Il faut se questionner pour innover

Mardi dernier, j’offrais la conférence La puissance du leadership pédagogique au personnel du Collège Pasteur, à Montréal. Je me sens toujours privilégié d’avoir la chance de rencontrer de nouvelles personnes en éducation. Des gens qui façonnent des vies au quotidien. Cette rencontre pédagogique était organisée dans le cadre de la Semaine des enseignantes et des enseignants et se voulait une occasion de parler pédagogie et de réfléchir ensemble aux possibilités qui s’offrent aux pédagogues dans le monde d’aujourd’hui. Particulièrement pour ceux et celles qui exercent un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien.

Quand je suis appelé à donner une conférence, on s’attend à ce que je présente des idées concrètes qui peuvent inspirer les gens et les amener à voir les choses autrement. À voir des possibilités qu’ils ne voyaient pas avant. C’est l’idée, n’est-ce pas? Mais les moments les plus riches pendant ma conférence sont, à mon avis, les moments où j’arrête de parler, que je donne le micro aux participants et que j’écoute leurs idées, leur vision des choses, leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs questions, leurs innovations, leur vécu. Après tout, ce n’est pas ce que j’ai à dire qui est si important. C’est ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. La conférence est un prétexte pour échanger. Pendant ces moments d’échanges, j’apprends énormément. Nous avons tellement à apprendre de nos collègues, de leur vécu. Je vous partage aujourd’hui deux faits saillants de mes interactions avec le formidable personnel du Collège Pasteur.

Pour innover, il faut se poser les bonnes questions.

1er fait saillant. En parlant de pédagogie et des approches qui favorisent l’apprentissage, nous avons discuté de l’importance du processus. De donner le temps requis aux élèves pour faire les apprentissages. Les élèves n’apprennent pas tous au même rythme alors comment innover à l’intérieur de la boîte et leur donner une certaine flexibilité quant à leur rythme d’apprentissage? Un participant disait : «Ce sont de belles paroles, de belles idées. J’aimerais savourer plus de temps avec mes élèves en difficulté, mais j’en ai 29 autres qui me demandent de l’attention. Il y a une question de temps et de nombre. Comment je peux faire, concrètement?»  J’ai trouvé la question tellement bien formulée et tellement sincère. Et ça m’a frappé. J’avais partagé plus tôt que dans l’exercice de mes fonctions, je suis appelé à accompagner des écoles. J’expliquais aux participants que je n’arrive pas dans les écoles avec des réponses et un plan d’action déjà établi. J’arrive avec des questions. Nous partons des questions qui nous interpellent, nous avons des conversations et ensuite nous prenons les décisions et les actions qui nous semblent les plus pertinentes. C’est un cheminement. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. Le participant venait de poser une excellente question. «Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?» Et là une autre membre du personnel a ajouté : «Bien moi, je ne suis pas tout à fait en accord. On peut prendre les forces de certains élèves pour aider d’autres élèves. Je réussis à le faire par exemple dans mes tâches d’écriture. J’invite les élèves forts à appuyer leurs amis en classe. C’est donc possible de passer plus de temps avec les élèves.» Si nous avions eu plus de temps, je peux simplement m’imaginer le nombre d’idées ou de possibilités le personnel aurait pu générer pour innover et se donner plus de temps avec chacun de leurs élèves. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. On dit que l’éducation vit un changement de paradigme grâce à Internet et aux nouvelles technologies. Que notre rôle d’enseignant n’est plus de transmettre de la matière mais de développer les compétences des élèves. Alors voici quelques questions qui peuvent nous permettre d’innover en salle de classe.

  • Comment doit-on planifier nos cours si nous ne sommes plus le point d’accès à la connaissance?
  • Comment la 1re question vient-elle redéfinir mon rôle et celui de l’élève?
  • Quelle démarche pédagogique, quels contextes permettent de développer les compétences de mes élèves?
  • Est-ce que tous les élèves doivent faire la même chose au même moment?
  • Comment les forces de mes élèves sont-elles mises au service de l’apprentissage dans ma salle de classe?
  • Comment ma démarche pédagogique permet-elle aux élèves de découvrir le programme? Parce qu’on ne couvre pas le programme, on le découvre.
  • Comment la démarche pédagogique active-t-elle les élèves?

«Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?»

«Il faut évaluer pour enseigner.»

2e fait saillant. En discutant de la culture de l’évaluation qui prend souvent le dessus sur le quotidien, un participant a affirmé : «Mais il faut être prudent. Il ne faut pas exagérer avec l’évaluation. En fait, il ne faut pas enseigner pour évaluer. Il faut évaluer pour enseigner.» J’ai trouvé le choix de mots très intéressant. J’ai l’habitude d’entendre Évaluation au service de l’apprentissage. D’entendre qu’il faut évaluer pour enseigner laisse croire que l’enseignement vient après l’évaluation. Que l’évaluation, ce n’est pas la fin de la démarche pédagogique, c’est le début. Si l’acte d’enseigner doit mener à l’apprentissage, et non à un bulletin ou à registre de notes bien garni, il est logique de penser que l’évaluation informe et active la pratique professionnelle, dont la raison d’être est l’apprentissage d’un élève. Un peu plus tôt pendant la conférence, le même participant disait qu’il faut amener nos élèves à apprendre à apprendre. Quand on évalue, on constate s’il y a eu apprentissage ou non. S’il n’y a pas eu apprentissage, est-ce que la démarche d’enseignement s’arrête là? Ça dépend? De quoi? Un collègue m’a déjà dit : «Quand on évalue nos élèves, on évalue leurs apprentissages mais aussi leur niveau d’engagement, notre climat de classe, notre relation avec eux. L’apprentissage, c’est le résultat de bien des choses.» L’évaluation informe notre pratique. Après l’évaluation, c’est à nous d’agir. Il faut évaluer pour enseigner. Pensez-y. C’est tellement bien dit. Et là d’autres questions me viennent à l’esprit pour innover…

Merci à mes collègues du Collège Pasteur de m’avoir accueilli.

J’ai donné une conférence. Et j’ai appris.

Et vous, quelles questions guident vos innovations?

Si vous vous posez les bonnes questions et que vous croyez sincèrement qu’il y a des réponses, vous les trouverez.

Il faut se questionner pour innover.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Le 21e siècle a 17 ans, hein?

De la transmission du savoir au développement de personnes

Le 21e siècle a eu 17 ans, hein? Ça fly! Le virage au numérique amène le grand monde de l’éducation à se réinventer, à se transformer. Depuis 17 ans déjà, ce virage provoque d’intéressantes réflexions et conversations à tous les niveaux du système. Qui ne se souvient pas du discours de Sir Ken Robinson en 2006? « We don’t need a reform, education needs a revolution. It needs to be transformed into something else. » À cette époque, on parlait d’un changement de paradigme et les efforts du système étaient concentrés sur l’intégration de la technologie, les outils, sur l’infrastructure, l’accès à Internet, sur les compétences du 21e siècle. C’était gros, le 21e siècle. On se disait qu’en intégrant la technologie, les élèves apprendraient mieux, qu’ils seraient plus engagés, qu’ils développeraient des compétences. C’était le début du virage. Tout était flou, tout était à créer. Le modèle SAMR nous aidait et nous aide encore à nous projeter dans l’avenir, dans cette autre façon de faire l’éducation. Plusieurs écoles ont franchi l’étape du piton. L’infrastructure est en place. Les adultes ont des bases solides avec les nouvelles technologies. Et avec le temps, les choses se clarifient. On constate même un certain retour du balancier. En effet, les gens parlent de plus en plus de pédagogie, de différenciation, de mentalité de croissance, de relations, de la voix de l’élève, de la personnalisation, d’effet enseignant, de leadership. Ce qui devient de plus en plus clair, c’est que le mandat de l’éducation se voit transformé grâce aux possibilités que nous offrent les nouvelles technologies, oui, mais ce sont des personnes qui actualisent la transformation du système, pas la technologie. En fait, ce que je veux dire c’est que ce n’est pas un automatisme. Le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur des différents acteurs dans le système. Le virage, c’est un appel à devenir. Devenir plus, parce que le mandat a changé. Si autrefois le mandat était de transmettre le savoir, aujourd’hui, nous avons la responsabilité de développer les compétences des élèves. Du 21e siècle, mais aussi de tous les siècles. Les «soft skills», c’est important plus que jamais. Nous avons le noble mandat de développer des personnes. Quel privilège! Autrefois, il fallait aimer sa matière, maintenant, il faut aimer davantage ses élèves. Pensez-y un instant. Qu’est-ce que le système doit devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves? Bonne question. Une chose est certaine, le système, c’est du monde. Du monde en devenir. Du monde avec des émotions, des aspirations, des talents, des forces.

Repenser le succès

Cette transformation de notre système, de l’expérience d’apprentissage des élèves nous amène à faire une place importante à l’élève. On parle de la voix de l’élève, d’un nouveau partenariat éducatif, de compétences, de tâches authentiques, d’une approche axée sur l’auditoire. Des émotions dites-vous? Pas de stress! Comme au golf, évitons d’essayer de tout contrôler. Il faut simplement s’élancer. Souvent. Alors dans un tel contexte, il est naturel de revoir notre conception du succès, de la réussite. La conception traditionnelle du succès se mesure de différentes façons. Passer un test, avoir de bonnes notes, des crédits, une bonne moyenne, des accomplissements, un bon taux d’obtention de diplôme, la performance au testing provincial, etc. Il y a aussi le climat scolaire, les amis, les activités parascolaires et toutes les données qualitatives qui se mesurent moins facilement. Sondage! À mon humble avis, la conception traditionnelle du succès, aux yeux du système, se résume à deux choses : 1. Amener l’élève à découvrir ses passions, ses talents, sa raison d’être. 2. Amener l’élève à atteindre ou à dépasser son potentiel. Quand un élève quitte l’école, qu’il fait un travail qui le passionne et qu’il gagne bien sa vie, on peut dire qu’il réussit et que le système a contribué à cette réussite. Avec le virage au numérique, avec les possibilités d’aujourd’hui, l’avenir, c’est maintenant. C’est donc dire qu’on ajoute une troisième composante à notre conception du succès : Contribuer au monde. Pas plus tard, «quand tu vas être grand». Maintenant. Quand les gens autour de nous profitent de notre expertise ou de notre simple présence, c’est ce qui nous amène tous à avoir un sentiment d’accomplissement. C’est ce qui rend heureux. Tout le monde, y compris nos élèves, recherche ce sentiment d’accomplissement, qui ne s’obtient qu’en ajoutant de la valeur aux autres autour de soi. Donnez et vous recevrez. Il y aurait donc trois composantes au succès. 1. Trouver sa voie. 2. Atteindre son plein potentiel. 3. Contribuer au monde. Dans le monde d’aujourd’hui, les trois sont nécessaires pour être heureux, pour pouvoir dire haut et fort : succès! Fait intéressant, cette formule s’applique aussi à tous les acteurs du système! Serions-nous donc tous appelés au bonheur? De la transmission du savoir à l’intégration de la technologie au développement des personnes. Le “blueprint” (modèle ou référentiel pédagogique) de la salle de classe doit assurément changer… Chose certaine, on enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, des aspirations, des êtres qui veulent et qui peuvent contribuer dès maintenant au vrai monde, des êtres qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. Think big, dites-vous? Absolument!

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Possible?

La technologie nous offre tellement de possibilités. Or la technologie est aussi puissante que notre pédagogie, que nos actions. Les possibilités à elles seules ne changent rien. En effet, ce n’est pas parce qu’on intègre la technologie en salle de classe que les élèves trouvent leur voie, qu’ils atteignent leur plein potentiel, qu’ils développent leurs compétences, qu’ils contribuent au monde. Tout dépend de la démarche pédagogique conçue par l’enseignant et par les élèves. Je parlais de l’importance du leadership dans un récent billet. Tout enseignant peut suivre la démarche proposée dans un manuel scolaire mais ça prend un leader pour planifier l’itinéraire, pour ajuster l’itinéraire en cours de route. Dans la salle de classe d’aujourd’hui, dans la classe où l’élève a une voix, où le curriculum est au service de l’apprentissage et de la conversation, dans la classe où on saisit les possibilités qu’offre la technologie, on doit parler de leadership. Pour réussir à créer cette salle de classe transformée, il faut innover à l’intérieur de la boîte. On n’a qu’à penser au projet 20%, au mouvement maker, à la robotique pédagogique, au blogue, au codage… Ce sont des portes d’entrée à l’innovation qui ont ce point en commun : il n’y a pas de manuel. Ces projets ou approches exigent de l’enseignant qu’il devienne concepteur de l’itinéraire d’apprentissage avec et/ou pour ses élèves. Ça amène l’enseignant à porter naturellement son chapeau de guide, à entrer en relation avec ses élèves, à donner de la rétroaction plutôt qu’une note. Ça crée de l’incertitude, oui, et ça nourrit aussi son sentiment d’accomplissement. Leadership pédagogique. Parce qu’il faut aussi savoir comment répondre aux exigences du système, comme le testing provincial et les bulletins, tout en permettant aux élèves d’apprendre et de développer leurs compétences. Développer des compétences, développer des personnes, ça prend du temps. C’est organique. Ça nous demande d’accorder plus d’importance à nos élèves qu’au contenu qu’on enseigne. Et ça doit paraître dans nos actions, dans notre pédagogie, et même dans le discours intérieur qu’on se fait quand on pense à nos différents élèves. Tout s’aligne. Notre mentalité détermine notre discours intérieur, qui détermine nos émotions et ce qui est possible ou impossible, ce qui détermine les stratégies qu’on met en place, qui mène aux résultats qu’on obtient. On fait ce qu’on pense et ça devient notre réalité. Pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, il faut d’abord transformer notre discours intérieur. Alors, qu’est-ce qui est possible ou impossible pour vous? Qu’est-ce qui est responsable des résultats que vous obtenez présentement?

Des êtres en devenir

Enfin, nous avons désormais le mandat de développer des personnes. Nous sommes donc invités, plus que jamais, à être des apprenants à vie. Comment pouvons-nous ajouter de la valeur à nos élèves si nous ne sommes pas en croissance continue? En effet, chers collègues, notre savoir n’est plus notre plus grand atout. Non. Notre valeur se trouve dans ce qu’on fait avec ce qu’on sait, dans nos compétences, dans notre capacité à aider les autres à croître, à rehausser les élèves qui nous sont confiés. Notre valeur, c’est qui nous sommes. Être. Et nous sommes des êtres en devenir.

Alors, la question à se poser n’est pas «Que dois-je faire?» mais bien «Qui dois-je devenir?» pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

Le 21e siècle a 17 ans. Pensez-y. Ce qui compte, ce n’est pas d’être parfait. Ce qui compte, c’est de commencer le virage et de rester en mouvement. Fail forward, comme dirait l’autre.

Merci de vos commentaires

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On n’enseigne pas pour faire des bulletins.

Ça y est, le premier semestre tire à sa fin. Dans plusieurs classes, c’est l’heure de la revue. L’heure de faire le bilan des apprentissages des élèves. C’est curieux à quel point en 3 ou 4 périodes de revue avec les élèves on arrive à revoir les grandes idées, ce qui est vraiment important que les élèves retiennent d’un cours de 110 heures. En fait, ce que je trouve curieux, c’est à quel point cet exercice est tout naturel en janvier, à l’approche des examens, mais moins naturel en début de semestre. Je m’explique. Vous connaissez sans doute le principe de la planification à rebours. Principe selon lequel un enseignant planifie un cours, un semestre en fonction des grandes idées, des concepts essentiels d’un cours. On pourrait donc dire qu’on planifie un cours à partir de l’examen. Or pour une raison que je m’explique mal, plusieurs perçoivent qu’ils n’auront pas le temps de tout «couvrir» le contenu parce que «ya du stuck dans le curriculum». Or en janvier, 3 ou 4 périodes et c’est réglé…

Pas assez de temps pour apprendre

Cette perception de la réalité fait en sorte que plusieurs conçoivent une planification assez détaillée du semestre en y insérant les différentes tâches et/ou différents projets ou tests qui serviront à mesurer l’apprentissage des élèves. Tout ça, dans le but de bien les préparer pour l’examen, pour la vraie vie, pour l’université… Où est le problème? Il n’y a pas de problème. Théoriquement. Or la planification n’est pas nécessairement faite à partir des grandes idées ou des concepts clés du curriculum. Souvent, la planification est faite à partir de nos ressources pédagogiques, des tests / projets / tâches qui sont associés à un cours donné. Et dans les ressources pédagogiques, «y’en a du stuck»! Quel enseignant n’a jamais fait l’erreur de suivre une ressource à partir de la page 1 pour se rendre compte à la fin octobre que, mathématiquement, ça prendrait 440 heures pour passer à travers avec les élèves? Résultat : les élèves n’ont pas le temps d’apprendre ce qu’ils doivent apprendre parce que l’enseignant doit enseigner, consigner une note et passer à l’unité suivante pour «arriver» à couvrir le contenu du cours.

C’est une question de temps

Concrètement, ce qui se produit dans un tel cas c’est que l’enseignant fixe des échéances très peu flexibles pour les élèves. Unité 1 : 3 semaines : test/tâche/projet pour le 24 septembre, période 2. C’est donc dire que QUAND l’élève apprend est  plus important que SI l’élève apprend. En effet, dans bien des cas, les élèves doivent apprendre à temps. La vraie vie n’est tellement pas comme ça. On n’a qu’à penser à nos propres enfants. On croit toujours en eux, on sait qu’ils vont y arriver. C’est une question de TEMPS, pas de QUAND! Dans la vraie vie, personne ne se demande à quel moment on a appris ce qu’on sait. Tout ce qui compte, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait.

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Image adaptée par Jocelyn Dagenais (@jocedage) Merci!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins

Il va sans dire que dans un tel contexte, ça peut être stressant pour les enseignants et désengageant pour les élèves. Pourtant, tout le monde sait que la planification est linéaire mais l’apprentissage, organique. Autrefois, on enseignait pour transmettre du contenu à nos élèves et la tâche principale de l’enseignant était de consigner le plus de notes possible dans son registre de notes. Quand j’ai commencé à enseigner, c’est ce qu’on m’encourageait à faire. Consigner des notes. Si on consigne des notes, ça veut dire qu’on évalue continuellement. On devient un gestionnaire de ressources pédagogiques et un juge pour les élèves.  Heureusement, c’est clair que dans la salle de classe d’aujourd’hui, on n’enseigne pas pour faire des bulletins. Le système nous demande encore de faire des bulletins. Pas de problème, mais on enseigne pour que les élèves apprennent, qu’ils se développent, qu’ils deviennent compétents, qu’ils trouvent leur voie/x. Pour y arriver, ils ont davantage besoin d’un guide que d’un juge. Un guide, comme un parent, ça prend le temps. Les grandes idées, les concepts clés prennent tout leur sens ici. Quand un enseignant a une bonne compréhension des grandes idées, des concepts clés, du Pourquoi de ce qu’il enseigne, c’est beaucoup plus facile de prendre le temps, de personnaliser le curriculum, de guider les élèves, de leur donner de la rétroaction, de leur donner de multiples occasions de réussir. L’enseignant peut créer les bonnes conditions pour l’épanouissement de tous ses élèves.

Les olympiques?

Je regardais les olympiques cet été et je m’intéressais particulièrement à la gymnastique. C’est incroyable à quel point le rôle de l’entraîneur (guide) des athlètes semble important et complexe. Avant une performance, on peut voir l’entraîneur donner ses derniers conseils à l’athlète et on peut aussi remarquer, dans plusieurs cas, que le principal rôle de l’entraîneur, à quelques minutes d’une performance, c’est de rassurer l’athlète, de le placer dans un état positif, dans un état de confiance. Après tout, combien de fois ont-ils répété la routine? Après la performance, on voit encore l’entraîneur et l’athlète qui se tiennent debout, souvent très fiers de ce qu’ils ont accompli. Il ne reste qu’à recevoir le verdict des membres du jury. La note! Souvent, la note était anticipée. Elle vient confirmer ce que l’entraîneur et l’athlète savaient déjà. Parfois, il y a des surprises. Heureuses ou non. Quand un athlète passe une entrevue, on se rend compte qu’il passe la majorité de son temps avec son entraîneur à se préparer pour les quelques moments dans l’année où il doit performer. C’est important de performer. C’est ce qui les motive à s’entraîner, à se dépasser. Mais pourquoi vous parler des olympiques?

Guide ou Juge?

En salle de classe, l’enseignant a les deux rôles. Il doit être guide/entraîneur la majorité du temps. Il doit aussi être le juge à certains moments, pour répondre aux critères de performance attendus du système et pour produire les documents de communication formels (bulletins). Le juge doit connaître la cible. Et aux yeux du juge, ce qui est plus important, c’est le contenu, la performance. Le guide, lui, doit accompagner, créer les conditions, générer les émotions positives, fournir le soutien, développer les compétences, amener chaque élève à SE dépasser. Aux yeux du guide, c’est l’athlète qui est plus important. Une performance, ça s’améliore. Aux olympiques, je n’ai jamais vu un entraîneur aller performer à la place de l’athlète. Même chose en classe. Comme un golfeur, l’élève doit s’élancer pour développer ses compétences. L’enseignant doit donc être conscient en tout temps du rôle qu’il joue. Un guide, ça donne de la rétroaction. Un juge, une note. Lequel soutient l’apprentissage et est au service de l’élève? Lequel est au service du système? J’insiste, les 2 sont nécessaires. Tout dépend de la posologie 🙂 Quoi qu’il en soit, les élèves sont plus importants que le contenu qu’on enseigne! Il faut que ça paraisse dans nos actions.

 

Stratégie pour le 2e semestre

Je vous invite donc à célébrer les apprentissages de vos élèves du 1er semestre ou de la 1re étape. Je vous invite également à identifier les grandes idées, ce qui compte pour les cours du 2e semestre. Cela vous permettra de porter plus facilement votre chapeau de guide en salle de classe.

Une stratégie puissante qui peut facilement faire augmenter les résultats de tous vos élèves du 2e semestre ou de la 2e étape? À tous les cours, communiquer la grande idée ciblée à vos élèves, leur dire pourquoi cette idée est importante dans la vraie vie (dans son contexte authentique) et les inviter, au moment de l’objectivation, à inscrire les points clés appris en lien avec la grande idée. Autrement dit, faire au quotidien ce qu’on fait en 3 ou 4 jours pendant la période de revue avant les examens. Ce faisant, vous serez en train d’enseigner à vos élèves une stratégie puissante de prise de notes et de préparation aux tests / tâches / projets / examens. Leurs résultats vont augmenter, c’est garanti!

Voici les 3 questions que vos élèves devraient être invités à vous poser à tous les jours :

  1. Qu’est-ce qui est important dans ce qu’on apprend aujourd’hui? (grande idée, ne pas leur dire que tout est important, ce n’est pas vrai)
  2. Pourquoi c’est important dans la vraie vie? Pourquoi c’est important pour vous?
  3. Qu’est-ce qui sera important pour le juge? (performance mesurée par test / tâche / projet / bulletin…)

Ils notent leurs réponses au même endroit à tous les jours. Ça devient leur document d’étude.

Je suis tombé sur une citation intéressante sur Twitter récemment qui disait quelque chose comme «Don’t go through life, grow through life».

Si on applique ça au présent billet on obtient «Don’t just go through the curriculum, have your students grow through the curriculum!»

Essayer de couvrir le curriculum, être toujours juge, c’est stressant.

Aider ses élèves à croître grâce au curriculum, être guide, c’est possible et ça rend heureux!

On n’enseigne pas pour faire des bulletins!

Bonne période d’examens et de bulletins et bon succès au 2e semestre ou à la 2e étape!

Merci de vos commentaires 🙂

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Sept leçons de leadership tirées du tout 1er Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine

Quand j’ai mis les pieds pour la première fois à l’Académie Lafontaine samedi dernier, j’ai tout de suite senti que j’allais vivre un week-end hors du commun. L’agora avait été aménagée avec des chaises, des fauteuils, des divans, des vélos stationnaires, des tables de bistro, le tout aménagé autour du point central qui serait occupé par les animateurs et les conférenciers… Environnement flexible et accueillant vous dites? img_1648Il y a aussi le fait que c’était le tout premier sommet exclusivement francophone au monde. Chose certaine, c’était très plaisant de côtoyer des collègues francophones d’un peu partout et de vivre un événement par et pour des francophones. J’étais aussi  bien heureux de voir à quel point les élèves étaient au coeur du Sommet avec @Equipedui , une équipe d’élèves qui appuyaient au niveau de la technique. Autre coup de coeur, Élizabeth, une élève de secondaire 4, a ouvert la conférence du samedi matin en livrant tout un message au nom des élèves. J’avais aussi l’occasion de livrer ma toute première conférence d’ouverture le dimanche matin. Une conférence portant sur la puissance du leadership pédagogique.  capture-decran-2016-11-20-a-23-14-19

Bref, un week-end d’apprentissage bien spécial, d’autant plus que j’étais entouré de mes collègues dont plusieurs avec qui j’échange habituellement en ligne via Twitter.

Après une semaine de réflexion, je vous partage 7 leçons de leadership tirées du tout premier Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine.

1. Tous les enseignants ont quelque chose d’unique à offrir.

Quelques minutes avant ma conférence d’ouverture, je discutais avec un collègue et il me disait que nous recevons rarement du renforcement positif de nos collègues ou de nos superviseurs dans nos écoles. Tout le monde a tellement de choses à régler au quotidien… Nous passons une bonne partie de notre temps à chercher ce qui ne va pas pour pouvoir le corriger. Pas facile de mettre l’accent sur ce qui va bien dans un tel contexte. C’est pourquoi nous avons besoin de mettre des choses en place pour nous assurer de souligner nos bons coups, nos talents, nos forces. Tout le monde a des forces, des talents, des qualités. Dès le début de ma conférence, j’ai posé la question suivante aux participants : «Si on demandait à un de vos proches, quelles sont vos forces, vos qualités?» Voici les réponses obtenues via Answer Garden.capture-decran-2016-11-20-a-21-13-01

Que de potentiel! N’est-ce pas? C’est important d’être conscient de ce qu’on a à offrir si on veut bien l’offrir et le faire intentionnellement. En regardant ce nuage de forces, de talents, de qualités, je me pose deux questions.

  • Est-ce que ces forces sont utilisées à leur plein potentiel en salle de classe?
  • Si on faisait le même exercice avec les élèves, comment leurs forces pourraient-elles êtres mises au service de l’apprentissage de tous en salle de classe?

Quoi qu’il en soit, chaque enseignant a quelque chose d’unique à offrir à ses élèves au fil de sa carrière. Et je crois fermement que nous ne sommes pas remplaçables (à partir du 2e niveau de leadership de John C. Maxwell). Misons sur notre unicité et sur l’unicité des élèves pour personnaliser notre enseignement.

2. Réfléchir à sa pratique, ça fait du bien.

Tout le week-end, les participants ont eu la chance de réfléchir à leur pratique grâce aux excellents ateliers offerts et grâce aussi aux différentes idées présentées par les conférenciers. La jeune Élizabeth nous a rappelé que les élèves veulent se réaliser à l’école. Que ce qui se passe en salle de classe, c’est important. @LiseGaluga nous a rappelé de cibler les choses qui sont dans notre zone d’influence et dans notre zone de contrôle afin de garder un sentiment d’efficacité personnelle élevé. Faire tout ce qu’on peut, maintenant, avec ce qu’on a. La situation idéale n’existe pas. De mon côté, j’ai amené les participants à réfléchir à l’enseignement par le biais de l’histoire de Juliette, ma plus jeune fille, lorsqu’elle a appris à faire du vélo. Les participants ont aussi réfléchi à la place de l’humain dans notre profession, à l’innovation à l’intérieur de la boîte, au leadership ainsi qu’au rôle de la technologie dans tout ça. Vous pouvez lire les commentaires et les réflexions des participants pendant ma conférence dans ce storifycapture-decran-2016-11-20-a-21-33-56

3. Parler de sa pratique avec des collègues, c’est passionnant!

Réfléchir à sa pratique, c’est bien. En parler avec ses collègues, c’est mieux! Sérieusement. Je ne sais pas combien de participants m’ont dit à quel point ils appréciaient avoir la chance de parler de leur pratique, d’échanger des idées, des trucs et astuces etc. Une chose inattendue lorsqu’on jase avec des collègues, c’est qu’on repart souvent rassurés. On se rend compte que nos collègues vivent les mêmes défis que nous. Ça normalise. À la lecture de plusieurs tweets, je me rends compte que le côté humain, les émotions, les relations sont très importantes pour la majorité des gens. Je crois que c’est le côté que nous n’abordons pas assez souvent entre collègues. Comment entrer en relation avec les élèves? Comment s’établir comme leader dans sa classe? Dans son école? Pour vraiment s’aider entre collègues, je crois qu’il faut se parler davantage des relations. En m’appuyant sur mon vécu, voici quelques éléments qui peuvent aider à entrer en relation avec les élèves.

  • Croire que les élèves sont importants
  • Écouter ce qu’ils disent, les mots qu’ils choisissent (que disent-ils vraiment?)
  • Observer comment ils agissent et réagissent (trouver la fonction du comportement)
  • Identifier les besoins réels des élèves
  • Ajouter de la valeur aux élèves
  • Choisir des stratégies aujourd’hui qui vont permettre à l’élève de continuer d’apprendre demain avec moi (les élèves n’apprennent pas des profs qu’ils n’aiment pas)
  • Être authentique, être soi-même, être constant, être l’adulte – toujours!

4. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir.

Ce qui m’a frappé c’est à quel point, dans un contexte d’apprentissage informel (tout le monde était là par choix), tout le monde se soutient, s’encourage, cherche le meilleur dans ce que l’autre présente. En effet, toutes les personnes qui offraient des ateliers se soutenaient les uns les autres, s’encourageaient. C’était tellement beau à voir. Entre professionnels, nous reconnaissons l’effort requis pour nous préparer, pour donner à nos collègues le meilleur de nous-mêmes, nos meilleures réflexions, nos meilleurs conseils, nos meilleures pratiques. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir. Ceci dit, en m’appuyant sur mon vécu, je crois que la capacité à entrer en relation avec les élèves, la capacité à s’établir comme leader dans sa classe est le facteur déterminant pour tout enseignant. Et je ne parle pas de résultats scolaires. Pour être heureux, comme enseignant, pour sentir qu’on réussit au quotidien, on a besoin de sentir qu’on peut entrer en relation avec les élèves, qu’on est respecté. C’est la base. C’est aussi un sujet délicat. C’est pourquoi j’en parle ouvertement dans ma conférence. C’est pourquoi, comme jeune enseignant, j’ai commencé très rapidement à accueillir des stagiaires dans ma classe. Je voulais leur partager les quelques stratégies qui avaient sauvé ma carrière et qui me permettaient de continuer à cheminer en tant que jeune professionnel. Je voulais voir mes collègues réussir là où j’avais échoué à mes débuts. En ce sens, je vous encourage à vous appuyer entre collègues au quotidien. Vous en valez la peine.

5. Le leadership, c’est l’affaire de tous.

Après avoir présenté les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell, tout en faisant des liens explicites à notre profession, j’ai le sentiment que la majorité des gens se voient exercer un leadership pédagogique dans leur rôle actuel. Voici ce que les gens ont répondu lorsque je leur ai demandé : «Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez Leadership?» capture-decran-2016-11-20-a-22-25-52

En regardant le nuage de mots, je me dis que toute personne en éducation peut être …(choisissez votre mot). En tenant compte des commentaires des gens sur Twitter et des commentaires des gens qui sont venus me jaser par la suite, je crois que les gens voient de plus en plus la différence entre les responsabilités associées aux différents titres (enseignant, direction, surintendant…) et notre capacité d’exercer un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien, peu importe notre rôle. Le leadership, c’est l’influence. C’est à mon avis la clé du succès de notre système si on veut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

6. La technologie peut nous aider à faire tout ça!

J’ai rencontré pour la première fois en personne au moins 40 personnes qui sont dans mon réseau sur Twitter. Quel bel exemple de ce qui est rendu possible, grâce à la technologie. Il va sans dire que c’est l’apprentissage de divers outils technologiques qui nous amenaient tous à l’Académie Lafontaine la semaine dernière. Or mon grand constat, c’est que la technologie permet aux humains, aux pédagogues de briller. Avec la technologie, on communique, on crée, on documente, et plus! La technologie peut nous aider à faire tout ça, quand on veut. Que dire de plus?

7. Tout est possible en éducation!

«Tout est possible en éducation lorsqu’on exerce un leadership pédagogique intentionnel et conscient!» C’est avec cette affirmation que j’ai débuté ma conférence. Quand je regarde les talents des collègues avec qui j’ai appris les 12 et 13 novembre derniers, quand je regarde la variété des ateliers, l’expertise, la passion, les gens qui ont donné leur week-end pour investir en eux, je me dis que le potentiel de leadership pédagogique est incroyable. C’est ce que je vois également à titre de Leader pédagogique de l’équipe TacTIC dans les écoles que nous accompagnons. Si on regarde tout ce qu’on a, tout est possible. Mais ce n’est pas facile d’innover à l’intérieur de la boîte. Il faut se donner une façon de demeurer intentionnel et conscient au quotidien. J’ai proposé aux participants la règle des 5, telle que présentée par John Maxwell. L’idée c’est de choisir un objectif clair (son arbre) et de choisir 5 choses à faire quotidiennement (sa hache) qui vous permettront d’atteindre votre objectif (abattre votre arbre) au fil du temps. Plus l’arbre est gros, plus ça prendra de temps. Voici le padlet où les participants ont été invités à partager leurs 5 au quotidien. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire pendant 12 heures un jour!

On surestime ce qu’on peut faire en une journée. On sous-estime ce qu’on peut faire au fil du temps.

Quoi qu’il en soit, ce week-end était vraiment spécial. Une réussite sur toute la ligne. Et tel que prévu, lundi matin est arrivé en même temps que d’habitude. La routine a repris. De retour dans la boîte. J’espère que ces quelques leçons (ou constats) sur le leadership peuvent vous être utiles, peu importe votre rôle.

Tel que mentionné aux participants à la fin de la conférence, je vous laisse avec ma stratégie pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves : 5 + 5!

Les 5 niveaux de leadership + vos 5 au quotidien.

Transformons l’expérience d’apprentissage des élèves! Il faut simplement y croire.

Pour continuer à s’entraider, il y a le #LeadPed. J’espère vous y retrouver au quotidien.

Twitter, c’est du «monde» qui se parlent 🙂

Merci de vos commentaires et bon succès!

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La grande distraction

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter un court atelier avec mon collègue @jpronb dans le cadre du Colloque des directions d’établissement scolaire francophone du Canada à Québec. La journée était animée par @thierryUdM. Il y avait environ 50 participants.

Après la conférence d’ouverture de Thierry Karsenti, un des participants a raconté au groupe l’impact qu’avait eu le iPad pour un des élèves de son école primaire. Un jeune garçon, appelons-le Simon, avait beaucoup de difficultés en mathématiques. Grâce au iPad et à quelques applications bien choisies, Simon est devenu le meilleur de sa classe en addition et en soustraction. Wow! Ce n’est pas rien. Quel impact, en effet!

Les limites de la technologie

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Selon le participant, qui est en fait le directeur de l’école, Simon n’avait pas de bonnes habiletés sociales. Il était différent quand il n’avait pas accès au iPad. De sorte que la direction remettait en question les bienfaits du iPad dans son école. Ça m’a fait réfléchir. La technologie a sans doute ses limites. La technologie ne peut pas tout faire. Et comme le dirait George Couros, si on place la technologie entre les mains d’un bon pédagogue, on peut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Mais que faire pour Simon?

Empathie

Si je me place dans la peau du jeune Simon, je peux très bien m’imaginer comment il a dû se sentir avant de devenir le meilleur de sa classe en mathématiques. Selon le directeur, Simon était un élève en retrait, avait de la difficulté à se faire des amis et n’avait pas beaucoup de succès à l’école. Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. Comme adulte, quand on trouve un outil technologique qui améliore notre rendement, notre efficacité, on ne veut pas s’en défaire! Pensez à votre cellulaire, par exemple. Pour Simon, un jeune garçon du primaire… Hmmmm. Le problème, ce n’est pas le iPad. Il faut voir dans le comportement de Simon, le réel besoin de l’enfant… et les limites d’un outil.

Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. @bourmu

Les usages de la technologie

Dans sa conférence d’ouverture, Thierry Karsenti mentionnait que la clé dans l’intégration de la technologie, c’est que nous devons tous être techno-réfléchis. Il faut comprendre comment un outil peut nous aider, ou aider les élèves. Il faut aussi reconnaître quand un outil n’aide pas ou n’a pas d’impact. Dans le cas de Simon, le iPad a fait son travail. En effet, il a permis à Simon de s’améliorer beaucoup en mathématiques. Il est même devenu très motivé, voire engagé. Si ses habiletés sociales se sont déterriorées, c’est qu’il a besoin de soutien d’un être humain pour développer cet aspect de sa personne. Il faut également savoir que Simon se sent très en confiance avec son iPad puisqu’il a vécu du succès grâce à l’outil. S’il vit du succès socialement grâce à l’appui d’une personne, il se sentira aussi en confiance avec cette personne. C’est logique. Il faut simplement y penser et faire preuve d’empathie. Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables.

Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables. @bourmu

Au-delà de l’histoire de Simon

L’histoire du petit Simon m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis demandé ce qui arriverait à Simon si on lui enlevait l’outil qui lui donnait un sentiment de confiance. Ça m’a ensuite amené à réfléchir aux élèves de nos écoles intermédiaires et secondaires. Ils ont pratiquement tous un cellulaire. Laissez-moi reformuler. Pratiquement tous les élèves à partir de la 4e-5e année ont un appareil mobile qui leur donne accès à Internet. À tout le savoir de l’humanité. À toutes les personnes branchées, bonnes et moins bonnes, de notre planète. Dans bien des cas, on leur demande d’éteindre, de fermer, de cacher, de déposer leur cellulaire pendant les cours. Parce que sinon, ils sont distraits. Ils n’écoutent pas. Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. Quand ils arrivent en classe, on leur demande de ne pas utiliser leur meilleur outil. Et on se demande pourquoi ils sont désengagés.

Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. @bourmu

Ah, moé, toé, là!adobe-spark-2

Dans un récent billet (Focusing on What Students Can Do), George Couros mentionnait que les élèves en ont assez de se faire parler de cyberintimidation. De se faire parler des choses qu’ils ne doivent pas faire avec la technologie. Il nous invite à mettre l’accent sur ce que les élèves sont capables de faire, sur ce qu’ils peuvent et/ou devraient faire. Nos élèves ont besoin de modèles et d’être accompagnés.

Ah, moé, toé, là! Quand vient le temps de parler de la place des cellulaires à l’école, je crois que ces mots vont bien aux élèves, qui en ont assez de se faire enlever leur outil. Et dans plusieurs cas ces mots vont aussi bien aux enseignants et aux directeurs, qui en ont assez de gérer cette distraction. Pourtant, cette distraction qu’est le téléphone intelligent amène les élèves, par leur désengagement, à nous fournir de précieux indices quotidiennement sur leur besoin d’être connectés, d’être engagés, d’être, et j’ose, «Empower-és». Or dans bien des cas, ces indices sont perçus comme du désengagement, un manque d’intérêt ou encore de la délinquance. Ah! la grande distraction. Et si on les utilisait intelligemment en salle de classe, ces outils? Je ne parle pas ici de seulement les permettre. Ce n’est pas suffisant. Il faut repenser notre pédagogie. Soyons techno-réfléchis! Comment peut-on mettre en valeur, démontrer le potentiel incroyable que nous offre l’accès à Internet? En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès.

En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès. @bourmu

Empowerment

Quoi qu’il en soit, toutes les écoles travaillent très fort pour la réussite scolaire de leurs élèves. On parle souvent de l’engagement des élèves. De l’engagement intellectuel. Et bien, je crois qu’il y a eu de l’inflation à cet effet. On veut que les élèves soient engagés, oui. Mais sans leurs outils. Engagés dans notre monde, notre pédagogie. Ça ne fonctionne pas. Avec les cellulaires, avec un accès à internet, avec de l’empathie, de l’accompagnement à la manière d’un entraîneur personnel, les enseignants ont tous le pouvoir de transformer l’expérience d’apprentissage de leurs élèves, de développer leur savoir-publier, leur savoir-devenir. Engagement intellectuel et Empowerment! Bonne nouvelle! Pratiquement tous les élèves ont un appareil mobile! Deuxième bonne nouvelle! Vous pouvez commencer dès maintenant!

La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. Anne Frank

Merci de vos commentaires

Êtes-vous prêts à sortir du manuel?

Bon, ça y est. La première semaine d’école est derrière nous, le long week-end aussi! À partir de demain, les enseignantes et enseignants s’appuieront sur leur planification annuelle pour planifier plus en détail les différentes leçons qu’ils livreront au quotidien dans les prochaines semaines. Certains ont probablement déjà des dates en tête pour la première évaluation sommative de l’année! C’est signe que l’année est commencée pour vrai.

Un exemple concret

J’animais une conférence d’une journée au CSDCEO (#csdceo21) le 26 août dernier avec trois de mes collègues, soit @jprofnb, @maotechno et @charleboisjoel. Pour établir nos objectifs de fond pour la journée, nous avons présenté deux extraits du film Mona Lisa Smile aux quelque 207 participants.

Une approche axée sur les connaissances

Le premier extrait montre l’enseignante en train de livrer son premier cours de l’histoire de l’art aux femmes parmi les plus intelligentes des États-Unis dans les années 50.

On y remarque une approche plutôt traditionnelle, axée sur les connaissances. (Cette approche est de moins en moins utile de nos jours puisque tout le monde a accès à l’ensemble du savoir de l’humanité via Google, entre autres.) Or l’enseignante se retrouve devant des élèves engagées qui savent jouer la «game» de l’école, comme le dirait si bien mon collègue @zecool. L’enseignante sait très bien que ses élèves ont les bonnes réponses mais qu’elles ne savent pas pourquoi ce sont les bonnes réponses. (De nos jours, on cherche plutôt à développer une communauté de penseurs dans nos salles de classe. Nos élèves ont besoin de savoir quoi faire avec l’abondance d’information à laquelle ils ont accès.)

Une approche axée sur le questionnement et la réflexion

Elle retourne donc chez elle un peu troublée. Le cours suivant, elle utilise une autre stratégie pour stimuler la réflexion chez ses élèves. Leur non-verbal veut tout dire.

Ce que j’apprécie de cet extrait, ce sont les trois questions que l’enseignante pose à ses élèves, trois questions qui constituent leur nouveau syllabus.

  1. What is art?
  2. What makes it good?
  3. Who decides?

Que de liens avec les approches pédagogiques actuelles axées sur les grandes questions. Des approches qui sont d’une importance capitale dans le virage au numérique. À la fin du 2e extrait, on voit clairement que l’enseignante essaie une nouvelle approche avec ses élèves et qu’elle aime le résultat. Or son cours n’est pas entièrement conçu autour des trois grandes questions à ce moment. C’est pourquoi on la voit retourner à l’approche traditionnelle à la fin de l’extrait. En effet, elle retourne dans le manuel scolaire. À ce moment, les élèves retrouvent leur aplomb, leur zone de confort. Hmmmm. Intéressant!

3 grandes questions

En lien avec le deuxième extrait, voici trois grandes questions, qui s’appliquent très bien à notre profession, et qui ont servi d’assises pour notre conférence.JPEG image-E592E4587863-1.jpeg

  1. Qu’est-ce que l’enseignement?
  2. Qu’est-ce qui fait que l’enseignement est de haut niveau?
  3. Qui décide?

Ce sont des questions auxquelles nous avons intérêt à réfléchir, surtout en début d’année. C’est un moment où on met des choses en place, qui ont tendance à durer dans le temps. Voici un excellent billet de @gcouros qui aborde ce qu’est un enseignant.

Concepteurs/conceptrices d’expériences d’apprentissage

Toutes les nouvelles approches pédagogiques des dernières années invitent les enseignants à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage pour leurs élèves. Les enseignants deviennent alors la ressource la plus importante dans leur salle de classe puisqu’ils remplacent le manuel scolaire. Ça fait drôle à dire, mais c’est un peu ça. Quand on conçoit nos cours avec l’idée que ce ne sont pas des leçons mais des expériences qui seront vécues par les élèves, c’est clair qu’on est à l’extérieur de la démarche typique d’un manuel (souvent accompagné de son corrigé).  @burgessdave, auteur de Teach Like A Pirate (une de mes prochaines lectures), présente une autre façon de voir la planification de nos cours. Il mentionnait dans un podcast qu’il approche ses leçons un peu comme faire du BBQ. Si on met un steak sur un BBQ froid, rien ne se produit. Si on réchauffe le BBQ avant… Même chose avec les élèves. Il faut leur faire VIVRE des choses.

Learning is creation, not consumption. Knowledge is not something a learner absorbs, but something a learner creates. via @frankitaliano

3 questions pour devenir concepteur/conceptriceJPEG image-932DEB42A45F-1

Je vous propose donc ces trois questions (voir image) pour vous aider à devenir des concepteurs et des conceptrices d’expériences d’apprentissage pour vos élèves. Les élèves ont besoin d’avoir des conversations au sujet du contenu de leurs cours. Ils ont besoin de créer pour apprendre. Ils ont également besoin d’innover avec ce qu’ils ont appris. C’est pourquoi nous cherchons à leur donner un auditoire. Les élèves veulent contribuer concrètement à la société, et ils le peuvent. Finalement, pour que tout ceci se concrétise, tout ce qu’il faut, c’est une enseignante ou un enseignant qui décide de sortir du manuel scolaire* et de devenir conceptrice ou concepteur d’expériences d’apprentissage pour et avec ses élèves. Évidemment, ce ne sont que 3 questions. Ça ne fait pas le tour du sujet, loin de là. C’est un point de départ.

Êtes-vous prêts à relever le défi?

Plusieurs ont déjà commencé.

C’est de toute beauté.

Demandez-leur!

Merci de vos commentaires 🙂

*Dans le cadre du présent billet, manuel scolaire représente l’approche traditionnelle axée sur les connaissances seulement (scène 1). Je suis d’avis qu’on peut très bien concevoir des expériences d’apprentissage fort stimulantes en utilisant des manuels scolaires. Ce qui compte, c’est le concepteur ou la conceptrice, pas les outils utilisés.

 

Internet, le héros obscur du virage

Que signifie «Faire le virage»?

On me demande souvent ce que «virage au numérique» veut dire, concrètement. Je ne sais pas s’il y a UNE réponse. Je me questionne. Chose certaine, au cours des dernières années, j’ai beaucoup lu et discuté avec mes collègues à ce sujet.

Des questions qu’on se pose quand on amorce le virage

  • Est-ce qu’on fait le virage quand on utilise des applications et des extensions dans Chrome?
  • Est-ce que le virage, c’est d’offrir un cours en ligne (complet ou hybride)?
  • Est-ce que c’est de mettre mes leçons dans Drive, dans Classroom?
  • Est-ce que c’est d’utiliser un agenda numérique et/ou Class Dojo?
  • Et si je permets les appareils mobiles en salle de classe?
  • Est-ce que je dois avoir un blogue ou être sur Twitter?

4 composantes du virage

Voici les 4 grandes composantes qui guident mes réflexions et mes actions en tant que leader et agent de changement en ce qui concerne le virage au numérique.

1. L’intégration des outils technologiques : Ce qui fait jaser le plus les gens depuis quelques années, c’est sans contredit la présence croissante d’outils technologiques qui sont disponibles gratuitement. Des outils, il y en a pour les fins et pour les fous! Les activités de type sommet Google font fureur et attirent plusieurs personnes en éducation qui souhaitent intégrer les outils technologiques dans leur pratique. Les bienfaits se font vite sentir, surtout au niveau de l’efficacité au travail. Avec la technologie, on sauve du temps! Autre bienfait : les élèves aiment les utiliser en salle de classe. En fait, ils aiment tout ce qui n’est plus «on voit un Powerpoint» ou «on produit un Powerpoint». À mon avis, l’intégration des outils technologiques, c’est l’étape du piton dans le virage au numérique. Je dois dire qu’une grande majorité des gens sont de plus en plus à l’aise avec le piton. Savoir utiliser les outils pour gagner en efficacité et pour faire vivre des activités engageantes aux élèves. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir une personne assister à son premier sommet Google une année et de voir cette même personne animer des ateliers l’année suivante. C’est vraiment beau et inspirant à voir.

«Il n’est pas rare de voir une personne assister à son premier sommet Google une année et de voir cette même personne animer des ateliers l’année suivante. C’est vraiment beau et inspirant à voir. » @bourmu

2. Les cours en ligne : En plus des outils technologiques, de plus en plus de cours et de modules sont disponibles en ligne, soit dans l’EAV ou la C@O. Combien d’enseignants suivent des cours de qualification additionnelle en ligne? Je crois que tous les élèves devraient devoir suivre au moins un cours en ligne avant l’obtention de leur diplôme. C’est une belle façon de stimuler l’auto-apprentissage et de développer des compétences qui ressemblent drôlement à l’environnement de travail de bien des emplois. Offrir un cours en ligne aux élèves, c’est de bien les préparer pour la vraie vie en 2016.

«Je crois que tous les élèves devraient devoir suivre au moins un cours en ligne avant l’obtention de leur diplôme.» @bourmu

3. L’accès à Internet : Si on recule trois années passées, plusieurs écoles n’avaient pas un accès wifi suffisant. L’évolution rapide des outils technologiques a également fait en sorte que les conseils se sont penchés sur le concept d’une politique AVAN (Apportez Votre Appareil Numérique). Oui, trois années passées, nous en étions à l’étape de l’infrastructure. JPEG image-DB2D71BD67FA-1.jpegAujourd’hui, cette étape est presqu’achevée et la majorité des écoles ont une politique AVAN, c’est-à-dire que les élèves peuvent apporter leur appareil numérique à l’école. C’est souvent un appareil mobile. Or l’accès à Internet n’est pas le premier mentionné quand on parle du virage au numérique. Et pourtant, c’est grâce à Internet qu’on parle du virage, de la capacité de se réseauter, pas grâce aux outils. En effet, le virage, c’est le changement de paradigme. C’est le fait que nous ne sommes plus là uniquement pour transmettre des connaissances aux élèves. Et les 6C, c’est dans le contexte du numérique qu’ils doivent être développés, et c’est grâce à Internet qu’on en parle. Internet, c’est le héros obscur du virage au numérique. Je vous donne un exemple. Une personne qui a 3 iPad dans sa salle de classe et qui se demande ce qu’elle peut bien faire avec ça. Pour transmettre des connaissances, c’est peut-être insuffisant. Pour développer des compétences et pour avoir des discussions avec les élèves autour de grandes questions… Je me dis que 3 iPad, c’est 3 points d’accès à tout le savoir de l’humanité, à des réseaux, à des experts etc. Ce n’est pas rien! Pourquoi se limiter à la page 27 d’un manuel? L’accès à Internet, c’est beaucoup plus que ce qui rend possible l’utilisation d’outils, parfois infonuagiques. Changement de paradigme! Ce qui se passe alors dans plusieurs classes, c’est que les élèves ont leur appareil mobile, il y a un backchannel, une conversation qui n’implique pas l’enseignant, ni l’apprentissage. Et pourtant, l’accès à Internet est là, en attente de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Qui eût cru que l’accès à Internet serait, pour certains, vu comme une distraction?

«Je me dis que 3 iPad, c’est 3 points d’accès à tout le savoir de l’humanité, à des réseaux, à des experts etc. Ce n’est pas rien!» @bourmu

4. Redéfinir son rôle : Avec le changement de paradigme, avec l’accès aux outils et à Internet, le rôle de l’enseignant est transformé. En effet, si l’enseignant n’est plus là simplement pour transmettre le savoir mais bien pour développer le savoir-devenir de ses élèves; si l’enseignant devient de plus en plus habile à utiliser les outils technologiques, pour sa gestion et dans ses pratiques pédagogiques; si l’enseignant devient de plus en plus habile à tirer profit des cours ou des modules en ligne; si l’enseignant devient de plus en plus habile à tirer profit de l’accès à Internet, qu’il maximise l’emploi des appareils mobiles qui attendent sous les pupitres ou dans la poche arrière des élèves; si l’enseignant devient de plus en plus à l’aise dans son rôle de guide, de coach, de leader pédagogique… Un constat émerge : Le virage, c’est qu’il faut devenir autre chose que ce que le système a toujours attendu de nous. Ça suscite des émotions. C’est sûr!  Mais c’est pour ça qu’on est là. N’est-ce pas?

«Le virage, c’est qu’il faut devenir autre chose que ce que le système a toujours attendu de nous.» @bourmu

Une question, pas LA réponse

Finalement, mes réflexions m’amènent ici. Oui, je crois qu’Internet est le héros obscur du virage. Nous avons désormais la chance de nous réseauter, d’apprendre quand on veut, de partager. Fini, l’isolement! Avec les réflexions que je viens de partager, voici donc la question que je vous propose si vous vous demandez ce que ça signifie que de faire le virage : «Qui dois-je devenir pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves?».  Bon virage. Bon succès!

Merci de vos commentaires.

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