Ça va prendre un chapeau d’apprenant!

Malgré les temps incertains que nous vivons tous présentement, le grand monde de l’éducation se prépare à faciliter, du mieux qu’il peut, l’apprentissage à distance pour tous les élèves. La tâche n’a jamais été aussi authentique. Je m’explique plus loin. En plus de stimuler des apprentissages, ces efforts aideront certainement les élèves à passer à l’année suivante. Les plus vieux pourront également, on l’espère, obtenir leurs crédits et les finissants, leur diplôme. Tout ça, dans un contexte bien inhabituel.

La réalité

En situation de confinement, par le biais d’outils technologiques, les élèves communiqueront avec leurs enseignants et recevront des «travaux» à faire à la maison. De leur côté, les parents de ces enfants, plusieurs en contexte de télétravail, aideront leurs enfants du mieux qu’ils peuvent, en s’appuyant sur les consignes et les outils mis à leur disposition par les écoles et les conseils scolaires. De leur côté, les enseignants feront du mieux qu’ils peuvent pour faciliter l’apprentissage de tous leurs élèves. Plusieurs enseignants ont déjà en place des environnements d’apprentissage numériques avec leurs élèves, pour d’autres, ce sera une initiation aux rouages de la pédagogie numérique à distance. Plusieurs enseignants ont des enfants : on parlera donc beaucoup d’école dans ces foyers.

Une nouvelle courbe se pointe

Au-delà de la COVID-19, de la nécessaire utilisation du numérique et de la pédagogie numérique, ce qui est particulier dans cette situation, c’est qu’enfants et adultes auront plusieurs chapeaux à porter en même temps, tout le temps. Individu; père/mère, conjoint/conjointe, enseignant/enseignante, travailleur/travailleuse; enfant, fils/fille, élève. C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 Je me demande qui va apprendre le plus dans cette situation. Les élèves? Les parents? Les enseignants? Le système? Parce que le système aussi va apprendre. Une chose est certaine, c’est que nous allons tous partager un même chapeau : le chapeau d’apprenant. Pour tout le monde, une nouvelle courbe se pointe. Une courbe d’apprentissage. The comfort zone has left the building. Tout le monde fera ce qu’il peut. Empathie.

C’est comme si on vivait de 5 à 7 constamment 🙂 – @bourmu

Il est où le programme, il est où?

En éducation, les matières scolaires sont décontextualisées et enseignées en silos pour en faciliter la livraison, ce qui fait qu’un de nos défis est d’offrir des tâches authentiques à nos élèves. Des tâches contextualisées, à même une matière scolaire ou en intégrant des matières. Présentement, tous nos chapeaux sont intégrés dans nos foyers. Prenez deux minutes pour regarder autour de vous. Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. En matière de différenciation pédagogique, on différencie habituellement le contenu, le processus et/ou le produit. Les trois sont à notre portée dès maintenant. Pourquoi ne pas inviter les élèves à démontrer l’étendue de leur apprentissage en leur permettant de faire des liens avec ce qu’ils vivent présentement. Et imaginez si une tâche d’envergure pouvait servir dans plus d’un cours, pour les élèves du secondaire… La tâche n’aurait jamais été aussi authentique et différenciée. Il est là le programme, il est là!

Si vous regardez attentivement, vous découvrirez que toutes les matières scolaires sont intégrées dans tout ce qui entoure la COVID-19. – @bourmu

Avant d’entrer dans le programme habituel

Le réflexe institutionnel pourrait par contre nous amener à vouloir, si ce n’est déjà fait, établir une «connexion» avec tous les élèves, tous les foyers afin de réussir à assigner des tâches le plus rapidement possible. Particulièrement chez les plus vieux, où on vise l’accumulation de crédits et/ou la diplomation. Ça se comprend. Habituellement, peu importe ce qui se passe dans le monde, on enseigne ce qui se trouve au programme. Ceci dit, la pédagogie numérique sera déployée dans un contexte bien inhabituel et les parents seront nos alliés précieux plus que jamais. La technologie également. Mais si j’avais à enseigner à distance à partir de demain matin, peu importe le niveau ou la matière scolaire, voici des questions qui pourraient servir à établir la «connexion» et les conditions pour initier une pédagogie au service de l’apprentissage de mes élèves, avant d’entrer dans le programme habituel, à distance :

  1. Comment ça va?
  2. Raconte-moi une activité inhabituelle positive que tu as vécue depuis que nous sommes en confinement?
  3. Présentement, à quoi ressemble une journée typique pour toi?
  4. Quelle partie de la journée préfères-tu?
  5. Quelles questions te poses-tu en lien avec tout ce que nous vivons présentement?
  6. Qu’est-ce qui t’inquiète?
  7. Quelles nouvelles responsabilités as-tu à la maison?
  8. Qu’as-tu appris depuis le début du confinement?
  9. Qu’est-ce qui te manque le plus?
  10. Qu’est-ce que je peux faire pour faciliter ton apprentissage à distance?
  11. Qu’est-ce que tu peux faire pour apprendre à distance?
  12. Qu’est-ce que tes parents peuvent faire pour faciliter ton apprentissage à distance?

Quoi qu’il en soit, je nous souhaite bon courage, beaucoup d’empathie et surtout, beaucoup d’apprentissage dans les prochaines semaines.

Imaginez tout ce qu’on va apprendre. Par la force des choses, comme je l’écrivais dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête, nous allons découvrir de nouvelles lunettes dans les prochaines semaines. Mais ça va prendre un chapeau d’apprenant.

C’est pour ça qu’on fait ça, les amis.

Ça va… Ça va aller comme ça peut aller.

Et c’est de toute beauté.

À go, on met notre chapeau d’apprenant.

Go!

 

C’est impensable…

C’est quelque chose ce qu’on vit présentement. C’est impensable. Tout le monde est sur pause. Tout le monde est sur le qui-vive. On vit tous la même chose en même temps. On reste chez soi, on se lave les mains et, si on sort, on reste à deux mètres des autres. On aplatit la courbe. Je n’ai jamais vu ça. Avec l’évolution des dernières semaines, j’observe les leaders des pays, des provinces, des municipalités… Je me rends compte à quel point le leadership est important. Je me rends surtout compte à quel point les vies humaines sont précieuses aux yeux du système, aux yeux de nos dirigeants. Ça me touche. Le système, c’est du monde. Pour vrai.

On pourrait penser que c’est normal qu’on mette le monde sur pause pour sauver des vies, pour ne pas surtaxer le système de la santé. Ce l’est. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me touche de voir à quel point, quand tout devient sérieux, ce qui compte le plus, ce sont les personnes. Derrière les statistiques, il y a du vrai monde. Money is no object. Ça me donne énormément d’espoir. On dit que les situations comme celle que nous vivons nous permettent de voir de quoi sont faits les leaders. Ça nous permet également de voir de quoi nous sommes faits, vous et moi. J’aime ce que je vois. Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. Ça va bien aller, nous dit-on.

Quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble. – @bourmu

Mon billet d’aujourd’hui se veut un effort de trouver du positif dans l’impensable. Parce que c’est impensable ce qu’on vit présentement. Mais à un moment donné, nous serons de retour au travail. Et nous aurons le choix de continuer, comme avant. Nous pourrions aussi choisir une autre courbe, une autre trajectoire pour l’éducation. Mais ça nous demandera de faire des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables jusqu’à maintenant.

@bourmu (2)Voici donc quelques réalités que nous vivons présentement et comment ces réalités pourraient se vivre à notre retour «à la normale».

On s’éloigne – On va se rapprocher

Présentement, on s’éloigne physiquement des autres. C’est la prescription. Mais cette distanciation sociale a déjà créé une soif de rapprochement entre nous. On utilise la technologie pour tenter de se rapprocher. Je joue à Pictionnary à distance avec ma famille élargie. Pensez-y. Impensable avant la COVID-19. À notre retour dans nos établissements, nous aurons des histoires à nous raconter. Certains pourraient penser que les élèves auront un trou dans leur apprentissage à leur retour. On voudra se rapprocher et rattraper, pas seulement l’apprentissage et le programme, mais le temps perdu. Le temps que nous n’avons pas pu passer ensemble. Les défis nous rapprochent.

Tester, Tester, Tester! – Soutenir, Soutenir, Soutenir!

On peut comprendre l’importance de tester les gens présentement. Pas de tests, pas moyen de déterminer objectivement quelles mesures mettre en place et si elles fonctionnent. Pas de tests, pas de courbe, pas moyen de savoir où on en est et où on s’en va. Pas moyen de savoir si on progresse. Mais ici on se sert de la courbe pour être en mesure de mieux soutenir les gens. À notre retour, j’ose croire qu’on ne créera pas une course aux notes manquantes et qu’on choisira plutôt de se soutenir, soutenir, soutenir les uns les autres. C’est le but de l’éducation. Certains diront : « Oui! Mais comment? » Quelle belle question. Quel beau point de départ. Comment. Pas pourquoi.

On a le temps – On va prendre le temps

Présentement, on a le temps. On a l’embarras tu temps. Non structuré. La situation entourant la COVID-19 nous place en position de confinement, ce qui nous permet de passer beaucoup de temps avec nos êtres chers. On a le temps de réfléchir et on se retrouve face à soi-même. Ça remet les choses en perspective et ça nous permet de voir ce qui compte vraiment dans notre vie. De retour au travail, je pense qu’on va prendre le temps pour les choses qui comptent. Je pense qu’il va y avoir un moins grand écart entre notre liste de priorités et notre réel emploi du temps.

On annule les examens du ministère – On va repenser la place de l’évaluation en général

Dans le présent contexte, l’éducation a dû choisir de ne plus tester pour le moment. Ça enlève un stress. On peut comprendre pourquoi. Or ça stimule la réflexion. Arrêter de tester en éducation, c’est impensable. C’est dans notre ADN. Mais à notre retour, j’ose croire que la prescription sera de repenser la place de l’évaluation en général. L’éducation a besoin de sa courbe, aussi, pour progresser. Et si on se servait de la courbe créée par les diverses choses que l’éducation évalue pour soutenir le développement des personnes? Plutôt que pour les classer ou les sélectionner, entre autre… Est-ce si impensable?

On prend conscience de notre réalité – On va adopter de nouvelles habitudes

À force d’être en pause, on donne une pause à l’environnement. On fait de beaux constats. On se rend compte qu’on a de l’impact. On voit au fond de l’eau à Venise. Impensable. À force d’être en pause on se rend aussi compte à quel point on était peut-être trop souvent sur le pilote automatique. On doit prendre plein de nouvelles décisions au quotidien, parce qu’on est en pause. C’est curieux quand même. À plusieurs niveaux, c’est la planète au complet qui adopte déjà de nouvelles habitudes. À notre retour, je crois qu’on va continuer d’adopter de nouvelles habitudes et qu’on va changer la trajectoire du pilote automatique. Il y a des choses qui deviennent évidentes. Il faut simplement accepter de les voir et d’agir.

Tout le monde est uni et solidaire à cause de la COVID-19 – Tout le monde sera uni et solidaire grâce au leadership de tous

Évidemment, ce que nous vivons ensemble nous unit. On constate cette solidarité, pas parfaite, mais bien présente dans nos milieux respectifs. C’est beau à voir. Or le contexte actuel, personne ne l’a choisi. À notre retour, nous aurons le mandat de créer le contexte propice, dans notre zone de contrôle, pour façonner graduellement le prochain chapitre du grand monde de l’éducation. Le système, c’est du monde. Et on a besoin de tout notre monde pour y arriver.

PlatonNe pas avoir peur de la lumière

Je suis tombé sur cette citation de Platon récemment : « On peut aisément pardonner à l’enfant qui a peur de l’obscurité; la vraie tragédie de la vie, c’est lorsque les hommes ont peur de la lumière. » 

Le contexte actuel nous permet de réfléchir et de remettre certaines choses en question dans nos vies personnelles et professionnelles. Ces réflexions nous permettront de mettre en lumière les prochaines étapes qui pourraient le mieux nous servir, nous, et le monde de l’éducation à notre retour. Il y a des choses qui nous paraissent impensables en éducation. Impensables… jusqu’à maintenant.

À notre retour au travail (en personne), rien n’est impensable. En fait, tout est possible!

Rappelons-nous que quand c’est sérieux, comme société, on sait quoi faire. On se rallie et on fonce ensemble.

Je pense qu’on sait quoi faire en éducation.

Il faut juste ne pas avoir peur de la lumière.

Ça va bien aller.

 

10 affirmations clés pour amorcer la nouvelle décennie

Comme vous le savez, avec l’arrivée de 2020, nous amorçons une nouvelle décennie. Ça m’amène à me poser des questions. Je me demande en quelle année nous pourrons arrêter de parler du 21e siècle. Je n’ai rien contre le 21e siècle, c’est juste que… tsé. Je me demande ce qui nous attend en éducation au cours des 10 prochaines années. C’est passionnant ce qui se passe présentement.

D’un point de vue personnel, je me demande aussi où je serai dans 10 ans. Outch. D’un côté, j’aime autant ne pas y penser. Mais d’un autre côté, je comprends très bien l’importance de l’intentionnalité. J’ai beaucoup réfléchi durant les Fêtes. Pour savoir où on va il faut parfois savoir d’où on vient. J’ai donc choisi de vous partager 10 affirmations qui ont été importantes pour moi au cours des 10 dernières années. Elles sont encore très importantes pour moi. J’espère qu’elles pourront vous aider à amorcer la nouvelle décennie avec du «oumf». Si vous doutez parfois de votre capacité, vous allez me comprendre… Je vous préviens : on est loin du leadership et des stratégies pédagogiques. Mais c’est important 🙂

Voici donc 10 affirmations qui peuvent soutenir un discours intérieur au service de vos plus grandes aspirations personnelles et professionnelles.

1. Je suis une merveille. 

Il est facile de s’émerveiller du monde qui nous entoure, de la nature, des accomplissements de nos collègues ou encore de nos enfants. Cette affirmation nous rappelle que nous faisons, nous aussi, partie de la création et que nous sommes merveilleux tels que nous le sommes.

2. Je suis unique.

S’intégrer et sentir qu’on fait partie de la gang, c’est important. Je ne sais pas si c’est parce que nous oeuvrons en éducation, mais l’idée d’entrer dans le moule (l’élève) est un facilitateur pour nous. Parfois, c’est comme si l’unicité des élèves compte surtout quand un élève est en difficulté. Cette affirmation nous invite à regarder ce qui se passe dans la société où l’unicité est un avantage économique important. Pour réussir à transformer l’éducation, je suis d’avis que nous devons faire valoir notre caractère unique. Parce que ce n’est pas ce que nous pouvons faire comme tous nos collègues qui nous amènera à innover. Il y a des choses qui vont exister en éducation parce que vous existez. Pas de pression 🙂

3. J’aime et je suis digne d’amour.

Qui ne veut pas offrir le meilleur de lui-même? Cette affirmation nous invite à nous rappeler que nos intentions sont bonnes, même quand nous échouons et que nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour mériter l’amour de quiconque. Point.

4. J’ai des talents à utiliser.

Avec toutes les initiatives innovantes en éducation, c’est tellement facile de remarquer ce que les autres font que nous ne faisons pas encore. Cette affirmation nous invite à mettre l’accent sur ce qui est déjà là et qui peut servir maintenant. Nos talents. On peut seulement jouer les cartes qu’on a. Et la parabole des Talents nous apprend qu’on perd ce qu’on n’utilise pas. Pensez-y.

5. J’ai des compétences à offrir.

Parfois, des idées nous viennent à l’esprit. Nous imaginons les possibilités. Pour l’éducation, pour les autres, pour soi. Après des moments de réflexion, parfois le doute s’installe. Serons-nous capables? Est-ce insensé? Cette affirmation nous invite à reconnaître que nous sous-estimons trop souvent notre niveau de compétence.

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6. J’ai tout ce qu’il me faut pour faire mon prochain pas.

Le contexte de changement et d’innovation dans lequel nous vivons requiert une certaine tolérance à l’ambiguïté. Même si nous ne voyons pas toujours clairement le chemin à suivre dans nos divers projets, cette affirmation nous rappelle qu’un prochain pas est toujours à notre portée.

7. Je peux toujours apprendre.

Il n’y a rien comme le moment où nous prenons conscience que nous ne savons pas… en tout cas pas encore. C’est à ce moment que nous pouvons parfois avoir l’impression que tel objectif est peut-être trop ambitieux pour nous. Cette affirmation nous rappelle qu’on n’a jamais fini d’apprendre et qu’on peut toujours apprendre. Il n’y a pas un livre qu’on ne peut pas lire; pas une formation qu’on ne peut pas suivre; pas un mentor qu’on ne peut pas rencontrer. Il n’y a pas de limite à ce qu’on peut apprendre.

8. Je ne serais pas qui je suis sans mon passé.

Il est facile de regarder derrière et de se critiquer, de remettre en question telle ou telle décision ou d’être déçu de ne pas encore être rendu… Cette affirmation nous invite à reconnaître et à apprécier le chemin qui a façonné la personne que nous sommes aujourd’hui.

9. Je n’abandonne pas. Je fais autrement.

Il n’y a rien de plus stimulant que le début d’un nouveau projet ou la quête d’un nouvel objectif. Ce qui est moins stimulant, c’est quand on frappe un mur, quand rien ne semble fonctionner. Cette affirmation nous rappelle que dans un tel cas, on n’abandonne pas et on ne change pas d’objectif. On fait autrement. J’apprécie particulièrement cette affirmation. Elle a mené à la création d’escouadeÉDU. Un jour, je vous raconterai ça 🙂

10. Je réussis et je contribue.

On dit parfois que la réussite est un processus. Dans ce fameux processus, il est facile de ne pas voir qu’on réussit. Il est facile de ne pas reconnaître notre effort, notre discipline, notre résilience et notre progrès. Réussir, c’est ça. Cette affirmation nous invite à apprécier le processus qui mène à la réussite. Cette affirmation nous invite également à reconnaître que la réussite signifie que d’autres ont profité de notre présence. Je crois fermement que réussite et contribution vont main dans la main. Surtout en éducation.

J’espère sincèrement que ces 10 affirmations sauront vous aider au cours des 10 prochaines années.

Et vous, quelles affirmations sont importantes pour vous?

Merci de vos commentaires et bonne année 2020 🙂

Le progrès : performance ou trajectoire?

Déjà la fin novembre. Le mois des premiers bulletins. Le mois de la première communication formelle (rendement scolaire) entre l’école et la famille. Combien de discussions entourant le rendement scolaire ont eu lieu dans les maisons à l’heure du souper au cours des dernières semaines? Certaines discussions ont sûrement porté sur la note, la moyenne. Monitorage. Quand ton enfant apprend à la bonne vitesse, cette discussion se passe bien. Le parent peut même éprouver un certain sentiment de fierté. «Mon enfant est bon à l’école!» Dans d’autres cas, le parent vit l’inverse.

Entretenir une mentalité de croissance

Les discussions portent aussi sur les commentaires du bulletin et tout ce qui entoure le comportement, les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail de l’enfant. Cette discussion est importante. C’est ici qu’on façonne la mentalité de croissance de l’enfant. Ce sont souvent ces habiletés, ces habitudes qui expliquent le rendement scolaire de l’enfant. Dans certains milieux où le comportement et le rendement de l’élève servent à générer la note, les habitudes de travail et le comportement déterminent en grande partie la note de l’élève. Mais ce sera pour un autre billet. Alors c’est ici qu’on montre à l’enfant le lien entre ses habitudes de travail et son rendement scolaire. Selon Carol Dweck, l’erreur ici serait de simplement féliciter l’enfant pour ses bons résultats en lui disant qu’il est intelligent ou bon à l’école. Qu’arrive-t-il si l’enfant obtient une moins bonne note par après? Il n’est plus intelligent ou bon? Cette approche entretient une mentalité fixe.

Mettre l’accent sur les habitudes

On ne peut pas exiger de meilleurs résultats scolaires de son enfant sans lui montrer explicitement le moyen pour y arriver. L’enfant n’a aucun contrôle sur les résultats qu’il obtient. Mais il a le plein contrôle sur les efforts qu’il fournit, sur les habitudes de travail qu’il utilise, sur les habiletés d’apprentissage qu’il développe, sur sa motivation, sur la curiosité dont il fait preuve. L’intelligence se développe, ce n’est pas fixe. Un parent pourrait donc dire à son enfant : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? » Ce qu’on veut monitorer, ce sont les habitudes, les progrès, pas seulement le rendement. Regarder simplement le rendement, c’est comme de faire l’autopsie. Il est alors trop tard pour agir. Il y a de beaux liens à faire ici avec le Plan d’amélioration d’école / Projet éducatif et le monitorage dans les écoles. Ce sera pour un autre billet ça aussi 🙂

Un parent pourrait donc dire à son enfant : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? »

Progrès ou performance?

Dans certains milieux, le bulletin de novembre met l’accent sur les progrès des élèves. Les enseignants sont alors invités à porter un jugement au sujet de la progression des élèves. Est-ce que l’élève progresse très bien, bien ou avec difficulté? Même avec un bulletin comme celui-là, le jugement professionnel reste un défi. Comment arrive-t-on à déterminer si un élève progresse très bien, bien ou avec difficulté? Le système est conçu pour regarder le rendement, la performance. Dans bien des cas, un élève qui performe bien = un élève qui progresse bien ou très bien. C’est logique… mais pas toujours. Si au moment de porter un jugement, on regarde seulement la performance actuelle pour déterminer si un élève progresse, je pense qu’on passe à côté de notre mandat.

« Le mot progrès n’a aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux. » Albert Einstein

Tout est dans la trajectoire.

La performance actuelle d’un élève n’indique aucunement le chemin parcouru. Depuis septembre dans le cas du bulletin de novembre. Qu’est-ce qu’on communique à un nouvel arrivant qui apprend une nouvelle langue et une nouvelle culture, qui est sur une trajectoire (learning curve) incroyable, qui progresse très bien mais qui n’atteint pas encore la norme provinciale en matière de performance? D’un autre côté, qu’est-ce qu’on communique à l’élève démotivé qui, à la limite, nuit parfois à l’ambiance morale de l’école mais qui «réussit» bien? Je donne ici des exemples qui peuvent sembler extrêmes, mais chaque élève est différent. À mon avis, le progrès, c’est être en mouvement, en amélioration continue. Lorsqu’on atteint un niveau de performance élevé, c’est difficile de progresser. On parle alors de maintien ou d’entretien. C’est ici que les habitudes de travail sont importantes. Ce sont des indicateurs de constance, de réussite. L’élève peut alors faire tout ce qu’il est sensé faire sans toutefois augmenter sa performance. On pourrait donc affirmer que l’élève est sur une bonne trajectoire. Et n’est-ce pas la clé du progrès?

Les personnes plutôt que la matière

J’ai la chance d’accompagner plusieurs personnes en éducation. Et je peux affirmer que les personnes heureuses, celles qui trippent sur leur travail sont les personnes qui progressent, ce sont des personnes qui ont choisi une nouvelle trajectoire. Progresser, ça génère des émotions positives. J’ai vu une publication passer dans Facebook récemment qui disait quelque chose comme ceci : « L’école devrait enseigner aux enfants à être heureux. » Je pense qui si nous arrivons à mettre l’accent sur la trajectoire et les progrès de nos élèves, sur leur potentiel plutôt que sur leur performance actuelle, nous aurons alors choisi d’accorder une plus grande importance aux personnes qu’à la matière enseignée. Ce serait déjà un bon début. Vulnérabilité dites-vous? Yes! Moi je dis leadership.

Apprendre, ça rend heureux.

Toutes les écoles ont un plan d’amélioration. Je n’ai jamais vu une école avec un plan de maintien. Or peut-on vraiment parler d’amélioration ou de progrès si plusieurs de nos élèves (ou membres du personnel) sont malheureux? Je reprends une phrase du 3e paragraphe qui s’applique très bien à nous tous. Je vous invite à l’accueillir avec joie parce qu’elle est pleine d’amour : « Ta job, c’est d’apprendre et de devenir une meilleure version de toi-même tous les jours. Que fais-tu pour y arriver présentement? »

Les élèves ont besoin de modèles heureux pour apprendre à être heureux.

Merci de vos commentaires.

 

 

3 stratégies pour vivre le mois de novembre… autrement!

Dans mon vécu, le mois de novembre est sans contredit le mois qui me semble le plus difficile, pour plusieurs raisons. En novembre, et on l’a senti vendredi, les arbres laissent tomber leurs feuilles et se préparent à affronter l’hiver. En novembre dans les écoles, c’est le temps des bulletins. La première communication formelle qui explicite le fruit des efforts des élèves et de l’efficacité de nos stratégies. Si les arbres perdent leurs feuilles, nous, on perd un peu d’énergie. L’adrénaline de la rentrée et du «rush» des bulletins nous rend parfois plus fragiles. Les élèves aussi, en passant. En plus, on recule l’heure ce soir. Nous perdrons alors une heure de lumière en fin de journée, en route vers le solstice d’hiver.

Si les arbres perdent leurs feuilles, nous, on perd un peu d’énergie. @bourmu

Le pilote automatique?

Dans ce contexte, le naturel revient au galop! J’ai déjà entendu un collègue affirmer : «Après les bulletins, on met ça sur le pilote automatique jusqu’au congé des Fêtes.» Ça m’a obnubilé pour un moment. Je n’ai rien dit. Je n’ai pas osé. Or ce que cette phrase suggérait allait contre toutes mes croyances et mes convictions. Mettre sa pratique sur le pilote automatique, c’est à mon avis la pire chose à faire, surtout en novembre… surtout si on souhaite s’épanouir avec nos élèves au quotidien. Si la nature s’endort tranquillement en novembre, c’est tout le contraire qui est requis dans nos écoles.

Si la nature s'endort tranquillement en novembre, dans nos écoles, c'est tout le contraire qui est requis.

S’éteindre ou s’éveiller?

Mise en garde. Dans un état plus fatigué ou plus fragile, ce n’est pas le temps de jouer au super-héros non plus. Or les élèves vont bientôt recevoir leur premier bulletin. C’est le contexte tout désigné pour les amener à se fixer des objectifs personnels et pour les autonomiser. Et si on réussissait à éveiller le goût de l’apprentissage chez les élèves sans constamment avoir à obtenir leur attention ou leur engagement? C’est possible. Plusieurs le font. Mais il faut être intentionnel, car le naturel, parce qu’il est fatigué, cherche habituellement le calme, le contrôle, le silence… l’obéissance de l’élève. Ça éteint ou ça éveille, ça?

Mettre sa pratique sur le pilote automatique, c’est à mon avis la pire chose à faire, surtout en novembre. @bourmu

Vivre novembre autrement

Nous amorçons le mois de novembre. Certains s’épanouiront avec leurs élèves et leurs collègues alors que d’autres… moins. Qu’est-ce qui explique cette réalité?

Voici 3 stratégies pour vivre novembre autrement.

1- Changer de riff : Tout le monde a un style, qu’on pourrait comparer à un riff dans une chanson. Un rythme. En novembre, nos élèves et nos collègues connaissent notre riff. Nous devenons très prévisibles. Que pourriez-vous faire en novembre pour changer de riff? Pour changer l’ordre dans lequel vous concevez vos leçons, vos démarches, vos formations. Changer de riff, ça éveille. Ça stimule. Ça amène du piquant, du nouveau. Une façon très simple pour changer de riff, c’est de créer beaucoup de place pour les élèves dans la démarche d’enseignement et d’apprentissage. On peut, par exemple, prendre toutes les activités de compréhension de lecture (tout le monde a ça) et les transformer en activités de réflexion, en préparation à des conversations stimulantes en classe. Plutôt que de passer des périodes à vérifier les devoirs et à corriger (prof parle, élève écoute), on donne la parole aux élèves en structurant des conversations et des mises en commun qui éveillent la curiosité et mettent en lumière la richesse des différents points de vue.

2- Utiliser l’actualité pour animer des conversations avec les élèves ou même laisser les élèves animer les conversations, tout en faisant des liens avec le contenu du programme (concepts, thèmes, idées, valeurs, compétences…). Les guides pédagogiques de l’École branchée vous aident à créer des situations d’apprentissage signifiantes et ouvertes à partir de l’actualité. Les occasions d’éveiller le goût de l’apprentissage sont partout autour de nous. Il suffit d’en être conscient, de les saisir et de les intégrer à notre riff pédagogique.

3- S’appuyer sur le bulletin : Pourquoi ne pas saisir l’occasion pour revenir sur le bulletin et en parler explicitement en groupe ou même individuellement avec les élèves. Ensuite, pourquoi ne pas permettre aux élèves de se fixer des objectifs personnels et de réinvestir les commentaires du bulletin (et de la conversation) dans un projet conçu, et pour répondre aux exigences du programme, et qui amène l’élève à progresser personnellement. Cette approche risque de donner lieu à un dernier droit (jusqu’aux Fêtes) très personnalisé. Et qui dit personnalisation, dit engagement.

Responsabiliser, ça demande de l’énergie.

Vous aurez sans doute remarqué la tendance. Pour vivre un mois de novembre différent, je crois que de faire de la place pour les conversations, les réflexions et les projets personnels est une approche qui risque d’éveiller plus que d’éteindre les apprenantes et les apprenants. On remet entre les mains de l’apprenant la responsabilité de son devenir. C’est un principe de leadership simple, mais important. Notre rôle : soutenir, encourager, aimer, communiquer, coacher… Mais ça demande de l’énergie tout ça! Oui. La gestion du désengagement aussi, les amis. D’une façon ou d’une autre, il faudra mettre de l’énergie. Il suffit de choisir où on veut la mettre.

Je vous souhaite de vivre le mois de novembre… autrement!

Vous avez des idées à partager de votre côté? J’aimerais bien vous lire 🙂

4 idées pour développer son intuition pédagogique

C’est vraiment stimulant de voir la diversité de projets et d’initiatives dans les écoles. Ce qui m’interpelle ici, ce sont les nouvelles approches. Ce qui fait que ça change pour les élèves. À mon avis, les nouvelles approches pédagogiques font de plus en plus appel à l’art d’enseigner, à notre intuition. Dans cette vidéo, Sir Ken Robinson parle de l’importance de l’intuition, entre autres.

Créer le contexte pour innover

Ce qui se produit lorsqu’on innove et qu’on sort des sentiers battus, c’est que les contextes sont nouveaux, les outils sont nouveaux et donc les possibilités sont nouvelles. Les sujets sont ouverts et n’ont pas nécessairement été alignés dans une progression des apprentissages. C’est intéressant de voir ce qui se produit lorsque tout est à créer. Le manuel perd parfois de son utilité. Innover, parfois, ça veut simplement dire qu’on laisse le manuel de côté et on ouvre la conversation. Parce que c’est à ce moment que le contexte donne toute la place à notre savoir expérientiel, à notre intuition. Dans la pédagogie d’aujourd’hui, on parle de concevoir des expériences d’apprentissage. Ça veut dire quoi au juste, ça? Selon moi, on souhaite simplement que l’élève vive ses apprentissages. Que le programme prenne vie. Parce qu’on veut que les apprenants prennent vie aussi. Que les objectifs personnels des apprenants aient une place dans le programme et vice versa.

Innover, parfois, ça veut simplement dire qu’on laisse le manuel de côté et on ouvre la conversation. @bourmu

Faire appel à son intuition pédagogique

C’est ici que notre rôle change. Pas juste un peu. Être guide, être coach, évaluer mieux, développer le plein potentiel des élèves… Ça demande du leadership. Ça demande d’avoir du recul, de voir ce qui se passe et d’anticiper l’impact de ses actions sur les autres autour de soi. À une ère où on cherche tellement à «bien» faire l’éducation, où on s’appuie sur la recherche et sur les «bonnes» pratiques, l’acte d’enseigner, dans toute sa complexité, requiert que chaque acteur prenne d’innombrables décisions au quotidien. Les «bonnes» décisions. Pas de pression. Ça demande de faire appel à son intuition. Cette petite voix intérieure qui nous suggère les meilleures prochaines étapes ou actions, pour tel ou tel élève. L’expertise, c’est là que ça se passe. Dans le feu de l’action. Ça me rappelle cette citation de Daniel Pennac : « Quels pédagogues nous étions, lorsque nous n’avions pas le souci de la pédagogie. » C’est incroyable à quel point les gens savent quoi faire lorsqu’ils osent s’écouter. Dans le feu de l’intention pédagogique, on doit faire appel à l’intuition pédagogique.

Le jugement professionnel le plus important, c'est celui qu'on exerce entre les bulletins.

4 idées pour développer son intuition pédagogique

Voici 4 idées à considérer pour développer son intuition pédagogique :

1. Se rendre vulnérable

Une des premières choses qui me vient en tête lorsque je pense à l’intuition, c’est qu’on peut se tromper. Se rendre vulnérable, ça veut dire qu’on doit accepter qu’on peut se tromper. Quand on essaie quelque chose de nouveau, d’innovant, on peut prendre la «mauvaise» décision. On peut se tromper. Ça veut dire quoi? En éducation, ça veut simplement dire que notre impact n’est pas optimal et qu’on apprend. Il faut se donner le droit d’apprendre, les amis.

2. Faire confiance à son jugement professionnel

Pour essayer des nouvelles choses et pour écouter son intuition pédagogique, il faut se faire confiance. On est professionnel de l’éducation ou non? Le jugement professionnel. C’est souvent lié à l’idée de porter un jugement ou de donner une note. Les bulletins s’en viennent. Les enseignants feront confiance à leur jugement professionnel pour donner une note à leurs élèves. Ils donneront également les commentaires les plus pertinents. On fait confiance à notre jugement professionnel pour faire ça. Dans le feu de l’action, il faut aussi faire confiance à notre jugement professionnel pour développer les élèves. Le jugement professionnel le plus important, c’est celui qu’on exerce entre les bulletins. Pensez-y.

3. Se garder une p’tite gêne

Il faut se faire confiance, mais il faut aussi se garder une p’tite gêne. Parce qu’on peut se tromper, même lorsqu’on s’appuie sur la recherche, en passant. Je pense qu’il est sage de se tenir loin des certitudes et des vérités absolues. Ce n’est pas pour rien qu’on dit souvent «Ça dépend» en éducation. On s’affirme donc avec confiance mais on se questionne, on se permet de douter. The proof is in the pudding, comme dirait l’autre. Tout est dans la preuve d’apprentissage, pas nécessairement dans le moyen. Si vous avez déjà écouté un élève offrir des explications à un autre élève, vous savez que parfois, les élèves apprennent et on ne sait ni pourquoi, ni comment. Il est grand, le mystère de l’apprentissage!

4. Apprendre à se connaître

Finalement, je dirais que pour développer son intuition pédagogique, comme pour le développement professionnel en général, il importe de bien se connaître. De bien connaître et comprendre sa pratique et son impact sur les élèves, dans le moment présent. Plus on se connaît, plus on se comprend, plus on peut agir intentionnellement, dans le feu de l’action. Et plus l’écart entre ce qu’on sait et ce qu’on sent est petit. Tout s’aligne petit à petit.

Et vous? Quels moyens suggérez-vous pour développer l’intuition pédagogique?

Merci de vos commentaires 🙂

Dans le feu de l'intention pédagogique, on doit faire appel à l'intuition pédagogique.

10 pistes clés pour l’entrepreneur

Depuis quelques années, l’entrepreneuriat prend de plus en plus de place en éducation et c’est tant mieux. Après tout, on prépare nos élèves pour la vraie vie et même si tous les élèves ne deviendront pas entrepreneurs (être en affaire) au sens pur du terme, ils deviendront tous, nous le souhaitons, les entrepreneurs de leur vie. Je vous partage 10 pistes qui, selon moi, sont clés pour tout entrepreneur. Je les présente ici dans le contexte de l’éducation, pour nous aider à entreprendre l’apprentissage, comme dirait Mélissa Laflamme. Ces pistes s’appliquent aux élèves, mais surtout à nous, les adultes, qui tentons de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Et si nous adoptions la posture de l’entrepreneur dans nos efforts de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves…

L’ENTREPRENEUR…

1. S’appuie sur ses forces. 

C’est très difficile d’innover. Le premier objectif d’un entrepreneur, c’est d’ajouter de la valeur à sa communauté ou aux personnes qu’il côtoie. Il faut se connaître soi-même et être honnête envers soi-même pour réussir à miser sur ses forces et grandir en s’appuyant sur ses forces. L’entrepreneur reconnaît d’abord sa valeur, en fait profiter aux personnes qu’il sert et continue toujours d’ajouter de la valeur à qui il est. C’est la seule façon de pouvoir continuer d’ajouter de la valeur aux autres. Se connaître – reconnaître – offrir – grandir – continuer d’offrir

2. N’a pas peur de travailler.

Les entrepreneurs qui réussissent comprennent que l’idée de travailler fort fait partie de l’équation de la réussite. Lorsqu’on entreprend quelque chose d’aussi ambitieux que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, on s’entend qu’on va travailler fort. Les statistiques varient mais disons que 99% des entreprises échouent au fil du temps. Même si tout le monde travaille très fort. L’effort ne suffit pas.

3. Accueille le risque qui vient avec l’idée de faire autrement.

Lorsqu’on innove, on sort des sentiers battus. On prend des risques. Des risques calculés, mais on prend des risques. Dans le grand monde de l’éducation d’aujourd’hui, le plus grand risque, à mon avis, c’est de ne pas changer, de ne pas essayer, de ne pas évoluer. Pour arriver à passer du bon à l’excellent, il faut risquer. C’est comme ça que la société évolue. Comme le dirait George Couros : « Change is an opportunity to do something amazing. » Mets-en, George.

4. Change le design, pas l’objectif.

Mais ça prend une cible claire n’est-ce pas? Un pourquoi fort. Pour prendre des risques, pour oser faire autrement, pour choisir consciemment de s’ouvrir à la critique… des parents, des collègues, des élèves… Quand on change de stratégie pour essayer d’atteindre les objectifs communs ambitieux que nous avons, on s’ouvre à la possibilité de la critique… et de l’échec. L’entrepreneur aime surmonter des défis parce qu’il comprend que la plupart des opportunités sont entourées de défis. Surmonter un défi, c’est le prix à payer pour saisir une opportunité. Devant un défi, l’entrepreneur change le design, pas l’objectif. Si ce qu’on fait ne fonctionne pas, on change le design. Si la pédagogie qu’on dispense ne produit pas des élèves qui deviennent les entrepreneurs de leur vie, on change le design. Le design.

5. Place l’élève au coeur de toutes les décisions.

L’entrepreneur est au service de l’autre et tente de régler un «problème» pour l’autre. C’est une autre façon de présenter l’idée d’ajouter de la valeur à l’autre. L’entrepreneur qui réussit est constamment en train de communiquer avec les personnes qu’il sert afin de toujours mieux répondre à leurs besoins. Au coeur de l’éducation de qualité, il y a l’engagement et l’apprentissage de l’élève. Pour entreprendre l’apprentissage avec ambition, l’entrepreneur est en constante communication avec l’élève, donne une voix à l’élève et place même l’élève au coeur de toutes les décisions. Mise en garde : ça, c’est facile à dire, moins facile à vivre. #émotions Qu’est-ce qui changerait dans votre école, si toutes les décisions étaient prises dans le meilleur intérêt des élèves?

6. Passe à l’action.

C’est bien d’avoir des idées pour innover. C’est bien d’avoir un plan bien articulé. C’est bien de le communiquer clairement. C’est bien de discuter du plan dans les structures de collaborations qui sont en place. Mais tout se passe dans l’action. Après le plan et entre les rencontres. C’est en présence de l’autre que l’entrepreneur ajoute de la valeur à l’autre. C’est en présence de l’élève que nous transformons l’éducation. Tout ce qui se passe lorsque l’élève n’est pas là… c’est important, mais ce n’est pas là que ça se passe. Pensez à tout ce qui se passe entre les adultes dans les écoles pour tenter d’innover et posez-vous la question : «Qu’est-ce que ça change ou qu’est-ce qui change pour les élèves?» On ne peut pas transformer l’expérience d’apprentissage de l’élève sans que l’expérience d’apprentissage vécue par l’élève ne soit transformée.

7. Est patient.

La transformation de l’expérience d’apprentissage ne se produit pas du jour au lendemain. Long terme. On vise le progrès, pas la perfection du premier coup. Patience. L’entrepreneur tombe en amour avec son pourquoi, pas le quand.

8. Fait confiance à son intuition.

L’entrepreneur a des idées. Les idées ne viennent pas toujours de la recherche ou d’un manuel. L’entrepreneur apprend à faire confiance à son intuition. La petite voix qui nous propose une autre façon de faire, une autre façon d’aider. C’est parfois stressant. Surtout lorsqu’on n’a jamais entendu parler de cette idée qui nous vient en tête. Ça ne peut quand même pas être une si bonne idée, quelqu’un d’autre l’aurait eu avant. Non………. Non. L’entrepreneur mise sur son unicité. C’est ce qui lui permet de se distinguer. Je crois fermement que chaque individu en éducation a quelque chose d’unique à apporter. Il y a des choses en éducation qui vont exister parce que vous existez, parce que vous vous distinguez.

9. Sait vendre l’excellence.

J’ai hésité avant d’utiliser le mot «vendre». Ça pourrait être mal vu. Très tôt dans ma carrière d’enseignant, je me suis rendu compte qu’une de mes premières tâches était celle d’un vendeur. Que je devais vendre à mes élèves l’idée je valais la peine d’être respecté comme enseignant et qu’ils valaient la peine de s’investir en eux et qu’ensemble, on vise l’excellence. C’est exigeant, ça. L’entrepreneur fait la même chose. Il vend l’idée que l’autre peut accéder à l’excellence. En salle de classe, il peut être fort puissant de devenir de bons à raconter des histoires de succès. Pour inspirer, pour donner le goût. Parce qu’on coeur des nouvelles pédagogies émergentes, actives, participatives, en profondeur… c’est un élève à qui on en demande plus que dans le contexte de l’enseignement traditionnel. Soyons honnêtes. Les élèves n’organisent pas des rencontres entre eux le weekend en se disant qu’ils ont donc hâte que l’école leur en demande plus. Non. Les nouvelles pédagogies sont meilleures, à condition que la motivation devienne intrinsèque. Leadership, influence, raconteur… vendeur.

10. Ne donne pas d’excuses.

Le dernier fait mal, mais il fait du bien 😉 L’entrepreneur accepte la responsabilité de tout ce qui se passe dans son entreprise. Il n’a pas de liste de choses ou de personnes à blâmer pour expliquer l’état des lieux. En fait, il n’y a qu’un nom sur la liste : le sien. Maturité. Lorsqu’on accepte la responsabilité pour ce qui se passe (même si ce n’est pas toujours le cas, mais c’est une posture) on accepte aussi qu’on a un pouvoir d’action sur tout ce qui se passe. À la fin de la réflexion ou de l’analyse de toute situation il y a cette phrase : «Qu’est-ce que je peux faire maintenant.» Pas d’excuses. Ce serait accepter la médiocrité alors qu’on vise l’excellence.

Quelles idées ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires 🙂

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