La grande distraction

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter un court atelier avec mon collègue @jpronb dans le cadre du Colloque des directions d’établissement scolaire francophone du Canada à Québec. La journée était animée par @thierryUdM. Il y avait environ 50 participants.

Après la conférence d’ouverture de Thierry Karsenti, un des participants a raconté au groupe l’impact qu’avait eu le iPad pour un des élèves de son école primaire. Un jeune garçon, appelons-le Simon, avait beaucoup de difficultés en mathématiques. Grâce au iPad et à quelques applications bien choisies, Simon est devenu le meilleur de sa classe en addition et en soustraction. Wow! Ce n’est pas rien. Quel impact, en effet!

Les limites de la technologie

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Selon le participant, qui est en fait le directeur de l’école, Simon n’avait pas de bonnes habiletés sociales. Il était différent quand il n’avait pas accès au iPad. De sorte que la direction remettait en question les bienfaits du iPad dans son école. Ça m’a fait réfléchir. La technologie a sans doute ses limites. La technologie ne peut pas tout faire. Et comme le dirait George Couros, si on place la technologie entre les mains d’un bon pédagogue, on peut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Mais que faire pour Simon?

Empathie

Si je me place dans la peau du jeune Simon, je peux très bien m’imaginer comment il a dû se sentir avant de devenir le meilleur de sa classe en mathématiques. Selon le directeur, Simon était un élève en retrait, avait de la difficulté à se faire des amis et n’avait pas beaucoup de succès à l’école. Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. Comme adulte, quand on trouve un outil technologique qui améliore notre rendement, notre efficacité, on ne veut pas s’en défaire! Pensez à votre cellulaire, par exemple. Pour Simon, un jeune garçon du primaire… Hmmmm. Le problème, ce n’est pas le iPad. Il faut voir dans le comportement de Simon, le réel besoin de l’enfant… et les limites d’un outil.

Le iPad lui a permis de se démarquer, de vivre du succès. À l’école. Quand on devient le meilleur de sa classe en mathématiques, notre statut social change. À sa place, moi non plus je ne voudrais pas me défaire du iPad. @bourmu

Les usages de la technologie

Dans sa conférence d’ouverture, Thierry Karsenti mentionnait que la clé dans l’intégration de la technologie, c’est que nous devons tous être techno-réfléchis. Il faut comprendre comment un outil peut nous aider, ou aider les élèves. Il faut aussi reconnaître quand un outil n’aide pas ou n’a pas d’impact. Dans le cas de Simon, le iPad a fait son travail. En effet, il a permis à Simon de s’améliorer beaucoup en mathématiques. Il est même devenu très motivé, voire engagé. Si ses habiletés sociales se sont déterriorées, c’est qu’il a besoin de soutien d’un être humain pour développer cet aspect de sa personne. Il faut également savoir que Simon se sent très en confiance avec son iPad puisqu’il a vécu du succès grâce à l’outil. S’il vit du succès socialement grâce à l’appui d’une personne, il se sentira aussi en confiance avec cette personne. C’est logique. Il faut simplement y penser et faire preuve d’empathie. Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables.

Il faut se souvenir que ce sont les usages de la technologie qui la rendent utile ou non. Et les usages, ce sont les usagers qui en sont responsables. @bourmu

Au-delà de l’histoire de Simon

L’histoire du petit Simon m’a beaucoup fait réfléchir. Je me suis demandé ce qui arriverait à Simon si on lui enlevait l’outil qui lui donnait un sentiment de confiance. Ça m’a ensuite amené à réfléchir aux élèves de nos écoles intermédiaires et secondaires. Ils ont pratiquement tous un cellulaire. Laissez-moi reformuler. Pratiquement tous les élèves à partir de la 4e-5e année ont un appareil mobile qui leur donne accès à Internet. À tout le savoir de l’humanité. À toutes les personnes branchées, bonnes et moins bonnes, de notre planète. Dans bien des cas, on leur demande d’éteindre, de fermer, de cacher, de déposer leur cellulaire pendant les cours. Parce que sinon, ils sont distraits. Ils n’écoutent pas. Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. Quand ils arrivent en classe, on leur demande de ne pas utiliser leur meilleur outil. Et on se demande pourquoi ils sont désengagés.

Finalement, Simon, il représente tous nos élèves. Tous nos élèves sont branchés, ont un pouvoir (empowered) inégalé grâce à leur appareil mobile… entre les cours et après les heures de classe. @bourmu

Ah, moé, toé, là!adobe-spark-2

Dans un récent billet (Focusing on What Students Can Do), George Couros mentionnait que les élèves en ont assez de se faire parler de cyberintimidation. De se faire parler des choses qu’ils ne doivent pas faire avec la technologie. Il nous invite à mettre l’accent sur ce que les élèves sont capables de faire, sur ce qu’ils peuvent et/ou devraient faire. Nos élèves ont besoin de modèles et d’être accompagnés.

Ah, moé, toé, là! Quand vient le temps de parler de la place des cellulaires à l’école, je crois que ces mots vont bien aux élèves, qui en ont assez de se faire enlever leur outil. Et dans plusieurs cas ces mots vont aussi bien aux enseignants et aux directeurs, qui en ont assez de gérer cette distraction. Pourtant, cette distraction qu’est le téléphone intelligent amène les élèves, par leur désengagement, à nous fournir de précieux indices quotidiennement sur leur besoin d’être connectés, d’être engagés, d’être, et j’ose, «Empower-és». Or dans bien des cas, ces indices sont perçus comme du désengagement, un manque d’intérêt ou encore de la délinquance. Ah! la grande distraction. Et si on les utilisait intelligemment en salle de classe, ces outils? Je ne parle pas ici de seulement les permettre. Ce n’est pas suffisant. Il faut repenser notre pédagogie. Soyons techno-réfléchis! Comment peut-on mettre en valeur, démontrer le potentiel incroyable que nous offre l’accès à Internet? En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès.

En réalité, les élèves nous attendent, cellulaire en poche. Ce point d’accès auquel ils n’ont point accès. @bourmu

Empowerment

Quoi qu’il en soit, toutes les écoles travaillent très fort pour la réussite scolaire de leurs élèves. On parle souvent de l’engagement des élèves. De l’engagement intellectuel. Et bien, je crois qu’il y a eu de l’inflation à cet effet. On veut que les élèves soient engagés, oui. Mais sans leurs outils. Engagés dans notre monde, notre pédagogie. Ça ne fonctionne pas. Avec les cellulaires, avec un accès à internet, avec de l’empathie, de l’accompagnement à la manière d’un entraîneur personnel, les enseignants ont tous le pouvoir de transformer l’expérience d’apprentissage de leurs élèves, de développer leur savoir-publier, leur savoir-devenir. Engagement intellectuel et Empowerment! Bonne nouvelle! Pratiquement tous les élèves ont un appareil mobile! Deuxième bonne nouvelle! Vous pouvez commencer dès maintenant!

La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde. Anne Frank

Merci de vos commentaires

Êtes-vous prêts à sortir du manuel?

Bon, ça y est. La première semaine d’école est derrière nous, le long week-end aussi! À partir de demain, les enseignantes et enseignants s’appuieront sur leur planification annuelle pour planifier plus en détail les différentes leçons qu’ils livreront au quotidien dans les prochaines semaines. Certains ont probablement déjà des dates en tête pour la première évaluation sommative de l’année! C’est signe que l’année est commencée pour vrai.

Un exemple concret

J’animais une conférence d’une journée au CSDCEO (#csdceo21) le 26 août dernier avec trois de mes collègues, soit @jprofnb, @maotechno et @charleboisjoel. Pour établir nos objectifs de fond pour la journée, nous avons présenté deux extraits du film Mona Lisa Smile aux quelque 207 participants.

Une approche axée sur les connaissances

Le premier extrait montre l’enseignante en train de livrer son premier cours de l’histoire de l’art aux femmes parmi les plus intelligentes des États-Unis dans les années 50.

On y remarque une approche plutôt traditionnelle, axée sur les connaissances. (Cette approche est de moins en moins utile de nos jours puisque tout le monde a accès à l’ensemble du savoir de l’humanité via Google, entre autres.) Or l’enseignante se retrouve devant des élèves engagées qui savent jouer la «game» de l’école, comme le dirait si bien mon collègue @zecool. L’enseignante sait très bien que ses élèves ont les bonnes réponses mais qu’elles ne savent pas pourquoi ce sont les bonnes réponses. (De nos jours, on cherche plutôt à développer une communauté de penseurs dans nos salles de classe. Nos élèves ont besoin de savoir quoi faire avec l’abondance d’information à laquelle ils ont accès.)

Une approche axée sur le questionnement et la réflexion

Elle retourne donc chez elle un peu troublée. Le cours suivant, elle utilise une autre stratégie pour stimuler la réflexion chez ses élèves. Leur non-verbal veut tout dire.

Ce que j’apprécie de cet extrait, ce sont les trois questions que l’enseignante pose à ses élèves, trois questions qui constituent leur nouveau syllabus.

  1. What is art?
  2. What makes it good?
  3. Who decides?

Que de liens avec les approches pédagogiques actuelles axées sur les grandes questions. Des approches qui sont d’une importance capitale dans le virage au numérique. À la fin du 2e extrait, on voit clairement que l’enseignante essaie une nouvelle approche avec ses élèves et qu’elle aime le résultat. Or son cours n’est pas entièrement conçu autour des trois grandes questions à ce moment. C’est pourquoi on la voit retourner à l’approche traditionnelle à la fin de l’extrait. En effet, elle retourne dans le manuel scolaire. À ce moment, les élèves retrouvent leur aplomb, leur zone de confort. Hmmmm. Intéressant!

3 grandes questions

En lien avec le deuxième extrait, voici trois grandes questions, qui s’appliquent très bien à notre profession, et qui ont servi d’assises pour notre conférence.JPEG image-E592E4587863-1.jpeg

  1. Qu’est-ce que l’enseignement?
  2. Qu’est-ce qui fait que l’enseignement est de haut niveau?
  3. Qui décide?

Ce sont des questions auxquelles nous avons intérêt à réfléchir, surtout en début d’année. C’est un moment où on met des choses en place, qui ont tendance à durer dans le temps. Voici un excellent billet de @gcouros qui aborde ce qu’est un enseignant.

Concepteurs/conceptrices d’expériences d’apprentissage

Toutes les nouvelles approches pédagogiques des dernières années invitent les enseignants à devenir des concepteurs d’expériences d’apprentissage pour leurs élèves. Les enseignants deviennent alors la ressource la plus importante dans leur salle de classe puisqu’ils remplacent le manuel scolaire. Ça fait drôle à dire, mais c’est un peu ça. Quand on conçoit nos cours avec l’idée que ce ne sont pas des leçons mais des expériences qui seront vécues par les élèves, c’est clair qu’on est à l’extérieur de la démarche typique d’un manuel (souvent accompagné de son corrigé).  @burgessdave, auteur de Teach Like A Pirate (une de mes prochaines lectures), présente une autre façon de voir la planification de nos cours. Il mentionnait dans un podcast qu’il approche ses leçons un peu comme faire du BBQ. Si on met un steak sur un BBQ froid, rien ne se produit. Si on réchauffe le BBQ avant… Même chose avec les élèves. Il faut leur faire VIVRE des choses.

Learning is creation, not consumption. Knowledge is not something a learner absorbs, but something a learner creates. via @frankitaliano

3 questions pour devenir concepteur/conceptriceJPEG image-932DEB42A45F-1

Je vous propose donc ces trois questions (voir image) pour vous aider à devenir des concepteurs et des conceptrices d’expériences d’apprentissage pour vos élèves. Les élèves ont besoin d’avoir des conversations au sujet du contenu de leurs cours. Ils ont besoin de créer pour apprendre. Ils ont également besoin d’innover avec ce qu’ils ont appris. C’est pourquoi nous cherchons à leur donner un auditoire. Les élèves veulent contribuer concrètement à la société, et ils le peuvent. Finalement, pour que tout ceci se concrétise, tout ce qu’il faut, c’est une enseignante ou un enseignant qui décide de sortir du manuel scolaire* et de devenir conceptrice ou concepteur d’expériences d’apprentissage pour et avec ses élèves. Évidemment, ce ne sont que 3 questions. Ça ne fait pas le tour du sujet, loin de là. C’est un point de départ.

Êtes-vous prêts à relever le défi?

Plusieurs ont déjà commencé.

C’est de toute beauté.

Demandez-leur!

Merci de vos commentaires 🙂

*Dans le cadre du présent billet, manuel scolaire représente l’approche traditionnelle axée sur les connaissances seulement (scène 1). Je suis d’avis qu’on peut très bien concevoir des expériences d’apprentissage fort stimulantes en utilisant des manuels scolaires. Ce qui compte, c’est le concepteur ou la conceptrice, pas les outils utilisés.

 

Quelle est votre stratégie?

Quand je me suis mis à regarder mon fil sur Facebook hier soir, j’ai été émerveillé par le nombre de photos d’enfants publiées par les parents qui font partie de mon réseau. Des photos incroyables montrant des enfants souriants, heureux d’amorcer une autre année scolaire. Des photos classiques, prises devant la porte d’entrée du domicile, devant l’autobus, devant l’école. Ça sentait la rentrée sur Facebook hier soir! Je souhaite sincèrement que tous ces enfants garderont cet enthousiasme toute l’année, que notre système saura nourrir leur amour pour l’apprentissage.

Le système, c’est du vrai monde

Adobe Spark (6).jpgQuand je dis système, je parle des vraies personnes qui accueillaient hier les élèves dans les écoles de langue française de l’Ontario. Des enseignants, des éducatrices, des concierges, des secrétaires, des directeurs… Du vrai monde. L’enseignement est une profession humaine. On l’entend souvent. La rentrée est un bel exemple de ça. Les enseignants préparent leur salle de classe, certains étiquettent le matériel scolaire de leurs futurs élèves, des activités d’accueil sont organisées pour que les élèves se sentent les bienvenus. C’est important, l’accueil, les relations. Quant on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut enlever les bâtisses, on peut enlever les ressources, on peut enlever les directeurs… à la fin, il reste un enseignant et un élève, en relation. Tout ce qu’on ajoute à ça doit servir à rehausser ou à faciliter cette relation.

Quant on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut enlever les bâtisses, on peut enlever les ressources, on peut enlever les directeurs… à la fin, il reste un enseignant et un élève, en relation. Tout ce qu’on ajoute à ça doit servir à rehausser ou à faciliter cette relation. @bourmu

Une conversation à la fois

C’est pourquoi les administrateurs planifient avec le personnel des activités de bienvenue, des activités d’accueil  pour les élèves.  Ce n’est pas parce qu’on a du temps à perdre. Bien au contraire. C’est parce qu’il est important d’investir du temps et de créer des occasions informelles pour permettre au personnel d’apprendre à connaître leurs élèves, au delà des matières scolaires et de ce qui sera mesuré au bulletin. C’est important. C’est dans cette optique que des conversations ont lieu entre le personnel et les élèves, dans le «rush» de la rentrée. C’est aussi le temps de l’année où on apprend, par le biais de tâches diagnostiques, à connaître ce que les élèves connaissent des matières. Dans le tourbillon de la rentrée, n’oublions pas le diagnostic de qui ils sont. La personne avant le cerveau. Même si on a l’impression d’être «en retard de deux semaines» après quelques jours d’école!

Une stratégie pour apprendre à connaître les élèves

En août 2015, je lisais un billet intéressant au sujet du tableau 360 (voir image ci-bas). J’ai trouvé l’idée géniale. Si vous êtes direction d’école ou que vous jouez un rôle de leadership dans votre école, c’est une stratégie d’école qui vaut la peine d’être présentée et mise en oeuvre. Il s’agit de créer un simple tableau par groupe ou classe titulaire à partir de la liste des élèves. L’idée du tableau 360 est de connaître chaque enfant au complet, de «faire le tour du sujet», un 360 degrés de chaque enfant. Au fil des conversations bien informelles que le personnel a avec chaque enfant, le personnel se donne comme mandat de consigner dans le tableau des informations intéressantes au sujet de chaque enfant, et ce, tout le long de l’année. Des informations comme les talents, les passions, les habiletés, la situation familiale (qui souvent évolue ou change en cours d’année), les activités scolaires ou parascolaires auxquelles participe chaque enfant, leur mets préféré ou toute autre information jugée pertinente selon le contexte de la communauté scolaire. L’approche ici, c’est qu’on n’enseigne pas à des cerveaux. On enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. Des êtres entiers, quoi. C’est tout un défi, tout un privilège! Imaginez la simplicité de l’exercice avec des outils comme Google sheets! Imaginez surtout l’impact. Bien entendu, cette stratégie a de l’impact uniquement si l’information consignée sert à guider nos actions. L’idée n’est pas de Faire un tableau. C’est de se donner une stratégie pour connaître nos élèves et leur offrir une expérience scolaire personnalisée, comme on ferait avec nos propres enfants.

L’approche ici, c’est qu’on n’enseigne pas à des cerveaux. On enseigne à des êtres en devenir, des êtres qui ont des émotions, qui ont une vie à l’extérieur de l’école, des êtres qui ne peuvent être réduits à leurs simples résultats scolaires de l’année précédente. @bourmu

Alors voilà, c’est une idée. Et vous, quelle est votre stratégie pour apprendre à connaître vos élèves? Merci de vos commentaires et de vos idées!

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On repart la machine!

Le début d’une autre année scolaire arrive à grands pas. 2 dodos dans le cas des écoles de langue française de l’Ontario.

Les enfants ont hâte de recommencer, avec leurs espadrilles neufs. Ils ont hâte de revoir leurs amis. De voir qui sera dans leur classe cette année. Qui seront leurs profs. Où sera située leur case.

Les parents, croyez-moi, ont encore plus hâte que ça recommence! Que la routine reprenne, même si ça signifie que le rythme du train train quotidien va augmenter. Garderie, gardienne, autobus, achats, repas, boîte à lunch, devoirs, sports, rencontres, inscriptions diverses, «Qu’est-ce qu’on mange pour souper?» …

Et pour le personnel des écoles, la liste de choses à faire est longue. Se préparer. Mentalement. Préparer l’école, les classes, les espaces physiques, les espaces numériques, les stratégies de communication, le contenu des cours, les ressources, s’informer au sujet des élèves…

Parce qu’il y a toujours quelque chose à faire

Toutes ces choses que nous avons à faire dans une école, c’est pour préparer l’arrivée des élèves mardi matin. À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. Apprendre le monde qu’ils portent en eux. Apprendre qui ils sont. Apprendre leurs passions, leurs intérêts, leurs talents. Apprendre qu’ils sont des merveilles. Apprendre le monde qui les entoure. Apprendre à apprendre. Apprendre à devenir.

À partir de mardi matin, le but de tout ce qu’on fera dans les écoles est d’amener les élèves à apprendre. @bourmu

Pour y arriver, il faut être conscient, intentionnel, disposé à apprendre, axé sur le processus d’itération. Parce que parmi toutes les choses que nous avons à faire, il y en a une que nous ne pouvons pas faire : apprendre pour les élèves. C’est un processus d’essai-erreur. Pourtant, dans notre soucis de faire baisser la liste de choses à faire… 

Enseigner : un verbe particulier

Enseigner est un verbe particulier. Tout comme Être en diète. Sérieusement. Dans les deux cas, on peut s’engager dans l’action d’enseigner ou d’être en diète sans toutefois atteindre l’objectif fondamental de l’action. Si je suis en diète pendant 1 semaine, 1 mois, 1 an et que je ne perds pas de poids, je peux Être en diète autant que je le veux et avoir l’impression de travailler fort mais en bout de ligne, si je ne perds pas de poids… En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? Vous me suivez? Alors en regardant la liste de choses à faire pour la rentrée, il serait sage de cibler des choses qui vont favoriser, réellement, l’apprentissage des élèves.

En tant qu’enseignant, il y a mille et une choses à faire dès la rentrée. On enseigne jour après jour. Mais si les élèves n’apprennent pas, on peut être très occupé à Faire des choses. Mais à quoi bon? @bourmu

3 objectifs pour maximiser votre impact cette année

Pour vous aider à demeurer conscient de vos intentions, à augmenter votre efficacité et à faire cheminer les apprenants dont vous êtes responsables, voici 3 objectifs que je vous propose pour la prochaine année scolaire.

  1. Donnez-vous du temps pour réfléchir : Quel que soit votre rôle dans l’école, la pratique réflexive est un incontournable si vous souhaitez vous améliorer. Prendre le temps de réfléchir, c’est accroître sa capacité de prendre du recul, de se questionner, de se nourrir de nouvelles idées, de se fixer de nouveaux défis. Quand on prend le temps de réfléchir, on devient conscient. Conscient de ce qui se passe, de notre impact, de notre capacité d’action. Malheureusement, on accorde souvent plus d’importance à notre liste de choses à faire qu’à notre pratique réflexive. Pourtant, la pratique réflexive influence grandement notre mentalité (de croissance ou fixe). De nos jours, les occasions de nourrir sa pratique réflexive sont nombreuses. Causeries(#TacEdChat) sur Twitter, lire des blogues, écouter des podcasts, discuter avec ses collègues, lire un livre, se remettre en question, tout simplement. Quelle sera votre stratégie pour nourrir votre pratique réflexive cette année?
  2. Trouvez un outil technologique qui va améliorer votre efficacité : On parle beaucoup d’intégration des technologies depuis quelques années. On met beaucoup l’accent sur ce que les technologies peuvent apporter à l’apprentissage des élèves. C’est normal. C’est le pourquoi ultime des écoles. Mais les outils technologiques peuvent nous faciliter la vie, augmenter notre efficacité. Que ce soit Google Chrome, Google Classroom, Google Photos, Google Formulaire ou autre. Je vous invite à discuter avec vos collègues pour trouver au moins un outil que vous utiliserez quotidiennement et qui augmentera votre efficacité en tant que gestionnaire. Que vous soyez enseignant ou direction d’école, il y a des outils qui peuvent vous simplifier la vie et vous donner plus de temps pour faire autre chose pour appuyer les élèves (ou le personnel) dans leur apprentissage. Quel outil vous rendra plus efficace cette année?
  3. Apportez un changement qui va faire cheminer les apprenants dans l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage : Vous connaissez bien le contexte dans lequel vous travaillez. Vous connaissez les compétences numériques de vos élèves, de votre personnel. Vous connaissez vos besoins en fonction de votre vision de l’enseignement et de l’apprentissage à l’ère numérique. Quel changement (utilisation d’un nouvel outil) pouvez-vous apporter dans votre classe, dans votre école, pour soutenir l’intégration de la technologie au service de l’apprentissage cette année? Que vous soyez enseignant ou direction d’école, je vous invite à exploiter l’extension Sceencastify. Les possibilités sont nombreuses!

Mardi matin, on repart la machine!

Bonne rentrée scolaire à tous!

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Quand personne ne voit…

Vous êtes-vous déjà retrouvé à un feu de circulation pendant la nuit? Seul sur la route. À attendre que la lumière soit verte. Quand personne ne voit. Moi oui. C’est tout un feeling. S’arrêter. Pour rien. Y’a personne! Seul, face à soi-même, face à sa conscience. Des pensées traversent notre esprit du genre « Je passe sur la rouge ou non? Ça changerait quoi? Et s’il y avait une police…». Je dois vous avouer que je suis du type à attendre que la lumière soit verte. Cependant, je ne suis pas certain si j’attends parce que c’est mon devoir de citoyen responsable ou parce que j’ai peur de me faire prendre et d’avoir une contravention. Je pense que c’est un mélange des deux.

Parce qu’il faut ou parce qu’on y croit?

Capture d’écran 2016-05-17 à 15.51.06Lorsqu’il est question de répondre aux besoins de nos élèves en difficulté, nous devons légalement (PEI) leur offrir les adaptations dont ils ont besoin afin de les aider à réussir, au même titre que les autres. C’est logique. Mais le fait-on parce qu’on doit le faire? Légalement. Ou le fait-on parce qu’on connaît nos élèves et qu’on essaie de les aider, dans la mesure de ce qui est possible et de nos compétences? Parce qu’on croit en notre noble profession? Tous nos élèves n’ont pas les mêmes besoins. Quand personne ne voit, quand nous sommes seuls face à soi-même, face à notre conscience humaine et professionnelle, notre approche est-elle la même?

On ne peut pas tout faire…

J’ai publié J’ai pas juste lui dans ma classe la semaine dernière, et ça a suscité des réflexions, des commentaires. Je disais que tous les élèves peuvent réussir. Même les élèves en difficulté (Ça fait drôle de le dire comme ça). Une enseignante m’a écrit pour me dire qu’il faut passer suffisamment de temps avec nos élèves pour être en mesure de les connaître et de répondre à leurs besoins. Et je suis totalement d’accord. Depuis une semaine, je réfléchis à tout ça. Je crois toujours en l’équilibre et qu’on peut y arriver, un élève à la fois, un jour à la fois. Je réfléchis…

Quand on y croit.

Avec tout ce qu’il y a à faire dans nos écoles, c’est facile d’oublier de personnaliser notre enseignement, d’oublier les adaptations d’untel. Et la perfection n’est pas de ce monde. Ce que j’essaie de dire, je pense, c’est qu’il faut simplement y croire. Croire d’abord en nos élèves. Croire en soi-même, en nos capacités. Croire que nos efforts en valent la peine. Croire que les adaptations, c’est pour les élèves qu’on les met en place. Parce que c’est ce dont ils ont besoin (J’exclus volontairement «droit» ici) pour réussir. C’est une approche, une disposition. Les élèves le sentent!

Être «parfait», autrement…

C’est aussi être «parfait», mais différemment! Dans l’extrait suivant tiré de Friday Night Lights, l’entraîneur donne à ses joueurs une définition de ce que ça veut dire pour lui, d’être «parfait».

Je pense que ça s’applique vraiment à  notre profession et au message positif que j’essaie de véhiculer par rapport à notre potentiel d’aider les élèves.

Et si le personnel de votre école adhérait au message de coach Gaines?

Tout donner entre collègues, et pour nos élèves.

Accueillir la nature vocationnelle de notre profession, y croire et faire front commun, juste pour voir.

Quand personne ne voit, quelle est votre approche?

Merci de vos commentaires !

 

 

4 stratégies pour finir l’année sur une note positive!

Avec le long week-end de mai qui tire à sa fin, nous amorçons tous le dernier droit de l’année scolaire 15-16 dans nos écoles. Testing provincial, bulletins, voyages de fin d’année, spectacles de fin d’année, examens, soirée des finissants… Une panoplie de tâches et d’activités nous permettront de boucler la boucle sur une autre année scolaire mouvementée. Ce n’est pas le travail pour les adultes qui va manquer dans nos écoles dans les semaines à venir. Ça me rappelle ce que Dylan Wiliam avait dit lors d’une conférence portant sur l’évaluation formative. «L’école, c’est souvent un endroit où les élèves viennent pour voir les adultes travailler.» Je me dis que c’est parfois vrai en fin d’année.

Alors comment garder l’engagement des élèves jusqu’à la fin juin?

«L’école, c’est souvent un endroit où les élèves viennent pour voir les adultes travailler.» Dylan Wiliam

Anticiper la fin de l’année

Adobe SparkAu début de ma carrière, j’ai eu la chance de recevoir une formation d’un certain Camil Sanfaçon portant sur la gestion de classe. Il nous disait qu’en fin d’année, les élèves sentent que le groupe va bientôt se séparer puisque l’année achève et c’est pourquoi il faut anticiper que les comportements que nous avons adressés en début d’année recommencent à se manifester en fin d’année. Il disait que la fin d’année exige donc le même effort qu’en début d’année au niveau de la gestion de classe et du maintien d’un climat scolaire positif.

Être exigeant et engageant jusqu’à la fin

Une enseignante chevronnée me racontait qu’elle avait vécu des fins d’année plus difficiles au début de sa carrière parce qu’elle devenait moins exigeante envers ses élèves. «Une chose est certaine, me disait-elle, les élèves sentent assez vite que l’année est finie si on commence à multiplier les périodes cadeau ou qu’on exige qu’ils fassent de l’occupationnel. Pour que les élèves soient engagés, il faut planifier des choses engageantes pour eux, il faut les impliquer, jusqu’au bout.» J’ai trouvé ça intéressant.

J’écoutais un podcast (baladodiffusion) récemment où un enseignant présentait des stratégies qui lui permettent de finir l’année sur une note positive. Il mentionnait que la fin de l’année, c’est ce dont les élèves se souviennent pendant l’été. Il disait vouloir finir avec un effet «wow!». Vous pouvez vous abonner à cette chaîne de podcasts.

4 stratégies pour finir sur une note positive

  1. Question ludique : Faire régulièrement des évaluations formatives charnières “hinge ou quiz”(via socrative ou kahoot) pour éclairer les prochaines étapes de l’enseignement. 10 questions ou moins qui permettent de faire un retour sur des apprentissages récents dont une qui fait appel à l’intelligence sociale ou émotionnelle. Cette question doit générer des émotions positives chez les élèves. Par exemple, Quel élève de la classe serait le meilleur pour nous sauver d’une invasion de zombies?, Quel est votre sandwich préféré?, Quelle sera votre contribution à la société? Ces questions tantôt ludiques, tantôt plus profondes permettent de garder l’intérêt des élèves et de maintenir l’unité dans le groupe. Il va sans dire que le retour sur ces questions est la clé. Il importe de présenter les résultats, les statistiques etc. Les élèves vont en redemander! Bonne façon de créer de l’engouement dans les activités d’apprentissage et d’évaluation jusqu’à la fin.
  2. Célébrations de nos apprentissages : Les évaluations sommatives (tests, examens) de fin d’année prennent beaucoup de place dans nos écoles en fin d’année. Je ne crois pas que ces évaluations génèrent beaucoup d’émotions positives, tant chez les élèves que chez les enseignants. Et si on les appelaient les célébrations de nos apprentissages, plutôt que des tests ou examens? On parle de spectacles, de voyages de fin d’année. Ces activités sont là pour nous permettre de célébrer nos accomplissements et le temps que nous avons passé ensemble. Pourquoi ne pas avoir la même approche avec la préparation aux tests et examens? Inutile de dire que le non-verbal doit suivre les paroles, si on veut parler de célébration. Notre non-verbal, notre respiration peut aider à diminuer la tension lors de ces moments stressants pour les élèves. Pourquoi ne pas avoir un goûter en classe pour détendre l’atmosphère. Comme dans une vraie célébration! 
  3. Valoriser le processus et la collaboration : Les apprentissages réalisés sont le fruit d’efforts, de stratégies et de collaboration. Comment donc souligner la contribution de chacun? Pourquoi ne pas inviter les élèves à créer des top 10 de leurs apprentissages de l’année? Les inviter à identifier le processus qui a mené à chacun des apprentissages de leur top 10. Dans un monde branché, le réseautage est certes devenu un incontournable pour progresser et apprendre en continu. Pourquoi ne pas inviter les élèves à écrire des post-it anonymes aux élèves dans la classe qui ont le plus contribué à leur apprentissage? Belle façon de voir concrètement le fruit de la collaboration dans votre classe!
  4. Bouteilles de rêves! La fin d’année approche, oui. Mais c’est aussi notre dernière chance de livrer des messages positifs à nos élèves, dernière chance de les amener à rêver à leur avenir, dernière chance de laisser notre marque en tant qu’enseignant! On pourrait distribuer à chaque élève une bouteille d’eau vide qu’on appellerait «bouteille de rêves». Les élèves sont invités à placer dans leur bouteille de rêves  (post-it ou bout de papier) les exploits, les emplois, les réalisations qu’ils se voient faire dans leur vie. Ces bouteilles peuvent être utilisées en salle de classe comme activité de partage entre élèves. Les bouteilles peuvent être utilisées lors d’une soirée de finissants ou encore on peut inviter les élèves à la présenter à leurs parents. Les possibilités sont illimitées!

Quoi qu’il en soit, la fin de l’année approche. Il reste peu de temps pour influencer les notes finales qu’obtiendront vos élèves. Mais il reste beaucoup de temps pour les inspirer, pour les faire réfléchir, pour avoir un impact sur leur façon de voir la vie, de se voir dans la vie, au-delà des notes. Je vous invite à saisir l’occasion, dans tout ce tourbillon de tâches administratives qui vient avec la fin d’une année scolaire.

Oui, chers collègues, il reste beaucoup de temps pour générer des émotions positives chez vos élèves. C’est ce qu’ils retiendront de vous!

Pour la direction d’école, comment ça s’applique à vous?

Comment finir l’année sur une note positive et engageante avec son personnel?

Merci de vos commentaires!