L’école repensée

Repenser l’école. C’est le sujet de l’heure. On le voit par la quantité d’articles et de billets qui sont publiés dernièrement. Les gens sont en réflexion. On parle de changer nos édifices, nos structures organisationnelles, nos sources d’inspiration… On veut ce qu’il y a de mieux pour nous et nos élèves! Et ça m’amène à réfléchir. Il y a tellement de questions à se poser quand on se met à repenser l’école. Je vous en partage quelques-unes qui m’interpellent en ce moment et qui peuvent à mon avis nous aider à créer et à faire cette école repensée.

Quel est le point de départ de l’école repensée?

Quand on réduit l’éducation à sa forme la plus simple, on peut enlever les édifices, les directeurs, les manuels… On peut enlever bien des choses. À la fin, ce qui reste, pour qu’il y ait éducation, c’est un enseignant et un élève, en relation. L’idée de repenser l’école m’amène à essayer de voir les choses autrement. Et même quand j’essaie très fort d’imaginer un autre point de départ, je n’y arrive pas. Dans ma tête, le point de départ de l’école repensée est le même. Un enseignant et un élève, en relation.

Qu’est-ce que l’enseignement?

Quand on parle de repenser l’école, je crois que c’est davantage l’intention de cette relation qu’on veut revoir. Parce que c’est possible et nécessaire, grâce à (et non à cause de) Internet et aux technologies d’aujourd’hui. Revoir l’intention, les structures, les démarches, les cafétérias, les rôles, les espaces… Repenser ce qui se passe entre l’enseignant et l’élève. Alors, qu’est-ce que l’enseignement, dans cette école repensée? Qu’est-ce qui doit se passer dans l’école repensée pour qu’on se dise «Ah, il y a de l’enseignement là!» ? Et qu’est-ce qui doit se passer pour qu’on se dise «Ah, ça c’est de l’enseignement de haut niveau. Ça, on voudrait le voir à grande échelle.» ? Est-ce qu’il doit y avoir des stratégies à grande échelle dans l’école repensée? Après tout, on parle de personnalisation. À mon avis, tant qu’il y aura des indicateurs de réussite systémiques communs, on parlera de stratégies à grande échelle. Mais qu’est-ce que l’enseignement. On enseigne comment, quand tout le monde a Internet dans sa poche?

Une vision pour l’école repensée

J’offrais cette semaine la conférence La puissance du leadership pédagogique à mes collègues de la FEEP dans le cadre de #DSPP2017. J’essaie toujours de simplifier les choses. J’ai donc décidé de m’inspirer de visuels qui circulent depuis un certain temps pour produire un visuel qui pourrait refléter l’essentiel de l’école repensée. L’essentiel étant pour moi, la relation entre l’enseignant et l’élève et tout ce qui se passe entre les bulletins.

Le système traditionnel

Le bas de l’image reflète le système traditionnel où l’enseignant planifie son année en fonction du nombre d’unités qu’il a à «couvrir», les répartit dans le temps et mesure les élèves à la fin de chaque unité. Chaque crochet représente la note obtenue à la fin d’une unité. La moyenne de ces notes est reflétée au bulletin. La flèche en noir est bien droite parce que c’est habituellement l’enseignant qui est derrière le volant (sur le vélo, pour ceux qui ont entendu ma conférence). C’est un modèle qui a été très efficace pour transmettre des connaissances à grande échelle, pour mesurer la rétention de l’information et pour soutenir l’obéissance des élèves.

L’école repensée

Le haut de l’image présente une ligne rose qui est loin d’être bien droite. Dans un monde de compétences, c’est l’élève qui doit être derrière le volant de son apprentissage (sur le vélo). Et cela signifie qu’il aura besoin de temps, de multiples occasions d’essayer, de rétroaction, de soutien, d’une mentalité de croissance, d’un prof qui croit en lui. Flexibilité entre les bulletins. Parce qu’à court terme, si on est réaliste, il y aura encore des bulletins dans l’école repensée. «Bulletins» apparaît en jaune ici parce que je crois que les résultats des élèves seront étincelants. Pourquoi repenser l’école autrement…? Dans l’école repensée, le projet 20% devient le projet 100%. Dans ce contexte, on doit se réseauter, créer ensemble et documenter nos processus. La technologie prend tout son sens ici, dans ce nouveau modèle. Nouveau modèle flexible et personnalisé, nouveaux résultats. Je me demande, dans l’école repensée, si les élèves «en difficulté» seront les mêmes? Pensez-y.

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4 stratégies pour réussir dans un nouveau modèle

Présentement, je crois que le grand monde de l’éducation se promène entre le bas et le haut du visuel que je vous propose aujourd’hui. Essaie-erreur. Nous sommes en train de le vivre, ce processus qui développe notre compétence collective à dispenser cette école repensée. Une collègue cette semaine nous a dit qu’il fallait parfois essayer de nouvelles choses avant d’y croire.

Je vous propose donc 4 stratégies qui peuvent nous aider à réussir lorsqu’on essaie de nouvelles choses.

  1. Vivre ce qu’on veut enseigner : Dans le modèle traditionnel, on enseigne ce qu’on sait. Dans l’école repensée, on enseigne qui on est. On ne peut pas développer les compétences de nos élèves si nous n’avons pas ces compétences. Il faut donc vivre, développer ces compétences, peu importe comment on les nomme dans votre coin de pays. Pensez à l’image d’un entraîneur personnel dans un gym près de chez vous. Être ce qu’on enseigne.
  2. Commencer à l’enseigner : Pour aller loin, il faut simplement faire un premier pas aujourd’hui. Et en faire un de plus à tous les jours. Et s’ajuster. La puissance de l’action au quotidien.
  3. Réfléchir à ses expériences d’apprentissage et d’enseignement : On dit souvent qu’on apprend de nos expériences. Je crois qu’on apprend seulement des expériences auxquelles on prend le temps de réfléchir, d’évaluer, de tirer des leçons. La sagesse ne vient pas automatiquement avec l’âge 🙂 Prendre le temps d’analyser ce que vous apprenez (no 1) et ce que vous tentez d’enseigner (no2). On parle ici de compétences, bien sûr! Demandez de la rétroaction de vos collègues et de vos élèves! «Ça a l’air de quoi être mon collègue, être mon élève?» Intéressant!
  4. Se trouver un collègue pour vous appuyer : On ne peut pas réussir seul. Idéalement, si vous pouviez trouver un collègue qui veut cheminer avec vous ou qui est un peu plus loin dans son cheminement, ce serait génial. Comme le dirait une élève dans une vidéo, «Quand on est deux, il y a deux cerveaux»! Se soutenir les uns les autres dans nos efforts de repenser et de faire l’école autrement.

Repenser l’école. On est là, chers collègues. Et nous avons besoin de l’intelligence collective pour y arriver. Parce qu’on ne veut pas seulement la repenser, on veut la faire, cette école. C’est déjà commencé et c’est de toute beauté.

Dans quelques années, nous pourrons regarder derrière et se dire, «Wow! Te souviens-tu quand on se posait telle question? Regarde, cher collègue, l’école que nous créons (présent duratif) tous ensemble. Regarde l’école repensée, que nous vivons avec nos élèves.» Je crois qu’il n’y a pas de point d’arrivée pour l’école repensée. Ce sera un processus continu, à mon humble avis.

Il faut donc se poser les bonnes questions!

Quelles sont les questions qui vous interpellent quand vous repensez l’école dans votre tête?

Merci de les partager, on en a besoin!

Il faut sortir de SA boîte pour penser à l’extérieur de LA boîte!

Il faut penser à l’extérieur de la boîte! On l’entend beaucoup dernièrement. Je me demande tout ce que ça implique, penser à l’extérieur de la boîte.

Je réfléchis beaucoup dernièrement aux prochaines étapes systémiques en éducation. À la stratégie numérique au Québec. À nos prochaines étapes en Ontario. Au profil de sortie des élèves qui seront passés dans un système en plein virage au numérique. Je me pose des questions comme :

  • À quoi doit servir l’éducation?
  • Quels sont les indicateurs de réussite d’un système qui éduque à l’ère du numérique?
  • Quelles stratégies systémiques peuvent et doivent être déployées et soutenues à grande échelle?
  • Quels changements au niveau des croyances institutionnelles doivent être faits pour réussir?

La conscience

Dans mes lectures, je suis tombé sur cette citation de Carl Jung : « Until you make the unconscious, conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » La conscience. Dans This is Water (voir vidéo), David Foster Wallace soutient que le fruit d’une éducation de qualité n’est pas la connaissance, mais la conscience. Ça explique, par exemple, pourquoi plusieurs étudiants arrivent à l’université en croyant qu’ils savent beaucoup de choses. Ceux qui en ressortent avec une éducation de qualité repartent conscients de tout ce qu’ils ne savent pas parce qu’ils ont été exposés à des niveaux supérieurs de conscience et de questionnement. Sommes-nous conscients comme système d’éducation? Nos résultats actuels sont-ils dus à nos efforts conscients ou à nos croyances inconscientes? Je pense qu’il faut regarder plus loin que nos résultats si on veut vraiment obtenir de meilleurs résultats. Regarder plus loin que nos actions aussi. Après tout, nos actions viennent de nos croyances.

« Until you make the unconscious conscious, it will direct your life, and you will call it fate. » Carl Jung

Les croyances

Dans le virage au numérique, on entend souvent parler de l’école traditionnelle. De cette ancienne façon de faire les choses. Que l’enseignant n’est plus là pour transmettre des connaissances, comme autrefois. C’est qu’autrefois, la croyance était que les élèves étaient comme des vases vides qu’on devait «remplir» de connaissances. La plupart des gens ne croient plus cela. Mais qu’est-ce qu’on croit au juste? En latin, «Éducation» se dit «Educo», qui signifie «faire sortir de l’intérieur, tirer hors de». Si nos élèves ne sont pas des vases vides, c’est qu’ils sont des vases pleins. Pas très beau comme image mais la métaphore illustre bien l’idée qu’ils portent déjà en eux toutes leurs réponses, toute leur vérité, inconsciemment. Notre rôle, le rôle du système, serait donc de «faire sortir de l’intérieur», d’amener nos élèves à prendre conscience de leurs réponses, de leurs compétences, de leurs aspirations, de leurs talents.

Question : Comment les mécanismes d’amélioration systémiques peuvent-ils être conçus pour «faire sortir de l’intérieur», pour soutenir une prise de conscience des membres qui sont sensés dispenser le nouveau modèle d’enseignement?

En latin, «Éducation» se dit «Educo», qui signifie «faire sortir de l’intérieur, tirer hors de».

Nous sommes tous dans notre boîte

On entend souvent l’expression «Il faut penser à l’extérieur de la boîte». Imaginez que vous êtes dans une boîte, fermée. Votre niveau de conscience vous donne accès à l’intérieur de la boîte seulement. Pas facile de penser à l’extérieur de la boîte dans une telle situation. C’est pourtant la nôtre présentement. Imaginez que les instructions pour votre vie soient collées sur l’extérieur de la boîte. Comment pouvez-vous y avoir accès? Comment pouvez-vous avoir accès à VOS instructions, pour vivre pleinement VOTRE vie? La vérité est qu’il est impossible pour vous d’améliorer ou d’agir sur un aspect de votre vie si vous n’en êtes pas conscient. C’est impossible. C’est pourquoi nous avons besoin d’un réseau, de mentors pour nous aider à avoir accès à des niveaux supérieurs de réflexion et de conscience. Parce qu’une autre vérité, c’est que nous sommes tous dans notre boîte. Et notre boîte, notre niveau de conscience, ne peut pas prendre d’expansion sans appui de l’extérieur, sans soutien de nos collègues.

Lundi matin

Bruce Lee affirme : “ A good teacher protects his pupils from his own influence.” Cela signifie que notre rôle en éducation est d’amener les élèves à découvrir LEURS instructions, LEURS vérités. Pas les nôtres. L’ère du numérique, c’est l’ère de la personnalisation, l’ère où l’unicité des gens est de plus en plus mise en valeur parce que c’est nécessaire. C’est ce qui nous distingue des autres qui est important. Oui chers collègues, l’éducation traditionnelle voulait nous «remplir», nous dire quoi penser puis valoriser et mesurer ce que nous avions en commun les uns les autres. L’éducation d’aujourd’hui, ce qui doit se passer lundi matin, c’est une éducation qui permet à tous les élèves d’apprendre à penser et de devenir conscients de leur potentiel, de leur unicité, de leurs talents. En autres mots, l’enseignement traditionnel amenait les élèves à comprendre le monde autour d’eux. L’éducation d’aujourd’hui doit d’abord amener les élèves à comprendre le monde qu’ils portent en eux. C’est à partir du monde qu’ils portent en eux qu’ils s’engageront dans la société, qu’ils seront des citoyens (numérique est sous-entendu) qui contribuent activement à la communauté. La connaissance, oui, c’est sûr que nous aurons toujours besoin de la connaissance. Mais la connaissance appliquée à des contextes authentiques, par des êtres compétents, conscients, réfléchis, intentionnels et libres. On commence lundi matin? 

“ A good teacher protects his pupils from his own influence.” Bruce Lee

SAMR vu autrement

Depuis plusieurs années déjà, le modèle SAMR nous permet d’imaginer des étapes concrètes vers la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, vers cette autre façon d’enseigner.Capture d’écran 2017-03-26 à 11.46.12.png

Cependant, ce modèle met l’accent sur le numérique, sur la technologie. Et tout ceci est rendu possible grâce à la technologie. Mais le système d’éducation, c’est du monde. Et le monde, c’est la clé. En m’appuyant sur mon vécu en tant qu’accompagnateur de directions d’école et d’enseignants, je vous partage aujourd’hui trois constats qui s’appliquent au modèle SAMR.

  1. Les personnes : Les personnes qui s’engagent dans la transformation de leur pratique sont incroyables. Tout devient possible! Ces personnes se mettent à réfléchir, à se questionner, et leur niveau de conscience prend de l’expansion au quotidien. En fait, le virage au numérique, il se passe d’abord à l’intérieur de chacun d’entre nous. Se questionner, redécouvrir le plaisir d’apprendre, c’est très stimulant et libérateur. C’est que, quand on se met à penser à l’extérieur de la boîte, on finit par sortir de la boîte, du point de vue de la conscience. Parce qu’on travaille tous «dans la boîte» qu’est le système. Mais notre niveau de conscience nous appartient et c’est là que naissent toutes nos possibilités… et nos barrières.
  2. Les croyances : Quand une personne se met à intégrer la technologie en salle de classe, est-ce qu’elle remet automatiquement en question son référentiel pédagogique? Voit-elle l’élève comme un vase vide ou un vase plein? «Ça change quoi» dites-vous? Dans nos efforts de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves, de nouvelles actions, de nouvelles pratiques sont fortement recommandées. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces pratiques reflètent une vision de la pédagogie transformée. Et la personne qui applique cette approche doit y croire pour réussir. Je vous donne un exemple. Je suis un enseignant de mathématiques et je crois que les élèves sont des vases vides. Mon rôle est de leur dire quoi penser, comment appliquer tel truc ou telle formule pour obtenir la bonne réponse. Le rôle des élèves est uniquement d’obéir, de travailler en silence et de faire ce que je dis, comme je le dis. Si mon collègue me dis que je dois inviter les élèves à avoir des conversations mathématiques, à rendre leur pensée visible, à découvrir des algorithmes personnels, à travailler en équipe, à chercher à comprendre… je vais lui dire qu’il est complètement fou! Et si par hasard certaines de ces nouvelles pratiques deviennent obligatoires et qu’on en fait le monitorage – vous avez des images? – je vais échouer! Personne ne peut réussir à transformer sa pratique sans réfléchir à ses croyances, sans avoir accès à des conversations qui l’amènent  à prendre conscience d’autres réalités. Personne. Il n’y a pas de raccourci dans la transformation de l’expérience de l’apprentissage. Il faut prendre le temps avec les adultes comme avec les élèves. En tout cas moi, j’apprécie apprendre de mes collègues, de mon réseau, des gens que j’accompagne. Pour moi, théoriquement au niveau du «S», on voit les élèves comme des vases vides alors qu’au niveau du «R», on voit les élèves comme des vases pleins. C’est pour moi la transformation la plus importante dans le virage. Une transformation intérieure qui permet d’utiliser consciemment la technologie pour «faire sortir de, tirer hors de» nos élèves.
  3. L’appui requis : En regardant le modèle SAMR, je me rends compte qu’il y a une évolution dans le type d’appui requis pour aider les gens à passer du «S» au «R». En effet, l’appui dont les gens ont besoin au début est davantage technologique. Ensuite, au niveau du «A» et du «M», les gens demandent de l’appui pédagogique. Ils se mettent à changer leur démarche pédagogique mais l’impact sur leur façon d’évaluer les élèves n’est pas toujours clair ou cohérent pour eux. Au niveau du «R», l’appui se fait au niveau de l’évaluation. L’examen, les tâches sommatives, la triangulation, la documentation pédagogique, le rôle de l’élève, quand on met une note, quand on donne de la rétroaction… Tout est transformé. J’en parle ici de façon bien théorique. C’est sûr qu’à tous les niveaux, il est question de technologie, de pédagogie et d’évaluation. Mais le cheminement intérieur du pédagogue qui passe du «S» au «R» est complexe et graduel. Et comme le dit si bien Seth Godin : «If failure is not an option, neither is success. Innovation is just repeated failure until you come up with something that works.»

«If failure is not an option, neither is success. Innovation is just repeated failure until you come up with something that works.» Seth Godin

Voici une image qui illustre un peu cette autre façon de voir le modèle SAMR

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J’invite les adeptes du sketchnote à ajouter à ces idées et à produire quelque chose de plus esthétique 🙂

Enfin, pour réussir dans le virage, je crois qu’il faut :

  1. Être conscient que le virage est d’abord intérieur
  2. S’entourer de gens qui peuvent nous aider à sortir de notre boîte
  3. Réfléchir
  4. Croire ce qu’on dit et ce qu’on fait en salle de classe
  5. Être patient avec soi-même.

Je lisais qu’un enfant tombe près de 100 000 fois en apprenant à marcher.

Combien de fois êtes-vous prêts à tomber dans le virage?

La valeur du virage n’est pas tant dans les résultats que nous obtiendrons, que dans qui nous deviendrons toutes et tous, dans ce processus continu.

Il faut sortir de sa boîte pour penser à l’extérieur de la boîte!

Bon succès à tous et merci de vos commentaires!

 

Est-il temps de parler d’évaluation hybride?

Depuis plusieurs années déjà, nous parlons d’enseignement/apprentissage hybride. Des initiatives ministérielles ou systémiques existent pour faciliter cette façon de dispenser l’enseignement, soit une partie en personne et une partie en ligne. Des cours entiers et des modules d’apprentissage sont donc mis à la disposition du personnel enseignant des écoles. Les plateformes et les formats de ces ressources varient selon les conseils scolaires, les provinces et les pays. Or de plus en plus d’enseignants choisissent eux-mêmes leur plateforme infonuagique et créent eux-mêmes la démarche d’enseignement/apprentissage hybride pour, et dans certains cas, avec leurs élèves. C’est une des grandes manifestations du virage au numérique en éducation et c’est extraordinaire de voir la variété des usages techno-réfléchis sur le terrain. J’aborde la question dans ce billet. Mais où veux-tu en venir, Marius?

Je participais cette semaine à une rencontre de leadership avec la grande équipe du CECCE pour réfléchir aux différents moyens de monitorer les progrès dans la transformation de l’expérience d’apprentissage des élèves. La rencontre était animée par le docteur Chris Dede, de l’université Harvard. Il m’a fait grandement réfléchir lorsqu’il a affirmé : « Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. » Et plus tard il disait : « Knowledge is situated in a context, not written on the blackboard. » Ce qui m’amène à entretenir l’idée de l’évaluation hybride. Vous me suivez? Continuons la réflexion ensemble.

« Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. (…) Knowledge is situated in a context, not written on the blackboard. » Dr. Chris Dede

Des contextes authentiques d’apprentissage

Avec du recul, je crois qu’on peut affirmer que le but de l’enseignement hybride, ce n’est pas de reproduire en ligne le modèle d’enseignement traditionnel. On ne transforme pas l’expérience d’apprentissage des élèves en les invitant à s’engager en ligne dans une démarche d’apprentissage traditionnelle axée sur l’acquisition du savoir, souvent hors contexte (p. ex., des notes de cours), et sur la bonne réponse. Docteur Dede disait (et je paraphrase) que depuis toujours, le discours du monde de l’éducation ressemble à ceci : «Les contenus et matières importantes sont très difficiles à saisir dans la vraie vie. La vraie vie est complexe. Venez à l’école, nous vous enseignerons les différentes matières, une à la fois, hors contexte.» Or les contenus qu’on enseigne sont utiles seulement dans le contexte de la vraie vie, dans leur contexte d’origine. La transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève nous invite donc à permettre aux élèves d’apprendre dans des contextes authentiques. On souhaite qu’ils soient en immersion dans les contextes où les contenus prennent tout leur sens. À l’école, en ligne et dans la vraie vie. C’est pourquoi nous remarquons un intérêt croissant du terrain dans les espaces maker, la robotique, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, pour ne donner que quelques exemples. Ce sont des façons de «sortir du manuel» et d’entrer dans des contextes authentiques. Alors si l’enseignement devient de plus en plus hybride, si les élèves apprennent en salle de classe mais aussi dans des espaces numériques, quel devrait être l’impact sur notre façon d’évaluer les élèves?

Enseignement hybride. Évaluation hybride?

Les élèves ne viennent plus à l’école uniquement pour du contenu. Ils viennent à l’école pour développer des compétences, pour développer qui ils sont. On le dit depuis quelques années. On le sait! Mais on évalue tout ça comment, des compétences? Pour savoir si un joueur de hockey est talentueux, on l’évalue en situation de jeu, lors d’un match. Contexte authentique. Si on veut savoir si notre enfant sait nager, on le place dans la piscine et on lui demande de nager. Contexte authentique. Si on veut savoir si nos élèves connaissent la règle des participes passés employés avec l’auxiliaire être, on leur demande de l’écrire sur un test. Hors contexte. Si on veut savoir s’ils peuvent l’appliquer, on leur demande de composer un texte. Contexte authentique. Si on veut savoir si nos élèves sont organisés, on regarde leur reliure à anneaux, leur pupitre, leur case… et dans une classe où il y a de l’apprentissage hybride, on regarde dans leur espace numérique? On vérifie si les courriels sont lus, classés? On vérifie comment leur Drive est organisé? On vérifie leur agenda? Si le contexte d’enseignement et d’apprentissage est hybride, l’évaluation (et l’enseignement explicite aussi!) doit être hybride également selon moi. Ça a du sens?

Pour développer les HH et les 6C de nos élèves, nous devons les placer dans des contextes authentiques, oui. Mais nous devons également tenir compte de leur progression tant en classe que dans le contexte du numérique. C’est donc dire que pour attribuer E, T, S ou N à chacune des HH sur la première page du bulletin (Je décris les HH et le bulletin scolaire de l’Ontario dans ce billet.), l’enseignant tiendrait compte des critères habituels mais aussi du comportement de l’élève dans le numérique. Enseignement/apprentissage hybride, évaluation hybride. C’est logique, non? Le contexte d’enseignement/apprentissage EST le contexte de l’évaluation.

Expérience d’apprentissage transformée. Évaluation transformée?

« Assessment must advance to support new methods of teaching and learning. », disait Dr Chris Dede. Regardons rapidement le modèle traditionnel. Combien d’enseignants ont déjà vécu la frustration de voir un élève manquer 30, 40 cours dans un semestre et obtenir une note finale de 70% ou plus? Moi, je l’ai vécu souvent. Particulièrement avec des élèves de 11e et de 12e année, performants dans les sports ou les comités.

Le modèle traditionnel

Le modèle traditionnel servait à transmettre des connaissances. Manquer un cours équivalait à manquer des notes. Si l’élève reprend ses notes et les comprend, il n’a rien manqué alors… Et ça explique aussi pourquoi la gestion de l’assiduité devient de plus en plus difficile dans le modèle traditionnel, selon moi. Le modèle traditionnel demandait de prendre des notes, de les mémoriser et de performer 5 à 10 fois pendant un semestre. Souvent hors contexte. Le rôle de l’enseignant ressemblait drôlement à celui d’un juge. Quand les élèves comprennent la « game » de l’école, comme le dirait mon collègue @zecool

On pourrait donc résumer le modèle traditionnel comme ceci : Apprentissage hors contexte, évaluations hors contexte, performances ponctuelles.

Le modèle transformé

Le modèle transformé place l’élève au centre de son apprentissage. Ouf! on l’entend souvent, cette expression. Ça veut dire quoi au juste? Dit simplement (il faudrait une série de billets pour m’aider à réfléchir à tout ce que ça prend mais bon), je crois que ça se produit quand l’élève s’investit dans une activité d’apprentissage (en personne ou en virtuel) qui lui demande toute son attention et un effort intellectuel soutenu, et ce , en contexte authentique. Et tant mieux s’il aime ça. Le but est qu’il développe des compétences cognitives, interpersonnelles, intrapersonnelles, numériques… La croissance, ce n’est pas ponctuel, c’est intentionnel et fait au quotidien. Dans le modèle transformé, manquer un cours, c’est comme manquer un entraînement. Ça ne se reprend pas.  Manquer un cours, c’est prendre du retard dans le développement de ses compétences. Pas la même « game », n’est-ce pas M. Cool? 🙂

«Dans le modèle transformé, manquer un cours, c’est comme manquer un entraînement. Ça ne se reprend pas. Manquer un cours, c’est prendre du retard dans le développement de ses compétences. Pas la même « game »» @bourmu

Le rôle de l’enseignant

Le modèle transformé place l’élève au centre de son apprentissage, oui, mais qu’en est-il de l’enseignant? Le rôle de l’enseignant, et c’est là la grande difficulté, est de guider tous ses élèves dans une démarche d’apprentissage. Un peu comme le ferait un entraîneur personnel. Mais comment s’y prendre pour faire ça? Pour livrer du contenu, le prof se place devant ses 30 élèves, et il livre le contenu. Pour développer les compétences de ses élèves, le prof… Pas sûr. Pas clair. Pas évident de concevoir une démarche d’enseignement/apprentissage dans un modèle que l’on n’a pas connu. Les enseignants d’éducation physique, d’arts et de technologie peuvent grandement nous aider ici je crois. Dans ce modèle, le rôle de l’enseignant est d’être un guide la plupart du temps et de documenter, avec les élèves, des preuves de réflexion, d’apprentissage, et de créer du contenu pour contribuer au monde, à la communauté. L’évaluation des progrès est quotidienne. La place de l’évaluation sommative traditionnelle, hors contexte, a de moins en moins sa place. Non? À quoi sert ou à quoi ressemble une évaluation sommative dans ce modèle transformé? J’aurais tendance à fixer des moments où l’enseignant doit prendre du recul face à la documentation pédagogique, à ses observations et conversations avec l’élève et à consigner une note ou un indicateur de progression, pour jouer son rôle de juge et bien répondre aux exigences du système, qui nous demande de mesurer la performance de nos élèves. Ce que je veux dire c’est, est-ce qu’on a encore besoin de tests hors contexte et ponctuels pour mesurer ce que l’élève peut faire un jour donné? Ou doit-on davantage attribuer une note ou un indicateur qui mesure la progression ou le niveau de compétence «habituel ou quotidien» d’un élève? Je me questionne.

On pourrait donc résumer le modèle transformé comme ceci : Apprentissage en contexte, soutien continu, progression continue, évaluations ponctuelles du processus et de la progression, établissement d’objectifs personnels. Ça ressemble drôlement à Faire croître le succès ça…

Quoi qu’il en soit, si on revoit notre démarche d’enseignement/apprentissage, on doit forcément revoir notre façon de soutenir l’apprentissage et notre façon de mesurer et d’évaluer l’apprentissage. Enseignement hybride : Évaluation hybride. Développement de compétences : rétroaction utile et soutien affectif.

À mon avis et à la lumière du message du docteur Dede cette semaine, nous devrons développer notre capacité à évaluer et à mesurer les choses qui ont de l’impact sur la transformation mais qui sont abstraites comme l’engagement, la métacognition, l’autoefficacité et le leadership. Dans la transformation de l’expérience d’apprentissage de l’élève, les choses les plus importantes sont difficiles à mesurer. Est-il temps de parler d’évaluation hybride? Je réfléchis.

Merci de vos commentaires!

 

 

 

 

 

 

Il faut se questionner pour innover

Mardi dernier, j’offrais la conférence La puissance du leadership pédagogique au personnel du Collège Pasteur, à Montréal. Je me sens toujours privilégié d’avoir la chance de rencontrer de nouvelles personnes en éducation. Des gens qui façonnent des vies au quotidien. Cette rencontre pédagogique était organisée dans le cadre de la Semaine des enseignantes et des enseignants et se voulait une occasion de parler pédagogie et de réfléchir ensemble aux possibilités qui s’offrent aux pédagogues dans le monde d’aujourd’hui. Particulièrement pour ceux et celles qui exercent un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien.

Quand je suis appelé à donner une conférence, on s’attend à ce que je présente des idées concrètes qui peuvent inspirer les gens et les amener à voir les choses autrement. À voir des possibilités qu’ils ne voyaient pas avant. C’est l’idée, n’est-ce pas? Mais les moments les plus riches pendant ma conférence sont, à mon avis, les moments où j’arrête de parler, que je donne le micro aux participants et que j’écoute leurs idées, leur vision des choses, leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs questions, leurs innovations, leur vécu. Après tout, ce n’est pas ce que j’ai à dire qui est si important. C’est ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. La conférence est un prétexte pour échanger. Pendant ces moments d’échanges, j’apprends énormément. Nous avons tellement à apprendre de nos collègues, de leur vécu. Je vous partage aujourd’hui deux faits saillants de mes interactions avec le formidable personnel du Collège Pasteur.

Pour innover, il faut se poser les bonnes questions.

1er fait saillant. En parlant de pédagogie et des approches qui favorisent l’apprentissage, nous avons discuté de l’importance du processus. De donner le temps requis aux élèves pour faire les apprentissages. Les élèves n’apprennent pas tous au même rythme alors comment innover à l’intérieur de la boîte et leur donner une certaine flexibilité quant à leur rythme d’apprentissage? Un participant disait : «Ce sont de belles paroles, de belles idées. J’aimerais savourer plus de temps avec mes élèves en difficulté, mais j’en ai 29 autres qui me demandent de l’attention. Il y a une question de temps et de nombre. Comment je peux faire, concrètement?»  J’ai trouvé la question tellement bien formulée et tellement sincère. Et ça m’a frappé. J’avais partagé plus tôt que dans l’exercice de mes fonctions, je suis appelé à accompagner des écoles. J’expliquais aux participants que je n’arrive pas dans les écoles avec des réponses et un plan d’action déjà établi. J’arrive avec des questions. Nous partons des questions qui nous interpellent, nous avons des conversations et ensuite nous prenons les décisions et les actions qui nous semblent les plus pertinentes. C’est un cheminement. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. Le participant venait de poser une excellente question. «Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?» Et là une autre membre du personnel a ajouté : «Bien moi, je ne suis pas tout à fait en accord. On peut prendre les forces de certains élèves pour aider d’autres élèves. Je réussis à le faire par exemple dans mes tâches d’écriture. J’invite les élèves forts à appuyer leurs amis en classe. C’est donc possible de passer plus de temps avec les élèves.» Si nous avions eu plus de temps, je peux simplement m’imaginer le nombre d’idées ou de possibilités le personnel aurait pu générer pour innover et se donner plus de temps avec chacun de leurs élèves. Pour innover, il faut se poser les bonnes questions. On dit que l’éducation vit un changement de paradigme grâce à Internet et aux nouvelles technologies. Que notre rôle d’enseignant n’est plus de transmettre de la matière mais de développer les compétences des élèves. Alors voici quelques questions qui peuvent nous permettre d’innover en salle de classe.

  • Comment doit-on planifier nos cours si nous ne sommes plus le point d’accès à la connaissance?
  • Comment la 1re question vient-elle redéfinir mon rôle et celui de l’élève?
  • Quelle démarche pédagogique, quels contextes permettent de développer les compétences de mes élèves?
  • Est-ce que tous les élèves doivent faire la même chose au même moment?
  • Comment les forces de mes élèves sont-elles mises au service de l’apprentissage dans ma salle de classe?
  • Comment ma démarche pédagogique permet-elle aux élèves de découvrir le programme? Parce qu’on ne couvre pas le programme, on le découvre.
  • Comment la démarche pédagogique active-t-elle les élèves?

«Comment je peux faire, concrètement, pour personnaliser mon enseignement quand j’ai 30 élèves?»

«Il faut évaluer pour enseigner.»

2e fait saillant. En discutant de la culture de l’évaluation qui prend souvent le dessus sur le quotidien, un participant a affirmé : «Mais il faut être prudent. Il ne faut pas exagérer avec l’évaluation. En fait, il ne faut pas enseigner pour évaluer. Il faut évaluer pour enseigner.» J’ai trouvé le choix de mots très intéressant. J’ai l’habitude d’entendre Évaluation au service de l’apprentissage. D’entendre qu’il faut évaluer pour enseigner laisse croire que l’enseignement vient après l’évaluation. Que l’évaluation, ce n’est pas la fin de la démarche pédagogique, c’est le début. Si l’acte d’enseigner doit mener à l’apprentissage, et non à un bulletin ou à registre de notes bien garni, il est logique de penser que l’évaluation informe et active la pratique professionnelle, dont la raison d’être est l’apprentissage d’un élève. Un peu plus tôt pendant la conférence, le même participant disait qu’il faut amener nos élèves à apprendre à apprendre. Quand on évalue, on constate s’il y a eu apprentissage ou non. S’il n’y a pas eu apprentissage, est-ce que la démarche d’enseignement s’arrête là? Ça dépend? De quoi? Un collègue m’a déjà dit : «Quand on évalue nos élèves, on évalue leurs apprentissages mais aussi leur niveau d’engagement, notre climat de classe, notre relation avec eux. L’apprentissage, c’est le résultat de bien des choses.» L’évaluation informe notre pratique. Après l’évaluation, c’est à nous d’agir. Il faut évaluer pour enseigner. Pensez-y. C’est tellement bien dit. Et là d’autres questions me viennent à l’esprit pour innover…

Merci à mes collègues du Collège Pasteur de m’avoir accueilli.

J’ai donné une conférence. Et j’ai appris.

Et vous, quelles questions guident vos innovations?

Si vous vous posez les bonnes questions et que vous croyez sincèrement qu’il y a des réponses, vous les trouverez.

Il faut se questionner pour innover.

Merci de vos commentaires 🙂

 

 

Tac2016 : 2 conférenciers, 1 grande idée!

Dans le cadre de la conférence provinciale Tac2016, les participantes et participants ont eu droit à deux conférences d’ouverture de haut niveau offertes par Nancy Brousseau et George Couros.

7 décembre – conférence d’ouverture de Nancy Brousseau

En effet, Nancy Brousseau a lancé la journée du 7 décembre avec une conférence sur mesure portant sur le thème de Tac2016, soit Innover, croître et inspirer. Elle a mis l’accent sur l’importance de la croissance professionnelle continue pour soutenir l’innovation nécessaire à la pérennité de l’École. Elle soutient d’ailleurs que l’autoformation doit être au coeur de l’innovation en éducation. Ces propos en ont fait réfléchir plus d’un. Et vous, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez «autoformation»? Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par Madame Brousseau.img_6110-2

Autoformation?

À bien y penser, avec l’accès à Internet et avec tous les outils technologiques à notre disposition, l’autoformation est désormais accessible à tous. L’autoformation, c’est apprendre ce qu’on veut, de qui on veut, quand on veut. Intéressant, non? L’autoformation, c’est l’apprentissage personnalisé à son meilleur puisque c’est l’apprenant qui est derrière le volant. Or pour que cette expérience soit agréable et productive, l’apprenant doit développer des compétences. Et puisque l’autoformation se fait principalement grâce au numérique, vous comprendrez que de développer des compétences en littératie numérique est essentiel. Quoi qu’il en soit, si on veut développer des apprenants à vie, il faut être des apprenants à vie nous aussi. Et ça, ça passe inévitablement par l’autoformation, en grande partie.capture-decran-2016-12-12-a-13-10-34

Responsabilité? ou Possibilité!

Puisqu’on parle de plus en plus d’autoformation, certains se posent possiblement des questions concernant la responsabilité de l’apprentissage professionnel.

  • Est-ce que cela veut dire que les employeurs n’ont plus à former leurs employés?
  • Est-ce que ce sont les employés qui sont les seuls responsables de leur croissance professionnelle?

Ce sont des questions bien légitimes. À mon avis, la réponse aux deux questions est «Bien sûr que non!». L’employeur doit toujours chercher à investir dans le développement professionnel de ses employés. Madame Brousseau l’a répété à quelques reprises. L’effet enseignant est ce qui compte le plus dans notre système. Nous devons faire tout ce qu’on peut pour soutenir les enseignants et les directions pour maximiser cet effet enseignant (voir captures d’écran partagées sur Twitter). C’est donc dire que la responsabilité est partagée. Partagée dans le sens que c’est maintenant un choix individuel que font les gens qui décident d’attendre d’être formés par leur employeur. Dans ce cas, des limites sont imposées par le temps, le budget, les ressources humaines… Dans le contexte actuel, il faut apprécier tout ce que le numérique rend possible. Les possibilités sont impressionnantes. Pour l’employé, la question n’est pas tant «Qui est responsable de ma croissance professionnelle?» – c’est une responsabilité partagée – mais bien «Quelles possibilités de développement professionnel sont à ma portée, où je veux, quand je veux et gratuitement?!». L’autoformation, c’est une forme d’empowerment du personnel. C’est prendre activement la responsabilité de son devenir professionnel. Ça, c’est extrêmement motivant.

Enseignant.jpgdirection

8 décembre – conférence d’ouverture de George Couros

De son côté, George Couros a ouvert la journée du 8 décembre avec sa conférence The Innovator’s Mindset, inspirée du livre éponyme, où il présente les 8 caractéristiques de la mentalité de l’innovateur (traduction libre). À la fois humoristique, informatif, émotif et inspirant, George Couros n’a laissé personne indifférent face aux possibilités que nous offrent les technologies d’aujourd’hui. Un message qui m’a frappé est celui-ci : «La technologie ne remplacera jamais les grands enseignants, mais, entre leurs mains, elle peut être transformationnelle.» Le sketchnote de Marie-Andrée Ouimet illustre plusieurs points clés abordés par George Couros.img_6127

La ressource est maître? ou Le maître est la ressource!

Je me dis que la technologie, c’est une ressource. Une ressource indispensable, qui peut être transformationnelle, mais une ressource. Quand on analyse le fond du message des 2 conférenciers, on parle de compétence, d’innovation, de relations… On parle d’abord des gens, des personnes, ensuite des ressources. Autrefois, la ressource était maître dans la salle de classe de la «bonne réponse». Désormais, avec le développement des compétences des élèves, c’est le maître, la personne,  qui est la ressource la plus importante dans la salle de classe des 6C (voir p. 56). Toutes les ressources matérielles et numériques sont des outils au service de l’effet enseignant. D’ailleurs, on n’a qu’à penser aux enseignants qui innovent avec des idées comme le projet 20%, par exemple. Il n’y a pas de manuel pour ça. Ces enseignants savent quelle ressource matérielle ou numérique utiliser en temps opportun. Le maître est la ressource. C’est donc dire que ce sont des personnes qui transforment l’éducation. Des personnes en croissance continue.capture-decran-2016-12-12-a-12-47-43

Enfin, je retiens plusieurs choses de nos 2 conférenciers à Tac2016. Et un message puissant que je retiens, c’est que l’enseignant est la source principale de l’innovation en éducation. Heureusement, certains ont l’occasion d’être accompagnés ou de recevoir de la formation. Mais tous ont la possibilité de prendre en charge leur propre développement professionnel par le biais de l’autoformation. Nul ne peut développer les 6C de ses élèves s’il ne les a pas.

Et vous? Qui est derrière le volant de votre croissance professionnelle?

#CroissanceProfessionnelleContinue #Formation #Accompagnement #Autoformation

Merci de vos commentaires!

Sept leçons de leadership tirées du tout 1er Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine

Quand j’ai mis les pieds pour la première fois à l’Académie Lafontaine samedi dernier, j’ai tout de suite senti que j’allais vivre un week-end hors du commun. L’agora avait été aménagée avec des chaises, des fauteuils, des divans, des vélos stationnaires, des tables de bistro, le tout aménagé autour du point central qui serait occupé par les animateurs et les conférenciers… Environnement flexible et accueillant vous dites? img_1648Il y a aussi le fait que c’était le tout premier sommet exclusivement francophone au monde. Chose certaine, c’était très plaisant de côtoyer des collègues francophones d’un peu partout et de vivre un événement par et pour des francophones. J’étais aussi  bien heureux de voir à quel point les élèves étaient au coeur du Sommet avec @Equipedui , une équipe d’élèves qui appuyaient au niveau de la technique. Autre coup de coeur, Élizabeth, une élève de secondaire 4, a ouvert la conférence du samedi matin en livrant tout un message au nom des élèves. J’avais aussi l’occasion de livrer ma toute première conférence d’ouverture le dimanche matin. Une conférence portant sur la puissance du leadership pédagogique.  capture-decran-2016-11-20-a-23-14-19

Bref, un week-end d’apprentissage bien spécial, d’autant plus que j’étais entouré de mes collègues dont plusieurs avec qui j’échange habituellement en ligne via Twitter.

Après une semaine de réflexion, je vous partage 7 leçons de leadership tirées du tout premier Sommet Google francophone à l’Académie Lafontaine.

1. Tous les enseignants ont quelque chose d’unique à offrir.

Quelques minutes avant ma conférence d’ouverture, je discutais avec un collègue et il me disait que nous recevons rarement du renforcement positif de nos collègues ou de nos superviseurs dans nos écoles. Tout le monde a tellement de choses à régler au quotidien… Nous passons une bonne partie de notre temps à chercher ce qui ne va pas pour pouvoir le corriger. Pas facile de mettre l’accent sur ce qui va bien dans un tel contexte. C’est pourquoi nous avons besoin de mettre des choses en place pour nous assurer de souligner nos bons coups, nos talents, nos forces. Tout le monde a des forces, des talents, des qualités. Dès le début de ma conférence, j’ai posé la question suivante aux participants : «Si on demandait à un de vos proches, quelles sont vos forces, vos qualités?» Voici les réponses obtenues via Answer Garden.capture-decran-2016-11-20-a-21-13-01

Que de potentiel! N’est-ce pas? C’est important d’être conscient de ce qu’on a à offrir si on veut bien l’offrir et le faire intentionnellement. En regardant ce nuage de forces, de talents, de qualités, je me pose deux questions.

  • Est-ce que ces forces sont utilisées à leur plein potentiel en salle de classe?
  • Si on faisait le même exercice avec les élèves, comment leurs forces pourraient-elles êtres mises au service de l’apprentissage de tous en salle de classe?

Quoi qu’il en soit, chaque enseignant a quelque chose d’unique à offrir à ses élèves au fil de sa carrière. Et je crois fermement que nous ne sommes pas remplaçables (à partir du 2e niveau de leadership de John C. Maxwell). Misons sur notre unicité et sur l’unicité des élèves pour personnaliser notre enseignement.

2. Réfléchir à sa pratique, ça fait du bien.

Tout le week-end, les participants ont eu la chance de réfléchir à leur pratique grâce aux excellents ateliers offerts et grâce aussi aux différentes idées présentées par les conférenciers. La jeune Élizabeth nous a rappelé que les élèves veulent se réaliser à l’école. Que ce qui se passe en salle de classe, c’est important. @LiseGaluga nous a rappelé de cibler les choses qui sont dans notre zone d’influence et dans notre zone de contrôle afin de garder un sentiment d’efficacité personnelle élevé. Faire tout ce qu’on peut, maintenant, avec ce qu’on a. La situation idéale n’existe pas. De mon côté, j’ai amené les participants à réfléchir à l’enseignement par le biais de l’histoire de Juliette, ma plus jeune fille, lorsqu’elle a appris à faire du vélo. Les participants ont aussi réfléchi à la place de l’humain dans notre profession, à l’innovation à l’intérieur de la boîte, au leadership ainsi qu’au rôle de la technologie dans tout ça. Vous pouvez lire les commentaires et les réflexions des participants pendant ma conférence dans ce storifycapture-decran-2016-11-20-a-21-33-56

3. Parler de sa pratique avec des collègues, c’est passionnant!

Réfléchir à sa pratique, c’est bien. En parler avec ses collègues, c’est mieux! Sérieusement. Je ne sais pas combien de participants m’ont dit à quel point ils appréciaient avoir la chance de parler de leur pratique, d’échanger des idées, des trucs et astuces etc. Une chose inattendue lorsqu’on jase avec des collègues, c’est qu’on repart souvent rassurés. On se rend compte que nos collègues vivent les mêmes défis que nous. Ça normalise. À la lecture de plusieurs tweets, je me rends compte que le côté humain, les émotions, les relations sont très importantes pour la majorité des gens. Je crois que c’est le côté que nous n’abordons pas assez souvent entre collègues. Comment entrer en relation avec les élèves? Comment s’établir comme leader dans sa classe? Dans son école? Pour vraiment s’aider entre collègues, je crois qu’il faut se parler davantage des relations. En m’appuyant sur mon vécu, voici quelques éléments qui peuvent aider à entrer en relation avec les élèves.

  • Croire que les élèves sont importants
  • Écouter ce qu’ils disent, les mots qu’ils choisissent (que disent-ils vraiment?)
  • Observer comment ils agissent et réagissent (trouver la fonction du comportement)
  • Identifier les besoins réels des élèves
  • Ajouter de la valeur aux élèves
  • Choisir des stratégies aujourd’hui qui vont permettre à l’élève de continuer d’apprendre demain avec moi (les élèves n’apprennent pas des profs qu’ils n’aiment pas)
  • Être authentique, être soi-même, être constant, être l’adulte – toujours!

4. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir.

Ce qui m’a frappé c’est à quel point, dans un contexte d’apprentissage informel (tout le monde était là par choix), tout le monde se soutient, s’encourage, cherche le meilleur dans ce que l’autre présente. En effet, toutes les personnes qui offraient des ateliers se soutenaient les uns les autres, s’encourageaient. C’était tellement beau à voir. Entre professionnels, nous reconnaissons l’effort requis pour nous préparer, pour donner à nos collègues le meilleur de nous-mêmes, nos meilleures réflexions, nos meilleurs conseils, nos meilleures pratiques. Les enseignants veulent voir leurs collègues réussir. Ceci dit, en m’appuyant sur mon vécu, je crois que la capacité à entrer en relation avec les élèves, la capacité à s’établir comme leader dans sa classe est le facteur déterminant pour tout enseignant. Et je ne parle pas de résultats scolaires. Pour être heureux, comme enseignant, pour sentir qu’on réussit au quotidien, on a besoin de sentir qu’on peut entrer en relation avec les élèves, qu’on est respecté. C’est la base. C’est aussi un sujet délicat. C’est pourquoi j’en parle ouvertement dans ma conférence. C’est pourquoi, comme jeune enseignant, j’ai commencé très rapidement à accueillir des stagiaires dans ma classe. Je voulais leur partager les quelques stratégies qui avaient sauvé ma carrière et qui me permettaient de continuer à cheminer en tant que jeune professionnel. Je voulais voir mes collègues réussir là où j’avais échoué à mes débuts. En ce sens, je vous encourage à vous appuyer entre collègues au quotidien. Vous en valez la peine.

5. Le leadership, c’est l’affaire de tous.

Après avoir présenté les 5 niveaux de leadership de John C. Maxwell, tout en faisant des liens explicites à notre profession, j’ai le sentiment que la majorité des gens se voient exercer un leadership pédagogique dans leur rôle actuel. Voici ce que les gens ont répondu lorsque je leur ai demandé : «Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous entendez Leadership?» capture-decran-2016-11-20-a-22-25-52

En regardant le nuage de mots, je me dis que toute personne en éducation peut être …(choisissez votre mot). En tenant compte des commentaires des gens sur Twitter et des commentaires des gens qui sont venus me jaser par la suite, je crois que les gens voient de plus en plus la différence entre les responsabilités associées aux différents titres (enseignant, direction, surintendant…) et notre capacité d’exercer un leadership pédagogique intentionnel et conscient au quotidien, peu importe notre rôle. Le leadership, c’est l’influence. C’est à mon avis la clé du succès de notre système si on veut transformer l’expérience d’apprentissage des élèves.

6. La technologie peut nous aider à faire tout ça!

J’ai rencontré pour la première fois en personne au moins 40 personnes qui sont dans mon réseau sur Twitter. Quel bel exemple de ce qui est rendu possible, grâce à la technologie. Il va sans dire que c’est l’apprentissage de divers outils technologiques qui nous amenaient tous à l’Académie Lafontaine la semaine dernière. Or mon grand constat, c’est que la technologie permet aux humains, aux pédagogues de briller. Avec la technologie, on communique, on crée, on documente, et plus! La technologie peut nous aider à faire tout ça, quand on veut. Que dire de plus?

7. Tout est possible en éducation!

«Tout est possible en éducation lorsqu’on exerce un leadership pédagogique intentionnel et conscient!» C’est avec cette affirmation que j’ai débuté ma conférence. Quand je regarde les talents des collègues avec qui j’ai appris les 12 et 13 novembre derniers, quand je regarde la variété des ateliers, l’expertise, la passion, les gens qui ont donné leur week-end pour investir en eux, je me dis que le potentiel de leadership pédagogique est incroyable. C’est ce que je vois également à titre de Leader pédagogique de l’équipe TacTIC dans les écoles que nous accompagnons. Si on regarde tout ce qu’on a, tout est possible. Mais ce n’est pas facile d’innover à l’intérieur de la boîte. Il faut se donner une façon de demeurer intentionnel et conscient au quotidien. J’ai proposé aux participants la règle des 5, telle que présentée par John Maxwell. L’idée c’est de choisir un objectif clair (son arbre) et de choisir 5 choses à faire quotidiennement (sa hache) qui vous permettront d’atteindre votre objectif (abattre votre arbre) au fil du temps. Plus l’arbre est gros, plus ça prendra de temps. Voici le padlet où les participants ont été invités à partager leurs 5 au quotidien. Mieux vaut en faire un peu à tous les jours que d’en faire pendant 12 heures un jour!

On surestime ce qu’on peut faire en une journée. On sous-estime ce qu’on peut faire au fil du temps.

Quoi qu’il en soit, ce week-end était vraiment spécial. Une réussite sur toute la ligne. Et tel que prévu, lundi matin est arrivé en même temps que d’habitude. La routine a repris. De retour dans la boîte. J’espère que ces quelques leçons (ou constats) sur le leadership peuvent vous être utiles, peu importe votre rôle.

Tel que mentionné aux participants à la fin de la conférence, je vous laisse avec ma stratégie pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves : 5 + 5!

Les 5 niveaux de leadership + vos 5 au quotidien.

Transformons l’expérience d’apprentissage des élèves! Il faut simplement y croire.

Pour continuer à s’entraider, il y a le #LeadPed. J’espère vous y retrouver au quotidien.

Twitter, c’est du «monde» qui se parlent 🙂

Merci de vos commentaires et bon succès!

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Avez-vous l’instinct?

Je suis devenu papa et enseignant à peu près en même temps. Je suis donc devenu responsable de l’apprentissage des enfants des autres, le jour, des miens, le soir et le week-end. J’ai donc développé des stratégies. À l’école, j’utilisais les stratégies de la profession enseignante. Chez moi, je faisais davantage appel à mon instinct. Il n’y a pas de manuel pour être parent. On l’entend souvent. Or je me suis rendu compte que mes stratégies étaient bien différentes chez moi, avec mes enfants.

Une  histoire de vélo

Quand ma fille Juliette a commencé à faire du vélo, on lui a d’abord acheté un tricycle. On lui a ensuite acheté un petit vélo avec «des p’tites roues». Un enseignant appellerait ça de la différenciation. Pour un parent, c’est le gros bon sens. Je me rappelle encore du jour où Juliette a commencé à essayer de faire du vélo. À deux roues! Elle était tellement nerveuse. Elle avait peur de se faire mal, physiquement. Même avec tout l’équipement de protection qu’on met sur nos enfants de nos jours… Elle avait peur. Je la rassurais, à côté du vélo, ma main sur la selle. «Je te tiens, Juju.» Au début, elle préférait essayer sur le gazon. La friction étant plus grande, elle pouvait pédaler plus vite sans trop accélérer. Elle gardait mieux l’équilibre aussi. Et quand elle tombait, et Dieu sait qu’elle a tombé souvent, elle ne risquait pas de se blesser. Finalement, un jour, Juliette a décidé qu’elle était prête pour l’asphalte. Elle a fini par réussir. Moi à côté d’elle, en courant, ma main sur la selle. «Je te tiens.» Je n’ai jamais même pensé que ma fille ne réussirait pas. C’était une question de temps. Mon instinct de père me le disait. Mon vécu aussi.

Elle a fini par réussir. Moi à côté d’elle, courant, ma main sur la selle. Je n’ai jamais même pensé que ma fille ne réussirait pas. @bourmu

Je me demande si Juliette aurait réussi de la même façon si j’avais utilisé des stratégies de la profession enseignante. Des stratégies que j’apprenais graduellement, presque par osmose à l’époque.  Heureusement, ma fille n’a pas vécu le scénario suivant : «Juliette, jeudi de cette semaine, entre 9 h et 10 h, je vais te demander de monter à vélo et je vais t’évaluer. Ça va être très important que tu réussisses, Juliette. Ça fait plusieurs fois que tu tombes, n’est-ce pas? C’est tout le temps que nous avons. Jeudi, tu dois réussir. Si tu échoues, alors peut-être que le vélo, ça ne sera pas pour toi. J’ai une tonne de choses à t’enseigner. Il est temps de passer à autre chose…» Vous me suivez? Et là on ne parle même pas de notes ou de résultats.

«Juliette, jeudi de cette semaine, entre 9 h et 10 h, je vais te demander de monter à vélo et je vais t’évaluer. Ça va être très important que tu réussisses, Juliette. Ça fait plusieurs fois que tu tombes, n’est-ce pas? C’est tout le temps que nous avons. Jeudi, tu dois réussir. Si tu échoues, alors peut-être que le vélo, ça ne sera pas pour toi. J’ai une tonne de choses à t’enseigner. Il est temps de passer à autre chose…»

Apprendre vs Enseigner

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Aujourd’hui, avec du recul, je me rends compte que plusieurs enseignants vivent ou ont
vécu l’histoire du vélo avec leurs enfants. Plusieurs seraient également d’avis que cette approche est axée sur l’apprentissage. Si on demandait aux enseignants de choisir les mots dans le visuel qui permettent de créer des conditions favorables pour qu’il y ait apprentissage, je suis certain que plusieurs choisiraient le côté bleu. Apprendre. Or quand on devient enseignant, notre culture, notre ADN institutionnel prend le dessus et on agit souvent dans le blanc. Enseigner. Est-ce dire que si on ne fait qu’enseigner, il y a peu ou pas d’apprentissage?  Hmmmmmm. Et qu’en est-il de l’engagement? Je me questionne.

Dans quelle classe voudriez-vous être? La bleue ou la blanche?

Laquelle souhaitez-vous pour vos enfants?

Rendre à César ce qui est à César

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Le blanc, c’est le cadre. Ce sont les valeurs institutionnelles. C’est notre employeur. Il a une raison d’être, le cadre. Il a sa place. Il faut rendre à César ce qui est à César. Les objectifs SMART, les résultats, les progrès… Ça, c’est prendre la température. On ne peut pas passer tout notre temps de classe à prendre la température, à mesurer, à juger. Et ce n’est pas pour le cadre qu’on devient enseignant! On entend souvent l’expression « Think outside the box ». On peut penser à l’extérieur de la boîte tant qu’on veut, mais c’est à l’intérieur de la boîte qu’on oeuvre. Tout le monde. Les enseignants, les directeurs, les éducatrices, les surintendants… Tout le monde. C’est à l’intérieur de la boîte qu’on peut faire la différence.  À l’intérieur du cadre, il y a beaucoup de place pour le bleu, pour l’apprentissage. Il faut simplement être conscient et intentionnel afin de choisir les bonnes stratégies.

Comment innovez-vous à l’intérieur de la boîte?

Quand on suit son instinct…

En ce qui a trait à l’apprentissage de nos enfants, je me rends compte que nous pouvons faire confiance à notre instinct. En tant que parents, nous apprenons à connaître nos enfants. On connaît leurs craintes, leurs talents, on remarque les nouveaux comportements, les progrès, on apprend à lire leur non-verbal… Alors on choisit notre approche, on choisit le bon moment, on cherche à développer leur autonomie, on croit en eux. On croit en eux! On veut tellement pour eux. On sait que c’est une question de temps. Et on sait qu’on ne peut pas pédaler à leur place. On sait qu’ils doivent tomber pour apprendre à se relever, pour bâtir leur confiance, pour devenir qui ils sont. Finalement, quand on suit son instinct de parent, c’est pas si mal.

Et on sait qu’on ne peut pas pédaler à leur place. On sait qu’ils doivent tomber pour apprendre à se relever, pour bâtir leur confiance, pour devenir qui ils sont. @bourmu

L’école est le parent de jour des élèves qui la fréquentent. Et si on suivait notre instinct parental? «Je te tiens.»

Avez-vous l’instinct? Essayez-le… pour voir.

Merci de vos commentaires

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