Une organisation apprenante fait ces 2 choix.

Dans les événements auxquels je participerai cette semaine, il sera question de développement professionnel et du concept d’une organisation apprenante. Ce matin, j’écris pour réfléchir, pour créer de la clarté dans ma tête. Qu’est-ce qu’une organisation apprenante? Hmmm… À première vue, je vois deux choix importants que doit faire toute organisation si elle veut développer une culture d’apprentissage. Je vais essayer d’être bref. Vous êtes prêts?

Une organisation apprenante choisit la mentalité de croissance.

On parle beaucoup de la mentalité de croissance depuis quelques années. En effet, les recherches de Carol S. Dweck démontrent clairement l’impact de la mentalité (fixe ou de croissance) d’un individu sur sa capacité à atteindre son plein potentiel. C’est logique quand on prend connaissance des définitions. Voici une traduction libre des mentalités (Adapté de Mindset : The New Psychology of Success).

Mentalité de croissance : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité peuvent s’améliorer de façon significative avec de l’effort (E), des stratégies (S) et l’aide des autres (A). Croire qu’on peut se développer.

E + S + A = Croissance

Mentalité fixe : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité sont taillées dans le roc. Croire qu’on ne peut pas se développer.

On comprend rapidement quelle mentalité nous permet d’atteindre notre plein potentiel. Or il faut voir les mentalités comme des pôles. Personne n’a toujours une mentalité fixe ou de croissance. On tend vers l’une ou l’autre naturellement et des événements nous font tendre vers l’une ou l’autre des mentalités. Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’on peut choisir d’avoir une mentalité de croissance et ça a tout un impact sur notre relation avec l’effort et l’échec, en cours d’apprentissage.

Mais qu’en est-il des organisations (classe, école, commission scolaire…)? Les organisations peuvent-elles avoir une mentalité? On parle souvent de la culture d’une école. La culture d’une école, c’est ce qu’elle fait, c’est ce qu’on voit. Forcément, la culture d’une école vient de sa mentalité. On fait ce qu’on pense après tout.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres.

Selon Carol S. Dweck, la caractéristique première de la mentalité de croissance, c’est le désir de sortir de sa zone de confort et de persévérer quand, et surtout quand, le défi est de taille. Pas de problème en éducation. Le défi est de taille en permanence 😉

Une organisation apprenante valorise donc l’effort, l’entraide et la place de l’erreur dans le développement des personnes de l’organisation. Elle valorise le processus. Pas les résultats actuels. C’est big ça. J’en parlerai plus longuement dans un autre billet.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres. @bourmu

Une organisation apprenante choisit de s’engager dans un processus d’amélioration continue.

Si une organisation apprenante valorise le processus, elle doit s’engager dans un processus d’amélioration continue. Évidemment, il faut avoir le goût de s’améliorer aussi. Ça aide 🙂 On sous-entend ici qu’on apprend pour s’améliorer.

Je vous présente donc un processus d’amélioration continue sur lequel @monsieurhunter et moi travaillons depuis un certain temps pour soutenir le développement d’une culture d’apprentissage dans les écoles. C’est une oeuvre en cours.

L’idée ici, c’est de garder les choses simples et le processus doit pouvoir s’appliquer à tout le monde, à tous les niveaux du système et se vivre individuellement, en équipe ou en réseau.

Processus d'amélioration continue (1).png

Planifier et améliorer (co-planifier) :

Une étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est l’intentionnalité. L’amélioration n’arrive pas par hasard. Il faut la souhaiter, mais surtout la planifier.

Le mot clé ici : intention

Lorsqu’on innove, lorsqu’on essaie une nouvelle pratique, lorsqu’on intègre une nouvelle technologie, on sait ce qu’on souhaite qui se passe. On a une intention. On pourrait même le voir comme une théorie d’action. Si… alors… Dans les dernières années, la théorie d’action systémique en éducation pourrait se lire comme suit :

Si nous intégrons efficacement la technologie dans les salles de classe, alors les élèves seront plus engagés et apprendront mieux.

Quand on essaie quelque chose de nouveau, c’est parce qu’on veut de meilleurs résultats. Nous savons aujourd’hui que la technologie est un levier, pas la solution. C’est pourquoi nous nous tournons vers les usages, les pratiques pédagogiques et le leadership. Le système, c’est du monde!

Agir et observer (co-enseigner/co-observer) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est le moment où on sort de notre zone de confort. On essaie.

Le mot clé ici : action

En 2018, on parle d’ouverture sur le monde. Une organisation apprenante est ouverte sur le monde, y compris les gens dans la même bâtisse. Je lisais un billet récemment qui suggère (voir la vidéo) que l’apprentissage professionnel le plus puissant est celui qu’on fait avec nos collègues. Je suis d’accord.

On passe donc à l’action et on observe l’impact de ce qu’on a planifié. On observe pour voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne différemment de ce qu’on avait planifié. Cette étape, on la vit de façon isolée. C’est un réglage par défaut du système. Une enseignante par classe après tout.

Une organisation apprenante ajuste ces réglages par défaut et organise des moments où les membres peuvent vivre cette étape cruciale en salle de classe, en petits groupes de 4 à 6 personnes. Oui oui. Vous avez bien lu. On se rend en classe avec les élèves, une personne enseigne ou des personnes co-enseignent et d’autres observent. «Oui mais Marius, mes collègues pourront me voir, en train d’enseigner.» C’est l’idée. Quand vous aurez fait le tour des classes et aurez eu l’occasion d’agir et d’observer, vous verrez que nous sommes tous dans le même bateau. Personne ne fait des miracles. Il faut travailler ensemble.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde. @bourmu

Apprendre et partager (co-objectiver) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne et d’une organisation, c’est l’apprentissage et le partage de ses apprentissages.

Le mot clé ici : partage

On peut très bien apprendre en formation ou lors d’une conférence. On peut apprendre en regardant des vidéos ou en lisant un livre ou un billet de blogue. On peut apprendre où et quand on veut en fait. Mais ici, je tiens à mettre l’accent sur la réflexion qui doit se faire après avoir essayé une nouvelle pratique. On peut passer beaucoup de temps à planifier lorsqu’on essaie quelque chose de nouveau. Mais on n’apprend pas automatiquement de nos expériences. Il faut s’arrêter et réfléchir à ce qu’on peut retirer de notre expérience. Dans mon expérience, peu de gens vivent cette étape de façon intentionnelle.

Mais après avoir réfléchi, après avoir appris, je crois que nous avons tous la responsabilité (morale) de partager ce que nous avons appris avec le gens qui nous entourent. Partager. Avec nos collègues. Avec le réseau.

Une organisation apprenante est une organisation dont les membres partagent ce qu’ils sont en train d’apprendre (présent duratif). Pas seulement ce qui fonctionne. Non non. Il faut partager ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pourquoi ne pas avoir des FAIL-meetings? Pas pour célébrer l’échec comme finalité. L’échec ou l’imperfection comme moyen. Tweak-forward. Une organisation apprenante est toujours en train d’apprendre de ses actions planifiées et intentionnelles.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde.

Quelques remarques au sujet du processus d’amélioration continue :

  • Les étapes ne sont pas linéaires.
  • Chaque étape peut être le point de départ ou le point d’entrée au service de l’amélioration continue.
  • Les flèches montrent qu’il y a du mouvement, mais ce n’est pas nécessairement à sens unique.
  • Par défaut, le processus se vit individuellement. Par design, il se vit très bien collectivement (4 à 6 personnes) dans une démarche d’accompagnement.

Il va sans dire qu’une organisation apprenante doit se doter d’un langage commun (amélioration continue, leadership, pédagogie) pour que tous les membres se comprennent. Ça fait aussi partie du processus 🙂

Finalement, une organisation apprenante, je pense que c’est une organisation qui choisit une mentalité de croissance et dont tous les membres choisissent de s’engager, individuellement et collectivement, dans un processus d’amélioration continue.

Vous faites partie d’une organisation apprenante?

Apprendre, ça rend heureux!

Une organisation CHOISIT d’être apprenante.

C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Merci de vos commentaires 🙂

Les 12 habitudes du leader pédagogique

J’écris pour réfléchir aujourd’hui. J’ai besoin de créer de la clarté autour d’un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, chers lecteurs, pour le valider et surtout l’enrichir. Je vais l’inclure dans mon livre, qui devrait paraître en 2018 🙂

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. @bourmu

Une invitation

Partons du principe que tout le monde dans le système est un leader pédagogique. Tout le monde. Les 12 habitudes du leader pédagogique, c’est une invitation à volontairement mettre l’accent sur tout le potentiel humain qu’il y a dans notre système. Repenser l’école, c’est une question de croissance. Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation et des élèves qui se réalisent, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance.

Montrez-moi un conseil scolaire, une école, une salle de classe où il y a de l’innovation, je vous montrerai des leaders pédagogiques en croissance. @bourmu

Croître intentionnellement

Tout ce que nous voulons créer dans nos écoles dépend de notre capacité de grandir. Que se passerait-il si nous décidions tous de volontairement adopter certaines habitudes pour croître intentionnellement? On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. Dans le système traditionnel, on enseignait ce qu’on savait. Dans l’école d’aujourd’hui, l’école des compétences, on doit développer des personnes. Et on peut seulement reproduire qui on est. Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. Ne soyons pas stressés par les résultats actuels, chers collègues. Soyons excités par tout le potentiel de croissance et d’innovation que nous pouvons exprimer. Que nous allons exprimer!

Ce que nous sommes est désormais plus important que ce que nous savons. @bourmu

Les 12 habitudes du leader pédagogique

Voici donc les 12 habitudes du leader pédagogique. Du 21e siècle, de l’ère numérique, d’aujourd’hui, de l’école repensée, d’influence, d’impact… Je vous laisse choisir. Ce n’est pas la vérité absolue. Avec mes apprentissages des dernières années, c’est ce qui me semble le plus important. À mon avis, ces habitudes nous aideront à exprimer notre plein potentiel en tant que leaders pédagogiques, à repenser l’école et à transformer l’expérience d’apprentissage de tous les apprenants dans le système, y compris les adultes.

12 habitudes du leader pédagogique

Merci @maotechno pour le superbe sketchnote, encore une fois! Tu ne cesses de nous impressionner… 🙂

Le leader pédagogique…

  1. Entretient un dialogue intérieur positif

    On dit souvent que les relations sont la clé en éducation. On oublie cependant que la relation la plus importante pour notre épanouissement personnel est la relation que nous entretenons avec nous-mêmes. Comment on se parle. Ce qu’on croit possible pour soi. Se donner le droit à l’erreur. Dans mon expérience, je me rends compte que nos actions finissent toujours par donner raison à notre discours intérieur. Ce qu’on pense possible pour soi, pour nos collègues, pour nos élèves devient souvent la réalité. Nos actions reflètent notre discours intérieur après tout. Pour exprimer son plein potentiel, il faut croire qu’on a de la valeur. Et il faut savoir que notre discours intérieur, ce n’est pas nous. Il est conçu pour minimiser le risque et nous garder en sécurité. Défi : notre plein potentiel ne se trouve pas à l’intérieur de notre zone de confort. Jim Rohn a un bon conseil à cet effet : « Stand guard at the door of your mind. » Parce que notre discours intérieur affecte notre performance. Personne ne performe de façon constante à un niveau plus élevé que son image de soi. Personne. Et en éducation, notre discours intérieur affecte le discours intérieur des personnes dont nous sommes responsables. Bruce Lee disait : « A good teacher protects his pupils from his own influence. » Croire en soi, pour croire en nos collègues, pour croire en nos élèves. La santé mentale…

  2. Élève sa conscience de soi

    Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats actuels si on veut vraiment être en mesure de repenser l’école et développer des personnes. Dans l’école traditionnelle, les élèves étaient vus comme des vases vides à remplir de connaissances. Dans l’école d’aujourd’hui, la croyance de base doit être que les réponses sont toujours à l’intérieur des apprenants. En latin, éducation se dit educo, qui signifie : faire jaillir de. Notre rôle est de faire jaillir le potentiel des apprenants au niveau de leur conscience. Paul est bon en mathématiques. Il ne le sait pas encore. Not yet! Nous ne pouvons pas exprimer ce dont nous ne sommes pas conscients. D’où l’importance de mettre l’accent sur le potentiel des apprenants plutôt que sur leur performance actuelle.

  3. Se fixe des objectifs personnels clairs par écrit

    Quand on y pense, le vrai succès pour toute personne, c’est lorsqu’on fait des progrès constants dans notre capacité d’atteindre nos objectifs personnels. Le progrès. La clé, c’est qu’il faut avoir des objectifs pour les atteindre. Ça signifie qu’il faut vraiment savoir ce qu’on veut. Vraiment. Un bon exercice pour valider si nos objectifs sont vraiment nos objectifs, c’est de les écrire à la main dans un cahier et de les réécrire à tous les jours à partir de ce qu’on ressent, pas à partir des objectifs de la veille. Après 4 à 7 jours, les objectifs se précisent. Les objectifs SMART sont préférables mais je crois qu’il faut 2 autres critères : 1. Ils doivent nous exciter, nous motiver. 2. Nous devons pouvoir agir de façon concrète au quotidien pour les atteindre. Le processus d’écrire des objectifs personnels, de les formuler de sorte qu’ils nous motivent, de passer à l’action, de monitorer nos actions (et nos manques!!!), de nous ajuster… C’est incroyable ce que ça fait. Quand on vit ce processus, notre discours intérieur s’améliore et on améliore considérablement les résultats qu’on obtient dans notre vie. En plus, on s’outille pour appuyer les élèves à faire de même. Si on souhaite personnaliser l’éducation, il faudra pouvoir aider les élèves à se fixer des objectifs personnels et à passer à l’action.

  4. Est intentionnel, discipliné et constant

    Tout ce qui vaut la peine d’être fait, comme de grandir en tant que leader pédagogique, ça se fait en montant. Il faut être intentionnel. Il faut suivre le plan, les objectifs. Passer à l’action. Quand on y pense, ça n’a rien à voir avec la connaissance. La plupart des gens savent quoi faire. Pensez-y. C’est plutôt une question de connaissance de soi (voir no 1 et no 2). Ce qui se passe à l’intérieur de soi nous prive de nos rêves beaucoup plus que nos échecs. John Maxwell affirme : «There is pain in life. The pain of discipline or the pain of regret. You have to decide if you want to pay it upfront.» La discipline, c’est accueillir le processus, c’est passer à l’action chaque jour. Être constant. Ce n’est pas une qualité très reluisante. Ce n’est pas une qualité qui gonfle l’ego. Or la constance donne des résultats. Prenons le golf par exemple. Pour gagner un tournoi, les joueurs jouent 4 rondes. Pourquoi? Tous les joueurs peuvent jouer 66 un jour. Après 2 rondes, on élimine la moitié des joueurs. Les moins constants. Après 4 rondes, les meilleurs sont en tête. Les plus constants. C’est la même chose dans la vie. Ce qu’on fait au quotidien détermine nos résultats. Ce n’est pas ce qu’on fait une fois de temps en temps. La constance. Dans notre caractère, nos relations, notre performance, nos réactions, nos décisions… Tout le monde est un leader. Lead yourself.

  5. Est réseauté

    L’humain est un être social. Nous sommes meilleurs en communauté. Ce n’est pas naturel en éducation puisque le système traditionnel nous a habitués à travailler en privé. Chacun dans sa classe. Aujourd’hui, l’isolement est un choix qu’on fait. Il faut se réseauter, choisir les gens qui vont nous soutenir, nous nourrir, nous appuyer et vice versa. Ça commence par les gens dans notre école. Il y a aussi les multiples possibilités de réseautage en ligne avec les médias sociaux qu’on connaît. Mais ça n’a pas vraiment de sens si on ne peut pas d’abord se réseauter avec les gens qui partagent la même bâtisse que nous. Les mêmes élèves, la même mission… L’efficacité collective. Pour moi, être réseauté, c’est être actif. C’est être au centre de mon apprentissage. C’est donner et recevoir. C’est chercher à aider tout un système à s’améliorer. Parce qu’on peut. Nos élèves sont réseautés aussi. Quelle est la place des réseaux dans l’école repensée? C’est une question importante.

  6. Réfléchit

    Le leadership, c’est être proactif. C’est essayer d’anticiper où on s’en va et choisir le meilleur chemin pour s’y rendre. Ça demande du recul, de la réflexion. On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend surtout quand on réfléchit à nos expériences. Quand on réfléchit, on peut en retirer des leçons. Dans The 15 Invaluable Laws of Growth, John Maxwell affirme : « Reflection allows growth to catch up with you. » En éducation, ce n’est pas facile de prendre le temps de réfléchir à sa pratique. Ça ne semble pas utile. On a des choses à faire. Je vous encourage à mettre du temps à l’horaire (30 minutes), une fois par semaine, pour réfléchir à vos expériences, à vos objectifs. C’est magique 🙂

  7. Rend ses apprentissages visibles

    Une des premières étapes du leadership, c’est être modèle. Parce que les gens font ce qu’ils voient, pas ce qu’on dit. Rendre ses apprentissages visibles, c’est une façon d’établir sa crédibilité en étant volontairement vulnérable. Ça demande de la confiance en soi. Ça bâtit la confiance et le respect entre les apprenants. Cette habitude va un peu avec l’idée d’être réseautés et de s’améliorer collectivement aussi. Quand je rends mes apprentissages visibles, quand je partage les questions qui m’interpellent, les défis que je tente de relever, j’aide la profession, la collectivité à s’améliorer. Je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans mon réseau d’apprentissage professionnel. Rendre ses apprentissages visibles, c’est pour moi un incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Imaginez si tous les leaders pédagogiques le faisaient. À quelle vitesse pourrions-nous progresser? Dans l’école repensée, pour développer des personnes, nous devons amener nos élèves à rendre leur pensée visible. On ne peut pas agir sur ce qu’on ne voit pas.

  8. A une attitude positive

    L’attitude, c’est 100%. Faites le calcul. (A = 1; T = 20; I = 9; U = 21; D = 4; E = 5). On ne contrôle pas ce qui nous arrive, ni à quelle vitesse nos élèves se développent, mais on contrôle comment on choisit de réagir. Notre attitude détermine comment on vit nos journées. Les élèves viennent à l’école pour qu’on les développe, pas pour nous donner un auditoire pour qu’on puisse livrer notre contenu. C’est sec, mais c’est ça 🙂 C’est l’école des élèves. Et on a le privilège de les accompagner dans leur développement. Vu comme ça… 🙂

  9. Estime les autres

    Le leader pédagogique croit que les autres ont de la valeur. Ils valent la peine qu’on s’investisse en eux, pour eux. Il croit que la vie de chaque personne qu’il côtoie est plus importante que ses résultats actuels. Potentiel. Empathie. Processus. Long terme. L’école est désormais une entreprise de développement de personnes. On ne peut pas avoir de succès si on n’estime pas les autres.

  10. A une mentalité d’abondance

    Carol Dweck parle de la mentalité de croissance. C’est croire qu’on peut se développer avec de l’effort et des stratégies. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de potentiel, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Pour repenser l’école et personnaliser l’éducation, il faut adopter une mentalité d’abondance. Croire que tout le monde a suffisamment de potentiel pour se développer. Croire qu’il y a plusieurs façons de se rendre où on veut aller. La mentalité d’abondance, c’est le point de départ de l’innovation et de la créativité.

  11. Entretient des relations qui ajoutent de la valeur aux autres

    Le leadership pédagogique, c’est une vie qui en influence une autre. C’est tout. En éducation, on entre en relation avec les autres dans le but de contribuer à leur développement. Le bien-être dans nos écoles passe par la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Les leaders pédagogiques d’impact savent comment connecter avec les autres. Écouter, observer, apprendre à connaître l’autre. Ce sont les fondements du leadership. On assoit son leadership sur les relations. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas influencer quelqu’un qui ne nous aime pas.

  12. Innove à l’intérieur de la boîte

    Enfin, on parle d’innovation. C’est souvent le point de départ quand on parle du virage au numérique. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est repenser nos processus pour faciliter l’innovation, l’expérimentation. C’est devenir un concepteur d’expériences d’apprentissage, c’est créer de la flexibilité dans la démarche d’enseignement/apprentissage pour permettre aux apprenants de se développer, pas seulement pour se préparer à des épreuves. Innover à l’intérieur de la boîte, c’est laisser libre cours au potentiel humain dans nos écoles. Faire autrement.

Quelques remarques

  • Les habitudes ne sont pas linéaires.
  • Les 12 habitudes sont des choix. Pas besoin de talent particulier pour les adopter.
  • Les habitudes deviennent des habitudes quand on n’a plus besoin d’y penser. Il faut donc être intentionnels et conscients pour y arriver. Chaque jour.
  • 8 des 12 habitudes sont invisibles pour les autres. C’est intérieur. C’est ce qui est à la source de nos résultats actuels! Certaines seront difficiles. On vise le progrès, pas la perfection 🙂
  • Les habitudes visibles, on les adopte surtout pour les autres.
  • On travaille donc 2 fois plus sur soi pour pouvoir aider les autres. C’est l’idée.
  • Ces 12 habitudes vous aideront à grandir et vous donneront un profond sentiment d’accomplissement.

Alors vous, quelles habitudes vous interpellent?

Quelles habitudes sont un défi pour vous?

Quelles habitudes ajouteriez-vous à cette liste?

Merci de vos commentaires! 🙂

C’est une question de mentalité… d’abondance!

Vous êtes-vous déjà arrêté pour regarder les vagues qui déferlent sur la plage au bord de l’océan? C’est tellement beau. Je lisais récemment que l’abondance, c’est un peu comme ça. On ne se demande jamais si un jour les vagues cesseront de déferler. Il y a assez de vagues pour tout le monde et il y en aura toujours. Or dans d’autres contextes, on peut parfois avoir l’impression de vivre dans l’insuffisance. Prenons l’exemple d’un enfant dans une réunion de famille. La nourriture est placée sur la table dans des bols et des assiettes, les gens se servent. Au début, l’enfant a une mentalité d’abondance. Wow! Toute cette nourriture! Il partage avec les autres. Mais quand il ne reste que quelques croustilles dans le bol, que les gens se regardent en se disant, «qui prendra les dernières croustilles?», l’enfant n’hésite pas à se servir et à prendre la dernière croustille. Placé devant l’insuffisance, l’enfant se sert et garde pour lui. Entre temps, l’hôte arrive avec un autre sac de croustilles pour remplir le bol. Et là, croustilles en bouche, l’enfant tend une moitié de croustille à un invité. «Tiens, tu en veux? Il y en a d’autres.» Le bol est plein. L’abondance est de retour. On peut partager, il y en a assez. Quand on est enfant, c’est normal d’agir ainsi. Comme adulte, c’est autre chose.

Choisir l’abondance

Et si l’abondance était un choix, une mentalité? L’abondance serait alors à la portée de tous. Choisir d’avoir une mentalité d’abondance, c’est choisir de croire qu’il y en aura toujours assez. Qu’il y a une abondance de ressources, de talents, de temps, de flexibilité, de possibilités. Au fil du temps, je me rends compte qu’on ne choisit pas toujours consciemment notre mentalité d’abondance ou d’insuffisance. Et ça a tout un impact sur notre comportement et sur notre qualité de vie. Plus que toute autre chose, je crois que nous avons tous, en nous, une abondance de potentiel inexploré, inexploité. Comme le dit si bien Charles Schulz : «Life is like a ten-speed bike. Most of us have gears we never use.» Il faut être intentionnel et conscient pour tirer le maximum de son potentiel, pour repousser ses limites. La croissance n’arrive pas par hasard.

2 questions pour vous :

  1. Qu’est-ce qui vous empêche d’atteindre votre plein potentiel présentement?
  2. Combien d’effort et d’énergie êtes-vous prêts à mettre pour atteindre votre plein potentiel?

Adobe Spark (22)

L’école repensée : l’école de l’abondance

En éducation, j’ai toujours eu tendance à être plus optimiste, à adopter une mentalité d’abondance. Or le système traditionnel entretenait davantage une mentalité d’insuffisance. Pensez-y. Alors choisir d’avoir une mentalité d’abondance en éducation, ça nous amène à voir les choses autrement. Je vous partage aujourd’hui quelques idées qui peuvent nous aider à repenser l’école, avec une mentalité d’abondance. En fait, l’école repensée, c’est l’école de l’abondance.

L’abondance de talents

Tout le monde a des talents. L’école n’est pas conçue pour les identifier, pour les faire jaillir. Tant chez les élèves que chez les adultes. On veut «s’améliorer». Non. Ce concept est tellement bien ancré dans notre ADN institutionnel. On trouve plutôt les erreurs, on les cherche même. Après tout, on fait de la «correction». On corrige nos élèves. Et dès qu’ils performent sous la moyenne dans une matière, on leur fait passer plus de temps dans leur faiblesse pour les ramener à la moyenne. Et pour y arriver, on va jusqu’à les sortir de leur zone de force, d’une matière où ils réussissent bien, pour qu’ils passent plus de temps dans leur zone de faiblesse. La moyenne. Dans la vraie vie, personne ne paie pour un produit ou un service moyen. Pensez-y. L’école repensée, c’est là que ça commence. Tous nos élèves ont des talents, des forces. Il faut les trouver avec eux et les amener à développer leurs expertises. Les amener à se réaliser. La différenciation, la personnalisation, ce n’est pas pour créer des élèves moyens qu’on en parle. C’est pour développer des personnes, des expertises. Pensez à l’expertise inexploitée qui se trouve dans votre classe, dans votre école présentement.

L’abondance de temps

Pour développer les talents de nos élèves, il faut prendre le temps. Du temps, il y en a amplement. Pensez un instant à un monde de l’éducation sans bulletins. Comment enseigneriez-vous dans ce monde? Votre démarche pédagogique aurait l’air de quoi? Pour que «ça compte» pour vous et les élèves, quelles conversations auriez-vous avec les élèves? 1, 2, 3 go! C’est ce qu’il faut faire. Là là. Pour y arriver, il faut savoir pourquoi on enseigne le contenu qu’on enseigne. À quoi il sert dans la vraie vie. Prendre le temps de développer les talents de nos élèves signifie que l’enseignant devient un prestataire de contextes. On veut enseigner le contenu, en contexte authentique, pas d’un manuel. C’est pourquoi la réalité virtuelle est si importante dans certains cas. Ça nous place en immersion dans un contexte. C’est en contexte qu’on découvre nos talents, qu’on acquiert des connaissances, qu’on développe des compétences. Le temps, on en a. Mais on n’a plus le temps de continuer à évaluer continuellement nos élèves. Pas si on veut qu’ils apprennent pour vrai. On n’allume pas un feu avec un thermomètre! On n’attise pas la flamme de l’apprentissage à coup d’évaluations.

L’abondance d’information

Avec le numérique, on s’entend que ce n’est pas l’information qui manque. Nos élèves ont besoin de savoir comment naviguer cette information. Comment l’interpréter, comment choisir de croire ce qui est vrai, comment être conscient de l’intention de communication, comment gérer l’information. Dans cette abondance de l’information, nos élèves ont besoin d’apprendre comment aller en profondeur. Comment garder le focus sur un concept, une idée et aller en profondeur. Aller en profondeur, ça prend du temps. Aller en profondeur nous permet de développer des compétences, des habiletés de la pensée. C’est plus facile d’aller en profondeur quand on y est déjà allé. Le transfert se fait mieux. Plus on y va. Plus on fait des liens, plus on devient conscient. Dans cet océan d’information, les vagues déferlent pas mal vite. Et oui les élèves ont encore besoin de connaissances. C’est sûr. Mais ils ont besoin de tellement plus que ça. Les élèves ne viennent plus à l’école pour prendre des notes et les apprendre par coeur. Les tableaux doivent servir à autre chose. À rendre leur pensée visible? C’est une idée. Le travail que fait l’enseignant quand il choisit l’information qui sera présentée aux élèves, ce travail intellectuel, les élèves ont besoin de le faire aussi. Les élèves viennent à l’école pour… (complétez la phrase) Votre réponse est importante. C’est ce qui détermine ce qui se passe dans votre classe présentement.

L’abondance de possibilités

Avec le potentiel humain qu’il y a dans nos écoles jumelé aux possibilités que nous offre le numérique, tout est possible. Pensez-y. Revoyez l’image plus haut. Combien de vitesses ont nos élèves? Quand on achète un vélo, c’est fixe. On sait qu’il y en a dix ou 18. Quand on accueille nos élèves dans notre classe… Tout est à découvrir. Quand on se met à voir les choses autrement, quand on adopte une mentalité d’abondance, les barrières tombent et tout devient possible.

Je vous laisse avec une courte histoire.

Xavier et son chien Max

Un jour, un garçon de 12 ans nommé Xavier reçoit un texto de son ami.

«Mon chien vient de se faire écraser par une voiture! Il est mort!»

Le jeune garçon, bouleversé, ne sait quoi répondre. Bonhomme triste. Pour le reste, il attendra de voir son ami en personne.

Xavier se met immédiatement à penser à son chien Max. Le garçon habite en ville et sa petite cour arrière n’est pas clôturée. Max passe donc ses journées attaché dans la cour. Cette pensée attriste le garçon.

Le soir, avant de s’endormir, Xavier est déchiré à l’idée que son chien pourrait mourir lui aussi. Il se met alors à imaginer Max qui court à la ferme de son grand-père. Dans le sous-bois et la vallée, avec les vaches. Max serait tellement plus heureux là-bas avec autant d’espace pour courir.

Le lendemain matin, Xavier, décidé de libérer Max de sa chaîne, s’organise avec ses parents et son grand-père pour que Max aille vivre à la ferme, et ce, même si cela signifie qu’il ne le verrait pas souvent.

6 mois plus tard, Xavier se rend à la ferme de son grand-père. Il a tellement hâte de revoir son chien. En sortant de la voiture, Xavier s’écrie : «Max, Max, vient mon chien! Max!». En un instant, Max bondit sur Xavier, qui se laisse lécher le visage partout. Il est tellement content de revoir son chien.

Son grand-père arrive et lui dit : «Xavier, regarde bien ça. Max, va chercher les vaches! Vas-y!» Max se met à courir vers la vallée. Quelques minutes s’écoulent avant qu’on aperçoive Max qui ramène, comme un pro, les vaches vers l’étable en aboyant de temps à autre.

Xavier n’en revient pas. Il se tourne vers son grand-père et dit : «Mais grand-père, comment as-tu fait ça? En seulement 6 mois!»

Le grand-père s’approche de Xavier, lui met la main sur l’épaule et lui dit : «C’est toi qui as fait ça Xavier. Quand tu as décidé de détacher Max et de lui permettre de venir vivre ici. Tout ce temps-là, Max portait ça en lui. Il était fait pour ça.»

Tout étonné, Xavier se met à réfléchir : «C’est moi qui ai fait ça…»

Dans l’école repensée, combien d’élèves découvriront, eux aussi, qui ils sont?

Pour les adultes dans l’école actuelle, essayer de voir les choses autrement, c’est un peu comme se libérer des chaînes de l’ADN institutionnel, qui a été bon mais qui doit être repensé.

Repenser l’école, c’est une question de mentalité d’abondance.

Tout est possible.

Merci de vos commentaires

Tsé, quand on fait des erreurs…

Avez-vous déjà fait des erreurs? «Ben, là! Marius. Tu parles d’une question.», dites-vous? La question se pose. Moi j’en ai fait plusieurs dans ma carrière. Et dans ma vie en général. Quand on se pose la question entre collègues, tout le monde est très à l’aise d’affirmer qu’on fait tous des erreurs. C’est la nature humaine après tout. Quand on regarde dans le rétroviseur, c’est normal d’avoir fait des erreurs. Tout le monde a des bonnes intentions. Mais quand on regarde en avant, quand on regarde ce qui nous attend en éducation, où est la place de l’erreur dans notre discours intérieur. Imaginez une feuille avec deux colonnes. D’un côté, on a tous les outils, toutes les choses qui vont nous aider à repenser l’école, de l’autre côté, on a tous les défis, toutes les barrières que nous devrons surmonter pour faire cette école repensée. De quel côté de la feuille placez-vous l’erreur? Outil ou barrière? Voici 5 constats que je fais au sujet des erreurs que j’ai faites et que je ferai – parce que j’en ferai plusieurs autres – au cours de ma carrière.

1- Mes erreurs font de moi qui je suis.

Quand je pense à mon parcours, il y a tellement de choses que je ferais autrement si j’avais la chance de recommencer. Et vous? En anglais on dit : « Hindsight is 20-20 vision. » Les recherches de Carol Dweck sur la mentalité de croissance (growth mindset) m’amènent à voir mes erreurs autrement. Cognitivement. Je ne me souviens plus où j’ai vu cet exemple mais si on prend un feuille blanche toute lisse, cette feuille représente une personne qui n’a jamais rien fait, qui n’a jamais rien essayé. Quand on fait une erreur, c’est comme prendre la feuille et la froisser. Quand on fait une erreur, de nouveaux liens se forment dans notre cerveau. Des liens qui n’existaient pas avant. Si on fait une autre erreur, de nouveaux liens se forment à nouveau. La feuille devient plus froissée. C’est donc dire que l’expertise signifie qu’on a une feuille pas mal froissée. Il n’y a pas de raccourci pour ça. J’aimerais voir la feuille froissée de Carol Dweck… Et quand je regarde ma feuille froissée, c’est un peu comme mon historique de navigation dans le système d’éducation. Mes erreurs font de moi qui je suis. Je ne serais pas ce que je suis sans cet historique de navigation, sans ma feuille froissée, sans mes erreurs. Vouloir devenir meilleur en pensant qu’on ne fera pas d’erreurs c’est comme penser qu’on peut se mettre en forme sans s’entraîner. Essai / erreur = Chest / bras 🙂

«Vouloir devenir meilleur en pensant qu’on ne fera pas d’erreurs c’est comme penser qu’on peut se mettre en forme sans s’entraîner. Essai / erreur = Chest / bras :)» @bourmu

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2- Je suis une meilleure personne grâce à mes erreurs.

Mon vécu fait partie de qui je suis. Cela va de soi. Mais mon vécu m’est utile à tous les jours. Les choix professionnels que je fais, les décisions que je prends, les idées que je suggère, mes réflexions… tout ce que je fais est soutenu et nourri de mon expérience, de mon vécu. Les erreurs que j’ai faites par le passé me permettent de voir plus clairement les possibilités qui s’offrent à moi au quotidien. Plus j’ai de vécu dans un domaine en particulier, plus ce vécu m’aide à réussir au quotidien. Il y a donc des domaines ou des aspects de mon travail dans lesquels je fais beaucoup moins d’erreurs, maintenant. Je suis une meilleure personne grâce à mes erreurs du passé.

3- Je regrette seulement les erreurs desquelles je n’ai pas appris.

Dans sa conférence TED, Kathryn Schulz demande aux gens quelle est la différence entre ce qu’on ressent quand on a raison et quand on a tort. Elle nous dit qu’il n’y en a pas. En fait, on ressent la différence seulement quand on prend conscience qu’on avait tort. Quand on a tort inconsciemment, on a le même sentiment que lorsqu’on a raison, qu’on est sur le droit chemin. Ouf! C’est un peu comme le coyote dans Bugs Bunny. Il pouvait courir dans le vide au-dessus d’une falaise jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il courait dans le vide. Il tombait seulement après avoir pris conscience qu’il n’était plus sur la terre ferme. Dans mon parcours professionnel, j’ai couru dans le vide pendant un bon bout de temps dans certains aspects de ma profession. Plus on court longtemps dans le vide, plus la prise de conscience est douloureuse. Vous me suivez? Alors je regrette seulement les erreurs desquelles je n’ai pas appris ou pas appris assez vite. J’accepte avoir fait des erreurs. J’en avais besoin pour devenir qui je suis. Mais dans certains cas, j’aimerais ne pas avoir fait les mêmes erreurs aussi longtemps avant de me rendre compte que je devais m’ajuster. C’est par contre ce qui fait que j’hésite toujours avant d’être certain que mon point de vue est «bon». Je me garde toujours une p’tite gêne. Tout d’un coup que… 🙂

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«J’accepte avoir fait des erreurs. J’en avais besoin pour devenir qui je suis.» @bourmu

4- Si j’échoue correctement, je n’ai pas de regrets, je suis en croissance.

Je ne sais pas s’il y a une bonne façon d’échouer. Mais au fil du temps, mon processus personnel est de me questionner. Action – Résultat – Réflexion. Toujours. En fait, le blogue est devenu pour moi un outil très utile pour m’aider à me questionner. Même quand les choses vont bien. Il y a toujours moyen de faire autrement, de faire mieux. Et quand ça va moins bien, parce que je fais encore des erreurs au quotidien, je réfléchis à ce qui n’a pas fonctionné en regardant les facteurs que je contrôle d’abord. Au fil du temps, je me rends compte que j’ai avantage à mettre l’accent sur les choses que je contrôle. Pour m’améliorer, pour ne plus refaire certaines erreurs. On entend souvent l’idée que nous apprenons de nos erreurs. Je ne crois pas que ce soit automatique. Je crois que nous apprenons surtout quand nous réfléchissons à nos erreurs. Quand on en a tire des leçons. Je ne vois pas le mérite ou la valeur dans le scénario suivant :

Erreur – se relever – même erreur – se relever – même erreur – se relever

C’est un peu comme courir dans le vide. Avant de se relever, il faut penser aux raisons qui font en sorte qu’on est au sol. On s’ajuste et on se relève. Je préfère le scénario suivant :

Erreur – réfléchir – se relever – autre erreur – réfléchir – se relever

En théorie, j’aimerais ne pas refaire la même erreur deux fois. Pas toujours possible. Pour y arriver, il faut d’abord être conscient ou réussir dès la deuxième tentative. Et ce n’est pas toujours le cas. Quoi qu’il en soi, pour moi échouer correctement, c’est de toujours réfléchir à ma pratique, d’apprendre et de m’ajuster. Je ne peux pas avoir de regrets dans ce contexte. Je suis plutôt en croissance.

5- Le fait de mettre l’accent sur ce que je ne peux pas faire, m’empêche de faire ce que je peux faire.

Plus nos responsabilités augmentent en éducation, plus il y a de choses qu’on ne contrôle pas. Plus il y a de gris. Dans ce contexte, je me rends compte que je dois mettre l’accent sur ce que je contrôle pour avoir un sentiment d’auto-efficacité plus élevé. Deux choses que je peux toujours faire sont :

  • Gérer mon discours intérieur : La saison des jardins arrive. Ça demande de l’entretien. On doit enlever les mauvaises herbes. Même chose pour notre discours intérieur. On doit activement rechercher les mauvaises herbes et les enlever. Un discours intérieur positif mène à de meilleurs résultats. Tony Robbins est excellent à ce sujet. C’est plus qu’une simple bonne attitude.
  • Ajouter de la valeur aux autres : Être au service des autres, ça change comment on aborde nos journées. Quand la réflexion commence par «Qu’est-ce que je peux faire pour l’autre personne» plutôt que par «Qu’est-ce que j’ai à gagner de cet entretien», tout bascule.

Quoi qu’il en soit, vous aurez deviné que je place l’erreur dans la colonne des outils, des choses qui vont nous aider à repenser l’école et à la faire cette école repensée.

Sur le plan cognitif, je crois que ça a du sens. Émotionnellement, je ne m’habitue jamais à l’idée de faire des erreurs. Je ne suis jamais content d’en avoir fait. Mais je comprends mieux le processus de croissance continu qui m’aide au quotidien.

Meilleur qu’hier, moins bon que demain. C’est l’idée.

Tsé, quand on fait des erreurs…

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Le 21e siècle a 17 ans, hein?

De la transmission du savoir au développement de personnes

Le 21e siècle a eu 17 ans, hein? Ça fly! Le virage au numérique amène le grand monde de l’éducation à se réinventer, à se transformer. Depuis 17 ans déjà, ce virage provoque d’intéressantes réflexions et conversations à tous les niveaux du système. Qui ne se souvient pas du discours de Sir Ken Robinson en 2006? « We don’t need a reform, education needs a revolution. It needs to be transformed into something else. » À cette époque, on parlait d’un changement de paradigme et les efforts du système étaient concentrés sur l’intégration de la technologie, les outils, sur l’infrastructure, l’accès à Internet, sur les compétences du 21e siècle. C’était gros, le 21e siècle. On se disait qu’en intégrant la technologie, les élèves apprendraient mieux, qu’ils seraient plus engagés, qu’ils développeraient des compétences. C’était le début du virage. Tout était flou, tout était à créer. Le modèle SAMR nous aidait et nous aide encore à nous projeter dans l’avenir, dans cette autre façon de faire l’éducation. Plusieurs écoles ont franchi l’étape du piton. L’infrastructure est en place. Les adultes ont des bases solides avec les nouvelles technologies. Et avec le temps, les choses se clarifient. On constate même un certain retour du balancier. En effet, les gens parlent de plus en plus de pédagogie, de différenciation, de mentalité de croissance, de relations, de la voix de l’élève, de la personnalisation, d’effet enseignant, de leadership. Ce qui devient de plus en plus clair, c’est que le mandat de l’éducation se voit transformé grâce aux possibilités que nous offrent les nouvelles technologies, oui, mais ce sont des personnes qui actualisent la transformation du système, pas la technologie. En fait, ce que je veux dire c’est que ce n’est pas un automatisme. Le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur des différents acteurs dans le système. Le virage, c’est un appel à devenir. Devenir plus, parce que le mandat a changé. Si autrefois le mandat était de transmettre le savoir, aujourd’hui, nous avons la responsabilité de développer les compétences des élèves. Du 21e siècle, mais aussi de tous les siècles. Les «soft skills», c’est important plus que jamais. Nous avons le noble mandat de développer des personnes. Quel privilège! Autrefois, il fallait aimer sa matière, maintenant, il faut aimer davantage ses élèves. Pensez-y un instant. Qu’est-ce que le système doit devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves? Bonne question. Une chose est certaine, le système, c’est du monde. Du monde en devenir. Du monde avec des émotions, des aspirations, des talents, des forces.

Repenser le succès

Cette transformation de notre système, de l’expérience d’apprentissage des élèves nous amène à faire une place importante à l’élève. On parle de la voix de l’élève, d’un nouveau partenariat éducatif, de compétences, de tâches authentiques, d’une approche axée sur l’auditoire. Des émotions dites-vous? Pas de stress! Comme au golf, évitons d’essayer de tout contrôler. Il faut simplement s’élancer. Souvent. Alors dans un tel contexte, il est naturel de revoir notre conception du succès, de la réussite. La conception traditionnelle du succès se mesure de différentes façons. Passer un test, avoir de bonnes notes, des crédits, une bonne moyenne, des accomplissements, un bon taux d’obtention de diplôme, la performance au testing provincial, etc. Il y a aussi le climat scolaire, les amis, les activités parascolaires et toutes les données qualitatives qui se mesurent moins facilement. Sondage! À mon humble avis, la conception traditionnelle du succès, aux yeux du système, se résume à deux choses : 1. Amener l’élève à découvrir ses passions, ses talents, sa raison d’être. 2. Amener l’élève à atteindre ou à dépasser son potentiel. Quand un élève quitte l’école, qu’il fait un travail qui le passionne et qu’il gagne bien sa vie, on peut dire qu’il réussit et que le système a contribué à cette réussite. Avec le virage au numérique, avec les possibilités d’aujourd’hui, l’avenir, c’est maintenant. C’est donc dire qu’on ajoute une troisième composante à notre conception du succès : Contribuer au monde. Pas plus tard, «quand tu vas être grand». Maintenant. Quand les gens autour de nous profitent de notre expertise ou de notre simple présence, c’est ce qui nous amène tous à avoir un sentiment d’accomplissement. C’est ce qui rend heureux. Tout le monde, y compris nos élèves, recherche ce sentiment d’accomplissement, qui ne s’obtient qu’en ajoutant de la valeur aux autres autour de soi. Donnez et vous recevrez. Il y aurait donc trois composantes au succès. 1. Trouver sa voie. 2. Atteindre son plein potentiel. 3. Contribuer au monde. Dans le monde d’aujourd’hui, les trois sont nécessaires pour être heureux, pour pouvoir dire haut et fort : succès! Fait intéressant, cette formule s’applique aussi à tous les acteurs du système! Serions-nous donc tous appelés au bonheur? De la transmission du savoir à l’intégration de la technologie au développement des personnes. Le “blueprint” (modèle ou référentiel pédagogique) de la salle de classe doit assurément changer… Chose certaine, on enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, des aspirations, des êtres qui veulent et qui peuvent contribuer dès maintenant au vrai monde, des êtres qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. Think big, dites-vous? Absolument!

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Possible?

La technologie nous offre tellement de possibilités. Or la technologie est aussi puissante que notre pédagogie, que nos actions. Les possibilités à elles seules ne changent rien. En effet, ce n’est pas parce qu’on intègre la technologie en salle de classe que les élèves trouvent leur voie, qu’ils atteignent leur plein potentiel, qu’ils développent leurs compétences, qu’ils contribuent au monde. Tout dépend de la démarche pédagogique conçue par l’enseignant et par les élèves. Je parlais de l’importance du leadership dans un récent billet. Tout enseignant peut suivre la démarche proposée dans un manuel scolaire mais ça prend un leader pour planifier l’itinéraire, pour ajuster l’itinéraire en cours de route. Dans la salle de classe d’aujourd’hui, dans la classe où l’élève a une voix, où le curriculum est au service de l’apprentissage et de la conversation, dans la classe où on saisit les possibilités qu’offre la technologie, on doit parler de leadership. Pour réussir à créer cette salle de classe transformée, il faut innover à l’intérieur de la boîte. On n’a qu’à penser au projet 20%, au mouvement maker, à la robotique pédagogique, au blogue, au codage… Ce sont des portes d’entrée à l’innovation qui ont ce point en commun : il n’y a pas de manuel. Ces projets ou approches exigent de l’enseignant qu’il devienne concepteur de l’itinéraire d’apprentissage avec et/ou pour ses élèves. Ça amène l’enseignant à porter naturellement son chapeau de guide, à entrer en relation avec ses élèves, à donner de la rétroaction plutôt qu’une note. Ça crée de l’incertitude, oui, et ça nourrit aussi son sentiment d’accomplissement. Leadership pédagogique. Parce qu’il faut aussi savoir comment répondre aux exigences du système, comme le testing provincial et les bulletins, tout en permettant aux élèves d’apprendre et de développer leurs compétences. Développer des compétences, développer des personnes, ça prend du temps. C’est organique. Ça nous demande d’accorder plus d’importance à nos élèves qu’au contenu qu’on enseigne. Et ça doit paraître dans nos actions, dans notre pédagogie, et même dans le discours intérieur qu’on se fait quand on pense à nos différents élèves. Tout s’aligne. Notre mentalité détermine notre discours intérieur, qui détermine nos émotions et ce qui est possible ou impossible, ce qui détermine les stratégies qu’on met en place, qui mène aux résultats qu’on obtient. On fait ce qu’on pense et ça devient notre réalité. Pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut d’abord transformer notre discours intérieur. Alors, qu’est-ce qui est possible ou impossible pour vous? Qu’est-ce qui est responsable des résultats que vous obtenez présentement?

Des êtres en devenir

Enfin, nous avons désormais le mandat de développer des personnes. Nous sommes donc invités, plus que jamais, à être des apprenants à vie. Comment pouvons-nous ajouter de la valeur à nos élèves si nous ne sommes pas en croissance continue? En effet, chers collègues, notre savoir n’est plus notre plus grand atout. Non. Notre valeur se trouve dans ce qu’on fait avec ce qu’on sait, dans nos compétences, dans notre capacité à aider les autres à croître, à rehausser les élèves qui nous sont confiés. Notre valeur, c’est qui nous sommes. Être. Et nous sommes des êtres en devenir.

Alors, la question à se poser n’est pas «Que dois-je faire?» mais bien «Qui dois-je devenir?» pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Le 21e siècle a 17 ans. Pensez-y. Ce qui compte, ce n’est pas d’être parfait. Ce qui compte, c’est de commencer le virage et de rester en mouvement. Fail forward, comme dirait l’autre.

Merci de vos commentaires

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Trois questions… une réponse?!

Les gens me demandent souvent comment un leader peut faire cheminer son personnel. Vous comprendrez que derrière «cheminer» se trouve l’idée de changement, d’amélioration continue voire d’innovation. Dans The Innovator’s Mindset, George Couros propose aux leaders de ne pas essayer d’amener en masse tout un personnel mais bien chaque individu, chaque membre du personnel, de son point A à son point B. On parle ici de la personnalisation de notre leadership et de notre appui. Pour ce faire, il faut connaître son monde et être en mesure de les influencer positivement, d’ajouter de la valeur à qui ils sont.

Le mindset du leader

Les leaders qui ont le plus d’impact adoptent une approche service et comprennent que leur rôle est d’ajouter de la valeur aux gens qui les entourent. C’est un mindset, une disposition à être au service de. Pourquoi? Parce que le leadership, c’est l’influence. Rien de plus, rien de moins. Et on ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi. C’est pourquoi les leaders doivent entrer intentionnellement en relation avec les gens qu’ils servent afin d’ajouter de la valeur à qui ces gens sont. Les leaders cherchent aussi à croître continuellement. Ils savent qu’on ne peut pas ajouter de la valeur aux autres si on n’a rien à offrir. Les leaders d’impact sont donc des apprenants à vie.

On ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi.

Le leader intentionnel

John C. Maxwell affirme que tous img_6132les leaders communiquent, mais peu entrent en relation avec les gens qu’ils servent. La raison est fort simple. Entrer en relation, c’est demandant. Aller à la rencontre des gens, les rejoindre là où ils sont, faire preuve d’empathie, ça demande de l’énergie, de l’effort. Il faut être intentionnel pour y arriver. Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs leaders, formels et informels. Je peux affirmer avec confiance que ceux qui ont pris le temps d’entrer en relation avec moi ont eu un impact positif sur ma carrière. Je les en remercie.

Un leader peut répondre «oui» à ces trois questions

Un bon point de départ pour tout leader est de voir s’il peut répondre «oui» aux trois questions suivantes, et ce, pour chaque personne dont il est le leader. Ce sont les questions que les gens se posent avant de donner à leur leader la permission d’être leur leader, la permission de passer au niveau 2 de leadership. J’explique les 5 niveaux de leadership dans ce billet.

1- Est-ce que je compte pour toi?

Les gens ont besoin de sentir qu’ils sont importants, au-delà du travail qu’ils accomplissent au quotidien. Le leader cherche à connaître son monde, à connaître leurs aspirations. Quand on aide les gens à obtenir ce qu’ils veulent, professionnellement, ils nous aident à obtenir ce qu’on veut par la suite.

2- Peux-tu m’aider?

Cette question invite le leader à aller au-delà du simple fait d’être au service de. Remarquez l’utilisation du verbe Pouvoir et non Vouloir dans la question. Ici, il est question de compétence. Est-ce que les gens respectent votre compétence? Vous voient-ils comme un modèle, comme leader pédagogique, comme guide? Ici, on ne veut certainement pas être vu comme un agent de voyage, qui envoie des gens là où il n’est jamais allé. Le leader d’aujourd’hui EST un apprenant à vie. Le leader reproduit qui il est, pas qui il souhaite reproduire. Les bottines doivent donc suivre les babines.

3- Est-ce que je peux te faire confiance?

Cette question invite le leader à la constance, fait appel à son caractère, à son système de valeurs. Les gens ont besoin d’être capables d’anticiper et de comprendre les actions et les réactions de leur leader. Le leader d’aujourd’hui cherche à éliminer l’écart qu’il peut parfois y avoir entre ses paroles et ses gestes. Le leadership s’assoit sur le pilier qu’est la confiance. Le leader qui n’a pas la confiance des gens n’est tout simplement pas le leader de ces gens. Il n’a que le titre. Et quand le leader n’a qu’un titre, il a le minimum d’effort des gens et, par ricochet, le minimum d’influence sur son école.

Faites l’exercice

Que vous soyez direction d’école, responsable de dossier, responsable de secteur, enseignant en salle de classe, je vous invite à faire l’exercice. Pour chaque personne dans votre école (direction), dans votre secteur (RDD), dans votre classe (Enseignant), essayez de déterminer si la réponse à ces trois questions est «oui». Pour influencer les gens, il faut «oui» aux trois questions. Les gens ne suivent pas un leader s’ils ne se sentent pas importants, si le leader manque de compétence ou s’ils ne peuvent pas avoir confiance en lui. Vous remarquerez sans doute que plus on monte, plus on a de personnes à servir! D’où l’importance du leadership partagé, du travail d’équipe!

Passez à l’action!

Suite à cet exercice, il suffit de cibler des actions concrètes et d’être un leader intentionnel au quotidien. Ces actions impliqueront certainement l’écoute, l’observation et l’apprentissage au sujet des gens dont vous êtes le leader. On surestime souvent ce qu’on peut faire en une seule journée et on sous-estime ce qu’on peut accomplir au fil du temps. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire beaucoup un jour. C’est la puissance du quotidien.

Enfin, à la lecture des idées qui précèdent, il est assez facile de comprendre que le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action!

Le leadership intentionnel, c’est ce qui permet de répondre «oui» aux trois questions.

C’est ce qui fait cheminer un personnel!

Merci de vos commentaires!

 

 

Enseigner est désormais un poste de leadership

Êtes-vous un leader? Formel ou informel. Plusieurs recherches démontrent l’importance du leadership dans l’amélioration continue de notre système, particulièrement dans le virage au numérique. John C. Maxwell affirme « Everything rises and falls on leadership ». Je suis d’accord. D’emblée, quand on parle de leadership, les gens ont tendance à penser que c’est une question de position, de titre, de pouvoir. Or le leadership, ce n’est pas un titre, c’est de l’influence.

Leadership is influence. John C. Maxwell

Cet été, je présentais à de futurs leaders de nos écoles The 5 Levels of Leadership, un incontournable de John C. Maxwell pour tous les leaders formels. Nous avons tout de suite pu faire des liens intéressants entre les 5 niveaux de leadership, la salle de classe transformée, la pédagogie participative et le développement des compétences mondiales (6C). Je vous propose aujourd’hui une courte explication pour chacun des niveaux ainsi que quelques liens avec la profession enseignante, qui est devenue selon moi, un poste de leadership.

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Merci à Marie-Andrée Ouimet (@maotechno) pour ce beau visuel en français!

1 Position

Le premier niveau de leadership, c’est le titre. Enseignant, directeur, surintendant. Tout le monde commence au premier niveau. Avec le titre viennent des droits, des responsabilités et un certain pouvoir. Ce qu’il faut retenir du premier niveau, c’est que le titre ne fait pas de nous un leader. Obtenir un poste de leadership ne fait pas de nous un leader. C’est plutôt une invitation à croître, à développer son leadership. Au premier niveau, les gens nous suivent parce qu’ils n’ont pas le choix. À ce niveau, retenez bien cela, les gens, les élèves nous donnent le minimum d’effort et d’énergie. L’engagement est au minimum. Curieux. On parle d’une baisse d’engagement intellectuel depuis quelques années. Fait intéressant, en éducation, on recommence avec de nouveaux élèves à tous les semestres, à toutes les années. C’est donc dire que nous recommençons continuellement au premier niveau. Le système d’éducation traditionnel s’appuyait énormément sur le premier niveau de leadership puisqu’il était axé sur l’obéissance, sur le travail complété, sur les conséquences. Pouvoir. Dans le virage au numérique, dans nos efforts de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, le premier niveau est désormais insuffisant. La transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves passe par le leadership de tous, y compris le leadership des enseignants. Le leadership, c’est être au service des autres. Lorsqu’on quitte le niveau 1, le but ultime est d’aider les autres, d’ajouter de la valeur à leur vie.

Le leadership, c’est être au service des autres. @bourmu

2 Permission

Le 2e niveau, c’est l’étape des relations. C’est ici qu’on investit intentionnellement du temps pour connaître les élèves, au-delà de leurs résultats antérieurs. J’aborde la question en profondeur dans ce billet. Au 2e niveau, on veut savoir qui sont nos élèves. Quelles sont leurs aspirations. Si on entre en relation avec les élèves de façon authentique, nous atteignons le niveau 2 où les élèves nous donnent la permission d’être leur leader. Ici, ils nous suivent par choix, pour qui nous sommes comme personne. Pas parce que nous avons des droits et du pouvoir. Tous les enseignants vous diront que cette étape est cruciale si on souhaite avoir un impact sur leur apprentissage. Pour avoir de l’influence, il faut entrer en relation. Entrer en relation, ça demande de l’effort parce qu’il faut aller à la rencontre des gens là où ils sont. Physiquement et dans leur apprentissage. Comme le dit si bien John Maxwell « We must find common ground and then bring people to higher ground. » Lorsqu’on quitte volontairement le niveau 1 en quête du niveau 2 il faut aimer les personnes, les êtres humains. Le leadership implique des humains. Pour être enseignant, pour exercer un leadership pédagogique en salle de classe, il faut aimer les élèves. Mais ça ne s’arrête pas ici.

We must find common ground and then bring people to higher ground. John Maxwell

3 Production

Lorsqu’on passe à un autre niveau de leadership, on ne laisse pas le niveau précédent derrière nous. On ne fait que s’appuyer sur le niveau précédent pour aller plus loin. Pour atteindre le niveau 3, il faut être compétent dans les contenus et les processus qu’on enseigne aux élèves. John Maxwell affirme « Leaders know the way, go the way and show the way. » On ne peut se permettre, dans le virage au numérique, de se comporter comme des agents de voyage. On ne peut envoyer les élèves où nous ne sommes pas allés nous-mêmes. C’est donc dire que pour développer des compétences numériques, des compétences mondiales chez nos élèves, il faut d’abord être compétents. Il faut que nous soyons en croissance continue. Il faut avoir une mentalité de croissance. Comment peut-on ajouter de la valeur aux élèves si nous n’apprenons pas, comme eux, avec eux, dans les contextes actuels? Comment peut-on développer des apprenants à vie, si nous avons arrêté d’apprendre et nous contentons du statut quo? Au niveau 3, nous avons un impact sur l’apprentissage des élèves parce que nos relations et notre compétence nous permettent d’avoir des attentes élevées envers les élèves. Il y a des rétroactions descriptives que seul un leader du niveau 3 peut donner à ses élèves. Parce que c’est bon pour eux. Le type de rétroaction qu’un parent donne à son enfant. Ici, j’ai en tête les habiletés d’apprentissage et les habitudes de travail. Une rétroaction sur les HH de la part d’un leader du niveau 3 a beaucoup plus d’impact. C’est évident. Passons au niveau 4.

On ne peut se permettre, dans le virage au numérique, de se comporter comme des agents de voyage. On ne peut envoyer des gens où nous ne sommes pas allés nous-mêmes. @bourmu adapté de John Maxwell

4 Développement des personnes

Le niveau 4 est la passion de John Maxwell. Il dit vivre pour ce niveau. Je crois que c’est le niveau que nous devons tous viser si on veut vraiment transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Au niveau 4, le leader développe le leadership des personnes, des élèves. Le leadership, c’est aussi l’affaire de tous les élèves. Même si vous n’avez  pas un titre de leader formel, nous avons tous une personne à diriger. Soi-même. Sur ce point, nous sommes tous des leaders alors. Pour amener nos élèves à mener une bonne vie, à vivre selon leurs valeurs, à apprendre à apprendre, à prendre leur place dans le monde, à faire une différence et à contribuer, il faut voir comme du leadership le développement des HH et des compétences mondiales des élèves. En voyant la profession enseignante de cet angle, ça aide à clarifier, à cerner le type d’expériences d’apprentissage que nous pourrions concevoir pour et avec les élèves. À bien y penser, pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut développer les élèves. Bien différent que de transmettre du contenu. Au niveau 4, les gens nous suivent en raison de ce que nous avons fait pour eux. L’image ci-bas résume très bien le niveau 4. Or l’idée ici, c’est que le niveau 4 n’est pas exclusif à certains élèves doués. Il faut le viser pour tous les élèves! Croyons-nous suffisamment en nos élèves? En nous-mêmes?

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5 Sommet

Le niveau 5, c’est l’aboutissement de toute une vie dédiée à ajouter de la valeur aux élèves qui nous sont confiés. Ici, les élèves nous suivent pour qui nous sommes et ce que nous représentons. Nous avons développé tellement d’élèves pendant tellement d’années, que les gens nous respectent. Nous avons tous connu des enseignants dont la réputation les précédait. C’est comme si leur réputation (positive – on a tous connu l’opposé aussi) entrait dans la classe avant eux. Je vois le niveau 5 comme une cible à établir afin de mieux planifier notre carrière à rebours. Que voulez-vous que les gens disent de vous quand vous prendrez votre retraite? Qu’allez-vous faire au quotidien pour y arriver?

À quel niveau suis-je?

Vous vous êtes sûrement demandé à quel niveau vous vous situez avec vos élèves. Fait intéressant, vous n’êtes pas au même niveau avec tous vos élèves. Faites l’exercice pour voir. Avec certains élèves, c’est un question de pouvoir. Vous avez le minimum d’eux et vous devez constamment utiliser votre titre pour imposer une marche à suivre. Avec d’autres élèves, vous êtes possiblement au niveau 4. Vous leur confiez des responsabilités, vous leur donnez des conseils qui vont au-delà du contenu et des processus des programmes-cadres. Autre fait intéressant, en affaires, plus un leader monte de niveau, moins il y a de gens qui le suivent. C’est comme ça. Or avec les élèves, pouvons-nous viser le niveau 4? Le développement de personnes. Quoi qu’il en soit, c’est maintenant le mandat. Quand on regarde le profil de sortie de l’élève des écoles de langue française de l’Ontario, c’est le niveau 4 de leadership, rien de moins. Quelle belle commande. Quel beau défi! Comme le dit si bien John Maxwell « Leadership is not a noun, it’s a verb, it’s action. » Il est temps de passer à l’action!

Finalement, le leadership, c’est une question d’influence. Êtes-vous un leader? Êtes-vous prêts à développer votre leadership? Parce que l’enseignement, c’est maintenant un poste de leadership. Inflation, dites-vous? Et votre leadership est nécessaire si vous voulez transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Si ce n’est déjà fait, visionnez la vidéo. Vous allez apprécier.

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