Et si nous adoptions des processus autonomisants

Je regardais cette vidéo pour une énième fois cette semaine et j’ai été frappé à nouveau par la simplicité du processus partagé par Mick Ebeling.

Son processus est bien simple : lorsqu’il désire avoir un impact positif,

  1. Il s’engage.
  2. Il tente de figurer quoi faire pour y arriver.

C’est quand même assez simple. Ce qui est intéressant dans son processus en 2 étapes, c’est l’ordre des étapes. Mick n’a pas dit qu’il trouvait comment avoir un impact positif et qu’ensuite il s’engageait. Il s’engage d’abord, sachant qu’il sera capable de trouver le comment en temps opportun. C’est important ça. Il fait confiance à son intuition. Vous vous reconnaissez dans ce processus? C’est un processus qui me semble très autonomisant.

L’engagement nourrit l’intuition.

Lorsqu’on s’engage affectivement, comme mari, comme père, comme enseignant, comme collègue, on trouve éventuellement une façon d’avoir un impact positif dans la vie des gens dont nous sommes responsables puisque nous avons une autonomie complète, en ce sens que nous pouvons choisir quoi faire et comment faire. Nous vivons aussi avec les conséquences de nos actions.

Deux ingrédients clés se dégagent ici :

  1. Responsabilité
  2. Autonomie

Pour arriver à nos fins, nous devons accepter la responsabilité de notre engagement et nous devons agir au meilleur de notre capacité. Quand l’intention d’une relation est claire et qu’on s’engage, notre intuition devient comme un manuel d’instructions. C’est comme si l’engagement nourrissait l’intuition.

Et en éducation?

Dans mon vécu en éducation, la majorité des gens sont engagés. Je peux compter sur les doigts d’une main les gens désengagés que j’ai rencontrés.  En éducation, le processus pour obtenir un impact positif est souvent le même lorsqu’il est vécu individuellement. On s’engage et on s’organise pour y arriver. Or je me rends compte que le processus pour obtenir un impact positif auprès de nos élèves n’est pas toujours le même lorsqu’il est vécu collectivement. En fait, c’est l’ordre du processus qui change. Souvent, pas toujours, mais souvent, les gens impliqués essaient d’abord de trouver comment faire avant de s’engager à actualiser une nouvelle approche. Parfois, le processus ressemble davantage à ceci lorsqu’il est vécu collectivement :

  1. On trouve quoi faire et comment faire en s’appuyant sur des pratiques exemplaires, des données probantes, la recherche…
  2. Si la première étape est satisfaisante pour les acteurs concernés, là, on s’engage.

Un des défis ici, et c’est tout à fait normal, c’est la perception de la perte d’autonomie. En effet, tous les gens impliqués peuvent être engagés, mais pas nécessairement en accord avec les actions à prendre. Pour toutes sortes de bonnes raisons. Que faire alors? Et si nous tentions de développer notre intuition de coach?

L’intuition du coach

La raison d’être des établissements scolaires, c’est la réussite de tous les élèves. C’est sûr que RÉUSSITE ne veut pas dire la même chose pour tout le monde, mais tous s’entendent que nous sommes là pour la réussite des élèves. La cible est établie et commune. Lorsque vient le temps de prendre des décisions concernant les actions qui favorisent la réussite des élèves, on voudrait choisir les meilleures pratiques, les pratiques recommandées par la recherche et les déployer à grande échelle. C’est logique. Or enseigner est une profession complexe et humaine. Ça dépasse la simple technique pédagogique. En effet, même si on applique une stratégie pédagogique soutenue par la recherche, on peut quand même échouer. On valorise souvent le jugement professionnel de l’enseignant. Mais c’est souvent lié au moment où il doit porter un jugement concernant la note ou la réussite d’un élève. Le jugement professionnel du juge. J’entends rarement parler de l’importance de l’intuition de l’enseignant. L’intuition du coach. Pour développer les élèves et les amener à atteindre leur plein potentiel, l’enseignant doit, comme un coach, essayer de générer des émotions positives chez ses élèves, entretenir de bonnes relations avec eux, planifier une démarche d’enseignement/apprentissage se situant dans la zone proximale de développement de ses élèves, relever des preuves d’apprentissage ou de progrès, s’ajuster, offrir des prochaines étapes aux élèves… Dans le feu de l’action, l’enseignant, comme un coach, doit se servir de son intuition pour prendre les meilleures décisions pédagogiques pour ses élèves. Mais comment développe-t-on son intuition de coach?

Praticiens-chercheurs demandés

Pour amener chaque élève à atteindre son plein potentiel, il importe de s’appuyer sur des données probantes, la recherche, des innovations, les données d’élèves… Bien sûr. Mais je crois qu’il faut aussi expérimenter et adopter une mentalité de praticien-chercheur. C’est une façon bien simple de parler d’intentionnalité et d’impact conscient. Par exemple, l’enseignant peut s’appuyer sur une théorie d’action (si… alors…), qu’il validera en classe avec ses élèves (dans le cas de l’enseignant). C’est une façon de vérifier constamment si les actions ont les impacts attendus (sur les élèves). Au fil du temps, c’est une façon de cultiver son intuition pédagogique, ce qui améliore les décisions pédagogiques prises dans le feu de l’action. Ceci s’applique à tous les acteurs. Comment vos processus actuels vos permettent-ils de devenir des praticiens-chercheurs?

Pour soutenir notre engagement collectif…

Je mentionne plus haut que l’engagement nourrit l’intuition et que les ingrédients clés sont la responsabilité et l’autonomie. En éducation, notre engagement collectif envers la réussite des élèves fait en sorte qu’un 3e ingrédient est requis : le soutien. Le soutien est la clé pour développer l’efficacité collective et pour l’amélioration continue de notre intuition pédagogique puisque nous devons adopter des méthodes qui nous arrivent souvent de l’externe (recherche ou autre). Ces méthodes ne nous paraissent pas toujours logiques ou intuitives.

À mon humble avis, les 3 ingrédients requis pour susciter l’engagement et pour maximiser le développement de tout leader pédagogique sont :

1. Responsabilité : signifie que je suis capable d’agir et d’avoir un impact. J’ai un pouvoir d’action et je suis responsable de mes actions.

2. Autonomie : signifie que je cultive mon intuition en choisissant comment j’essaie d’atteindre la cible au meilleur de mes capacités et en m’appuyant sur la recherche. J’ai une liberté d’action. Mon unicité est mise en valeur.

3. Soutien : signifie que je compte sur la présence d’un superviseur ou d’un collègue qui viendra, en temps opportun, vérifier comment je progresse relativement aux engagements que nous avons pris ensemble. Ce soutien me permet de prendre conscience de mes progrès et des pratiques grâce auxquelles j’ai progressé.

Certains préfèrent possiblement Imputabilité plutôt que Soutien. À mon avis, les gens ont davantage besoin de soutien, de quelqu’un qui vienne vérifier si tout va bien, si on progresse plutôt que de simplement venir vérifier si ce qui a été demandé a été fait ou a produit les effets recherchés. Tout est dans l’approche.

Imaginez passer 30 ans de carrière dans un climat où nous croyons que tous les élèves peuvent apprendre, qu’ils peuvent apprendre grâce à ce que nous faisons (responsabilité et autonomie) et qu’on nous soutient dans le processus (soutien).

Je peux difficilement m’imaginer un meilleur contexte pour me développer en tant que leader pédagogique, en tant que coach, en tant qu’enseignant.

La recherche, c’est important. L’intuition de tous les acteurs aussi.

Et si nous adoptions des processus autonomisants dans nos écoles?

Vous êtes partants?

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Let’s assume everyone in the system is a pedagogical leader. Everyone. The 12 habits of a pedagogical leader is an invitation to intentionally focus on the human potential already in our system. Rethinking school is a matter of growth. Whenever I see innovation from district leaders, school administrators, instructional coaches or teachers, it almost always involves educators that have embraced a path of growth. And that doesn’t just happen.

Growing intentionally

In a rapidly changing world, I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow. I really do. Imagine what would happen if we all decided to intentionally adopt certain habits to grow daily. John C. Maxwell says: «You cannot give what you do not have.» In the traditional system, we were asked to teach what we knew. In today’s school, the school of deep learning, the future ready school, we teach who we are. For many reasons, I believe who we are has become more important than what we know. Perhaps it has always been the case. Who knows? Nevertheless, change is an inside job. And change is needed if we are to innovate in our schools. So what leads an educator to innovation? Lets look inside. Shall we?

«I truly believe that everything we want to create in our schools depends on our ability to grow.» @bourmu

The 12 Habits of a Pedagogical Leader

Here are the 12 habits of a pedagogical leader. This is not research. These are ideas from my experience as an educator. These are the habits that seem to lead to better pedagogical leadership at all levels. In my opinion, these habits, over time, can help any leader make a tremendous impact on those he serves.

The 12 Habits of a Pedagogical Leader.png

A pedagogical leader …

  1. Has positive self-talk

It is often said that relationships are the key to education. We forget, however, that one of the most important relationships we have is the one we have with ourselves. I’m talking about self-talk. Isn’t it a good thing our friends don’t hear how we talk to ourselves sometimes? Ouch! I say that because our self-talk affects our actions daily. What we believe to be possible for ourselves, for our colleagues, for our students often becomes true. I believe we need to teach that to our students. Jim Rohn has some good advice: «Stand guard at the door of your mind.» Nobody consistently outperforms their self-image. Nobody. As educators, our self-talk ends up affecting the self-talk of those we serve. Bruce Lee said: «A good teacher protects his pupils from his own influence.» It might sound touchy-feely, but I truly believe it all starts there. Lets not be too hard on ourselves.

«A good teacher protects his pupils from his own influence.» Bruce Lee

  1. Raises self-awareness

In my readings, I came across this quote from Carl Jung: «Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate.» Consciousness. David Foster Wallace argues that the fruit of quality education is not knowledge, but awareness. This would explain, for example, why many students go to university believing they know a lot. Upon graduation, they are well aware of everything they do not know because they have been exposed to higher levels of awareness and questioning. Are our current results due to our conscious efforts or our unconscious beliefs? I think we need to look beyond our current results if we really want to be able to rethink schools and help every student reach their full potential. Whatever that means. In the traditional school, students were seen as empty vessels to be filled with knowledge. In today’s school, the common belief might be that the answers (4 or 6 Cs) are always inside the learner. In Latin, education is said to be educo, which means: to draw from within. Our role is to bring the students to higher levels of awareness. Christian Simpson would say: «Better choices are a function of awareness.» Paul is good at math. He just doesn’t know it yet. We can not export what we don’t know we have. Hence the importance of focusing on the potential of learners (and ours) rather than their current performance (or ours).

  1. Sets clear goals in writing

When you think about it, real success is reached when you make steady progress in your ability to achieve your personal goals. Success is about progress. To me it is anyways. One thing that has helped me tremendously is to set clear goals in writing. It means that you really have to know what you want. Really. Of course you want to write SMART goals but they have to excite you. I found that the way I formulate my goals is also very important. The process of writing personal goals, formulating them so that they motivate you… It’s amazing what it does to you. If we want to personalize education for all learners, I think we have to be able to help all learners set personal goals and take action.

  1. Is intentional and consistently disciplined

Anything worth doing, like growing as a pedagogical leader, is all uphill. We need to be intentional and follow the plan. When you think about it, it has nothing to do with knowledge. Most people know what to do. It is more a question of self-knowledge (see # 1 and # 2). What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will. John Maxwell says, «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» Discipline is all about consistency. It is not a quality that inflates your ego. But what we do consistently is what determines our results. Take golf for example. To win a tournament, players play 4 rounds. Why? All players can shoot 66 one day. After 2 rounds, they eliminate half of the players. The least consistent ones. After 4 rounds, the best are in the lead. The most consistent. It is the same thing in life. Everyone can be good once. We all need consistency doing the right things. Character, relationships, priorities, reactions, decisions … Everyone is a leader. Lead yourself.

«What happens within us deprives us of our dreams much more than our failures ever will.» Unknown

  1. Is networked

Humans are social beings. We are better together. For some reason, it’s not as natural in education. But we are getting there. Today, isolation is a choice we make. To me, sharing and networking have become somewhat of a moral obligation. Why would I not want to seek help our seek to help? It is such an amazing time to be a learner when I think of all the opportunities for online networking through social media. But it does not really make sense if we can’t first network with people who share the same building as us. The same students, the same mission… Collective efficacy. For me, being networked means being active. It is giving and receiving. It’s trying to help a whole system improve. Because we can. Our students are networked too. What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today? This is an important question.

«What opportunities for powerful learning and networking are we embracing in our schools today?» @bourmu

  1. Reflects

Leadership is about being proactive. It is trying to anticipate where we are going and choosing the best way to get there. It requires vision and reflection. It is often said that we learn from our experiences. I think we learn especially when we think about our experiences. When we think, we can learn from it. In The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell says: « Learning to pause allows growth to catch up with you.» As educators, it’s not easy to take the time to think about our skills. It doesn’t always seem useful. We have so many things to do. Yet I encourage you to take time, 30 minutes once a week, to reflect on your experiences and your goals. The awareness and clarity that it creates will definitely help you.

  1. Makes his learning visible

One of the best ways to influence people is to be a model. Because people do what they see. Making our learning visible is one way of establishing our credibility by being intentionally vulnerable. It requires self-confidence. Yes. It builds trust and respect among learners. This habit goes with the idea of ​​being networked and improving collectively too. When I make my learning visible, when I share the questions that challenge me, the challenges I am trying to meet, I help my fellow educators to improve. It also gives my colleagues the permission to share their learning and their questions as well. I would not be who I am today without my professional learning network. Period. For me, making our learning visible is a must in today’s world. So much so, that I am writing this blog post in english 😉 Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve? In our efforts to transform the learning experience for all learners, I think we need to get all learners to make their learning visible. We can not act on what we do not see.

«Imagine if every educator wrote a blog post per semester to share their learning. How fast would we all improve?» @bourmu

  1. Has a positive attitude

The attitude is 100%. Do the math. (A = 1, T = 20, I = 9, U = 21, D = 4, E = 5). We do not control what happens to us, nor how fast our students develop, but we do control how we choose to react. Our attitude determines the quality of our lives daily. I read that our attitude is like the paintbrush of our mind. Whatever color we put on our paintbrush ends up on our canvas. We hold the paintbrush and we choose the color. The same goes with our attitude. In any case, students come to school to blossom, not to give us an audience so we can deliver our content. It’s a bit harsh, but that’s it 🙂 It’s the students’ school. And we have the privilege to play a part in their development.

  1. Values people

Amazing things happen when the leaders of an organization think that the most valuable assets in their organization are the people in that organization. A pedagogical leader values people. He believes people are worth investing in. He believes that the life, the career of every person he meets is more important than their current results. Potential. Empathy. Process. Long term. Education is now a people development business. We can not be successful if we do not value people first.

  1. Has an abundance mindset

Carol Dweck has done some great work around the idea of a growth mindset. It means believing that we can develop our intelligence or our abilities with effort, strategies and the help of others. E + S + H = Growth. It can be a choice. Having an abundance mindset is choosing to believe that there will always be enough. There is an abundance of resources, talents, potential, time, flexibility, opportunities, ideas, solutions… Over time, I realize that we do not always consciously choose our mindset of abundance or insufficiency. And that has an impact on our behavior and our quality of life. To create the schools we want for today’s learners and personalize education, we need to choose an abundance mindset. That means believing that everyone has enough potential to blossom. It means believing there are many ways to go from A to Z. To me, the abundance mindset is the starting point for innovation and creativity.

  1. Builds relationships that add value to others

Leadership is about a life that positively impacts another. As educators, the goal of any relationship we create with the learners we serve is to positively impact their development. Well-being in our schools depends on the quality of the relationships we create with others. Impactful pedagogical leaders know how to connect with others. They listen, they observe, they learn. These are the foundational elements of leadership. We build our leadership on solid relationships.

  1. Innovates inside the box

Finally, we talk about innovation. This is often the starting point when talking about transforming schools as we know them. We can think outside the box all we want. But innovation happens inside the box. To innovate inside the box we need to rethink and challenge our processes to facilitate innovation and experimentation. Becoming a designer of learning experiences means creating flexibility in the teaching / learning process to enable learners to develop over time, not just to prepare for performance events like tests or final exams. To me, all innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms, in our schools and our communities. And it does not need to look the same in every class / school / district.

«All innovation inside the box should lead to the blossoming of human potential in all its forms.» @bourmu

A few comments

  • The 12 habits are not linear.
  • The 12 habits are choices. No need for special talents to adopt them.
  • Habits become habits when you no longer need to think about them. So you have to be intentional to get there. Every day.
  • 8 of the 12 habits are invisible to others. They happen inside. They are the source of our current results. Some will be difficult. We aim for progress, not perfection 🙂
  • We adopt visible habits especially to serve others.
  • As a result, we work twice as hard on ourselves as we do to help others. That is the point.
  • In time, these 12 habits will help you grow and give you a deep sense of fulfillment.
  • Writing this blog post in english has taken me MILES outside of my comfort zone. And I love it.

So, what habits do you question?

What habits are a challenge for you?

What habits would you add to this list?

Thanks for your comments 🙂

«Ça compte-tu?»

Ça compte-tu? Qui ne s’est jamais fait poser cette question? J’offre des formations en leadership et en évaluation et c’est une question qui revient souvent. On dit quoi à un élève qui nous pose cette question? Tout compte, tout le temps! C’est comme ça qu’on apprend. À mon avis, cette question est le fruit d’un système qui, dans le virage pédago-numérique, «devrait» graduellement disparaître. Je m’explique. Et je ne prétends certainement pas avoir les réponses. Je vous partage mes réflexions.

Une question issue de l’ère industrielle

Quand un élève demande si ça compte, la vraie question est : « Est-ce que je dois fournir un effort soutenu ou non?» Je me répète volontairement ici, mais c’est pour mieux illustrer mon point. Merci de votre patience… Autrefois, notre rôle était, en grande partie, de transmettre des connaissances. Une leçon, un exercice, on corrige, une note documentée dans le registre de notes. C’était la façon de faire. On entretenait l’obéissance avec la note… et le risque de perdre des points. À l’ère industrielle, c’était vraiment important l’obéissance. Et si la note ou le risque de perdre des points n’étaient pas des motivateurs suffisamment puissants, le maître pouvait aussi avoir recours à la punition, qui pouvait prendre diverses formes. Retenue, copiage, devoir supplémentaire… à une époque, il y avait aussi le martinet… Outch! C’était important, l’obéissance. D’où la question : «ça compte-tu?» ou «Qu’est-ce qui va m’arriver si je ne fournis pas un effort soutenu?» Et la négociation commence… ou le leadership s’exprime. Quoi qu’il en soit, dans la salle de classe traditionnelle, les jours qui comptent sont les jours où l’élève produit un quelconque travail qui mène à une note. Dans cette salle de classe, dont le mandat est de transmettre des connaissances, il faut trouver des mécanismes pour amener les élèves à s’engager dans la «tâche», qui est d’apprendre et de retenir de l’information. Si un élève s’absente, il peut reprendre ses notes de cours.

Scénario que nous avons tous connu :

É : «Qu’est-ce qu’on fait demain, Monsieur?»

Ens : «Demain, on parle de la division cellulaire. Tu ne manqueras pas grand-chose. Tu pourras reprendre tes notes de cours (écrites au tableau) d’un de tes amis. Assure-toi d’être là jeudi par exemple. Tu feras un travail qui compte!»

É : «Ok! Merci Monsieur!»

À l’époque, on venait à l’école pour recevoir de l’information. Un cours manqué, ça se reprenait bien. Mais qu’en est-il en 2018? Que se passe-t-il si l’élève manque un cours qui est conçu pour développer ses compétences?

À l’ère du numérique, on développe des personnes.

En 2018, nous savons que l’approche traditionnelle fait en sorte que nous obtenons le minimum de nos élèves. Le minimum. Et en 2018, il faut transmettre des connaissances, oui, mais il faut aussi développer des êtres capables de devenir les entrepreneurs de leur vie. L’obéissance des élèves, c’est bien. Mais il y a plus! On parle ici de développer les compétences et les «soft skills» des élèves. Il faut faire les deux. Enseigner de façon explicite des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être. Mais le temps qu’on prenait autrefois pour c o p i e r  d e s  n o t e s  d u  t a b l e a u, on peut le réinvestir dans le développement des compétences des élèves. Ça change quoi dans notre planification de cours? Ça change quoi dans notre façon de concevoir l’expérience d’apprentissage des élèves?

En 2018, il faut transmettre des connaissances, oui, mais il faut aussi développer des êtres capables de devenir les entrepreneurs de leur vie. @bourmu

De nos jours, la partie où l’enseignant transmet l’information aux élèves peut très bien se faire à n’importe quel moment. Courriel, pdf dans Classroom, lien sur le blogue de classe, vidéo sur notre chaîne YouTube, tutoriel via Screencastify dans un document Google… L’idée, c’est que l’élève n’a pas besoin de venir en classe pour avoir accès au contenu. Mais il DOIT venir en classe. Il y a des choses, comme les compétences, qui ne s’enseignent pas de façon décontextualisée. Il faut les vivre. «You can’t get wet from the word water», comme disait Wayne Dyer. Alors les élèves viennent à l’école pourquoi? Pour le contact humain. Pour entrer en relation. Pour que le contenu soit contextualisé par l’enseignant et qu’il ait du sens pour lui. À quel moment l’information devient-elle de la connaissance ou de la sagesse? Pour apprendre à gérer le numérique dans sa vie (le cell!) Pour apprendre à nommer le monde qui l’entoure et le monde qu’il porte en lui. Les connaissances sont très importantes. Pour apprendre comment le contenu s’applique à la vie, à sa vie. Pour expérimenter et voir comment le contenu prend vie lorsqu’il est en contexte et qu’on y ajoute la complexité des relations et des émotions humaines. Pour constater à quel point toutes les matières scolaires (et autres qui ne sont pas des matières et qui pourraient l’être – p. ex., Internet) à quel point toutes les matières scolaires sont présentes partout, en tout temps dans la vie de tous les jours. Pour découvrir où est/sera sa place dans la société. Pour qu’il se développe. Pour qu’il devienne l’entrepreneur de sa vie. À l’ère du numérique, on développe des personnes. C’est un processus. C’est l’approche du Crockpot! Pas du four à micro-ondes 🙂

Ce sont en fait tous les jours où on ne génère pas de notes qui comptent. Les 175 jours où on se développe. @bourmu

De la documentation de notes à la documentation pédagogique

Dans la salle de classe traditionnelle, on documentait des notes. L’acte d’apprendre exigeait que l’élève ait pris le temps de mémoriser le contenu ou que l’élève réussisse du premier coup. Le contexte était bien différent. D’où la question : «Ça compte-tu?». À l’époque, on pouvait reconnaître un bon prof à son registre de notes bien garni. La culture de l’évaluation. 30 à 50 des 194 jours d’école «comptaient» puisqu’on générait une note pour le registre avec nos quiz, travaux, tests, examens, présentations… Dans la salle de classe d’aujourd’hui, on documente encore des notes. Mais ce n’est pas la finalité. Ce qu’on souhaite voir se produire dans le virage au numérique, c’est une transformation de l’expérience d’apprentissage qui nous permet de prendre le temps de vivre le programme et de documenter des preuves d’apprentissage lorsqu’elles se manifestent. C’est un processus. Ce sont en fait tous les jours où on ne génère pas de notes qui comptent. Les 175 jours où on se développe. Dans la salle de classe transformée, un cours manqué, c’est un peu comme de manquer un entraînement au gym. Ça ne se reprend pas. Rater le remue-méninges et les premiers jets d’un projet de groupe, ça se reprend difficilement. Le but de venir à l’école au quotidien, c’est de se développer en tant que personne. «Ça compte-tu?» Oui! TU comptes, cher élève!

Dans la salle de classe transformée, un cours manqué, c’est un peu comme de manquer un entraînement au gym. Ça ne se reprend pas. @bourmu

En 2018, l’élève doit vider le lave-vaisselle!

Bien évidemment, nous n’arriverons pas à développer les compétences de nos élèves dans une culture de l’évaluation ou à coup de «Ça compte-tu?». C’est pour cette raison qu’il y a tant de discussions entourant le leadership et le coaching à mon avis. Je m’explique avec l’image du lave-vaisselle, qui représente le contenu du programme. Sérieux. Dans la classe traditionnelle, la classe de la transmission du contenu, le maître était le champion pour vider le lave-vaisselle. Son rôle était de vider le lave-vaisselle devant ses élèves et de les questionner via un questionnaire pour voir ce qu’ils avaient retenu. Le maître avait le plein contrôle en tout temps, théoriquement. De nos jours, il faut amener les élèves à vider le lave-vaisselle, même quand nous ne sommes pas là. Perte de contrôle, leadership et des habiletés en coaching sont requis pour y arriver. C’est simple, mais ce n’est pas facile.

Ce qu’on souhaite voir se produire dans le virage au numérique, c’est une transformation de l’expérience d’apprentissage qui nous permet de prendre le temps de vivre le programme et de documenter des preuves d’apprentissage lorsqu’elles se manifestent. @bourmu

3 ingrédients clés pour que tout apprenant se développe

Pour y arriver, je crois qu’il faut entretenir une culture de l’apprentissage dans nos classes et dans nos écoles. Une culture qui valorise le processus d’apprentissage pour tous. Not yet! ou You bet! Il faut aussi impliquer les parents, afin qu’ils comprennent ce que nous tentons de faire. L’image du lave-vaisselle peut les aider à comprendre qu’on fait la même chose qu’eux 😉 À mon avis, il y a 3 ingrédients clés pour que tout apprenant se développe.

  1. La responsabilité : pour qu’une personne se développe, elle doit accepter la responsabilité de son devenir. Ça demande de la maturité.
  2. L’autonomie : pour qu’une personne se développe, elle doit pouvoir choisir comment elle va essayer d’atteindre les cibles qu’elle doit atteindre.
  3. L’imputabilité : pour qu’une personne se développe, elle a besoin que quelqu’un viennent vérifier, pas seulement si elle a fait ce quelle devait faire, mais si elle progresse bien et si elle a tout ce dont elle a besoin pour sa prochaine étape.

Au bout du compte, l’élève au centre de son apprentissage, c’est l’élève qui est responsable de son devenir et qui doit démontrer, avec le soutien et l’expertise de ses enseignants, qu’il progresse. Le portfolio d’apprentissage est un excellent outil pour garder des traces de ses progrès et pour valoriser le processus.

Scénario souhaité :

É : (en train de vider le lave-vaisselle) «Ça compte-tu?»

Ens : «Ben kin! (émotions) Comment ça va? (progrès) T’es rendu où? (rétroaction) As-tu pensé à…? (encouragement) Lâche pas!»

Dans ce contexte, c’est le processus qui compte. C’est le processus qu’on évalue. Ce n’est pas ce que l’élève fait LE 30 octobre qui compte. C’est tout ce qu’il a généré comme preuve d’apprentissage EN DATE DU 30 octobre.  Tout compte.

Et quand le «Ça compte-tu?» survient, on peut s’appuyer sur La Cigale et la Fourmi ou encore sur la parabole des Talents pour féliciter l’élève ou pour lui demander quel est son prochain objectif d’apprentissage personnel.

Bon succès et merci de vos commentaires!

10 choses à faire pour avoir sa meilleure année à date!

S’il vous reste 10, 15, 20 années en éducation, il ne vous reste pas des années. Il vous reste des fois, des chances. Je suis tombé là-dessus récemment. Ça m’a amené à réfléchir. S’il vous reste 10 ans, il vous reste 10 rentrées scolaires, 10 chances de faire autrement, de faire mieux. Je suis naturellement positif. J’aime croire que le meilleur est devant nous, pas derrière nous. Alors pourquoi l’année scolaire 2018-2019 ne serait-elle pas notre meilleure année jusqu’à maintenant en éducation? Notre meilleure année à date, comme on dit dans mon coin de pays 🙂

Il y a tellement de choses à considérer. Voici mon Top 10 choses à faire pour avoir sa meilleure année à date!

1. Sachez ce que vous voulez

Avant de décider si nous sommes en train de vivre notre meilleure année à date, il faut savoir ce qu’on veut. Qu’est-ce qui doit se passer dans votre classe, votre école, votre commission scolaire pour que vous soyez fiers de vous? Comment voulez-vous vous sentir? Comment voulez-vous que les élèves ou les gens autour de vous se sentent en votre présence? Les échéances systémiques, les bulletins, déterminent souvent nos actions et nos émotions, par la force des choses. En novembre, ce sera le temps faire les premiers bulletins. Oui oui, je parle déjà des bulletins. C’est important d’y penser. Vous porterez un jugement professionnel sur les progrès et le rendement de vos élèves. Et si vous demandiez à vos élèves, à votre personnel, de faire votre bulletin? Si vous leur demandiez de vous donner les 3 mots qui décrivent le mieux l’expérience d’apprentissage dans votre salle de classe ou votre école, que diraient-ils? Quels 3 mots souhaiteriez-vous voir sur votre bulletin? Pensez-y. C’est votre cible. C’est plus facile de savoir si on fait des progrès quand on sait vers quelle cible on se dirige. Vous n’y arriverez pas par hasard. La prochaine chose à faire c’est de se demander ce que vous devez faire dès la rentrée pour atteindre votre cible en novembre. On ne peut pas avoir notre meilleure année à date si on n’a pas notre meilleure rentrée à date.

On ne peut pas avoir notre meilleure année à date si on n’a pas notre meilleure rentrée à date. @bourmu

2. Ayez une bonne vue d’ensemble

Les leaders qui se démarquent ont une bonne vue d’ensemble et ils sont proactifs. Dès la rentrée, il faut savoir jusqu’où on veut aller avec nos élèves. Le programme, les apprentissages, le comportement, le numérique… Avez-vous un plan de match pour tout ça? Si vous enseignez au secondaire, la période des examens de janvier sera précédée d’une période de revue. En 3 ou 4 périodes, vous réussirez à survoler avec vos élèves les grandes idées, les concepts importants qu’ils devront maîtriser pour réussir. Ça, il faut le savoir dès la première semaine. La gestion du programme est la clé dans votre gestion du temps au cours d’un semestre. Il y a aussi le focus mensuel. Parce que c’est toujours la même chose.

  • Septembre : routines, processus et fonctionnement de la communauté scolaire.
  • Octobre : PEI, soutien aux élèves à besoins particuliers, soutien aux élèves qui n’apprennent pas à temps et on se prépare aux bulletins.
  • Novembre : bulletins, célébration des progrès, monitorage de notre plan (on est en train d’atteindre notre cible, nos 3 mots?), contrer l’intimidation, climat scolaire positif, parce que ce mois est plus sombre, on manque de lumière. Il faut être proactif.
  • Décembre : Les vacances arrivent, les activités spéciales dans l’école se multiplient, et en classe, il faut garder la rigueur jusqu’à la fin, jusqu’aux vacances. Même si on est fatigués.
  • Janvier : On termine le dernier module, la dernière unité, on anime la période de revue et on s’assure que tous les élèves se préparent pour les examens.

Et on recommence en février. Avoir une bonne vue d’ensemble nous permet d’être proactifs et de mettre l’accent sur les choses qui font toute la différence.

3. Entourez-vous de gens positifs et passionnés

La parabole des talents nous enseigne qu’on perd ce qu’on n’utilise pas. Si on n’utilise pas notre créativité, on la perd. Si on n’utilise pas notre enthousiasme, notre passion, on la perd. L’enseignement est une profession qui use notre passion parfois. C’est pourquoi il faut s’entourer de gens positifs et passionnés. Cela a un impact majeur sur notre résilience. Parfois, on rencontre notre mentor par le biais d’un livre. Un bon livre peut nous donner les outils ou une perspective différente pour adresser les défis que nous rencontrons tous au cours de notre carrière. Idéalement, un mentor est une personne que vous pouvez côtoyer dans votre établissement. Quelqu’un qui réussit déjà à faire ce que vous voudriez faire. Quelqu’un qui peut vous guider, vous outiller, vous encourager. Un mentor est aussi une personne qui nous rappelle pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Comme l’a fait @profaudet avec ce visuel dans le cadre des instituts d’été du CFORP. C’est tellement important.Capture d’écran 2018-08-26 à 10.42.39.png

Une autre façon de nourrir sa passion, c’est d’aider un collègue. Donnez et vous recevrez. Lorsqu’on aide un collègue, on doit mettre des mots sur notre pratique et ça nous aide à comprendre notre propre pratique. Mais surtout, c’est bon pour notre estime. Il n’y a rien comme de sentir qu’on contribue, qu’on aide un collègue. Tout le monde a un vécu qui a de la valeur. Tout le monde peut donc être mentor pour quelqu’un d’autre. Qui pourrait être votre mentor cette année? Qui pourriez-vous aider?

4. Établissez-vous comme leader

Lorsqu’on réussit à s’établir comme leader, les élèves nous suivent, ils sont engagés et ils apprennent. C’est le but. Ce simple visuel peut nous aider à prendre conscience de nos progrès et de nos prochaines étapes.

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Voici également trois billets qui peuvent vraiment, à mon humble avis, nous aider à nous établir comme leader dans notre salle de classe. Enseigner est désormais un poste de leadership, Trois questions, une réponse, «J’ai un beau groupe c’t’année!».

5. Créez et partagez

Pour avoir votre meilleure année à date, il vous faudra certainement faire preuve de créativité. Il y a des choses qui n’existent pas en éducation et qui peuvent uniquement exister grâce à vous. Si vous décidez de concevoir de nouvelles expériences d’apprentissage pour vos élèves et pour votre personnel, vous aurez possiblement, comme plusieurs, le réflexe de croire que ce n’est pas assez bon pour être partagé. Ce serait bien dommage. Ce que nous créons est toujours assez bon pour être partagé. C’est mon avis. De toute façon, le gens ajoutent toujours leur touche personnelle avant d’utiliser dans leur pratique une ressource qu’on leur partage. Chose certaine, on ne sait jamais à quel point on peut aider ou inspirer un collège avec les choses que nous créons. Cette année, créez et partagez!

6. Prenez le temps de réfléchir

Pendant l’année scolaire, nous sommes tous orientés vers l’action. Il y a tellement de choses à faire, tellement d’élèves à aider. Prendre le temps de réfléchir peut parfois être vu comme un luxe ou même une perte de temps. Selon mon expérience, prendre le temps de réfléchir est ce qui permet aux leaders d’impact de se démarquer. La majorité des gens prennent le temps de réfléchir avant d’agir. Ce dont je vous parle ici, c’est de prendre le temps de réfléchir après avoir agi également. La loi de la réflexion de John C. Maxwell affirme que : « Prendre une pause pour réfléchir permet à la croissance de nous rattraper. » Nous apprenons des expériences auxquelles nous prenons le temps de réfléchir. Cela nous permet de garder une bonne vue d’ensemble, de voir nos prochaines étapes et de continuer à être proactifs. Comme les rendez-vous chez le dentiste, il faut placer ce temps à l’horaire. Quel moment de la semaine (30 minutes) vous conviendrait le mieux pour réfléchir à votre pratique cette année?

7. Apprenez à vous connaître

En prenant le temps de réfléchir à votre pratique, vous serez en mesure de repérer vos tendances et les pensées, parfois limitantes, qui expliquent votre impact ou vos défis en tant que leader. Il y a des situations qui reviennent année après année dans votre salle de classe. Ce n’est pas un hasard. J’aborde le sujet en profondeur dans On obtient ce qu’on choisit. Quoi qu’il en soit, voici un exercice qui peut grandement vous aider à mieux vous connaître. À la fin septembre, ce serait le moment de l’essayer pour vous aider à progresser.

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8. Célébrez les progrès

Qui a besoin d’encouragement dans la vie? Quiconque respire! Si vous savez clairement ce que vous voulez dans votre salle de classe, votre école ou votre conseil scolaire, vous serez en mesure de souligner et de célébrer les progrès de celles et ceux dont vous êtes responsable. Vous serez également en mesure de célébrer, avec votre mentor, les progrès que vous faites dans votre pratique. Il n’y a pas de feux d’artifice en éducation. C’est important de célébrer les progrès. Les nôtres et ceux des autres. C’est un signe de conscience. Autrement, on peut avoir l’impression d’être figé dans le temps. Comment pourriez-vous célébrer les progrès cette année?

9. Prenez soin de vous et de votre famille

L’équilibre, ça se crée. C’est tellement facile de dire qu’on n’a pas le temps. Pas le temps de bien manger, pas le temps de s’entraîner, pas temps de souper en amoureux avec sa conjointe (ou son conjoint), pas le temps de prendre le temps avec nos enfants… C’est assurément mon plus grand défi. Peut-être est-ce le vôtre aussi. Dans mes efforts de prendre le temps, je me rends compte que ce n’est pas nécessairement la quantité de temps qu’on prend, mais la qualité. Prendre 30 minutes le soir pour vraiment écouter ses enfants avant le dodo. Cibler 60 minutes un soir de la semaine pour avoir une «date» avec sa conjointe et souper en amoureux. Pour avoir notre meilleure année jusqu’à maintenant, il faut prendre du temps chaque semaine pour ceux qu’on aime. Même si ça n’a pas de lien avec la pédagogie, il y a tellement de liens à faire. Vous me suivez?

10. Faites la danse du leader

Finalement, je vous invite à faire la danse du leader. Le cha-cha-cha! Parfois il faut marcher devant les gens qu’on dirige pour leur montrer où on va, pour rendre le voyage attrayant, pour les rassurer. Parfois il faut marcher avec les gens qu’on dirige. C’est là qu’on observe, qu’on écoute comment ils se sentent. C’est là qu’on s’assure qu’ils comprennent leur rôle et qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin pour réussir. Et finalement, si on veut multiplier son impact et développer des personnes capables d’exercer leur leadership, il faut aussi marcher derrière les gens qu’on dirige. Pour admirer les gens que nous avons autonomisés (empowerment), pour les guider et nous assurer que personne n’est laissé derrière. On marche aussi derrière pour monitorer les progrès et  pour encourager. C’est la danse du leader, selon John C. Maxwell. Marcher devant, marcher avec et marcher derrière.

Le meilleur est à venir. Toujours. Et je vous souhaite, chers collègues, votre meilleure année jusqu’à maintenant en éducation. Votre meilleure année à date!

Et vous, qu’est-ce qui fait partie de votre top 10?

Merci de vos commentaires 🙂

«J’ai un beau groupe c’t’année!»

Tout le monde est un leader. Tout enseignant peut avoir un impact positif sur ses élèves. C’est ce que mon vécu m’a appris. Mais ça n’arrive pas par hasard. On parle rarement de ce qui suit. Ça a été tellement important pour moi…

Partons du principe que tout enseignant souhaite qu’à la fin septembre (au plus tard) tous les élèves soient en apprentissage dans sa salle de classe et que ça se poursuive toute l’année. On dirait : «Ça roule dans cette classe-là.» Ok go!

3 outils indispensables

Dans le système actuel, tout enseignant doit s’appuyer sur trois outils indispensables pour arriver à amener ses élèves à apprendre. C’est le but. L’apprentissage.

  • Le code de vie : Le code de vie de l’école établit le cadre, les paramètres à respecter pour que l’institution puisse respecter son mandat : l’apprentissage des élèves. Si on garde les choses simples avec les élèves, tout ce qu’on retrouve dans le code de vie vise habituellement à favoriser 1. un climat scolaire positif et sécuritaire; 2. le bon fonctionnement de la communauté scolaire et/ou 3. l’apprentissage des élèves.
  • Le programme : Le programme, c’est ce qu’on doit enseigner et évaluer. C’est ce que les élèves doivent apprendre. Plus un enseignant sait où il va, où il se trouve, ce qui est important et ce qui peut être laissé de côté, plus il sait comment gérer le temps, plus il peut concevoir des expériences d’apprentissage signifiantes pour ses élèves.
  • Le manuel scolaire : Les ressources pédagogiques sont nombreuses et sont généralement très bien conçues. Or il ne faut pas les confondre avec le programme. Le manuel scolaire propose une façon d’amener les élèves à apprendre ce qui est au programme. Mais ce n’est pas le programme. Comme je le mentionnais dans On n’enseigne pas pour faire des bulletins : «Quel enseignant n’a jamais fait l’erreur de suivre une ressource à partir de la page 1 pour se rendre compte à la fin octobre que, mathématiquement, ça prendrait 440 heures pour passer à travers avec les élèves?»

Comment faire pour que ça roule?

Quand les élèves sont engagés et qu’ils respectent le code de vie, ça va bien. En plus, s’ils apprennent à la bonne vitesse, ça va encore mieux. On dit même à nos collègues : «J’ai un beau groupe c’t’année! Ça roule!» Quand j’ai commencé à enseigner, après deux semaines, je me demandais comment mes collègues s’y prenaient pour arriver à dire ça. Je ne les trouvais pas si beaux que ça mes groupes. Même que… tsé. Mes collègues avaient-ils été chanceux ou avaient-ils des stratégies que je ne connaissais pas? En réfléchissant à mes expériences personnelles et aux mentors que j’ai eu la chance de côtoyer, je me rends compte qu’une grande partie des succès d’un enseignant dépend de sa façon d’utiliser les 3 outils indispensables avec ses élèves. Le code de vie, le programme et le manuel scolaire. Je m’explique.

L’obéissance ou le plein potentiel?

Dans Enseigner est désormais un poste de leadership, j’expliquais brièvement les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell. Si un enseignant est autoritaire et a une mentalité de niveau 1, il vise uniquement le contrôle et l’obéissance de l’élève. Théoriquement, il n’y a rien de mal avec un élève obéissant. Mais nous savons qu’un élève qui fait quelque chose parce qu’il est obligé de le faire donnera le minimum d’effort. De nos jours, c’est insuffisant. On parle de concevoir des expériences d’apprentissage, d’être guide, d’être coach, d’évaluer moins mais mieux, de développer le plein potentiel des élèves… Ça demande plus que de l’obéissance. Ça demande de viser le 4e niveau de leadership. Pourquoi? Parce que personne n’atteint son plein potentiel avec un minimum d’effort. Personne. On doit donner le ton. Et dès le premier cours, ça paraît dans le non-verbal et dans les actions de l’enseignant. On vise l’obéissance et le contrôle ou le développement du plein potentiel de l’élève? Notre façon d’utiliser les 3 outils indispensables peut nous aider à identifier où nous faisons parfois fausse route dans notre quête d’atteindre le 4e niveau de leadership.

Des pièges à éviter

Le code de vie, le programme et le manuel scolaire sont destinés à favoriser l’apprentissage des élèves. On s’entend. Mais s’il y a des niveaux de leadership, il y a aussi des niveaux d’engagement des élèves. Voici un visuel intéressant qu’on nous a présenté à #iste18 :

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Quand les élèves sont peu ou pas engagés (rose, orange et jaune), c’est là que les 3 outils indispensables peuvent parfois être utilisés à des fins de… contrôle. En effet, avec le code de vie, on peut toujours donner une conséquence, comme une retenue, à un élève indiscipliné. On peut aussi lui enlever des points (il y a toutes sortes de pratiques avec les notes… outch!) Finalement, au nom du programme, on peut toujours lui donner du travail à faire, en surplus ou pour l’occuper. Ce ne sont pas les ressources qui manquent. Généralement, les élèves finissent par obéir quand on utilise la punition (temps), la pénalité (note) ou le travail supplémentaire. Selon mon expérience, ce sont des pièges à éviter avec les élèves. À moins que les niveaux rose, orange et jaune vous interpellent.

Généralement, les élèves finissent par obéir quand on utilise la punition (temps), la pénalité (note) ou le travail supplémentaire. Selon mon expérience, ce sont des pièges à éviter avec les élèves.

Même si le code de vie me permet d’intervenir de façon punitive, c’est mon dernier recours (il y a des cas extrêmes, ils sont rares). Le but, c’est l’apprentissage des élèves. Un élève puni par son enseignant n’a pas le goût d’apprendre de son enseignant. Ces situations avec les élèves sont des occasions pour nous d’être les adultes, d’être les leaders en contrôle. Il n’y a rien de plus déstabilisant et de rassurant pour les élèves que de voir un adulte en contrôle de ses propres émotions. Mes mentors m’ont appris qu’il ne faut pas le prendre personnel. Voici une question à se poser avant de choisir une stratégie pour amener un élève à s’engager dans son apprentissage :  «Est-ce la meilleure stratégie pour amener l’élève à APPRENDRE?» Si la réponse est non, on ne le fait pas. Une autre façon de voir cette question est de se demander : «Si j’utilise la stratégie xyz aujourd’hui, est-ce que cet élève pourra/voudra apprendre de moi demain?» L’obéissance aujourd’hui peut nous coûter l’apprentissage de demain. C’est big. Je dirais même que c’est déterminant. Il faut voir ça comme un marathon, pas un sprint. Big picture!

Est-ce la meilleure stratégie pour amener l’élève à APPRENDRE? Si la réponse est non, on ne le fait pas.

S’établir comme leader, une conversation à la fois

Dans une de mes conférences, je parle souvent de la stratégie qui a propulsé ma carrière : le 5 + 5. C’est avec cette stratégie que j’ai pu me développer en tant qu’enseignant, en tant que leader à mes débuts. La stratégie est bien simple. J’ai demandé aux élèves de sortir une feuille lignée (il n’y avait pas de Google en 2001), de la diviser en 2 colonnes et d’écrire, d’un côté, 5 choses que les élèves peuvent faire pour rendre les cours agréables et, de l’autre côté, 5 choses qu’un enseignant peut faire pour rendre les choses agréables. 5 + 5. La stratégie n’est pas importante. L’idée, c’est d’ouvrir la conversation et de donner une voix aux élèves. À ma 2e année d’enseignement, j’ai eu le privilège d’avoir le groupe d’élèves qui a le plus contribué au développement de mes stratégies de gestion de classe. Vous me suivez? 😉

Grâce à quelques mentors, après 6 semaines, c’était mon plus beau groupe. Voici ce que j’ai dû faire pour y arriver : 

  1. J’ai arrêté d’avoir peur d’eux.
  2. J’ai commencé à apprendre à les connaître.
  3. J’ai accepté qu’ils étaient mes élèves.
  4. J’ai pris du temps de classe dans la classe pour parler avec eux.
  5. J’ai pris du temps de classe en dehors de la classe pour avoir des discussions individuelles.
  6. J’ai planifié des leçons afin qu’ils vivent des succès rapides avec moi.
  7. Je les ai félicités pour leurs progrès.
  8. J’ai ri avec eux. Souvent.
  9. J’ai laissé passer certains commentaires quand «ils s’échappaient».
  10. J’ai décidé que mes élèves étaient plus importants que le programme.

Tout arrive pour nous

 Je lisais dernièrement que tout ce qui arrive dans la vie, arrive pour nous. En notre faveur. J’ai longtemps pensé que j’étais là pour aider mes élèves à se développer. C’est vrai. Mais je ne m’étais pas rendu compte que les élèves qui nous sont confiés sont placés sur notre route pour nous aider à développer le leader pédagogique en nous. Ils nous préparent pour nos prochains groupes. La vie est bien faite, quand même.

Enfin, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas imposer de conséquences aux élèves. Dans certains cas, on impose la conséquence d’abord, ensuite on a une conversation et on essaie de soutenir l’élève. Mais ce n’est pas la norme.

Mes mentors m’ont amené à considérer des alternatives beaucoup plus payantes qui rendent la vie de l’enseignant beaucoup plus agréable et qui augmentent considérablement son influence auprès de ses élèves.

Je ne vous demande pas de me croire sur parole.

Il n’y a rien comme l’essayer 😉

Qui sait? Vous aurez peut-être un beau groupe c’t’année.

Et si nous étions des marqueurs de relation? Juste aujourd’hui.

Je vous propose un billet «zoom out» aujourd’hui.

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» Cette citation de John Dewey passait dans Instagram ce matin. Ça m’a fait réfléchir. Je ne suis pas tout à fait d’accord.

Priver nos élèves de leur aujourd’hui

Demain ne nous appartient pas. Si on prive les élèves de quelque chose, c’est de leur aujourd’hui, d’un aujourd’hui pertinent qui a du sens. Pensez-y. Ce qu’on demande de nos élèves parfois. Pensez à tout ce système d’appui à certains élèves dits «en difficulté». Comprenez-moi bien. Il y a des élèves avec de réelles difficultés et ils ont besoin d’appui. Je parle ici des élèves en difficulté que nous produisons. Parce qu’on n’est pas à jour. Parce que le contenu ne colle pas, n’a pas de sens. Parce que c’est important, le travail sur les papillons pour jeudi. Plus important que les humains qui ne s’engagent pas. Curiosité naturelle… Faut que ça roule! Curieux. Ne regardons pas trop loin. Juste aujourd’hui. Quel sens aujourd’hui aura-t-il pour nous et pour nos élèves?

«If we teach today’s students as we taught yesterday’s, we rob them of tomorrow.» John Dewey

Nous sommes le contenu

Je pense aussi que ça va plus loin que «as», que notre approche. Je parle toujours de la citation de John Dewey. Vous me suivez? Dans le monde d’aujourd’hui, oui notre approche doit changer, parce que le monde a changé, mais ce qu’on enseigne aussi évolue. Je dis souvent que l’éducation est désormais une entreprise de développement de personnes. Après tout, on veut que tous trouvent leur voie, atteignent leur plein potentiel et contribuent au monde. Le contenu qu’on enseigne doit donc mener à ça. Aujourd’hui, qui nous sommes est plus important que le contenu du programme. On enseigne qui on est. L’humain. Nous sommes le contenu le plus important (je sais, le programme aussi est important). C’est pourquoi le développement professionnel, la croissance personnelle sont si importants. How far can we grow?

Nouveaux partenariats d’apprentissage

Dans le cadre d’une série de webinaires offerte en collaboration avec Jacques Cool, Normand Brodeur et Stephane Hunter, il a été question des compétences globales (ou du 21e siècle). Selon Définir les compétences du 21e siècle pour l’Ontario, le point central de l’enseignement serait désormais de développer des pratiques axées sur l’apprentissage en profondeur et le développement de nouveaux partenariats d’apprentissage.

Apprentissage en profondeur : « L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel.

Nouveaux partenariats d’apprentissage : L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre).

Et si nous étions des marqueurs de relation?

Ok, le rôle de l’enseignant est en mutation. Et après, Marius? Je vous laisse analyser le visuel que nous avons présenté dans le 4e webinaire (Merci Normand). La clé ici, ce sont les points rouges, qui désignent les relations humaines et la technologie.

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Je mets ici l’accent sur les relations humaines (nouveaux partenariats d’apprentissage) qui, comme le dirait mon collègue Normand, permettent la circularité dans ce modèle. Or dans nos écoles, on ne vit pas dans un modèle. On s’en inspire, oui, mais on crée nous-mêmes notre réalité, notre aujourd’hui. Enseignant de français dans mon autre vie, quand j’ai vu les points rouges dans ce modèle, j’ai tout de suite pensé aux marqueurs de relation. Pour ceux qui l’auraient oublié, un marqueur de relation crée un lien, un rapport entre des idées, des phrases ou des paragraphes. Et selon le marqueur de relation choisi, le sens varie. Le sens. Vous me voyez venir? Et si nous étions appelés à agir comme des marqueurs de relation auprès de nos élèves? Créer des liens et donner un sens…

Créer des liens, en vrac

Créer des liens avec nos élèves. Créer des liens entre nos élèves. Créer des liens entre le programme, le vécu des élèves et notre vécu. Créer des liens entre les intérêts, les talents des élèves et les exigences du programme. Créer des liens entre le programme, nos rétroactions et les progrès des élèves. Créer des liens entre la vie de tous les jours et ce qui se passe dans notre école. Créer des liens entre nous, entre collègues. Prendre le temps de se parler. Créer des liens entre mon impact en classe, mes besoins en formation et ce qui est disponible sur le Web. Créer des liens entre notre état d’esprit, nos émotions et les conditions que nous créons dans notre classe, dans notre école. Créer des liens.

Donner un sens, en vrac

Donner un sens à ce qu’on demande de nos élèves. Donner un sens au monde qui nous entoure. Le contenu que nous enseignons (le programme) est sensé refléter le monde qui nous entoure. Internet et les médias sociaux sont souvent vus comme des outils, comme des moyens. Et si on les abordait comme du contenu. Il ne faut pas seulement les utiliser. Il faut les comprendre. Donner un sens aux notes. Donner un sens aux progrès. Donner en sens à l’erreur, au «not yet». Donner un sens à la persévérance. Effort + Stratégie + Aide des autres = Croissance. E + S + A = C. Pas seulement E. Donner un sens à l’appui «supplémentaire» offert à ceux qui en ont besoin. Assurons-nous que l’appui vienne de la bonne personne. Il n’y a personne d’autre que moi qui peut être le père de mes enfants, et les aimer comme un père aime ses enfants. Ça s’applique comment dans la classe? Donner un sens au monde que nous portons en nous. Faire de la place pour ça. Apprendre en profondeur, en soi. La connaissance de soi, la croissance personnelle et la réalisation de soi sont étroitement liés. Donner un sens à nos aujourd’hui. Pour nous, pour nos élèves.

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Juste aujourd’hui

Alors, chers collègues, quelle pourrait bien être cette expérience scolaire que nous espérons tous pour nous et nos élèves? Nous la portons en nous, cette expérience. Elle est là, quelque part. Il faut simplement partir à sa découverte, écouter notre intuition et accueillir notre rôle, en mutation, juste aujourd’hui. Tous les jours, c’est aujourd’hui. Et, comme Winnie, ça peut devenir notre jour préféré. À nous et à nos élèves. C’est la puissance de l’aujourd’hui. Pas besoin de se priver de ça!

Qui sait à quoi pourrait ressembler notre aujourd’hui en juin 2019, 2024, 2029?

On comptera encore sûrement les dodos 😉

5 questions de réflexion en cette fin d’année

Plus que quelques semaines à l’année scolaire 2017-2018! C’est un excellent moment pour prendre du recul et apprécier tout ce que nous avons accompli avec nos élèves. C’est aussi le moment de réfléchir à sa pratique. Pour comprendre comment et pourquoi nous avons un impact sur nos élèves. Ça vaut la peine de faire l’exercice. En fin d’année, on a parfois l’impression que les élèves viennent à l’école pour nous regarder travailler. On a tellement de choses à faire…Vous me suivez? Mais il est encore temps d’engager nos élèves dans des conversations et des tâches signifiantes. S’il y a un moment dans l’année où on veut être intentionnel, c’est maintenant. Voici 5 questions à se poser en cette fin d’année! J’ai eu l’occasion de faire l’exercice avec le personnel d’une école la semaine dernière. Je vous invite à l’essayer en utilisant ce visuel.

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Mes qualités

1- Quelle est une de mes plus grandes qualités? Je sais. Pas facile. Ce n’est pas prétentieux d’admettre que nous avons des qualités. Vos qualités vous permettent d’avoir l’impact que vous avez sur vos élèves, sur vos collègues. C’est ce qui fait de vous qui vous êtes. Si on demandait à vos élèves ou à vos collègues, que diraient-ils? Vos élèves se souviendront surtout des dernières semaines passées avec vous, et des émotions qu’ils ressentaient en votre présence.

Mon style

2- Quelles sont mes 3 stratégies préférées (ou celles que j’utilise le plus souvent, intentionnellement ou non) pour engager les élèves? Au fil du temps, on développe un style comme pédagogue. Il y a des stratégies qu’on utilise comme par défaut. Parce que ça colle à qui nous sommes. Pensez à vos 10 derniers cours. Pensez à votre façon d’accueillir les élèves, de débuter le cours, d’engager les élèves dans des conversations ou des tâches. Pensez à votre façon de terminer les cours. Je parle ici de votre style lorsque vous n’êtes plus en mode «innovation». Chassez le naturel, il revient au galop. Tout le monde a un style. Avez-vous identifié le vôtre? C’est important de le faire. C’est probablement votre style, ou les stratégies que vous utilisez le plus souvent, qui vous donne votre impact (en haut à droite dans le visuel). L’état des lieux avec vos groupes. Si ça va bien, vous y êtes assurément pour quelque chose. Et quand on comprend comment et pourquoi on a de l’impact, on peut le reproduire. Vous me suivez? La question ici : est-ce que vos stratégies habituelles peuvent vous aider à améliorer votre défi (en bas à droite dans le visuel)?

Mon impact

3- Quelles sont les 3 habiletés d’apprentissage, habitudes de travail ou compétences dans lesquelles mes élèves ont fait le plus de progrès jusqu’à maintenant? Le progrès. N’est-ce pas la grande visée de ce «virage» dont nous entendons parler depuis près de 10 ans. Le progrès dans le développement de nos élèves et de leurs compétences, de leurs «soft skills». Fiabilité, initiative, organisation, collaboration, autorégulation, autonomie, attitude, persévérance, mentalité de croissance… Ces compétences/habiletés/attitudes ne se développent pas par hasard. Quand nos élèves y font des progrès, c’est que nous leur proposons de multiples occasions de les développer, et ce, dans des contextes variés. C’est le fruit des stratégies que nous utilisons le plus souvent. Notre style. Notre élan pédagogique. Le progrès se mesure par rapport au point de départ de nos élèves. Ce n’est pas tant la quantité de pratiques innovantes qui compte mais la qualité des progrès que nous amenons nos élèves à faire. Une grande partie des progrès vient des routines, des processus, des structures que nous mettons en place pour assurer le bon fonctionnement et l’apprentissage dans notre salle de classe. Voici le top 10 des compétences à avoir en 2020, selon le World Economic Forum.

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Mon défi

4- Quelle est LA chose que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe? En fin d’année, il est souvent nécessaire de fournir la même énergie qu’en début d’année pour maintenir nos routines, nos processus en salle de classe. Le bon fonctionnement en groupe est souvent la partie que les élèves semblent oublier en fin d’année. C’est un phénomène connu. On se dit : «Voyons! Qu’est-ce qu’ils ont? Ils le savent pourtant…» Ce qui complique les choses, c’est que c’est le moment de l’année où on tente souvent de finir de couvrir le contenu, de bien terminer la revue, les projets… Quand les élèves voient que Monsieur ou Madame accorde plus d’importance au contenu qu’aux routines, ils se mettent à nous regarder travailler et la structure que nous avions si bien établie, s’écroule. La fin de l’année est un beau moment pour amener des éléments de surprise dans notre façon de créer une structure et un climat propices à l’apprentissage. Il s’agit d’y penser et de ne pas oublier que les élèves doivent travailler aussi fort que nous, jusqu’à la fin de l’année. Mise en garde : de s’appuyer uniquement sur le code de vie et les conséquences crée assurément l’effet contraire. La fin de l’année demande de l’énergie. Il s’agit de choisir où on veut l’investir. Prévention ou réaction? Bien-être! 😉 La question ici : quelle stratégie me permettrait de régler ou d’améliorer ce que j’aimerais que mes élèves fassent mieux dans ma classe?

Mon focus

5- Je mets l’accent sur quel aspect de ma pratique dernièrement? Je suis en train d’améliorer quoi? Cette dernière question peut paraître banale. Je ne parle pas de ce que vous enseignez dernièrement. Je parle des stratégies pédagogiques. De votre style. De votre intentionnalité. Je vous invite à faire le lien avec la question 4. En fin d’année, la liste de choses à faire est longue. Avec certains groupes, il peut être tentant de simplement viser la fin de l’année. De se rendre en bout. En début d’année, quand on voit telle cote de cours, on s’imagine tel ou tel fonctionnement. En cours de route, il faut parfois faire le deuil et accepter nos groupes pour ce qu’ils sont. Les prendre là où ils sont et les amener, eux, à progresser. Et si vous décidiez de générer des émotions positives chez vos élèves d’ici la fin de l’année? C’est le meilleur moment d’essayer de nouvelles stratégies pour engager vos élèves. Pour piquer leur curiosité. Pour célébrer avec eux leurs apprentissages. Pour les déstabiliser. Pour susciter leur engagement jusqu’à la fin et que ce soit positif et agréable pour tous. La question ici : est-ce que mon focus vise à régler ce qui ne va pas dans ma classe?

À tout moment de l’année, ces 5 questions peuvent guider nos réflexions pédagogiques et nous aider à mieux comprendre comment et pourquoi nous avons un impact ou non avec certains groupes. Il importe de reconnaître que nous avons notre style, nos stratégies mais que plusieurs stratégies peuvent être bonnes. Tout dépend du groupe d’élèves devant nous. Plus nous comprenons comment et pourquoi on a de l’impact, plus on peut le reproduire intentionnellement. À ce moment, ça devient intéressant 😉

Et vous, quelles questions ajouteriez-vous à cette courte liste?

Vendredi, c’est le mois de juin!

Bonne fin d’année 🙂