La classe «flexible»?

Avec l’avènement des nouvelles technologies et des nouvelles approches en éducation, on entend de plus en plus parler de la classe «flexible». Un concept qui génère plusieurs questions et préoccupations même. En voici quelques exemples.

  • «C’est quoi au juste, la classe flexible? Autre qu’une classe Pinterest…»
  • «L’ameublement flexible coûte cher, très cher. Est-ce possible d’avoir une classe flexible sans budget?»
  • «À quoi ça sert, une classe flexible? On en a déjà assez à faire présentement, non? Ça fit où?»
  • «Moi, j’aime ça des chaises ordinaires. Les ballons, pas tant!»

Je vous partage ici mon grain de sel au sujet de la classe flexible. C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Au-delà des ballons : l’apprentissage en profondeur!

Dans Définir les compétences du 21e siècle (un document de réflexion), une des sept incidences sur la pratique se lit comme suit (voir la page 32) :

« Le point central de l’enseignement : des pratiques axées sur « l’apprentissage en profondeur » et de nouveaux partenariats d’apprentissage s’imposent pour que les élèves acquièrent les compétences du 21e siècle. 

« L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel. (voir la page 11 du document pour consulter le visuel)

L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre). »

La classe flexible, comme toute autre approche pédagogique dans l’école d’aujourd’hui, doit faciliter l’apprentissage en profondeur. C’est notre pourquoi collectif. La classe flexible, à mon humble avis, commence d’abord par la posture de l’enseignant (je dirais davantage du leader puisque ça s’applique à tout le monde) et ça mène à la flexibilité dans le design pédagogique.  D’où la mutation dans le rôle. La classe flexible, c’est beaucoup plus qu’un changement esthétique au niveau de l’ameublement. C’est un changement de posture.

La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique! @bourmu

«Oui mais l’environnement physique est important!»

Je suis d’avis qu’un nouvel environnement physique peut stimuler l’innovation pédagogique et mener à des changements dans les pratiques. Oui. Or dans mon vécu, un bel environnement flexible au niveau de l’ameublement ne mène pas automatiquement à un changement dans les pratiques, au service de l’apprentissage en profondeur. Mon message ici, c’est qu’on peut créer dès aujourd’hui un environnement flexible d’un point de vue pédagogique, même si on n’a pas le budget pour changer l’aménagement physique. J’ai vu des cours bien magistraux, axés sur le contenu et la bonne réponse, offerts dans des espaces hallucinants. J’ai aussi vu des cours qui font rêver, par leur design pédagogique et qui étaient offerts dans des classes bien ordinaires. La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique!

Il n’y a pas d’ami, il n’y a que des moments d’amitié. (1)

Quelques éléments «flexibles» à considérer

Je vous partage donc quelques éléments à considérer pour ajouter de la flexibilité à votre design pédagogique. Toujours au service de l’apprentissage en profondeur et des nouveaux partenariats d’apprentissage. C’est ici que la posture de coach devient incontournable.

Le temps : Dans la planification annuelle, il faut prévoir du temps où l’élève pourra prendre le temps de se développer. Une chose bien importante à enseigner à nos élèves, pour qu’il y ait apprentissage en profondeur, c’est la responsabilité. Ils doivent prendre en main leur apprentissage et devenir les entrepreneurs de leur vie. C’est ici également qu’on prend le temps de leur enseigner la mentalité de croissance. Pour y arriver, il faut croire fermement que les élèves ont un potentiel illimité.

Comment alors pouvons-nous gérer autrement le temps précieux et limité que nous avons avec eux?

L’évaluation : On n’allume pas un feu avec un thermomètre. Comme on n’allume pas la flamme de l’apprentissage en profondeur à force d’évaluations sommatives. Il y a un lien direct entre évaluer autrement, notre façon de gérer le temps et la posture du coach. Pour évaluer autrement, il faut voir où se trouve la flexibilité que nous avons au niveau du temps, des exigences du programme et de cette gestion quotidienne des relations humaines que nous entretenons avec les élèves. Ici, on amène l’élève à documenter des preuves de ses progrès et de ses apprentissages. C’est ici qu’on soutient le développement d’une mentalité de croissance chez l’élève puisque nous l’aidons à donner un sens à ses efforts et à interpréter de façon constructive son cheminement.

Quelles pourraient être des stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage en profondeur?

Comment conçoit-on une telle démarche pédagogique?

La personnalisation du programme : Apprendre en profondeur, c’est une démarche personnelle. Avec les outils technologiques à notre disposition, il est de plus en plus évident que la personnalisation de l’expérience d’apprentissage est non seulement possible, mais vraiment accessible à tous. Il suffit de le voir. Il suffit de voir la flèche dans le logo de FedEx, comme j’aime le souligner dans une de mes conférences. Vous saviez qu’il y a une flèche dans le logo de FedEx? Regardez l’image ci-bas. Regardez entre le E et le X.

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Maintenant, essayez de ne plus la voir! Une fois qu’on le voit, on ne peut pas ne plus le voir. Ça part du concepteur. Dans la classe flexible, il y a une place pour la voix de l’élève. Dans la classe flexible, il y a une place pour les forces, les talents et les intérêts des élèves. C’est même le point de départ de la démarche pédagogique! Le voyez-vous? J’aborde la question en profondeur dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête. C’est ici qu’on peut réellement jouer le rôle de coach auprès des élèves. On identifie le talent, on positionne le talent (dans sa zone proximale d’intérêt et de développement) et on outille bien le talent (avec du soutien, des contextes, des stratégies, des outils…). On part de la personne, pas du programme.

À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique flexible qui vous permette de jouer un rôle de coach auprès de vos élèves?

La classe flexible? L’environnement flexible le plus important en éducation se trouve entre nos deux oreilles, les amis 🙂 Le reste n’est que la manifestation de cette flexibilité (posture).

C’était mon grain de sel.

Merci de vos commentaires.

 

 

Changement de paradigme : 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir

Je sais. Le titre du billet est long. 🙂

Depuis plus de 10 ans, on parle d’un changement de paradigme en éducation. En effet, on dit que le grand monde de l’éducation est dans le virage. Le virage au numérique, le virage technopédagogique, non, le virage pédagonumérique. Il ne faut pas mettre la technologie avant la pédagogie. Il ne faut pas mettre la technologie avant les humains. À force de virer, on revient à l’humain. Oui, l’ère du numérique offre une multitude de possibilités pour favoriser l’apprentissage. Un apprentissage qui tient compte du monde dans lequel on vit. Or à mon avis, l’ère du numérique, c’est d’abord une invitation à devenir. Parce qu’on doit être en perpétuel devenir pour s’épanouir dans le monde d’aujourd’hui. À force de côtoyer des gens dans divers contextes en éducation, j’ai observé plusieurs pratiques concrètes en lien avec le virage.

Voici 10 changements de focus à considérer pour développer des humains en perpétuel devenir.

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À REMETTRE / À PUBLIER

Je vous donne 2 choix : 1. Vous devez remettre un travail à votre enseignant pour être évalué ou 2. Vous le publiez dans le format de votre choix dans le but de contribuer au monde qui vous entoure. Lequel suscite le plus votre engagement? Lequel vous autonomise le plus? Il y a certainement de la place pour les deux en éducation. Mais je crois que la majorité des travaux d’élèves sont remis pour fins d’évaluation. Il n’y a rien de mal avec le fait de remettre un travail à son enseignant. Mais le monde d’aujourd’hui nous invite à être des producteurs de contenu pour contribuer au monde. Ça s’insère où dans notre planification annuelle ça? Imaginez ce qui se produirait si tous les élèves étaient accompagnés dans une démarche qui les amène à publier. Des histoires, leurs rêves, des témoignages, de l’art, des tutoriels, des tranches de vie, leurs créations, leur vision du monde, leur blogue, leur chaîne YouTube, leur portfolio, leur voix, leur site Web, leurs médias sociaux. Les années Passe-Partout sont derrière nous les amis.

Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. @bourmu

LE CONTENU / LES PERSONNES

Si nous croyons vraiment qu’il est important de développer des humains en perpétuel devenir (des apprenants à vie), alors qui nous sommes est donc plus important que ce que nous savons. Nous enseignons qui nous sommes et notre programme n’est qu’un prétexte pour le faire. Pensez-y. Les Mathématiques, ça existe dans la vraie vie en premier, pas dans un programme. Nos élèves existent dans la vraie vie en premier, pas dans notre cours. Nos élèves sont plus importants que notre contenu. Et si nous arrivions à leur faire une place? De temps à autre, partir d’eux plutôt que du programme. Plutôt que se demander à quelle page on est rendus, se demander ce que deviennent nos élèves. On peut croire qu’il y a une ligne d’arrivée parce que notre cours dure 110 heures, mais un humain n’a jamais fini de devenir.

On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. @bourmu

LA PERFORMANCE ACTUELLE / LE PROGRÈS ET LE POTENTIEL

Dans le modèle actuel, les échéances systémiques nous invitent à porter un jugement sur la performance actuelle des élèves. On documente donc des notes. Rien de mal avec ça. Mais il n’y a pas que ça. Qu’en est-il des progrès et du potentiel des élèves? Quand on parle de mentalité de croissance et de «Pas encore ou Not yet», est-ce prévu dans notre démarche pédagogique? En autres mots, est-ce que les élèves ont le temps de ne pas apprendre à temps dans la démarche pédagogique conçue pour eux? Les élèves ont-ils le temps de progresser avant que ça compte? À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique qui permet ça? Ici, on documente des preuves d’apprentissage et de progrès. On n’allume pas un feu avec un thermomètre. On n’allume pas la flamme de l’apprentissage avec une série d’évaluations sommatives. Processus.

Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver). @bourmu

LE CONTRÔLE / LA TOLÉRANCE À L’AMBIGUÏTÉ

La pédagogie d’aujourd’hui nous invite à un certain lâcher-prise. On ne peut pas s’attendre à placer les élèves au coeur de leur apprentissage et être en contrôle du rythme d’apprentissage de tous en même temps. On peut s’assurer de la qualité de l’effort et des travaux. On peut contrôler le processus, pas les personnes. Pas si on veut vraiment développer des apprenants à vie. Ça a l’air de quoi un élève qui apprend à choisir ce qui est vrai ou faux en ligne? Quand les élèves sont au coeur de leur apprentissage, ils posent des questions qui sortent du cadre du module 1 et de la matière de notre cours. C’est normal. C’est authentique et en contexte. Et en contexte, les élèves ne réfléchissent pas en programmes et en modules. Il réfléchissent avec leurs connaissances actuelles, leurs expériences personnelles, leurs émotions du moment et beaucoup en fonction des interactions sociales du moment. Ça demande de la tolérance à l’ambiguïté. Je crois qu’il faut tomber en amour avec notre pourquoi (intention pédagogique), pas notre comment (itinéraire ou façon d’y arriver).

Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. @bourmu

DONNER DES DIRECTIVES / APPRENDRE À RÉFLÉCHIR ET AUTONOMISER

Pour développer des humains en perpétuel devenir, il faut leur enseigner à se fixer des objectifs personnels, à passer à l’action et à déterminer eux-mêmes leurs prochaines étapes en fonction de leurs progrès. Le processus. Devenir. On ne devient pas compétent le 22 novembre. Le 22 novembre, on constate à quel point on est compétent. C’est tout. Et on continue le 23 novembre, et le 24… Un élève ne peut pas s’autoréguler si tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre des directives et d’obéir. Pour apprendre en profondeur et devenir l’entrepreneur de sa vie, l’élève doit apprendre à réfléchir et être conscient de son pouvoir d’action dans sa propre vie. Ça, ça se vit au quotidien. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend en note du tableau.

ÊTRE ATTENTIF ET ÉCOUTER / AVOIR UNE VOIX, AGENTIVITÉ

Être attentif et écouter des directives, ça a sa place en éducation. Bien sûr. Mais ce n’est pas la finalité. Ça s’insère dans un processus qui amène l’élève à trouver sa voix et à l’exprimer positivement pour contribuer au monde autour de lui. Pour que l’élève soit actif dans sa communauté, il doit pouvoir être actif et influencer ce qui se vit dans son école. On remarque un intérêt marqué pour l’entrepreneuriat dans les écoles, et pour cause. Les élèves sont les leaders d’aujourd’hui. Ils SE dirigent.

ÊTRE LIMITÉ PAR LES CONTRAINTES / ÊTRE INSPIRÉ PAR LES POSSIBILITÉS

Dans une de mes lectures, l’auteur dont j’oublie le nom mentionnait que la majorité des possibilités dans nos vies sont entourées de contraintes ou de défis à surmonter. Selon lui, relever un défi ou contourner une contrainte est le prix à payer pour avoir accès à chacune des possibilités qui s’offrent à nous. Les défis et les contraintes sont nombreux en éducation. Certains se disent incapables de faire autrement alors que d’autres innovent, inspirés par les possibilités que nous offre l’ère du numérique. J’aime bien cette citation de Seth Godin : « Les leaders transformationnels n’ignorent pas le monde dans lequel ils vivent. Ils décrivent plutôt l’avenir qu’ils tentent de créer.» On ne peut pas ignorer les contraintes et les défis en éducation. Ils sont réels. Les possibilités aussi. Tout dépend de notre focus.

LE MONDE AUTOUR DE NOUS / LE MONDE QUE NOUS PORTONS EN NOUS

La majorité de nos programmes nous invitent à comprendre le monde autour de nous. Rien de mal avec ça. Le monde autour de nous, il était là avant notre naissance et il sera encore là après notre décès. Mais il y a un autre monde, le monde qui existe seulement parce que nous sommes là. Il importe de prendre le temps d’apprendre à connaître le monde que nous portons en nous. Ce n’est pas mon domaine d’expertise mais je me dis qu’il y a sûrement un lien entre bien se connaître, le bien-être et le sentiment de bonheur. La connaissance de soi, c’est au coeur de l’apprentissage en profondeur, des êtres en perpétuel devenir, à mon avis. Et si nous explorions ce monde-là avec les élèves?

LE MODÈLE PRESCRIT / LA CRÉATIVITÉ ET L’INTUITION

Nous avons donc le choix de suivre le programme, de suivre le manuel et de continuer à bien faire les choses à l’intérieur de la boîte. Rien de mal avec ça. Mais ce n’est pas là que la magie s’opère. Nous avons aussi le choix d’essayer d’être créatifs et de faire confiance à notre intuition, cette petite voix qui voudrait parfois nous voir emprunter une piste innovante. Innover, c’est aussi simple que d’arrêter de faire quelque chose qui n’a plus sa place, si on part de l’intention pédagogique et de la finalité. C’est un peu ça, le changement de paradigme. On commence par arrêter de faire des choses qui n’ont plus leur place, qui ne sont plus cohérentes avec nos finalités. Et ça fait de la place pour de nouvelles pratiques et de l’enthousiasme pédagogique.

L’ISOLEMENT / LE RÉSEAU

L’enseignement est une profession exigeante. Et c’est peu dire. Qui gagne à travailler seul? Je vous invite cordialement à vous joindre à la grande communauté de passionnés sur Twitter. On a besoin de vous, de vos questions, de vos idées. Visitez le #leadped. Juste du bon monde 🙂 En 2019, l’isolement est un choix qu’on fait.

Et vous? Quels changements de focus ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de partager vos idées 🙂

 

 

Une organisation apprenante fait ces 2 choix.

Dans les événements auxquels je participerai cette semaine, il sera question de développement professionnel et du concept d’une organisation apprenante. Ce matin, j’écris pour réfléchir, pour créer de la clarté dans ma tête. Qu’est-ce qu’une organisation apprenante? Hmmm… À première vue, je vois deux choix importants que doit faire toute organisation si elle veut développer une culture d’apprentissage. Je vais essayer d’être bref. Vous êtes prêts?

Une organisation apprenante choisit la mentalité de croissance.

On parle beaucoup de la mentalité de croissance depuis quelques années. En effet, les recherches de Carol S. Dweck démontrent clairement l’impact de la mentalité (fixe ou de croissance) d’un individu sur sa capacité à atteindre son plein potentiel. C’est logique quand on prend connaissance des définitions. Voici une traduction libre des mentalités (Adapté de Mindset : The New Psychology of Success).

Mentalité de croissance : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité peuvent s’améliorer de façon significative avec de l’effort (E), des stratégies (S) et l’aide des autres (A). Croire qu’on peut se développer.

E + S + A = Croissance

Mentalité fixe : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité sont taillées dans le roc. Croire qu’on ne peut pas se développer.

On comprend rapidement quelle mentalité nous permet d’atteindre notre plein potentiel. Or il faut voir les mentalités comme des pôles. Personne n’a toujours une mentalité fixe ou de croissance. On tend vers l’une ou l’autre naturellement et des événements nous font tendre vers l’une ou l’autre des mentalités. Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’on peut choisir d’avoir une mentalité de croissance et ça a tout un impact sur notre relation avec l’effort et l’échec, en cours d’apprentissage.

Mais qu’en est-il des organisations (classe, école, commission scolaire…)? Les organisations peuvent-elles avoir une mentalité? On parle souvent de la culture d’une école. La culture d’une école, c’est ce qu’elle fait, c’est ce qu’on voit. Forcément, la culture d’une école vient de sa mentalité. On fait ce qu’on pense après tout.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres.

Selon Carol S. Dweck, la caractéristique première de la mentalité de croissance, c’est le désir de sortir de sa zone de confort et de persévérer quand, et surtout quand, le défi est de taille. Pas de problème en éducation. Le défi est de taille en permanence 😉

Une organisation apprenante valorise donc l’effort, l’entraide et la place de l’erreur dans le développement des personnes de l’organisation. Elle valorise le processus. Pas les résultats actuels. C’est big ça. J’en parlerai plus longuement dans un autre billet.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres. @bourmu

Une organisation apprenante choisit de s’engager dans un processus d’amélioration continue.

Si une organisation apprenante valorise le processus, elle doit s’engager dans un processus d’amélioration continue. Évidemment, il faut avoir le goût de s’améliorer aussi. Ça aide 🙂 On sous-entend ici qu’on apprend pour s’améliorer.

Je vous présente donc un processus d’amélioration continue sur lequel @monsieurhunter et moi travaillons depuis un certain temps pour soutenir le développement d’une culture d’apprentissage dans les écoles. C’est une oeuvre en cours.

L’idée ici, c’est de garder les choses simples et le processus doit pouvoir s’appliquer à tout le monde, à tous les niveaux du système et se vivre individuellement, en équipe ou en réseau.

Processus d'amélioration continue (1).png

Planifier et améliorer (co-planifier) :

Une étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est l’intentionnalité. L’amélioration n’arrive pas par hasard. Il faut la souhaiter, mais surtout la planifier.

Le mot clé ici : intention

Lorsqu’on innove, lorsqu’on essaie une nouvelle pratique, lorsqu’on intègre une nouvelle technologie, on sait ce qu’on souhaite qui se passe. On a une intention. On pourrait même le voir comme une théorie d’action. Si… alors… Dans les dernières années, la théorie d’action systémique en éducation pourrait se lire comme suit :

Si nous intégrons efficacement la technologie dans les salles de classe, alors les élèves seront plus engagés et apprendront mieux.

Quand on essaie quelque chose de nouveau, c’est parce qu’on veut de meilleurs résultats. Nous savons aujourd’hui que la technologie est un levier, pas la solution. C’est pourquoi nous nous tournons vers les usages, les pratiques pédagogiques et le leadership. Le système, c’est du monde!

Agir et observer (co-enseigner/co-observer) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est le moment où on sort de notre zone de confort. On essaie.

Le mot clé ici : action

En 2018, on parle d’ouverture sur le monde. Une organisation apprenante est ouverte sur le monde, y compris les gens dans la même bâtisse. Je lisais un billet récemment qui suggère (voir la vidéo) que l’apprentissage professionnel le plus puissant est celui qu’on fait avec nos collègues. Je suis d’accord.

On passe donc à l’action et on observe l’impact de ce qu’on a planifié. On observe pour voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne différemment de ce qu’on avait planifié. Cette étape, on la vit de façon isolée. C’est un réglage par défaut du système. Une enseignante par classe après tout.

Une organisation apprenante ajuste ces réglages par défaut et organise des moments où les membres peuvent vivre cette étape cruciale en salle de classe, en petits groupes de 4 à 6 personnes. Oui oui. Vous avez bien lu. On se rend en classe avec les élèves, une personne enseigne ou des personnes co-enseignent et d’autres observent. «Oui mais Marius, mes collègues pourront me voir, en train d’enseigner.» C’est l’idée. Quand vous aurez fait le tour des classes et aurez eu l’occasion d’agir et d’observer, vous verrez que nous sommes tous dans le même bateau. Personne ne fait des miracles. Il faut travailler ensemble.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde. @bourmu

Apprendre et partager (co-objectiver) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne et d’une organisation, c’est l’apprentissage et le partage de ses apprentissages.

Le mot clé ici : partage

On peut très bien apprendre en formation ou lors d’une conférence. On peut apprendre en regardant des vidéos ou en lisant un livre ou un billet de blogue. On peut apprendre où et quand on veut en fait. Mais ici, je tiens à mettre l’accent sur la réflexion qui doit se faire après avoir essayé une nouvelle pratique. On peut passer beaucoup de temps à planifier lorsqu’on essaie quelque chose de nouveau. Mais on n’apprend pas automatiquement de nos expériences. Il faut s’arrêter et réfléchir à ce qu’on peut retirer de notre expérience. Dans mon expérience, peu de gens vivent cette étape de façon intentionnelle.

Mais après avoir réfléchi, après avoir appris, je crois que nous avons tous la responsabilité (morale) de partager ce que nous avons appris avec le gens qui nous entourent. Partager. Avec nos collègues. Avec le réseau.

Une organisation apprenante est une organisation dont les membres partagent ce qu’ils sont en train d’apprendre (présent duratif). Pas seulement ce qui fonctionne. Non non. Il faut partager ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pourquoi ne pas avoir des FAIL-meetings? Pas pour célébrer l’échec comme finalité. L’échec ou l’imperfection comme moyen. Tweak-forward. Une organisation apprenante est toujours en train d’apprendre de ses actions planifiées et intentionnelles.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde.

Quelques remarques au sujet du processus d’amélioration continue :

  • Les étapes ne sont pas linéaires.
  • Chaque étape peut être le point de départ ou le point d’entrée au service de l’amélioration continue.
  • Les flèches montrent qu’il y a du mouvement, mais ce n’est pas nécessairement à sens unique.
  • Par défaut, le processus se vit individuellement. Par design, il se vit très bien collectivement (4 à 6 personnes) dans une démarche d’accompagnement.

Il va sans dire qu’une organisation apprenante doit se doter d’un langage commun (amélioration continue, leadership, pédagogie) pour que tous les membres se comprennent. Ça fait aussi partie du processus 🙂

Finalement, une organisation apprenante, je pense que c’est une organisation qui choisit une mentalité de croissance et dont tous les membres choisissent de s’engager, individuellement et collectivement, dans un processus d’amélioration continue.

Vous faites partie d’une organisation apprenante?

Apprendre, ça rend heureux!

Une organisation CHOISIT d’être apprenante.

C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Merci de vos commentaires 🙂

La présentation orale… inversée?

La stratégie suivante a été présentée hier soir dans le cadre de notre tout premier webinaire : Tout pour réussir le #défi20prof. Vous pouvez voir l’enregistrement du webinaire ici.

Les présentations orales font partie de l’expérience d’apprentissage des élèves. Dans pratiquement toutes les matières, les élèves sont invités, à un moment donné, à faire une présentation orale devant leurs pairs. C’est un processus qui prend beaucoup de temps dans la classe. Jusqu’à 4 et même 5 périodes de 60 à 75 minutes. La question que je me suis toujours posée est : «Est-ce que cet investissement de temps de classe est un investissement qui en vaut le coût?» Investir tout ce temps pour évaluer un produit ou une performance… Pourtant, notre rôle est d’agir sur le processus, sur ce qui mène au produit de qualité, à la performance… Hmmm. Comment faire alors? Suivez-moi. J’ai une idée 🙂

Le temps

Le temps. C’est tellement important comment on choisit d’investir notre temps avec les élèves, n’est-ce pas? On dit toujours qu’on manque de temps. Si vos élèves présentent seulement deux fois pendant un semestre et que vous investissez 8, 9 et même 10 périodes pour passer, à tour de rôle, chacun des élèves dans le but de leur donner une note… Ça vaut la peine? Que font les autres élèves pendant ce temps? C’est comme si un enseignant d’éducation physique demandait à ses élèves de faire la file et de venir, à tour de rôle, faire un lancer au panier, par exemple. Le temps d’attente serait beaucoup trop long pour les élèves qui ne sont pas en action. C’est pour cette raison qu’on place les élèves en petits groupes ou en stations. Afin qu’ils soient en action, qu’ils puissent développer leurs compétences et recevoir de la rétroaction fréquente de leurs pairs ou de leur enseignant, qui circule dans le gymnase.

Investir du temps de classe pour apprendre, pas pour donner une note!

Alors dans le cas des présentations orales, qu’en est-il de l’évaluation au service de l’apprentissage? Comment faire de la place pour agir sur le processus? Impossible de même considérer faire présenter chaque élève afin de lui offrir une rétroaction, et ce, avant «que ça compte». Imaginez investir le temps de 20 périodes, pour 2 présentations orales. Non. Impensable. Et si on utilisait la vidéo! La vidéo pour faire une présentation orale inversée. Inversée parce que le temps de classe serait investi pour placer tous les élèves en action et leur permettre d’agir sur le processus. L’évaluation de la performance ou du processus pourrait se faire à l’extérieur du temps de classe… Après discussion avec ma collègue @maotechno, merci collègue, je vois 4 étapes au processus de la présentation orale inversée, et ce, avant l’évaluation (attribution d’une note) du produit ou de la performance et, mieux encore, pourquoi pas le processus.

Étape 1 : Planifier / créer sa présentation

À l’étape 1, l’élève planifie sa présentation orale et la crée en fonction des exigences et des critères qu’on a co-construits en classe. Puisqu’il est question d’une présentation orale inversée, nous aurons recours à la vidéo comme outil technologique pour soutenir cette démarche. C’est ce qui nous permettra d’avoir accès au premier jet de la présentation orale (processus) dans la classe, sans avoir à prendre le temps de classe pour générer ces premiers jets, un élève à la fois. Alors l’élève planifie en fonction de la forme et du fond de la présentation.

Étape 2 : Réaliser sa présentation

L’élève se pratique à la maison et on l’invite à produire une première ébauche de sa présentation orale à l’aide de son appareil mobile, par exemple. On l’invite à placer sa vidéo dans un espace infonuagique afin qu’on y ait accès en salle de classe. Google docs, Google classroom, YouTube, Google Drive… Choisissez votre méthode.

Étape 3 : Critiquer / Juger

L’élève se présente en classe et on l’invite, en équipes de 3, à visionner la vidéo de ses pairs et à la critiquer/juger dans le but d’offrir une rétroaction descriptive et constructive à partir des critères co-construits avec la classe. On place l’élève dans une posture d’évaluateur en l’invitant à s’appuyer sur des critères. Ça, c’est de l’évaluation EN TANT qu’apprentissage. Super puissant. Ça fait appel à la pensée critique. Ça amène l’élève à développer de l’empathie, à faire preuve de doigté et de tact, à s’ouvrir à la critique et à recevoir de la rétroaction. Vous pouvez encadrer ce processus de façon très structurée, si vos élèves ont besoin de ça pour se sentir en sécurité. Vidéo de 3 minutes et moins; On regarde la même vidéo en même temps (avec nos écouteurs); On prend 5 minutes pour discuter de la vidéo et offrir une rétroaction en utilisant la grille de rétroaction fournie par l’enseignant; On passe à la prochaine vidéo; etc. En 25 minutes environ, l’exercice est fait. Tous les élèves ont visionné 2 vidéos et donné une rétroaction à 2 de leurs pairs et ont reçu de la rétroaction au sujet de leur vidéo. Ou vous pouvez laisser les élèves vivre ce processus à leur façon, s’ils anticipent le succès et que le climat de confiance entre les pairs est présent. Vous connaissez vos élèves. À vous de décider. Mais en une période de 30 minutes, c’est fait. Imaginez la puissance de ce processus!

Étape 4 : Retravailler

Après avoir reçu une rétroaction, l’élève doit la réinvestir et retravailler sa présentation orale (vidéo). Il continue à pratiquer à la maison et il peut revivre ce processus (étapes 2, 3 et 4) à quelques reprises, et ce, SANS PRENDRE PLUS DE TEMPS QU’ON NE LE FERAIT NORMALEMENT. L’avantage? L’élève reçoit de la rétroaction et vit le processus qui mène à un produit ou une performance de qualité. Et l’enseignant a la chance de fournir, lui aussi, une rétroaction à chacun de ses élèves, AVANT «que ça compte».

D’autres avantages

Puisque les élèves produisent une vidéo, on développe cette compétence chez nos élèves. Combien d’entre eux veulent être des YouTubers? Hein!? Ça ouvre la porte à la citoyenneté numérique, les élèves peuvent se voir, eux aussi et s’auto-évaluer. Les parents peuvent voir la performance de leur enfant etc. Et que dire de l’anxiété. Combien d’élèves sont anxieux de présenter devant un groupe? Ce processus permet à l’élève de performer devant une caméra et seulement quelques élèves et l’enseignant lui donneront de la rétroaction. L’enseignant gère qui aura accès à la performance (vidéo) de l’élève. Ici, il faut faire preuve de jugement concernant notre ouverture sur le monde. Il faut impliquer les élèves et leur donner le choix. Qui pourra voir ma vidéo? Que de discussions à avoir avec les élèves… Mais le plus important, c’est qu’on peut mettre l’accent sur le processus et même n’évaluer que le processus. Amener l’élève à nous partager une réflexion sur son processus d’apprentissage. Comment il a vécu les 4 étapes? Qu’est-ce qui l’a aidé? Comment s’est-il amélioré?… Apprendre. Se développer.

Et maintenant?

Alors, chers collègues. Comment allez-vous choisir d’investir votre temps de classe avec vos élèves en ce qui a trait aux présentations orales? Traditionnellement, 2 présentations orales nous coûtent, et le verbe n’est pas trop fort, jusqu’à 10 périodes et les élèves sont passifs 99% du temps, ne reçoivent peu ou pas de rétroactions et on évalue le produit, la performance. Avec la présentation orale inversée, l’élève est actif 100% du temps, a la chance d’obtenir de la rétroaction et on peut évaluer le processus plutôt que le produit. On fait tout ça, en 5 périodes selon moi. 50% moins de temps. 1000% plus riche et stimulant.

La présentation orale inversée, chers collègues.

Repenser l’école, ça peut être ça.

On transforme, l’expérience d’apprentissage des élèves.

N’oubliez pas de demander à vos élèves d’apporter des écouteurs 😉

Merci de vos commentaires!

Un projet 20% pour les enseignants! #Défi20Prof

Ce matin, c’est ma fête. Je me fais un cadeau. J’écris mon premier billet depuis le 10 juin dernier. Assez les vacances! En fait, j’écris ce matin pour lancer un défi à tout le système d’éducation. Un défi de 6 semaines, soit du 5 septembre au 13 octobre. Un projet 20% pour les enseignants! (Silence, Hmmm) «Un projet 20%…….. pour les enseignants?» Oui. Suivez-moi 🙂

En mai dernier, je vous partageais un billet qui propose une démarche pour repenser l’école. Une démarche qui permet de créer une certaine flexibilité afin de personnaliser l’éducation et de permettre aux élèves d’apprendre et de se développer. Le défi que je m’apprête à vous lancer sert à préparer le terrain à une telle démarche, en plus de vous appuyer dans la création de votre relation avec vos élèves, des routines et processus de la rentrée, qui déterminent souvent jusqu’où on pourra aller avec nos élèves pendant un semestre ou une année scolaire. Les 6 premières semaines. Elles sont importantes. On n’en parle pas beaucoup. On en parle là là.

Si vous relevez ce défi, vous allez voir un côté de vos élèves que vous n’avez possiblement pas vu avant. Et vous allez voir un côté de vous-mêmes que vous n’avez possiblement pas vu avant non plus.

Le projet 20% tel qu’on le connaît

Vous avez sans doute déjà entendu parler du projet 20%. C’est habituellement un projet qui permet aux élèves de faire un projet qui les passionne. On leur accorde 20% du temps de classe par semaine pendant 4 à 12 semaines pour réaliser leur projet. Le projet a habituellement 3 composantes (Projet, Produit, Présentation) et se fait souvent en 4 étapes :

Avant

  1. Le choix du projet en fonction des intérêts, talents, passions
  2. Présentation (pitch, ce qu’on va faire) du choix du projet, le pourquoi, les buts, la description, le produit, les échéances…

Pendant

3. Réflexions sur le processus via billets de blogue ou vlog. On partage les itérations, les prototypes, le questionnement… On documente le processus. C’est ce qui sera (devrait être) évalué. Si le projet est évalué.

Après

4. Présentation orale de type TED Talk

C’est une excellente façon de goûter à ce que l’éducation personnalisée nous réserve. C’est une occasion de voir comment nos élèves se comportent lorsqu’ils sont derrière le volant de leur apprentissage. Et pour nous, c’est une occasion d’apprendre ce qui est sensé être notre nouveau rôle en éducation. Celui d’accompagner, de guider, de coacher, de motiver, d’encourager et, aussi, celui d’enseigner. Comme avant. Dans l’école repensée, les enseignants enseignent encore, parlent encore. Mais pas tout le temps. Il y a des avantages à ne pas être celui ou celle qui parle…

Les 7 niveaux de conscience du présentateur

Il y aurait 7 niveaux de conscience lorsqu’on est placé devant un groupe et qu’on doit livrer un message à l’oral. Ça ressemble au contexte d’une salle de classe, ça. Dans l’école repensée, on parle de développer des élèves, des personnes, de développer leurs compétences, de les appuyer etc. Regardez bien les 7 niveaux du présentateur et essayez de déterminer si vous avez déjà vécu et ressenti ces niveaux.

Niveau 1: La frousse – Peur d’être devant le groupe.

  • Défi : Centré sur soi, mode survie

Niveau 2 : Les mots (7% de ce qu’on dit) – Qu’est-ce que je vais dire? Savoir quoi dire. Penser. Être dans sa tête

  • Défi : Dans sa tête, on ne peut pas lire le groupe ou ce qui se passe

Niveau 3 : La voix (38% de ce qu’on dit) – Livraison fluide du message. Les pauses et les silences efficaces.

  • C’est un début

Niveau 4 : Le corps, le non-verbal (55% de ce qu’on dit) – Congruence entre les mots, la voix et le langage corporel

  • Efficacité, crédibilité

Niveau 5 : Divertissement – On divertit l’auditoire de temps à autre, on génère des émotions positives afin qu’ils retiennent les points importants lorsqu’on les livre.

  • On vous écouterait parler longtemps. C’est donc bon!

Niveau 6 : Influence – On réussit à influencer ce que les autres pensent et ils adhèrent à nos idées, nos messages. (p. ex., ils peuvent et vont réussir dans notre classe)

  • Capacité de créer de nouvelles pensées, de nouvelles possibilités dans la tête de l’auditoire

Niveau 7 : Maîtrise (Se passe après  la présentation) – On apprend de la rétroaction et de l’expérience. On s’ajuste et on s’adapte pour la prochaine fois.

  • Perfectionnement. Amélioration continue

Arrêter de parler… Pour VOIR

Ces 7 niveaux peuvent vous aider quand vous parlez. Et vous aurez compris que pour atteindre les niveaux 3 et plus, il faut déjà savoir tout ce qu’on va dire et comment. Dans le quotidien de l’école, nous avons rarement le luxe de prévoir d’avance tout ce qu’on va dire. On sait ce qu’on va faire, mais on figure sur le tas ce qu’on dit. Ce qui fait qu’un enseignant, une enseignante en salle de classe se retrouve souvent au niveau 2. Ça ne veut pas dire que les autres niveaux ne sont pas là. Ce que je veux dire, c’est que si on est dans notre tête et que l’espace de notre lobe frontal est occupé à formuler la prochaine phrase, comment peut-on lire le groupe? Comment peut-on être conscient des progrès que font nos élèves en matière d’habitudes de travail, de respect des routines, d’habiletés d’apprentissage? La conscience. Pour développer nos élèves, pour les développer, il faut d’abord les voir. Pour les voir, il faut se donner une façon de pouvoir arrêter de parler et que l’apprentissage et le développement des personnes se fasse. Vous me suivez?

Le défi 20% pour les profs!

883 mots plus tard, je vous lance finalement le défi. Le voici. Du 5 septembre au 13 octobre, je vous propose le défi suivant.

Le projet

20% du temps (1 fois par semaine), votre cours doit pouvoir commencer sans que vous n’ayez à parler. Dit autrement, votre cours doit pouvoir commencer tout en vous permettant d’observer ce qui se passe dans votre classe. Vos élèves doivent pouvoir se mobiliser, s’autoréguler. Ça vous demandera, dans les cours précédents, de développer la capacité des élèves à s’engager dans des activités d’apprentissage de façon autonome. Fiche d’activité collée sur le mur avec consignes, Google doc avec consignes via Screencastify, fiche de lecture avec réalité augmentée, Google sheets affichant les équipes de travail dès l’arrivée des élèves en classe (projeté), consignes dans Google Classroom… Laissez votre imagination vous guider! Mais une fois par semaine, vous accueillez vos élèves dans votre classe (vous pouvez leur parler et les accueillir!), mais ils doivent s’activer eux-mêmes à l’aide des appuis et de la démarche pédagogique que vous aurez créée. Votre tâche lorsque vos élèves seront installés? Les observer! Les guider! Les soutenir! Leur donner de la rétroaction! Ce format n’a pas à durer toute la période. Vous pouvez commencer avec un bloc de 20 minutes et en discuter avec les élèves. Ils peuvent s’autoévaluer sur leur propre capacité à cheminer dans un tel contexte. Voyez-vous la puissance d’une telle approche, une fois par semaine (20%, mais ça peut être plus;) pendant 6 semaines? Votre classe deviendra très performante et vos élèves vous surprendront. Vous allez VOIR votre classe autrement. De là, d’innombrables possibilités jailliront pour vous et vos élèves.

Le produit

Vous allez produire et raffiner des démarches, des directives, des processus pendant ce défi de 6 semaines. C’est ça votre produit. Ce que je vous invite à faire, c’est de partager avec la communauté #défi20prof ce que vous apprenez, ce qui fonctionne pour vous. Rien de compliqué. Je vous invite également à publier 1 billet de blogue à mi-chemin dans le défi (disons entre le 22 et le 26 septembre) en utilisant toujours le #défi20prof. Le billet de blogue vous aidera à mettre des mots précis sur votre démarche réflexive et vous permettra de mettre de l’ordre dans vos idées. De plus, toute la communauté #défi20prof sera enrichie de votre expérience.

La présentation

Oui, vous avez bien lu. Il y a une présentation à faire pour clore le défi! Le défi prend fin le 13 octobre. Si on se disait que le 17 octobre, toutes les enseignantes et tous les enseignants qui ont relevé le défi publient sur #défi20prof une vidéo (témoignage bien simple, pas de montage) de 3 minutes et moins afin de partager ce qu’ils ont appris, quels défis ils ont dû relever, ce qu’ils feraient autrement et, surtout, l’impact sur les élèves (engagement, fonctionnement, processus, autonomie) et ce qu’ils ont apprécié. Le cerveau collectif, chers collègues. On a les outils pour le faire.

Je suis convaincu que ce défi vous permettra de faire prendre de l’expansion à l’impact que vous avez sur vos élèves. C’est également un défi qui met bien la table pour faire vivre un projet 20% à vos élèves, de la mi-octobre à la mi-décembre. Vous auriez le vécu pour bien réussir avec vos élèves… Que de possibilités!

Alors voilà chers collègues, le défi est lancé. J’ai choisi le Projet pour vous. Je sais, je sais. Il ne vous reste que le Produit et la Présentation. Je vous invite à manifester votre intérêt et à commencer à vous appuyer les uns les autres sur le #défi20prof.

Pour ma part, je vais vous lire et contribuer du mieux que je peux.

Ça sent la rentrée! Ça sent le #défi20prof !

Bon succès et amusez-vous!

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Quand l’inukshuk tombe sur la tête

Mise en garde. La lecture de ce billet exige de la réflexion. Êtes-vous prêts? Ok Go!

L’objectif de ce billet est de partager une première ébauche d’un processus qui, à mon humble avis, peut nous aider collectivement à sérieusement repenser l’école. Quand l’inukshuk tombe sur la tête… Je m’explique plus loin.

Mise en contexte

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «… notre capacité systémique à évaluer et à enseigner les compétences, en contexte, c’est la clé ultime qui nous permettra de transformer complètement, de personnaliser l’expérience d’apprentissage de nos élèves (…) il ne nous manque que nos lunettes.» Mais comment trouver nos nouvelles lunettes?

Des idées du réseau

Voici quelques idées partagées par les gens dans mon réseau. Merci!!!

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Jessica Charland Allocca a partagé cette vidéo qui illustre l’importance de tenir compte de la progression de l’élève dans l’acquisition d’une nouvelle compétence.

Jacques Taillefer affirme que «Nous n’avons qu’à jeter un coup d’œil à certains systèmes d’éducation en Europe pour les adapter à notre réalité et passer à l’action OPV. Le bien-être de trop d’enfants et la santé même de notre société sont en jeu. Non ce n’est pas trop dramatique, si on juge l’épidémie de santé mentale chez les jeunes, les résultats au post-secondaire et la transition vers le gagne-pain. (…) Et un plan de formation basé sur des compétences spécifiques à acquérir de façon progressive. Et que ces compétences seront valorisées et feront même partie de l’observation professionnelle formelle. R=E+M…»

Pour sa part, Vincent Carrara affirme que «C’est un bonheur que d’imaginer une paire de lunettes à travers lesquelles l’enseignant et l’élève pourraient cheminer vers une meilleure compréhension de ce monde en évolution constante. L’acte d’évaluer serait tellement plus puissant s’il était initié spontanément et mesuré dans un contexte visant la quête de l’épanouissement personnel, en exigeant une rigueur personnelle de soi, sans avoir la contrainte de livrer la bonne réponse.» 

Ces commentaires des gens dans mon réseau me font penser à cette image qui propose une nouvelle vision de ce que pourrait être le succès, dans l’école repensée.adobe-spark-10

Je vous propose donc une démarche à la Google Maps. Il faut d’abord prendre conscience de notre position actuelle, savoir où on veut aller, et se donner un moyen pour y arriver. 

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Notre position actuelle

Dans le contexte actuel, le point de départ, c’est le programme. Dans la démarche d’enseignement/apprentissage actuelle, en Ontario, Faire croître le succès, la politique en matière d’évaluation du rendement de l’élève, nous propose un excellent modèle d’enseignement. L’inukshuk, qui s’appuie sur la recherche. Ce modèle nous aide à placer l’élève au centre de son apprentissage, et ce, peu importe le niveau ou la matière qu’on enseigne. Je l’explique dans ce billet qui date de 2012 et qui est encore actuel. Je reprends aujourd’hui le visuel de l’inukshuk, à droite. J’ai inversé 5 et 6, je sais 🙂

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Les pierres de l’inukshuk étant numérotées, on peut facilement penser que la démarche d’enseignement/apprentissage sera linéaire. Il n’y a rien de mal là-dedans. Or il y a plusieurs façons d’appliquer cette démarche.

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1. À partir du programme, on cible les résultats d’apprentissage visés.

2. On co-construit les critères d’évaluation avec les élèves.

3. On assigne des tâches/travaux qui amènent les élèves à générer des preuves d’apprentissage (leurs productions, nos observations, nos conversations avec eux).

4. On leur donne de la rétroaction en s’appuyant sur les critères.

5 et 6. On invite les élèves à être évaluateurs. Ils s’auto-évaluent ou évaluent leurs pairs en s’appuyant sur les critères.

7. On invite les élèves à se fixer des objectifs d’apprentissage personnels, à être actualisés dans la prochaine étape (prochain travail).

Tout ça, AVANT que ça compte au bulletin. Ce qui fait que QUAND les élèves apprennent est plus important que SI ils apprennent, faute de temps, comme l’illustre l’image suivante.

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La destination souhaitée

Dans mon dernier billet, j’affirmais que «Dans un système en transition vers une approche personnalisée, axée sur le développement des compétences, je crois que nous vivrons le processus inverse de celui vécu avec la grille d’évaluation globale. En effet, nous avons déjà commencé par changer notre pratique, commencé à personnaliser l’éducation. Nous réussissons très bien à intégrer la technologie. Mais là, on cherche les lunettes. Quelles seront nos nouvelles lunettes?» Pour évaluer les élèves et enseigner des compétences. Avant de trouver nos nouvelles lunettes, il importe de savoir où on veut aller. Qu’est-ce qu’on veut voir dans l’école repensée? Plusieurs idées circulent à ce sujet. Personnaliser l’école, être flexible, respecter la progression de chaque élève, développer des compétences comme l’autonomie et la créativité, contribuer au monde, publier le fruit de nos apprentissages à des auditoires réels, évaluer autrement, etc. Ce que ça donne, en bout de ligne, c’est qu’on souhaite que le projet 20% devienne le projet 100%. En principe. L’école personnalisée à 100% aurait pour point de départ les objectifs d’apprentissage personnels de l’élève. Ses passions, ses intérêts. Les problèmes réels auxquels il veut contribuer. Les diverses façons concrètes par lesquelles il veut contribuer au monde réel. Cette image illustre, en partie, ce à quoi pourrait ressembler le modèle de l’école complètement personnalisée. Et c’est ici que l’inukshuk tombe sur la tête. Que les objectifs d’apprentissage personnels des élèves font partie du point de départ.

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C’est donc dire que les élèves se présenteraient à l’école pour faire cheminer leurs projets. Le rôle de l’enseignant serait alors de les aider à planifier les étapes de leurs projets en tenant compte du programme et des critères de réussite, de leur fournir du soutien, des conseils, de la rétroaction, de leur fournir des occasions de réflexion, de les réseauter avec les bonnes personnes…  Ça ressemble drôlement à de l’entraide ça! À la fin, les élèves atteignent leurs objectifs. En fait, tout au long de leur cheminement, ils se rapprochent de leurs objectifs. C’est le processus qui les y amène. Ce n’est pas ponctuel. L’assiduité est donc importante. Pas à l’école? Le projet n’avance pas. Un cours raté, ça ne se reprend pas, dans l’école repensée. C’est comme manquer un entraînement au gym. Et pour l’enseignant, il reste les bulletins. Je n’arrive pas à m’imaginer que les bulletins vont disparaître. Et c’est là que nous avons besoin de nos nouvelles lunettes. Des lunettes pour voir. Les crochets représentent ce que les enseignants ont besoin d’être capables de voir (quand les élèves relèvent des défis en robotique, par exemple), de documenter en cours de route pour répondre aux exigences du système. Où est le programme? Quelles compétences sont développées? Quels critères de réussite et de performance ont été atteints? Oui chers collègues, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Mais nos nouvelles lunettes, nous ne les avons pas. Pas encore. Not yet! Parce que nous ne les avons pas encore cherchées. Jusqu’à maintenant!

Et si on se donnait un processus pour trouver nos lunettes!

J’ai participé au Sommet de l’iPad et du numérique à Montréal la semaine dernière. Dans son atelier, Normand Brodeur recommandait que l’enseignant adopte une posture de chercheur, pour apprendre à naviguer les informations en ligne. Pour apprendre à distinguer le vrai du faux. Et si nos écoles adoptaient une telle posture? Pas pour distinguer le vrai du faux, mais pour trouver nos nouvelles lunettes. Que se passerait-il si une école se donnait comme mandat dès la rentrée de demander à tous leurs élèves de faire un projet. Individuel ou en équipe. Un projet axé sur leurs talents, leurs intérêts, leurs passions. Un projet qui contribue au vrai monde. Détail important : le projet ne serait pas évalué au bulletin. (Silence) Non. Cette année, les élèves, nous prenons un peu de temps (5, 10, 15, 20%) pour des projets qui nous passionnent. Et on va s’entraider. Mais on le fait sérieusement. Appelez ça une stratégie pour le bien-être de nos élèves, un projet de citoyenneté numérique, un projet 20%. Peu importe. L’idée, c’est qu’une école se donne un processus et une intention. Tout le long du projet, on documente ce qu’on observe, ce qu’on apprend, nos questions, nos idées, nos barrières. À la fin, on réfléchit à ce qui vient de se vivre. On découvre nos lunettes. Ensemble. On essaie de trouver où était le programme dans tout ces projets-là. Quelles compétences ont été développées? On essaie de déterminer combien les élèves ont progressé. Combien de choses ils ont apprises. Dans le programme ou non. Et ensuite on réfléchit à ce que ça prendrait pour qu’on puisse le faire entrer dans les paramètres du système, pour qu’on puisse avoir cette approche plus souvent. Pour passer au projet 50% etc. Vous me suivez? Un projet de recherche collectif, pour trouver comment enseigner, personnaliser et évaluer dans l’école repensée. Voici une première ébauche d’un visuel pour nous appuyer.

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Parce qu’il faut sortir des sentiers battus pour repenser l’école!

Pour repenser l’école, il va falloir sortir des sentiers battus. Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue… On peut atteindre la cible, si on la voit et qu’elle ne bouge pas. Mais si la cible, c’est le processus. Le processus, c’est être en mouvement, en développement de compétences. Le seul critère ici, c’est d’arriver à notre fin et de croître. C’est donc une démarche qui est davantage axée sur l’expérimentation, la réflexion et la croissance collectives que sur l’atteinte de cibles pré-déterminées. How far can we grow? Quand nous aurons suffisamment de vécu dans cette autre façon de faire l’école, probablement que le retour à la démarche de l’inukshuk telle qu’on la connaît sera possible, un élève à la fois.

«Si on sort des sentiers battus, qu’on ne sait pas comment se rendre à destination, comment peut-on connaître les critères d’évaluation AVANT de partir? On les découvre, au contraire, sur la route de la découverte et on peut mieux les identifier dans un exercice d’objectivation, de réflexion, de quête d’amélioration continue…»

L’analogie LEGO

Quand on choisit une boîte de legos, on choisit l’image sur le dessus. Ça nous stimule et ensuite on assemble les pièces en suivant la démarche proposée. On choisit l’image qui nous intéresse. Dans notre quête de faire l’école autrement, voit-on tous la même image sur la boîte de legos? Nous avons toutes les pièces présentement. Les pièces n’ont pas de sens tant qu’on n’a pas vu l’image sur la boîte. C’est ça qu’on doit trouver ensemble. Quels sont les éléments communs et différents sur la boîte de l’école repensée?

Pour pouvoir aider les élèves…

En conclusion, quand l’inukshuk tombe sur la tête, on personnalise l’éducation. Les objectifs d’apprentissage personnels de nos élèves, leurs passions et intérêts, deviennent le point de départ. C’est intéressant. Les élèves se présentent à l’école avec leur programme. Ils deviennent les entrepreneurs de leur vie. Notre rôle? Les aider. Dans le modèle traditionnel, notre rôle est de les accompagner dans une démarche que nous connaissons, que nous avons déjà vécue en tant qu’élève et que nous vivons depuis X nombre d’années en tant qu’enseignants. Nous pouvons donc très bien les aider. Pour pouvoir les aider dans un modèle personnalisé où les élèves deviennent les entrepreneurs de leur vie, il faut être passés par là, nous aussi! Pour aider un apprenant à vie, pour aider un entrepreneur, il faut l’être soi-même. Personne n’aime recevoir de l’appui de quelqu’un qui est mal placé pour l’appuyer.

Nous avons un bon bout de chemin de fait, chers collègues. Il ne nous manque que nos lunettes. Dans le cadre du Sommet de l’iPad, un conférencier (j’oublie qui) a affiché une diapo qui disait quelque chose comme «Learning is the job of the future.»

Il serait donc intéressant :

  1. D’adopter une posture de chercheur, seul ou en équipe-école.
  2. De devenir, intentionnellement, des apprenants à vie, les entrepreneurs de notre vie.

Bon succès et merci de vos commentaires!

C’est une question de mentalité… d’abondance!

Vous êtes-vous déjà arrêté pour regarder les vagues qui déferlent sur la plage au bord de l’océan? C’est tellement beau. Je lisais récemment que l’abondance, c’est un peu comme ça. On ne se demande jamais si un jour les vagues cesseront de déferler. Il y a assez de vagues pour tout le monde et il y en aura toujours. Or dans d’autres contextes, on peut parfois avoir l’impression de vivre dans l’insuffisance. Prenons l’exemple d’un enfant dans une réunion de famille. La nourriture est placée sur la table dans des bols et des assiettes, les gens se servent. Au début, l’enfant a une mentalité d’abondance. Wow! Toute cette nourriture! Il partage avec les autres. Mais quand il ne reste que quelques croustilles dans le bol, que les gens se regardent en se disant, «qui prendra les dernières croustilles?», l’enfant n’hésite pas à se servir et à prendre la dernière croustille. Placé devant l’insuffisance, l’enfant se sert et garde pour lui. Entre temps, l’hôte arrive avec un autre sac de croustilles pour remplir le bol. Et là, croustilles en bouche, l’enfant tend une moitié de croustille à un invité. «Tiens, tu en veux? Il y en a d’autres.» Le bol est plein. L’abondance est de retour. On peut partager, il y en a assez. Quand on est enfant, c’est normal d’agir ainsi. Comme adulte, c’est autre chose.

Choisir l’abondance

Et si l’abondance était un choix, une mentalité? L’abondance serait alors à la portée de tous. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Plus que toute autre chose, je crois que nous avons tous, en nous, une abondance de potentiel inexploré, inexploité. Comme le dit si bien Charles Schulz : «Life is like a ten-speed bike. Most of us have gears we never use.» Il faut être intentionnel et conscient pour tirer le maximum de son potentiel, pour repousser ses limites. La croissance n’arrive pas par hasard.

2 questions pour vous :

  1. Qu’est-ce qui vous empêche d’atteindre votre plein potentiel présentement?
  2. Combien d’effort et d’énergie êtes-vous prêts à mettre pour atteindre votre plein potentiel?

Adobe Spark (22)

L’école repensée : l’école de l’abondance

En éducation, j’ai toujours eu tendance à être plus optimiste, à adopter une mentalité d’abondance. Or le système traditionnel entretenait davantage une mentalité d’insuffisance. Pensez-y. Alors choisir d’avoir une mentalité d’abondance en éducation, ça nous amène à voir les choses autrement. Je vous partage aujourd’hui quelques idées qui peuvent nous aider à repenser l’école, avec une mentalité d’abondance. En fait, l’école repensée, c’est l’école de l’abondance.

L’abondance de talents

Tout le monde a des talents. L’école n’est pas conçue pour les identifier, pour les faire jaillir. Tant chez les élèves que chez les adultes. On veut «s’améliorer». Non. Ce concept est tellement bien ancré dans notre ADN institutionnel. On trouve plutôt les erreurs, on les cherche même. Après tout, on fait de la «correction». On corrige nos élèves. Et dès qu’ils performent sous la moyenne dans une matière, on leur fait passer plus de temps dans leur faiblesse pour les ramener à la moyenne. Et pour y arriver, on va jusqu’à les sortir de leur zone de force, d’une matière où ils réussissent bien, pour qu’ils passent plus de temps dans leur zone de faiblesse. La moyenne. Dans la vraie vie, personne ne paie pour un produit ou un service moyen. Pensez-y. L’école repensée, c’est là que ça commence. Tous nos élèves ont des talents, des forces. Il faut les trouver avec eux et les amener à développer leurs expertises. Les amener à se réaliser. La différenciation, la personnalisation, ce n’est pas pour créer des élèves moyens qu’on en parle. C’est pour développer des personnes, des expertises. Pensez à l’expertise inexploitée qui se trouve dans votre classe, dans votre école présentement.

L’abondance de temps

Pour développer les talents de nos élèves, il faut prendre le temps. Du temps, il y en a amplement. Pensez un instant à un monde de l’éducation sans bulletins. Comment enseigneriez-vous dans ce monde? Votre démarche pédagogique aurait l’air de quoi? Pour que «ça compte» pour vous et les élèves, quelles conversations auriez-vous avec les élèves? 1, 2, 3 go! C’est ce qu’il faut faire. Là là. Pour y arriver, il faut savoir pourquoi on enseigne le contenu qu’on enseigne. À quoi il sert dans la vraie vie. Prendre le temps de développer les talents de nos élèves signifie que l’enseignant devient un prestataire de contextes. On veut enseigner le contenu, en contexte authentique, pas d’un manuel. C’est pourquoi la réalité virtuelle est si importante dans certains cas. Ça nous place en immersion dans un contexte. C’est en contexte qu’on découvre nos talents, qu’on acquiert des connaissances, qu’on développe des compétences. Le temps, on en a. Mais on n’a plus le temps de continuer à évaluer continuellement nos élèves. Pas si on veut qu’ils apprennent pour vrai. On n’allume pas un feu avec un thermomètre! On n’attise pas la flamme de l’apprentissage à coup d’évaluations.

L’abondance d’information

Avec le numérique, on s’entend que ce n’est pas l’information qui manque. Nos élèves ont besoin de savoir comment naviguer cette information. Comment l’interpréter, comment choisir de croire ce qui est vrai, comment être conscient de l’intention de communication, comment gérer l’information. Dans cette abondance de l’information, nos élèves ont besoin d’apprendre comment aller en profondeur. Comment garder le focus sur un concept, une idée et aller en profondeur. Aller en profondeur, ça prend du temps. Aller en profondeur nous permet de développer des compétences, des habiletés de la pensée. C’est plus facile d’aller en profondeur quand on y est déjà allé. Le transfert se fait mieux. Plus on y va. Plus on fait des liens, plus on devient conscient. Dans cet océan d’information, les vagues déferlent pas mal vite. Et oui les élèves ont encore besoin de connaissances. C’est sûr. Mais ils ont besoin de tellement plus que ça. Les élèves ne viennent plus à l’école pour prendre des notes et les apprendre par coeur. Les tableaux doivent servir à autre chose. À rendre leur pensée visible? C’est une idée. Le travail que fait l’enseignant quand il choisit l’information qui sera présentée aux élèves, ce travail intellectuel, les élèves ont besoin de le faire aussi. Les élèves viennent à l’école pour… (complétez la phrase) Votre réponse est importante. C’est ce qui détermine ce qui se passe dans votre classe présentement.

L’abondance de possibilités

Avec le potentiel humain qu’il y a dans nos écoles jumelé aux possibilités que nous offre le numérique, tout est possible. Pensez-y. Revoyez l’image plus haut. Combien de vitesses ont nos élèves? Quand on achète un vélo, c’est fixe. On sait qu’il y en a dix ou 18. Quand on accueille nos élèves dans notre classe… Tout est à découvrir. Quand on se met à voir les choses autrement, quand on adopte une mentalité d’abondance, les barrières tombent et tout devient possible.

Je vous laisse avec une courte histoire.

Xavier et son chien Max

Un jour, un garçon de 12 ans nommé Xavier reçoit un texto de son ami.

«Mon chien vient de se faire écraser par une voiture! Il est mort!»

Le jeune garçon, bouleversé, ne sait quoi répondre. Bonhomme triste. Pour le reste, il attendra de voir son ami en personne.

Xavier se met immédiatement à penser à son chien Max. Le garçon habite en ville et sa petite cour arrière n’est pas clôturée. Max passe donc ses journées attaché dans la cour. Cette pensée attriste le garçon.

Le soir, avant de s’endormir, Xavier est déchiré à l’idée que son chien pourrait mourir lui aussi. Il se met alors à imaginer Max qui court à la ferme de son grand-père. Dans le sous-bois et la vallée, avec les vaches. Max serait tellement plus heureux là-bas avec autant d’espace pour courir.

Le lendemain matin, Xavier, décidé de libérer Max de sa chaîne, s’organise avec ses parents et son grand-père pour que Max aille vivre à la ferme, et ce, même si cela signifie qu’il ne le verrait pas souvent.

6 mois plus tard, Xavier se rend à la ferme de son grand-père. Il a tellement hâte de revoir son chien. En sortant de la voiture, Xavier s’écrie : «Max, Max, vient mon chien! Max!». En un instant, Max bondit sur Xavier, qui se laisse lécher le visage partout. Il est tellement content de revoir son chien.

Son grand-père arrive et lui dit : «Xavier, regarde bien ça. Max, va chercher les vaches! Vas-y!» Max se met à courir vers la vallée. Quelques minutes s’écoulent avant qu’on aperçoive Max qui ramène, comme un pro, les vaches vers l’étable en aboyant de temps à autre.

Xavier n’en revient pas. Il se tourne vers son grand-père et dit : «Mais grand-père, comment as-tu fait ça? En seulement 6 mois!»

Le grand-père s’approche de Xavier, lui met la main sur l’épaule et lui dit : «C’est toi qui as fait ça Xavier. Quand tu as décidé de détacher Max et de lui permettre de venir vivre ici. Tout ce temps-là, Max portait ça en lui. Il était fait pour ça.»

Tout étonné, Xavier se met à réfléchir : «C’est moi qui ai fait ça…»

Dans l’école repensée, combien d’élèves découvriront, eux aussi, qui ils sont?

Pour les adultes dans l’école actuelle, essayer de voir les choses autrement, c’est un peu comme se libérer des chaînes de l’ADN institutionnel, qui a été bon mais qui doit être repensé.

Repenser l’école, c’est une question de mentalité d’abondance.

Tout est possible.

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