Le gabarit ne fait pas le moine

La complexité de la tâche

J’ai pris en photo cette description de la complexité de l’enseignement lors d’une conférence à l’été 2012. Le conférencier ajoutait que les médecins, eux, voient leurs patients un à la fois. En éducation, nous appelons ça du tutorat. Ça m’a fait réfléchir à la complexité de notre tâche. Je vais y revenir. 

Des attentes élevées

Depuis quelques années, on demande au système d’éducation d’être plus performant. Il faut faire croître le succès. Ce que nous tentons tous de faire. Or nous sentons tous sur nos épaules le poids des attentes élevées qu’a la société envers nous. 

Il faut se parler

Heureusement, à l’ère numérique, nous avons accès aux meilleures sources d’information et de formation pour améliorer continuellement notre pratique pédagogique. Une stratégie fortement recommandée, et c’est bien logique, est de créer des occasions afin de permettre aux enseignants de parler de leur pratique. Pour s’améliorer. Et, hormis son rôle administratif «copie du cartable en avant», le gabarit de planification annuelle du CSDCEO a été créé pour guider la réflexion pédagogique des enseignants et pour susciter le dialogue entre professionnels. Pour s’améliorer. 

Revenons à nos moutons

Comme mentionné plus haut, la tâche de l’enseignant est complexe et exigeante. C’est tout un art que de transmettre savoirs, savoir-faire et savoir-être à nos élèves. Et encore là, est-ce tout ce qu’on transmet ? Taylor Mali nous propose un poème intéressant (traduction, merci d’ignorer les erreurs), ou préférez-vous la vidéo (en anglais). 

Gardons l’cap !

La valeur ou la portée de notre impact au quotidien sur la vie de nos élèves peut-elle être décrite en quelques mots ? La valeur de « ce que nous faisons pour que nos élèves réussissent » se réduit-elle à ce que nous écrivons dans le gabarit de planification annuelle ? Gardons l’cap, chers collègues. L’objectif est l’amélioration continue de notre pratique. Faut-il produire des gabarits 4++ pour y arriver ? Non. Est-ce qu’en équipe-école on veut se doter de critères de qualité pour la «copie du cartable en avant» ? Sûrement. Mais outre son utilité évidente d’appui à la planification, la véritable valeur du gabarit de planification annuelle se résume aux conversations que nous avons avec nos collègues grâce à lui et à l’amélioration de notre pratique qui s’ensuit. 

La morale de l’histoire

Les enseignants sont tous des professionnels de l’éducation ayant développé une pratique pédagogique qui a de la valeur. Si vous ne me croyez pas, allez voir des enseignants dans nos écoles. Ou mieux encore, ayez une conversation avec eux. Parce qu’à la simple lecture d’un gabarit de planification annuelle, aussi bien rempli soit-il, qui peut vraiment apprécier la valeur de la pédagogie d’un enseignant ? Le gabarit ne fait pas le moine. 

Merci de partager vos réflexions en laissant un commentaire.

Il faut « casser le 100 » !

Si vous oeuvrez en éducation et essayez présentement de trouver un moyen d’intégrer la technologie de façon efficace en salle de classe, pour toutes les bonnes raisons qu’on connaît, l’analogie ou métaphore que je vous propose aujourd’hui vous aidera possiblement à déterminer comment aborder la mise en œuvre de la pédagogie à/de/pour l’ère numérique, y compris l’intégration efficace de la technologie au service de l’apprentissage. 

Les règles du jeu

Si vous avez déjà joué un peu au golf, ou si vous connaissez des gens qui jouent au golf, vous comprendrez que tous les golfeurs doivent respecter des règlements de base qui s’appliquent à tous les joueurs, peu importe le parcours où on joue. Or certains parcours proposent des règlements locaux qui tiennent compte des particularités desdits parcours.

En éducation, dans les écoles de langue française, Faire croître le succès, la nouvelle politique du MÉO, constitue les règles du jeu en matière d’évaluation du rendement des élèves. Et les conseils scolaires élaborent des lignes de conduite, des règlements administratifs ou des directives administratives qui se reflètent dans les codes de vie et les codes d’éthique des écoles (parcours) et qui, ultimement, façonnent la pratique des administrateurs et des enseignants. 

L’élan

Les golfeurs vous diront qu’il existe plusieurs théories ou méthodes pour arriver à mettre la balle dans le trou avec le moins de coups possible. Les bons golfeurs réussissent à jouer 18 trous en moins de 100 coups. C’est l’objectif ultime, mis à part le plaisir, bien sûr. Et les golfeurs qui apprécient les côtés plus techniques de l’élan essaient d’ajouter un peu d’esthétique à leur élan. Comme si le sport n’était pas assez compliqué comme ça. Ça donne à peu près ceci : On veut avoir un bel élan qui respecte la théorie, mettre la balle dans le trou avec le moins de coups possible, avec l’équipement qu’on a, sans aller au champ de pratique, tout en respectant les règlements, et sans se fâcher. Pas évident! Mais tous s’entendent pour dire que c’est le moment de l’impact qui importe. «Ça ne paraît pas sur la carte de pointage. » Les golfeurs comme Jim Furyk en sont la preuve. En effet, Jim Furyk a un élan bien à lui, que les professionnels ne conseilleraient à personne. Mais il est très performant puisqu’au moment de l’impact, ce qui compte vraiment, il est irréprochable. 

Mais où veux-tu en venir Marius? Je dois vous dire que des gens comme John Hattie m’amènent à me questionner énormément sur nos prochaines étapes en éducation. Tel que précisé dans un billet précédent, je crois fermement que c’est l’élan, la pédagogie des enseignants qui sera la clé du succès des écoles. Même à l’ère numérique. Surtout à l’ère numérique. John Hattie nous rappelle qu’il faut être conscient de l’impact que nous avons sur l’apprentissage des élèves. Savoir ce qui fonctionne avec certains élèves et pourquoi. Et même si l’élan, la pédagogie de certains enseignants, semble à première vue s’éloigner de la théorie, des modèles comme l’inukshuk, c’est l’impact sur l’apprentissage des élèves que nous devons regarder, pas la beauté de l’élan. Rappelons-nous que la théorie doit être au service de la pratique, pas l’inverse. Je crois que le monde de l’éducation est rempli de Jim Furyk : plusieurs différents élans, qui «marchent». La pédagogie, c’est un heureux mélange de science ET d’art. Ceci dit, il faut accepter que nous avons tous besoin de parler de notre élan, d’améliorer notre élan, notre pédagogie. Et je crois que l’ère numérique crée de plus en plus d’occasions de parler de pédagogie. Il faut saisir ces occasions. 

L’équipement

Étant moi-même golfeur depuis près de 25 ans, je dois vous avouer que placé devant le choix de changer d’équipement OU de prendre une leçon avec un professionnel, je choisis 99 fois sur 100 les nouveaux bâtons. Et là, ceux qui me connaissent rient probablement en imaginant la quantité de bâtons différents qui dorment dans mon garage. Vous voyez, les nouveaux bâtons nous procurent de nouvelles sensations. Ils nous permettent de frapper des coups que nous ne pouvions par exécuter auparavant. C’est tellement plaisant. Les beaux coups vont plus loin, les mauvais, plus loin dans le bois. Et le pointage final demeure inchangé. Et pourtant, on a tellement l’impression de mieux jouer. Vous me suivez? 

En éducation, il faut anticiper le même comportement chez les enseignants. C’est tout à fait normal de vouloir des iPad ou un TBI dans sa salle de classe. C’est comme avoir de nouveaux bâtons. Cependant, il faut être conscient que, comme le golfeur convaincu qu’il joue mieux avec de nouveaux bâtons, c’est pour avoir un meilleur impact sur l’apprentissage des élèves que nous souhaitons intégrer la technologie dans les salles de classe. Il faut donc accepter d’essayer d’améliorer son élan aussi. Autrement, la nouvelle technologie peut nous amener plus loin dans le bois. Et à la vue de tous! 

Conclusion

Vous n’êtes pas sans savoir que dans le passé, l’école avait le mandat d’enseigner. Et les élèves apprenaient malgré nous, malgré nos élans de 100 coups et plus dans certains cas. C’est normal, les élèves devaient simplement connaître un certain montant d’information, que les écoles leur transmettaient.

À l’ère numérique, le mandat de l’école a changé. Aucun enseignant, aussi connaissant soit-il, ne peut rivaliser avec Google. Notre rôle est dorénavant de contextualiser la matière et de développer les compétences de nos élèves. Pour y arriver, nous devons tous, administrateurs et enseignants, améliorer continuellement notre élan pédagogique. À l’ère numérique, nous devons tous casser le 100. Ensemble, pour nos élèves.

 

 

L’inukshuk : pour mettre l’élève au centre de son apprentissage!

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Cette illustration a été produite par le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP)

Depuis la publication de Faire croître le succès, la nouvelle politique du MÉO en matière d’évaluation du rendement des élèves, l’inukshuk est devenu la toile de fond de la mise en oeuvre des initiatives ministérielles dans les écoles de langue française de l’Ontario.

L’inukshuk présente visuellement la synthèse du chapitre cinq de Faire croître le succès, qui s’appuie sur la recherche de Black et Wiliam.

Dans la salle de classe traditionnelle, il est assez simple de mettre en oeuvre les deux premières pratiques pédagogiques de l’inukshuk. John Hattie ajouterait probablement qu’en plus de fournir les critères de réussite, il faudrait aussi montrer à l’élève un exemple de la tâche réussie.

Le défi, à mon avis, commence à la troisième pratique, dans le «bedon» de l’inukshuk. C’est là que l’enseignant traditionnel se bute à la nécessité de revoir son rôle. En effet, pour arriver à faire de la triangulation, pour recueillir des preuves d’apprentissage lors d’observations, de conversations et non seulement dans les productions de l’élève, l’enseignant doit mettre l’élève au centre de son apprentissage. Ce qui veut dire que l’enseignant ne peut plus simplement s’appuyer sur un corrigé, comment le pourrait-il? Si les élèves sont en action (cognitivement), l’enseignant doit développer l’art de questionner. Art qui nécessite une préparation différente. Une préparation qui accueille la pensée divergente, contrairement au corrigé traditionnel qui servait à présenter les «bonnes réponses». Et ce questionnement doit servir à informer la pratique de l’enseignant et à nourrir les rétroactions descriptives fournies par l’enseignant et par les élèves, dans les pratiques 4, 5 et 6. Le coeur et les mains de l’inukshuk.

La rétroaction constitue le coeur de l’inukshuk. On n’a qu’à penser aux jeux vidéo, à l’approche par le jeu. Qu’est-ce qui fait que les jeunes peuvent passer des heures à jouer à des jeux vidéo? Outre l’apprentissage en contexte, c’est grandement grâce à la rétroaction! Les jeunes savent instantanément s’ils sont sur la bonne piste et l’objectif est clair. D’où l’importance et la pertinence de miser sur les observations et sur les conversations pour fournir de la rétroaction aux élèves pendant qu’ils sont encore là et alors qu’ils en ont besoin.

Pour reprendre les paroles de @legamr , pour se souvenir des pratiques 5 et 6, ce sont les mains de l’inukshuk, là où l’élève est actif en tant qu’évaluateur. De lui-même et de ses pairs. Quelles belles occasions de permettre à l’élève de porter un jugement sur une tâche en s’appuyant sur des critères précis qu’il a co-construits avec son enseignant.

Finalement, la 7e pratique. Elle apparaît assez simple et évidente mais attention! Relisons le titre de l’illustration. « Pratiques pédagogiques au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage ». C’est donc dire que la 7e pratique ne se fait pas après une évaluation DE l’apprentissage, après l’autopsie! Ce serait futile. Non. La 7e pratique sous-entend que les élèves auront la chance d’utiliser la rétroaction reçue lors des pratiques 4, 5 et 6 lors de prochaines étapes de leur apprentissage. Oui oui. Vous avez bien compris. La rétroaction sert à promouvoir l’apprentissage de l’élève. Elle ne sert pas simplement à justifier une note finale.

Enfin, l’inukshuk, c’est le gros bon sens. Si on veut mettre l’élève au centre de son apprentissage!

Et vous, ajouteriez-vous une pratique à cette illustration?

Bonne réflexion!

L’école de l’ère numérique : comme gérer un gym ?

Si vous êtes un administrateur scolaire, ce billet s’adresse particulièrement à vous.

 

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de participer à une conférence de Dylan Wiliam qui portait sur l’évaluation formative (ou évaluation au service de l’apprentissage). Je me souviens avoir été impressionné par la multitude de stratégies présentées par M. Wiliam. Or au-delà des stratégies présentées, M. Wiliam nous a partagé quelques messages clés que je vous partage maintenant.

 

1. Les enseignants développent au fil du temps une expertise pédagogique bien à eux.

 

2. Les enseignants qui souhaitent améliorer leur pratique doivent choisir une ou deux nouvelles stratégies à ajouter à leur arsenal pédagogique et les perfectionner. Un petit pas à la fois, et à tous les jours.

 

3. Les connaissances des enseignants sont meilleures que nous le croyons. Ils ont davantage besoin de soutien que de formation si on souhaite qu’ils améliorent leur pratique.

 

Lors de sa conférence, M. Wiliam a fait allusion à Weight Watchers pour tenter d’expliquer l’ampleur du défi des enseignants en quête d’amélioration continue. Il a dit quelque chose comme ceci :

 

« Weight Watchers devrait être l’entreprise la moins profitable qui soit. Tout le monde connaît la recette pour garder un poids santé : faire plus d’exercice physique et manger moins. C’est tout. Weight Watchers ne révèle pas à ses membres un troisième ingrédient magique à cette recette. Il n’y en a pas. Alors pourquoi tant de gens adhèrent encore à Weight Watchers ? C’est que Weight Watchers ‘understand that they are not in the knowledge giving business but in the habit changing business’. »

 

Je me permets aujourd’hui d’ajouter à cette explication de M. Wiliam.

 

Depuis toujours, je désire ardemment être en superbe condition physique. Il y a une dizaine d’années, je me suis abonné au gym. Abonnement d’un an. Finalement, l’abonnement s’est avéré être un «don» au gym. Vous me suivez ? Et, bien malgré moi, j’ai fait quelques «dons» au gym depuis. Je me disais que le fait de payer pour un abonnement me servirait de motivation. Je n’allais quand même pas investir tout cet argent et ne rien avoir en retour. Alors un jour, je me suis dit que j’en avais assez de payer des abonnements et je me suis acheté un tapis roulant, et un vélo stationnaire. Tant qu’à payer… Et mon équipement de qualité est maintenant confortablement rangé au sous-sol. Est-ce que vous vous reconnaissez ?

 

Administrateurs scolaires, avez-vous déjà vécu l’expérience dans votre école ? Beaucoup d’équipement technologique qui ne sert pas dans votre école ?

 

Mais qu’est-ce qui a fait défaut ? Je suis en bonne condition physique quand même. Mais chaque fois que je me suis abonné au gym, j’avais la conscience et la connaissance que l’activité physique aurait été d’une grande valeur pour moi. J’étais motivé, même très motivé. Et je le suis toujours. Où est le problème ? Même avec de l’équipement de qualité chez moi, je n’y arrive pas. Et je sais que je ne suis pas le seul. Et je ne crois pas être paresseux.

 

Si j’analysais la situation comme un administrateur scolaire, je pourrais affirmer avec confiance que toutes les conditions (connaissance, motivation, équipement) étaient en place pour que je développe une condition physique remarquable. Alors pourquoi ne pas avoir eu de retour sur investissement ?

 

Je remarque que plusieurs gym offrent maintenant les services d’un entraîneur personnel. Cet entraîneur accueille un membre, apprend à le connaître, lui suggère un plan en lien avec ses objectifs personnels et l’accompagne tout au long du processus en fournissant au membre de la rétroaction descriptive et des encouragements.  Et à chaque séance d’entraînement, la relation entre l’entraîneur et le membre se développe.

 

Ça ressemble drôlement à ce que Marc Prensky nous recommande. Que l’enseignant et l’élève deviennent des partenaires. Mais quel est le rôle de l’administrateur scolaire dans tout ça ?

 

À mon avis, l’administrateur scolaire qui désire faire de son école une école de l’ère numérique doit :

 

1. Établir la vision et susciter l’engagement du personnel (s’améliorer pour les élèves)

 

2. Fournir les outils nécessaires au personnel (équipement, infrastructure, technologie)

 

3. Fournir le soutien nécessaire au personnel (appui de l’administration, appui en salle de classe, conseiller pédagogique… plusieurs personnes qui jouent le rôle de l’entraîneur personnel pour les enseignants)

 

Alors compte tenu du message de Dylan Wiliam mentionné plus haut et de l’exemple de l’entraîneur personnel, je crois qu’au-delà des formations et de l’achat d’outils technologiques, c’est le soutien offert aux enseignants au quotidien qui nous permettra de transformer nos écoles. D’où l’importance de faire de nos administrateurs scolaires des leaders pédagogiques.

 

Visiter le site DRII pour vous outiller en matière de leadership pédagogique.

 

Finalement, gérer une école de l’ère numérique, c’est un peu comme gérer un gym. Non ?

L’école à l’ère numérique : une question de pédagogie!

Contexte

Depuis quelques années déjà, l’ère numérique suscite des discussions sur l’avenir de l’éducation. Discussions qui remettent en question le modèle industriel actuel de notre système, vu la diminution continue de l’engagement des élèves et la nature évolutive de notre société de plus en plus mondiale. Des gens d’influence comme Ken Robinson nous amènent alors à repenser la raison d’être de l’école, le curriculum et à tenter de réinventer l’école, la salle de classe ainsi que le rôle de l’enseignant.

 

Points d’entrée

La dernière décennie a donc donné naissance à diverses approches pédagogiques novatrices. Khan Academy, l’iClasse, la classe renversée (flipped classroom), l’apprentissage par le jeu, l’approche par projet, l’approche par résolution de problème, la classe avec deux enseignants, la classe sans enseignant, l’apprentissage en ligne, l’apprentissage hybride, Twitter, Edmodo, D2L, iPad, iPod, TBI… les points d’entrée pleuvent pour ceux qui désirent préparer leurs élèves pour le 21e siècle, qui a déjà 13 ans, faut-il le rappeler.

 

Pédagogie efficace!

Mais attention ! Avant de choisir un format ou un outil quelconque, la plupart des experts dans le domaine de l’apprentissage à l’ère numérique s’entendent, et c’est tant mieux, sur l’importance d’une pédagogie efficace. Marc Prensky propose quatre catégories de verbes à cibler pour une pédagogie efficace à l’ère numérique. Le CFORP (Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques) a produit un Inukshuk qui reflète les 7 pratiques pédagogiques efficaces en matière d’évaluation au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage. Dylan Wiliam nous rappelle qu’un élève ne peut démontrer des compétences du 21e siècle sans d’abord démontrer des compétences du 19e siècle. Selon M. Wiliam, il n’y aurait qu’une seule compétence du 21e siècle : apprendre à apprendre. Pour ce faire, il importe de développer chez nos élèves les 4C, comme le montre bien le modèle du P21 (partnership for the 21st century skills).

 

Notre cible : faire différemment

Alors oui, attention ! Nous voulons susciter l’engagement des élèves, mais nous voulons aussi qu’ils apprennent. Le modèle transformationnel pour la classe du 21e siècle (via @DRvoletII) illustre bien ce que nous souhaitons tous accomplir : créer la salle de classe où l’élève engagé apprend, développe des compétences, ses talents et construit son identité. Pour y arriver, nous devons faire les choses différemment.

 

Des lunettes pour voir différemment

Les 4 métaphores pour illustrer où l’apprentissage a lieu est un document adapté (traduction libre) de Spaces and Places (via @FrTurpin). On y présente les intentions pédagogiques qui pourraient sous-tendre l’aménagement physique de la salle de classe de l’ère numérique.

 

En pensant à vos expériences personnelles, qu’est-ce qui vous a permis de faire des apprentissages durables et profonds ? Personnellement, j’ai besoin de chacune des métaphores, dans l’ordre ou dans le désordre, dans ma vie professionnelle pour faire des apprentissages significatifs.

 

1. Le feu de camp : Je dois recevoir de la formation professionnelle formelle.

 

2. L’abreuvoir : J’ai besoin du temps d’échange avec mes collègues pour valider  ou confronter mes idées ou ma compréhension de divers sujets aux idées et perceptions de mes collègues.

 

3. La caverne : J’ai besoin de pouvoir faire le vide et de réfléchir seul. Cela me permet de déterminer ce que je retiens, ce que je rejette, ce qui n’est toujours pas clair pour moi.

 

4. Le vie ou le sommet de la montagne : J’ai besoin d’occasions où je dois utiliser mes nouveaux apprentissages dans des contextes authentiques. Le simple fait de devoir me préparer et d’avoir à verbaliser ma compréhension d’un sujet en particulier m’aide à consolider mes nouveaux apprentissages. Surtout si je dois répondre aux questions des participants.

 

 

3 Questions du #Claved du 10 octobre 2012

 

#Q1 : En tenant compte de l’élève de l’ère numérique, comment ces 4 métaphores peuvent-elles guider votre planification pédagogique ?

 

 

#Q2 : Comment ces 4 métaphores influencent-elles l’aménagement physique de votre salle de classe ? Vous pouvez vous inspirer de 20 Things Educators Need to Know about Learning Spaces (via @tonnet)

 

#Q3 : En tenant compte de vos objectifs pédagogiques, quels outils viennent faciliter l’apprentissage et développer les compétences des élèves dans chacune des 4 métaphores ? Vous pouvez consulter le Top 100 Tools for Learning 2012 (via @c4lpt) pour déterminer quels outils peuvent vous aider à atteindre vos objectifs pédagogiques. Pour reprendre les paroles de Roberto Gauvin : « Si je veux éplucher une carotte, j’utilise un épluche-carotte.»

 

 

Bonne réflexion !

 

 

L’avenir de l’apprentissage

Voici une vidéo très intéressante. À mon avis, la plus intéressante depuis Ken Robinson. Merci @sstasse!

Ce que je retiens :
1. Le système d’éducation actuel est très bon pour désengager les élèves.

2. Le système d’éducation actuel est conçu pour produire des versions identiques de nos élèves.

3. Comment pouvons-nous demander aux élèves d’être désengagés pendant une heure, et l’accepter?

4. Est-ce que l’arithmétique est une compétence obsolète?

5. L’arithmétique deviendra-t-elle un sport?

6. Le curriculum de 2031 comporte trois éléments : La compréhension de lecture; La compétence à rechercher et à retrouver l’information; La compétence à reconnaître la pertinence ou la justesse d’une information.

Et vous? Vous retenez quoi?

Bon visionnement.

En vrà pis online!

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est ma fête. La fête de qui je suis. En fait, c’est la fête de qui nous sommes. Environ 583 000 qui sommes. Le 25 septembre, c’est la fête des Franco-Ontariens et des Franco-Ontariennes. Les personnes, pas le drapeau. On ne peut quand même pas être réduits à un drapeau. Je veux dire, je suis fier de mon drapeau. Mais un Franco-Ontarien, c’est beaucoup plus que ça. Souvent, quand je rencontre des francophones hors-Ontario, je me surprends à tenter d’expliquer qui je suis. «Qu’est-ce ça mange en hiver, un Franco-Ontarien?» Et je commence souvent par expliquer, qu’en effet, je ne suis pas de la France ou d’autres régions du monde mieux nanties en matière de francophonie. Mon accent «d’ailleurs» me trahit. Et j’enchaîne en précisant d’abord qui je ne suis pas. Ne pas être. N’être pas. Naître pas. Or je suis. Francophone. Mais de l’Ontario. Bizarre. Que j’existe. Hébétude partagée. J’avais toujours cru que la langue française unissait les francophones de la planète. Or je me demande parfois si la Géographie n’est pas devenue plus importante que le Français. Je vois déjà le débat entre les enseignants. Vous me suivez? Et quand je reviens à la maison, je réfléchis. Les mots qui tantôt m’auraient si bien servi, m’auraient si bien défini, me viennent à l’esprit. «Ah oui! J’aurais donc dû dire ça, et ça! …(soupir) La prochaine fois.» Et à ces moments-là, comme lors d’activités comme celle que j’ai vécue aujourd’hui, je me surprends à ressentir une sorte de mélancolie passagère à l’idée de ne pas pouvoir mieux faire valoir qui je suis. Comme un adolescent sûr de lui qui attend simplement que les adultes le reconnaissent à sa juste valeur. «Prends-la, ta place!». Notre place. Pour un avenir meilleur. 

Dans ce contexte, j’affronte avec plusieurs collègues, heureusement, le noble défi de transmettre une culture et un désir d’apprendre à des milliers d’élèves dans nos écoles. De l’ère numérique. Double défi. D’abord, comment pouvons-nous créer chez nos élèves un réel désir d’apprendre? Quelles expériences d’apprentissage permettront à nos élèves de développer les compétences nécessaires à/de/pour l’ère numérique. J’oublie une préposition? Deuxièmement, comment allons-nous assurer la construction identitaire de nos élèves, afin qu’ils sachent prendre leur place dans un monde de plus en plus, mondial? Culture, croyances, valeurs, identité personnelle, identité numérique, talents. «Qui suis-je? Je suis bon à faire quoi? Quelle est ma passion? Pourquoi les adultes disent-ils que je réussis?» Nos élèves devraient être en mesure de répondre à ces questions fondamentales, si on veut parler d’une éducation axée sur la réussite globale des élèves.

Double défi alors. Que nous tentons tous de relever en éducation, comme de susciter l’engagement des élèves, entre autres. Je réitère alors un message de mon premier billet : « J’espère pouvoir compter sur vos commentaires, sur vos questions, votre vécu, vos suggestions, chers lecteurs. » Où que vous soyez, j’apprécie nos collaborations.

Je suis Marius Bourgeoys, un Franco-Ontarien. En personne et en ligne. Ou, devrais-je dire «Chu moé, en vrà pis online».