Tac2015 – Mon top 10

À titre de leader pédagogique de l’équipe TacTIC, j’ai eu la chance de participer à l’organisation de Tac2015 – Oser innover, qui a eu lieu les 8, 9 et 10 décembre 2015 au Courtyard Marriott à Toronto. Tac2015 était une conférence provinciale pour les 70 écoles et 12 conseils scolaires francophones de l’Ontario accompagnés par notre équipe cette année. Nous avons accueilli près de 270 personnes!

Le but de la conférence était d’offrir aux participants une occasion de se rencontrer, d’élargir leur réseau d’apprentissage personnel et de participer à une variété d’ateliers en lien avec l’enseignement et l’apprentissage à l’ère numérique, dans une perspective d’innovation. Les participants ont également assisté  à une conférence d’Yves Amyot portant sur la créativité, à une conférence de Luc Dupont portant sur la gestion de l’image de marque des écoles et à un forum d’experts animé par Thierry Karsenti. L’ensemble de la conférence était animé par le groupe Improtéine, une fierté pour les Franco-Ontariens.

Au cours de la conférence, j’ai eu l’occasion de converser avec plusieurs passionnés de l’éducation. Quelle expérience d’apprentissage exceptionnelle!

Comme dirait @gcouros, « La personne la plus intelligente dans la pièce, c’est la pièce. » (traduction libre)

Voici le top 10 de ce que je retiens de Tac2015 :

1. Oser innover

Le thème de la conférence se voulait une invitation à passer à l’action. En effet, pour espérer apporter les changements qui s’imposent en éducation, les principaux acteurs à tous les échelons doivent oser innover. Oser innover, c’est oser attirer les regards des autres, c’est oser se tromper, oser proposer des idées qui dérangent le statut quo, oser se dépasser, oser remettre en question sa propre pratique. Oser innover, c’est accepter d’être leader, d’être un agent de changement.

2. Des êtres de relation

En accueillant les divers participants en début de soirée le 8 décembre, j’étais épaté par l’énergie et le momemtum que suscitait cette occasion de rencontre et d’apprentissage. Les gens rencontraient des collègues qu’ils n’avaient pas vus depuis un certain temps et partagaient des anecdotes de leur école, expliquaient le trajet qu’ils venaient de parcourir pour se rendre à Toronto, des projets de leur école etc. En observant les diverses conversations qui avaient lieu tout autour de moi, je ne pouvais m’empêcher de faire le lien avec nos salles de classe. Nous avons une profession humaine, nous sommes, comme nos élèves, des êtres de relation. Aucune application ne viendra remplacer cela. Au coeur de la salle de classe la plus transformée qui soit se trouve un enseignant ou une enseignante, en relation avec ses élèves. Ça, ça ne changera jamais selon moi.

3. Zone proximale d’innovation

L’innovation est le thème de l’heure en éducation. George Couros a publié récemment The Innovator’s Mindset, une ressource incontournable à mon avis pour les leaders de nos écoles. Dans son oeuvre, il s’inspire de la zone proximale de développement de Vygotski et parle d’une zone proximale d’innovation. Dans son discours d’ouverture, Céline Drouin a présenté un visuel inspiré de l’oeuvre de George Couros. Elle y présente les comportements et attitudes à adopter pour réussir à innover en éducation. Voici un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet, qui illustre bien ces propos.

ZPI

4. Pédagogie rhizomatique

Lors de sa conférence d’ouverture, Yves Amyot a invité les gens à recourir à une pédagogie rhizomatique. Ce que j’en retiens c’est que lorsque l’on réunit des composantes ou des stratégies qui ne vont pas naturellement ensemble, ça peut donner des résultats intéressants. M. Amyot nous a présenté divers projets qui faisaient appel à des éléments sonores. Voici un sketchnote de Joël Charlebois et un sketchnote de Marie-Andrée Ouimet qui résument bien la conférence d’ouverture.

Sketchnote JC conf ouverture.jpegSketchnote conférence d'ouverture MAO.jpeg

5. La culture franco-ontarienne

Le groupe Improtéine a grandement contribué au succès de la conférence à mon avis. Leur présence m’a fait constater à quel point nous avons une culture bien à nous, nous qui sommes des Franco-Ontariens. Rires, chansons, improvisation, dérision, animation, sketchs, défis etc. étaient au rendez-vous. Merci à Improtéine de nous avoir installés dans le moment présent, d’avoir fait des liens entre les jours, entre les ateliers dans un contexte humoristique. Il y a plusieurs liens à faire avec le climat scolaire positif! Voici un extrait vidéo (Il faut cliquer sur l’image. Merci à Roxanne et Tiffany!)

6. L’apprentissage personnalisé

Une grande variété d’ateliers ont été offerts aux participants. En tout, 50 ateliers en 5 blocs. Ces ateliers ont été préparés par des gens qui sont sur le terrain et qui connaissent bien leur clientèle. À la lumière des commentaires que j’ai reçus jusqu’à présent, je crois que le format (ateliers au choix) et le contenu des ateliers a permis un apprentissage plus personnalisé et axé sur les besoins des participants. Je crois que c’est ce qu’on tente de faire dans nos salles de classe actuellement. Comment donc offrir une expérience scolaire personnalisée à nos élèves? Un bon point de départ est de faire une place à la voix de l’élève, à mon avis.

7. Twitter et l’apprentissage professionnel

Dès l’arrivée des participants, le mot-clic de la conférence (#tac2015dec storify) était très actif. On y retrouvait plusieurs messages et photos. Twitter a été utilisé dans quelques ateliers également. Je crois que les gens sont de plus en plus conscients que Twitter permet de se réseauter et d’apprendre quand on veut. Comme je le mentionnais dans le cadre de l’atelier pour directions que j’ai offert avec mon collègue Joël McLean, Twitter a contribué à environ 85% de mes apprentissages au cours des 5 dernières années. L’apprentissage professionnel, contrairement au développement professionnel, c’est stimulant et motivant. Je ne pourrais plus m’en passer. Je souhaite la même expérience à mes collègues et je vais continuer de les appuyer en ce sens. Le changement en éducation, ça passe beaucoup par les directions d’école et nous ne pouvons pas le faire seuls, en silos.

Capture d’écran 2015-12-13 à 16.05.41.png

8. Google et l’image de marque de votre école

Luc Dupont m’a complètement estomaqué. Sa conférence sur la gestion de l’image de marque de nos écoles était personnalisée, humoristique, claire, appuyée, détaillée et combien pertinente pour nous! En gros, il faut comprendre que Google est l’engin de recherche de choix présentement. Si on veut que les gens trouvent les bonnes informations au sujet de notre école, il faut comprendre comment Google choisit quels sites ou informations apparaissent en premier dans les résultats de recherche. Il faut également comprendre comment lier efficacement ensemble nos différentes plateformes numériques / médias sociaux. Voici deux magnifiques sketchnotes de Marie-Andrée Ouimet et Joël Charlebois.

Luc Dupont MAO.jpgLuc Dupont JC.jpg

9. Mindset

Pendant le forum, les membres du panel ont partagé plusieurs réflexions intéressantes. On a fait un parallèle entre une salle de classe du préparatoire et la salle de classe à l’ère numérique que nous voulons créer à tous les niveaux. Bianca Girard nous parlait de l’importance de l’initiative, de la collaboration et de l’autonomie en salle de classe. Yves Mainville a partagé une réflexion très intéressante également que je paraphrase. Montre-moi une équipe passionnée et engagée dans une cause commune et je vais te montrer une équipe qui saura relever n’importe quel défi. Somme toute, je retiens du panel que le mindset requis pour mener le changement dans nos écoles est probablement l’ingrédient le plus important. George Couros a produit un sketchnote à ce sujet. Le voici.

innovmindset.jpeg

10. APA

Avant, Pendant, Après. APA. Avant la conférence, nous avons invité les participants à se fixer un objectif d’apprentissage personnel, une intention de participation. Comme le mentionnait mon collègue Rodrigue St-Jean dans un tweet, la conférence (pendant) étant terminée, il importe de se donner un défi à relever dès lundi matin (après). Quelles actions concrètes allons-nous poser suite à nos apprentissages? Ce n’est pas ce qu’on sait qui est important, c’est ce qu’on fait avec ce qu’on sait qui importe. Et comme je le mentionnais lors de mon atelier, ce n’est pas parce que la conférence est terminée qu’il faut arrêter d’apprendre. Je vous relance donc l’invitation à participer à notre premier #TacEdChat, ce mercredi 16 décembre à 20 h. Ce chat sera animé par moi-même (@bourmu) et par Joël McLean (@jprofNB). Au plaisir!

 

Et vous, quel est votre top 10? Qu’ajouteriez-vous à cette liste?

Bon succès dans vos prochaines étapes!

Merci aux artistes qui ont partagé leurs sketchnotes!

 

De Blockbuster à Netflix!

Dans une conférence Ted intitulée The Art of Innvation, Guy Kawasaki explique l’art de l’innovation tout en illustrant les défis que peuvent rencontrer les entreprises qui doivent innover. Je crois qu’il existe un lien étroit entre son message et l’innovation qui doit avoir lieu dans nos écoles au cours des prochaines années.

Pour illustrer le défi que consiste l’innovation, il utilise l’exemple de la glace. La glace 1.0, c’est à l’époque où des gens taillaient la glace dans des étendues d’eau et la revendaient. La glace 2.0, c’est l’époque où des entreprises produisaient de la glace, la distribuaient et la revendaient. La glace 3.0, c’est notre époque, l’époque des congélateurs. Tout le monde a maintenant une machine à faire de la glace à domicile. Ce qui est intéressant dans l’exemple de la glace, c’est que l’innovation est venue de l’extérieur. L’entreprise de la glace 1.0 n’est pas devenue une entreprise de glace 2.0. Non. Elle a été remplacée par l’entreprise de glace 2.0, qui a été remplacée par l’entreprise de glace 3.0. Guy Kawasaki attribue cette réalité au fait que trop d’entreprises s’appuient sur un énoncé de mission ou sur ce qu’ils font plutôt que d’avoir un mantra clair, une raison d’être bien définie qui va au-delà du présent et qui permet d’innover.

Un autre exemple d’un manque d’innovation serait l’industrie du cinéma à la maison. Je ne me souviens plus où j’ai entendu ça récemment, peut-être était-ce à  la radio… On parlait de Blockbuster qui avait eu l’occasion d’acquérir Netflix à quelques reprises, mais les dirigeants de Blockbuster, refusant d’innover, sont passés à côté d’une belle occasion de continuer d’exister. Qui ne se souvient pas du processus? Il fallait se rendre dans une succursale pour prendre connaissance de la sélection de films et espérer qu’il y aurait une copie disponible pour la location, qu’il fallait rapporter au magasin dans X jours… Ouf! Finalement, comme d’autres industries n’ayant pas innové, ils ont été remplacés par Netflix, entre autres.

Capture d’écran 2015-11-30 à 19.25.45

Contrairement à l’industrie de la glace ou du cinéma maison, nos écoles doivent innover et se transformer afin de répondre aux besoins et aux attentes de la société. Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. Et là e vous épargne les liens entre le modèle actuel et Blockbuster ainsi que les liens entre Netflix et l’école que nous souhaitons pour nos élèves. Le monde de l’éducation ne sera pas remplacé à mon avis, or les salles de classes, les écoles et les conseils scolaires qui innovent plus rapidement risquent d’être sollicités par les élèves qui, faut-il le rappeler, souhaitent de plus en plus recevoir un enseignement personnalisé.

« Nos écoles doivent passer de Blockbuster à Netflix. »

Voici 2 endroits où les écoles doivent innover dans les prochaines années :

      1. Les cours en ligne!

Je crois fermement que tous les élèves devraient avoir à suivre un cours en ligne avant la fin de leur secondaire. C’est une expérience qui permet de développer des compétences essentielles pour l’ère numérique. C’est également une façon efficace de vivre l’éducation autrement, une éducation davantage personnalisée. Ce n’est pas seulement une question de choix ou d’offre de cours!

Quelle est votre stratégie pour vous assurer que tous les élèves de votre école secondaire suive au moins un cours en ligne d’ici 2018?

C’est un pensez-y bien d’un point de vue engagement et apprentissage, oui, mais aussi d’un point de vue vitalité. Je m’explique. Présentement, les élèves qui fréquentent une école doivent généralement demeurer dans la zone de l’école, la bâtisse. Dans combien d’années les élèves pourront-ils choisir leur école virtuelle?

2. L’EAV : l’extension virtuelle de l’école

Il va sans dire qu’un des grands avantages de l’ère numérique, c’est l’accès à l’information et aux gens 24/7. D’où l’importance d’offrir un environnement d’apprentissage virtuel à nos élèves. Pour certaines écoles, c’est Google Classroom, pour d’autres, c’est l’EAV du MÉO. Peu importe le choix de la plateforme, c’est ce qu’on en fait qui importe.

Les enseignants qui ont le plus de succès avec un EAV présentement sont ceux qui l’utilisent pour donner à leurs élèves un accès à l’information (devoirs, travaux, agenda, réflexions, évaluations). Ce qui est fort intéressant, c’est que cet environnement peut également servir à favoriser les échanges et les discussions avant et après les heures de classe également (blogue, travail de collaboration). Ce qui est compréhensible.

Si les élèves ne viennent plus à l’école pour l’information, ils viennent pour quoi? Je crois que c’est pour collaborer et pour être engagés dans des processus d’apprentissage stimulants. L’EAV vient appuyer en servant de lieu central où trouver l’information, où entreposer des preuves d’apprentissage, des traces des discussions, des réflexions. Oui, les élèves viennent à l’école pour s’engager dans des activités qu’ils ne peuvent accomplir que parce qu’ils sont à l’école (collaborer, développer des habiletés d’apprentissage et habitudes de travail…). Les élèves viennent désormais à l’école pour développer le goût d’apprendre. L’EAV permet de poursuivre l’apprentissage et agit comme une sorte de plateforme pour le réseau d’apprentissage personnel des élèves.

L’utilité de l’EAV ne se limite pas à la salle de classe. Il est tout aussi utile pour les administrateurs d’écoles et leur personnel.

Quel environnement d’apprentissage virtuel fournissez-vous à vos élèves? À votre personnel?

En effet, nos salles de classe et nos écoles doivent se transformer.

C’est une question d’engagement, d’apprentissage et de vitalité!

Quel est votre mantra? Quelle est votre raison d’être?

Si ça ressemble à « éducation de qualité pour tous nos élèves», il faudrait donc se pencher sur ce que ça veut dire en 2015.

Le virage, c’est une question d’empathie!

En survolant mon fil Twitter dernièrement, je suis tombé sur une vidéo (ci-bas) très intéressante de @DevorahHeitner portant sur les défis d’élever les enfants natifs du numérique. Cette dame prétend que l’empathie est la clé, pour nous tous, à l’ère où les communications numériques envahissent notre quotidien. Ça m’a amené à me questionner. Comment se sentent les élèves dans nos écoles présentement? Aborde-t-on les défis authentiques qui les touchent réellement?

Du même coup, je faisais des liens avec un récent billet (Maybe Not Tomorrow, but When?)de @gcouros portant sur l’importance d’aborder les divers aspects de la citoyenneté numérique avec nos élèves, oui, mais également avec toute la communauté scolaire. J’apprécie particulièrement son échelle d’auto-évaluation (ci-bas). Où vous situez-vous?

Dans un autre billet, @gcouros propose 3 défis à long terme pour les écoles.

Cette image (ci-bas) de @justintarte est un exemple concret qui devrait nous inciter à passer à l’action.

Ma question pour vous : Quel est votre plan d’action 15-16 pour vous assurer que vos élèves soient «bien Googlés» et des citoyens numériques avisés et responsables?

C’est une question d’empathie!

Merci de partager vos commentaires et vos bonnes idées!

L’inukshuk : pour mettre l’élève au centre de son apprentissage!

Image
Cette illustration a été produite par le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (CFORP)

Depuis la publication de Faire croître le succès, la nouvelle politique du MÉO en matière d’évaluation du rendement des élèves, l’inukshuk est devenu la toile de fond de la mise en oeuvre des initiatives ministérielles dans les écoles de langue française de l’Ontario.

L’inukshuk présente visuellement la synthèse du chapitre cinq de Faire croître le succès, qui s’appuie sur la recherche de Black et Wiliam.

Dans la salle de classe traditionnelle, il est assez simple de mettre en oeuvre les deux premières pratiques pédagogiques de l’inukshuk. John Hattie ajouterait probablement qu’en plus de fournir les critères de réussite, il faudrait aussi montrer à l’élève un exemple de la tâche réussie.

Le défi, à mon avis, commence à la troisième pratique, dans le «bedon» de l’inukshuk. C’est là que l’enseignant traditionnel se bute à la nécessité de revoir son rôle. En effet, pour arriver à faire de la triangulation, pour recueillir des preuves d’apprentissage lors d’observations, de conversations et non seulement dans les productions de l’élève, l’enseignant doit mettre l’élève au centre de son apprentissage. Ce qui veut dire que l’enseignant ne peut plus simplement s’appuyer sur un corrigé, comment le pourrait-il? Si les élèves sont en action (cognitivement), l’enseignant doit développer l’art de questionner. Art qui nécessite une préparation différente. Une préparation qui accueille la pensée divergente, contrairement au corrigé traditionnel qui servait à présenter les «bonnes réponses». Et ce questionnement doit servir à informer la pratique de l’enseignant et à nourrir les rétroactions descriptives fournies par l’enseignant et par les élèves, dans les pratiques 4, 5 et 6. Le coeur et les mains de l’inukshuk.

La rétroaction constitue le coeur de l’inukshuk. On n’a qu’à penser aux jeux vidéo, à l’approche par le jeu. Qu’est-ce qui fait que les jeunes peuvent passer des heures à jouer à des jeux vidéo? Outre l’apprentissage en contexte, c’est grandement grâce à la rétroaction! Les jeunes savent instantanément s’ils sont sur la bonne piste et l’objectif est clair. D’où l’importance et la pertinence de miser sur les observations et sur les conversations pour fournir de la rétroaction aux élèves pendant qu’ils sont encore là et alors qu’ils en ont besoin.

Pour reprendre les paroles de @legamr , pour se souvenir des pratiques 5 et 6, ce sont les mains de l’inukshuk, là où l’élève est actif en tant qu’évaluateur. De lui-même et de ses pairs. Quelles belles occasions de permettre à l’élève de porter un jugement sur une tâche en s’appuyant sur des critères précis qu’il a co-construits avec son enseignant.

Finalement, la 7e pratique. Elle apparaît assez simple et évidente mais attention! Relisons le titre de l’illustration. « Pratiques pédagogiques au service de l’apprentissage et en tant qu’apprentissage ». C’est donc dire que la 7e pratique ne se fait pas après une évaluation DE l’apprentissage, après l’autopsie! Ce serait futile. Non. La 7e pratique sous-entend que les élèves auront la chance d’utiliser la rétroaction reçue lors des pratiques 4, 5 et 6 lors de prochaines étapes de leur apprentissage. Oui oui. Vous avez bien compris. La rétroaction sert à promouvoir l’apprentissage de l’élève. Elle ne sert pas simplement à justifier une note finale.

Enfin, l’inukshuk, c’est le gros bon sens. Si on veut mettre l’élève au centre de son apprentissage!

Et vous, ajouteriez-vous une pratique à cette illustration?

Bonne réflexion!

L’école de l’ère numérique : comme gérer un gym ?

Si vous êtes un administrateur scolaire, ce billet s’adresse particulièrement à vous.

 

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de participer à une conférence de Dylan Wiliam qui portait sur l’évaluation formative (ou évaluation au service de l’apprentissage). Je me souviens avoir été impressionné par la multitude de stratégies présentées par M. Wiliam. Or au-delà des stratégies présentées, M. Wiliam nous a partagé quelques messages clés que je vous partage maintenant.

 

1. Les enseignants développent au fil du temps une expertise pédagogique bien à eux.

 

2. Les enseignants qui souhaitent améliorer leur pratique doivent choisir une ou deux nouvelles stratégies à ajouter à leur arsenal pédagogique et les perfectionner. Un petit pas à la fois, et à tous les jours.

 

3. Les connaissances des enseignants sont meilleures que nous le croyons. Ils ont davantage besoin de soutien que de formation si on souhaite qu’ils améliorent leur pratique.

 

Lors de sa conférence, M. Wiliam a fait allusion à Weight Watchers pour tenter d’expliquer l’ampleur du défi des enseignants en quête d’amélioration continue. Il a dit quelque chose comme ceci :

 

« Weight Watchers devrait être l’entreprise la moins profitable qui soit. Tout le monde connaît la recette pour garder un poids santé : faire plus d’exercice physique et manger moins. C’est tout. Weight Watchers ne révèle pas à ses membres un troisième ingrédient magique à cette recette. Il n’y en a pas. Alors pourquoi tant de gens adhèrent encore à Weight Watchers ? C’est que Weight Watchers ‘understand that they are not in the knowledge giving business but in the habit changing business’. »

 

Je me permets aujourd’hui d’ajouter à cette explication de M. Wiliam.

 

Depuis toujours, je désire ardemment être en superbe condition physique. Il y a une dizaine d’années, je me suis abonné au gym. Abonnement d’un an. Finalement, l’abonnement s’est avéré être un «don» au gym. Vous me suivez ? Et, bien malgré moi, j’ai fait quelques «dons» au gym depuis. Je me disais que le fait de payer pour un abonnement me servirait de motivation. Je n’allais quand même pas investir tout cet argent et ne rien avoir en retour. Alors un jour, je me suis dit que j’en avais assez de payer des abonnements et je me suis acheté un tapis roulant, et un vélo stationnaire. Tant qu’à payer… Et mon équipement de qualité est maintenant confortablement rangé au sous-sol. Est-ce que vous vous reconnaissez ?

 

Administrateurs scolaires, avez-vous déjà vécu l’expérience dans votre école ? Beaucoup d’équipement technologique qui ne sert pas dans votre école ?

 

Mais qu’est-ce qui a fait défaut ? Je suis en bonne condition physique quand même. Mais chaque fois que je me suis abonné au gym, j’avais la conscience et la connaissance que l’activité physique aurait été d’une grande valeur pour moi. J’étais motivé, même très motivé. Et je le suis toujours. Où est le problème ? Même avec de l’équipement de qualité chez moi, je n’y arrive pas. Et je sais que je ne suis pas le seul. Et je ne crois pas être paresseux.

 

Si j’analysais la situation comme un administrateur scolaire, je pourrais affirmer avec confiance que toutes les conditions (connaissance, motivation, équipement) étaient en place pour que je développe une condition physique remarquable. Alors pourquoi ne pas avoir eu de retour sur investissement ?

 

Je remarque que plusieurs gym offrent maintenant les services d’un entraîneur personnel. Cet entraîneur accueille un membre, apprend à le connaître, lui suggère un plan en lien avec ses objectifs personnels et l’accompagne tout au long du processus en fournissant au membre de la rétroaction descriptive et des encouragements.  Et à chaque séance d’entraînement, la relation entre l’entraîneur et le membre se développe.

 

Ça ressemble drôlement à ce que Marc Prensky nous recommande. Que l’enseignant et l’élève deviennent des partenaires. Mais quel est le rôle de l’administrateur scolaire dans tout ça ?

 

À mon avis, l’administrateur scolaire qui désire faire de son école une école de l’ère numérique doit :

 

1. Établir la vision et susciter l’engagement du personnel (s’améliorer pour les élèves)

 

2. Fournir les outils nécessaires au personnel (équipement, infrastructure, technologie)

 

3. Fournir le soutien nécessaire au personnel (appui de l’administration, appui en salle de classe, conseiller pédagogique… plusieurs personnes qui jouent le rôle de l’entraîneur personnel pour les enseignants)

 

Alors compte tenu du message de Dylan Wiliam mentionné plus haut et de l’exemple de l’entraîneur personnel, je crois qu’au-delà des formations et de l’achat d’outils technologiques, c’est le soutien offert aux enseignants au quotidien qui nous permettra de transformer nos écoles. D’où l’importance de faire de nos administrateurs scolaires des leaders pédagogiques.

 

Visiter le site DRII pour vous outiller en matière de leadership pédagogique.

 

Finalement, gérer une école de l’ère numérique, c’est un peu comme gérer un gym. Non ?

Pourquoi d’abord, ensuite vient la confiance

Voici une autre vidéo intéressante de Simon Sinek. Il présente ici le concept du «split» que peuvent vivre certaines entreprises ou certaines écoles.

Ce que je retiens :

1. Quand les leaders mettent l’accent sur le Quoi, le niveau de stress augmente au sein du personnel et le niveau d’engagement diminue.

2. Quand les leaders mettent l’accent sur le Pourquoi, le niveau de stress diminue et la passion des gens qui partagent les mêmes croyances et valeurs augmente.

Dans votre école, les gens sont-ils stressés? Le niveau d’engagement est-il élevé? Vos communications avec le personnel pourraient-elles influencer les gens?

Quels constats avez-vous faits en visionnant la vidéo?

Les leaders qui inspirent communiquent de cette façon.

Vidéo inspirante de Simon Sinek.

Voici ce que je retiens :

1. La plupart des gens qui travaillent pour une organisation savent ce qu’ils font (Quoi), plusieurs savent comment ils le font (Comment) mais peu de gens savent pourquoi ils font ce qu’il font (Pourquoi). À part le profit. Quelle est le but, la mission de votre organisation? Quelle est la mission de votre école? Les leaders qui inspirent communiquent d’abord le Pourquoi.

2. Les gens n’adhèrent pas à ce que vous faites, ils adhèrent à votre mission, au Pourquoi de votre entreprise.

3. L’objectif de votre entreprise n’est pas de faire affaire avec des gens qui ont besoin de votre produit, c’est de faire affaire avec les gens qui partagent les mêmes valeurs que vous. Vous pouvez faire des liens avec le leadership en éducation?

4. En communiquant d’abord le Pourquoi, le leader rejoint la partie du cerveau qui influence le comportement, les émotions et la confiance des gens. En communiquant le Quoi, on s’adresse seulement au cerveau des gens, mais on ne rejoint pas le coeur des gens. Les enseignants sont des gens de tête ou de coeur?

5. Ce que nous faisons n’est qu’une simple preuve de nos croyances.

Et vous? Qu’est-ce que vous retenez? Quels liens avec le leadership en éducation faites-vous?