4 stratégies pour finir l’année sur une note positive!

Avec le long week-end de mai qui tire à sa fin, nous amorçons tous le dernier droit de l’année scolaire 15-16 dans nos écoles. Testing provincial, bulletins, voyages de fin d’année, spectacles de fin d’année, examens, soirée des finissants… Une panoplie de tâches et d’activités nous permettront de boucler la boucle sur une autre année scolaire mouvementée. Ce n’est pas le travail pour les adultes qui va manquer dans nos écoles dans les semaines à venir. Ça me rappelle ce que Dylan Wiliam avait dit lors d’une conférence portant sur l’évaluation formative. «L’école, c’est souvent un endroit où les élèves viennent pour voir les adultes travailler.» Je me dis que c’est parfois vrai en fin d’année.

Alors comment garder l’engagement des élèves jusqu’à la fin juin?

«L’école, c’est souvent un endroit où les élèves viennent pour voir les adultes travailler.» Dylan Wiliam

Anticiper la fin de l’année

Adobe SparkAu début de ma carrière, j’ai eu la chance de recevoir une formation d’un certain Camil Sanfaçon portant sur la gestion de classe. Il nous disait qu’en fin d’année, les élèves sentent que le groupe va bientôt se séparer puisque l’année achève et c’est pourquoi il faut anticiper que les comportements que nous avons adressés en début d’année recommencent à se manifester en fin d’année. Il disait que la fin d’année exige donc le même effort qu’en début d’année au niveau de la gestion de classe et du maintien d’un climat scolaire positif.

Être exigeant et engageant jusqu’à la fin

Une enseignante chevronnée me racontait qu’elle avait vécu des fins d’année plus difficiles au début de sa carrière parce qu’elle devenait moins exigeante envers ses élèves. «Une chose est certaine, me disait-elle, les élèves sentent assez vite que l’année est finie si on commence à multiplier les périodes cadeau ou qu’on exige qu’ils fassent de l’occupationnel. Pour que les élèves soient engagés, il faut planifier des choses engageantes pour eux, il faut les impliquer, jusqu’au bout.» J’ai trouvé ça intéressant.

J’écoutais un podcast (baladodiffusion) récemment où un enseignant présentait des stratégies qui lui permettent de finir l’année sur une note positive. Il mentionnait que la fin de l’année, c’est ce dont les élèves se souviennent pendant l’été. Il disait vouloir finir avec un effet «wow!». Vous pouvez vous abonner à cette chaîne de podcasts.

4 stratégies pour finir sur une note positive

  1. Question ludique : Faire régulièrement des évaluations formatives charnières “hinge ou quiz”(via socrative ou kahoot) pour éclairer les prochaines étapes de l’enseignement. 10 questions ou moins qui permettent de faire un retour sur des apprentissages récents dont une qui fait appel à l’intelligence sociale ou émotionnelle. Cette question doit générer des émotions positives chez les élèves. Par exemple, Quel élève de la classe serait le meilleur pour nous sauver d’une invasion de zombies?, Quel est votre sandwich préféré?, Quelle sera votre contribution à la société? Ces questions tantôt ludiques, tantôt plus profondes permettent de garder l’intérêt des élèves et de maintenir l’unité dans le groupe. Il va sans dire que le retour sur ces questions est la clé. Il importe de présenter les résultats, les statistiques etc. Les élèves vont en redemander! Bonne façon de créer de l’engouement dans les activités d’apprentissage et d’évaluation jusqu’à la fin.
  2. Célébrations de nos apprentissages : Les évaluations sommatives (tests, examens) de fin d’année prennent beaucoup de place dans nos écoles en fin d’année. Je ne crois pas que ces évaluations génèrent beaucoup d’émotions positives, tant chez les élèves que chez les enseignants. Et si on les appelaient les célébrations de nos apprentissages, plutôt que des tests ou examens? On parle de spectacles, de voyages de fin d’année. Ces activités sont là pour nous permettre de célébrer nos accomplissements et le temps que nous avons passé ensemble. Pourquoi ne pas avoir la même approche avec la préparation aux tests et examens? Inutile de dire que le non-verbal doit suivre les paroles, si on veut parler de célébration. Notre non-verbal, notre respiration peut aider à diminuer la tension lors de ces moments stressants pour les élèves. Pourquoi ne pas avoir un goûter en classe pour détendre l’atmosphère. Comme dans une vraie célébration! 
  3. Valoriser le processus et la collaboration : Les apprentissages réalisés sont le fruit d’efforts, de stratégies et de collaboration. Comment donc souligner la contribution de chacun? Pourquoi ne pas inviter les élèves à créer des top 10 de leurs apprentissages de l’année? Les inviter à identifier le processus qui a mené à chacun des apprentissages de leur top 10. Dans un monde branché, le réseautage est certes devenu un incontournable pour progresser et apprendre en continu. Pourquoi ne pas inviter les élèves à écrire des post-it anonymes aux élèves dans la classe qui ont le plus contribué à leur apprentissage? Belle façon de voir concrètement le fruit de la collaboration dans votre classe!
  4. Bouteilles de rêves! La fin d’année approche, oui. Mais c’est aussi notre dernière chance de livrer des messages positifs à nos élèves, dernière chance de les amener à rêver à leur avenir, dernière chance de laisser notre marque en tant qu’enseignant! On pourrait distribuer à chaque élève une bouteille d’eau vide qu’on appellerait «bouteille de rêves». Les élèves sont invités à placer dans leur bouteille de rêves  (post-it ou bout de papier) les exploits, les emplois, les réalisations qu’ils se voient faire dans leur vie. Ces bouteilles peuvent être utilisées en salle de classe comme activité de partage entre élèves. Les bouteilles peuvent être utilisées lors d’une soirée de finissants ou encore on peut inviter les élèves à la présenter à leurs parents. Les possibilités sont illimitées!

Quoi qu’il en soit, la fin de l’année approche. Il reste peu de temps pour influencer les notes finales qu’obtiendront vos élèves. Mais il reste beaucoup de temps pour les inspirer, pour les faire réfléchir, pour avoir un impact sur leur façon de voir la vie, de se voir dans la vie, au-delà des notes. Je vous invite à saisir l’occasion, dans tout ce tourbillon de tâches administratives qui vient avec la fin d’une année scolaire.

Oui, chers collègues, il reste beaucoup de temps pour générer des émotions positives chez vos élèves. C’est ce qu’ils retiendront de vous!

Pour la direction d’école, comment ça s’applique à vous?

Comment finir l’année sur une note positive et engageante avec son personnel?

Merci de vos commentaires!

«J’ai pas juste lui dans ma classe!»

Dans un récent billet, je partageais mon approche en tant qu’enseignant. Que je voyais chaque élève comme une merveille. Et c’est vrai. Ça ne veut pas dire que c’est toujours facile. Mais j’ai omis quelques précisions. Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir», ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel. Les élèves à besoins particuliers, ils sont là eux aussi. Et c’est probablement ceux qui ont le plus besoin de nous. Ces élèves, ce sont les meilleurs enfants de leurs parents. Leurs parents ne gardent les meilleurs à la maison! Et ils IMG_4527comptent sur nous. Dans tout ce qu’on a à faire dans une journée, il ne faut pas oublier ce qui nous a amenés dans la profession. Notre pourquoi. Pour moi, c’est de faire une différence. Pour certains, ce n’est pas facile d’aller vers les élèves à besoins particuliers parce qu’on se sent parfois dépassé, démuni. Ça, ce sont des émotions qui ne sont pas positives. On pourrait donc dire que d’aller vers les élèves à besoins particuliers, ça peut vouloir dire qu’on doit sortir de notre zone de confort. Essayer de comprendre qui est devant nous. C’est toujours plus facile d’approcher les élèves qui réussissent bien, les élèves qui ont les bonnes réponses. On a l’impression d’avancer, que ce qu’on fait, ça marche. C’est facile d’oublier, parce que ça nous amène à nous dépasser, à nous arrêter, mais les élèves à besoins particuliers, ils ont des forces, des rêves, des aspirations. Ils veulent que «Madame les aime eux aussi». On manque parfois d’empathie, dans le tourbillon du quotidien, si on est honnête. En tout cas, moi ça m’est arrivé et ça m’arrive encore. Je suis humain. Un humain qui cherche à faire une différence. Si vous êtes parent, c’est la même chose. Ça va donc bien quand notre enfant est «bon» à l’école. Mes expériences professionnelles m’amènent à penser qu’on reconnaît une école de qualité par sa façon d’appuyer, d’intégrer et de parler des élèves à besoins particuliers.  Comment parler des élèves… entre professionnels. Comment parler aux élèves… Notre pourquoi.

«Quand on dit «Tous les élèves peuvent réussir» ça ne veut pas dire tous les élèves, sauf untel.» @bourmu

Animal School : une métaphore de nos écoles

Je vous encourage à regarder la vidéo Animal School. Cette vidéo m’a été partagée dans le cadre d’une conférence. Il faut regarder jusqu’à la fin. On y fait des liens explicites avec les différents profils de nos élèves. Ça fait réfléchir à nos pratiques.

 

Whoa les moteurs! Équilibre!

À l’impossible, nul n’est tenu. Après avoir visionné la vidéo, certains diront, «C’est ben beau tout ça, la réussite pour tous… J’ai pas juste untel dans ma classe! Il faut que j’enseigne!» Stop! S’arrêter. Nos élèves nous amènent à nous arrêter. C’est bon pour nous.

Il y a une différence entre «J’ai pas juste lui dans ma classe» et essayer de tout faire, pour tous les élèves, à tous les jours. Équilibre. On peut y arriver. Un élève à la fois, un jour à la fois. D’où l’importance de s’appuyer entre collègues, de miser sur des relations positives avec nos élèves. Les images ci-après parlent d’elles-mêmes et complètent le message de la vidéo.

 

Générer des émotions positives…

Je termine en vous disant que tous les élèves peuvent réussir. Mindset. Vous faites une différence. Un bon point d’entrée pour réfléchir autrement, c’est de repenser à comment on évalue nos élèves. Quelle est la fonction de nos rétroactions? Pensez-y. Quelle est la fonction des rétroactions que nous donnons aux élèves? Verbales, non verbales, écrites…

Et si on approchait nos élèves, tous nos élèves, ayant comme but premier de générer des émotions positives en eux? Des émotions positives au service de l’apprentissage.

Merci de vos commentaires

Devenir enseignant… apprenant à vie

J’ai toujours vu la profession enseignante comme une vocation, comme un rôle important et privilégié dans notre société. C’est vrai qu’on est privilégié. En tant qu’enseignants, nous sommes appelés à former toutes les autres professions. Ce n’est pas rien.

Au service de merveilles

Quand j’ai accepté un poste en enseignement, j’ai pris un engagement envers mon employeur. Je voulais faire honneur à la profession. Mais je prenais surtout un engagement envers toutes les familles de ma communauté scolaire, un engagement à 22234toujours donner le meilleur de moi-même à mes élèves. Ces familles allaient me confier leurs enfants. Les meilleurs enfants qu’ils ont, comme disait le grand Wayne Hulley. Ma mission personnelle était et est toujours que les élèves qui me sont confiés soient convaincus qu’ils sont des merveilles après avoir fait ma rencontre. Je ne serais pas honnête si je ne vous disais pas que parfois certains élèves cachent bien leur côté merveilleux! Ouf! Mais c’est ma façon d’approcher ma profession. C‘était et c’est encore très sérieux pour moi comme engagement, comme responsabilité. Même si mon rôle est différent présentement, je me considère d’abord comme un enseignant.

S’améliorer… parce qu’on n’a jamais fini d’apprendre!

Pour donner le meilleur de soi, pour développer des merveilles, il faut avoir une mentalité de croissance. Croire qu’on peut toujours s’améliorer. Meilleur qu’hier, moins bon que demain. Bref, devenir enseignant, c’est accepter de devenir un apprenant à vie. Pour nous aider à nous améliorer, notre employeur investit en nous, en nous offrant diverses occasions de perfectionnement professionnel.

«Bref, devenir enseignant, c’est accepter de devenir un apprenant à vie.»

Formel et informel

J’ai découvert au fil du temps qu’il y a du perfectionnement professionnel formel, où les objectifs d’apprentissage sont définis par le formateur et l’apprentissage professionnel informel, où je détermine moi-même ce que je dois apprendre. Les deux sont essentiels selon moi. Je vois ça un peu comme du Hop On (passager), Hop Off (conducteur) au niveau de mon développement professionnel. Dernièrement, j’ai écrit plusieurs messages sur Twitter à ce sujet. L’apprentissage informel (Hop Off), où je suis en contrôle de mon apprentissage, a complètement transformé mon expérience d’apprentissage en tant que professionnel. Twitter, YouTube et quelques blogues sont ma principale source d’apprentissage. Un apprentissage sur demande. Je profite aussi des occasions de développement professionnel plus formelles (Hop On), comme des formations ou des conférences, grâce à mon employeur.

«L’apprentissage informel a complètement transformé mon expérience d’apprentissage en tant que professionnel.»

Développement professionnel dans les écoles

Dans les écoles, le développement professionnel formel prend souvent la forme de communautés d’apprentissage professionnel (CAP), d’équipes de collaboration ou autres. Ce temps consacré au développement professionnel des enseignants est important pour l’amélioration continue de nos écoles. La qualité d’une école dépend de la qualité de ses enseignants.

«La qualité d’une école dépend de la qualité de ses enseignants.»

Selon mon expérience, le format d’accompagnement choisi doit répondre à 3 critères pour assurer un développement professionnel de qualité.

  1. Le travail doit être en lien avec les travaux des élèves.
  2. L’accompagnement doit avoir une certaine durée et être assez fréquent.
  3. Le développement professionnel doit être vécu en équipe.

Quels critères ajouteriez-vous à cette liste?

Voici un billet intéressant sur le sujet, écrit par un blogueur anglophone.

Accueillir l’apprentissage informel

Je vous encourage fortement à explorer le grand monde de Twitter en participant à un chat ou en suivant des gens qui vous inspirent. L’apprentissage informel, c’est désormais un incontournable au niveau du développement professionnel. Ça permet de progresser à son rythme, ça motive, ça inspire, ça donne des ailes! Et il faut d’abord l’accueillir, prendre position et prendre en main son apprentissage. Apprendre, ça rend heureux!

Et vous, quelle est votre mission, votre approche en tant qu’enseignant? Je suis curieux 🙂

Merci de vos commentaires!

Quand la réussite nous frappe

Dimanche soir, j’ai été témoin d’une pédagogie participative axée sur la réussite de l’élève. « Ok?! Et après? » dites-vous? C’est que c’était dimanche soir, et j’ai fait ce constat à un moment où je ne m’y attendais pas. Disons que mon tiroir pédagogie participative ne s’attendait pas à être sollicité. La preuve qu’on ne choisit pas toujours quand la réussite nous frappe. Laissez-moi vous expliquer.

Pour faire briller les élèves

Ma fille  prend des cours de piano depuis 2 ans. J’assistais dimanche soir au récital annuel, un événement bilingue qui permet aux enseignantes et aux enseignants de piano des environs de rassembler leurs élèves afin de leur fournir un auditoire authentique et de les faire briller devant leurs proches. L’an dernier, l’enseignant de ma fille avait réussi à la convaincre de rester et deCapture d’écran 2016-05-01 à 23.16.33 participer au récital, qu’elle était prête et qu’elle allait réussir. Ce qui arriva. Elle en a d’ailleurs parlé dimanche soir, en arrivant au lieu du récital. «Ah! Cette entrée! Te rappelles-tu, pop, l’an passé?» Quand un enseignant croit en son élève… L’effet enseignant lui permettait de participer à son 2e récital! Merci! Après le mot de bienvenue et les remerciements d’usage, environ une douzaine d’enfants de tous âges ont joué les pièces de leur choix qu’ils avaient préparées et pratiquées avec le soutien et les conseils de leur enseignant. 

Connaître son élève

Lorsque vient le tour d’un élève de venir jouer sa pièce devant l’auditoire, son enseignant prend le micro et parle de son élève afin de le faire connaître à l’auditoire. L’enseignant partage l’âge, l’année d’études, le cheminement de son élève, la pièce (parmi plusieurs) choisie par l’élève, ses qualités, ce qu’il aime, ses passe-temps etc. Ensuite, l’élève salue l’auditoire, qui applaudit. S’ensuit la performance. Applaudissements. Et au prochain. Vous voyez un peu le déroulement? C’est à ce moment que mon tiroir de pédagogie participative a commencé à s’ouvrir. La relation entre l’enseignant et l’élève était mise en valeur tant dans les paroles que dans le non-verbal. De toute évidence, l’enseignant et l’élève attendaient ce moment depuis un certain temps. C’était le moment pour lequel ils s’étaient préparés. Il faut dire que c’est quand même stressant pour les élèves. D’autant plus qu’ils jouent un piano qui n’est pas le leur. Cependant, les enseignants jaugent bien ce stress et choisissent à quelle distance se placer de leur élève afin de les appuyer au besoin. 

Quand la réussite est attendue

Vient le tour d’une jeune fille qui commence sa pièce. Tout va très bien jusqu’au moment où elle a un trou de mémoire. Ça arrive. Elle retourne auprès de sa famille et n’a donc pas la chance de terminer sa pièce. Le récital était sur le point de se terminer, et là, l’enseignant de la jeune fille a pris le micro. Il avait eu la chance de lui parler et de la réconforter. «Écoutez tout le monde, tantôt la jeune fille n’a pas eu la chance de terminer sa pièce. Capture d’écran 2016-05-01 à 23.41.04Question de stress ou autre, je sais qu’elle la connaît du bout des doigts. Elle la fait les yeux fermés habituellement. Si vous le voulez bien, et si elle le veut toujours, nous lui permettrons de revenir jouer sa pièce au complet à la fin du récital. Je sais qu’elle est capable. N’est-ce pas?»  La jeune fille est revenue au piano à la fin du récital et, après avoir consulté son enseignant, a joué sa pièce de façon magistrale. Cette fois-ci, l’enseignant était assis à côté d’elle, afin de la replacer dans son environnement habituel de sécurité et de confiance. C’est là que la réussite m’a frappé. Mon tiroir de pédagogie participative était grand ouvert à ce point-là. À la fin du récital, tous les élèves se sont rendus à l’avant pour recevoir un certificat. Bravo.

Qu’arriverait-il à la culture et au climat de votre école, à l’expérience d’apprentissage des élèves, si une telle pédagogie devenait la norme?

10 liens avec la pédagogie participative

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  1. Partenariat enseignant-élève
  2. Voix de l’élève
  3. Connaître son élève
  4. Portfolio (meilleure pièce)
  5. Climat de confiance
  6. Mentalité de croissance
  7. Pouvoir se reprendre
  8. Communication
  9. Réussite pour tous
  10. Auditoire authentique

 

3 questions de réflexion :

  1. Quels autres liens faites-vous avec la pédagogie participative?
  2. Qu’arriverait-il à la culture et au climat de votre école, à l’expérience d’apprentissage des élèves, si une telle pédagogie devenait la norme?
  3. Qu’est-ce qui vous permet ou vous empêche d’intégrer une telle pédagogie à votre pratique présentement?

Si vous avez déjà vécu une expérience similaire à ce que j’ai vécu au récital de ma fille, une expérience qui permet de faire des liens avec la pédagogie, merci de partager!

 

Thermostat ou thermomètre?

En tant que leader en éducation, suis-je un leader thermostat ou thermomètre? C’est une question qu’un collègue me posait récemment. J’ai trouvé l’analogie intéressante, si bien que je vous la présente aujourd’hui.

Thermostat

Le thermostat, lui, sert à maintenir la température ou à créer la température désirée. Le thermostat crée l’environnement souhaité. Il est actif, flexible et créateur.

Thermomètre

On peut définir le thermomètre comme un instrument destiné à mesurer la température. En effet, le thermomètre ne fait que donner la température de l’air ambiant. Il dit ce qui est. Il réagit à son environnement.

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Introspection

À bien y penser, je crois que chacun d’entre nous se situe tantôt plus près du thermostat, tantôt plus près du thermomètre. En effet, dans certains contextes, dans certains dossiers, avec certaines personnes, nous avons la confiance d’être en mesure de créer l’environnement dont nous avons besoin pour réussir, et ce, pour diverses raisons.

Dans d’autres cas, nous sommes une peu plus comme le thermomètre, nous ne pouvons faire autre chose que de dire comment sont les choses. Dans ces moments, nous avons l’impression que nous sommes impuissants. Et c’est parfois à tort, parfois à raison.

Qu’est-ce qui déclenche ces émotions? Est-ce une question de mentalité? Je me questionne.

Dans un contexte de leadership scolaire en amélioration continue, cette analogie permet tout de même de faire quelques réflexions. En voici quelques-unes :

  1. Dans quelles conditions êtes-vous davantage un leader thermostat?
  2. Quel aspect de votre pratique vous rapproche du leader thermomètre?
  3. Que pouvez-vous faire pour créer les conditions dont vous avez besoin pour être un leader thermostat?

Et vous, quelles réflexions ajouteriez-vous à cette liste?

Est-ce que cette analogie peut vous servir?

Merci de vos commentaires

Transformation amorcée

On n’oublie pas les expériences d’apprentissage qui génèrent en nous des émotions positives.

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Le jeudi 3 mars dernier, j’ai eu l’honneur de représenter fièrement l’équipe TacTIC en participant au Think Tank et en contribuant au panel habilement animé par nul autre que M. Michael Fullan. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais j’avais bien hâte d’y prendre part et d’écouter ce qui allait être partagé au cours de la journée. J’adore écouter. Bref, cette expérience d’apprentissage, d’échange et de réseautage a donné lieu à des conversations riches et authentiques, tant en personne que par le biais de Twitter. Voici quelques faits saillants de la journée.

ACCUEIL 

Quand je suis entré au Musée de la Nature jeudi dernier, j’ai été touché. Alors que les invités au Think Tank prenaient place tranquillement dans la salle Barrick du 3e étage, on pouvait voir plusieurs membres de l’équipe du CECCE – faciles à repérer grâce au foulard rouge qu’ils portaient au cou – qui s’affairaient à accueillir les invités et à finaliser les derniers préparatifs avant le début de cette journée qui s’annonçait déjà très intéressante. À peu près au même moment, j’ai été accueilli par une personne de l’équipe du CECCE qui a pris soin de me souhaiter la bienvenue et de me diriger au bon endroit pour recevoir les informations pertinentes. Et là ça m’a frappé. Quel climat d’accueil! De toute évidence, cette journée était importante. L’aménagement de la salle, par sa disposition, annonçait la collaboration. Plus tard, on m’a appris que l’équipe de CECCE s’était même assuré d’accueillir les gens en ligne en leur offrant le choix d’entendre les discussions en français ou en anglais, d’entendre l’orateur ou l’interprète. Accueil. Avant même que la session de réflexion collaborative ne soit commencée, deux champs d’action avaient déjà été modelés. Le bien-être et l’aménagement des environnements et des espaces d’apprentissage.

VOIX DES PARTICIPANTS

Les invités en présentiel et en ligne pouvaient dialoguer, contribuer, laisser des traces de leurs réflexions via le mot-clic #CECCE. Les gens pouvaient également le faire par le biais d’une salle virtuelle dans Today’s Meet. La journée a commencé par un chant en guise de prière interprété par des élèves. Quelle belle façon de commencer notre journée! Garder l’élève au centre de nos décisions. Après la mise en contexte de l’équipe du CECCE et de M. Fullan, le panel a pris place pour la première partie de l’avant-midi. Certains étaient sur place alors que d’autres étaient en ligne. Plusieurs messages percutants ont été livrés par les différents panélistes, comme en témoignent les nombreux tweets. Certains messages parlaient de courage, de créativité, de stratégies de réflexion, de savoirs, d’approches, de relations…

Voici mon top 3 :

  1. Will Richardson : Avons-nous le courage de faire ce qu’il faut pour transformer l’expérience d’apprentissage des élèves?
  2. Lucy West : Il va falloir être plus créatifs dans nos efforts de transformer nos écoles. Remettre en question des choses qu’on ne remet pas en question naturellement.
  3. Garfield Gini-Newman : Il faut donner des outils de réflexion à nos élèves.

Bref, j’en retiens que les messages étaient complémentaires et validaient le bien fondé des 5 champs d’action du profil de sortie de l’élève du CECCE. Or tous les participants avaient une voix pendant le panel. Et que dire de l’emploi de la technologie!

Mais au-delà des messages, c’est l’approche qui a retenu mon attention. La 2e partie de l’avant-midi a donné lieu à des échanges très intéressants à chacune des tables. Ces échanges étaient animés et dirigés par un membre de l’équipe du CECCE. J’ai eu le plaisir d’entendre une élève conseillère nous donner le point du vue des élèves. Elle nous disait que ce serait plaisant que l’engouement créé par les activités parascolaires se transporte en salle de classe. C’est bien logique. On ne veut sûrement pas que les cours soient perçus comme un mal nécessaire pour avoir accès aux activités parascolaires… Bref, pendant nos discussions, nous travaillions tous en partenariat afin de réfléchir aux conditions qui font en sorte que les élèves apprennent le mieux. Nous étions tous consultés et nos idées avaient de la valeur. Deuxième et troisième champs d’action modelés. Les nouvelles pédagogies émergentes et l’intégration des technologies au service de l’apprentissage.

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RELATIONS

Je crois fermement que la transformation, c’est en soi qu’elle doit d’abord se faire. On parle du profil de sortie de l’élève, mais quel est le profil d’entrée d’un enseignant? D’un leader? Quelle approche devons-nous avoir pour générer des émotions positives?

«On parle du profil de sortie de l’élève, mais quel est le profil d’entrée d’un enseignant? D’un leader?»

Je faisais allusion à la parabole du semeur lors du panel et je réfléchissais à ça sur la route du retour en fin de journée. Il faut croire en nos élèves. Comme un parent croit en son enfant. Croire qu’ils sont de la bonne terre. Les élèves le sentent.

semeur

Et si la terre, c’était plutôt notre salle de classe et les élèves, les semences? Avons-nous le bon profil d’entrée, le bon mindset? Sommes-nous d’habiles jardiniers, capables de créer les conditions optimales pour faire jaillir de nos élèves leurs plus beaux fruits? Il n’y a pas de recette pour faire ça. C’est exigeant. Ça demande de transformer notre conception de notre rôle, de la réussite, de ce qui a de la valeur pour nos élèves. Et ça, ça se fait un élève à la fois, une émotion positive à la fois, une relation à la fois. Lorsqu’on change notre mindset, on change nos stratégies!

«Lorsqu’on change notre mindset, on change nos stratégies!»

TRANSFORMATION AMORCÉE

Lorsqu’une équipe de leaders organise un tel événement, qu’elle mobilise autant de gens, le message est clair : La transformation de l’expérience de l’apprentissage, c’est important. J’ai particulièrement apprécié le format de la journée. J’ai senti que tout le monde avait eu la chance de contribuer et d’être écouté. C’est tellement important. C’est un modèle qui peut être reproduit dans une école, dans un secteur, dans une salle de classe. Fractales! Bravo à toute l’équipe dirigée par Eugénie. Vous avez su générer, en moi et en nous tous, j’en suis sûr, des émotions positives. Et j’ai appris. Cinquième champ d’action modelé. Leadership.

La conversation est amorcée, la graine est semée et on peut dire que la transformation en soi est amorcée et CECCE.

Merci de vos commentaires!

 

 

 

La dureté du mental!

L’intégration des technologies… ça change quoi?

Depuis quelques années, l’intégration des technologies est une priorité dans bien des écoles, pour toutes les bonnes raisons qu’on connaît. Ça augmente notre efficacité, facilite notre travail, nous stimule… Mais qu’est-ce qui a changé pour les élèves? C’est une question qu’on doit se poser à mon avis, si on veut parler de transformer l’expérience d’apprentissage des élèves. Changer comment les élèves vivent l’école, vivent l’apprentissage.

«Alors, qu’est-ce que l’intégration de la technologie a changé pour les élèves jusqu’à présent?»

Je choisis volontairement le verbe «vivre», parce qu’il faut être vivant, allumé, dans le moment présent, pour faire des apprentissages durables, pour développer ses talents, ses passions. Alors, qu’est-ce que l’intégration de la technologie a changé pour les élèves jusqu’à présent?

Sir Ken parlait d’une approche… organique?

Récemment, je faisais un retour sur cette vidéo et cette vidéo de Sir Ken Robinson pour essayer de voir comment notre vision de l’éducation a évolué depuis les 5 à 7 dernières années et pour voir si nos pratiques s’alignent avec les messages de Sir Ken, qui ont été à l’origine de bien des discussions au sujet de l’ère numérique depuis quelques années.

Au moment où les vidéos ont été publiées, Sir Ken suggérait 3 intentions fondamentales à l’éducation :

  1. Économique : Comment préparer nos élèves à prendre leur place dans une économie changeante, imprévisible et mondiale?
  2. Culturelle : Comment développer l’identité culturelle (communauté) de nos élèves à l’ère de la globalisation?
  3.  Personnelle : Comment développer la variété d’habiletés, de talents et de passions de chacun de nos élèves?

Le no 3. L’aspect personnel, l’idée de personnaliser l’éducation et d’amener chaque élève à éclore me stimule vraiment.

Toujours selon Sir Ken, l’éducation est très linéaire. C’est vrai. On n’a qu’à penser à notre planification. Or le développement humain est un processus organique. C’est logique. On ne peut pas apprendre pour les élèves, comme un agriculteur ne peut faire pousser une plante. On peut simplement créer les bonnes conditions pour y arriver. Les conditions. C’est tout ce qu’on contrôle. Le reste, c’est organique. C’est vivant. Ça nécessite de l’entretien. C’est exigeant. C’est imprévisible parfois. Et ça marche!

Conditions «climatiques»!

Dans une récente vidéo, Will Richardson nous présente les conditions qui favorisent l’apprentissage durable pour les élèves d’aujourd’hui.

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Mentalité?

Également, on parle de plus en plus du growth mindset de Carol Dweck. De la mentalité de croissance. Avoir la mentalité de croissance, le dire, c’est une chose. Passer à l’action, que les élèves vivent une pédagogie issue d’une mentalité de croissance, c’est une autre chose.

«Le virage à l’ère numérique, c’est davantage une question de mentalité que d’intégration des technologies.»

J’assistais justement à la conférence Learning and the Brain il y a quelques semaines. Une conférence qui portait sur le mindset. Je vous partage des messages clés de deux présentateurs.

Voici quelques messages clés de Robert B. Brooks :

  • Lorsqu’on change de mentalité, nos stratégies changent.
  • Le bonheur et le bien-être mènent au succès.
  • La mentalité de croissance, c’est surtout une question de climat scolaire, d’intelligence émotionnelle et d’entraide.
  • Si on veut que les élèves apprennent mieux, il faut générer en eux des émotions positives.

Dans la même veine, Kathleen Cushman a abordé une question fondamentale pour l’amélioration de nos écoles :

Comment pouvons-nous faire en sorte que l’élève se sente chez lui à l’école, qu’il ait un sentiment d’appartenance?

6 stratégies sont à déployer pour y arriver selon elle :

  1. Développer des structures qui nous aident à bien connaître tous nos élèves
  2. Créer intentionnellement un esprit de communauté
  3. Établir des normes de respect, de participation et de réflexion au sein de l’école
  4. Déterminer des gestes réparateurs collectifs et logiques
  5. Offrir un curriculum personnalisé
  6. Développer la voix de l’élève

Je termine en vous partageant une image qui nous a été présentée dans le cadre de la conférence Learning and the Brain. Beau visuel pour les adultes et pour les élèves!

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Dureté du mental!

Finalement, on constate que le virage à l’ère numérique, c’est davantage une question de mentalité que d’intégration des technologies. C’est logique quand on y pense. D’ici quelques années, la technologie sera ubiquiste, tout le monde va savoir où cliquer. Mais qu’est-ce qui aura changé fondamentalement pour les élèves? Dans quelles conditions nos élèves vivront-ils l’école, l’apprentissage? C’est une question humaine. C’est une question organique. C’est une question de mentalité. La dureté du mental… en action!

Et vous, où est votre focus?

Merci de vos commentaires…