Il faut sortir de SA boîte pour penser à l’extérieur de LA boîte!

Il faut penser à l’extérieur de la boîte! On l’entend beaucoup dernièrement. Je me demande tout ce que ça implique, penser à l’extérieur de la boîte.

Je réfléchis beaucoup dernièrement aux prochaines étapes systémiques en éducation. À la stratégie numérique au Québec. À nos prochaines étapes en Ontario. Au profil de sortie des élèves qui seront passés dans un système en plein virage au numérique. Je me pose des questions comme :

  • À quoi doit servir l’éducation?
  • Quels sont les indicateurs de réussite d’un système qui éduque à l’ère du numérique?
  • Quelles stratégies systémiques peuvent et doivent être déployées et soutenues à grande échelle?
  • Quels changements au niveau des croyances institutionnelles doivent être faits pour réussir?

La conscience

Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. Dans This is Water (voir vidéo), David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Sommes-nous conscients comme système d’éducation? Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats si on veut vraiment obtenir de meilleurs résultats. Regarder plus loin que nos actions aussi. Après tout, nos actions viennent de nos croyances.

« Until you make the unconscious conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » Carl Jung

Les croyances

Dans le virage au numérique, on entend souvent parler de l’école traditionnelle. De cette ancienne façon de faire les choses. Que l’enseignant n’est plus là pour transmettre des connaissances, comme autrefois. C’est qu’autrefois, la croyance était que les élèves étaient comme des vases vides qu’on devait «remplir» de connaissances. La plupart des gens ne croient plus cela. Mais qu’est-ce qu’on croit au juste? En latin, «Éducation» se dit «Educo», qui signifie «faire sortir de l’intérieur, tirer hors de». Si nos élèves ne sont pas des vases vides, c’est qu’ils sont des vases pleins. Pas très beau comme image mais la métaphore illustre bien l’idée qu’ils portent déjà en eux toutes leurs réponses, toute leur vérité, inconsciemment. Notre rôle, le rôle du système, serait donc de «faire sortir de l’intérieur», d’amener nos élèves à prendre conscience de leurs réponses, de leurs compétences, de leurs aspirations, de leurs talents.

Question : Comment les mécanismes d’amélioration systémiques peuvent-ils être conçus pour «faire sortir de l’intérieur», pour soutenir une prise de conscience des membres qui sont sensés dispenser le nouveau modèle d’enseignement?

En latin, «Éducation» se dit «Educo», qui signifie «faire sortir de l’intérieur, tirer hors de».

Nous sommes tous dans notre boîte

On entend souvent l’expression «Il faut penser à l’extérieur de la boîte». Imaginez que vous êtes dans une boîte, fermée. Votre niveau de conscience vous donne accès à l’intérieur de la boîte seulement. Pas facile de penser à l’extérieur de la boîte dans une telle situation. C’est pourtant la nôtre présentement. Imaginez que les instructions pour votre vie soient collées sur l’extérieur de la boîte. Comment pouvez-vous y avoir accès? Comment pouvez-vous avoir accès à VOS instructions, pour vivre pleinement VOTRE vie? La vérité est qu’il est impossible pour vous d’améliorer ou d’agir sur un aspect de votre vie si vous n’en êtes pas conscient. C’est impossible. C’est pourquoi nous avons besoin d’un réseau, de mentors pour nous aider à avoir accès à des niveaux supérieurs de réflexion et de conscience. Parce qu’une autre vérité, c’est que nous sommes tous dans notre boîte. Et notre boîte, notre niveau de conscience, ne peut pas prendre d’expansion sans appui de l’extérieur, sans soutien de nos collègues.

Lundi matin

Bruce Lee affirme : “ A good teacher protects his pupils from his own influence.” Cela signifie que notre rôle en éducation est d’amener les élèves à découvrir LEURS instructions, LEURS vérités. Pas les nôtres. L’ère du numérique, c’est l’ère de la personnalisation, l’ère où l’unicité des gens est de plus en plus mise en valeur parce que c’est nécessaire. C’est ce qui nous distingue des autres qui est important. Oui chers collègues, l’éducation traditionnelle voulait nous «remplir», nous dire quoi penser puis valoriser et mesurer ce que nous avions en commun les uns les autres. L’éducation d’aujourd’hui, ce qui doit se passer lundi matin, c’est une éducation qui permet à tous les élèves d’apprendre à penser et de devenir conscients de leur potentiel, de leur unicité, de leurs talents. En autres mots, l’enseignement traditionnel amenait les élèves à comprendre le monde autour d’eux. L’éducation d’aujourd’hui doit d’abord amener les élèves à comprendre le monde qu’ils portent en eux. C’est à partir du monde qu’ils portent en eux qu’ils s’engageront dans la société, qu’ils seront des citoyens (numérique est sous-entendu) qui contribuent activement à la communauté. La connaissance, oui, c’est sûr que nous aurons toujours besoin de la connaissance. Mais la connaissance appliquée à des contextes authentiques, par des êtres compétents, conscients, réfléchis, intentionnels et libres. On commence lundi matin? 

“ A good teacher protects his pupils from his own influence.” Bruce Lee

SAMR vu autrement

Depuis plusieurs années déjà, le modèle SAMR nous permet d’imaginer des étapes concrètes vers la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, vers cette autre façon d’enseigner.Capture d’écran 2017-03-26 à 11.46.12.png

Cependant, ce modèle met l’accent sur le numérique, sur la technologie. Et tout ceci est rendu possible grâce à la technologie. Mais le système d’éducation, c’est du monde. Et le monde, c’est la clé. En m’appuyant sur mon vécu en tant qu’accompagnateur de directions d’école et d’enseignants, je vous partage aujourd’hui trois constats qui s’appliquent au modèle SAMR.

  1. Les personnes : Les personnes qui s’engagent dans la transformation de leur pratique sont incroyables. Tout devient possible! Ces personnes se mettent à réfléchir, à se questionner, et leur niveau de conscience prend de l’expansion au quotidien. En fait, le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur de chacun d’entre nous. Se questionner, redécouvrir le plaisir d’apprendre, c’est très stimulant et libérateur. C’est que, quand on se met à penser à l’extérieur de la boîte, on finit par sortir de la boîte, du point de vue de la conscience. Parce qu’on travaille tous «dans la boîte» qu’est le système. Mais notre niveau de conscience nous appartient et c’est là que naissent toutes nos possibilités… et nos barrières.
  2. Les croyances : Quand une personne se met à intégrer la technologie en salle de classe, est-ce qu’elle remet automatiquement en question son référentiel pédagogique? Voit-elle l’élève comme un vase vide ou un vase plein? «Ça change quoi» dites-vous? Dans nos efforts de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, de nouvelles actions, de nouvelles pratiques sont fortement recommandées. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces pratiques reflètent une vision de la pédagogie transformée. Et la personne qui applique cette approche doit y croire pour réussir. Je vous donne un exemple. Je suis un enseignant de mathématiques et je crois que les élèves sont des vases vides. Mon rôle est de leur dire quoi penser, comment appliquer tel truc ou telle formule pour obtenir la bonne réponse. Le rôle des élèves est uniquement d’obéir, de travailler en silence et de faire ce que je dis, comme je le dis. Si mon collègue me dis que je dois inviter les élèves à avoir des conversations mathématiques, à rendre leur pensée visible, à découvrir des algorithmes personnels, à travailler en équipe, à chercher à comprendre… je vais lui dire qu’il est complètement fou! Et si par hasard certaines de ces nouvelles pratiques deviennent obligatoires et qu’on en fait le monitorage – vous avez des images? – je vais échouer! Personne ne peut réussir à transformer sa pratique sans réfléchir à ses croyances, sans avoir accès à des conversations qui l’amènent  à prendre conscience d’autres réalités. Personne. Il n’y a pas de raccourci dans la transformation de l’expérience de l’apprentissage. Il faut prendre le temps avec les adultes comme avec les élèves. En tout cas moi, j’apprécie apprendre de mes collègues, de mon réseau, des gens que j’accompagne. Pour moi, théoriquement au niveau du «S», on voit les élèves comme des vases vides alors qu’au niveau du «R», on voit les élèves comme des vases pleins. C’est pour moi la transformation la plus importante dans le virage. Une transformation intérieure qui permet d’utiliser consciemment la technologie pour «faire sortir de, tirer hors de» nos élèves.
  3. L’appui requis : En regardant le modèle SAMR, je me rends compte qu’il y a une évolution dans le type d’appui requis pour aider les gens à passer du «S» au «R». En effet, l’appui dont les gens ont besoin au début est davantage technologique. Ensuite, au niveau du «A» et du «M», les gens demandent de l’appui pédagogique. Ils se mettent à changer leur démarche pédagogique mais l’impact sur leur façon d’évaluer les élèves n’est pas toujours clair ou cohérent pour eux. Au niveau du «R», l’appui se fait au niveau de l’évaluation. L’examen, les tâches sommatives, la triangulation, la documentation pédagogique, le rôle de l’élève, quand on met une note, quand on donne de la rétroaction… Tout est transformé. J’en parle ici de façon bien théorique. C’est sûr qu’à tous les niveaux, il est question de technologie, de pédagogie et d’évaluation. Mais le cheminement intérieur du pédagogue qui passe du «S» au «R» est complexe et graduel. Et comme le dit si bien Seth Godin : «If failure is not an option, neither is success. Innovation is just repeated failure until you come up with something that works.»

«If failure is not an option, neither is success. Innovation is just repeated failure until you come up with something that works.» Seth Godin

Voici une image qui illustre un peu cette autre façon de voir le modèle SAMR

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J’invite les adeptes du sketchnote à ajouter à ces idées et à produire quelque chose de plus esthétique 🙂

Enfin, pour réussir dans le virage, je crois qu’il faut :

  1. Être conscient que le virage est d’abord intérieur
  2. S’entourer de gens qui peuvent nous aider à sortir de notre boîte
  3. Réfléchir
  4. Croire ce qu’on dit et ce qu’on fait en salle de classe
  5. Être patient avec soi-même.

Je lisais qu’un enfant tombe près de 100 000 fois en apprenant à marcher.

Combien de fois êtes-vous prêts à tomber dans le virage?

La valeur du virage n’est pas tant dans les résultats que nous obtiendrons, que dans qui nous deviendrons toutes et tous, dans ce processus continu.

Il faut sortir de sa boîte pour penser à l’extérieur de la boîte!

Bon succès à tous et merci de vos commentaires!

 

Est-il temps de parler d’évaluation hybride?

Depuis plusieurs années déjà, nous parlons d’enseignement/apprentissage hybride. Des initiatives ministérielles ou systémiques existent pour faciliter cette façon de dispenser l’enseignement, soit une partie en personne et une partie en ligne. Des cours entiers et des modules d’apprentissage sont donc mis à la disposition du personnel enseignant des écoles. Les plateformes et les formats de ces ressources varient selon les conseils scolaires, les provinces et les pays. Or de plus en plus d’enseignants choisissent eux-mêmes leur plateforme infonuagique et créent eux-mêmes la démarche d’enseignement/apprentissage hybride pour, et dans certains cas, avec leurs élèves. C’est une des grandes manifestations du virage au numérique en éducation et c’est extraordinaire de voir la variété des usages techno-réfléchis sur le terrain. J’aborde la question dans ce billet. Mais où veux-tu en venir, Marius?

Je participais cette semaine à une rencontre de leadership avec la grande équipe du CECCE pour réfléchir aux différents moyens de monitorer les progrès dans la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves. La rencontre était animée par le docteur Chris Dede, de l’université Harvard. Il m’a fait grandement réfléchir lorsqu’il a affirmé : « Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. » Et plus tard il disait : « Knowledge is situated in a context, not written on the blackboard. » Ce qui m’amène à entretenir l’idée de l’évaluation hybride. Vous me suivez? Continuons la réflexion ensemble.

« Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. (…) Knowledge is situated in a context, not written on the blackboard. » Dr. Chris Dede

Des contextes authentiques d’apprentissage

Avec du recul, je crois qu’on peut affirmer que le but de l’enseignement hybride, ce n’est pas de reproduire en ligne le modèle d’enseignement traditionnel. On ne transforme pas l’expérience d’apprentissage des élèves en les invitant à s’engager en ligne dans une démarche d’apprentissage traditionnelle axée sur l’acquisition du savoir, souvent hors contexte (p. ex., des notes de cours), et sur la bonne réponse. Docteur Dede disait (et je paraphrase) que depuis toujours, le discours du monde de l’éducation ressemble à ceci : «Les contenus et matières importantes sont très difficiles à saisir dans la vraie vie. La vraie vie est complexe. Venez à l’école, nous vous enseignerons les différentes matières, une à la fois, hors contexte.» Or les contenus qu’on enseigne sont utiles seulement dans le contexte de la vraie vie, dans leur contexte d’origine. La transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève nous invite donc à permettre aux élèves d’apprendre dans des contextes authentiques. On souhaite qu’ils soient en immersion dans les contextes où les contenus prennent tout leur sens. À l’école, en ligne et dans la vraie vie. C’est pourquoi nous remarquons un intérêt croissant du terrain dans les espaces maker, la robotique, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, pour ne donner que quelques exemples. Ce sont des façons de «sortir du manuel» et d’entrer dans des contextes authentiques. Alors si l’enseignement devient de plus en plus hybride, si les élèves apprennent en salle de classe mais aussi dans des espaces numériques, quel devrait être l’impact sur notre façon d’évaluer les élèves?

Enseignement hybride. Évaluation hybride?

Les élèves ne viennent plus à l’école uniquement pour du contenu. Ils viennent à l’école pour développer des compétences, pour développer qui ils sont. On le dit depuis quelques années. On le sait! Mais on évalue tout ça comment, des compétences? Pour savoir si un joueur de hockey est talentueux, on l’évalue en situation de jeu, lors d’un match. Contexte authentique. Si on veut savoir si notre enfant sait nager, on le place dans la piscine et on lui demande de nager. Contexte authentique. Si on veut savoir si nos élèves connaissent la règle des participes passés employés avec l’auxiliaire être, on leur demande de l’écrire sur un test. Hors contexte. Si on veut savoir s’ils peuvent l’appliquer, on leur demande de composer un texte. Contexte authentique. Si on veut savoir si nos élèves sont organisés, on regarde leur reliure à anneaux, leur pupitre, leur case… et dans une classe où il y a de l’apprentissage hybride, on regarde dans leur espace numérique? On vérifie si les courriels sont lus, classés? On vérifie comment leur Drive est organisé? On vérifie leur agenda? Si le contexte d’enseignement et d’apprentissage est hybride, l’évaluation (et l’enseignement explicite aussi!) doit être hybride également selon moi. Ça a du sens?

Pour développer les HH et les 6C de nos élèves, nous devons les placer dans des contextes authentiques, oui. Mais nous devons également tenir compte de leur progression tant en classe que dans le contexte du numérique. C’est donc dire que pour attribuer E, T, S ou N à chacune des HH sur la première page du bulletin (Je décris les HH et le bulletin scolaire de l’Ontario dans ce billet.), l’enseignant tiendrait compte des critères habituels mais aussi du comportement de l’élève dans le numérique. Enseignement/apprentissage hybride, évaluation hybride. C’est logique, non? Le contexte d’enseignement/apprentissage EST le contexte de l’évaluation.

Expérience d’apprentissage transformée. Évaluation transformée?

« Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. », disait Dr Chris Dede. Regardons rapidement le modèle traditionnel. Combien d’enseignants ont déjà vécu la frustration de voir un élève manquer 30, 40 cours dans un semestre et obtenir une note finale de 70% ou plus? Moi, je l’ai vécu souvent. Particulièrement avec des élèves de 11e et de 12e année, performants dans les sports ou les comités.

Le modèle traditionnel

Le modèle traditionnel servait à transmettre des connaissances. Manquer un cours équivalait à manquer des notes. Si l’élève reprend ses notes et les comprend, il n’a rien manqué alors… Et ça explique aussi pourquoi la gestion de l’assiduité devient de plus en plus difficile dans le modèle traditionnel, selon moi. Le modèle traditionnel demandait de prendre des notes, de les mémoriser et de performer 5 à 10 fois pendant un semestre. Souvent hors contexte. Le rôle de l’enseignant ressemblait drôlement à celui d’un juge. Quand les élèves comprennent la « game » de l’école, comme le dirait mon collègue @zecool

On pourrait donc résumer le modèle traditionnel comme ceci : Apprentissage hors contexte, évaluations hors contexte, performances ponctuelles.

Le modèle transformé

Le modèle transformé place l’élève au centre de son apprentissage. Ouf! on l’entend souvent, cette expression. Ça veut dire quoi au juste? Dit simplement (il faudrait une série de billets pour m’aider à réfléchir à tout ce que ça prend mais bon), je crois que ça se produit quand l’élève s’investit dans une activité d’apprentissage (en personne ou en virtuel) qui lui demande toute son attention et un effort intellectuel soutenu, et ce , en contexte authentique. Et tant mieux s’il aime ça. Le but est qu’il développe des compétences cognitives, interpersonnelles, intrapersonnelles, numériques… La croissance, ce n’est pas ponctuel, c’est intentionnel et fait au quotidien. Dans le modèle transformé, manquer un cours, c’est comme manquer un entraînement. Ça ne se reprend pas.  Manquer un cours, c’est prendre du retard dans le développement de ses compétences. Pas la même « game », n’est-ce pas M. Cool? 🙂

«Dans le modèle transformé, manquer un cours, c’est comme manquer un entraînement. Ça ne se reprend pas. Manquer un cours, c’est prendre du retard dans le développement de ses compétences. Pas la même « game »» @bourmu

Le rôle de l’enseignant

Le modèle transformé place l’élève au centre de son apprentissage, oui, mais qu’en est-il de l’enseignant? Le rôle de l’enseignant, et c’est là la grande difficulté, est de guider tous ses élèves dans une démarche d’apprentissage. Un peu comme le ferait un entraîneur personnel. Mais comment s’y prendre pour faire ça? Pour livrer du contenu, le prof se place devant ses 30 élèves, et il livre le contenu. Pour développer les compétences de ses élèves, le prof… Pas sûr. Pas clair. Pas évident de concevoir une démarche d’enseignement/apprentissage dans un modèle que l’on n’a pas connu. Les enseignants d’éducation physique, d’arts et de technologie peuvent grandement nous aider ici je crois. Dans ce modèle, le rôle de l’enseignant est d’être un guide la plupart du temps et de documenter, avec les élèves, des preuves de réflexion, d’apprentissage, et de créer du contenu pour contribuer au monde, à la communauté. L’évaluation des progrès est quotidienne. La place de l’évaluation sommative traditionnelle, hors contexte, a de moins en moins sa place. Non? À quoi sert ou à quoi ressemble une évaluation sommative dans ce modèle transformé? J’aurais tendance à fixer des moments où l’enseignant doit prendre du recul face à la documentation pédagogique, à ses observations et conversations avec l’élève et à consigner une note ou un indicateur de progression, pour jouer son rôle de juge et bien répondre aux exigences du système, qui nous demande de mesurer la performance de nos élèves. Ce que je veux dire c’est, est-ce qu’on a encore besoin de tests hors contexte et ponctuels pour mesurer ce que l’élève peut faire un jour donné? Ou doit-on davantage attribuer une note ou un indicateur qui mesure la progression ou le niveau de compétence «habituel ou quotidien» d’un élève? Je me questionne.

On pourrait donc résumer le modèle transformé comme ceci : Apprentissage en contexte, soutien continu, progression continue, évaluations ponctuelles du processus et de la progression, établissement d’objectifs personnels. Ça ressemble drôlement à Faire croître le succès ça…

Quoi qu’il en soit, si on revoit notre démarche d’enseignement/apprentissage, on doit forcément revoir notre façon de soutenir l’apprentissage et notre façon de mesurer et d’évaluer l’apprentissage. Enseignement hybride : Évaluation hybride. Développement de compétences : rétroaction utile et soutien affectif.

À mon avis et à la lumière du message du docteur Dede cette semaine, nous devrons développer notre capacité à évaluer et à mesurer les choses qui ont de l’impact sur la transformation mais qui sont abstraites comme l’engagement, la métacognition, l’autoefficacité et le leadership. Dans la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, les choses les plus importantes sont difficiles à mesurer. Est-il temps de parler d’évaluation hybride? Je réfléchis.

Merci de vos commentaires!

 

 

 

 

 

 

«C’est dans Classroom!»

Google Classroom est un outil convivial et polyvalent qui permet plusieurs usages techno-réfléchis. Si bien que dans le virage au numérique, plusieurs enseignants choisissent Google Classroom comme solution infonuagique. On peut presque dire que Google Classroom est devenu un incontournable pour plusieurs enseignants, et même pour certaines directions d’école. Il est donc de plus en plus fréquent d’entendre l’expression «C’est dans Classroom!». Certains l’affirment même avec une certaine fierté. Après tout, nous (le grand monde de l’éducation) avons tellement fait de progrès au niveau de l’utilisation des technologies depuis quelques années. Je me souviens encore du stress qu’a occasionné pour plusieurs le passage de Word à Google Docs. Sérieusement. Je peux donc très bien comprendre la fierté et le sentiment de satisfaction que peuvent ressentir les gens qui utilisent maintenant Google Classroom. C’est le signe que l’étape du piton est passée pour plusieurs et que nous avons développé une certaine compétence avec la technologie et la suite GAFE (Google Apps For Education).

Or dans notre quête de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, dans notre souci de garder la barre haute, comme le dit mon collègue @jprofnb, je me demande ce qu’on entend par «C’est dans Classroom». À une certaine époque, le tableau vert venait révolutionner l’enseignement. Nous savons aujourd’hui que c’est ce qu’un enseignant fait avec le tableau vert qui est transformationnel pour les élèves. L’effet enseignant. C’est la même chose avec Google Classroom. Il va sans dire que l’infonuagique ajoute une couche de complexité dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. Quand un enseignant dit : «C’est dans Classroom», c’est un engagement important qu’il prend avec ses élèves et avec la communauté. Surtout si on élimine des outils traditionnels comme l’agenda imprimé, qui servait à écrire les devoirs mais aussi à communiquer avec les parents. On donne accès ou on ne donne pas accès. Il n’y a pas de demi-mesure. Il faut donc être proactif et constant.

«Quand un enseignant dit : «C’est dans Classroom», c’est un engagement important qu’il prend avec ses élèves et avec la communauté. Surtout si on élimine des outils traditionnels comme l’agenda imprimé, qui servait à écrire les devoirs mais aussi à communiquer avec les parents.» @bourmu

Oui, nous (le système) avons fait de grands pas dans le virage au numérique. C’est vraiment fantastique quand on y pense. Or en discutant avec des enseignants et des directions, dont plusieurs sont aussi des parents, je fais certains constats qui peuvent éclairer nos prochaines étapes. Voici donc deux aspects à considérer pour maximiser l’effet enseignant dans nos efforts d’intégrer l’infonuagique (Google Classroom dans ce billet) dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. Vous remarquerez que certaines choses n’ont rien à voir avec l’outil.

1. Accompagner les élèves dans l’infonuagique

L’accès à l’information et aux personnes. N’est-ce pas l’avantage ultime d’internet et des outils infonuagiques? Avec Google Classroom, on donne accès aux dates d’échéance, aux travaux, aux notes de cours, aux rétroactions, aux sondages, aux directives, aux conversations… Vous l’aurez deviné. Vous le cherchez? C’est dans Classroom! Et c’est fantastique.

  • Comment ça marche? Les enseignants qui ont du succès avec Classroom font un enseignement explicite de l’outil à leurs élèves. On pense souvent que les jeunes «sont technos». C’est vrai. Mais pas tous et pas avec tous les outils. L’étape des clics est importante. Il faut s’assurer que les élèves savent comment utiliser Classroom et tout ce qui l’entoure.
  • À quoi ça sert? Il faut aussi discuter avec les élèves de l’utilisation que l’on compte faire de cet outil. Après tout, les élèves se rendent à l’école parce qu’il y a un grand avantage de se retrouver tous ensemble physiquement au même endroit. L’infonuagique nous permet, entre autres, de conserver des informations qui nous seront utiles et accessibles après les heures de classe. C’est ce qui nous permet d’ailleurs de parler d’apprenants à vie, d’apprentissage continu. Voici trois questions intéressantes à aborder avec vos élèves :
    1. Qu’est-ce qui doit être écrit au tableau ou affiché sur les murs en classe?
    1. Qu’est-ce qui doit être dans Classroom?
    1. Qu’est-ce qui doit se retrouver aux deux endroits (p. ex., les échéances)?
  • Qui est responsable? Ce n’est pas parce qu’on met quelque chose dans Classroom que tous les élèves vont aller le voir. Soyons honnêtes. Google Classroom ne fait pas de la magie, mais presque. Même avec les notifications et les courriels automatiques, les enseignants qui ont du succès avec Google Classroom ne remplacent pas leurs conversations avec les élèves par des courriels et des notifications. Non. Ils communiquent activement avec leurs élèves et ils explicitent la démarche d’enseignement et d’apprentissage, qui comprend ce qui se fait physiquement en classe (papier, tableau, murs, conversations), ce qui se trouve déjà dans Classroom et ce qui devra se retrouver dans Classroom à la fin d’un cours. Et ça comprend la mise à jour quotidienne de l’agenda du cours.
  • Qui se rappelle du modèle SAMR? Plusieurs commencent par ajouter des notes de cours ou des copies de leur manuel en pdf dans Classroom. C’est super. C’est un début et je ne critique pas cette pratique, loin de là. C’est ce qui permet de maîtriser le piton, le «comment ça marche» de Google Classroom. C’est un début. On amène la démarche traditionnelle en ligne. Lire la page 27 (pdf) et répondre aux questions 1 à 6. À remettre jeudi dans Classroom. On corrige vendredi en personne. Au début, on apprend à utiliser l’outil. Mais pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut engager les élèves différemment avec le contenu. Je développe cette idée dans ce billet.

 2. Développer les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail des élèves dans le contexte du numérique

En début d’année, il n’est pas rare de voir le personnel remettre les fournitures scolaires à leurs élèves. Crayons, règle, reliures à anneaux de différentes couleurs, intercalaires, etc. Dans plusieurs écoles, on harmonise la couleur de la reliure pour les différentes matières. Français : jaune, Mathématiques : bleu, Géographie : vert… On précise même le nombre et le nom des intercalaires pour chacun des cours. On organise nos élèves! C’est plus facile pour eux et pour nous. Fait-on la même chose dans Classroom? Dans l’environnement Google des élèves? En Ontario, tel que stipulé dans la politique Faire croître le succès (voir p. 15), nous avons le mandat de développer les (HH) habiletés d’apprentissage et habitudes de travail des élèves. Les voici :

  • Utilisation du français oral
  • Sens de l’organisation
  • Sens de l’initiative
  • Esprit de collaboration
  • Autonomie
  • Fiabilité
  • Autorégulation

Je dis bien «développer». C’est une chose d’évaluer (juge) les HH. C’en est une autre de les enseigner (guide) et de les développer chez nos élèves. J’aborde la notion de guide et de juge dans ce billet. Les HH se retrouvent sur la 1re page du bulletin scolaire de l’Ontario. À l’élémentaire, les HH sont évaluées au bulletin de progrès (novembre), à la 1re étape (février) et à la 2e étape (juin). Au secondaire, on les évalue à la mi-semestre et à la fin du semestre. À chaque bulletin, les élèves obtiennent E (excellent), T (très bien), S (satisfaisant) ou N (amélioration nécessaire) pour chacune des HH. C’est important, les HH. Souvent, c’est ce qui explique le rendement scolaire de nos élèves.

Capture d’écran 2016-03-30 à 13.36.35Alors comment peut-on développer les HH de nos élèves dans le numérique? C’est la question de l’heure dans le terrain présentement. Ce qui fait en sorte que plusieurs enseignants ont commencé à enseigner explicitement à leurs élèves comment gérer leur Drive (dossiers, documents), leur agenda (souvent plusieurs agendas différents), leurs courriels etc. Combien d’élèves dans nos classes ont des centaines de courriels non-lus? Combien ne savent pas comment bien communiquer par courriel?

Quand on affirme : «C’est dans Classroom», ça signifie que nous nous engageons à accompagner les élèves dans le développement de leurs HH dans le numérique également. La vraie vie nous demande désormais de savoir bien gérer notre emploi du numérique à tous les instants. Vraiment. Pensez-y. Notre quotidien est rempli de ce va-et-vient entre le physique et le numérique (Je n’utilise pas Réel et Virtuel parce que le virtuel est réel dans bien des cas selon moi.). L’autorégulation dans le numérique, c’est de permettre aux élèves de demeurer maître de l’outil. Et on ne parle pas encore du rôle de leur appareil mobile dans tout ça. Ce sera pour un autre billet!

«Quand on affirme : «C’est dans Classroom», ça signifie que nous nous engageons à accompagner les élèves dans le développement de leurs HH dans le numérique également.» @bourmu

Surestimons-nous nos élèves?

Enfin, faire le choix de dire «C’est dans Classroom», c’est faire le choix de gérer le numérique au quotidien. Pour les élèves et pour la communauté. Nous ne pouvons pas prendre pour acquis que les élèves savent quoi faire et comment faire. Nous devons plus que jamais être explicites avec eux et les accompagner. Quand on intègre la technologie en salle de classe, on l’intègre aussi dans notre pratique. Ça fait boule de neige et c’est alors le début de la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève. Ne prenons rien pour acquis. Mon expérience me dit qu’on surestime les compétences technologiques des élèves et on sous-estime les nôtres. Ça explique peut-être pourquoi certains hésitent à être aussi explicites avec la technologie qu’il ne l’étaient avec les reliures à anneaux et les intercalaires, par exemple. Les élèves ont besoin de nous!

«C’est dans Classroom!», ok.

Et l’effet enseignant, «C’est dans l’prof!».

Merci de vos commentaires

Le 21e siècle a 17 ans, hein?

De la transmission du savoir au développement de personnes

Le 21e siècle a eu 17 ans, hein? Ça fly! Le virage au numérique amène le grand monde de l’éducation à se réinventer, à se transformer. Depuis 17 ans déjà, ce virage provoque d’intéressantes réflexions et conversations à tous les niveaux du système. Qui ne se souvient pas du discours de Sir Ken Robinson en 2006? « We don’t need a reform, education needs a revolution. It needs to be transformed into something else. » À cette époque, on parlait d’un changement de paradigme et les efforts du système étaient concentrés sur l’intégration de la technologie, les outils, sur l’infrastructure, l’accès à Internet, sur les compétences du 21e siècle. C’était gros, le 21e siècle. On se disait qu’en intégrant la technologie, les élèves apprendraient mieux, qu’ils seraient plus engagés, qu’ils développeraient des compétences. C’était le début du virage. Tout était flou, tout était à créer. Le modèle SAMR nous aidait et nous aide encore à nous projeter dans l’avenir, dans cette autre façon de faire l’éducation. Plusieurs écoles ont franchi l’étape du piton. L’infrastructure est en place. Les adultes ont des bases solides avec les nouvelles technologies. Et avec le temps, les choses se clarifient. On constate même un certain retour du balancier. En effet, les gens parlent de plus en plus de pédagogie, de différenciation, de mentalité de croissance, de relations, de la voix de l’élève, de la personnalisation, d’effet enseignant, de leadership. Ce qui devient de plus en plus clair, c’est que le mandat de l’éducation se voit transformé grâce aux possibilités que nous offrent les nouvelles technologies, oui, mais ce sont des personnes qui actualisent la transformation du système, pas la technologie. En fait, ce que je veux dire c’est que ce n’est pas un automatisme. Le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur des différents acteurs dans le système. Le virage, c’est un appel à devenir. Devenir plus, parce que le mandat a changé. Si autrefois le mandat était de transmettre le savoir, aujourd’hui, nous avons la responsabilité de développer les compétences des élèves. Du 21e siècle, mais aussi de tous les siècles. Les «soft skills», c’est important plus que jamais. Nous avons le noble mandat de développer des personnes. Quel privilège! Autrefois, il fallait aimer sa matière, maintenant, il faut aimer davantage ses élèves. Pensez-y un instant. Qu’est-ce que le système doit devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves? Bonne question. Une chose est certaine, le système, c’est du monde. Du monde en devenir. Du monde avec des émotions, des aspirations, des talents, des forces.

Repenser le succès

Cette transformation de notre système, de l’expérience d’apprentissage des élèves nous amène à faire une place importante à l’élève. On parle de la voix de l’élève, d’un nouveau partenariat éducatif, de compétences, de tâches authentiques, d’une approche axée sur l’auditoire. Des émotions dites-vous? Pas de stress! Comme au golf, évitons d’essayer de tout contrôler. Il faut simplement s’élancer. Souvent. Alors dans un tel contexte, il est naturel de revoir notre conception du succès, de la réussite. La conception traditionnelle du succès se mesure de différentes façons. Passer un test, avoir de bonnes notes, des crédits, une bonne moyenne, des accomplissements, un bon taux d’obtention de diplôme, la performance au testing provincial, etc. Il y a aussi le climat scolaire, les amis, les activités parascolaires et toutes les données qualitatives qui se mesurent moins facilement. Sondage! À mon humble avis, la conception traditionnelle du succès, aux yeux du système, se résume à deux choses : 1. Amener l’élève à découvrir ses passions, ses talents, sa raison d’être. 2. Amener l’élève à atteindre ou à dépasser son potentiel. Quand un élève quitte l’école, qu’il fait un travail qui le passionne et qu’il gagne bien sa vie, on peut dire qu’il réussit et que le système a contribué à cette réussite. Avec le virage au numérique, avec les possibilités d’aujourd’hui, l’avenir, c’est maintenant. C’est donc dire qu’on ajoute une troisième composante à notre conception du succès : Contribuer au monde. Pas plus tard, «quand tu vas être grand». Maintenant. Quand les gens autour de nous profitent de notre expertise ou de notre simple présence, c’est ce qui nous amène tous à avoir un sentiment d’accomplissement. C’est ce qui rend heureux. Tout le monde, y compris nos élèves, recherche ce sentiment d’accomplissement, qui ne s’obtient qu’en ajoutant de la valeur aux autres autour de soi. Donnez et vous recevrez. Il y aurait donc trois composantes au succès. 1. Trouver sa voie. 2. Atteindre son plein potentiel. 3. Contribuer au monde. Dans le monde d’aujourd’hui, les trois sont nécessaires pour être heureux, pour pouvoir dire haut et fort : succès! Fait intéressant, cette formule s’applique aussi à tous les acteurs du système! Serions-nous donc tous appelés au bonheur? De la transmission du savoir à l’intégration de la technologie au développement des personnes. Le “blueprint” (modèle ou référentiel pédagogique) de la salle de classe doit assurément changer… Chose certaine, on enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, des aspirations, des êtres qui veulent et qui peuvent contribuer dès maintenant au vrai monde, des êtres qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. Think big, dites-vous? Absolument!

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Possible?

La technologie nous offre tellement de possibilités. Or la technologie est aussi puissante que notre pédagogie, que nos actions. Les possibilités à elles seules ne changent rien. En effet, ce n’est pas parce qu’on intègre la technologie en salle de classe que les élèves trouvent leur voie, qu’ils atteignent leur plein potentiel, qu’ils développent leurs compétences, qu’ils contribuent au monde. Tout dépend de la démarche pédagogique conçue par l’enseignant et par les élèves. Je parlais de l’importance du leadership dans un récent billet. Tout enseignant peut suivre la démarche proposée dans un manuel scolaire mais ça prend un leader pour planifier l’itinéraire, pour ajuster l’itinéraire en cours de route. Dans la salle de classe d’aujourd’hui, dans la classe où l’élève a une voix, où le curriculum est au service de l’apprentissage et de la conversation, dans la classe où on saisit les possibilités qu’offre la technologie, on doit parler de leadership. Pour réussir à créer cette salle de classe transformée, il faut innover à l’intérieur de la boîte. On n’a qu’à penser au projet 20%, au mouvement maker, à la robotique pédagogique, au blogue, au codage… Ce sont des portes d’entrée à l’innovation qui ont ce point en commun : il n’y a pas de manuel. Ces projets ou approches exigent de l’enseignant qu’il devienne concepteur de l’itinéraire d’apprentissage avec et/ou pour ses élèves. Ça amène l’enseignant à porter naturellement son chapeau de guide, à entrer en relation avec ses élèves, à donner de la rétroaction plutôt qu’une note. Ça crée de l’incertitude, oui, et ça nourrit aussi son sentiment d’accomplissement. Leadership pédagogique. Parce qu’il faut aussi savoir comment répondre aux exigences du système, comme le testing provincial et les bulletins, tout en permettant aux élèves d’apprendre et de développer leurs compétences. Développer des compétences, développer des personnes, ça prend du temps. C’est organique. Ça nous demande d’accorder plus d’importance à nos élèves qu’au contenu qu’on enseigne. Et ça doit paraître dans nos actions, dans notre pédagogie, et même dans le discours intérieur qu’on se fait quand on pense à nos différents élèves. Tout s’aligne. Notre mentalité détermine notre discours intérieur, qui détermine nos émotions et ce qui est possible ou impossible, ce qui détermine les stratégies qu’on met en place, qui mène aux résultats qu’on obtient. On fait ce qu’on pense et ça devient notre réalité. Pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut d’abord transformer notre discours intérieur. Alors, qu’est-ce qui est possible ou impossible pour vous? Qu’est-ce qui est responsable des résultats que vous obtenez présentement?

Des êtres en devenir

Enfin, nous avons désormais le mandat de développer des personnes. Nous sommes donc invités, plus que jamais, à être des apprenants à vie. Comment pouvons-nous ajouter de la valeur à nos élèves si nous ne sommes pas en croissance continue? En effet, chers collègues, notre savoir n’est plus notre plus grand atout. Non. Notre valeur se trouve dans ce qu’on fait avec ce qu’on sait, dans nos compétences, dans notre capacité à aider les autres à croître, à rehausser les élèves qui nous sont confiés. Notre valeur, c’est qui nous sommes. Être. Et nous sommes des êtres en devenir.

Alors, la question à se poser n’est pas «Que dois-je faire?» mais bien «Qui dois-je devenir?» pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Le 21e siècle a 17 ans. Pensez-y. Ce qui compte, ce n’est pas d’être parfait. Ce qui compte, c’est de commencer le virage et de rester en mouvement. Fail forward, comme dirait l’autre.

Merci de vos commentaires

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Tac2016 : 2 conférenciers, 1 grande idée!

Dans le cadre de la conférence provinciale Tac2016, les participantes et participants ont eu droit à deux conférences d’ouverture de haut niveau offertes par Nancy Brousseau et George Couros.

7 décembre – conférence d’ouverture de Nancy Brousseau

En effet, Nancy Brousseau a lancé la journée du 7 décembre avec une conférence sur mesure portant sur le thème de Tac2016, soit Innover, croître et inspirer. Elle a mis l’accent sur l’importance de la croissance professionnelle continue pour soutenir l’innovation nécessaire à la pérennité de l’École. Elle soutient d’ailleurs que l’autoformation doit être au coeur de l’innovation en éducation. Ces propos en ont fait réfléchir plus d’un. Et vous, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez «autoformation»? Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par Madame Brousseau.img_6110-2

Autoformation?

À bien y penser, avec l’accès à Internet et avec tous les outils technologiques à notre disposition, l’autoformation est désormais accessible à tous. L’autoformation, c’est apprendre ce qu’on veut, de qui on veut, quand on veut. Intéressant, non? L’autoformation, c’est l’apprentissage personnalisé à son meilleur puisque c’est l’apprenant qui est derrière le volant. Or pour que cette expérience soit agréable et productive, l’apprenant doit développer des compétences. Et puisque l’autoformation se fait principalement grâce au numérique, vous comprendrez que de développer des compétences en littératie numérique est essentiel. Quoi qu’il en soit, si on veut développer des apprenants à vie, il faut être des apprenants à vie nous aussi. Et ça, ça passe inévitablement par l’autoformation, en grande partie.capture-decran-2016-12-12-a-13-10-34

Responsabilité? ou Possibilité!

Puisqu’on parle de plus en plus d’autoformation, certains se posent possiblement des questions concernant la responsabilité de l’apprentissage professionnel.

  • Est-ce que cela veut dire que les employeurs n’ont plus à former leurs employés?
  • Est-ce que ce sont les employés qui sont les seuls responsables de leur croissance professionnelle?

Ce sont des questions bien légitimes. À mon avis, la réponse aux deux questions est «Bien sûr que non!». L’employeur doit toujours chercher à investir dans le développement professionnel de ses employés. Madame Brousseau l’a répété à quelques reprises. L’effet enseignant est ce qui compte le plus dans notre système. Nous devons faire tout ce qu’on peut pour soutenir les enseignants et les directions pour maximiser cet effet enseignant (voir captures d’écran partagées sur Twitter). C’est donc dire que la responsabilité est partagée. Partagée dans le sens que c’est maintenant un choix individuel que font les gens qui décident d’attendre d’être formés par leur employeur. Dans ce cas, des limites sont imposées par le temps, le budget, les ressources humaines… Dans le contexte actuel, il faut apprécier tout ce que le numérique rend possible. Les possibilités sont impressionnantes. Pour l’employé, la question n’est pas tant «Qui est responsable de ma croissance professionnelle?» – c’est une responsabilité partagée – mais bien «Quelles possibilités de développement professionnel sont à ma portée, où je veux, quand je veux et gratuitement?!». L’autoformation, c’est une forme d’empowerment du personnel. C’est prendre activement la responsabilité de son devenir professionnel. Ça, c’est extrêmement motivant.

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8 décembre – conférence d’ouverture de George Couros

De son côté, George Couros a ouvert la journée du 8 décembre avec sa conférence The Innovator’s Mindset, inspirée du livre éponyme, où il présente les 8 caractéristiques de la mentalité de l’innovateur (traduction libre). À la fois humoristique, informatif, émotif et inspirant, George Couros n’a laissé personne indifférent face aux possibilités que nous offrent les technologies d’aujourd’hui. Un message qui m’a frappé est celui-ci : «La technologie ne remplacera jamais les grands enseignants, mais, entre leurs mains, elle peut être transformationnelle.» Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par George Couros.img_6127

La ressource est maître? ou Le maître est la ressource!

Je me dis que la technologie, c’est une ressource. Une ressource indispensable, qui peut être transformationnelle, mais une ressource. Quand on analyse le fond du message des 2 conférenciers, on parle de compétence, d’innovation, de relations… On parle d’abord des gens, des personnes, ensuite des ressources. Autrefois, la ressource était maître dans la salle de classe de la «bonne réponse». Désormais, avec le développement des compétences des élèves, c’est le maître, la personne,  qui est la ressource la plus importante dans la salle de classe des 6C (voir p. 56). Toutes les ressources matérielles et numériques sont des outils au service de l’effet enseignant. D’ailleurs, on n’a qu’à penser aux enseignants qui innovent avec des idées comme le projet 20%, par exemple. Il n’y a pas de manuel pour ça. Ces enseignants savent quelle ressource matérielle ou numérique utiliser en temps opportun. Le maître est la ressource. C’est donc dire que ce sont des personnes qui transforment l’éducation. Des personnes en croissance continue.capture-decran-2016-12-12-a-12-47-43

Enfin, je retiens plusieurs choses de nos 2 conférenciers à Tac2016. Et un message puissant que je retiens, c’est que l’enseignant est la source principale de l’innovation en éducation. Heureusement, certains ont l’occasion d’être accompagnés ou de recevoir de la formation. Mais tous ont la possibilité de prendre en charge leur propre développement professionnel par le biais de l’autoformation. Nul ne peut développer les 6C de ses élèves s’il ne les a pas.

Et vous? Qui est derrière le volant de votre croissance professionnelle?

#CroissanceProfessionnelleContinue #Formation #Accompagnement #Autoformation

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La grande distraction

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter un court atelier avec mon collègue @jpronb dans le cadre du Colloque des directions d’établissement scolaire francophone du Canada à Québec. La journée était animée par @thierryUdM. Il y avait environ 50 participants.

Après la conférence d’ouverture de Thierry Karsenti, un des participants a raconté au groupe l’impact qu’avait eu le iPad pour un des élèves de son école primaire. Un jeune garçon, appelons-le Simon, avait beaucoup de difficultés en mathématiques. Grâce au iPad et à quelques applications bien choisies, Simon est devenu le meilleur de sa classe en addition et en soustraction. Wow! Ce n’est pas rien. Quel impact, en effet!

Les limites de la technologie

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Selon le participant, qui est en fait le directeur de l’école, Simon n’avait pas de bonnes habiletés sociales. Il était différent quand il n’avait pas accès au iPad. De sorte que la direction remettait en question les bienfaits du iPad dans son école. Ça m’a fait réfléchir. La technologie a sans doute ses limites. La technologie ne peut pas tout faire. Et comme le dirait George Couros, si on place la technologie entre les mains d’un bon pédagogue, on peut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Mais que faire pour Simon?

Empathie

Si je me place dans la peau du jeune Simon, je peux très bien m’imaginer comment il a dû se sentir avant de devenir le meilleur de sa classe en mathématiques. Selon le directeur, Simon était un élève en retrait, avait de la difficulté à se faire des amis et n’avait pas beaucoup de succès à l’école. Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. Comme adulte, quand on trouve un outil technologique qui améliore notre rendement, notre efficacité, on ne veut pas s’en défaire! Pensez à votre cellulaire, par exemple. Pour Simon, un jeune garçon du primaire… Hmmmm. Le problème, ce n’est pas le iPad. Il faut voir dans le comportement de Simon, le réel besoin de l’enfant… et les limites d’un outil.

Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. @bourmu

Les usages de la technologie

Dans sa conférence d’ouverture, Thierry Karsenti mentionnait que la clé dans l’intégration de la technologie, c’est que nous devons tous être techno-réfléchis. Il faut comprendre comment un outil peut nous aider, ou aider les élèves. Il faut aussi reconnaître quand un outil n’aide pas ou n’a pas d’impact. Dans le cas de Simon, le iPad a fait son travail. En effet, il a permis à Simon de s’améliorer beaucoup en mathématiques. Il est même devenu très motivé, voire engagé. Si ses habiletés sociales se sont déterriorées, c’est qu’il a besoin de soutien d’un être humain pour développer cet aspect de sa personne. Il faut également savoir que Simon se sent très en confiance avec son iPad puisqu’il a vécu du succès grâce à l’outil. S’il vit du succès socialement grâce à l’appui d’une personne, il se sentira aussi en confiance avec cette personne. C’est logique. Il faut simplement y penser et faire preuve d’empathie. Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables.

Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables. @bourmu

Au-delà de l’histoire de Simon

L’histoire du petit Simon m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis demandé ce qui arriverait à Simon si on lui enlevait l’outil qui lui donnait un sentiment de confiance. Ça m’a ensuite amené à réfléchir aux élèves de nos écoles intermédiaires et secondaires. Ils ont pratiquement tous un cellulaire. Laissez-moi reformuler. Pratiquement tous les élèves à partir de la 4e-5e année ont un appareil mobile qui leur donne accès à Internet. À tout le savoir de l’humanité. À toutes les personnes branchées, bonnes et moins bonnes, de notre planète. Dans bien des cas, on leur demande d’éteindre, de fermer, de cacher, de déposer leur cellulaire pendant les cours. Parce que sinon, ils sont distraits. Ils n’écoutent pas. Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. Quand ils arrivent en classe, on leur demande de ne pas utiliser leur meilleur outil. Et on se demande pourquoi ils sont désengagés.

Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. @bourmu

Ah, moé, toé, là!adobe-spark-2

Dans un récent billet (Focusing on What Students Can Do), George Couros mentionnait que les élèves en ont assez de se faire parler de cyberintimidation. De se faire parler des choses qu’ils ne doivent pas faire avec la technologie. Il nous invite à mettre l’accent sur ce que les élèves sont capables de faire, sur ce qu’ils peuvent et/ou devraient faire. Nos élèves ont besoin de modèles et d’être accompagnés.

Ah, moé, toé, là! Quand vient le temps de parler de la place des cellulaires à l’école, je crois que ces mots vont bien aux élèves, qui en ont assez de se faire enlever leur outil. Et dans plusieurs cas ces mots vont aussi bien aux enseignants et aux directeurs, qui en ont assez de gérer cette distraction. Pourtant, cette distraction qu’est le téléphone intelligent amène les élèves, par leur désengagement, à nous fournir de précieux indices quotidiennement sur leur besoin d’être connectés, d’être engagés, d’être, et j’ose, «Empower-és». Or dans bien des cas, ces indices sont perçus comme du désengagement, un manque d’intérêt ou encore de la délinquance. Ah! la grande distraction. Et si on les utilisait intelligemment en salle de classe, ces outils? Je ne parle pas ici de seulement les permettre. Ce n’est pas suffisant. Il faut repenser notre pédagogie. Soyons techno-réfléchis! Comment peut-on mettre en valeur, démontrer le potentiel incroyable que nous offre l’accès à Internet? En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès.

En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès. @bourmu

Empowerment

Quoi qu’il en soit, toutes les écoles travaillent très fort pour la réussite scolaire de leurs élèves. On parle souvent de l’engagement des élèves. De l’engagement intellectuel. Et bien, je crois qu’il y a eu de l’inflation à cet effet. On veut que les élèves soient engagés, oui. Mais sans leurs outils. Engagés dans notre monde, notre pédagogie. Ça ne fonctionne pas. Avec les cellulaires, avec un accès à internet, avec de l’empathie, de l’accompagnement à la manière d’un entraîneur personnel, les enseignants ont tous le pouvoir de transformer l’expérience d’apprentissage de leurs élèves, de développer leur savoir-publier, leur savoir-devenir. Engagement intellectuel et Empowerment! Bonne nouvelle! Pratiquement tous les élèves ont un appareil mobile! Deuxième bonne nouvelle! Vous pouvez commencer dès maintenant!

La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. Anne Frank

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On repart la machine!

Le début d’une autre année scolaire arrive à grands pas. 2 dodos dans le cas des écoles de langue française de l’Ontario.

Les enfants ont hâte de recommencer, avec leurs espadrilles neufs. Ils ont hâte de revoir leurs amis. De voir qui sera dans leur classe cette année. Qui seront leurs profs. Où sera située leur case.

Les parents, croyez-moi, ont encore plus hâte que ça recommence! Que la routine reprenne, même si ça signifie que le rythme du train train quotidien va augmenter. Garderie, gardienne, autobus, achats, repas, boîte à lunch, devoirs, sports, rencontres, inscriptions diverses, «Qu’est-ce qu’on mange pour souper?» …

Et pour le personnel des écoles, la liste de choses à faire est longue. Se préparer. Mentalement. Préparer l’école, les classes, les espaces physiques, les espaces numériques, les stratégies de communication, le contenu des cours, les ressources, s’informer au sujet des élèves…

Parce qu’il y a toujours quelque chose à faire

Toutes ces choses que nous avons à faire dans une école, c’est pour préparer l’arrivée des élèves mardi matin. À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. Apprendre le monde qu’ils portent en eux. Apprendre qui ils sont. Apprendre leurs passions, leurs intérêts, leurs talents. Apprendre qu’ils sont des merveilles. Apprendre le monde qui les entoure. Apprendre à apprendre. Apprendre à devenir.

À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. @bourmu

Pour y arriver, il faut être conscient, intentionnel, disposé à apprendre, axé sur le processus d’itération. Parce que parmi toutes les choses que nous avons à faire, il y en a une que nous ne pouvons pas faire : apprendre pour les élèves. C’est un processus d’essai-erreur. Pourtant, dans notre soucis de faire baisser la liste de choses à faire… 

Enseigner : un verbe particulier

Enseigner est un verbe particulier. Tout comme Être en diète. Sérieusement. Dans les deux cas, on peut s’engager dans l’action d’enseigner ou d’être en diète sans toutefois atteindre l’objectif fondamental de l’action. Si je suis en diète pendant 1 semaine, 1 mois, 1 an et que je ne perds pas de poids, je peux Être en diète autant que je le veux et avoir l’impression de travailler fort mais en bout de ligne, si je ne perds pas de poids… En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? Vous me suivez? Alors en regardant la liste de choses à faire pour la rentrée, il serait sage de cibler des choses qui vont favoriser, réellement, l’apprentissage des élèves.

En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? @bourmu

3 objectifs pour maximiser votre impact cette année

Pour vous aider à demeurer conscient de vos intentions, à augmenter votre efficacité et à faire cheminer les apprenants dont vous êtes responsables, voici 3 objectifs que je vous propose pour la prochaine année scolaire.

  1. Donnez-vous du temps pour réfléchir : Quel que soit votre rôle dans l’école, la pratique réflexive est un incontournable si vous souhaitez vous améliorer. Prendre le temps de réfléchir, c’est accroître sa capacité de prendre du recul, de se questionner, de se nourrir de nouvelles idées, de se fixer de nouveaux défis. Quand on prend le temps de réfléchir, on devient conscient. Conscient de ce qui se passe, de notre impact, de notre capacité d’action. Malheureusement, on accorde souvent plus d’importance à notre liste de choses à faire qu’à notre pratique réflexive. Pourtant, la pratique réflexive influence grandement notre mentalité (de croissance ou fixe). De nos jours, les occasions de nourrir sa pratique réflexive sont nombreuses. Causeries(#TacEdChat) sur Twitter, lire des blogues, écouter des podcasts, discuter avec ses collègues, lire un livre, se remettre en question, tout simplement. Quelle sera votre stratégie pour nourrir votre pratique réflexive cette année?
  2. Trouvez un outil technologique qui va améliorer votre efficacité : On parle beaucoup d’intégration des technologies depuis quelques années. On met beaucoup l’accent sur ce que les technologies peuvent apporter à l’apprentissage des élèves. C’est normal. C’est le pourquoi ultime des écoles. Mais les outils technologiques peuvent nous faciliter la vie, augmenter notre efficacité. Que ce soit Google Chrome, Google Classroom, Google Photos, Google Formulaire ou autre. Je vous invite à discuter avec vos collègues pour trouver au moins un outil que vous utiliserez quotidiennement et qui augmentera votre efficacité en tant que gestionnaire. Que vous soyez enseignant ou direction d’école, il y a des outils qui peuvent vous simplifier la vie et vous donner plus de temps pour faire autre chose pour appuyer les élèves (ou le personnel) dans leur apprentissage. Quel outil vous rendra plus efficace cette année?
  3. Apportez un changement qui va faire cheminer les apprenants dans l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage : Vous connaissez bien le contexte dans lequel vous travaillez. Vous connaissez les compétences numériques de vos élèves, de votre personnel. Vous connaissez vos besoins en fonction de votre vision de l’enseignement et de l’apprentissage à l’ère numérique. Quel changement (utilisation d’un nouvel outil) pouvez-vous apporter dans votre classe, dans votre école, pour soutenir l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage cette année? Que vous soyez enseignant ou direction d’école, je vous invite à exploiter l’extension Sceencastify. Les possibilités sont nombreuses!

Mardi matin, on repart la machine!

Bonne rentrée scolaire à tous!

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