Thermostat ou thermomètre?

En tant que leader en éducation, suis-je un leader thermostat ou thermomètre? C’est une question qu’un collègue me posait récemment. J’ai trouvé l’analogie intéressante, si bien que je vous la présente aujourd’hui.

Thermostat

Le thermostat, lui, sert à maintenir la température ou à créer la température désirée. Le thermostat crée l’environnement souhaité. Il est actif, flexible et créateur.

Thermomètre

On peut définir le thermomètre comme un instrument destiné à mesurer la température. En effet, le thermomètre ne fait que donner la température de l’air ambiant. Il dit ce qui est. Il réagit à son environnement.

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Introspection

À bien y penser, je crois que chacun d’entre nous se situe tantôt plus près du thermostat, tantôt plus près du thermomètre. En effet, dans certains contextes, dans certains dossiers, avec certaines personnes, nous avons la confiance d’être en mesure de créer l’environnement dont nous avons besoin pour réussir, et ce, pour diverses raisons.

Dans d’autres cas, nous sommes une peu plus comme le thermomètre, nous ne pouvons faire autre chose que de dire comment sont les choses. Dans ces moments, nous avons l’impression que nous sommes impuissants. Et c’est parfois à tort, parfois à raison.

Qu’est-ce qui déclenche ces émotions? Est-ce une question de mentalité? Je me questionne.

Dans un contexte de leadership scolaire en amélioration continue, cette analogie permet tout de même de faire quelques réflexions. En voici quelques-unes :

  1. Dans quelles conditions êtes-vous davantage un leader thermostat?
  2. Quel aspect de votre pratique vous rapproche du leader thermomètre?
  3. Que pouvez-vous faire pour créer les conditions dont vous avez besoin pour être un leader thermostat?

Et vous, quelles réflexions ajouteriez-vous à cette liste?

Est-ce que cette analogie peut vous servir?

Merci de vos commentaires

Planifier son leadership

La gestion d’une école est une tâche complexe qui nécessite un impressionnant bagage de compétences. Diriger la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves… aussi! Le style de leadership et l’emploi du temps de la direction sont des facteurs déterminants dans la mise en oeuvre réussie de nouvelles initiatives.

Je lisais un billet de blogue récemment qui m’a amené à réfléchir à mon style de leadership. Je vous traduis ici le questionnement.

Quel énoncé reflète le plus votre style de leadership? Lequel aimeriez-vous que ce soit? Qu’est-ce qui vous en empêche?

Je suis en mode rattrapage.

Je réussis à maintenir la cadence.

Je suis devant la parade.

J’ai trouvé l’exercice intéressant. J’ai finalement constaté que les trois énoncés me représentent bien. Tout dépend de l’heure de la journée, du temps de l’année ou du dossier dont je suis responsable. Bien sûr, je voudrais toujours être devant la parade, diriger le changement et faire preuve d’un leadership transformationnel. Je me suis rendu compte que le manque de temps, ou une mauvaise gestion de mon temps pouvait nuire à ma performance en tant que leader.  Je parle ici des choses qui sont importantes. Des choses qui ont un impact direct sur la qualité de l’expérience d’apprentissage des élèves.

« On doit prendre le temps de planifier le changement que l’on souhaite apporter dans nos salles de classe. On doit également planifier du temps pour réfléchir, pour s’ajuster, pour monitorer nos progrès. »

Lecture du contexte

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Je m’explique. Un professeur américain dont j’oublie le nom comparait le travail d’une direction d’école à celui d’un kayakiste. En effet, le kayakiste doit lire le contexte et s’y adapter tout le long de la descente. Plusieurs décisions sont prises à tous les instants. Une fraction de seconde, une mauvaise décision, une mauvaise lecture du contexte, et le résultat peut être catastrophique.

Cette métaphore me parle énormément puisque le travail d’une direction d’école ressemble drôlement à ça. Plusieurs décisions sont prises rapidement dans le quotidien de toute direction d’école. Particulièrement à l’ère du virage au numérique. À l’ère de la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves. Oui, les directions sont appelées à diriger le changement dans nos écoles.

« Je crois fermement que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, ça se planifie. Et ce n’est pas impossible. »

Mais où est le temps pour prendre du recul, pour parler pédagogie, pour lire le contexte d’un peu plus haut afin de prévenir des obstacles, de les contourner? On doit prendre le temps de planifier le changement que l’on souhaite apporter dans nos salles de classe. On doit également planifier du temps pour réfléchir, pour s’ajuster, pour monitorer nos progrès. Il y a toujours une bonne raison de rester dans son bureau. Ce n’est pas le travail de gestion qui manque. À l’impossible, nul n’est tenu. Je crois fermement que la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves, ça se planifie. Et ce n’est pas impossible.

Une démarche

Voici une traduction libre d’un visuel très intéressant (via @curriculumblog)  qui peut nous aider à diriger le changement tout en nous évitant de tomber en mode rattrapage. Il va sans dire que l’entretien de relations saines, le monitorage, la réflexion et les ajustements se font tout au long de la démarche.

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Et vous? Vous arrivez à rester devant la parade, à être au-dessus de vos affaires de quelle façon? Les affaires qui comptent. Les affaires qu’on n’a pas toujours le goût de faire. Vous avez des idées, des images en tête?

Est-ce que cette démarche peut vous aider à passer à l’action? À planifier votre leadership?

Merci de vos commentaires.

Transformation amorcée

On n’oublie pas les expériences d’apprentissage qui génèrent en nous des émotions positives.

fullanpanel

Le jeudi 3 mars dernier, j’ai eu l’honneur de représenter fièrement l’équipe TacTIC en participant au Think Tank et en contribuant au panel habilement animé par nul autre que M. Michael Fullan. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais j’avais bien hâte d’y prendre part et d’écouter ce qui allait être partagé au cours de la journée. J’adore écouter. Bref, cette expérience d’apprentissage, d’échange et de réseautage a donné lieu à des conversations riches et authentiques, tant en personne que par le biais de Twitter. Voici quelques faits saillants de la journée.

ACCUEIL 

Quand je suis entré au Musée de la Nature jeudi dernier, j’ai été touché. Alors que les invités au Think Tank prenaient place tranquillement dans la salle Barrick du 3e étage, on pouvait voir plusieurs membres de l’équipe du CECCE – faciles à repérer grâce au foulard rouge qu’ils portaient au cou – qui s’affairaient à accueillir les invités et à finaliser les derniers préparatifs avant le début de cette journée qui s’annonçait déjà très intéressante. À peu près au même moment, j’ai été accueilli par une personne de l’équipe du CECCE qui a pris soin de me souhaiter la bienvenue et de me diriger au bon endroit pour recevoir les informations pertinentes. Et là ça m’a frappé. Quel climat d’accueil! De toute évidence, cette journée était importante. L’aménagement de la salle, par sa disposition, annonçait la collaboration. Plus tard, on m’a appris que l’équipe de CECCE s’était même assuré d’accueillir les gens en ligne en leur offrant le choix d’entendre les discussions en français ou en anglais, d’entendre l’orateur ou l’interprète. Accueil. Avant même que la session de réflexion collaborative ne soit commencée, deux champs d’action avaient déjà été modelés. Le bien-être et l’aménagement des environnements et des espaces d’apprentissage.

VOIX DES PARTICIPANTS

Les invités en présentiel et en ligne pouvaient dialoguer, contribuer, laisser des traces de leurs réflexions via le mot-clic #CECCE. Les gens pouvaient également le faire par le biais d’une salle virtuelle dans Today’s Meet. La journée a commencé par un chant en guise de prière interprété par des élèves. Quelle belle façon de commencer notre journée! Garder l’élève au centre de nos décisions. Après la mise en contexte de l’équipe du CECCE et de M. Fullan, le panel a pris place pour la première partie de l’avant-midi. Certains étaient sur place alors que d’autres étaient en ligne. Plusieurs messages percutants ont été livrés par les différents panélistes, comme en témoignent les nombreux tweets. Certains messages parlaient de courage, de créativité, de stratégies de réflexion, de savoirs, d’approches, de relations…

Voici mon top 3 :

  1. Will Richardson : Avons-nous le courage de faire ce qu’il faut pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves?
  2. Lucy West : Il va falloir être plus créatifs dans nos efforts de transformer nos écoles. Remettre en question des choses qu’on ne remet pas en question naturellement.
  3. Garfield Gini-Newman : Il faut donner des outils de réflexion à nos élèves.

Bref, j’en retiens que les messages étaient complémentaires et validaient le bien fondé des 5 champs d’action du profil de sortie de l’élève du CECCE. Or tous les participants avaient une voix pendant le panel. Et que dire de l’emploi de la technologie!

Mais au-delà des messages, c’est l’approche qui a retenu mon attention. La 2e partie de l’avant-midi a donné lieu à des échanges très intéressants à chacune des tables. Ces échanges étaient animés et dirigés par un membre de l’équipe du CECCE. J’ai eu le plaisir d’entendre une élève conseillère nous donner le point du vue des élèves. Elle nous disait que ce serait plaisant que l’engouement créé par les activités parascolaires se transporte en salle de classe. C’est bien logique. On ne veut sûrement pas que les cours soient perçus comme un mal nécessaire pour avoir accès aux activités parascolaires… Bref, pendant nos discussions, nous travaillions tous en partenariat afin de réfléchir aux conditions qui font en sorte que les élèves apprennent le mieux. Nous étions tous consultés et nos idées avaient de la valeur. Deuxième et troisième champs d’action modelés. Les nouvelles pédagogies émergentes et l’intégration des technologies au service de l’apprentissage.

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RELATIONS

Je crois fermement que la transformation, c’est en soi qu’elle doit d’abord se faire. On parle du profil de sortie de l’élève, mais quel est le profil d’entrée d’un enseignant? D’un leader? Quelle approche devons-nous avoir pour générer des émotions positives?

«On parle du profil de sortie de l’élève, mais quel est le profil d’entrée d’un enseignant? D’un leader?»

Je faisais allusion à la parabole du semeur lors du panel et je réfléchissais à ça sur la route du retour en fin de journée. Il faut croire en nos élèves. Comme un parent croit en son enfant. Croire qu’ils sont de la bonne terre. Les élèves le sentent.

semeur

Et si la terre, c’était plutôt notre salle de classe et les élèves, les semences? Avons-nous le bon profil d’entrée, le bon mindset? Sommes-nous d’habiles jardiniers, capables de créer les conditions optimales pour faire jaillir de nos élèves leurs plus beaux fruits? Il n’y a pas de recette pour faire ça. C’est exigeant. Ça demande de transformer notre conception de notre rôle, de la réussite, de ce qui a de la valeur pour nos élèves. Et ça, ça se fait un élève à la fois, une émotion positive à la fois, une relation à la fois. Lorsqu’on change notre mindset, on change nos stratégies!

«Lorsqu’on change notre mindset, on change nos stratégies!»

TRANSFORMATION AMORCÉE

Lorsqu’une équipe de leaders organise un tel événement, qu’elle mobilise autant de gens, le message est clair : La transformation de l’expérience de l’apprentissage, c’est important. J’ai particulièrement apprécié le format de la journée. J’ai senti que tout le monde avait eu la chance de contribuer et d’être écouté. C’est tellement important. C’est un modèle qui peut être reproduit dans une école, dans un secteur, dans une salle de classe. Fractales! Bravo à toute l’équipe dirigée par Eugénie. Vous avez su générer, en moi et en nous tous, j’en suis sûr, des émotions positives. Et j’ai appris. Cinquième champ d’action modelé. Leadership.

La conversation est amorcée, la graine est semée et on peut dire que la transformation en soi est amorcée et CECCE.

Merci de vos commentaires!

 

 

 

Assez vieux pour sortir de la cour

 

« Les amis, n’oubliez pas, on ne parle pas aux étrangers, surtout s’ils veulent vous donner des bonbons! », me disait ma mère quand j’allais jouer au parc avec mes amis. J’ai
dû avoir autour de 10 ou 12 ans à l’époque. En tout cas, j’étais assez vieux pour sortir de la cour.

parents secoursJe suis de la génération de parents-secours. Vous reconnaissez ce visuel qui était affiché dans les fenêtres de salon, les «bay windows» des maisons des quartiers résidentiels? Ce visuel aidait les enfants à savoir où aller «pour de l’aide», au besoin. Évidemment, c’était une façon de montrer «aux méchants» que les adultes du quartier se tenaient, qu’ils protégeaient leurs enfants.

 

Sortir de la cour

Je suis parent à mon tour et je m’entends parfois prononcer les paroles de ma mère à mes propres enfants. Pour qu’ils soient prudents. Pour qu’ils sachent que je les aime. Mais c’est aussi parce qu’un parent a besoin de sentir qu’il a tout fait en son pouvoir pour protéger son enfant au moment où il doit accepter qu’il ne peut pas tout contrôler. À un moment donné, l’enfant sort de la cour, va au parc, va faire une promenade à vélo avec ses amis… Ce que je veux dire c’est qu’à un moment donné, le parent est conscient qu’il ne peut plus protéger son enfant «des méchants» en tout temps. Ça, c’est un peu stressant. C’est normal.

La question que je me pose c’est : Que fait-on, que dit-on à son enfant pour le protéger «des méchants» lorsqu’il accède à Internet? Parce que de nos jours, nos enfants sortent de la cour pas mal plus jeune grâce ou à cause d’Internet. Mais on n’en est pas toujours conscient. En fait, sortir de la cour, ce n’est peut-être plus une question d’âge, d’être assez vieux.

Transition subtile à Internet

Enfant et iPad.jpegLa transition à Internet est très subtile et on ne le voit pas venir. Selon mes expériences personnelles, ça se passe à peu près comme suit. On achète une tablette pour la famille et on stimule notre jeune enfant en lui présentant des jeux, des applications sur iPad etc. Pour stimuler notre enfant. Pour son développement. À la Bébé Einstein. Éventuellement, il y a des jeux payants, des jeux en ligne, on fait de la recherche en ligne avec l’enfant pour trouver d’autres jeux, pour lui montrer des images de ses superhéros préférés, pour lui montrer des vidéos sur YouTube… Pas de danger. Le parent est toujours présent. À un moment donné, le parent est dans la même pièce que l’enfant mais l’enfant s’amuse avec la tablette, le portable ou autre outil donnant accès à Internet. Comment savoir quand l’enfant «sort de la cour»?

Dans un récent billet, je parlais de la citoyenneté numérique et de sécurité, de signalisation etc. Il n’y a pas d’affiche de parents-secours dans les écrans des ordinateurs, sur les tablettes, dans les divers sites que consultent nos enfants sans le vouloir parce qu’ils tapent leurs mots dans la barre de recherche…

Les appâts du monde en ligne

Ados avec ordis.jpegÀ l’âge de 10 ou 12 ans, l’âge de mes plus jeunes enfants, ça ressemble à cette image quand on se rencontre en famille. Qui est «sorti de la cour» dans cette image? À cet âge, les médias sociaux s’ajoutent à la liste des appâts qui poussent nos enfants à se rendre en ligne, à sortir de la cour. Sans parler des communautés de jeux en ligne, des achats à même les jeux vidéo. Comme parent, à part leur dire de faire attention, de ne pas faire de niaiseries, de ne pas installer tel ou tel jeu, de ne pas acheter tel ou tel ajout, comment pouvons-nous avoir la certitude que nous avons fait tout ce que nous devions faire pour protéger nos enfants dans le monde virtuel? Et, faut-il le rappeler, Internet offre d’innombrables aspects positifs à notre société et à nos enfants. La solution n’est pas d’interdire selon moi. L’éducation est la clé.

Quand nos enfants sont jeunes, on achète un siège d’auto afin qu’ils soient en sécurité en auto. On achète un casque, des protège-coudes, des protège-genoux, on installe une sonnette quand notre enfant monte à vélo…

famille devant ordi.jpegQuand notre enfant accède à Internet, on fait quoi? Quelle est notre stratégie universelle en tant que parent? Quel est notre équivalent de « Les amis, n’oubliez pas, on ne parle pas aux étrangers, surtout s’ils veulent vous donner des bonbons! »?

 

Je pense que c’est une question que toute notre société doit se poser, y compris le monde de l’éducation.

À mon avis, c’est une question de littératie numérique et de pensée critique. Le défi, c’est que ce sont des compétences à développer chez nous tous, y compris nos enfants. Pas aussi simple que d’acheter des protège-coudes!

Partons du connu – ÉRIMFCC

Depuis toujours les écoles enseignent la situation de communication aux élèves. Voici les 7 composantes de la situation de communication :

  1. Émetteur : personne qui émet le message
  2. Récepteur : personne qui reçoit le message
  3. Intention : intention de la personne qui émet le message
  4. Message : le message, ce qui est dit explicitement ou implicitement
  5. Forme : la forme du message (texte, lettre, vidéo, affiche)
  6. Code : le code utilisé pour communiquer le message (français, chiffres, graphiques)
  7. Contexte : les circonstances qui entourent la communication, la relation entre l’émetteur et le récepteur et leur place dans cette relation etc.

Avec l’avènement d’Internet, les 7 composantes demeurent, mais la situation de communication a changé pour nos enfants, les récepteurs. Nous ne pouvons plus contrôler quels émetteurs ont accès à eux. Quels «étrangers» peuvent leur offrir des «bonbons».

Nous devons donc plus que jamais enseigner la situation de communication à nos enfants, les outiller afin qu’ils puissent naviguer en toute sécurité dans les différents contextes du monde en ligne. Dans le monde en ligne, pour sortir de la cour, il faut être outillé. Ce n’est pas assez d’être «assez vieux».

Et si c’était possible, en collaboration avec les écoles, pourquoi ne pas bâtir ensemble, se doter d’un équivalent de parents-secours en ligne. Pour nos enfants. Qui doivent pouvoir sortir de la cour.

Quelqu’un a des idées?

 

Comme pour un char!

Alors que notre virage à l’ère numérique nous amène graduellement à aborder la citoyenneté numérique, je ne peux m’empêcher de faire quelques liens avec l’industrie de l’automobile. Soyez patient, il y a un lien 😉

L’automobile… déjà vu!

VirageC’était un peu avant mon temps mais quand l’automobile a été inventé, j’imagine que les
plus futés pouvaient imaginer comment cette nouvelle technologie allait transformer notre société. Ils n’y voyaient que les côtés positifs, les avantages dans la rapidité et l’efficacité des déplacements. Mais ces gens pouvaient-ils savoir que cette technologie allait transformer nos vies, notre économie? Qu’un jour, toutes les familles auraient un véhicule? Deux véhicules? Et de nos jours, trois véhicules et plus!

Et si je me mets à la place des gens plus sceptiques – à cheval sur les principes, mot de jeu 🙂 – , ils ont sûrement vu l’autre côté de la médaille, les aspects plus négatifs de la nouvelle technologie que représentait l’automobile. Coût, fiabilité, nécessité, sécurité…

Or comme toute nouvelle technologie, les innovateurs faisaient la promotion de l’automobile pour ses bienfaits, et ils tentaient sûrement d’adresser les aspects moins positifs.

Quelques questions à se poser (googleables mais bon…)

  1. Combien d’années après l’invention de l’automobile notre société s’est-elle dotée de mesures de sécurité.
  2. Quand et pourquoi a-t-on décidé que la ceinture de sécurité était obligatoire?
  3. Quand et pourquoi a-t-on décidé que le permis de conduire était obligatoire?
  4. Qu’il fallait une signalisation harmonisée sur les routes?
  5. Qu’il était plus sécuritaire de ne pas prendre d’alcool avant de conduire?
  6. Qu’il faudrait arrêter de texter en conduisant…?

J’imagine qu’une fois qu’on apprend à connaître une nouvelle technologie, des constats sont faits et la société se dote de mesures de sécurité afin que cette nouvelle technologie soit utilisée pour ce qu’elle amène de plus positif.

mondeInternet

Vous voyez venir le lien?

En 20 ans, l’accès à internet est devenu pratiquement indispensable. D’abord pour l’accès à l’information (web 1.0), maintenant pour l’accès aux personnes (web 2.o et 3.0). Pouvez-vous vous imaginer ne plus avoir accès à Internet? Moi non.

Or après quelques décennies d’accès à Internet, et particulièrement avec l’avènement des réseaux sociaux, on peut affirmer avec confiance que notre société est encore une fois transformée par une nouvelle technologie. On est passé d’un ordinateur par famille, à un ordinateur et un portable et maintenant, à quelques portables et un appareil mobile par personne à partir de l’âge de 10 ans environ.

L’accès à Internet, c’est positif pour nous tous! Et nous savons maintenant, avec l’expérience, qu’il y a un MAIS.

On constate (du moins dans le monde de l’éducation) que des mesures de sécurité, de sensibilisation, d’éducation devraient être mises en place pour diverses raisons. Tout dépend du niveau de conscience. Je vous suggère cette série de 7 vidéos. Ça conscientise!

Et c’est ici qu’arrive la citoyenneté numérique. Voici 7 composantes de la citoyenneté numérique.

7 Composantes de la citoyenneté numérique :

  1. Littératie numérique
  2. Éthique du numérique
  3. Discrimination numérique
  4. Identité numérique
  5. Données numériques
  6. Transactions numériques
  7. Dépendance au numérique

Comme vous pouvez le constater, c’est très large comme sujet, comme thème, comme besoin.

Et comme dans le cas de l’automobile, il faut s’attendre à voir les gens se doter de balises, de paramètres dans les prochaines années. Particulièrement dans le grand monde de l’éducation, qui souhaite tirer profit de l’accès à l’information, aux ressources et aux personnes, mais qui doit également préparer adéquatement le personnel et les élèves à ce nouveau contexte numérique, un contexte ouvert sur le monde.

Pour la citoyenneté numérique, quel sera l’équivalent de la ceinture de sécurité, du permis de conduire, de la signalisation etc.?

Il y a de beaux liens à faire avec des ressources qui sont déjà disponibles pour les élèves et le personnel!

Je crois que nous ne sommes qu’au début d’un virage super intéressant en éducation et dans la société en général, un virage qui dépasse la simple intégration des technologies. Un virage où la technologie et l’humain sont désormais indissociables. Un virage où l’humain est la clé. Un virage humanisant!

Prochaine étape : le permis de conduire du citoyen numérique!

Avant d’avoir pleinement accès à Internet, il faudrait un «permis de conduire», une éducation au monde en ligne.

Comme pour un char! Non?

 

 

Tac2015 – Mon top 10

À titre de leader pédagogique de l’équipe TacTIC, j’ai eu la chance de participer à l’organisation de Tac2015 – Oser innover, qui a eu lieu les 8, 9 et 10 décembre 2015 au Courtyard Marriott à Toronto. Tac2015 était une conférence provinciale pour les 70 écoles et 12 conseils scolaires francophones de l’Ontario accompagnés par notre équipe cette année. Nous avons accueilli près de 270 personnes!

Le but de la conférence était d’offrir aux participants une occasion de se rencontrer, d’élargir leur réseau d’apprentissage personnel et de participer à une variété d’ateliers en lien avec l’enseignement et l’apprentissage à l’ère numérique, dans une perspective d’innovation. Les participants ont également assisté  à une conférence d’Yves Amyot portant sur la créativité, à une conférence de Luc Dupont portant sur la gestion de l’image de marque des écoles et à un forum d’experts animé par Thierry Karsenti. L’ensemble de la conférence était animé par le groupe Improtéine, une fierté pour les Franco-Ontariens.

Au cours de la conférence, j’ai eu l’occasion de converser avec plusieurs passionnés de l’éducation. Quelle expérience d’apprentissage exceptionnelle!

Comme dirait @gcouros, « La personne la plus intelligente dans la pièce, c’est la pièce. » (traduction libre)

Voici le top 10 de ce que je retiens de Tac2015 :

1. Oser innover

Le thème de la conférence se voulait une invitation à passer à l’action. En effet, pour espérer apporter les changements qui s’imposent en éducation, les principaux acteurs à tous les échelons doivent oser innover. Oser innover, c’est oser attirer les regards des autres, c’est oser se tromper, oser proposer des idées qui dérangent le statut quo, oser se dépasser, oser remettre en question sa propre pratique. Oser innover, c’est accepter d’être leader, d’être un agent de changement.

2. Des êtres de relation

En accueillant les divers participants en début de soirée le 8 décembre, j’étais épaté par l’énergie et le momemtum que suscitait cette occasion de rencontre et d’apprentissage. Les gens rencontraient des collègues qu’ils n’avaient pas vus depuis un certain temps et partagaient des anecdotes de leur école, expliquaient le trajet qu’ils venaient de parcourir pour se rendre à Toronto, des projets de leur école etc. En observant les diverses conversations qui avaient lieu tout autour de moi, je ne pouvais m’empêcher de faire le lien avec nos salles de classe. Nous avons une profession humaine, nous sommes, comme nos élèves, des êtres de relation. Aucune application ne viendra remplacer cela. Au coeur de la salle de classe la plus transformée qui soit se trouve un enseignant ou une enseignante, en relation avec ses élèves. Ça, ça ne changera jamais selon moi.

3. Zone proximale d’innovation

L’innovation est le thème de l’heure en éducation. George Couros a publié récemment The Innovator’s Mindset, une ressource incontournable à mon avis pour les leaders de nos écoles. Dans son oeuvre, il s’inspire de la zone proximale de développement de Vygotski et parle d’une zone proximale d’innovation. Dans son discours d’ouverture, Céline Drouin a présenté un visuel inspiré de l’oeuvre de George Couros. Elle y présente les comportements et attitudes à adopter pour réussir à innover en éducation. Voici un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet, qui illustre bien ces propos.

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4. Pédagogie rhizomatique

Lors de sa conférence d’ouverture, Yves Amyot a invité les gens à recourir à une pédagogie rhizomatique. Ce que j’en retiens c’est que lorsque l’on réunit des composantes ou des stratégies qui ne vont pas naturellement ensemble, ça peut donner des résultats intéressants. M. Amyot nous a présenté divers projets qui faisaient appel à des éléments sonores. Voici un sketchnote de Joël Charlebois et un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet qui résument bien la conférence d’ouverture.

Sketchnote JC conf ouverture.jpegSketchnote conférence d'ouverture MAO.jpeg

5. La culture franco-ontarienne

Le groupe Improtéine a grandement contribué au succès de la conférence à mon avis. Leur présence m’a fait constater à quel point nous avons une culture bien à nous, nous qui sommes des Franco-Ontariens. Rires, chansons, improvisation, dérision, animation, sketchs, défis etc. étaient au rendez-vous. Merci à Improtéine de nous avoir installés dans le moment présent, d’avoir fait des liens entre les jours, entre les ateliers dans un contexte humoristique. Il y a plusieurs liens à faire avec le climat scolaire positif! Voici un extrait vidéo (Il faut cliquer sur l’image. Merci à Roxanne et Tiffany!)

6. L’apprentissage personnalisé

Une grande variété d’ateliers ont été offerts aux participants. En tout, 50 ateliers en 5 blocs. Ces ateliers ont été préparés par des gens qui sont sur le terrain et qui connaissent bien leur clientèle. À la lumière des commentaires que j’ai reçus jusqu’à présent, je crois que le format (ateliers au choix) et le contenu des ateliers a permis un apprentissage plus personnalisé et axé sur les besoins des participants. Je crois que c’est ce qu’on tente de faire dans nos salles de classe actuellement. Comment donc offrir une expérience scolaire personnalisée à nos élèves? Un bon point de départ est de faire une place à la voix de l’élève, à mon avis.

7. Twitter et l’apprentissage professionnel

Dès l’arrivée des participants, le mot-clic de la conférence (#tac2015dec storify) était très actif. On y retrouvait plusieurs messages et photos. Twitter a été utilisé dans quelques ateliers également. Je crois que les gens sont de plus en plus conscients que Twitter permet de se réseauter et d’apprendre quand on veut. Comme je le mentionnais dans le cadre de l’atelier pour directions que j’ai offert avec mon collègue Joël McLean, Twitter a contribué à environ 85% de mes apprentissages au cours des 5 dernières années. L’apprentissage professionnel, contrairement au développement professionnel, c’est stimulant et motivant. Je ne pourrais plus m’en passer. Je souhaite la même expérience à mes collègues et je vais continuer de les appuyer en ce sens. Le changement en éducation, ça passe beaucoup par les directions d’école et nous ne pouvons pas le faire seuls, en silos.

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8. Google et l’image de marque de votre école

Luc Dupont m’a complètement estomaqué. Sa conférence sur la gestion de l’image de marque de nos écoles était personnalisée, humoristique, claire, appuyée, détaillée et combien pertinente pour nous! En gros, il faut comprendre que Google est l’engin de recherche de choix présentement. Si on veut que les gens trouvent les bonnes informations au sujet de notre école, il faut comprendre comment Google choisit quels sites ou informations apparaissent en premier dans les résultats de recherche. Il faut également comprendre comment lier efficacement ensemble nos différentes plateformes numériques / médias sociaux. Voici deux magnifiques sketchnotes de Marie-Andrée Ouimet et Joël Charlebois.

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9. Mindset

Pendant le forum, les membres du panel ont partagé plusieurs réflexions intéressantes. On a fait un parallèle entre une salle de classe du préparatoire et la salle de classe à l’ère numérique que nous voulons créer à tous les niveaux. Bianca Girard nous parlait de l’importance de l’initiative, de la collaboration et de l’autonomie en salle de classe. Yves Mainville a partagé une réflexion très intéressante également que je paraphrase. Montre-moi une équipe passionnée et engagée dans une cause commune et je vais te montrer une équipe qui saura relever n’importe quel défi. Somme toute, je retiens du panel que le mindset requis pour mener le changement dans nos écoles est probablement l’ingrédient le plus important. George Couros a produit un sketchnote à ce sujet. Le voici.

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10. APA

Avant, Pendant, Après. APA. Avant la conférence, nous avons invité les participants à se fixer un objectif d’apprentissage personnel, une intention de participation. Comme le mentionnait mon collègue Rodrigue St-Jean dans un tweet, la conférence (pendant) étant terminée, il importe de se donner un défi à relever dès lundi matin (après). Quelles actions concrètes allons-nous poser suite à nos apprentissages? Ce n’est pas ce qu’on sait qui est important, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait qui importe. Et comme je le mentionnais lors de mon atelier, ce n’est pas parce que la conférence est terminée qu’il faut arrêter d’apprendre. Je vous relance donc l’invitation à participer à notre premier #TacEdChat, ce mercredi 16 décembre à 20 h. Ce chat sera animé par moi-même (@bourmu) et par Joël McLean (@jprofNB). Au plaisir!

 

Et vous, quel est votre top 10? Qu’ajouteriez-vous à cette liste?

Bon succès dans vos prochaines étapes!

Merci aux artistes qui ont partagé leurs sketchnotes!

 

De Blockbuster à Netflix!

Dans une conférence Ted intitulée The Art of Innvation, Guy Kawasaki explique l’art de l’innovation tout en illustrant les défis que peuvent rencontrer les entreprises qui doivent innover. Je crois qu’il existe un lien étroit entre son message et l’innovation qui doit avoir lieu dans nos écoles au cours des prochaines années.

Pour illustrer le défi que consiste l’innovation, il utilise l’exemple de la glace. La glace 1.0, c’est à l’époque où des gens taillaient la glace dans des étendues d’eau et la revendaient. La glace 2.0, c’est l’époque où des entreprises produisaient de la glace, la distribuaient et la revendaient. La glace 3.0, c’est notre époque, l’époque des congélateurs. Tout le monde a maintenant une machine à faire de la glace à domicile. Ce qui est intéressant dans l’exemple de la glace, c’est que l’innovation est venue de l’extérieur. L’entreprise de la glace 1.0 n’est pas devenue une entreprise de glace 2.0. Non. Elle a été remplacée par l’entreprise de glace 2.0, qui a été remplacée par l’entreprise de glace 3.0. Guy Kawasaki attribue cette réalité au fait que trop d’entreprises s’appuient sur un énoncé de mission ou sur ce qu’ils font plutôt que d’avoir un mantra clair, une raison d’être bien définie qui va au-delà du présent et qui permet d’innover.

Un autre exemple d’un manque d’innovation serait l’industrie du cinéma à la maison. Je ne me souviens plus où j’ai entendu ça récemment, peut-être était-ce à  la radio… On parlait de Blockbuster qui avait eu l’occasion d’acquérir Netflix à quelques reprises, mais les dirigeants de Blockbuster, refusant d’innover, sont passés à côté d’une belle occasion de continuer d’exister. Qui ne se souvient pas du processus? Il fallait se rendre dans une succursale pour prendre connaissance de la sélection de films et espérer qu’il y aurait une copie disponible pour la location, qu’il fallait rapporter au magasin dans X jours… Ouf! Finalement, comme d’autres industries n’ayant pas innové, ils ont été remplacés par Netflix, entre autres.

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Contrairement à l’industrie de la glace ou du cinéma maison, nos écoles doivent innover et se transformer afin de répondre aux besoins et aux attentes de la société. Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. Et là e vous épargne les liens entre le modèle actuel et Blockbuster ainsi que les liens entre Netflix et l’école que nous souhaitons pour nos élèves. Le monde de l’éducation ne sera pas remplacé à mon avis, or les salles de classes, les écoles et les conseils scolaires qui innovent plus rapidement risquent d’être sollicités par les élèves qui, faut-il le rappeler, souhaitent de plus en plus recevoir un enseignement personnalisé.

« Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. »

Voici 2 endroits où les écoles doivent innover dans les prochaines années :

      1. Les cours en ligne!

Je crois fermement que tous les élèves devraient avoir à suivre un cours en ligne avant la fin de leur secondaire. C’est une expérience qui permet de développer des compétences essentielles pour l’ère numérique. C’est également une façon efficace de vivre l’éducation autrement, une éducation davantage personnalisée. Ce n’est pas seulement une question de choix ou d’offre de cours!

Quelle est votre stratégie pour vous assurer que tous les élèves de votre école secondaire suive au moins un cours en ligne d’ici 2018?

C’est un pensez-y bien d’un point de vue engagement et apprentissage, oui, mais aussi d’un point de vue vitalité. Je m’explique. Présentement, les élèves qui fréquentent une école doivent généralement demeurer dans la zone de l’école, la bâtisse. Dans combien d’années les élèves pourront-ils choisir leur école virtuelle?

2. L’EAV : l’extension virtuelle de l’école

Il va sans dire qu’un des grands avantages de l’ère numérique, c’est l’accès à l’information et aux gens 24/7. D’où l’importance d’offrir un environnement d’apprentissage virtuel à nos élèves. Pour certaines écoles, c’est Google Classroom, pour d’autres, c’est l’EAV du MÉO. Peu importe le choix de la plateforme, c’est ce qu’on en fait qui importe.

Les enseignants qui ont le plus de succès avec un EAV présentement sont ceux qui l’utilisent pour donner à leurs élèves un accès à l’information (devoirs, travaux, agenda, réflexions, évaluations). Ce qui est fort intéressant, c’est que cet environnement peut également servir à favoriser les échanges et les discussions avant et après les heures de classe également (blogue, travail de collaboration). Ce qui est compréhensible.

Si les élèves ne viennent plus à l’école pour l’information, ils viennent pour quoi? Je crois que c’est pour collaborer et pour être engagés dans des processus d’apprentissage stimulants. L’EAV vient appuyer en servant de lieu central où trouver l’information, où entreposer des preuves d’apprentissage, des traces des discussions, des réflexions. Oui, les élèves viennent à l’école pour s’engager dans des activités qu’ils ne peuvent accomplir que parce qu’ils sont à l’école (collaborer, développer des habiletés d’apprentissage et habitudes de travail…). Les élèves viennent désormais à l’école pour développer le goût d’apprendre. L’EAV permet de poursuivre l’apprentissage et agit comme une sorte de plateforme pour le réseau d’apprentissage personnel des élèves.

L’utilité de l’EAV ne se limite pas à la salle de classe. Il est tout aussi utile pour les administrateurs d’écoles et leur personnel.

Quel environnement d’apprentissage virtuel fournissez-vous à vos élèves? À votre personnel?

En effet, nos salles de classe et nos écoles doivent se transformer.

C’est une question d’engagement, d’apprentissage et de vitalité!

Quel est votre mantra? Quelle est votre raison d’être?

Si ça ressemble à « éducation de qualité pour tous nos élèves», il faudrait donc se pencher sur ce que ça veut dire en 2015.