon succès dans vos prochaines étapes!

Des barrières et des recettes

À première vue, les barrières à l’innovation dans nos écoles paraissent immuables parfois. Le temps, les exigences du système, les évaluations, le leadership, le travail d’équipe, l’infrastructure. Or l’école repensée, elle se vit au quotidien dans plusieurs écoles, dans plusieurs salles de classe. Comment cela se peut-il? Comment arriver à personnaliser l’éducation, développer les compétences de nos élèves tout en répondant aux exigences du système? J’apprécie les questions qui commencent par «comment». Ça sous-entend que c’est possible, qu’on cherche une façon d’y arriver, de faire autrement. Pour faire autrement, il faut voir les choses autrement. Un des grands défis en éducation, c’est que nous sommes tous issus d’un système qui valorisait la bonne réponse. Nous avons réussi dans ce système et nous sommes habitués d’avoir la bonne réponse. C’est donc très normal de demander «comment faire xyz», de demander la recette de quelqu’un d’autre. On veut réussir du premier coup. Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. Il n’y a pas UNE recette, il y a des recettes. La meilleure? La vôtre, celle que vous allez créer, peaufiner, expérimenter avec les apprenants qui sont devant vous. Quand suffisamment de gens auront trouvé des façons d’innover à l’intérieur de la boîte, le système pourra redéfinir les paramètres de la boîte. L’école repensée ne viendra pas de la boîte à mon avis. Elle viendra de nous. C’est tellement stimulant. Pensez-y.

Or l’école repensée, elle est à l’intérieur de chacun et chacune d’entre nous. @bourmu

Des questions qui commencent par «Comment»

Suite à ma conférence de vendredi, j’avais le privilège d’animer une session de réflexion portant sur le leadership pédagogique. La session de réflexion a débuté… avec une réflexion. Quelles idées avez-vous en tête? Comment vos élèves en profiteront-ils? Quelle question aimeriez-vous qu’on aborde ensemble pendant l’après-conférence? Nos questions sont comme un trousseau de clés. Plus nos questions sont intéressantes, plus elles ouvrent des portes intéressantes. Voici 30 questions, très intéressantes «comment», proposées par les participantes et participants :

  1. Comment penser autrement la structure?
  2. On fait comment pour aider 33 élèves à pédaler en même temps?
  3. Comment bien exploiter les technologies sans appareils électroniques fournis par l’école pour tous les élèves?
  4. Comment arrimer cette belle théorie avec la réalité des contraintes des écoles?
  5. Comment mettre à profit les élèves avec qui nous avons déjà une excellente relation pour aider à améliorer nos relations avec les autre élèves pour qui c’est moins évident?
  6. Comment intégrer le 20% dans la boîte d un programme d’un cours?
  7. Comment valider ces choix pédagogiques (absence de notes avant les bulletins) auprès des parents (qui sont tellement axés sur les résultats)?
  8. Comment changer les évaluations en gardant les bulletins aux dates fixes?
  9. Comment peut-on laisser les enfants apprendre à leur rythme tout en répondant aux critères du Ministère?
  10. Comment articuler concrètement le leadership en classe auprès de nos élèves? Des outils réels et concrets dans les matières différentes svp…
  11. Comment équilibrer leadership et autorité?
  12. Comment faire pour qu’il y est une balance dans la vie des élèves versus les appareils technologiques … un réseau social plus qu’un outil technologique?
  13. Comment exercer un bon leadership quand je vis une situation de crise avec un élève?
  14. Comment équilibrer leadership et autorité?
  15. Comment peut-on réalistement implanter ce type de pédagogie en ayant un cadre administratif si contraignant? Les étapes très courtes, les notes obligatoires dans les différentes compétences, etc.
  16. Comment pouvons-nous créer des projets significatifs en ayant des notes à récolter afin d’être conformes aux exigences du ministère?
  17. Mon questionnement toujours arrimer les exigences du programme et les projets et les passions des élèves…
  18. Comment intégrer le leadership dans un cadre peu flexible sur lequel nous avons aucun contrôle (liberté)?
  19. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  20. Comment trouver un équilibre entre la progression des apprentissages imposée et l’intégration des nouvelles méthodes d’enseignement.
  21. Comment faire des évaluations « non fixes » mais équitables?
  22. Comment créer (aussi) cet esprit de leadership en département?
  23. Quelles activités puis-je faire avec mes élèves pour améliorer leur leadership?
  24. Comment peut-on réussir concrètement à bâtir une relation solide et propulser CHACUN des élèves dans leur potentiel en les voyant seulement une heure par jour ou moins?
  25. Comment faire, concrètement, pour maintenir cette vision plus souple dans une structure globale rigide qui impose un programme,  des communications de résultats constantes et des épreuves uniformes? Quoi prioriser?
  26. Comment faire en sorte que les élèves apprennent à leur rythme tout en respectant le contenu du programme sans tomber dans l’enseignement individuel.
  27. Comment initier un changement auprès des collègues?
  28. Évaluation au moment où l’élève est prêt… est-ce réaliste?
  29. Considérant qu’il est important d’avoir plusieurs manifestations des élèves de leurs compétences mobilisées en évaluation, comment faire pour optimiser les évaluations pour permettre aux élèves de démontrer leurs compétences, sans les surcharger ou les stresser ?
  30. Comment peut-on faire des évaluations aux moments où l’élève est prêt tout en faisant des évaluations équitables?

4 concepts-clés

Je ne peux pas faire le tour de chacune des questions. Mais derrière le concept du leadership pédagogique se trouve l’idée que nous sommes tous appelés à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage.  Devenir. Il n’y a pas de ligne d’arrivée ici. Qui dit concepteur, dit essai-erreur. On est loin des recettes ici. Tout part de soi. En acceptant l’invitation de devenir un leader pédagogique, on accepte aussi l’idée que nous sommes les seuls responsables de ce qui est possible ou non dans notre salle de classe (la boîte). Le pouvoir d’action est là. Les excuses doivent rester à la porte ici je crois. Et je crois également au message de George Bernard Shaw.

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Je vous propose donc quatre concepts-clés qui peuvent soutenir les expériences d’apprentissage que vous allez créer avec et pour vos élèves.

QUELLES SONT LES 10 PIRES IDÉES AUXQUELLES VOUS POUVEZ PENSER?

Une bonne façon d’aborder la conception d’expériences d’apprentissage, c’est d’anticiper que tout ne sera pas parfait du premier coup. On peut même partir de l’imperfection pour en arriver à des idées qui ont de la valeur. Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? Je suis certain que si vous essayez de trouver 10 mauvaises idées pour chacune des 30 questions énumérées plus haut, vous tomberez sur d’excellentes idées éventuellement. L’avantage ici, c’est que ce processus vous libère l’esprit de la nécessité de trouver la bonne idée avant de commencer. Idéalement, je vous suggère de vivre ce processus en équipe. Et comme le dit si bien Sir Ken Robinson : « If you are not prepared to be wrong, you’ll never come up with anything original.» La partie facile, c’est de générer des idées. Ensuite, il faut aller les tester. Un bloc de 20 minutes, une leçon, une semaine, un projet, une unité, un cours, un programme. À vous de choisir. Ce sera un processus d’essai-erreur.

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Quelles sont les 10 pires idées auxquelles vous pouvez penser pour répondre à la question qui vous habite au moment d’essayer de faire autrement dans votre classe ou votre école? @bourmu

DES ESPACES D’APPRENTISSAGE FLEXIBLES

Il est beaucoup question des espaces d’apprentissage depuis un certain temps. Je n’irai pas dans le détail ici mais je posais la question suivante aux membres du panel de discussion dans le cadre de TELL2017 en août dernier. La transformation des espaces physiques et numériques mène-t-elle nécessairement à la transformation de la pédagogie? Au-delà des salles de classe à la Pinterest, je crois que l’espace d’apprentissage le plus important, c’est le cerveau du concepteur et celui de l’apprenant. La flexibilité commence là à mon avis. L’espace physique et les espaces numériques doivent être alignés avec les intentions pédagogiques (connaissances, compétences globales) et créer les conditions dans lesquelles nous apprenons tous aujourd’hui. Tout espace peut devenir un espace d’apprentissage innovant et stimulant. Pensez-y

METTRE LES FORCES ET INTÉRÊTS DES ÉLÈVES AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE 

L’école repensée ne se fait pas seul depuis le devant de la classe. C’est un peu comme recevoir la famille dans le temps des Fêtes et vouloir tout faire et préparer le repas soi-même. Combien plus efficace (et moins stressant!) est-ce quand tout le monde se mobilise. Un prépare la tourtière, l’autre une salade, un autre prépare les patates pilées, un autre, la dinde… Notre repas. Pour que la classe devienne notre classe, il faut impliquer les élèves, apprendre à les connaître, les amener à se connaître, les amener à développer leur capacité à apprendre de façon autonome, stimuler leur curiosité naturelle, les mettre au défi… À quoi ressemble un cours qui permet ça? On commence comment? Il faut vouloir les amener plus loin que la fin du cours, comme le disait si bien Stéphane Laporte dans «Si les profs pouvaient». Il faut lâcher prise, cesser de vouloir tout contrôler. Pour que l’école change, il faut qu’on change comment on fait l’école. Nos façons de faire présentement ont des limites parce que les adultes travaillent trop souvent plus fort que les élèves. Et ce n’est pas une question d’engagement. C’est ce qu’on leur demande. Les élèves peuvent tellement nous en donner plus. Plus d’eux-mêmes, plus d’originalité, plus de questions… pas plus d’obéissance cependant. Faisons-leur de la place pour voir…

PERSONNALISER ET DIFFÉRENCIER

À l’impossible nul n’est tenu. Les exigences du système sont bien réelles. Mais il y a une marge de manoeuvre. Je le vois chaque fois que je suis dans une école. Je réfléchis beaucoup à ce que peut signifier la différenciation et la personnalisation. Est-ce que ça veut dire la même chose? Est-ce qu’il y a des nuances? Voici comment je distingue les deux (ébauche).

Différenciation : on parle de différenciation lorsque le point de départ est le programme et qu’on ajuste le contenu, le produit ou le processus en fonction de l’apprenant qui est devant nous.

Personnalisation : On parle de personnalisation lorsque le point de départ est une force, une passion, un intérêt de l’apprenant (p. ex., projet 20%, robotique, fabrique…) et qu’on trouve où est le programme dans ce que l’apprenant réalise.

Quelle que soit l’idée qui vous allume et que vous souhaitez mettre en oeuvre dans votre classe ou votre école, donnez-vous la permission de ne pas réussir du premier coup.

La seule personne que vous pouvez changer, c’est vous. Si vous voulez voir vos collègues changer, modelez ce changement. C’est tout ce que vous pouvez faire.

Restez dans votre zone d’influence mais sortez de votre zone de confort.

L’école repensée, elle est en vous.

On se met à énumérer des mauvaises idées pour voir?

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

La transformation, ça commence EN vous!

La transformation de l’expérience d’apprentissage, repenser l’école, sont les sujets de l’heure. On en parle partout. Au fil des discussions, on finit toujours par parler de la zone de confort des gens. Après tout, transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève, repenser l’école, ça sous-entend un changement dans nos pratiques. L’inférence à faire ici, c’est que ça implique que tous sortent de leur zone de confort, que tous soient en croissance. Les élèves, les parents, les enseignants, les directions, les superviseurs systémiques, la société. Tout le monde.

La loi de l’élastique

En tant que coach en leadership, je suis appelé à enseigner Les 15 lois inestimables de la croissance de John C. Maxwell afin d’aider les gens à atteindre leur plein potentiel. La loi de l’élastique ne laisse personne indifférent puisqu’elle adresse de plein fouet la zone de confort. Elle va comme suit : «Votre croissance cesse lorsque vous diminuez la tension entre ce que vous êtes et ce que vous pourriez devenir.» Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de vivre pleinement sa vie et d’atteindre son plein potentiel, ça se passe à l’extérieur de sa zone de confort.

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La zone de confort nous coûte cher

La zone de confort, c’est le pilote automatique, c’est l’habitude, l’inconscience, c’est peu d’émotions, positives ou négatives. C’est le statut quo. La zone de confort, c’est ordinaire. C’est la roue qui tourne. C’est moyen. C’est être dans la moyenne. Quand vous allez au resto le vendredi soir, souhaitez-vous trouver un resto moyen, avec de la nourriture moyenne, un serveur moyen, une ambiance moyenne, avec de la compagnie moyenne. Quoi de mieux qu’un bon vendredi soir moyen! Bien sûr que non! Et je ne connais personne qui soit devenu enseignant pour être ordinaire. Ce qu’on ne nous dit pas toujours, c’est que sans plan précis, sans objectifs clairs, on devient inconscient, on devient ordinaire et les résultats dans notre vie en général sont ordinaires. L’inconscience, la zone de confort, nous coûte cher. Parce que quand on devient ordinaire, notre profession devient ordinaire. Notre quotidien devient ordinaire. Notre motivation, notre curiosité, notre désir d’apprendre… tout devient ordinaire. Bof! (soupir…) Mais c’est confortable sur le plan affectif, dans le moment présent. Danger.

Sortir de sa zone de confort

Sortir de sa zone de confort, c’est tout le contraire. C’est la conscience. La conscience qu’il y a mieux. Qu’on peut faire être mieux! Lorsqu’on devient conscient qu’en devenant plus que ce que nous sommes, on peut obtenir plus que ce que nous avons, tout bascule. On se fixe des objectifs. Les objectifs ont un rôle bien particulier lorsqu’il est question de croissance personnelle.

  1. Nos objectifs nous permettent d’être intentionnels. La croissance n’arrive pas par hasard.
  2. Nos objectifs nous incitent à devenir la personne que nous devons être pour les atteindre. Pensez-y.

Présentement, le monde de l’éducation a pour objectif de transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants. C’est notre incitatif collectif pour devenir (les personnes et le système) ce que nous devons devenir pour y arriver. La transformation de l’expérience d’apprentissage, ça commence EN nous. À l’intérieur de chacun de nous. Ça commence avec la prise de conscience qu’il y a mieux pour nous et pour les apprenants. Et que ce MIEUX se trouve à l’extérieur de notre zone de confort, quelle qu’elle soit pour vous.

Tous les acteurs dans le système doivent devenir confortablement inconfortables pour que collectivement, nous devenions ce que nous devons devenir pour permettre à tous les apprenants d’atteindre leur plein potentiel dans un contexte axé sur la performance croissance et où les émotions de tous seront positives. Bien-être, dites-vous?

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Confortablement confortable

La première étape, c’est de reconnaître qu’on est confortablement confortable. Pas de croissance ici. Morne et taciturne, comme une fin d’après-midi de novembre. Ça coûte cher. Ça nous coûte la joie de vivre qui vient avec le dépassement de soi. Il y a des liens importants à faire entre l’estime de soi, le sentiment d’auto-efficacité et la croissance (ou le manque de). Pourquoi changer? Qui sait?…

Inconfortablement confortable

Ensuite vient le moment où on se dit qu’il y a mieux. Qu’on pourrait… Pourquoi pas changer? Et pourquoi pas moi? Prise de conscience! Ça peut être brutal. C’est ici qu’on a l’intention de… Et dès qu’on a l’intention de, les émotions et le discours intérieur s’en mêlent. Rien n’a changé encore, et pourtant, tout a changé. Vous me suivez? Tout se passe en dedans. La raison nous dit qu’il faut sortir de notre zone de confort, mais les émotions nous bloquent. Ouf!!! Le combat. L’intensité et la durée de cette étape varient en fonction des individus. Qui sait pourquoi? Empathie svp. Selon mon expérience, plus on nourrit nos craintes, plus c’est difficile de passer à l’action et plus on souffre. Pour rien. En silence. S’il fallait faire une faute… Croissance, pas perfection.

Inconfortablement inconfortable

Ok go. Là on passe à l’action. On essaie une nouvelle approche, on intègre une nouvelle technologie, on évalue autrement, on donne une voix à l’élève, on conçoit une expérience d’apprentissage… On lâche prise et on s’essaie. On est loin du confort ici. On s’entend. Mais on grandit. Déjà, on grandit. Le dépassement de soi, aussi minuscule soit-il, fait grandir l’estime de soi et le sentiment d’auto-efficacité. Si on laisse de côté les émotions, c’est super facile de sortir de sa zone de confort. On le fait. C’est un choix. Ça coûte gratuit. C’est facile, ça. Non? Mais tout ce qui est facile à faire est aussi facile à ne pas faire. C’est là que les objectifs qu’on se fixe deviennent importants. Ils nous permettent de demeurer conscients chaque jour et de passer à l’action. Et c’est tellement inconfortable. Vous avez été ado. Vous savez peut-être que de grandir, physiquement, peut être douloureux. À l’âge adulte, c’est la croissance personnelle qui fait mal, sur le plan du confort. Passer à l’action chaque jour, pour transformer notre pratique, c’est ce qui nous permettra de développer une nouvelle forme de confort. Le confort dans la croissance. Vous sentez les papillons?

Confortablement inconfortable

Pour développer des apprenants à vie, il faut le devenir nous aussi. Et ça, ça veut dire qu’on doit vivre en mode Béta. Il faut devenir confortables à l’idée de toujours vivre avec cette tension (loi de l’élastique) entre où nous sommes et où nous pourrions être. Le monde d’aujourd’hui, il change. C’est comme ça. Et on peut toujours devenir plus. Il n’est jamais trop tard. Ça demande une certaine mentalité, ça demande du caractère et de la discipline, ça demande de la conscience. Et ça génère en nous, des émotions positives et une confiance en soi sans égal. Ça donne du oumf, comme on dit 🙂

Êtes-vous prêts à vivre confortablement à l’extérieur de votre zone de confort?

La croissance et votre plein potentiel vous y attendent.

C’est ce qui est requis de nous tous, si on veut sérieusement repenser l’école.

Transformer l’expérience d’apprentissage, ça commence EN vous! En nous tous.

On commence maintenant?

Merci de vos commentaires 🙂

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂