La classe «flexible»?

Avec l’avènement des nouvelles technologies et des nouvelles approches en éducation, on entend de plus en plus parler de la classe «flexible». Un concept qui génère plusieurs questions et préoccupations même. En voici quelques exemples.

  • «C’est quoi au juste, la classe flexible? Autre qu’une classe Pinterest…»
  • «L’ameublement flexible coûte cher, très cher. Est-ce possible d’avoir une classe flexible sans budget?»
  • «À quoi ça sert, une classe flexible? On en a déjà assez à faire présentement, non? Ça fit où?»
  • «Moi, j’aime ça des chaises ordinaires. Les ballons, pas tant!»

Je vous partage ici mon grain de sel au sujet de la classe flexible. C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Au-delà des ballons : l’apprentissage en profondeur!

Dans Définir les compétences du 21e siècle (un document de réflexion), une des sept incidences sur la pratique se lit comme suit (voir la page 32) :

« Le point central de l’enseignement : des pratiques axées sur « l’apprentissage en profondeur » et de nouveaux partenariats d’apprentissage s’imposent pour que les élèves acquièrent les compétences du 21e siècle. 

« L’apprentissage en profondeur » est « le processus au cours duquel une personne parvient à s’approprier les enseignements tirés d’une situation et à les appliquer à de nouvelles situations » (Pellegrino et Hilton, 2012, p. 5, traduction libre). On le décrit aussi comme étant le développement et l’application pluridisciplinaire d’habiletés transférables. L’apprentissage en profondeur implique l’interrelation des domaines cognitif, intrapersonnel et interpersonnel. (voir la page 11 du document pour consulter le visuel)

L’attention accordée à l’« apprentissage en profondeur » signale une mutation dans le rôle de l’enseignante ou de l’enseignant, dont « l’attention jusque-là concentrée sur le contenu à couvrir se reporte sur le processus d’apprentissage et sur le développement de la capacité des élèves à prendre en charge leur propre apprentissage et à tirer parti de celui-ci. L’enseignante ou l’enseignant doit devenir la ou le partenaire de l’élève dans les activités d’apprentissage en profondeur, celles-ci se caractérisant par la recherche, la connexité et des enjeux authentiques et significatifs » (Fullan et Langworthy, 2014, p. 7, traduction libre). »

La classe flexible, comme toute autre approche pédagogique dans l’école d’aujourd’hui, doit faciliter l’apprentissage en profondeur. C’est notre pourquoi collectif. La classe flexible, à mon humble avis, commence d’abord par la posture de l’enseignant (je dirais davantage du leader puisque ça s’applique à tout le monde) et ça mène à la flexibilité dans le design pédagogique.  D’où la mutation dans le rôle. La classe flexible, c’est beaucoup plus qu’un changement esthétique au niveau de l’ameublement. C’est un changement de posture.

La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique! @bourmu

«Oui mais l’environnement physique est important!»

Je suis d’avis qu’un nouvel environnement physique peut stimuler l’innovation pédagogique et mener à des changements dans les pratiques. Oui. Or dans mon vécu, un bel environnement flexible au niveau de l’ameublement ne mène pas automatiquement à un changement dans les pratiques, au service de l’apprentissage en profondeur. Mon message ici, c’est qu’on peut créer dès aujourd’hui un environnement flexible d’un point de vue pédagogique, même si on n’a pas le budget pour changer l’aménagement physique. J’ai vu des cours bien magistraux, axés sur le contenu et la bonne réponse, offerts dans des espaces hallucinants. J’ai aussi vu des cours qui font rêver, par leur design pédagogique et qui étaient offerts dans des classes bien ordinaires. La classe flexible, ça part du concepteur pédagogique!

Il n’y a pas d’ami, il n’y a que des moments d’amitié. (1)

Quelques éléments «flexibles» à considérer

Je vous partage donc quelques éléments à considérer pour ajouter de la flexibilité à votre design pédagogique. Toujours au service de l’apprentissage en profondeur et des nouveaux partenariats d’apprentissage. C’est ici que la posture de coach devient incontournable.

Le temps : Dans la planification annuelle, il faut prévoir du temps où l’élève pourra prendre le temps de se développer. Une chose bien importante à enseigner à nos élèves, pour qu’il y ait apprentissage en profondeur, c’est la responsabilité. Ils doivent prendre en main leur apprentissage et devenir les entrepreneurs de leur vie. C’est ici également qu’on prend le temps de leur enseigner la mentalité de croissance. Pour y arriver, il faut croire fermement que les élèves ont un potentiel illimité.

Comment alors pouvons-nous gérer autrement le temps précieux et limité que nous avons avec eux?

L’évaluation : On n’allume pas un feu avec un thermomètre. Comme on n’allume pas la flamme de l’apprentissage en profondeur à force d’évaluations sommatives. Il y a un lien direct entre évaluer autrement, notre façon de gérer le temps et la posture du coach. Pour évaluer autrement, il faut voir où se trouve la flexibilité que nous avons au niveau du temps, des exigences du programme et de cette gestion quotidienne des relations humaines que nous entretenons avec les élèves. Ici, on amène l’élève à documenter des preuves de ses progrès et de ses apprentissages. C’est ici qu’on soutient le développement d’une mentalité de croissance chez l’élève puisque nous l’aidons à donner un sens à ses efforts et à interpréter de façon constructive son cheminement.

Quelles pourraient être des stratégies d’évaluation au service de l’apprentissage en profondeur?

Comment conçoit-on une telle démarche pédagogique?

La personnalisation du programme : Apprendre en profondeur, c’est une démarche personnelle. Avec les outils technologiques à notre disposition, il est de plus en plus évident que la personnalisation de l’expérience d’apprentissage est non seulement possible, mais vraiment accessible à tous. Il suffit de le voir. Il suffit de voir la flèche dans le logo de FedEx, comme j’aime le souligner dans une de mes conférences. Vous saviez qu’il y a une flèche dans le logo de FedEx? Regardez l’image ci-bas. Regardez entre le E et le X.

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Maintenant, essayez de ne plus la voir! Une fois qu’on le voit, on ne peut pas ne plus le voir. Ça part du concepteur. Dans la classe flexible, il y a une place pour la voix de l’élève. Dans la classe flexible, il y a une place pour les forces, les talents et les intérêts des élèves. C’est même le point de départ de la démarche pédagogique! Le voyez-vous? J’aborde la question en profondeur dans Quand l’inukshuk tombe sur la tête. C’est ici qu’on peut réellement jouer le rôle de coach auprès des élèves. On identifie le talent, on positionne le talent (dans sa zone proximale d’intérêt et de développement) et on outille bien le talent (avec du soutien, des contextes, des stratégies, des outils…). On part de la personne, pas du programme.

À quoi pourrait ressembler une démarche pédagogique flexible qui vous permette de jouer un rôle de coach auprès de vos élèves?

La classe flexible? L’environnement flexible le plus important en éducation se trouve entre nos deux oreilles, les amis 🙂 Le reste n’est que la manifestation de cette flexibilité (posture).

C’était mon grain de sel.

Merci de vos commentaires.

 

 

Une organisation apprenante fait ces 2 choix.

Dans les événements auxquels je participerai cette semaine, il sera question de développement professionnel et du concept d’une organisation apprenante. Ce matin, j’écris pour réfléchir, pour créer de la clarté dans ma tête. Qu’est-ce qu’une organisation apprenante? Hmmm… À première vue, je vois deux choix importants que doit faire toute organisation si elle veut développer une culture d’apprentissage. Je vais essayer d’être bref. Vous êtes prêts?

Une organisation apprenante choisit la mentalité de croissance.

On parle beaucoup de la mentalité de croissance depuis quelques années. En effet, les recherches de Carol S. Dweck démontrent clairement l’impact de la mentalité (fixe ou de croissance) d’un individu sur sa capacité à atteindre son plein potentiel. C’est logique quand on prend connaissance des définitions. Voici une traduction libre des mentalités (Adapté de Mindset : The New Psychology of Success).

Mentalité de croissance : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité peuvent s’améliorer de façon significative avec de l’effort (E), des stratégies (S) et l’aide des autres (A). Croire qu’on peut se développer.

E + S + A = Croissance

Mentalité fixe : Croire que notre intelligence, nos habiletés et notre personnalité sont taillées dans le roc. Croire qu’on ne peut pas se développer.

On comprend rapidement quelle mentalité nous permet d’atteindre notre plein potentiel. Or il faut voir les mentalités comme des pôles. Personne n’a toujours une mentalité fixe ou de croissance. On tend vers l’une ou l’autre naturellement et des événements nous font tendre vers l’une ou l’autre des mentalités. Ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’on peut choisir d’avoir une mentalité de croissance et ça a tout un impact sur notre relation avec l’effort et l’échec, en cours d’apprentissage.

Mais qu’en est-il des organisations (classe, école, commission scolaire…)? Les organisations peuvent-elles avoir une mentalité? On parle souvent de la culture d’une école. La culture d’une école, c’est ce qu’elle fait, c’est ce qu’on voit. Forcément, la culture d’une école vient de sa mentalité. On fait ce qu’on pense après tout.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres.

Selon Carol S. Dweck, la caractéristique première de la mentalité de croissance, c’est le désir de sortir de sa zone de confort et de persévérer quand, et surtout quand, le défi est de taille. Pas de problème en éducation. Le défi est de taille en permanence 😉

Une organisation apprenante valorise donc l’effort, l’entraide et la place de l’erreur dans le développement des personnes de l’organisation. Elle valorise le processus. Pas les résultats actuels. C’est big ça. J’en parlerai plus longuement dans un autre billet.

Une organisation apprenante doit donc choisir d’avoir une mentalité de croissance. Elle doit croire que tous ses membres, TOUS, peuvent se développer avec de l’effort, des stratégies et l’aide des autres. @bourmu

Une organisation apprenante choisit de s’engager dans un processus d’amélioration continue.

Si une organisation apprenante valorise le processus, elle doit s’engager dans un processus d’amélioration continue. Évidemment, il faut avoir le goût de s’améliorer aussi. Ça aide 🙂 On sous-entend ici qu’on apprend pour s’améliorer.

Je vous présente donc un processus d’amélioration continue sur lequel @monsieurhunter et moi travaillons depuis un certain temps pour soutenir le développement d’une culture d’apprentissage dans les écoles. C’est une oeuvre en cours.

L’idée ici, c’est de garder les choses simples et le processus doit pouvoir s’appliquer à tout le monde, à tous les niveaux du système et se vivre individuellement, en équipe ou en réseau.

Processus d'amélioration continue (1).png

Planifier et améliorer (co-planifier) :

Une étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est l’intentionnalité. L’amélioration n’arrive pas par hasard. Il faut la souhaiter, mais surtout la planifier.

Le mot clé ici : intention

Lorsqu’on innove, lorsqu’on essaie une nouvelle pratique, lorsqu’on intègre une nouvelle technologie, on sait ce qu’on souhaite qui se passe. On a une intention. On pourrait même le voir comme une théorie d’action. Si… alors… Dans les dernières années, la théorie d’action systémique en éducation pourrait se lire comme suit :

Si nous intégrons efficacement la technologie dans les salles de classe, alors les élèves seront plus engagés et apprendront mieux.

Quand on essaie quelque chose de nouveau, c’est parce qu’on veut de meilleurs résultats. Nous savons aujourd’hui que la technologie est un levier, pas la solution. C’est pourquoi nous nous tournons vers les usages, les pratiques pédagogiques et le leadership. Le système, c’est du monde!

Agir et observer (co-enseigner/co-observer) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne ou d’une organisation, c’est le moment où on sort de notre zone de confort. On essaie.

Le mot clé ici : action

En 2018, on parle d’ouverture sur le monde. Une organisation apprenante est ouverte sur le monde, y compris les gens dans la même bâtisse. Je lisais un billet récemment qui suggère (voir la vidéo) que l’apprentissage professionnel le plus puissant est celui qu’on fait avec nos collègues. Je suis d’accord.

On passe donc à l’action et on observe l’impact de ce qu’on a planifié. On observe pour voir ce qui fonctionne bien et ce qui fonctionne différemment de ce qu’on avait planifié. Cette étape, on la vit de façon isolée. C’est un réglage par défaut du système. Une enseignante par classe après tout.

Une organisation apprenante ajuste ces réglages par défaut et organise des moments où les membres peuvent vivre cette étape cruciale en salle de classe, en petits groupes de 4 à 6 personnes. Oui oui. Vous avez bien lu. On se rend en classe avec les élèves, une personne enseigne ou des personnes co-enseignent et d’autres observent. «Oui mais Marius, mes collègues pourront me voir, en train d’enseigner.» C’est l’idée. Quand vous aurez fait le tour des classes et aurez eu l’occasion d’agir et d’observer, vous verrez que nous sommes tous dans le même bateau. Personne ne fait des miracles. Il faut travailler ensemble.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde. @bourmu

Apprendre et partager (co-objectiver) :

Une autre étape importante dans l’amélioration continue d’une personne et d’une organisation, c’est l’apprentissage et le partage de ses apprentissages.

Le mot clé ici : partage

On peut très bien apprendre en formation ou lors d’une conférence. On peut apprendre en regardant des vidéos ou en lisant un livre ou un billet de blogue. On peut apprendre où et quand on veut en fait. Mais ici, je tiens à mettre l’accent sur la réflexion qui doit se faire après avoir essayé une nouvelle pratique. On peut passer beaucoup de temps à planifier lorsqu’on essaie quelque chose de nouveau. Mais on n’apprend pas automatiquement de nos expériences. Il faut s’arrêter et réfléchir à ce qu’on peut retirer de notre expérience. Dans mon expérience, peu de gens vivent cette étape de façon intentionnelle.

Mais après avoir réfléchi, après avoir appris, je crois que nous avons tous la responsabilité (morale) de partager ce que nous avons appris avec le gens qui nous entourent. Partager. Avec nos collègues. Avec le réseau.

Une organisation apprenante est une organisation dont les membres partagent ce qu’ils sont en train d’apprendre (présent duratif). Pas seulement ce qui fonctionne. Non non. Il faut partager ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pourquoi ne pas avoir des FAIL-meetings? Pas pour célébrer l’échec comme finalité. L’échec ou l’imperfection comme moyen. Tweak-forward. Une organisation apprenante est toujours en train d’apprendre de ses actions planifiées et intentionnelles.

C’est un peu comme de vivre ce qui se fait dans Twitter, mais aussi dans son école et avec tout le monde.

Quelques remarques au sujet du processus d’amélioration continue :

  • Les étapes ne sont pas linéaires.
  • Chaque étape peut être le point de départ ou le point d’entrée au service de l’amélioration continue.
  • Les flèches montrent qu’il y a du mouvement, mais ce n’est pas nécessairement à sens unique.
  • Par défaut, le processus se vit individuellement. Par design, il se vit très bien collectivement (4 à 6 personnes) dans une démarche d’accompagnement.

Il va sans dire qu’une organisation apprenante doit se doter d’un langage commun (amélioration continue, leadership, pédagogie) pour que tous les membres se comprennent. Ça fait aussi partie du processus 🙂

Finalement, une organisation apprenante, je pense que c’est une organisation qui choisit une mentalité de croissance et dont tous les membres choisissent de s’engager, individuellement et collectivement, dans un processus d’amélioration continue.

Vous faites partie d’une organisation apprenante?

Apprendre, ça rend heureux!

Une organisation CHOISIT d’être apprenante.

C’est là où j’en suis dans ma réflexion.

Merci de vos commentaires 🙂

Trois questions… une réponse?!

Les gens me demandent souvent comment un leader peut faire cheminer son personnel. Vous comprendrez que derrière «cheminer» se trouve l’idée de changement, d’amélioration continue voire d’innovation. Dans The Innovator’s Mindset, George Couros propose aux leaders de ne pas essayer d’amener en masse tout un personnel mais bien chaque individu, chaque membre du personnel, de son point A à son point B. On parle ici de la personnalisation de notre leadership et de notre appui. Pour ce faire, il faut connaître son monde et être en mesure de les influencer positivement, d’ajouter de la valeur à qui ils sont.

Le mindset du leader

Les leaders qui ont le plus d’impact adoptent une approche service et comprennent que leur rôle est d’ajouter de la valeur aux gens qui les entourent. C’est un mindset, une disposition à être au service de. Pourquoi? Parce que le leadership, c’est l’influence. Rien de plus, rien de moins. Et on ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi. C’est pourquoi les leaders doivent entrer intentionnellement en relation avec les gens qu’ils servent afin d’ajouter de la valeur à qui ces gens sont. Les leaders cherchent aussi à croître continuellement. Ils savent qu’on ne peut pas ajouter de la valeur aux autres si on n’a rien à offrir. Les leaders d’impact sont donc des apprenants à vie.

On ne peut pas influencer des gens qu’on irrite ou qui sont indifférents envers soi.

Le leader intentionnel

John C. Maxwell affirme que tous img_6132les leaders communiquent, mais peu entrent en relation avec les gens qu’ils servent. La raison est fort simple. Entrer en relation, c’est demandant. Aller à la rencontre des gens, les rejoindre là où ils sont, faire preuve d’empathie, ça demande de l’énergie, de l’effort. Il faut être intentionnel pour y arriver. Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de côtoyer plusieurs leaders, formels et informels. Je peux affirmer avec confiance que ceux qui ont pris le temps d’entrer en relation avec moi ont eu un impact positif sur ma carrière. Je les en remercie.

Un leader peut répondre «oui» à ces trois questions

Un bon point de départ pour tout leader est de voir s’il peut répondre «oui» aux trois questions suivantes, et ce, pour chaque personne dont il est le leader. Ce sont les questions que les gens se posent avant de donner à leur leader la permission d’être leur leader, la permission de passer au niveau 2 de leadership. J’explique les 5 niveaux de leadership dans ce billet.

1- Est-ce que je compte pour toi?

Les gens ont besoin de sentir qu’ils sont importants, au-delà du travail qu’ils accomplissent au quotidien. Le leader cherche à connaître son monde, à connaître leurs aspirations. Quand on aide les gens à obtenir ce qu’ils veulent, professionnellement, ils nous aident à obtenir ce qu’on veut par la suite.

2- Peux-tu m’aider?

Cette question invite le leader à aller au-delà du simple fait d’être au service de. Remarquez l’utilisation du verbe Pouvoir et non Vouloir dans la question. Ici, il est question de compétence. Est-ce que les gens respectent votre compétence? Vous voient-ils comme un modèle, comme leader pédagogique, comme guide? Ici, on ne veut certainement pas être vu comme un agent de voyage, qui envoie des gens là où il n’est jamais allé. Le leader d’aujourd’hui EST un apprenant à vie. Le leader reproduit qui il est, pas qui il souhaite reproduire. Les bottines doivent donc suivre les babines.

3- Est-ce que je peux te faire confiance?

Cette question invite le leader à la constance, fait appel à son caractère, à son système de valeurs. Les gens ont besoin d’être capables d’anticiper et de comprendre les actions et les réactions de leur leader. Le leader d’aujourd’hui cherche à éliminer l’écart qu’il peut parfois y avoir entre ses paroles et ses gestes. Le leadership s’assoit sur le pilier qu’est la confiance. Le leader qui n’a pas la confiance des gens n’est tout simplement pas le leader de ces gens. Il n’a que le titre. Et quand le leader n’a qu’un titre, il a le minimum d’effort des gens et, par ricochet, le minimum d’influence sur son école.

Faites l’exercice

Que vous soyez direction d’école, responsable de dossier, responsable de secteur, enseignant en salle de classe, je vous invite à faire l’exercice. Pour chaque personne dans votre école (direction), dans votre secteur (RDD), dans votre classe (Enseignant), essayez de déterminer si la réponse à ces trois questions est «oui». Pour influencer les gens, il faut «oui» aux trois questions. Les gens ne suivent pas un leader s’ils ne se sentent pas importants, si le leader manque de compétence ou s’ils ne peuvent pas avoir confiance en lui. Vous remarquerez sans doute que plus on monte, plus on a de personnes à servir! D’où l’importance du leadership partagé, du travail d’équipe!

Passez à l’action!

Suite à cet exercice, il suffit de cibler des actions concrètes et d’être un leader intentionnel au quotidien. Ces actions impliqueront certainement l’écoute, l’observation et l’apprentissage au sujet des gens dont vous êtes le leader. On surestime souvent ce qu’on peut faire en une seule journée et on sous-estime ce qu’on peut accomplir au fil du temps. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire beaucoup un jour. C’est la puissance du quotidien.

Enfin, à la lecture des idées qui précèdent, il est assez facile de comprendre que le leadership, ce n’est pas un nom, c’est un verbe, c’est être en action!

Le leadership intentionnel, c’est ce qui permet de répondre «oui» aux trois questions.

C’est ce qui fait cheminer un personnel!

Merci de vos commentaires!

 

 

On repart la machine!

Le début d’une autre année scolaire arrive à grands pas. 2 dodos dans le cas des écoles de langue française de l’Ontario.

Les enfants ont hâte de recommencer, avec leurs espadrilles neufs. Ils ont hâte de revoir leurs amis. De voir qui sera dans leur classe cette année. Qui seront leurs profs. Où sera située leur case.

Les parents, croyez-moi, ont encore plus hâte que ça recommence! Que la routine reprenne, même si ça signifie que le rythme du train train quotidien va augmenter. Garderie, gardienne, autobus, achats, repas, boîte à lunch, devoirs, sports, rencontres, inscriptions diverses, «Qu’est-ce qu’on mange pour souper?» …

Et pour le personnel des écoles, la liste de choses à faire est longue. Se préparer. Mentalement. Préparer l’école, les classes, les espaces physiques, les espaces numériques, les stratégies de communication, le contenu des cours, les ressources, s’informer au sujet des élèves…

Parce qu’il y a toujours quelque chose à faire

Toutes ces choses que nous avons à faire dans une école, c’est pour préparer l’arrivée des élèves mardi matin. À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. Apprendre le monde qu’ils portent en eux. Apprendre qui ils sont. Apprendre leurs passions, leurs intérêts, leurs talents. Apprendre qu’ils sont des merveilles. Apprendre le monde qui les entoure. Apprendre à apprendre. Apprendre à devenir.

À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. @bourmu

Pour y arriver, il faut être conscient, intentionnel, disposé à apprendre, axé sur le processus d’itération. Parce que parmi toutes les choses que nous avons à faire, il y en a une que nous ne pouvons pas faire : apprendre pour les élèves. C’est un processus d’essai-erreur. Pourtant, dans notre soucis de faire baisser la liste de choses à faire… 

Enseigner : un verbe particulier

Enseigner est un verbe particulier. Tout comme Être en diète. Sérieusement. Dans les deux cas, on peut s’engager dans l’action d’enseigner ou d’être en diète sans toutefois atteindre l’objectif fondamental de l’action. Si je suis en diète pendant 1 semaine, 1 mois, 1 an et que je ne perds pas de poids, je peux Être en diète autant que je le veux et avoir l’impression de travailler fort mais en bout de ligne, si je ne perds pas de poids… En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? Vous me suivez? Alors en regardant la liste de choses à faire pour la rentrée, il serait sage de cibler des choses qui vont favoriser, réellement, l’apprentissage des élèves.

En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? @bourmu

3 objectifs pour maximiser votre impact cette année

Pour vous aider à demeurer conscient de vos intentions, à augmenter votre efficacité et à faire cheminer les apprenants dont vous êtes responsables, voici 3 objectifs que je vous propose pour la prochaine année scolaire.

  1. Donnez-vous du temps pour réfléchir : Quel que soit votre rôle dans l’école, la pratique réflexive est un incontournable si vous souhaitez vous améliorer. Prendre le temps de réfléchir, c’est accroître sa capacité de prendre du recul, de se questionner, de se nourrir de nouvelles idées, de se fixer de nouveaux défis. Quand on prend le temps de réfléchir, on devient conscient. Conscient de ce qui se passe, de notre impact, de notre capacité d’action. Malheureusement, on accorde souvent plus d’importance à notre liste de choses à faire qu’à notre pratique réflexive. Pourtant, la pratique réflexive influence grandement notre mentalité (de croissance ou fixe). De nos jours, les occasions de nourrir sa pratique réflexive sont nombreuses. Causeries(#TacEdChat) sur Twitter, lire des blogues, écouter des podcasts, discuter avec ses collègues, lire un livre, se remettre en question, tout simplement. Quelle sera votre stratégie pour nourrir votre pratique réflexive cette année?
  2. Trouvez un outil technologique qui va améliorer votre efficacité : On parle beaucoup d’intégration des technologies depuis quelques années. On met beaucoup l’accent sur ce que les technologies peuvent apporter à l’apprentissage des élèves. C’est normal. C’est le pourquoi ultime des écoles. Mais les outils technologiques peuvent nous faciliter la vie, augmenter notre efficacité. Que ce soit Google Chrome, Google Classroom, Google Photos, Google Formulaire ou autre. Je vous invite à discuter avec vos collègues pour trouver au moins un outil que vous utiliserez quotidiennement et qui augmentera votre efficacité en tant que gestionnaire. Que vous soyez enseignant ou direction d’école, il y a des outils qui peuvent vous simplifier la vie et vous donner plus de temps pour faire autre chose pour appuyer les élèves (ou le personnel) dans leur apprentissage. Quel outil vous rendra plus efficace cette année?
  3. Apportez un changement qui va faire cheminer les apprenants dans l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage : Vous connaissez bien le contexte dans lequel vous travaillez. Vous connaissez les compétences numériques de vos élèves, de votre personnel. Vous connaissez vos besoins en fonction de votre vision de l’enseignement et de l’apprentissage à l’ère numérique. Quel changement (utilisation d’un nouvel outil) pouvez-vous apporter dans votre classe, dans votre école, pour soutenir l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage cette année? Que vous soyez enseignant ou direction d’école, je vous invite à exploiter l’extension Sceencastify. Les possibilités sont nombreuses!

Mardi matin, on repart la machine!

Bonne rentrée scolaire à tous!

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Internet, le héros obscur du virage

Que signifie «Faire le virage»?

On me demande souvent ce que «virage au numérique» veut dire, concrètement. Je ne sais pas s’il y a UNE réponse. Je me questionne. Chose certaine, au cours des dernières années, j’ai beaucoup lu et discuté avec mes collègues à ce sujet.

Des questions qu’on se pose quand on amorce le virage

  • Est-ce qu’on fait le virage quand on utilise des applications et des extensions dans Chrome?
  • Est-ce que le virage, c’est d’offrir un cours en ligne (complet ou hybride)?
  • Est-ce que c’est de mettre mes leçons dans Drive, dans Classroom?
  • Est-ce que c’est d’utiliser un agenda numérique et/ou Class Dojo?
  • Et si je permets les appareils mobiles en salle de classe?
  • Est-ce que je dois avoir un blogue ou être sur Twitter?

4 composantes du virage

Voici les 4 grandes composantes qui guident mes réflexions et mes actions en tant que leader et agent de changement en ce qui concerne le virage au numérique.

1. L’intégration des outils technologiques : Ce qui fait jaser le plus les gens depuis quelques années, c’est sans contredit la présence croissante d’outils technologiques qui sont disponibles gratuitement. Des outils, il y en a pour les fins et pour les fous! Les activités de type sommet Google font fureur et attirent plusieurs personnes en éducation qui souhaitent intégrer les outils technologiques dans leur pratique. Les bienfaits se font vite sentir, surtout au niveau de l’efficacité au travail. Avec la technologie, on sauve du temps! Autre bienfait : les élèves aiment les utiliser en salle de classe. En fait, ils aiment tout ce qui n’est plus «on voit un Powerpoint» ou «on produit un Powerpoint». À mon avis, l’intégration des outils technologiques, c’est l’étape du piton dans le virage au numérique. Je dois dire qu’une grande majorité des gens sont de plus en plus à l’aise avec le piton. Savoir utiliser les outils pour gagner en efficacité et pour faire vivre des activités engageantes aux élèves. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir une personne assister à son premier sommet Google une année et de voir cette même personne animer des ateliers l’année suivante. C’est vraiment beau et inspirant à voir.

«Il n’est pas rare de voir une personne assister à son premier sommet Google une année et de voir cette même personne animer des ateliers l’année suivante. C’est vraiment beau et inspirant à voir. » @bourmu

2. Les cours en ligne : En plus des outils technologiques, de plus en plus de cours et de modules sont disponibles en ligne, soit dans l’EAV ou la C@O. Combien d’enseignants suivent des cours de qualification additionnelle en ligne? Je crois que tous les élèves devraient devoir suivre au moins un cours en ligne avant l’obtention de leur diplôme. C’est une belle façon de stimuler l’auto-apprentissage et de développer des compétences qui ressemblent drôlement à l’environnement de travail de bien des emplois. Offrir un cours en ligne aux élèves, c’est de bien les préparer pour la vraie vie en 2016.

«Je crois que tous les élèves devraient devoir suivre au moins un cours en ligne avant l’obtention de leur diplôme.» @bourmu

3. L’accès à Internet : Si on recule trois années passées, plusieurs écoles n’avaient pas un accès wifi suffisant. L’évolution rapide des outils technologiques a également fait en sorte que les conseils se sont penchés sur le concept d’une politique AVAN (Apportez Votre Appareil Numérique). Oui, trois années passées, nous en étions à l’étape de l’infrastructure. JPEG image-DB2D71BD67FA-1.jpegAujourd’hui, cette étape est presqu’achevée et la majorité des écoles ont une politique AVAN, c’est-à-dire que les élèves peuvent apporter leur appareil numérique à l’école. C’est souvent un appareil mobile. Or l’accès à Internet n’est pas le premier mentionné quand on parle du virage au numérique. Et pourtant, c’est grâce à Internet qu’on parle du virage, de la capacité de se réseauter, pas grâce aux outils. En effet, le virage, c’est le changement de paradigme. C’est le fait que nous ne sommes plus là uniquement pour transmettre des connaissances aux élèves. Et les 6C, c’est dans le contexte du numérique qu’ils doivent être développés, et c’est grâce à Internet qu’on en parle. Internet, c’est le héros obscur du virage au numérique. Je vous donne un exemple. Une personne qui a 3 iPad dans sa salle de classe et qui se demande ce qu’elle peut bien faire avec ça. Pour transmettre des connaissances, c’est peut-être insuffisant. Pour développer des compétences et pour avoir des discussions avec les élèves autour de grandes questions… Je me dis que 3 iPad, c’est 3 points d’accès à tout le savoir de l’humanité, à des réseaux, à des experts etc. Ce n’est pas rien! Pourquoi se limiter à la page 27 d’un manuel? L’accès à Internet, c’est beaucoup plus que ce qui rend possible l’utilisation d’outils, parfois infonuagiques. Changement de paradigme! Ce qui se passe alors dans plusieurs classes, c’est que les élèves ont leur appareil mobile, il y a un backchannel, une conversation qui n’implique pas l’enseignant, ni l’apprentissage. Et pourtant, l’accès à Internet est là, en attente de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Qui eût cru que l’accès à Internet serait, pour certains, vu comme une distraction?

«Je me dis que 3 iPad, c’est 3 points d’accès à tout le savoir de l’humanité, à des réseaux, à des experts etc. Ce n’est pas rien!» @bourmu

4. Redéfinir son rôle : Avec le changement de paradigme, avec l’accès aux outils et à Internet, le rôle de l’enseignant est transformé. En effet, si l’enseignant n’est plus là simplement pour transmettre le savoir mais bien pour développer le savoir-devenir de ses élèves; si l’enseignant devient de plus en plus habile à utiliser les outils technologiques, pour sa gestion et dans ses pratiques pédagogiques; si l’enseignant devient de plus en plus habile à tirer profit des cours ou des modules en ligne; si l’enseignant devient de plus en plus habile à tirer profit de l’accès à Internet, qu’il maximise l’emploi des appareils mobiles qui attendent sous les pupitres ou dans la poche arrière des élèves; si l’enseignant devient de plus en plus à l’aise dans son rôle de guide, de coach, de leader pédagogique… Un constat émerge : Le virage, c’est qu’il faut devenir autre chose que ce que le système a toujours attendu de nous. Ça suscite des émotions. C’est sûr!  Mais c’est pour ça qu’on est là. N’est-ce pas?

«Le virage, c’est qu’il faut devenir autre chose que ce que le système a toujours attendu de nous.» @bourmu

Une question, pas LA réponse

Finalement, mes réflexions m’amènent ici. Oui, je crois qu’Internet est le héros obscur du virage. Nous avons désormais la chance de nous réseauter, d’apprendre quand on veut, de partager. Fini, l’isolement! Avec les réflexions que je viens de partager, voici donc la question que je vous propose si vous vous demandez ce que ça signifie que de faire le virage : «Qui dois-je devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves?».  Bon virage. Bon succès!

Merci de vos commentaires.

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1 cadeau à se faire avant la fin de l’année

« Madame, t’es belle. T’es fine! On va s’ennuyer de toi! Bonnes vacances! » sont des paroles que plusieurs enseignantes de l’élémentaire (et secondaire possiblement) vont entendre de la part de leurs élèves d’ici peu de temps. C’est ce qu’on me rapporte. J’ai toujours trouvé que les gens de l’élémentaire étaient chanceux d’entendre de telles paroles de leurs élèves. Étant du secondaire, on entend davantage « Eille Monsieur, bonnes vacances, merci pour le cours. » J’aime à penser que ça veut dire la même chose.

La récolte

Quoi qu’il en soit, j’ai toujours vu la fin de l’année comme une récolte. D’abord une récolte du côté des relations avec mes élèves. Quand les élèves prennent le temps de venir nous voir, de nous adresser la parole, et au secondaire c’est souvent lorsqu’ils viennent de terminer leur examen, c’est pour moi un signe que des relations de qualité ont été entretenues. C’est là que la nature humaine de notre profession nous saute aux yeux. Ensuite, il y a la récolte du côté des apprentissages. Au secondaire, le dernier regard ou le dernier contact que nous avons avec nos élèves, c’est souvent lorsqu’on termine de corriger leur examen final, qu’on leur attribue une note. On voit ce que ça aura donné qu’ils passent dans notre classe. 110 heures. On voit leurs progrès à travers les preuves d’apprentissage que nous avons été en mesure d’extraire de chacun de nos élèves.

Triangulation

Depuis la publication de Faire croître le succès, le concept de triangulation en a fait jaser plus d’un. Pour toutes sortes de raisons. Comment donc tenir compte ou s’appuyer sur les productions des élèves, sur nos observations des élèves et sur nos conversations avec les élèves pour avoir la certitude qu’ils ont appris ce qu’ils devaient apprendre? Oui, on finit toujours par leur attribuer une note globale lors d’une unité ou même, pour un cours entier. Mais l’objectif, c’est d’être convaincu de l’apprentissage de nos élèves. Or le changement de paradigme en éducation nous oblige à revoir, à repenser la preuve d’apprentissage.

Repenser la preuve d’apprentissage

Capture d’écran 2016-05-29 à 21.33.46 «Dans mon temps», et c’était peut-être le vôtre aussi, les feuilles à bulles, les choix multiples, les associations, les définitions… généraient les preuves de nos connaissances. Le changement de paradigme nous invite à développer les compétences du 21e siècle, les 6C, chez nos élèves. La preuve d’apprentissage traditionnelle, la production (traces sur papier), ne suffit plus. Il faut donc repenser la preuve d’apprentissage, comprendre comment elle se manifestera chez l’élève. L’élève au centre de son apprentissage. Alors, concrètement, ça a l’air de quoi un élève qui apprend ce qu’il doit apprendre en 2016? Ça a l’air de quoi un élève qui démontre qu’il développe les 6C? Ce n’est pas évident à définir. Les critères ne nous viennent pas naturellement puisque nous ne l’avons pas vécu en tant qu’élèves. C’est à bâtir et c’est en constante évolution.

«Alors, concrètement, ça a l’air de quoi un élève qui apprend ce qu’il doit apprendre en 2016? Ça a l’air de quoi un élève qui démontre qu’il développe les 6C?»

1 cadeau à se faire

Je reviens donc avec la récolte. Les enseignantes et enseignants du secondaire corrigeront maintes et maintes copies d’examens, de travaux autonomes ou autres dans les prochaines semaines. J’affirme avec confiance que ces productions ne donneront accès qu’à une partie des apprentissages des élèves. Si vous voulez vraiment savoir ce que vos élèves ont appris, faites-vous un cadeau. Et c’est tout un cadeau!

«J’affirme avec confiance que ces productions ne donneront accès qu’à une partie des apprentissages des élèves.» @bourmu

Ayez une conversation avec eux. Questionnez-les, individuellement, pour le plaisir. Peut-être aurez-vous le goût de le faire plus formellement l’an prochain? Pas le temps d’avoir une conversation? Triste. Mais attendez! Dans 4 stratégies pour finir l’année sur une note positive, je suggérais d’inviter les élèves à créer un top 10 des apprentissages qu’ils ont faits dans votre cours. Avec des outils technologiques tels que Explain everything et Screencastify, vos élèves peuvent produire la preuve concluante qu’ils ont bel et bien appris ce qu’ils prétendent avoir appris. Et comme le disait un certain Einstein, «Si vous ne pouvez l’expliquer simplement, ce que vous ne le comprenez pas assez bien.» Bon défi pour vos élèves!

Faites-vous un cadeau! Avec tout l’effort que vous avez fourni pendant l’année, vous méritez bien ce moment de récolte!

Merci de vos commentaires!

 

Quand personne ne voit…

Vous êtes-vous déjà retrouvé à un feu de circulation pendant la nuit? Seul sur la route. À attendre que la lumière soit verte. Quand personne ne voit. Moi oui. C’est tout un feeling. S’arrêter. Pour rien. Y’a personne! Seul, face à soi-même, face à sa conscience. Des pensées traversent notre esprit du genre « Je passe sur la rouge ou non? Ça changerait quoi? Et s’il y avait une police…». Je dois vous avouer que je suis du type à attendre que la lumière soit verte. Cependant, je ne suis pas certain si j’attends parce que c’est mon devoir de citoyen responsable ou parce que j’ai peur de me faire prendre et d’avoir une contravention. Je pense que c’est un mélange des deux.

Parce qu’il faut ou parce qu’on y croit?

Capture d’écran 2016-05-17 à 15.51.06Lorsqu’il est question de répondre aux besoins de nos élèves en difficulté, nous devons légalement (PEI) leur offrir les adaptations dont ils ont besoin afin de les aider à réussir, au même titre que les autres. C’est logique. Mais le fait-on parce qu’on doit le faire? Légalement. Ou le fait-on parce qu’on connaît nos élèves et qu’on essaie de les aider, dans la mesure de ce qui est possible et de nos compétences? Parce qu’on croit en notre noble profession? Tous nos élèves n’ont pas les mêmes besoins. Quand personne ne voit, quand nous sommes seuls face à soi-même, face à notre conscience humaine et professionnelle, notre approche est-elle la même?

On ne peut pas tout faire…

J’ai publié J’ai pas juste lui dans ma classe la semaine dernière, et ça a suscité des réflexions, des commentaires. Je disais que tous les élèves peuvent réussir. Même les élèves en difficulté (Ça fait drôle de le dire comme ça). Une enseignante m’a écrit pour me dire qu’il faut passer suffisamment de temps avec nos élèves pour être en mesure de les connaître et de répondre à leurs besoins. Et je suis totalement d’accord. Depuis une semaine, je réfléchis à tout ça. Je crois toujours en l’équilibre et qu’on peut y arriver, un élève à la fois, un jour à la fois. Je réfléchis…

Quand on y croit.

Avec tout ce qu’il y a à faire dans nos écoles, c’est facile d’oublier de personnaliser notre enseignement, d’oublier les adaptations d’untel. Et la perfection n’est pas de ce monde. Ce que j’essaie de dire, je pense, c’est qu’il faut simplement y croire. Croire d’abord en nos élèves. Croire en soi-même, en nos capacités. Croire que nos efforts en valent la peine. Croire que les adaptations, c’est pour les élèves qu’on les met en place. Parce que c’est ce dont ils ont besoin (J’exclus volontairement «droit» ici) pour réussir. C’est une approche, une disposition. Les élèves le sentent!

Être «parfait», autrement…

C’est aussi être «parfait», mais différemment! Dans l’extrait suivant tiré de Friday Night Lights, l’entraîneur donne à ses joueurs une définition de ce que ça veut dire pour lui, d’être «parfait».

Je pense que ça s’applique vraiment à  notre profession et au message positif que j’essaie de véhiculer par rapport à notre potentiel d’aider les élèves.

Et si le personnel de votre école adhérait au message de coach Gaines?

Tout donner entre collègues, et pour nos élèves.

Accueillir la nature vocationnelle de notre profession, y croire et faire front commun, juste pour voir.

Quand personne ne voit, quelle est votre approche?

Merci de vos commentaires !