De Blockbuster à Netflix!

Dans une conférence Ted intitulée The Art of Innvation, Guy Kawasaki explique l’art de l’innovation tout en illustrant les défis que peuvent rencontrer les entreprises qui doivent innover. Je crois qu’il existe un lien étroit entre son message et l’innovation qui doit avoir lieu dans nos écoles au cours des prochaines années.

Pour illustrer le défi que consiste l’innovation, il utilise l’exemple de la glace. La glace 1.0, c’est à l’époque où des gens taillaient la glace dans des étendues d’eau et la revendaient. La glace 2.0, c’est l’époque où des entreprises produisaient de la glace, la distribuaient et la revendaient. La glace 3.0, c’est notre époque, l’époque des congélateurs. Tout le monde a maintenant une machine à faire de la glace à domicile. Ce qui est intéressant dans l’exemple de la glace, c’est que l’innovation est venue de l’extérieur. L’entreprise de la glace 1.0 n’est pas devenue une entreprise de glace 2.0. Non. Elle a été remplacée par l’entreprise de glace 2.0, qui a été remplacée par l’entreprise de glace 3.0. Guy Kawasaki attribue cette réalité au fait que trop d’entreprises s’appuient sur un énoncé de mission ou sur ce qu’ils font plutôt que d’avoir un mantra clair, une raison d’être bien définie qui va au-delà du présent et qui permet d’innover.

Un autre exemple d’un manque d’innovation serait l’industrie du cinéma à la maison. Je ne me souviens plus où j’ai entendu ça récemment, peut-être était-ce à  la radio… On parlait de Blockbuster qui avait eu l’occasion d’acquérir Netflix à quelques reprises, mais les dirigeants de Blockbuster, refusant d’innover, sont passés à côté d’une belle occasion de continuer d’exister. Qui ne se souvient pas du processus? Il fallait se rendre dans une succursale pour prendre connaissance de la sélection de films et espérer qu’il y aurait une copie disponible pour la location, qu’il fallait rapporter au magasin dans X jours… Ouf! Finalement, comme d’autres industries n’ayant pas innové, ils ont été remplacés par Netflix, entre autres.

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Contrairement à l’industrie de la glace ou du cinéma maison, nos écoles doivent innover et se transformer afin de répondre aux besoins et aux attentes de la société. Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. Et là e vous épargne les liens entre le modèle actuel et Blockbuster ainsi que les liens entre Netflix et l’école que nous souhaitons pour nos élèves. Le monde de l’éducation ne sera pas remplacé à mon avis, or les salles de classes, les écoles et les conseils scolaires qui innovent plus rapidement risquent d’être sollicités par les élèves qui, faut-il le rappeler, souhaitent de plus en plus recevoir un enseignement personnalisé.

« Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. »

Voici 2 endroits où les écoles doivent innover dans les prochaines années :

      1. Les cours en ligne!

Je crois fermement que tous les élèves devraient avoir à suivre un cours en ligne avant la fin de leur secondaire. C’est une expérience qui permet de développer des compétences essentielles pour l’ère numérique. C’est également une façon efficace de vivre l’éducation autrement, une éducation davantage personnalisée. Ce n’est pas seulement une question de choix ou d’offre de cours!

Quelle est votre stratégie pour vous assurer que tous les élèves de votre école secondaire suive au moins un cours en ligne d’ici 2018?

C’est un pensez-y bien d’un point de vue engagement et apprentissage, oui, mais aussi d’un point de vue vitalité. Je m’explique. Présentement, les élèves qui fréquentent une école doivent généralement demeurer dans la zone de l’école, la bâtisse. Dans combien d’années les élèves pourront-ils choisir leur école virtuelle?

2. L’EAV : l’extension virtuelle de l’école

Il va sans dire qu’un des grands avantages de l’ère numérique, c’est l’accès à l’information et aux gens 24/7. D’où l’importance d’offrir un environnement d’apprentissage virtuel à nos élèves. Pour certaines écoles, c’est Google Classroom, pour d’autres, c’est l’EAV du MÉO. Peu importe le choix de la plateforme, c’est ce qu’on en fait qui importe.

Les enseignants qui ont le plus de succès avec un EAV présentement sont ceux qui l’utilisent pour donner à leurs élèves un accès à l’information (devoirs, travaux, agenda, réflexions, évaluations). Ce qui est fort intéressant, c’est que cet environnement peut également servir à favoriser les échanges et les discussions avant et après les heures de classe également (blogue, travail de collaboration). Ce qui est compréhensible.

Si les élèves ne viennent plus à l’école pour l’information, ils viennent pour quoi? Je crois que c’est pour collaborer et pour être engagés dans des processus d’apprentissage stimulants. L’EAV vient appuyer en servant de lieu central où trouver l’information, où entreposer des preuves d’apprentissage, des traces des discussions, des réflexions. Oui, les élèves viennent à l’école pour s’engager dans des activités qu’ils ne peuvent accomplir que parce qu’ils sont à l’école (collaborer, développer des habiletés d’apprentissage et habitudes de travail…). Les élèves viennent désormais à l’école pour développer le goût d’apprendre. L’EAV permet de poursuivre l’apprentissage et agit comme une sorte de plateforme pour le réseau d’apprentissage personnel des élèves.

L’utilité de l’EAV ne se limite pas à la salle de classe. Il est tout aussi utile pour les administrateurs d’écoles et leur personnel.

Quel environnement d’apprentissage virtuel fournissez-vous à vos élèves? À votre personnel?

En effet, nos salles de classe et nos écoles doivent se transformer.

C’est une question d’engagement, d’apprentissage et de vitalité!

Quel est votre mantra? Quelle est votre raison d’être?

Si ça ressemble à « éducation de qualité pour tous nos élèves», il faudrait donc se pencher sur ce que ça veut dire en 2015.

L’école à l’ère numérique : une question de pédagogie!

Contexte

Depuis quelques années déjà, l’ère numérique suscite des discussions sur l’avenir de l’éducation. Discussions qui remettent en question le modèle industriel actuel de notre système, vu la diminution continue de l’engagement des élèves et la nature évolutive de notre société de plus en plus mondiale. Des gens d’influence comme Ken Robinson nous amènent alors à repenser la raison d’être de l’école, le curriculum et à tenter de réinventer l’école, la salle de classe ainsi que le rôle de l’enseignant.

 

Points d’entrée

La dernière décennie a donc donné naissance à diverses approches pédagogiques novatrices. Khan Academy, l’iClasse, la classe renversée (flipped classroom), l’apprentissage par le jeu, l’approche par projet, l’approche par résolution de problème, la classe avec deux enseignants, la classe sans enseignant, l’apprentissage en ligne, l’apprentissage hybride, Twitter, Edmodo, D2L, iPad, iPod, TBI… les points d’entrée pleuvent pour ceux qui désirent préparer leurs élèves pour le 21e siècle, qui a déjà 13 ans, faut-il le rappeler.

 

Pédagogie efficace!

Mais attention ! Avant de choisir un format ou un outil quelconque, la plupart des experts dans le domaine de l’apprentissage à l’ère numérique s’entendent, et c’est tant mieux, sur l’importance d’une pédagogie efficace. Marc Prensky propose quatre catégories de verbes à cibler pour une pédagogie efficace à l’ère numérique. Le CFORP (Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques) a produit un Inukshuk qui reflète les 7 pratiques pédagogiques efficaces en matière d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage. Dylan Wiliam nous rappelle qu’un élève ne peut démontrer des compétences du 21e siècle sans d’abord démontrer des compétences du 19e siècle. Selon M. Wiliam, il n’y aurait qu’une seule compétence du 21e siècle : apprendre à apprendre. Pour ce faire, il importe de développer chez nos élèves les 4C, comme le montre bien le modèle du P21 (partnership for the 21st century skills).

 

Notre cible : faire différemment

Alors oui, attention ! Nous voulons susciter l’engagement des élèves, mais nous voulons aussi qu’ils apprennent. Le modèle transformationnel pour la classe du 21e siècle (via @DRvoletII) illustre bien ce que nous souhaitons tous accomplir : créer la salle de classe où l’élève engagé apprend, développe des compétences, ses talents et construit son identité. Pour y arriver, nous devons faire les choses différemment.

 

Des lunettes pour voir différemment

Les 4 métaphores pour illustrer où l’apprentissage a lieu est un document adapté (traduction libre) de Spaces and Places (via @FrTurpin). On y présente les intentions pédagogiques qui pourraient sous-tendre l’aménagement physique de la salle de classe de l’ère numérique.

 

En pensant à vos expériences personnelles, qu’est-ce qui vous a permis de faire des apprentissages durables et profonds ? Personnellement, j’ai besoin de chacune des métaphores, dans l’ordre ou dans le désordre, dans ma vie professionnelle pour faire des apprentissages significatifs.

 

1. Le feu de camp : Je dois recevoir de la formation professionnelle formelle.

 

2. L’abreuvoir : J’ai besoin du temps d’échange avec mes collègues pour valider  ou confronter mes idées ou ma compréhension de divers sujets aux idées et perceptions de mes collègues.

 

3. La caverne : J’ai besoin de pouvoir faire le vide et de réfléchir seul. Cela me permet de déterminer ce que je retiens, ce que je rejette, ce qui n’est toujours pas clair pour moi.

 

4. Le vie ou le sommet de la montagne : J’ai besoin d’occasions où je dois utiliser mes nouveaux apprentissages dans des contextes authentiques. Le simple fait de devoir me préparer et d’avoir à verbaliser ma compréhension d’un sujet en particulier m’aide à consolider mes nouveaux apprentissages. Surtout si je dois répondre aux questions des participants.

 

 

3 Questions du #Claved du 10 octobre 2012

 

#Q1 : En tenant compte de l’élève de l’ère numérique, comment ces 4 métaphores peuvent-elles guider votre planification pédagogique ?

 

 

#Q2 : Comment ces 4 métaphores influencent-elles l’aménagement physique de votre salle de classe ? Vous pouvez vous inspirer de 20 Things Educators Need to Know about Learning Spaces (via @tonnet)

 

#Q3 : En tenant compte de vos objectifs pédagogiques, quels outils viennent faciliter l’apprentissage et développer les compétences des élèves dans chacune des 4 métaphores ? Vous pouvez consulter le Top 100 Tools for Learning 2012 (via @c4lpt) pour déterminer quels outils peuvent vous aider à atteindre vos objectifs pédagogiques. Pour reprendre les paroles de Roberto Gauvin : « Si je veux éplucher une carotte, j’utilise un épluche-carotte.»

 

 

Bonne réflexion !